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Full text of "Journal des savants"

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AILLEZ.  Socr.Mji,      S 

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JOURNAL 

DES 

SCAVANS, 

Pour  le  ïmiz  de 

JANVIER. 

I   7    I    I. 

A   AMSTER.D  k1*. 

M.DCXÏ», 

)NII 


V    I    S. 


rmom  du  R.  Père  Cheminais  de  ta 
Compagnie  de  Jefmrevûs  par  le  Père  Bke- 
.TONNEAOi'»  Umlme  Compagnie  7cinquièmt 
Edition  corrigée- W  augmentée.  8.3.  Totïl. 
à  Bruxelles  chez  FrançûisFoppens.i7'°- 
■tires  fur  toutes  ferles  de  fujets ,  avec  des  avis 
fur  la  manière  de  les  .écrire ,  V  des  Réponfci 
fur  chaque  tfpece  de  Lettres,  par  feu  M. 
DE  Vaumowere  ,  augmentées  depuis  la 
Mort  de  l'Auteur  d'un  grand  nombre  de 
rtceptes&  de  Lettres,  revues  ejr  mifesàans 
un  meilleur  ordre  par  M***,  cinquième 
Edition.  8.  II.  Tom.  A  Bruxelles 
chez  François  Foppens,  1709^ 
edicinadocens  Ecducens,  five  DiCcurfiis 
Medico-Theofophicus,  quo  ad  duétum 
Thefîum  quarundam  ex  Medicina  dc- 
promtaram,  tum  veri  Dei  Cognitio, 
tum  praxipuK  Chriftiani  Mcdici  virtu- 
tes  explicantur;  piis  ufibus  verorumim- 
primis  Medicorum,  hinc  &  cunclorum 
fincerum  pietatis  Studium  amantium. 
Litcratorum  confecraïus  rerumque  prs- 
cipuarum  Indice  amfhis  a  Theodoko 
Yalenttoo  Khamer.  8,  Lipfa  apud 
tndtt  LmViÇimes.  1710. 


DES 

SCAVANS, 

Pour  le  Mois  de  Janvier  M.  DCCXI. 

FniDERtci  STiirNii  Hiftoria Barde 
fanis  ac  BardefaniiHrum  .  ex  veterun 
Doâorum  rnonumenris  eruta ,  juniornm 
que  Auftornm  eade  ce  Sententns  colluf 
u«a.  C'eit-à-dirc  :  Hiflme  de  tardepms  & 
des  Btn!tfmi/lci,/'ûr  Frideric  Stninïius  ;  ù 
rit  du  muituKiJiî  des  anciens  DeHeun,  c 
tntkbU  dis  Repxùnt  des  Modérât!.  1 
Witcmberg.ctiez  GtidcfroiZimmermir 
1710.  iû4-  pagg..i44-  Setrouvei 
lerdarn  chez  les  Waesberge. 


fï  t  Ouvrage  efl  partagé  en  11  petit 
ieftions,  accompagnées  de  notes 
aiions.    On  n'y  trouve  tien  de  _ 
:r.     L'Auteur  étend  le  peu  qui  nous 
Uns  les  Anciens  touchant  fon  fujets 
es  avoir  rapporté  ce  qu'en  ont  dit 


cric  chei  les  Anciens  par  un  :  Au  relie, 
Bardefanes  l'Hiftorien  s'elî  rendu  célèbre 
par  une  Hiiloire  des  Gymnofophiftes  des 
Indes,  de  laquelle  faint  Jérôme  8c  quel- 
ques autres  font  mention.  Le  faint  Doc- 
teur obferve  que  cet  Hiitorien  divifoit  ces 
Gymnofophifles  en  Brachmanes  &  en  Sa- 
manéens ,  par  rapport  au*  dogmes;  8c 
qu'il  donnoit  de  grands  éloges  a  la  tem- 
pérance dont  les  uns  &  les  autres  raiibient 
profeflion.  M.  Strunzius  juge  à  propos 
de  nous  entretenir  auffi  de  Barl'es  Evêque 
d'EdeiTe  ,  qui  vivoit  du  temps  de  l'Ei» 
pereur  Valens;  de  Philippe  BardaneÇm 
pereur;  d'un  Bardane  Roi  des  PmiV. 
dont  parle  Tacite;  &  d'un  He,ïei«(ù.t  * 


Janvier     1711.  5 

pelle  Barfanuphius.  Il  eft  croyable  que 
tous  ces  gens-là  ne  paradent  ici  à  la  fuite 
ûei'HerefiarqueBaidefanes.queparcequ'iU 
y  font  déjà  dans  quelque  Dictionnaire. 

Eufebe,  Theodorct ,  Et  Nicephore  aiïu- 
renr  qu'il  étoit  Syrien  ,  d'où  il  faut  con- 
clure que  la  Mefopûtamic,  où  étoit  Edeffe, 
falloir,  partie  de  la  Syrie.  On  examine 
ce  que  les  Anciens ,  &  fur-tour,  les  Au- 
teurs Comiques  ,  ont  dit  des  Syriens;  5t 
on  «reufe  du  mieun  qu'on  peut  la  nation 
Syrienne  des  reproches  dont  elle  a  été 
chargée.  Elle  a  produit  de  fçavans  hom- 
mes depuis  l 'établi  rTement  de  la  Rtligion 
Chrétienne;  mais  ces  Sçavans  fe  diftin- 
gueient  beaucoup  plus  par  leurinconftance 
que  par  leur  érudition  &  !a  force  de  leur 
génie.  Saturnin,  Eafilide,  Cerdon,  A- 
pelles,  Taticn,  Aènus.Paul  deSamofate, 
&  pluiîeursautiesHerefiarqucsqu'ileft  inu- 
tile de  nommer ,  étoient  Syriens.  Les 
recherches  Syriennes  de  M.  Stimulus  font 
fuivies  de  quantité  d'autres  fur  la  Mefopo- 
taraic,  fur  l'Ofroéne,  fur  E>ieffc. 

On  neconnoit  point  les  parens  de  Bardi- 
fanes.  II  étoit  en  grande  réputation  fous  la 
Empereurs  Marc-Antonin,  &  LuciusVtrus. 
On  ne  l'hait  qui  aroient  été  l'es  Maîtres. 
Toute  l'Antiquité  Chrétienne  le  comble 
de  louanges,  par  rapport  a  i'efprit  Se  i.1-». 
capacité.  Eufebe  du  t\u'i  fc\<«-  w^it  > 
toun  ûint  Jérôme  \uv  wxttoofc  w  ^^ 


font 
.Po- 

rdi- 

:|« 


6         JooxhaL  des  Sçavans. 

admirable,  &  une  extrême  vivacité  dan 
les  difputes  ;  &  faint  Epiphane  lonë  fo 
jugement  &  fa  bonté.  Il  étoît  très-éle 
quent,  11  on -feulement  en  Syriaque  ,  ma: 
àuffi  en  Grec.  Eufebe  le  regarde  comm 
on  excellent  Philofophe,  quoiqu'il  fût  e 
même  temps  Poète. 

Bardefanes  foatint  une  grande  partie  ât 
erreurs  de  Valentin  ,  mais  on  ignore  s' 
les  avoit  apprifes  dès  fon  enfance,  ou  s' 
n'y  tomba  que  dans  la  fuite.  Les  Auteut 
font  partagez  la-deffus,  &  M.Struniiuseï 
arTcz  porté  à  croire  que  Bardefanes  avoi 
été  élevé  dans  la  faine  doctrine.  Il  s'éga 
la  par  l'étude  de  h  Philofophie;  mais  o 
ne  feait  quelle  feclre  de  Philofophes  il  em 
brada.  Comme  il  s'agit  de  condamiw 
cette  Seâe  ,  puifque  Bardefanes  y  pjnii 
des  erreurs,  les  ennemis  d'Ariftote  tâcher 
de  lui  donner  Bardefanes  pour  Difcipie 
fes  amis ,  au  contriire  ,  font  tous  leui 
efforts  pour  faire  prefent  de  ce  Difciple 
Platon.  D'autres  moins  animei  conti 
les  Grecs  que  contre  les  Juifs,  prétende! 

3ue  Bardefanes  &  Valentin  avoient  tîi 
e  la  Cabale  toute  leur  doctrine.  Poi 
décider  ce  différend  ,  nôtre  Auteur  ex' 
mine  à  quel  Sydême  les  Eons  &  les  ai 
très  chfmetes  des  Valentiniens  ont  ph 
de  rapport.  Il  trouve  que  c'eft  au  Plate 
nifme  i  on  peut  voir  fes  raifons  dans 
Livre.  Parmi  les  notes  qui  accompagn 


J  A  M   V  I  E   R      I7II.  7 

cette  feétion,  il  y  en  a  une  fort  longue, 
iu,  ainli  que  dans  la  fe&ion  même,  on 
■oit  des  ObTervations  fur  les  tiitwt  J'-?-i- 
làb,  Sonar,  &  Bihir,  dont  les  Cabaliite* 
vantent  tant  l'ancienneté. 

Bardefanes  ne  combattoit  pas,  comme 
Valentin  ,  l'autorité  de  l'Ecriture  lainte; 
1  admettoit  les  témoignages, 
e  n'étoit  qu'après  les  avoir  accommodez 
1  les  préjugei.  1!  arraiigeoit  les  Eonsd'u- 
e  manière  différente  de  celle  de  Valen- 
.1  &  quoi  que  cette  manière  particu- 
liete  nous  foit  inconnue  ,  celle  de  fon 
Maître  fuffit  pour  en  donner  l'idée.  L'Au- 
teur s'étonne  qu'il  y  ait  aujourd'hui  des 
Chréiiensqui  prétendent  expliquer  leSyfté- 
mc  de  Valentin  conformément  aux  prin- 
cipes de  la  Théologie  ;  &  appliquer  aus 
Eons  ce  qu'elle  enfeiiine  fur  l'unité  de 
Dieu,  fur  la  Trinité, fur  les  Attributs,  fit 
fur  les  opérations  divines. 
<  On  compte  !a  fuppolïtiondesdeuxprin-' 
ripes ,  l'un  bon  ,  l'autre  mauvais ,  au  nom- 
bre des  erreurs  capitales  de  Bardefanes  8î 
de  fes  D.fciples.  Ceux-ci  dans  Grigene, 
ne  Te  contaient  pasd'afiurer ,  comme  les 
Catholiques  ,  que  Dieu  n'elt  pas  Auteur 
du  mal;  ils  ajoutent  encore  qu'il  n'a  pas 
créé  le  Diable.  L'Auteur  attaque  &  cette 
opinion,  &  ceu*  qui  c.Vxçk'wîW- '"a- "'■'»■ v=s'-'" 
dre  pUuvîble  pa\  tes  ■iia^ûffi^w^  "«?™ 
'   pfcifur.  UtttoïVJtc^^ 


S  JOURNAL    BEI    SÇAVÀHÎ, 

ce  qu'ils  avancent  pour  exeufer  deux  au- 
tres erreurs  de  Bardelanes  ;  l'une  regarde 
l'humanité  de  J.  C  fit  l'autre,  la  refurrec- 
tion  des  corps. 

Outre  ces  erreurs,  Bardefanes  enfeignoit, 
fclon  faim  Auguftin ,  que  ks  actions  des 
hommes  étoient  foumifes  au  Deflin.  Nôtre 
Auteur  a  delà  peine  à  convenir  que  cette 
aeeufation  foit  Julie  ,  &  il  lui  femble  que 
Bardefanes  eftd'un  fentiment  tout  oppofé, 
dani  le  fragment  de  fon  Dialogue  fur  le 
Deflin.  qu'Eufebeaconfervé.  Bardefanes 
y  dît  clairement,  qu'il  dépend  de  l'hom- 
me &  de  fon  libre  arbitre,  de  fervir,  ou 
de  ne  pas  fervir;  que  le  Deflin  ne  force 
nullement  les  Perfes  à  fe  marier  avec 
leurs  filles,  leurs  iceurs,  &  leurs  mères  ; 
que  ce  n'ell  pas  par  les  loii  du  Deflin  que 
les  femmes  des  Indiens  fe  brûlent  toutes 
vives  avec  leurs  maris  morts  ;  que  le 
Deflin  n'oblige  en  aucune  forte  les  Ger- 
mains à  s'étrangler,  qu'enfin  nulle  fatali- 
té n'aflujettit  certaines  naiions  plus  que 
d'autres  aux  coutumes  qu'elles  obfervent, 
puifque  les  Chrétiens  fuivent  partout  leur 
propre  Religion.  Ceux  qui  font  nez  Par- 
tîtes, dit-il,  ne  prennent  pas.  comme  les 
autres  Farines ,  plufieurs  femmes  ;  ceux 
qui  font  venus  au  monde  dans  la  Péril*  ne 
Je  marient  ni  avec  leurs  fœurs,  ni  avec 
leurs  filles  ;  ceux  qui  ont  pris  naiiïancedans 
la  Baelriaae,  ne  tendent  point  de  pièges 


9 

aux  femmes  d'autrui,  &c.  Comme  faint 
Auguftin  n'eft  pas  le  feul  qui  ait  aceufié 
Bardefanes  d'avoir  établi  une  fatalité  inju- 
rieufe  à  la  Providence,  M.  Strunu'us  ob- 
ferve,  pour  fauver  le  fentiment  de  ce  Père 
&  des  autres  qui  ont  avancé  la  mémeebo- 
fe,  qu'il  s'eft  pu  faire  que  Bardefanes  eût 
de  bonsfentimens  lorfqu'il  compolbit  fou 
DialoguCimais  que  cela  n'empêche  pas  qu'il 
n'en  ait  eu  d'erronezdans  la  fuite,  ou  mê- 
me auparavant.  Quoi  qu'il  en  foit ,  Eu- 
febe  aiIure  en  général ,  que  Baidefàties  ne 
perfifla  point  dans  l'hereCe  de  Valentin 
jufqu'à  la  fin  de  fa  vie,  quoiqu'on  enap- 
perçût  pourtant  toujours  quelques  traces 
dans  fa  doctrine.  Les  principaux  Pères 
qui  ont  travaillé  à  précautionner  les  Fidè- 
les contre  fes  cireurs,  font  Oiigene,  faint 
Ephrem,  &  faint  Epiphane.  11  ne  nous 
efî  relié  aucun  Ouvrage  entier  de  cet  Au- 
teur. Tous  les  Percs  qui  en  ont  parlé 
louent  beaucoup  ce  qu'il  avoit  écrit  contre 
Marcion  &  contre  cinq  autres  Herefiap- 
qucS;  une  Apologie  qu'il  publia  pour  les 
Chrétiens,  &  dmi  laquelle  il  ta  choit  d'a- 
doucir leurs  perfecuteurs;  &  fou  Dialogue 
du  Dellin  , qu'il  compofa  contre  un  certain 
Abidas,  Aftrologue  fameux. 

Après  fa  mort  fes  Difciples  firent  valoir 

fes  opinions.    On  met  à  leur  tête  fon  fils 

Harmonius,  bon  Poète,  &  excellent  Mu- 

fiâcû.     Soiomeae  dit  qu'il  compofa  en  u 

A  «,  ^w 


I 


10         JOURNAL    DES    Sç.lVAWI. 

langue  naturelle  ,  &  qu'il  apprit  aux 
liens  les  erreurs  de  fon  père,  en  les  leur 
faifant  chanter.  Ses  airs  croient  encore  à 
la  mode,  du  temps  de  faint  Ephrem,  qui 
prit  foin  de  changer  les  paroles,  &  doter 
ce  qui  y  bleflbit  la  Religion. 

Prœlectiones  Chymicœ,  in  quibus  omnes 
fere  operationes  Chymicse  ad  vera  prîn- 
cipia  Se  ipfius  Naturze  leges  rediguntur. 
Oxonii  habitse  à  Jobanne  Futinn, 
M.  D.  Mi.  Chrilr.  Alumn.  Amftthd*- 
mi,  apud  Janffcma-Wimbtrpoi.  17 10. 
C'eft-à-dire  :  Ltfeai  ckymiques ,  dam 
hfyucllet  on  explique  les  eperalhns  de  la 
Chymii  ,  (don  leurs  vtriiablei  principes, 
131  filon  1rs  Uix  de  U  Kainre.  Par  Jean 
Freilid,  Douleur  en  Médecine,  A  Amller- 
dam  ,  chez  les  Janflbns  à  Waesberge. 
1710.  vol.  in  12.  pagg.  03. 

TE  defiein  de  l'Auteur,  comme  il  s'en 
*"'  explique  lui-même  à  l'illullre  M.  New- 
ton ,  à  qui  il  dédie  fon  Ouvrage  ,  elt 
d'expliquer  parla  venu  attraftrice , les  ope- 
rations  de  la  Chymie.  Ce  defTein  lui  pa- 
roît  d'autant  plus  digne  d'être  exécuté, 
qu'aucun  Chymifle  ,  dit-il ,  ne  s'en  eft 
aviféjufqu'à  prefent,  5c  qu'on  peut  pat 
ce  moyen  expliquer  tout  d'un  coup,  8c 
d'une  manière  (impie, tout  ce  que  laChy- 
mic  a  de  plus  difficile  dans  fa  Théorie. 
Les 


Ol'IHll    DES  SÇAT&Kf. 

j,  Tenir  de  h  vmu  attraifcct  ,  vertD  fi 
i,  généralement  reconnue  dans  UPhyiique, 
i,  &  à  laquelle  il  n'y  a  rien  dans  la  Ni. 
>,  turc  qui  ne  (bit  fournis.  Voici  donc 
,  quelle  cil  là-demis  ma  penl'ée.  Les 
.,  parties  qui  comparent  chaque  molécule 
i,  de  fel ,  font  fort  folides ,  &  à  raîfon  de 
j,  cène  folidité  elles  ont  toutes ,  les  unes 
>,  à  l'égard  des  autres ,  une  vertu  attracVice 
;,  qui  répond  à  1a  quantité  de  îa  matière. 
j,  Cela  fuppofé,  il  eft  facile  de  concevoir 
„  que  lorfque  le  fel  eft  dans  l'eau  ,  les 
„  parties  de  l'eau  étant  les  plus  faibles. 
„  font  attirées  vers  le  fel  avec  plus  de 
„  force  qu'elles  ne  font  attirées  elles-mé- 
„  mes  les  unes  par  les  autres  ;  en  forte 
„  qu'elles  vont  toutes  embraffer  le  fel, 
„  les  plus  proches  y  vont  plus  rapidement, 
»  Bt  les  plus  éloignées  plus  lentement ,  & 
„  c'eft  la  rai  l'on  pourquoi  quand  on  a 
„  jette  du  fel  dans  le  milieu  d'un  baffin 
„  plein  d'eau,  l'eau  qui  ell  au  milieu  du 
„  badin  fait  une  forte  imprefiion  fur  la 
„  langue,  tandis  que  celle  qui  cil  aubor'' 
„  eft  prefque  inlipide.  Les  particules  r 
„  l'eau  air.fi  Attirées  par  le  fel ,  entr' 
„  donc  en  mouvement;  &  c'eft  ce  tr 
,.  vement  qui  fait  qu'elles  s'infinuenr 
„  les  porcs  du  fel  ,    8i  qu'elles  lr 

L'Auteur  defeend  ici  dans  le  d' 
"•'igue  pat  cent  vertu  attiV  ' 


J    A    K    V    I    £    K        I7II. 

ment  fe  fait  la  ditïolmion  du  fuae  c.. . 
l'eau,  V  extraction  des  huiles  par  défiiiUn- 
ce,  &  pluiïeurs  auires  effcis  femblables, 
dont  il  rend  railbn  fans  peine.  Mais  nous 
ne  le  Cuivrons  pas  plus  loin  1  ceux  à  oui 
nuire  Extrait  paroitta  trop  court,  pour- 
ront fe  dédommager  amplement  par  la 
lecture  du  Livre  même. 

Succinfta  delincatio  Doclrinarurn  ufu  fi 
quentium,  de  ai'tionibus ,  giadibus  ma- 
trimoniaiibus,  &  meceffione  :ib  in  * 
to,  in  ufum  Leclioaum  Académie 
conferipta  ,  à  Jvsto  Henni 
Bouemiiio,  D.  Prof.  P.  &  Facuir. 
Jurid.  Affeiïbrc  in  Academia  Regil 
Fiideridana.  tteU  Magdtl/urg,  1; 
proftat  in  Officina  Libruri*  Rcnitrï. 
C'eil-à'dire  :  Explication  fomtnaire  1 
principes  Ici  plus  ufiitz.  fie  les  oSluntt  fur 
les  difftt,  dtpanmi,  foi  rapott  aux  m* 
riaiti  :  v  fur  les  fuccejfioni  ab  intelht 
Ouvrage  defliné  pour  Us  leçons  publiques  1, 
runiverfnt  de  mil.  Far  Juil.  Hennin 
Bohemer  ,  Prefeffatr  w  sijfefietr  de  l 
mime  Umvtrfiié.  A  Hall  ,  de  l'Impri- 
merie de  Renger.  1710.  in  S.pagg.5}rt. 
Se  trouve  à  AinfteiJam  chez  les  Waeï- 
berge. 

n'eft  ici  qu'un  fimple  Rec\itft  4e& 

£acipes  de  Droit  les    plus  couvas  » 
A  7  Vas 


14       Journal    dEïSçavans. 

fur  des  matières  importantes,  dont  chacu- 
ne pourront  donner  lieu  à  de  gros  volu- 
mes. Le  feul  Chapitre  des  Actions,  qui 
cft  à  la  tête  ,  &  qui  s'étend  a  toutes  les 
parties  de  la  Jurifprudence  ,  demanderoit 
par  cène  raifon  un  long  détail.  Aulfi 
quelque  foin  qu'on  ait  pris  ici  de  l'abré- 
ger, il  remplit  les  trois  quarts  du  Livre. 
La  matière  des  degrei  de  parenté  ou  d'al- 
liance, par  rapport  aux  mariages,  conduit 
encore  naturellement  à  de  grandes  quef- 
tîons,  à  caufe  des  diverfes  fortes  d'empé- 
chemens  qui  naiiTcnt  de  la.  Et  enfin  les 
fucceflions  que  l'on  appelle  ah  intiflui, 
pour  les  difiingucr  do  fuc.-e  (fions  tefta- 
mentaires,  ouvrent  aux  Juufconfultes  un 
vafie  champ,  foit  dans  i'enu  nierai  ion  des 
différentes  perfonr.es  à  qui  h  Loi  les  dé- 
fère, foit  dans  l'espticanon  des  différentes 
portions  qu'eîle  leur  affgnc.  Toutes  ces 
matières  néanmoins  font  :ra  tées  dans  le 
même  Livre,  mais  elles  n'y  font  traitées 
que  par  la  feule  expofiuon  «les  principes, 
8c  par  les  définitions  &  les  limitions  prin- 
cipales ,  tout  ce  qui  cft  fuJM  à  diilwra- 
tion  n'y  entre  point. 

Sur  la  manere  dt.s  actions,    on  obferve 
que  les  Jurifconfulres  appellent  action  e 
général  le  droit  qu'a  chacun  de  pourf 
vre  en  jugement    ce  qui  lui   appartir 
ou  ce  qui  lui  eit  dii.    11  y  i  des  aé> 
pcrfonùeUcs  s  d  y  en  a  de  iéeU«. 


Janvier  171t. 
_  A  a  de  petfonnelles  &  de  réelles  tout  à 
la  fois.  Les  actions  petfonnelles  font  at- 
tachées àlaperfonne,  &  h  fuivent  pat- 
tout.  Elles  naiflent  de  l'obligation  où  eft 
quelqu'un  de  donner  ou  de  faire  quelque 
chofe.  Les  actions  réelles  vont  à  deman- 
der !a  propriété  d'un  héritage, ou  quelque 
droit  réel  far  cet  héritage  ;  on  les  appelle 
réelles  parce  qu'elles  n'attaquent  que  la 
chofe,  ou  !e  poflefleur  par  rapport  à  la 
chofe.  Les  actions  mixtes  font  celles  qui 
regardent  la  perfonne  &  la  chofe  en  mê- 
me temps.  Il  n'y  avoit  que  trois  efpeces 
c'actions  mixtes  dans  le  Droit  Romain: 
l'action  de  partage  entre  cohéritiers)  l'ac- 
tion de  partage  entre  des  perfonnes  qui 
poiTedoient  un  héritage  en  commun,  8î 
l'action  qui  étoit  intentée  pour  placer  des 
bornes.  On  appelloit  mimes  ces  fortes 
d'actions,  parce qne  fi  le  Juge  ne  pouvoit 
pas  mettre  une  égalité  entière  dans  le  par- 
tage ou  dans  les  bornes ,  il  adjugeoit  à 
l'une  des  Parties  une  plus  grande  portion, 
mai)  à  condition  de  payer  à  l'autre  Partie 
une  certaine  forome,  qui  tenoit  lieu  dece 
qui  excedoit.  Un  autre  exemple  qu'on 
peut  donner  aujourd'hui  des  actions  mixtes, 
c'elt  quand  on  demande  qu'un  Particulier 
foit  condamné  à  rendre  un  héritage  avec 
icftitution  des  fruits  ;  ou  avec  àss  4sss™-- 
mages  &  intérêts  :  ce  ?mùcwK\«  eSv'w^ 
déchargé  d'une  pattie,  àe,U  iWBas*»-^,, 


:;mais 


16         JOWRM  At    DES   5ça 

abandonnant  l'héritage  qu'il  poflede:  i 
il  demeure  perfonnellement  obligé  à  la 
reftttutioB  des  fruits,  &  aui  dommages& 
intérêts.  Cette  dîvifion  générale  des  ac- 
tions reçoit  une  infinité  de  fubdivifions 
particulières,  qu'on  trouve  détaillées  dans 
le  Livre,  &  qu'on  ne  nous  redemandera 
point  fans  doute  dans  le  Journal.  Ce 
font  de  premières  notions  dellinées  uni- 
quement pour  ceux  qui  commencent  à 
étudier  en  Droit. 

Le  Traité  des  degrez  de  parenté  ou 
d'alliance  qui  empêchent  le  mariage,  elt 
divifé  ici  en  pluiieurs  proportions  très- 
courtes,  qui  femblent  former  autant  de 
maximes.  La  parenté  que  le  Droit  Civil 
nomme  Cognation,  comprend  deux  lignes  : 
la  ligne  directe,  &  la  ligne  collatérale.  La 
ligne  directe  eft  entre  les  afcewians  &  les 
defeendans;  &  dans  cette  ligne  le  mariage 
elt  défendu  à  l'infini  par.  les  Loix  Romai- 
nes, même  entre  les  enfans  adoptifs  &  la 
perfonne  qui  les  a  adoptez,  L'Auteur 
croit  pourtant  qu'en  ce  cas-là  l'empêche- 
ment peut  être  levé  par  une  difpcnle  ;  mais 
il  dit  qu'il  n'y  a  point  (l'empêchement, 
&  qu'il  n'eil  pas  befoin  de  dilpenle  lorf- 
qu'un  entant  adoptif  veut  époulér  fa  bel- 
le-mere,  c'efl-à-direja  femme  deceluiqui 
l'a  adopté:  pourvu  néanmoins  qu'il  n'ait 
pas  été  adopté  auffi  par  cette  femme. Dans 
U  ligne  collatérale  ,  l'Auteur  n'étend  les 


"lae,         ""■  Pour  fc  y™*  «  nw. 


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ves'kte-« 


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de 


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\ 


Janvier     1711.  19 

ces  frères  ou  ces  fœurs  ,  pourvu  qu'ils 
foient  frères  &  fœurs  de  père  &  de  mè- 
re, f accèdent  également  avec  le  père  3s 
la  mère;  mais  s'ils  ne  font  frères  que  d'un 
côte-,  ils  ne  fuccedent  point.  Le  droit  de 
reprcfentaiîon  qui  met  les  enfans  en  la 
place  c!e  leur  père  décédé,  eft  borné  aux 
enfans  des  frères,  &  ne  s'étend  point  aux 
enfans  des  autres  collatéraux  ,  qui  vien- 
nent tous  par  têtes ,  félon  leur  nombre, 
&  leur  degré  de  proximité  ;  &  s'il  s'en 
trouve  plulieurs  au  même  degré  ,  ils  fuc- 
cedent par  portions  égales. 

La  dernière  efpece  de  fucceilïon  eft  cel- 
le du  mari  qui  fuccede  à  fa  femme,  8ï 
de  la  femme  qui  fuccede  à  fon  maris  il 
faut  pour  cela  que  l'un  ou  l'autre  meurent 
fans  enfans,  fans  parens,  &  fans  Telra- 
ment.  Ce  ne  font  là  que  les  premier» 
principes,  mais  c'eft  l'Entrait  du  Livre. 

Recueil  1I1  Pkm  mnrtiâUt  les  Rtlîgietife. 


Royat  des  Champs,  qui  fi  font  fiutm- 
s  ~  l'Eglifi.  A  Paris,  de  l'Imprimerie 
oyale.  1710.  in  4.  pagg.  01.  in  1*. 
>RS.  214. 


Lettre  de  fin  Emintnet  M.  le  Cardinal  dt 
Noailles,  jJrchcvlyue  de  Paris,  aux 
Mttitîtpfti  de  Pert-Rcyal  dti  CMvm\\  ■.  <>&• 

•fi  fini  point  enco»e  îwmvÇds  ***'  &fu" 


* 


lO         JOUANAL    DES  SÇAVANS. 

fans  Vobé>ff*nit  ai  ÏEglife.  A  Paris,  chez 
Louis  Jolie,  Imprimeurde  fonEminen- 
ce  Monfeigneur  l'Archevêque,  ruëfaint 
Jacques.  1710.  in  4.  Lettre,  pagg.16. 
Pièces,  pagg.  70. 

f^Es  deux  Ouvrages  ont  trop  de  rapport 
l'un  avec  l'autre  pour  les  feparer.  On 
y  trouve  les  preuves  authentiques  de  l'heu- 
reux changement  deprefque  toutes  lesRc- 
ligieufes  de  Port-Royal  ,  que  leur  defo- 
béïlTance  avoit  fait  difperfer.  Dans  le  pre- 
mier Recueil,  qui  a  paru  dès  le  mois  de 
Septembre,  il  y  a  de  plus  que  dans  le  fc- 
cond  ,  la  foufeription  de  h  Sœur  Annede 
fainte  Marine  Laimé;&  le  fécond  Recueil 

S'rjûtc    au    premier  la    Sœur    Catherine 
afion,  dite  de  fainte  Tharmle,Religieufe 
Converfe. 

Dans  l'A  reniflement  qui  eft  à  la  tête 
du  premier  Recueil  ,    on  expofe  les  prin- 
cipaux motifs  qui  ont  engagé  à  le  publier. 
Ces  motifs  font  r,  une  iorte  de  réparation 
dit  au  Prince.     „  Aujourd'hui  que  ces  Fil- 
;,  les,  éloignées  du  mauvais  air  qui  alte- 
,,  roit  leurs  bonnes  difpofukins,  prennent 
„  des  fenrimens  fains  fk  raifonnables,  m- 
„  marque  l'Auteur  ;    que  fe  foume 
„  abrolument  à  l'Eglife,  elles  rouf 
„  de  la  déférence  aveugle  qu'elle' 
„  pour  de  fimples  Particuliers  q 
*,  conduniicj   qu'elles  loup-*" 


JlKTIIH       171t.  11 

,  deur  après  nos  divins  Sacremcns,  dont 
,  elles  fe  fàifoient  un  métite  devant  Dieu 
,  d'être  privées;  peut-on  ne  pas  bénir  1» 
t,  main,  qui  leur  iaifant  une  violence  fî- 
.,  lutaire,  les  a  arrachées  d'un  lieu  conta- 
„  gieui.  z.  La  ctmfolmfan  dtt  Fidtlei.  Qui 
„  a  pu  fans  la  compillion  la  plus  vive  voir 
„  tant  de  Filles,  la  plupart diflinguées  par 
j,  leurs  qualités  naturelles  ,  fe  faire  les 
1,  viélimes  d'une  faude  fermeté, que ceux- 
„  mêmes  qui  la  leur  ont  infpitée,  n'ont 
„  pas  le  courage  d'imiter  ! .. .  Ces  laintes 
„  âmes  que  leur  pieté  a  fi  long-temps 
„  fait  gémir  fur  le  fort  des  Filles  de  Port- 
„  Royal ,  n'eft-il  pas  Julie  de  les  confoler, 
„  en  leur  apprenant  que  ces  Filles  reve^ 
„  nues  la  plupart  de  leur  égarement,  ne 
„  mettent  plus  leur  gloire  que  dans  une 
„  humble  docilité  pour  leurs  véritables 
„  Paiîeurs?  3.  Lidijicaiim.  La  vie  exem- 
„  plaire  des  Filles  de  Port-Royal  ne  laif- 
„  (bit  pas  d'autorifer  en  quelque  forte  la 
„  îmuvaiie  cauie.  dans  laquelle  elles  fe 
„  trouvoïent  malheureufement  engagées. 
„  Et  qui  doute  que  ce  n'ait  été  là  un 
»  pîege  pour  bien  des  perfonnes  peu  inf- 
„  truites?  Le  voila  heureufement  décou- 
„  vert  ce  piège,  par  la  foiimiiïion  de  cel- 
„  les  dont  l'Herefîe  s'étoit  fervie  pour  le 
„  tendre.,,  -  Le  rétabliiïemetA  ^^^s^r 
mion  des  Reli&ievto  o;i\  ws-  .*^\^X  « 
deûrdc  lamentt  fc\e»  ***«*  ^ 


A«  «SE*  ^U,  S*?. 


Janvier     ijit,  jj 

„  divifion  &  réparation  abuiivc  qui  dure 
„  depuislî  long-temps  entre  les  deuïMo- 
„  natteres.,, 

Voici  1»  lifte  des  Religieufes,  qui  dif- 
pcrfées  rn  différens  Monaileres  du  Royau- 
me, font  enfin  rentrées  dans  l'obéiil'ance 
de  l'Fglife. 

Sœur  Anne  de  faînte  Cécile  Boifcervoî 
Ce,  envoyée  à  Amiens,  a  ligné  le  Foi 
mulâtre  le  7  Novembre  1709, dans  leW 
nalterede  fiant  Julien. 

Sœur  Marje  de  fainte  EuphrafieRobe 
A  Nantes  ,  dans  le  Monaflere  des  Urfti 
lines,  le  14  Novembre  1700. 

Sœur  Anne  de  fainte  Marine  LaymÉ. 
A  Amiens ,  dans  le  Monaflere  de  faim  Ju- 
lien, le  2  Décembre  f?09. 

Sœur  Jeanne  de  fainte  Apolline  le  Bè- 
gue. A  Compiegne,  dans  le  Monaflere 
de  la  Viiîtation ,  le  17  Décembre  17 10, 

Sœur  Magdelaine  de  fainte  AurelieNoi- 
feux.  Quoi  qu'elle  le  trouve  dans  cette  ' 
lifte ,  il  n'a  pas  été  necelfaire  de  lui  taire 
figner  le  Formulaire.  „  C'eft  une  Sœur 
,;  Converfe,  bonne  fille,  d'un  efprîtdoux 
„  &  paifible,  qui  n'eft  jamais  enttée  dans 
„  tout  ce  qui  s'eft  paue  à  Port-Royal.,, 
Elle  eft  à  Compiegne,  dans  le  Monaflere 
de  la  Congrégation  de  Nôtre-Dame. 

Sœ«r  Marie  de  ûiutc  Anne  le  OsvMi- 
A  Nevers ,  dww  \e  Wow&t«  «^ 
s  du  Faubourg,,  \c  «.Vs»**1  v\« 


^H  14       Journal  des  Sça 

^B  Sœur  Louile  de   fainte.   Juftine  Barat. 

^H  Au  Monaftere  des  Benediftines  de  Loi- 

^m  gm ,     Diocefc  de  Chartres  ,    le  6  Mais 

■  S.  Marie  de  fainte  Oportune  Mouchot. 

■  A  Chartres,  dans  le  Moniftere  des  Hof- 

■  pitalieres,  le  7  Mars  1710. 

■  S.  Marie  Magdeleine  de  &inte  Cécile 
I  Bertrand.  A  Amiens,  dans  le  Monaftere 
f         de  la  Vifitation,  le  17  Mars  1710. 

F  S.  Denife   de  fainte  Pauline  Noifeur. 

Dans  l'Abbaye  de  faint  Paul,  Diocefc  de 
Béarnais,  le  ij  Avril  1710. 

S.  Agnès  de  fainte  Blandine  Forget.  A 
Rouen,  au  Monaftere  des  Urfulines,  le 
18  Avril  r7io. 

S.  Françoife  de  fainte  Agathe  le  Juge. 
A  Chartres ,  au  Monaftere  de  la  Vifita- 
tion, le  33  Avril  17 10. 

S.  Marguerite  de  fainte  Lucie  Pépin. 
A  Autun,  dans  le  Monaftere  de  la  Vifi- 
tation, le  r.  Juin  1710. 

S,  Françoife  Magdelaine  de  fainte  Idi 
le  VavafTeur.  A  Moulins ,  dans  le  Monaf- 
tere de  la  Vifitation,  le  17  Juillet  1710, 

S.  Marie  de  fainte  Catherine  Iflaly. 
Meaux,  dans  le  Monaftere  des  Uriuli' 
le  10  Août  1710. 

S.  Marie  Catherine   de  fainte  f 
Benoifc.    Au  même  lieu  ,    le  1 

.  Catherine  Dation  ,    dite 


J  mvi  t  r     i 

larfille.    A  Senlis,  dans 
ila  Frefentation ,  le  +  Octobre  17 "o. 

Cette  dernière ,  ainfi  que  nous  l'avons 
remarqué  nu  commencement  de'cet  Ex- 
trait,  n'eft  que  dans  k  Recueil  qui  vient 
d'êire  publié  par  l'ordre  de  M.  le  Cardi- 
ml  de  Noaillcs.  Au  temps  de  la  Répara- 
tion des  Filles  de  Potr-Royal  des  Champs, 
leur  Communauté  étoit  devingt-deuïRe- 
lîgieufes.  Dii-Iept ,  ainfi  qu'on  le  vient 
devoir,  fe  font  foumifcs  à  l'Eglife;  il  y 
en  a  donc  encore  cinq  qui  n'ont  point 
changé. 

Pour  les  gagner  ',  M.  le  Cardinal  de 
Noailles  leur  écrit  une  Lettre  pleine  de 
force  &  d'onction.  Les  premières  re- 
flexions de  Son  Eminence  regardent  l'ef- 
fet que  ks  Acles  déjà  publiez  auraient  dû 
produire,  &  les  railons  qu'Elle  a  eues  de 
taire  reparaître  ces  Actes.  „  Vous  regar- 
,,  dez  peut-être,  leur  dit-il,  les  relations 
,,  qu'on  vous  a  montrées  du  retour fmeerc 
„  de  vos  Sœurs,  comme  des  Pi 
„  informes  ,  ou  moins  («.Tarifées  qu'il 
,,  n'aurait  fa'.lu  pour  faire  imprelÏÏon  fut 
,,  votre  efprit  ,  parce  que  vous  ne  Ici 
»  voyez  pas  revêtues  de  l'autorité  Epifco- 
,,  pale,  pour  qui  je  veux  croire  que  vous 
„  canfervez  encore  quelque  relie  de  ref- 
„  peéV.    C'cft  ce  qui  m'oblige  à  vous  a* 

Siireilcr  ces  mânes  Actes  ,    à  vous 
ittevkr  la  vérité  ,  8cc.      M.  le  Car> 
1 


1 


me  elles  le  font  c 
Pourquoi  direi-vous  encore, 
tant  permis  de  jurer  que  félon  la  vei 
té  j  le  jugement  &  la  juflice ,  vous  a 
prehendez  de  commettie  un  parjur 
que  d'ailleurs  ce  qu'on  vous  demam 
vous  eft  inconnu  \  que  vous  en  dout 
même,  &  qu'il  n'ell  point  de  vôtre  et 
de  vousen  inftruirc?  Mais n'eft-il  poi 
de  vôtre  état  d'obéir,  vous  qui  en  avi 
fait  une  prot'eflion  fi  folcmnelle,  &q 
ne  pouvez  vous  en  difpenfer  que  d.v 
le  cas  où  l'on  vous  ordonneroit  d 
chofes  manifeftement  contraires  i  la  L> 
de  Dieu  ?  Or  l'Eglife  peut-elle  tomb 
dans  cette  erreur?  Elle  qui  c(l  l'Ente 
prête  &  la  dépo!ira.ire  de  la  Loi  < 
Dieu, peut-elle  vous  piopofcr  delà-- 
1er?...  Voyonscequeporte  le  fer1 
qu'on  vous  demande.  Veut  o\  I 
jariaz  que  vous  fçavcz.  pu  I 
propre  lumière,  que  îti  Yto^ c  1 


faW  dans  le  Livre  dejan- 

,,  que  vous  n'avci  point  Il'j,  que 
s  n'entendue*,  point  quand  vom 
jrtezliî,  Se  que  vous  ne  deve*  point 
te.'  Non  fans  doute,  mus  on  veut 
;jue  vous  adhériez,  au  jugement  de  l'E- 
glifc,  qui  l'a  lu,  qui  l'a  examine,  qui 
,.  l'a  jugé  ;  on  veut  que  vous  préferi» 
„  Tes  lumières  non-feulement  aux  vôtres, 
„  fi  vous  en  avez,  mais  aufC  à  celles  de 
„  vos  Docteurs:  on  veut  que  fur  la  paro- 
„  le  de  l'Eglife  vous  dil'iez  en  même 
„  temps  anathême  à  la  doctrine  qu'elle 
„  a  condamnée,  &  au  Livre  ou  elle  l'a 
„  trouvée.,,  La  Loi  efl  claire.  M.  le 
Cardinal  montreavec  faint  Augultin,  qii'e! 
le  eft  du  moinsauffi  juile;  îc  que  tout  fetoîc 
renvcvfé  dans  la  focieté,  fi  on  ne  vouloi* 
croire  que  ce  qu'on  connoit  par  foi-n 
me.  Son  Emmcnce  fait  voir  en  même 
temps  jufqu'où  les  Filles  qu'EUe  inltiu 
doivent  porter  le  ménagement  qu'il  e 
permis  d'avoir  pour  la  mémoire  de  Jan- 
HBÏilti  &  après  leur  avoir  déclaré  de  quel- 
le Foi  Elle  les  engage  à  croire  le  fait  du 
Foimulaîre,  Elle  leur  remet  fous  Usyeur 
les  maxime»  feditieufes  de  leurs  Doétems. 
L'indignation  qu'excitent  ces  maximes, 
donne  une  extrême,  fotee  aux  reproche! 
oui  les  fuivcut,  &  à  la  remomunce  vive 
«  pathétique  qui  termine  h  Lettre.  Elle 
cil  iiicV  du  H  Décembre  1710. 

B11  \J* 


R  N  *  L    DES   S  Ç  A  V  A  N  S. 

es  qui  l'accompagnent,  &  qui 
eflces  de  routes  parts  à  M.  le 
■  Noaiiles,  font  des  têmoigna- 
itans  de  Ton  zèle.  La  dilper- 
upeau,  l'éloignement  des  bre- 
;(iftance  même  ,  ont  paru  re* 
tteution  &  la  charité  du  Paf- 

je  de  finir,  nous  croyons  qu'il 
s  d'avertir  qu'à  la  fin  du  pre- 
:il  on  voit  i,  des  Extraits  d'E- 
:i  entre  les  mains  des  Rcligieu- 
t-Royal   des  Champs.    2.  Un 

de  Calendrier.  3.  Quelques- 
raifons  des  nmveaux  Saints  de 
.  Sur  ce  dernier  article  nous 
nierons  d'obferverque  les  Saints 
it,  font  un  ConfcffeurPomife, 

un  Prêtre  ,  îk  un  autre  dont 
point  exprimé.  A  l'égard  du 
,  il  commence  ainfi  :  ,,Mars. 
■emier  miracle  de  la  Tain  te  Epine 
■Royal)  10.  Naiflance  &  Bap- 

M.  de  Sacy,   1613,  31.  S.  A- 
rophete.    Mai.    i.  Profeffion 
ère  Agnès.    1.  Le  faint  Prc 
remie.  4.  Ce  jour  163Î,  mr 
anfenius  ,   Evêque  d'Ypre 

Profeffion  de  nôtre  Mer' 

13.    Ce  jour  1658,  r 
■euie  petite  Mane-T 


1    ». 

exemç\e  îufà 
».  yavote.Jïj'. 

■;.      SB   :r  ;.:rn 

,-.-  j— «*  c:-:( 

m  PïSiRXt  qui 

,,  l>::^  m  je 
.,   qa'i!  a  énH 
„  dent  des  ch 
»,  yemier  qu' 
».,  plus  Dieu 
«.  piit,  ptt 
■»   nom  o"' 
cono 


■ 


J    »NTIEI       17 

„  âgée  de  quatre  ans  ,  fept  mois.,.  Un 
exemple  fufnra  auitipour  dunner  l'idéedes 
Extraits  8c  des  réflexions  que  l'Editeur  y 
a  j ointes. XII.  Eitb*it,  „  S.  Michel 
„  eft  le  premier  adorateur  de  Dieu,  le 
„  premier  Chef  des  Armées  de  Dieu  ,  le 
„  premier  qui  nous  a  appris  à  obéir  à 
„  Dieu  en  defobéitTant  à  nos  Supérieurs 
„  qu'il  a  établis ,  lorlqu  ils  nous  cominan- 
„  dent  des  choies  contraires  à  Dieu;  le 
„  premier  qui  nous  a  appris  qu'on  fert 
„  plus  Dieu  par  la  volonté  que  par  J'ef- 
,,  prit,  par  les  fortes  &  ardentes  a ffèc- 
„  tions  qu'on  a  pour  lui  ,  que  par  les 
„  connoîllances  qu'on  a  de  lui.  Car  en 
„  cela  Lucifer  iurpaiïbit  faint  Michel, 
„  Celi-à'dirt  que  lit  Fillti  de  Pari-Royal , 
,,  maigri  leur  peu  de  lumière,  doivent  rifijler 
„  avec  autant  de  courage  aux  Papes ,  v  aux 
,,  Evèques,  qui  S.  Michel  tefîjlj  à  Lucifer, 
qui  était  fan  Supérieur  ,  t?  qui  le  fitrf  af- 
fût to  conaùijpintes.  La  tomparmfen  dx 
Pape  C  des  Evéquts  avec  Lucifer  w  les 
m  Bernons  dt  fa  fuite  ,  m  dtvroit  trouver 
,,  place  qui  dans  les  écrits  furieux  d'un  Lu- 
ther.^ 

Hiftorîa  Infeflorum  ,  Auflore  J  0  a  n  n  e 
R.A10,  Collegii  S.  TrimtatisapudCan- 
tabrigienfes  ,   &  Societatis  Regiœ  olira. 
Socio.     Opus  çofthaTOx^Y™*-''*"*"'*^ 
Societatis    Lonàin^fe   «Ltosso»-   »"  ï 


I 


30  Journal  du  Sçavanï. 
fubjungitur  Appendix  de  Scarabœis  Bri- 
tanniefs,  Auftore  M.  Listeb  S.R.S. 
ex  MiT.  Mulxi  Aslimolteani.  Londini, 
impenfis  A.  &  J.  Churchill,  ad  infigne 
nigri  Cygni,  in  vico  dieto  Pater  nèficr- 
Row.  1710.  C'cit-à-dire  :  L'Hijloire 
des  In[tt~tcs ,  par  Jean  Rai.  Ouvrage  peft. 
hume ,  imprimé  par  l'ordre  àt  ta  Société 
Bayait  de  Londres.  A  quoi  on  a  joint  un 
felit  Mtmoin  de  M.  Lifter  fur  ks  Efiar- 
bots  d'Anfititrrt.  A  Londres,  chez  A. 
6cJ.  Churchill,  à  J'enfeigne  du  Cygne 
noir,  rue"  du  Pater  nejiir.  1710.  vol.  in 
4.  pp.  400. 

Vf  R.  Rai  dans  cette  Hiftoire  décrit  tous 
les  Infeftes  connus,  comme  les  ver* 
de  terre,  les  vers  qui  naiflentdans  le  corps 
des  animaux,  &  toutes  les  autres  efpeces: 
Les  fangfuës,  les  punaifes,  les  puces, les 
poux,  les  feorpions,  les  araignées,  les 
cloportes,  les  fauterelles,  les  grillons, lei 
eicaibots,  les  mouches,  les  papillons,  les 
chenilles,  &c.  Il  commence  d'abord  par 
expliquer  le  nom  d'Infecte,  puis  il  divife 
les  Infectes  en  deux  genres  ,  fçavoir  ceux 
qui  n'ont  point  de  pieds,  &  ceux  qui  en 
ont.  Les  premiers  naiiTent  ou  dans  la 
terre,  ou  dans  le  corps  des  animaux,  ou 
dans  l'eau,  Ceux  qui  naiflent  dans  la  ter 
re  font  ks  vers  de  terre ,  dont  il  y  a  pi 
£cars  efpeces.  Ceux  qui  fe  pioiuilettVi. 


1  tiirm    i7ii.  31 

le  corps  des  animaux,  &  principalement 
dans  celui  de  l'homme  ,  font  auiïi  de  di- 
verfes  fortes.  M.  Rai  renvoyé  là-deffu* 
fes  Lefleurs  au  Traité  de  M.  Andry  fur 
la  génération  des  vers  dans  le  corps  hu- 
main. Ceux  qui  s'engendrent  dans  l'eau 
font  de  quatre  elpeces  différentes  ,  entre 
lefquelles  on  compte  ici  les  fangfuës. 

Pour  ce  qui  eit  des  Infcftes  qui  mar- 
chent, au  lieu  de  fe  traîner,,  les  uns  ont 
fu  pieds,  comme  les  vers  de  la  farine  ;  la 
puce,  toutes  les  fortes  de  poux  qui  dévo- 
rent les  animaux)  les  autres  eu  ont  huit, 
comme  !e  fcorpion,  l'araignée,  leciron, 
&c.  les  autres  quatone,  comme  îc  clo- 
porte, les  autres  vingt-quatre,  les  autre* 
trente,  &c. 

De  ces  Infeâes  les  uns  fubifTent  diverfej 
métamuipholes  &  les  autres  d-meurent 
toujours  dans  leur  première  figure.  M. 
Rai  rapporte  la-defliis  divers  exemples,  & 
après  ces  préliminaires  ,  il  vient  à  fort 
deflein,  qui  ell  de  donner  l'hiftoire  &  la 
deferiprioB  de  tous  les  Infectes-  Nous  ne 
feaurions  le  fuivre  dans  un  champ  fi  vaile, 
nous  nous  contenterons  de  rapporter  en 
abregccequ'ilditde  l'araignée,  après  MM. 
Willughbi  5c  Lifter.  11  commence  par 
faire  h  dcfcripiion  des  parties  extérieures 
de  l'araignée;  puis  il  vient  à  «  «jù  -«^ 
garde  la  géaéttûoii  è,e  cc=>  •vwm.'»-"^  ,  \» 
conflruOion  4e  \wiïtt»e  ,  X-mb»»3**^ 


1%      Journal  des  Sçayan s. 

elles  vivent ,  la  nature  de  leur  venin ,  8«. 
Quant  au  premier  article,  routes  les  arai- 
gnées ont  à  la  tête  deux  efpeces  de  dards, 
avec  lefquels  elles  piquent  ;  au  defius  de 
ces  dards,  qui  fout  plus  forts  aux  mâles 
qu'aux  femelles,  on  voit  deux  petites  cor- 
nes interrompues  par  des  jointures,  com- 
me fi  c'étoir.  des  jambes.  La  tête  de  ces 
animaux  n'eft  distinguée  de  la  partie  de 
défions  par  aucune  interfeâion.  Les  a- 
raignées  ordinaires  ont  huit  yeux ,  les  au- 
tres n'en  ont  que  deux;  ces  huityeuxleui 
fervent  pour  conduire  plus  régulièrement 
les  filets  de  leur  toile.  Elles  ont  toutes 
huit  pieds ,  mais  ces  pieds  varient  en  grof- 
feur,  en  longueur,  &  en  fituation,  félon 
les  efpeces.  Le  ventre  de  celles  qui  ont 
luit  yeux  eft  diflingué  du  refte  du  corps 
par  une  inteifeétion  confiderable,  au  lieu 
que  les  autres  ont  le  corps  tout  uni.  Aux 
unes  &  aux  autres  on  voit  feutir  de  l'anus 
comme  deux  petits  tuyaux,  dont  l'ufage 
eft  dr  conduite  les  filets  qu'elles  tirent  de 
leur  ventre.  Les  araignées  font  les  unes 
fans  poil,  &  les  autres  couvertes  de  poil; 
les  unes  ont  le  de  (Tus  du  corps  molafle, 
&  les  autres  l'ont  dut,  &  comme  couver 
d'une  croûte. 

2.  Pour  ce  qui  eft  de  la  manière  d' 
les  araignées  multiplient,  elles  s'accoup 
comme  la  plupart  des  animaux  ,  8c 
toutes  orJpares.    Loifquc  le  teur 


I 

foi 
ce 


Janvier     t?ir.  33 

femelle  eft  en  eltat  de  concevoir  commence 
à  approcher,  le  mâle  ne  la  quitte  point, 
&  il  mené  alors  avec  elle,  dit  nôtre  Au- 
teur, une  efpece  de  vie  conjugale.  Ces 
limaux  ne  s'accouplent  point  qu'ils  ne 
lient  parvenus  à  une  certaine  grandeur, 
ce  qui  n'arrive  guéres  avant  un  an.  Les 
petites  araignées  font  un  petit  nombre 
d'œufs,  mais  les  grandes  en  pondent  juf- 
qu'à  mille,  &  au  delà  dans  un  feu]  élé. 
Ces  œufs  font  ronds  ,  6c  couverts  d'une 
membrane  fine  &  tranfparentc  ,  qui  laifle 
voir  ce  qui  eft  au  dedans.  La  couleur  en 
eft  différente,  félon  les  différentes  efpeces 
d'araignées  :  les  uns  tirent  fur  le  blanc, 
les  autres  fur  le  jaune ,  les  autres  fur  le 
bleu,  les  autres  fur  le  rouge.  Ils  différent 
aufli  en  grandeur  ;  on  en  voit  qui  font 
gros  comme  des  grains  de  moutarde,  & 
d'autres  comme  des  femences  de  pavot; 
tantôt  feparez  les  uns  des  autres  ;&  tantôt 
comme  colez  enfemble;  la  femelle  ne  les 
couve  point,  mais  elle  fe  tient  auprès. 
Ce  quelquefois  elle  les  porte  avec  elle.  11 
fe  pafTe  ordinairement  vingt  jours  avant 
que  les  petites  araignées  en  éelofent. 

3.  Au  regard  de  la  toile  que  font  les 
araignées,  ces  animaux  commencent  a  fi- 
ler dès  qu'ils  font  fortis  de.  l'œuf.  Il  n'tft 
pas  certain  néanmoins  que  les  araignées 
qui  n'ont  que  deux  yeu,*  \t  Vï&ots.  %.-«*■»  ^ 
Les  mâles  filent  comme\w  towK**'^^. 


j4      Journal  des  Sçavak s, 

plus  rarement.  La  matière  de  ces  fils  c 
dans  le  ventre  de  l'araignée  ,  &  elle  I< 
fournit  par  l'anus.  Ils  fortent  quelcuefo: 
plufîeurs  enfemble  tout  diflingtiez  les  ur 
des  autres  :  ils  font  tous  fans  interruptioc 
foit  que  l'araignée  les  jette  d'elle-même 
fuit  qu'on  les  lui  tire  par  curiofité;  mai 
l'araignée  les  rompt  quand  elle  veut,  l 
où  elle  veut,  félon  la  conflruétion  de  l 
toile  :  tantôt  elle  les  difpofe  en  petits  pe 
lotons  ,  par  le  moyen  de  fts  pie! 
qu'elle  fait  tourner  par  deflus  fa  tétei  8 
ce  qu'il,  y  a^  de  plus  furprenant,  c'eft  qu 
parle  moyen  d'un  de  fes  fils  elle  a  ladreflé 
quand  l'air  eft  tranquile  ,  de  monter  ai 
plus  haut  de  l'air,  &i  jiifques  aux  rués 
Ce  que  je  puis  allurer,  dit  l'Auteur,  c'd 
que  j'en  ai  vil  s'élever  ii  haut,  que  quo 
que  je  les  obfeivafle  avec  foin ,  8c  que  y 
fufle  fur  une  tour  très-haute,  je  les  per 
dois  enfin  de  vue.  Ce  ne  font  que  le: 
jeunes  araignées  qui  s'expofent  à  ces  forte 
de  voyages,  les  autres  habitent  paifible 
ment  leurs  demeures.  Une  obfervatioi 
qu'il  ne  faut  pas  oublier  ici  ,  c'eft  qu. 
l'araignée,  après  avoir  déployé  plufieur 
aulnes  de  fil ,  les  retire  dans  fon  ventr 
quand  il  lui  plaît.  Les  araignées  quitter 
leur  peau  tous  les  ans ,  &  en  font  r 
nouvelle ,  c'eft  pourquoi  on  trouv 
fouvtnt  des  dépouilles  d'araignées 
Jeun  toiles. 


Janvier     171t.  ^ 

4.  Quant  à  l'aliment  dont  l'araignée  fc 
nourrit ,  il  ne  confifte  guércs  qu'en  mou- 
ches; &  c'eft  par  le  moyen  de  fa  toile, 
"elle  vient  à  bout,  comme  l'on  fçait, 
de  ftirprendre  ces  petits  infeâes,  dont  elle 
fuce  toute  la  fubftanee.  Elle  avale  auili 
quelquefois  des  morceaux  de  mouche, 
comme  il  eft  facile  de  s'en  convaincre, 
en  examinant  ce  qui  eft  contenu  dans  fes 
excremens.  Les  araignées  ne  s'en  tiennent 
pas  toujours  aux  mouches,  elles  fe  dévo- 
rent quelquefois  réciproquement  ,  &  fur- 
tout  n'épargnent  pas  les  œufs  les  unes  des 
autres.  Ces  animaux  ne  font  point  de 
provifion  pour  l'avenir  ;  ce  qui  vient  de 
ce  qu'ils  le  paifent  facilement  de  nourri- 
ture, &  on  remarque  qu'ils  n'en  prennent 
point  de  tout  l'hyver ,  quoi  qu'ils  foient 
alors  tout  auffi  agiles  qu'en  été.  Ils  peu- 
vent même  vivre  en  toute  faifon  fort  long- 
temps fans  manger,  &  M.  Redi  dit  avoir 
enfermé  des  araignées  dans  des  vaifleaus 
de  verre,  lesquelles  y  ont  demeuré  près 
de  fepi  mois  fans  mourir. 

j.    Le  venin   de  l'araignée   ell  moins 
dangereux  en  Angleterre,    &  dans    tous 
les  païs  froids  qu'ailleurs.     Quelque  nuifi- 
ble  que  foit  ce  venin  lotfqu'il  entre  dans 
le  fang  par  quelque  piqueure,   il  ne  fait 
point  de  mal  étant  avalé  ,  ce  <a>\\V  v  *^ 
itimun  avec  le  vwvu\  fc*^fia&SMB\JÏÏSJ« 
maux  :  la  taiïoa  to  «ft-c^V*^^  £» 
û  6 


36        JoURVAt  DES   ScAVAKS. 

différentesaveclefquelles  ils  fe  mêler 
l'eftomach ,  l'altèrent  &  le  corrigt 
telle  forte ,  qu'il  a  perdu  toute  fa 
avant  que  de  pafler  dans  le  fang.  M 
bous  donne  ici  fur  les  différentes  e 
d'araignées  pluiieurs  Obremtions  c 
fes,  que  nous  laiffons ,  de  peur  de 
trop  étendre.  Nous  voudrions  pc 
rapporter  quelques  articles  fur  ce  qu 
cerne  les  autres  Infectes,  mais  cela 
meneroit  un  peu  trop  loin. 

*  Elogt  dtMr.  E  A  !  N  A  G  E   D  E  B  E  A  1 

Auteur  de  l'HiJhire  des  Ouvrants  dt 


V*  Es  sire  Henri  Bafnage  Sieur  de 
val  étoit  né  à  Roikn  l'an  165 
de  Mr.  Henri  Bafnage  Seigneur  du 
quefnoi  Avocat  au  Parlement ,  fi 
par  fon  Commentaire  fur  la  Coutur 
Normandie,  &  Auteur  d'un  Trail 
Hypothèques  qui  viennent  d'être  réi 
me 7.  pour  h  troifiéme  fois  en  z.  v 
folio. 

Henri  Bafnage  s'appliqua  à  l'étu 
Droit,  &  futreçuaul'arlementdel 
l'an  1676.  Au  lieu  de  fuivre  le  Bar 
il  alla  à  Valence  continuer  fes  étude 
Mr.  de  Marville  qui  enfeignoit  avec 

*Ca  An/de  rS  tiic  du  Journal  de  1 


J  k  m  v  i  i  r    1711.  yt 

coup  de  réputation  :  étant  de  rttout  il 
plaida  avec  fuccès  .  &  l'on  voit  dans  le 
Commentaire  fur  la  Coutume  de  Norman- 
die divers  Arrêts  rendus  fur  fes  Plaidoyer». 
Il  commençoit  à  entier  dans  le  grand 
emploi,  lorfque  la  revocation  de  l'Edït 
de  Nantes  le  fit  palier  en  .Hollande  Tan 
1687.  Mr.  Bayle  qui  étoit  alors  malade, 
ayant  abandonné  le  deffein  de  continuer 
fes  Nouvelles  de  la  République  des  Let- 
tres, Mr.  B.  de  Beauval  entreprît  de  faire 
la  même  chofe  fous  on  autre  titre  :  il  pu- 
blia l'Hifioirt  ici  Owurstget  des  5f  «vans ,  qu'il 
a  continuée  jufqu'à  fa  mort  arrivée  le  19. 
Mars  1710.  Il  écrivait  avec  beaucoupde 
politefle  ,  s'il  n'étoit  pas  prodigue  de 
louanges,  il  épargnoii  auflîtous  les  termes 
qui  pouvoient  choquer  la  délicat efle  des 
Auteurs  :  il  fe  contentoit  de  faire  fentir 
Je  défaut  d'un  Ouvrage,  &  le  jugement 
du  public  s'accordoit  ordinairement  avec 
le  lien.  11  n'étoit  point  partial  fur  les  ma- 
tières de  Religions  il  esaminoit  les  rai- 
fans  Se  les  faifoit  valoir  fans  avoir  égard 
à  la  qualité  de  la  perfonne  qui  les  avan- 
çoit;  il  ne  prenoit  prefquejamaîsdc  parti. 
On  a  feulement  remarqué  qu'il  méloit 
ttop  fouvent  fes  réflexions  avec  celles  de 
fon  Auteur,  &  qu'il  étoit  très-difficile  de 
diftinguer  les  fentimens  de  l'Ecrivain,  dsa 
pemecs  de  celui  qui  faifoit  les  eï.vx»K. 
Ses  démêlez  avec   Mr.  juneu  O'ES.  ^* 


38        Journal  desSçavanî. 
trop  de  bruit  pour  n'en  pas  dire  quelque 
choie  ,     d'autant  plus  qu'ils  ont  produit 
pliifieurs   écrits  de  part    &   d'autre.     La 

Îuerelle  commença  par  les  Pafloureauxde 
lauphiné,  8c  la  Bergère  de  Cret  qui  pre- 
noient  la  qualité  de  Prophètes  pour  débi- 
ter leurs  impoftures.  Mr.  de  Beauval  eut 
quelque  part  à  la  Lettre  d'un  Théologien 
qui  parut  *  contre  ces  prétendus  Prophè- 
tes. Mr.  Jurieu  crût  le  reconnokre,  11 
Je  regarda  comme  fon  principal  ennemi, 
8c  lui  déclara  la  guerre  par  un  Aviî  inju- 
rieux. Mr.  de  Beauval  fit  une  Rifon/e  d* 
t  Auteur  de  l'Hiflàre  des  Ouvrait  du  Sfa. 
■vaas ,  à  l'Avis  de  Mmfiear  Jurieu  Auteur 
du  Lettrei  Paftoraies  in  n.  1690, 

Là  Mr.  de  Beauval  fe  jullifi»  des  accu- 
rations  de  Mr.  Jurieu,  &  prouva  que  la 
honte  d'avoir  été  convaincu  fur  la  tau  (Té- 
té des  prophéties  de  ces  petits  Prophètes, 
étoit  le  véritable  fujet  de  la  haine  de  ce 
Miniflre.  Mr.  de  Beauval  préfenta  au 
Synode  de  Leyde  en  1691.  une  dénon- 
ciation delà  doétrine  de  Mr.  Jurieu  qu'il 
combattoit  fur  plulieurs  articles.  Mais 
comme  cette  dénonciation  étoit  anonyme, 
&  que  les  Synodes  regardent  comme  des 
libelles  tous  les  écrits  qui  ne  font  point 
lignez,  on  n'eut  aucun  égard  à  celui-ci. 
Cependant  Mr.  Jurieu  fe  crût  obligé  de 
publier  deux  Apologies:  l'une  défend  princi- 

S  £,  16$). 


J  a  m  v  i  £  r    I7iï.  39 

paiement  fa  conduite  ,  &  l'autre  fa  doc- 
trine. Mr.  de  Bcauval  répliqua  fous  ce 
titre  ,  Exitmtn  de  U  doflrine  de  Mr.  Jurieu, 
pour  ftrv'ir  de  riponft  à  un  libelle  intitulé , 
féconde  Apelt^ie  de  Mr.  Jurieu. 

Cette  affaire  eut  des  fuites,  mais  com- 
me elle  fe  plaidoit  dans  le;  Synodes ,  Mr. 
de  Bcauval  n'y  a  voit  de  part  que  comme 
témoin. 

Dans  le  même  tems  *  Mr.  Jurieu  pour- 
fuîvoit  Mr.  Bayle  comme  Auteur  de  l'A- 
vis aux  Réfugiez  ,  &  il  aceufa  dans  fes 
pourfuites  Mr.  de  Beauval  d'avoir  inféré 
dans  Ton  Journal  deux  Lettres  qui  favori- 
foient  Mr.  Bayle,  8c  prouvoîent  qu'il  le 
faifoità  Paris  une  Edition  de  l'Avis.  Cela 
produifit  de  h  part  de  Mr.  de  Beauval 
une  Lettre  fur  tes  diffiren,  de  Mifitun  Jurieu 
V  Bayle,  &  Mr.  Jurieu  ayant  publié  une 
nouvelle  Apologie,  où  i!  vouloir  prouver 
que  le  Sieur  de  Beauval  étoit  complice  de 
l'Avis  aux  Réfugiez,  8c  que  les  extraits  des 
Lettres  de  Paris  qu'il  avoir  publiez  ctoient 
faux,  Mr.  de  Beauva!  réfuta  ces  aceufa- 
tions  par  une  Réponfe  à  l'Api  loge  de  Mr. 
Jurieu.  b  Ces  démêlez  furent  un  peu 
fufpendus  par  la  maladie  de  Mr.  Jurieu: 
mais  comme  en  reprenant  le  cours  de  fes 
Lettres  paitorales ,  il  reprenoit  aui'ii  le 
même  efprit,  c  on  luïaddrclfa  uw  Lsxwt 
fort  vive  conuc  ïeïçw.'^à  •«,«,'&»•«.  ^""v^. 

»  Eu  lisi.     b  Aid.      t  En  WîV 


ip         JouilNU    DES  Sç^VANJ. 

les  Lettres  qu'il  publioit  Tous  le  nom 
Fidelles  de  France  ,  Lettre  du  Tidtllei 
France*  Mr.  Jurieu  fur  fa  2ï.  Lettre  p, 
mit,  lignée  le  Frvrei  celle  Lettre  fut 
tribuée  à  Mr.  de  Beauval  ,  il  fit  enc 
deux  écrits  contre  le  même  Auteur.  C 
fideratiom  fur  deux  Sermons  de  Mr.  Ji 
touchant  l'amour  dit  prochain,  où  l'en  t 
incidemment  cette  quefiîon  curieufe,  t'il  j 
hdk  Mr.  Jurku.  L'autre  a  pour  tî 
Mr.  Jurieu  convaincu  de  calomnie  c?  d 
psflun.  Ces  Meilleurs  fe  font  enfin 
conciliez,  Mr.  de  Beauval  fe  feulant  i 
lade  en  1710.  envoya  faire  à  Mr.  Jur 
des  complimens. 

Mr.  de  Beauval  fut  attaqué  d'une  I 
dropifie  pluiieurs  mois  avant  que  de  s 
appercevoir.  Il  fut  étonné  de  voir 
jambes  fort  enflées  à  la  fin  de  l'an  17c 
cela  fut  fuivi  d'un  dégoût  total  qui 
lui  perrnettoit  l'ufage  d'aucune  viand 
foneftomach  étantabfolumenr  ruiné, to 
les  remèdes  qu'on  lui  fit  furent  inutiles, 
fentit  bien-tôt  que  fa  maladie  tendoit  à 
mort  ;  il  s'y  prépara  afin  de  la  voir  arriv 
avec  une  parfaite  tranquillité.  En  efl 
la  ferenilé  de  fon  efprit  ne  tut  jamais  tro 
blée,  &  ne  parut  peut-être  jamais  pi 
grande  que  dans  les  derniers  jours  oùilétf 
a  l'extrémité.  Il  s'entretenoit  avec  pif 
avec  fes  amis.  Il  pafli  h  dernière 
*rcc  eux  dais  cet  état.  Si  ne  f»"1" 


J»N'IEK       I7U".  41 

,  difoit-il ,  puifqu'il  mourait  en  leur 
|Ȏfencc.  On  le  coucha  pour  trouver  quel- 
que repos,  &  après  avoir  dormi  un  demi 
quart  d'heure,  eu  s'cVeillant  il  tomba  ap- 
paremment quelque  flegme  qui  coupa  la 
refpiration,  la  connoiflanee  fe  perdit,  & 
il  rendit  l'efprit  un  quart  d'heure  après.  II 
étoit  ami  fidelle  &  délicat,  ennemi  des 
igcs;  il  ne  pouvoit  foufiiir  qu'on  lui 

□  donnât.  Sa  modeflie  croît  fincere  & 
véritable;  il  rravailloit  à  la  nouvelle  re- 
formation  du  Dictionnaire  deFureriere, 
dont  la  première  Edition  d'Hollande  avoit 
paru  l'an  mille  lept  cens  un ,  &  la  fécon- 
de l'an  mille  fept  cens  neuf  :  il  n'a  pas 
laine  de  donner  pendant  fa  maladie  quel- 
ques heures  à  ce  travail  auquel  il  Te  plaî- 
ioit.  Il  avoit  eu  du  chagrin  de  ce  qu'on 
lui  avoit  enlevé  fort  Ouvrage,  &  qu'à  la 
faveur  de  quatre  ou  cinq  feuilles  de  chan- 
gemens  ,  on  prétendoit  avoir  donné  un 
nouveau  Dictionnaire  ,  quoique  ce  fût 
véritablement  le  fien  dont  on  avoit  copié 
jufqu'aui  fautes.  Mais  fur-tout  il  étoit 
fiché  de  ce  que  plulîeurs  chofes  lui  étoient 
échappées  dans  la  première  Edition,  qu'il 
roulait  changer  dans  la  féconde.  Il  croît 
"ort  avancé  dans  fes  corrections ,  8c  il  a  u- 
roit  conduit  cet  Ouvrage  prefque  à  la 
^erfetftion,  fi  la  mort  ne  l'avoit  ntévtwa.- 

La  Famille  de  Mi.  dtïeiœ»*.  ^tate.^ 
"e  eu  Auteurs,  ouuc  ctt  TO^'stt^; 


3DKNAL  DES  SçaVAN 

feu  Monfieur  l'on  père  ,  die  1 
i  la  République   des    Lettres  Mr. 

aujourd'hui  Miniure  à  h  Haye 
MonfieurdcBeauval  j  ôcMonfieur 
de  Flotte  m  an  ville. 

Teftamentum  Grœcum  ,  cum 
unibus  variantibuî    MIT.    exemph- 

verlîonum,  editionurr, ,  SS.  Pa- 
St  Scrîprorum  Ecclefiaftii:orum;fc 
'dem  notis.  Aeccdunt  loca  Scrip- 
parallela,  aliaque  exegetica.  Prœ- 
ur  Differtatio  de  Libris  N.  T.  Se 
lisconiriturione,  &  S.  TextusN. 
ris  ad  nollra  ufque  temporaHifto- 
Studio  &  labore  Joannis  Millh  , 
P.  Colleifiionem  Millianatn  recen- 
mdiori  ordinedifpofuir,  novifque 
ionibus  locupletavit  Ludolphuï 
Ebos.      Excufum  Amftelodumi  ,   & 

t<  Liffit,  apud  ych.  FriderUurn  Gk- 
V  fil.  ilio.     C'eil-à-dire  :     Lt 
a  Teflamen:  Grec ,    avec  ks  diver- 
;mi  t'trêts  du   Manitfcrits  ,    dis  Ver- 
dis Editions ,  desSS.   Péris,    &  du 
«ni  Ecckfiajtiques  :  &  des  Notes  fur 
verftt   Leçons.     On  )   a  joint  les  il 
parallèles  de  l'Ecriture  ;  d'autres  t 
\!  peuvent   ftrv'ir  à   L'eXflkaiiir 
;     Ç^  tint   Differiat'mn  fritte* 
ie   h  faire  tmuitn   lei    Livr 
■fini  U  C*mn  dit  N.  T.  <? 


Janvier     i7ir.  4* 

on  J*  ce  Cane» ,  £r  à  conduire  l'Hîf- 
..  :t  dit  Ttxli  Sacri  jufqtt'à  nôtre  ' 
Par  Jean  Mill  ,  ProfeJJeur  m  Théologie. 
Nouvtlh  Edition ,  revue,  mife  tn  metlltur 
ordre,  çr  enrichie  dt  plafieurs  addition!  P*r 
Ludolphe  Kufter.  Imprimé  à  Amller- 
dam,  &  fe  verni  a  Leipfic,  cheijean- 
FridericGleditrdïSc  fon  fils.&  à  Rotter- 
dam ,  cheï.  Fntfch  &  Bohm.  1710.  fol. 
pp. 63 z.pourle  Nouveau  Teftamenti,. 
I6ï.  pour  les  Prolégomènes  de  M.  Mill. 


m- 
■*>•■ 

'leur 
f 
1er- 
:an- 
tter- 
.fcl. 


VUeii^ue  applaudi  (Ternent  qu'air  re- 
£-çù  l'Edition  du  Nouveau  Tellament 
Grec,  procurée  par  les  foins  de  feu  M. 
Mill  à  Oxford, en  1707,  infolio,  Stdont 
nous  avons  rendu  Un  fidèle  compte  dans  le 
Suplément  du  Journal  (Juillet  1708.  pag. 
iôj.)  elle  n'a  pas  été  exempte  de  la  cen- 
fure  de  divers  Sçavans,  qui  fans  réfuter  à 
^Editeur  la  toûange  dùë  à  fon  travail  im- 
menre,  ont  trouvé  que  fon  Ouvrage  pou- 
voir être  conduit  à  une  plus  grande  per- 
fection ,  foit  pour  la  commodité  ,  Toit 
pour  la  richeife  &  l'exactitude.  Dunom- 
bre  de  ces  Ccnfeurs  ont  été  1.  M.  Ltn- 
faut,  Miniftre  Françoisde  Berlin,  qui  s'en 
eft  expliqué  par  deux  Lettres  Critiques, 
inférées  dans  les  Tomes  XVI.  &  XVIII. 
de  la  Bibliothèque  Cbelfit  de  M.  le  Ciste,  v\~ 
M.  le  Clm  tuvn&mt  ,  «£»■*■  fc^W-^.1^, 
ce  fujes  une  D\&tm\na^A«»ft  vasflP0*^ 


le 

s- 

ï 
l 


AL  DES  SçAV 

volume  de  fa  Mil/nU-iue 
ï«i)  3.  M.  pfajf,  Auteur 
flertation  fur  la  même  ma- 
ie depuis  peu   à    Amfter- 

e  M.  Mill,  que  la  mort  a 
t  de  pouvoir  profiter  des  a- 
ilesCritiques,  ou  derépon- 
eétions,  voici  le  fçavant  & 
Kufter,  qui  en  adoptant, 
,  l'Ouvrage  du  Théologies 


.» 6       Journal  dis  Sçavams. 

irAiJiiïfiiia. ,  font  des  fautes  de  Copiftevon 
d'Imprimeur:  kin  &  !#*»»  *"ril  8;  «»Ti, 
■1  &  ««i,  V«ir"'  Se  if  A  IH  ,  font  des 
varierez  d'orthographe  ,  &c.  Du  refte 
(obferve  nôtre  Editeur)  on  trouve  beau- 
coup de  diverfes  Leçons  de  ce  premier 
genre  dans  la  colleâion  de  M.  Mil!. 

i.  M.  Kufter  met  au  rang  des  diverfes 
Leçons  douteutês  du  N.  Teftamcnt,  le» 
citations  de  ce  Livre  Sacré  tirées  des  E- 
crits  des  anciens  Pères  ;  mais  ii  le  fait  à 
ces  conditions  ,  Que  ces  citations  ne 
foient  autorises  par  aucun  Minutent,  ni 
par  aucune  Verfion  ancienne,  Bî  Qu'elles 
fe  trouvent  exprimées  en  mêmes  termes 
dans  les  Ouvragesdedeux  de  ces  Ecrivains 
au  moins,  ou  eu  différais  endioirsdumê- 
me  Père.  Car  en  ce  cas ,  bien  qu'il  ne 
foit  pas  certain  que  la  citation  fut  alors 
conforme  à  quelque  exemplaire  du  Texte 
Sacré,  on  a  lieu  de  préfumer  qu'elle  pou- 
voir n'en  être  pas  différente,  puifqu'il  fe- 
roit  allez  difficile  que  deux  de  ces  Ecri- 
vains, par  un  pur  hazird,  fe  futTent  ren- 
contrez dans  tous  les  rennes  d'un  même 
pillage  ■  qu'ils  n 'auraient  cité  que  de  mé- 
moire l'un  &  l'autre  ;  ou  que  le  même 
Père  eût  été  fur  ce  poinr  d'accord  avec 
lui-même,  en  écrivant  fur  différentes  ma- 
tières, 5;  en  divers  temps. 

3.  Les  diverfes  Leçons  de  nulle  eoafd- 
çtience  font  celtes  qui  n'apportent  aucun 


changement  au  ftns  des  partages  oii  aies 
te  trouvent.  AinJÎ  ,  par  exemple  ,  il 
importe  fort  peu  pour  le  fens  qu'on  life 

■  ij-i),  OU  M"  *>*i  Verrai,  OU  MsMrwî  y*. 
(iT&M  ,  otl  y"itB"  i   Aa»-""  ■    OU   t^\iru*nï 

"'"«A.  ou  iMfx1»'  ôuWçeftpj  V*,  ou  £*»- 

*»j  W'i  OU  '"*'ï  M»TÎ[,  OU  Maà«t;  cMi:.St'< 

ou  Aitorirt  tout  en  un  mot,  Src.  Or  1« 
diverfes  Leçons  de  ce  genre  font  en  fi 
grand  nombre  ,  que  l'on  eft  étonné  de 
voir  combien  il  en  rette  peu  de  celles  qui 
portent  coup  pour  le  fers:  8c  c'eii  la  prin- 
cipale utilité  qui  refaite  de  la  colledionde 
M-  Mil!  .  de  pouvoir  fe  convaincre  une 
bonne  t'ois ,  que  malgré  la  multitude  pro- 
digieufe  de  variaîionsqu'ellenousprefente, 
lej  veritei  effcntielles  contenues  dans  le 
N.  Teflament,  ne  courent  aucun  rifque, 
4.  Quant  aux  diverfes  Leçons  qui  doi- 
■  regardées  comme  importantes, 
.  Kuiler  nous  renvoyé  fur  la  plupart  à 
amen  qu'en  a  fait  M.  Mil]  ,  tant 
s  fes  Prolégomènes,  que  dans  fes  No* 
:s;  fe  contentant  ici  d'en  indiquer  feule- 
X  quelques-unes,  fur  lefquelles  il  pré- 
:nd  que  le  Critique  Anglois  a  négligé 
:rcer  la  cenfure  qu'elles  mériioient, 
'a  pas  porté  un  jugement  suffi  juite 
eût  été  à  fotihaiter.  Voici  quel- 
;  exemples  des  négligences  &  des 
■prifes  de  M.  Mill»  tele.ve.fa  y-w. -ïSsws. 


48        JoUKHAl    DES   SÇAYfcNS. 

Sur  ces  paroles  de  S.  Luc  (  Cli.  xvi, 
j,  )  ncàwno  ii  in-*."'*»  ;«  im  puis  irmailii, 
la  terre  ,  M.  Mil!  rapporte  pour  dive 
Leçon  un  paffage  tiré  de  Suidât,  au  rr 
(Oà«i)M>rtf*«i)  &  conçu  en  ces  termi 
«■hîsti»  **  twis-t/jm',  je  ne  fçai  point  iravt 
1er  à  la  terre;  comme  fi  Suidai  eût  e 
prunté"  de  Saint^Luc  cette  expreflit 
Mais  l'eiplicatiojl-quY  ajoute  Suidas ,  < 

iriet/t*',  *vtî  ii,  i!  fit  s/au,  je   ni  fç&i  pal 

au  lieu  de  je  ut  puis ,  n'a  pas  permis  à  J 
Huiler  de  s'égarer  ici  avec  l'Editeur  A 
glois,  &  lui  a  Fait  connoitre  .  que  ce! 
phrafe ,  bien  loin  d'être  chez  le  Grar 
mairien  Grec  une  citation  de  S.  Luc< 
un  piiïige  à' jtri/hphtuie,  dans  la  Coméi 
du  Oi/eaux,  vers  143!;  ainli  que  la  ne 
du  Scholiafte  fur  ce  vers,  laquelle  etl  m 
pour  mot  la  même  qu'allègue  Suidas,  1 
laine  aucun  lieu  d'en  douter.  Qui  fe  f 
imaginé  que  l'étude  du  Com.ique  Gr 
eût  fervi  fi  à  propos  M.  KMer  ,  p 
rapport  à  la  Critique  du  N.  Tcftameni? 
Sur  ces  mots  qui  le  lifent  dans  foi 
Marc  (  vu.  a.  )  wAj;f»l  >  ntirn  Mtrw 
avec  des  mains  impures ,  c'ejl-à-dire  non  1 
vies,  Mr.  Kufter  obferve  avec  bc^uco 
de  vrai-femblance,  que  ces  deux  demi! 
(«Tiî-iriWTut)  pourroient  bien  être  ■ 

5 lofe  ou  une  explication  des  deux  piecer 
aquelle  fe  feroit  introduite  de  la  r 
'  w)e  leste.    11  croit  aulii  que  ' 


J  ft  M  v  t  s  K     1711:  49 

{iW(tt»0  qui  le  lit  au  ;  verfet  du  même 
Chapitre,  eft  encore  une  explication  mar- 
ginale .  qui  a  chaiTé  du  texte  le  mot 
Hnûct  qu'on  trourc  dans  quelques  Ma- 
nuscrits, à  la  place  d'**»w*.  ou  joint  à 
ce  même  terme.  11  fait  un  fcmbUble  ju- 
gement de  ces  mots,  '*<  «i>«««  fan»»i 
fur  de;  faux  de  chèvre  ,  qui  dan*  l'Epitre 
aux  Hébreux  (11.57.)  fuirent  immédiate- 
ment ces  deux  autres  (>>  fui***»)  donc 
la  lignification  eft  la  même.  Ces  remar- 
cjues  ont  échapé  à  M.  Mil!. 

M.  Kuffer  obferve  encore  fur  le  pafTage 
de  faint  Jean  {7.4.)  où  il  dit  Qo'à  Jt- 
rufaleirt  un  Ange  dtfcmdât  du  Cltl  eu  m» 
ttrtmn  ttmpi  ,  peur  traatler  l'eau  de  U 
Pîfilne  Ht  htihfaidc ,  qu'il  patoit  pat  quel- 
ques anciens  Manufcrits  ,  qu'autrefois  on 
a  regardé  ce  paûage  comme  douteux,  ta 
effet  ( continué- 1- il)  dans  un  Manuferit 
Latin  de  la  Bibliothèque  du  Roi  de  Fian- 
ce (cotté  4.582)  8c  dont  l'écriture  en  let- 
tres majuscules  atrefte  l'ancienneté,  ce  4 
verfet  ne  fe  trouve  point  dans  le  corps 
du  Livre  ,  mais  on  le  voit  ajouté  à  la 
marge  fupeticure  de  la  page,  paruneraain 
plus  récente.  Ce  même  verfet  manne  ~ 
dans  un  Manufcrit  Grec  de  la  même  1 
bhotheque  (cotté  2441)  ainS  que  da 
deux  Mit  de  la  Veriîon  Copte  du  mèo 
endroit,'  Se  dans  un  Ma&v&crw.'iw-V 
tin  de  a  BibUothsc^ae.  &e.  C 


JO         JotltlNAL    DBïSÇAVANJ. 

quel  a  autrefois  appartenu  à  Thttâm  d* 
Sètt.  Cependant  (ajoute  M.  Kufter)  s'il 
cft  vrai  que  l'on  ait  inféré  originairement 
ce  verfet  dans  le  Texte  de  fatnt  Jean,  il 
faut  que  cette  addition  foit  plus  ancienne 
eue  Tertulticn ,  puifquc  ce  Père  avoit  fans 
doute  ce  paffage  en  vue,  lorfqu'ilccrïvoit 
dans  ion  Livre  dit  BafUmt,  Pifcinam  Btth- 
fitidam  Angtlus  intervenient  commoveht,  &C. 
Un  Ange  furvenant  agitait  U  Pi  feint  dt  Betb- 
faide.  Du  relie,  M.  Mill  avoit  palTé  fort 
légèrement  fur  ce  verfet, 

Dans  le  partage  de  la  première  Epître 
de  S.  Pierre  (11.1S.)  iwrtpwi  ™ï ttr- 

■mine,  i  ptm  tëis  i^i9ett  xai  •«•Hfhr,  *J.\« 
xxt  Tsït  »*sMa7f,   étant  fournis  à  vos  maîtres, 
tien- feulement  k.  ceux  qui  font  bons  er  doux  , 
mais  encore  *  aux  qui  font  fâcheux ,    il  y  a 
grande  apparence  que  l'Interprète  Latin  a 
]ù  jvi*i>M!  pour  mwwfti  puifqu'il  a  con- 
fervé  ce  même  terme    {dyfcolis)    dans  fa 
verfion.    Mai»  M.  Mill ,  dans  fes  Note? 
&  dans  fes  Prolégomènes ,   va  plus  loin 
il  prétend  que  Aicmmk  eft  Ja  Leçon  vert 
table  ,  dont  le  mot  (««Joî<)  n-a  été  d'à 
bord  que  l'interprétation  ,   quoi  qu'il  ei 
ait  pris  la  place  dans  !a  fuite.  C'eftdeqac 
M.  Kufter  ne  tombe  pas  d'accord,  ne 
feulement  à  caufe  du  contentement  ' 
nîme  de  tous  les  MIT,  connus  aujourd 
dans  /e/quels  on  lit  conllamment  »*» 
mais  encore  paice,  qiw  te  4«mst 


J  UN  VII  H     1711.  çr 

Grec  ayant  une  lignification  plus  vague  8c 
plus  étendue  que  Mùmh,  il  eft  bien  plut 
naturel  de  penfer  qu'on  a  dil  employer 
celui-ci  pour  déterminer  le  vrai  fena  do 
l'autre. 

Il  ne  nous  refte  plu;  maintenant  qu'à 
marquer  en  quoi  cette  nouvelle  Edition 
eft  différente  de  celle  de  M.  Mill.  Le 
Texte  Sacré  eft  ici  imprimé  à  deux  co- 
lonnes ,  &  lesverfetsy  font  diflinguez non- 
feulement  par  leurs  chiffrés,  comme  dam 
l'Edition  d'Oxford,  mais  encore  par  dés 
À4ine,%.  Au  deflbus  du  Texte  paroiffent 
les  renvois  aux  paffages  parallèles  des  au- 
tres Livres  de  l'Ecriture  ;  &  ces  renvoii 
forment  des  lignes  qui  occupent  toute  la 
largeur  de  chaque  page.  Cela  eft  fuivi  de» 
diverses  Leçons  8c  des  Notes  imprimée» 
auiïi  à  double  colonne,  8c  diftinguées par 
des  chiffres  &  des  à-lineû,  qui  répondent 
à  ceux  du  Texte.  Cette  partie  île  l'Ou- 
vrage eft  confiderablement  enrichie  par 
quantité  d'additions,  qui  font  de  M.Kuf- 
ter,  6c  qui  pour  n'être  point  confondues 
avec  ce  qui  appartient  à  l'Editeur  An- 
glots,  ont  été  renfermées  entre  ces  deux 
marques  (tj:).  Outre  cela  M.  Kufter  a  eu 
foin  d'inférer  parmi  les  Notes  6c  iesdiver- 
fes  Leçons  de  M.  Mill,    1,  toutes  celles 

tnt  celui-ci  avoir  compofé  le,  taw%  *v- 
dix  de  Jbn  Édition.    ».  Yws*»».***; 
rations  tirée  d«  ïwXfewn»*»»**'    ■ 


5*  JouhnaidesSçavans. 
me  Editeur.  Ces  Prolégomènes  ne  biffent 
pas  d'être  imprimez  ici  dans  toute  leur 
etenduèi  &  ils  ont  cela  de  plus  commode 
que  dans  l'Edition  d'Oxford,  qu'étanrpar- 
tagei  en  petites  feétions  par  des  chiffres 
marginaux  ,  on  pourra  dans  la  fuite  en 
délignet  plus  préufément  les  endroits  ci- 
tez.   . 

Au  refte,  les  diverfes  Leçons  ajoutées 
ici  par  M.  Kufter ,  font  tirées  de  douze 
Manufcrits  Grecs  du  N.  Teftament,  par- 
mi lefquels  il  y  en  a  neuf  delà  Bibliothè- 
que du  Roi  de  France."  Le  plus  ancien 
&  le  plus  confiderable  de  ces  neuf  Ma- 
nufcrits eiï  celui  qui  vient  du  Cardinal  Ro- 
tlolphi,  &  qui  eft  fous  1a  cotte  (roos.)  Il 
a  cela  defingulier,  que  les  feuillets  de  par- 
chemin dont  il  eft  formé  ,  portent  deux 
fortes  de  carafleres.  Les  uns  très-anciens 
&  prefque  effacez,  nous  prefentenr  la  plus 
grande  partie  du  N.  Teftament.maïs  dans 
un  defordre  &  une  confulion  extrême. 
Les  autres  plus  modernes  ,  &  qui  font 
prefque  les  feuls  qu'on  apperçoive,  cora- 
pofent  les  Opufculesde  S.  Epl/rem.  C'eâ 
M.  Boiviu,  l'un  des  Gardes  de  cette  Bi- 
bliothèque, qui  le  premier  a  découvert 
des  morceaux  du  N.  Teilament  ,  dans 
l'écriture  prefque  effacée  de  ce  Manufciït  s 
&  qui  en  a  recueilli  quelques  diveries  Le- 
,  çons,  qu'il  a  communiquées  à  M. Kufter, 
I  ■&  qui  font  inférées  dans  «ss*  Edition. 


J  A  K  VI  B  x      17*1*  SS 

maladies  compliquées  ,  les  maladies  qui 
fervent  de  remèdes  à  elles-mêmes  ou  a 
d'autres,  le  retour  des  maladies  en  dedans, 
les  fièvres  intermittentes ,  les  fièvres  ma- 
lignes, la  perle,  les  maux  que  fait  le  froid, 
la  fituation  la  plus  convenable  aux  mala- 
de». Nous  ne  fcaurions  donner  l'Extrait 
de  tant  de  D  ilTe  nation  s ,  nous  nous  bor- 
nerons à  celle  du  ferment  de  l'eftomach. 
Il  s'agit  de  fçavoir  fi  l'appétit  &  la  di- 

feftion  font  l'effet  de  quelque  acide. 
,'Auteur  prétend  que  non.  Il  rapporte 
les  raifons  dont  on  peut  appuyer  l'opinion 
contraire;  il  réfute  ces  raifons,  aprèsquoi 
il  établit  fon  fentiment,  qui  elt ,  que  l'ap- 
pétit &  la  dîgcftion  "tiennent  d'une  fer- 
mentation produite  par  les  efprits,  indé- 
pendamment de  tout  acide  Se  tout  alcali. 
Cens  qui  foutiennent  ici  le  parti  des  aci- 
des, rapportent  en  faveur  de  leuropinion 
dîveifes  expériences,  dont  voici  les  prin- 
cipales, i.  Si  l'on  boit  du  lait  le  matin 
à  jeun,  &  qu'enfuite  on  s'excite  au  vo- 
miifement,  ce  lait  aura  une  odeur  aigre, 
&  fera  même  un  peu  coagulé  :  preuve 
roanifefte ,  dit  Tachenius  ,  qu'il  y  a  un 
ferment  acide  dsns  l'eilcmach.  x>  Un 
peu  de  limaille  d'acieravalée,  excite bien- 
tôt dans  la  bouche  une  odeur  de  fotiphre; 
&  cette  odeur  clï  toute  fcinblable  à  celle 

rt 'élevé  de  deiTus  la  oauàw.  S-mm».^ 
d  on  t'a  atiotcc  Kw»  *.«»■>    V  ^ 


54         JûBRNAL   DES  SÇATAM». 

Phïtippi  Wilhtlmi  Stotkii.  1710.  C'cft-l- 
dirc  :  Les  Difftrttuittts  dt  Rivinus  fur 
divers  fujttt  de  Médecine,  rajfembltes  data 
nn  mêrne  Rimeil,  A  Leipfic,  aux  frais 
de  Philippe  GuillaumerStock.  17 1 1.  vol. 
in  4.  pp.  944.  Se  trouve  à  Amilei- 
dam  chez  les  Waesberge. 

£*Es  Diffcrtations  dont  on  nous  donne 
ici  une  nouvelle  Edition  ,  font  au 
nombre  de  47,  toutes  fur  diffërcns  fujets. 
Ces  fujets  font,  !e  Médecin  Parfait,  le 
Médecin  Superflïiieux,  les  propriété!  des 
medicaraens,  l'effet  incertaindes  remèdes, 
l'abus  Se  l'inutilité  de  la  plupart  des  dro- 
gues que  débitent  les  Apoticaires,  !a  Mé- 
decine dans  les  alimens ',  les  avantages  de 
la  vie  champêtre  ,  l'efprit  vital  de  l'hom- 
me, la  force  de  l'imagination,  lavifion, 
l'apoplexie,  les  remèdes  anti-cpileptiques, 
l'efouinancie,  l'enrouement,  l'aillime,  le 
crachement  de  fang,la  phtliifiej'empieme, 
la  palpitation  de  cœur  ,  le  ferment  de 
l'eftomach,  la  faim  canine  &  la  boulimie, 
a  digellion  difficile  ,  la  bile,  le  volvulus, 
_a  lientetie,  la  génération  du  fan  g,  la  d<* 
pravation  du  fang  ,  la  nutrition,  le  fc 
but,  la  paralylic  fcorbutio,tie ,  l'hydroj" 
la  difficulté  d'uriner,  le  diabète,  1' 
tement  ,  les  maladies  hereditrô^ 
maladies  particulières  à 
maladies  animées  ou  \enri' 


nnùoeascs 


]   A   N   V  I  a  *      171ÏÎ  5; 

maladies  compliquées  ,  les  maladies  qui 
fervent  de  remèdes  à  elles-mêmes  on  à 
d'autres,  le  retour  des  maladies  en  dedans, 
les  fièvres  intermittentes .  les  fièvres  ma- 
lignes, la  pefte,  les  miui  que  fait  le  froid, 
la  (ituation  la  pins  convenable  aux  mala- 
des. Nous  ne  fçatirions  donner  l'Entrait 
Je  tant  de  Diflertations ,  nous  nous  bor- 
lerons  à  celle  du  ferment  de  l'eftomach. 
i'agit  de  feavoir  fi  l'appétit  &  la  di- 
m  font  l'effet  de  quelque  acide. 
-'Auteur  prétend  que  non.  11  rapporte 
"s  raifons  dont  on  peut  appuyer  l'opinion 
intraire;  il  jefute  cet  raifons,  aprèsquoi 
il  établit  fon  lenriment ,  qui  ert ,  que  l'ap- 
pétit &  la  digertion  viennent  d'une  fer- 
mentation produite  par  les  efprits ,  indé- 
pendamment de  tout  acide  &  tour  alcali. 
Ceux  qui  fomiennent  ici  le  parti  des  aci- 
des, rapportent  en  faveur  de  leuropinion 
diverfes  expériences,  dont  voici  les  prin- 
cipales. 1.  Si  l'on  boit  du  lait  le  matin 
à  jeun,  &  qu'enfuite  on  s'excite  au  vo- 
millement,  ce  laie  aura  une  odeur  aigre, 
&  fera  même  un  peu  coagulé  :  preuve 
manifcile,  dit  Tachenius  ,  qu'il  y  a  un 
ferment  acide  dans  l'eilcmach.  1.  Un 
peu  de  limaille  d'acieravalée,  excitebien- 
tôt  dans  la  bouche  une  odeur  de  fouphre; 
&  cette  odeur  elt  toute  iemblable  à  celle 
oui  s'élève  de  deffus  V*.  ^«oè**  S--Mb'01^ 
quand  on  V»  «tott*  «»»  *»**■    %    - 


J<5       JovitMAL    DES   SÇATANÎ. 

on  ouvre  un  animal  vivant ,  8ï  que  dira 
la*  liqueur  qu'on  tirera  de  l'eftomach  on 
mêle  quelque  alcali ,  il  fe  fera  une  effer- 
vefeence  ;  ce  qui  n'arriveroit  pas  iî  cette 
liqueur  n  et  oit  acide. 

4,  On  remarque  que  dans  les  lienteries 
&  les  autres  cours  de  ventre,  il  ne,  fur- 
vient  prefque  jamais  de  rapports  aigresqui 
n'annoncent  la  guerifon.  Auili  Hippo- 
crate  a-t-il  mis  ces  rapports  au  rang  des 
meilleurs  lignes  qu'on  puifle  avoir  alors.  ■ 

j.  Les  acides  ,  comme  le  jus  de  ci- 
tron, celui  d'orange  &  de  grenade  ,  le 
verjus,  le  vinaigre,  &c.  excitent  l'appé- 
tit; &  les  alcali  ,  au  contraire,  l'émouf- 
fent. 

6.  La  faim  canine  8da  boulimie  viennent 
d'un  acide  trop  picquant,  d'où  il  s'enfuit 
que  la  faim  modérée  doit  venir  d'un  acide 
modéré. 

M.  Rivinus  répond,  que  ces  expérien- 
ces prouvent  à  la  vérité  qu'il  y  a  un  aci- 
de dans  l'eftomach,  mais  nullement  que 
cet  acide  foit  la.  caufe  de  l'appétit,  nide 
la  digellion.  La  railbn  qu'il  en  donne, 
e'eft  que  l'acide  dont  il  s'agit  eil  étranger 
à  l'eftomach,  puifqu'il  r.e  fe  trouve  point 
dans  celui  des  enfàns.  Mais  comment  fe 
convaincre  qu'il  n'y  a  point  d'acide  dans 
l'eftomach  des  enfans  !  L'Auteur  prétend 
Je  prouver,  en  difant  que  cet  acide  les 
cmpèçheioh  àc  digérer  le  lait,  çaict*™* 


JlNïtE»      llîT.'  fy    , 

_  leroit.    Quant  aux  rapports  sddci 
.c  furviennent  prelque  jamais  dan»  les 
taies ,  fins  annoncer  Ugucrtfon,  on 
pond   que  ces  acides  font  l'effet   de  h 
jigelîion  ,    &    non  la  caufe;   que  la  fa- 
m  entati on  qui  s'excite  alors    dans  l'efto- 
inach  développant  les  différeni  (cb  des  s- 
Jimens,  fait  que  les  fels  acides  qui  y  font 
contenus   fe  font   plus   facilement  fentir, 
Pour  ce  qui  eftdes  fucs  arides  qui  aiguilcnt 
"appétit,   ils  ne  produifent  cet  effet  félon 
lôtre  Auteur,   qu'en  débarraffant    l'efto- 
uch   de  certaine!    humeurs   graiTei   & 
ailTes  qui  en   tapîfTcnt  la  furface  inte- 
ure  ,  &  qui  par  ce  moyen  empêchent 
a  fermentation  naturelle  des  alimens;  en 
forte   que   ces  acides  ne   conftituent  ni 
n'augmentent  en  rien  le  ferment  qui  fait 
l'appétit  ou  la  digellion.    An  regard  de* 
alcali,  tels  que  font  les  yeux  d'écreviûei, 
la  corne  de  cerf,     &  autres  abforbans  , 
qui ,  à  ce  qu'on  onjcéte ,   émouiîent  l'ap- 
pétit, M.  Rivin  répond  ,    que  les  alcali 
bien  loin  d'émouffer  l'appétit,  le  réveil- 
lent fouvent,   c'eit  lorfqu'il  y  a  dans  l'el- 
tomach  trop  de  pituite. 

Il  le  prouve  par  l'effet  que  produit  aîor* 
l'efprit  de  fel  ammoniac  mêlé  de  fel  de 
tartres  d'où  il  conclut  qu'on  auroit  autant 
de  iaifon  de  foutenir  que  le  ferment  de 
l'cflomach  eft  alcali  ,  que,  de  fowerox 
qu'il  eft  acide;  èc  voici  \c  ïw&rtnAïW* 
C    s  "S?4 


Journal  de»  Scavani. 

qu'il  fait  là-demis.  Le  ferment  de  l'eflo- 
mach  cil  acide  ,  dircs-vous  ,  parce  Qu'en 
pluiieurs  oceaûons  l'appétit  eft  réveillé  par 
les  acides;  &  moi  je  ibuliens  de  même, 
i]ue  le  ferment  eft  alcali  ,  parce  qu'en 
plufieurs  occdlions  l'appciit  cft  réveillé 
par  des  fels  alcali  &  urineux. 

Quant  à  la  faim  canine,  qui  eft  exci- 
tée par  un  acide  trop  dominant  :  Cet 
icide,  dit  M.  Rivin  ,  vient  de  maladie, 
8c  par  confequent  on  n'en  fçauroit  rien 
conclure  pour  l'exiflence  de  l'acide  natu- 
rel qu'on  veut  établir.  Aprèsces  reflexions 
l'Auteur  établit  fon  propre  fentiment.qui 
efl  que  la  digeftion  &  l'appétit  font  l'effet 
des  efprits  animaux  ,  indépendamment  de 
tout  acide  &  de  tout  alcali.  Voici  fes 
preuves-  i.  Quand- les  erpiits  animaux  a- 
bondent  dans  l'efïomach,  on  a  faimi  & 
quand  ils  font  diffipez ,  l'appéiit  ccuej 
marque  évidente  ,  félon  nôtre  Auteur, 
que  les  erprits  animaux  font  la  véritable 
caufe  de  l'appétit  5c  de  la  digeftïon.  Que 
l'on  ait  faim  quand  les  efprits  animaux  a- 
bondent  dans  l'eitomacli ,  M.  Rivin  le 
prouve,  en  faifant  remarquer  que  fix  heu- 
res aptes  le  dîner,  &  douze  heures  aprè 
le  fouper,  qui  efl  le  temps  où  les  efp' 
animaux  fe  font  reproduits  pat  le  mr 
de  !a  nourriture,  on  a  ordinaireme- 
grand  appétit.  Pour  l'autre  article 
•toi:,  gue  la  faim  çefle  quand  ces 


MOIC, 


Jm'IIR     I7M. 

j  font  di/Dpez ,  il  le  prouve  eticot.  „ 

,10m  faifant  obfervec  ce    qui  Ce  pafle 

iqu' on  elt  trop  long-temps  fans  manger: 

ar  alors  on  fe  fent  foible  ,  uns  avoird'ap. 

.  L'exercice  modéré  augmente  la 

faim,  &  l'exercice  outré  la  diminue",  & 

juelquefois  l'été  toute  entière:  or  l'exer- 

ice  modère  produit  des  cfprits ,  &  l'excr- 

ice  exceffif  fait  tout  le  contraire 

3.  Les  liqueurs  fpiritueufes  prifesenune 
.ertaine  doic  médiocre,  &  tous  les  affai- 
fonnemenslpiritucux,  réveillent  l'appétit, 
».  Les  faignées  trop  abondantes,  les  hé- 
morragies, les  diarrhées ,  diffipent  les  cf- 
prits ;  &  on  remarque  en  même  temps 
qu'elles  éteignent  l'appétit,     5.  Tout  ce 

En  appelle  les  efpiits  ailleurs  qu'à  l'efto- 
ach,  comme  font  la  peur,  la  trifteffe, 
u  une  violente  douleur  en  quelque  par- 
;  du  corps,  détruit  auffi  l'appétit.  Un 
jiomme  partit  pour  acheter  une  maifon 
de  campagne,  &  quand  il  fut  en  chemin  il 
fe  fentit  une  grande  faim  ;  &  comme  il 
étoitpresde  lafatisfairc.il  tomba  ,&:  fe  fit 
au  pied  une  violente  dëtorfe;cetredétorfe 
lui  ôta  tout  fon  appétit  ,  qui  ne  tevint 
qu'après  que  le  pied  fut  remis.  Comment 
rendre  raifon  de  cet  effet ,  qu'en  difant 
que  la  douleur  de  la  détorle  détourna  fut 
le  pied  prefque  tous  les  efprits  animaux. 
&  que  lorfque  le  pied  fut  temw  ,Ç£&*$ïyW 
aaiffiaux  revinrent  à  VeftonacM  „ 

Ci  c 


<fo      Jou'rnaidbsSçavans. 

Ce  que  l'Auteur  dit  ici  de  la  faim ,  il 
îe  dit  auffi  de  la  digeflîon  ;  ce  font  les 
cfprits  animaux  qui  divifent  raliment,  & 
qui  le  réduifent  en  chyle.  Cette  digeilion  , 
qui,  félon  nôtre  Auteur,  eft  l'effet  de  la 
fermentation,  fe  commence  dans  la  bou- 
che par  le  moyen  de  la  falîve ,  qui  eft 
toute  pénétrée  d'efprits,  &  elle  efi  ache- 
vée dans  le  ventricule  ,  où  des  nerfs  con- 
Êderables  ,  qui  font  des  rameaux  de  la 
paire  vague ,  portent  le  fuc  animal.  Voila 
le  fenriment  de  M.  Rivin  fur  les  caufesde 
la  faim  &  de  la  digeflion  ,  &  en  même 
"  temps  un  échantillon  des  Diflerutions  qu'il 
nous  a  laiifées. 

Jo.   B*tTHAiAnrs  Wernheri  D. 

Pandetlirum  Prof.  P.  Collegiorumque 
Juridicorum  quse  Witemberga:  iunt  Af- 
fefibris,  feleifïce  Obfervationes  Foren- 
fes,  noviiîimis  Dicafteriorum  Witem- 
bergienfium  prajjudiciis  confirmata , 
cùm  duplici  indice.  Wîttmb'.rg*  ,  apttd 
Cbrifi.  Iheoph.  Ludovicum.  anno  1710. 
C'eftà  dire  :    Remarqua  choifin  de  Droit 

■  v  de  Pratique,  confirmées  par  de  nouveaux 
^jugement  des  Tribunaux  de  Wiitmbtrg, 
Pur  Jean-Balthaiar  Wernher,  Profeffiur 
Public  dit  Digefte  ,  V  slff'ffcur  de  lotîtes 
les  Ecoles  de  Drcit  de  Wittmbtrg,  A  Wi- 
remberg,  chez  Théophile  Louis.  1710. 
in  4.  pagg.97z-  SelïtmtTAxi&wàam 

chez  les  VVacsberge.  VI  Kv 


18VIÏ1 


M- 


jnfultes  6c  en  ProfciTeurs  de  Droit, 
qui  donnent  volontiers  au  Public  les  E- 
crits  qu'ils  ont  dictez  dans  les  Ecoles.  M 
Wernher  a  fait  des  Leçons  de  Jurifpru- 
denee  à  Witembcrg,&  il  publie  aujour- 
d'hui en  ce  genre  cinq  cens  Obfervations , 
dont  chacune  fait  un  Chapitre  particulier. 
Tout  cela  ne  compofe  néanmoins  qu' 
feul  volume. 

On  ne  trouvera  pas  dans  ce  Livre  a 
méthode  fuivic;  les  matières  y  font  ame- 
nées comme  par  hazard  ,  à  mefure  qu'el- 
les fc  font  prefentées  à  l'Auteur.  Nous 
apprennons  de  lui-même  ,  qu'en  parcou- 
rant fes  Ecrits,  il  a  choifi  ce  qu'il  a  trou- 
Té  de  plus  remarquable  ,  &  que  c'eft  de 
ces  remarques  choifies  qu'eu:  compote 
l'Ouvrage  nouveau  dont  nous  avons  i 
parler. 

Dans  le  grand  nombre  d'Obfer valions 
dont  l'Auteur  a  fait  choix  pourfon  Li- 
vre, nous  avons  nous-mêmes  un  fécond 
choix  à  faire  pour  le  Journal.  La  aj. 
Obfervaiion  eft  fur  les  Fiançailles,  &dans 
ce  Chapitie  voici  un  cas  allez  rare  que 
l'on  propofe.  Un  garçon  engagé  à  une 
fille  par  les  Fiançailles,  lui  rend  les  foini 
ordinaires;  mais  dans  les  tranfports  de  fa 
(endrefle ,  il  veut  jouit  des  ^\v**r.vs>  **■  I 
mari,  fan*  attendre  qu'\\  en  «s.  "S»  'C;S:s^J| 
V7 


i 


6ï       Jqurhal   dejSçavanï. 

La  fille  fe  plaint  de  cette  entreptife  anti- 
cipée; elle  en  témoigne  un  violent  dépir, 
&  pouffe  la  chofe  11  loin ,  qu'elle  fouirent 
ne  pouvoir  plus  vivre  avec  cet  amant  té- 
méraire, &  par  là  elle  eft  dégagéeenvers 
lai  du  lien  des  Fiançailles.  Un  premier 
Juge,  trop  crédule  peut-être  fur  le  motif 
de  la  colère  alléguée  ,  dégage  cette  fille 
de  fa  promefie.  Mais  le  Juge  fuperieur, 
fiiivant  le  fentiment  de  M.Wetnher,  cafù 
la  Sentence  „  &  ne  crut  pas  qu'une  en- 
ireprife  qui  ne  venoit  que  de  trop  d'a- 
mour, dût  être  punie  par  la  privation  de 
l'objet  aimé,  dans  un  cas  oit  le  mariage 
prochain  fombloit  devoir  tout  exculér.oii 
tout  reparer  entre  les  Parties. 

La  même  matière  des  mariages  donne 
lieu  à  l'Auteur  de  propol'er  une  autre  quei- 
tion.    Le    mari   d'une  femme  devenue 
groffe ,  croit  n'avoir  nulle  part  à  fa  gro' 
felTe.    Il  ne  laiffe  pas  cependant  d'admei 
tre  à  fa  table  8:  à  fon  lit  la  femme  qu' 
ibupconne  :    eft-il  après  cela  recevable 
Paccufer  d'adultère?  Non,  dit  M.  Wern 
her,  parce  qu'en  ce  cas-là  ,  quand  l'injut 
feroit  certaine,  elle  pafferoit  pour  remi' 
Autrefois,  &  dans  le  temps  que  l'adul' 
étoit  mis  au  rang  des  crimes  publics  ,< 
Ilaccufation  étoit  permife  à  des  étranj 
la  diffimulation  du  mari ,  qui  avoit  re 
ft  femme  chez  lui  après  avoir  conr 
îdciita.,  DaGoit  doui  une  conr 


Janvier     1711.  <ïj 

criminelle  qui  métitoit  d'être  punie.  On 
ëtoit  bien  éloigné  de  recevoir  ce  mari 
pour  aceufateur  après  un  certain  temps, 
puifque  par  fon  filence  il  devenojt  lui- 
même  aceufé,  &  qu'il  n'étoit  excufablc 
que  dans  le  cas  où  il  avoit  des  prétextes 
pUuilbles  d'incrédulité.  C'eft  la  difpofï- 
tion  de  la  Loi  19,  au  Digefle  Ad  Lcg. 
ï}nl.  de  Aduli.  La  Jurifprudence  a  chan- 
gé depuis  long  temps  par  rapport  à  l'adul- 
tère, il  n'y  a  P'us  1uc  'e  IMÙ  qui  foït 
en  droit  d'en  pourfuivre  1a  vengeance:  011 
ne  le  punit  plus  de  fon  filence  comme 
d'un  crime;  on  ne  s'en  fert  que  comme 
d'une  fin  de  non  recevoir,  pour  Tempe- 
cher  de  le  plaindre  d'une  injure  ,  qu'on 
préfume  qu'il  a  pardonnée,  en  paffant  a- 
vec  fa  femme  nn  temps  defliné  aux recon- 
ciliations domeftiques. 

Pour  faite  entrer  jufqu'-i  cinq  cens  Ob- 
fervations  de  Droit  dans  un  fcul  volume, 
il  a  fallu  donner  à  chacune  peu  d'étendue; 
aulQ  la  plupart  de  celles  qui  compofentee 
Recueil  font  fort  courtes,  &  tiennent  plus 
de  la  précifion  des  maximes  que  de  la 
méthode  ordinaire  des  DifTertations.  La 
matière  fur  laquelle  l'Auteur  femble  avoir 
fait  plus  de  recherches ,  c'eft  que  celle 
des  Claufti  dércgatcirei,  On  appelle  ainfi 
certains  mots  rayilerieux  qu'un  Teftateur 

ft  dans  fon  Teftamcnt,  pout  fc  ^s&t»»*- 
mer  comte  U  ïusw&isro.  &n^  "^^g 


64    .    JOUBNAt   DES   SçATl 

Teftament,  qu'il  appréhende  ,  qu'on  ne 
furprenne  Je  fa  foiblclîe  ,  &  qui  devient 
inutile  lî  les  mots  dont  il  avoir  feul  le 
fecret ,  n'y  font  reperei.  Une  perfonue, 
par  exemple,  veut  dirpofer  de  fes  biens 
dans  un  tems  où  la  fanré  &  la  Raifon  lui 
permettent  de  le  (aire  avec  choix.  Elle 
craint  que  dans  la  fuite  une  iituation  diffé- 
rente ne  lui  laifle  pas  la  liberté  de  refufer 
des  difpolitions  favorables  à  certaines  gens 
qui  l'obfedent ,  &  contraires  à  fes  vérita- 
bles intentions.  Elle  déclare  par  unTefla- 
ment  fait  avec  réflexion,  &  dans  un  tems 
libre ,  qu'elle  entend  que  tout  Teftanient 
poflerieur  qui  paioîtra  fous  fon  nom  ,  foit 
nul,  comme  ne  contenant  pas  fa  vérita- 
ble volonté,  s'il  ne  s'y  trouve  ces  mots, 
Seigneur,  »yn  piiii  dtmti,  ou  tels  auttes 
mots  qu'il  lui  plaira  d'inférer.  On  aura 
beau  après  cela  fe  prévaloir  de  fon  grand 
âge  &  de  fes  infirmité!,  pour  lui  fugge- 
rer  des  dffpofitions  contraires,  les  pre- 
mières fubiilleront  en  vertu  de  la  claufe  dé- 
rogatoire, fi  cette  claufe  n'eft  rappellce 
dans  les  autres*  &  elle  ne  le  fera  pas,  1 
moins  que  le  Teftateur,  à  qui  feul  elle 
eft  connue,  ne  veuille  iîneerement  chan- 
ger de  volonté. 

Tel  efl  le  fecret  qu'il  a  fallu  mettre  en 
eeuvre  pour  tromper  l'avidité  de  ceux 
qui  ne  cherchent  qu'à  fe  procurer  des 
fucceîiiODs pn  de  mauviifes  voyes,  fou- 


]    1    <    V    I    I    K       I7II.  «( 

vent  aux  dépens  des  droits  du  fang  8t  de 
h  nature.  Mais  l'artifice ,  qui  abufe  de 
tout,  fait  fervir  quelquefois  à  aflurer  l'ef- 
fet de  la  furprife ,  ce  qui  avort  été  intro- 
duit pour  l'empêcher.  Un  homme  adroit 
qui  a  fçû  engager  quelqu'un  à  difpoferdc 
fou  bien  en  fa  faveur,  &  qui  craint  qu'u- 
ne difpofition  pofterieure,  dont  il  ne  fera 
pas  également  le  maître,  ne  lui  ravine  le 
fruit  de  la  première,  fait  inférer  foigneu- 
fement  dans  cette  première  difpofitioD  une 
claufe  dérogatoire,  qui  y  donne  plus  de 
force;  de  forte  que  lorfque  ce  Teftateur 
mieux  concilié  veut  faire  dans  la  fuite 
une  diitriburion  plus  fage  de  fes  biens,  il 
court  rifque  de  la  faire  inutilement, faute 
de  rappeller  une  claufe  qu'il  ignorait,  OO 
qu'il  a  oublié;  &  par  là  des  héritiers  lé- 
gitimes font  quelquefois  ceux  qui ,  contre 
l'intention  de  la  Loi ,  ont  le  plus  a  fouf- 
frir  d'une  précaution  inventée  uniquement 
en  leur  faveur;  c'eil  ce  qui  a  obligé  plu- 
fieurs  Doéteurs  à  condamner  l'ufage  des 
Jiufes  dérogatoires,  &  à  Ibuhaiier  qu'on 


Journal  bej  S ç  * v  a k  j. 
ient ,  que  de  faire  dépendre  de  fin- 
ie de  la  mémoire  l'effet  d'un  chan. 
t  bien  certain  de  volonté.  Il  ajoute 
■s  fortes  de  claufes  ont  apporte  plus 
uble  que  d'utilité  dans  la  Jurifpru-  l 
;  qu'elles  ont  donné  lieu  à  une  in-  I 
le  Procès,  pour  feavoir  s'il  futuToit 
s  fuiTent  rappellées  par  une  expref- 
Snéralc,  ou  s'il  falloit  une  revoca-  | 
■eciale  fiî  individuelle;  &  que  pour 
<is  peut-étte  qu'elles  avoient  empê-  | 
fraude,  elles  l'avoicct  favorifé  en 
accafîons.    De  la  il  conclut  qu'à 
ous  les  inconveniens  qui  fe  rencon- 
ie  part  &  d'autre,  celui  de  reftrain- 
i  on  ne  veut  pas  tout  à  fait  abolir, 
ivoir  des  claufes  dérogatoires  lui  pir 
i  plus  léger;   parce  que  du  moins  il 
.e  les  cliofes  à  la  règle,  qui  cft  de 
:eder  un  premier  Teftament  à  un 
1  ;  au  lieu  que  l'autre  patti  ôte  en 
is  la  liberté  de  relier,  dont  les  hom- 
>nt  toujours  été  fott  jaloux.    En  un 
fur  le  fondement  de  ces  raifons  M. 
her  croit  que  pour  révoquer  un  T> 
It  où  fe  trouve  une  claufe  dérr 
,  il  fuffit  de  déclarer  en  générr 
eftament  pofietieur,  qu'on  ré 
ceux  qui  ont  été  faits  aup- 
3ue  dans  celui-ci  il  foit  fait 
ucune  manière  de  la  clau 
le  Drcmier  :  en  forte  c. 


J  a  H  T  I  «  R     I7ir:  f,7 

Syftême  l'unique  différence  qui  Te  trouve 
entre  un  Teftament  où  il  y  a  une  claufe 
dérogatoire,  &  un  Teilamenr  où  it  n'y 
en  a  point ,  c'eft  que  pour  révoquer  le 
premier  il  faut  déclarer  en  général  qu'on 
le  révoque,  quoiqu'on  ne  parle  pas  en 
particulier  de  la  claufe  :  au  lieu  que  le 
fécond  erl  révoqué  de  plein  droit  par  un 
Teftament  pofterieur ,  fans  qu'il  fait  b« 
foin  d'aucune  révocation  formelle. 

Comme  les  claufes  dérogatoires  doivent 
leur  naiflance  à  l'imagination  des  Doc- 
teurs ,  il  faut  raporter  auffi  au  même 
principe  les  diftinélions  &  les  modifica- 
tions avec  leiquelles  on  les  a  reçues. 
Plulîeurî,  par  exemple,  eftiment  que  lorf- 
qu'il  s'eft  écoulé  dix  années  entre  un  Tef- 
tament où  il  y  a  claufe  dérogatoire  ,  & 
nn  Teftament  où  il  n'y  a  point  de  clau- 
fe femblable,  celui-ci  pour  révoquer  le 
premier  n*a  pas  befoin  de  rappeller  la 
claufe ,  parce  qu'alors  on  préfume  qu'elle 
a  pu  échaper  de  la  mémoire  du  Tefla- 
teur  par  ce  long  intervale.  Mais  M.  Wern- 
her  ne  trouve  pas  que  le  fondement  de 
cette  diilinéiion  foit  folide.  Le  Tefla- 
teur,  dit-il,  n'a-t-il  pas  pu  oublier  cette 
chufe  dans  i'efpace  de  neuf  ans  comme 
dans  celui  dédis  >  La  fidélité  de  la  mé- 
moire a-t-elle  un  terme  fixe  au  deli.4».- 
3uel  il  n'y  ait  rien  îl  ri^iw,  fe-«-*«-^ 
uquel  il  n'y  aAt  ne.t\\  crû»Ss*   -    ^ 


Janvier      j  7  f  i.  iV_, 

aufli  novis  fragments  Grsecis;  Obfcr- 
vationibus  ae  notis  ,  copiolîiiimifque 
Glolïanis  &  indicibus  illuitrati  &  locu- 
pletaii;  quibus  omnibus  prsmiuuntur 
tresDiiïerrationes,  in  quibus  Hœrefes 
ab  Irenœo  memoratK,  &  loci  difficiles 
explicantur,  ejufque  vitœ  ac  geflorum 
Hiftoria  difcutitur.  C'eft-à^diie  :  Lis 
linq  Livres  de  S.  Irenée  centre  les  Htre- 
fies.  A  Paris,  chez  Jean-Baptifte  Coi- 
gnard,  à  la  Bible  d'Or.  1710.  in  fol, 
pagg.  83  B. 

TA  première  Edition  des  cinq  Livrci 
***  de  S.  Irenée  parut  à  Baik  en  ijie, 
par  les  foins  d'Erafme.  Quoi  qu'il  eût 
confulté  trois  Manufcrks ,  elle  eit  iï  dé- 
feétueufe ,  que  le  Père  Maiïuet  remarque 
que  fouvent  on  y  cherche  le  lens  de  l'Au- 
teur, fan*  pouvoir  venir  à  bout  de  ledc- 
courrir.  On  doit  la  féconde  Edition  à 
Nicolas  Gall.ifius ,  Miniftre  de  Genève, 
qui  la  publia  en  1570.  Pour  ce  qui  re- 
garde le  texte  ,  elle  ne  diffère  de  celle 
d'Erafme  que  par  de  nouveaux  Sommai- 
res de  Chapitres  ,  &  quelques  additions 
tirées  de  S,  Epiphane.  Dans  les  Notes 
l'Editeur  a  eu  principalement  en  vile",  fé- 
lon le  P.  Maffuet  ,  de  rendre  S.  Irenée 
Calvinifte.  Jean-Jacques  Grynée  dessa- 
la troifiéme  Edition  «sa  \yn.  *- "*»**= ^ 
ranôenne  Veifion  ôm  vwss»»  ç=01*^ 


Ton  de  celle  du  1". 
de  l'Ordre  de  S.  François.  Nous  parîoni 
principalement  de  l'Edition  de  Cologne 
de  1596,  car  ainfi  que  le  P.  Mafiiier  l'ob- 
ferve,  celle  qu'on  avoit  vu  fortir  de  l'Im- 
primerie de  Nivelle  dès  157581  is7fi,n'é- 
toit  pas  encore  tout  à  fait  exempte  des 
défauts  des  précédentes. 

Dans  l'Edition  de  Cologne  ,  &  dans 
celles  de  Paris  qu'on  y  conforma,  leteite 
fe  trouva  rétabli  en  beaucoup  d'endroits, 
par  le  recours  de  deux  anciens  ManufcritSj 
Se  on  y  vit  paroître  pour  la  première  fb» 
les  cinq  derniers  Chapitres  du  cinquième 
Livre,  avec  la  traduction  de  quantité  de 
fragmens  de  S.  Irenéc  ,  épars  dans  d'au- 
tres  Ouvrages.     Après    avoir   relevé  le 


(e.  M.  Grabe  a  rejette  à  la  mar- 
Leçons  qu'il  falloit  conferver.  Se 
fé  ptufieurs  fautes  dans  le  texte, 
alité  eft  fi  fenfible  dans  les  Notes, 
"apperçoit  d'abord  qu'il  s'eft  plui 
é  à  mettre  S.  Ircnée  dans  le  parti 
.ife  Anglicane,  qu'à  faire  une  Edi* 
■acle  des  Ouvrages  de  ce  Père. 
:rs  la  plupart  de  ces  Notes,  fcm« 
à  celles  du  P.  Feuardent,  fati- 
>ar  leur  prolixité  ,  &  ne  fervent 
de  rien  pour  l'intelligence  du  texte. 
ut  vuir  dans  le  Livre  les  autres 
îes  que  nôtre  Editeur   fait  à  M. 

s  cette  Edition ,  le  P.  Maflnet  s'eft 
:  trois  chofes;  fçavoir,  de  redon-  , 
tente  toute  la  pureté  poffible;  de 
îr  :  &  d'énarener  en  tout  ce  oui 


7*      Journal  dïs  Sçavaxi. 

firemier  point.  Dans  fes  Notes  i!  e*p! 
es  difficultez  du  texte,  qui  font  très- r 
breufes,  parce  que  l'Auteur  y  combs 
Hérétiques  ,  dont  le  Syiléme  8c  le 
gage  étoient  l'obfcurité  même.  1 
Diflertations  qui  font  à  la  tête  du 
lurae  fourniflent  aux  Lefleurs  une 
nité  de  connoiflances  dont  ils  peuvet 
voir  befoin. 

Dans  la  première  l'Editeur  fait  1' 

toire  des  Hérétiques  dont  parle  S.  Ire 

dans  fon  premier   Livre.     11    comme 

par  Valentin,  &  il  expofe  les  dogmes 

cet  Herefiarquc  avec-  toute  la  clarté  A 

ils  font  fufceptibles.    Les  Difciplesde'' 

Jentin  paroiffent  enfuîte  fur  la  Scène. 

nous  fait  connoître  Secundus,  Epiphai 

Ptolemée,  Colorbafe,   Marc  le  Magici 

Ce  dernier  fe  rendit  aufiî  célèbre  par 

prefliges  que  par  fon  éloquence.    Il  s'ai 

choit  fur-tout  à  pervertir  les  femmes 

plus   diflinguées  par  leur  beauté  &  ] 

'leurs  richefles.  Il  leur  apprenoît  avec  l'I 

relie  Valentinienne ,    les  myfteres  de 

Theurgie,  &  les  inflruifoit  à  faire  de  fi 

miracles  à  fon  exemple.    Un  de  ces  n 

racles  étoit  de  changer  du  vin  blanc  i 

vin  rouge  par  une  confectation  facrile| 

Des  Difciplcs  de  Valentin  on  remonte 

fts  Maîtres,  à  commencer  par  Simon 

Magicien ,  père  de  tous  les  Hérétique 

_<■'«?  ainû  qae  l'appelle  S.  [renée.    Ar 


]   »  "  V  1   I  «     l]n.  71 

viennent    Menindre   .    Saturnin. 
Carpocrate ,     Cerinthe   ,    In 
:  ,    les    Nicolaïtes  ,     Ccrdon, 
.    On  fait  enfuire   de  nouvelles 
;  fur  les  diverfes  Sectes  de  Gnofti- 
en  particulier  furies  Ophites.Ies 
,  &  les  Caïnites. 
conde  Diflertation  renferme  la  vie 
renée.    On  conjecture  avec  affer 
femblancc  qu'il  naquit  vers  l'an 
us  le  règne  d'Antonin  Pie;   Se  on 
bien  au  long  contre  M.  Dodwcl, 
it  fa  vie  parle  martyre.    Apres 
ntretenu  les  Lecteurs,  de  ce  qui 
"a  perfonne,  on  donne  une  idée 
uvrages.     11  compofa  les  cinq  Li- 
itre  les  Herclies  fous  les  Pontifi- 
Lleulnere  &  de  Viftor ,   8c  il  les 
en  Grec.    11  eft  arrivé  à  cet  Ou- 
qui  eft  arrivé  au  Pafiiur  d'Her- 
origïnal  Grecs'eit  perdu,  &  il  n'eit 
la  Verfion  Latine.    On  ne  con- 
l' Auteur  de  celle  de  S.  Irenée, 
elque  mauvaîfe  qu'elle  foit,   elle 
m  auflV  ancienne  que  le  texte  mê- 
la troifiéme  DiiTertation  ,    le  P. 
expofe  très-nettement  h  uofttine 
enée.     Cette  «polition  ellparra- 
ilufieur s  articles,  où  l'on  déccnmsi 
timens  de  ce   Père  fat  Yfcoixw* 
fat  h  Tradition, 


-t      I  tic    im      1  LUITOU 


Grecs  i  «  V  betom  û^  ûetonstw. 


& 


Juin»    1711. 

mtm   dei  tin/ciel.     P.ir  Jlmii    ,\lh 
s  la  Socieli  Rayait  du  Scïtnctt ,   t?  Dm' 
ttttr  m  Médecine  de  la   Faculté  di    Mon.- 

Çlltir.  A  Montpellier ,  chez  Honoré 
ecb.  Imprimeur  du  Roi  &  de  la  So- 
ciété Royale.  1710.  in  11.  pagg.  1B9. 
planches  1. 

T  E  mouvement  des  Mordes  efl  un  phé- 
■'■"'  noméne  dont  la  véritable  caufe  eft  S 
cachée,  qu'on  ne  doit  pas  être  furpris  de 
voirparoîire  de  temps  en  temps  quelque 
nouveau  Syftême.qui  promettele dénoue- 
ment  de  ceite  Enigme  phyfio logique.  En- 
ire  ceux  qui  fe  font  flatez  de  1  "avoir  trou- 
vé,  l'on  peut  dire  que  MM.  Stéaen,  Hïi- 

lis  ,    AUyrui ,     Perrault,    Barelii ,    BtrnouUi , 

Bt  quelques  autres ,  tiennent  le  premier 
rang.     Mais    on   ert    obligé   d'avouer   en 

.     même  temps  que  tout  ce  que  les  reeher- 

d  ches  de  ces  grands  hommes  nous  offrent 
de  plus  folide  &  de  plus  ingénieux  fur  ce 
point,  fe  réduit  à  de  pures  vrai-femblan- 

f  ces  ,  qui  loin  de  porter  avec  elles  une 
entière  conviction  ,  font  naître  de  nou- 
veaux fcrupules  &  de  nouveaux  doutes, 
dont  elles  ne  fourniiTent  point  réclairrifie- 
ment.  Deux'obftades  prefque  infunnon- 
ubks  fe  font  oppofex  jufqu'ici  à  une  dé- 
couverte fi  neceiTaire  ,  pour  metutiras 

"      un  plein  joui  ce  qui  lait  la  part\e  \»  V^4 
conlidenble  Se  la  plus  cutïeute  àe,  \Oc- 
D  z  «»• 


É 


j6         JoUKVAL     DES   SÇATINJ, 

conomie  Animale.  Le  premier  de  cm 
obilades  vient  dece  que  maigre1  le  fecours 
des  microfeopes  les  plus  exquis, on  ignore 
encore  aujourd'hui  la  (huéture  intime  de 
l.i  fibre  motrice  ,  de  laquelle  néanmoins 
dépend  tout  le  jeu  de  la  machine  mu/cu- 
Itufe,  L'autre  inconvénient  ,  c'eft  que 
l'on  connoît  aufli  peu  la  nature  du  liquide 
delliné  à  mettre  cette  fibre  en  mouvement, 
&  qu'on  nomme  d'ordinaire  efpri  ranimai; 
ju!hues-là  que  quelques  uns  ne  font  nulle 
difficulté  d'en  nier  l'exiftence. 

Cesdetw  écucils ,  contre  lefquels  ont 
échoué  tant  d'habiles  gens  ,  n'ont  point 
empêché  M.  Aftruc  de  tenter  l'avanture; 
&  il  faut  demeurer  d'accord  ,  qu'aidé  dd 
diverfes  expériences  anatomiq ues,  &cori 
duit  par  la  méthode  des  Géomètres  ,  ij  a 
pouffé  l'explication  du  phénomène  dont 
il  s'agit,  jufqu'àun  degré  de  vraiteinblan- 
ce  qui  paroît  approcher  fort  de  la  vérité. 
Il  divife  fa  Differtation  en  trois  parties.  Il 
recherche,  dans  la  première,  quelle  eft 
la  caufe  du  mouvement  des  mufdes.  Il 
examine,  dans  la  féconde,  par  quelle Mé- 
chanique  les  efprits  animaux  peuvent  mou- 
voir ces  organes  ;  oc  dans  la  dernière  par- 
tie ,  il  déduit  les  conféquences  de  cette 
Méchanique  ,  &  répond  à  quelques  ob- 
jections. 
/.  M.  Aflruc  entre  en  matière  par  une 
dd'cripûoa  «atomique  4\i>iVï.Wk.  Ct&» 


]  I 


i-n. 


dit-il,  un  compofé  de  fibres  charnues,  tu- 
dinairement  paiallcles  entre  elles ,  dont  In 
extremitei  reunies  forment  de  part  6c 
d'autre  une  cfpece  de  corde  ou  d'attache 
d'un  litfu  irés-fcrme  &  uès-teiré.appclJée 
Ttnim.  Chaque  Mufcle  cft  exactement 
enveloppé  d'une  membrane,  qui  le  pénè- 
tre intérieurement,  &  qui  par  une  infinité 
de  fubdivifionsen  partage  ks  fibres  en  pli 
fleurs  pacqnets  de  figure  hexagone,  qua 
lée,  triangulaire,  &c.  en  forte  que  ceq> 
paroit  a  l'œil  une  (impie  fibre  mufculeulc, 
étant  regardé  au  travers  d'un  microfeope, 
fait  voir  un  faïfceau  de  pluficurs  fibres  re- 
vêtu de  fa  membrane  particulière,  &i  d 
vifé  en  plufieura  autres  petits  pacquets.  1 
fubftancc  du  Mufcle  efi  garnie  d'artère 
de  veines,  de  nerfs,  &  de  v  aï  fléaux  lym 
phatîques,  qui  s'y  distribuent  par  quantiti 
dcramirkatioos.  M.  Aftruc  ne  cunliden 
les  tendons  que  comme  de  (Impies  cordes 
incapables  de  raccourci  iTement  ; 
prétend  qu'il  ne  fe  fait  de  véritable 
traclion  que  dans  la  partie  charnue  ou  I< 
ventre  du  Mufcle.  11  eft  fort  éloigne 
d'attribuer,  avec  Maytiu',  cette  contrac- 
tion aux  filets  membraneux  ,  qui 
nu;nt  entre  les  fi.ires  mufculeufM 
n'accorde  à  ces  filets  d'autre  u;age,  que 
celui  d'avertir  l'animal  par  une  fenfauoa 
douloureufe.  que  daiii  certains  mouve- 
j  trop  iiuknsSi  rontracÂioa  des  Este* 
D  3  Aê- 


?8         JOURMAL   BEsSçATAN»! 

devient  exceffive,  &  qu'elles  font  endati* 
ger  de  fe  rompre. 

La  ftrmfture  du  Mufcle  ainfi  établie, 
r  Auteur  recherche  quelle  eft  la  liqueur 
qui  communique  le  mouvement  à  cette 
machine;  car  il  fuppofe  abord,  comme 
une  vérité  qui  n'eft  conreftée  de  perfonne, 
que  ce  mouvement  n'efl  dû  qu'à  un  li- 
quide. II  n'a  pas  de  peine  à  fe  détermi- 
ner en  faveur  de  l'efprit  animal;  d'autant 
plus  que  cette  opinion  eft,  dit-il,  appuyée 
du  confentement  unanime  de  tous  les 
Auteurs,  fans  en  excepter  Stimn,  quoi 
qu'en  ait  voulu  dire  Mttjovo.  On  voit 
bien  que  M.  Aftruc  ne  met  point  ici  en 
ligne  de  compte  ceux  qui  nient  abfolu- 
ment  l'exiftence  des  écrits  animaux.  Il 
eft  fipcrmadéque  ces  eiprits  fuffifentpour 
la  contraction  des  Mufcles,  qu'il  ne  vent 
pas  même  y  joindre  le  fang  artériel ,  que 
pluiîeurs  ont  crû  devoir  y  mettre  de 
moitié  ,  fondez  fur  l'expérience  de  Sténo», 

3ui  aflure  qu'on  ne  peut  lier  au  deflbus 
es  reins  dans  un  chien  vivant  l'artère 
defeendante  ,  fans  ôter  le  mouvement  à 
toutes  les  parties  pofterieures  de  cet  a- 
tiimal. 

L'Auteur  a  vérifié  cette  expérience] 
mais  il  y  a  découvert  une  circonftan" 
ignorée  par  Slirwn.  C'eft  que  les  partie 
poilerieures  du  chien,  par  cette  ligature, 
uaa-fcukment  perdent  \e  mou\M&a« 


J--*  m  v  i  E  n.    1711".  70 

niais  encore  le  fentiment  ;  quoi  que  tout 
le  monde  convienne  que  le  nerf  animé  de 
fes  efprits  en  (bit  l'unique  organe.  De  là 
M.  Allruc  a  pris  occafion  de  faire  de  nou- 
velles réflexions  fur  la  caufe  de  ce  phéno- 
mène; &  il  a  trouvé  qu'elle  confiftepré- 
cifément  en  ce  que  la  ligature  empêchant 
la  diftribution  du  fang  artériel  dans  cette 
partie  de  la  moelle  épiniere  d'où  partent 
les  nerfs  qui  ie  jettent  dans  les  parties 
pofterieures  du  chien  ,  elle  fufpend  Fis* 
fluence  des  efprits  dans  ces  mêmes  nerfs, 
à  laquelle  ne  contribué'  pas  peu  (félon 
lui)  la  fyïlole  ou  la  contraction  de  celte 
partie  de  ta  moelle,  caufée  par  le  batte- 
ment de  tous  les  rameaux  d'artères  qui 
l'arrofent.  Cela  eft  fi  vrai ,  que  fi  l'on 
fait  plus  bas  la  ligature  de  l'artère  ,  en, 
forre  que  le  fang  ne  pouvant  couler  dans 
les  artères  iliaques  &  dans  l'hypogaitrique 
qui  le  portent  à  toutes  les  parties  inférieu- 
res, ne  laine  pas  d'avoir  fon  mouvement 
libre  dans  les  artères  lombaires  ,  qui  le 
conduifent  à  la  moelle  de  l'épine  j  il  ar- 
rive que  ces  parties  inférieures,  quoi  que 
dénuées  de  l'influence  du  fang  artériel, 
comme  dans  l'expérience  de  Siérwn  ,•  con- 
fervent  néanmoins  le  mouvement  &  ie 
fcntiment.    M.  Aftruc  n'oublie  pas  d'aller 

t devant  de  quelques  ohijtavaw.  ,    <s?» 
partifans  de  Y  exçlolion   eis&fcft  "«"OS 
Mue  ea  [»j«i~\  «*.  »»^*» 


JOUHNAL   DIS   SÇAVANS. 

imal,  pourroient  faire  contre)»  conft- 
quence  qu'il  tire  du  fait  anatomique  dont 
nous  venons  de  parler  s  &  il  a  foin  de 
confirmer  ce  fait  par  quelques  amies  ex- 
périences. 

II.  Après  s'être  efforcé  de  prouver,  dani 
la  première  Partie  de  cet  Ouvrage,  que 
le  mouvement  des  Mufcles  dépend  uni- 
quement des  efpriis  animaux  ,  &que  le 
fang  attériel  n'y  a  aucune  part,  il  s  appli- 
que à  déterminer  par  quelle  rr.édianiquc 
ce  mouvement  peut  s'accomplir.  11  fe 
jirefenie  d'abord  une  grande  difficulté,  ti- 
rée du  peu  de  proportion  qui  fe  trouve 
l'ntre  la  force  qui  meut  les  efpritj,  &  la 
lefjftance  qu'elle  doit  furmonter  dans  le 
mouvement  des  Mufcles.  Que  la  force 
»vec  laquelle  ié  meuvent  les  efprits  fuit 
nés-petite  ,  on  n'en  peut  difeonvenir 
(félon  l'Auteur)  puifque  la  plus  légère 
iuipreflion,  par  exemple,  celie  d'un  lêtu 
appliqué  fur  la  peau  ,  fe  faisant  reuenlir 
dans  Imitant,  ell  capable  de  vaincrccctte 
force,  en  repouffant  une  colonne  d'cfprits 
vers  le  cerveau  ;  frns  quoi  il  n'y  auroit 
point  de  fenfation.  D'un  autre  coté,  l'on 
j'eut  juger  de  la  grandeur  de  la  réiîflance 
a  furmonter,  parla  manière  dont  les  os 
font  articulez  enfemble,  &  dont  les  Muf- 
cles y  font  appliquez;  d'où  il  arrive  que 
cetix-ci  ni  peuvent  foûkvet  un  poids  mé- 
tfïocre  fias  employer  une   tocc  ç^mc 


Janvier     i7n.  S, 

immcnfe  i  ainii  que  le  montrent  les 
Calculs  de  BanUi  ,  aufqtiels  nous  ren- 
\oyc  en  partie  M.  Aftruc.  Il  ne  laifle 
pas  d'alléguer  quelque  exemple  ,  en- 
tre autres  celui  du  Mufcle  Dtlis'tdi , 
qui  pour  foutenir  le  bras  fitué  hori- 
zontalement ,  &  chargé  a  l'endroit  du 
coude  d'an  poids  de  \%  livres  ,  doit 
exercer  une  force  égale  au  poids  de  Bjj 
livres. 

Pour  refoudre  cette  difficulté  ,  il  eft 
queilion  d'imaginer  dans  le  Mutcle  une 
l'ruéturc  capable  de  multiplier  infiniment 
la  force  avec  laquelle  les  efprits  animaux 
y  font  pouffez  :  &  c'eil  à  quoi  travaille 
l'Auteur  dans  deuï  Chapitres  deflinez  â 
l'étabUffcment  de  plulîeurs  himmu  Anato- 
miques,  Phylîques,  &  Géométriques.  11 
fuppofe  donc  en  premier  lieu,  i.  Qu'un 
pouce  quarré  contient  36864  fibres  inuf- 
culeufes ,  Jituées  directement  ,  &  qu'il 
en  contient  le  double  lorsqu'elles  fui  t 
poiées  obliquement,  i.  Que  ces  fibres 
ne  fc  con;  iactcnt  que  par  leur  dilata- 
lion  latérale.  3.  Que  wcune  de  ces 
ttbres  n'tlt  qu'un  enchaînement  de  ve- 
liculcs  elliptiques.  4.  Que  chaque  vc- 
ficule  reçoit  les  efpnts  animaux  par  un 
petit  canal  nerveu*  qui  lui  cil  particulier. 
<.  Que  ces  efprits  exercent  toute  leur 
force  contre  chacune  des  parties  de  lavé.- 
toile,  qui  fc  UouvetA  taAWi^Xw** 


Sa      Journal  ut  s  Sçavan 

ehure  du  petit  tuyau  nerveux  ;  &  qu'on 
peut  fuppofer  dans  les  parois  de  chaque 
véficule  900  de  ces  parties ,  qui  font  di- 
latées par  toute  la  force  des  efprits  ani- 
maux. 6.  Que  la  force  qui  dilate  chaque 
véficule  eft  à  la  rdiftance  qui  s'oppofe  à 
cette  dilatation  ,  comme  la  largeur  de 
cette  véficule  eft  à  la  moitié  de  fa  hau- 
teur, &c. 

De  tout  cela  il  refulte  que  dans  l'action 
du  Mufde  DcUùde ,  formé  de  l'aifemblage 
de  douze  autres  Mufcles,  qui  ont  chacun 
an  demi-pouce  en  quatre  ,  &  dont  les 
fibres  font  fituées  obliquement  ;  chacune 
de  ces  fibre»  &  chacune  des  vcficules  qui 
la  compofent  ,  eft  en  équilibre  avec  le 
poids  de  trente  grains,  puifque  le  Mufde 
entier  (comme  nous  avons  dit)  peut  foa- 
tenîr  un  poids  de  855  livres.  Mais  com- 
me on  admet  dans  chaque  véiicuJe  900 
parties  qui  font  dilatées  par  toute  la  force 
des  efprits  que  contient  cette  véficule,  & 
qu'on  fuppofe  d'ailleurs  que  la  l.irgcur  de 
cette  même  véficule  dilatée  eft  fous-dou- 
ble de  la  moi»  de  fa  hauteur,  il  s'enfuit 
que  la  force  pofitive  des  efprits  qui  cou- 
lent dans  cette  véficule  pour  la  dilater,  eft 
égale  a  la  (bixantiéme  partie  d'un  grain; 
Si  que  par  conféquent  la  force  totale  des 
efprits  qui  font  la  contraction  du  Mufcli 
Vtliatdt,  eft  égale  au  poids  de  huit  à 
drachmes.    De  là  il  cit  ûfé  de  coud 


]  »  «  1 1  n   'm:        8j 

qu'une  puiiTioccqwi  canndletn  «une  pour - 
joit  foutenir  qu'une  once  &  quelque  chofe 
de  piu».  devient  capable  pat  la  mavcil- 
leufe  méchanique  du  Mufde  ,  de  contre- 
balancer le  poids  de  I  s$  livres. 

L'Auteur ,  pour  confirmer  la  vérité  qu'il 
vient  de  démonirer  par  rapport  an  mou- 
vement des  Mufdes,  ceft-à-dire,  qu'âne 
très- petite  force  peut  vaincre  u ci e très-gran- 
de refiftanec,  rapporte  quelques  expérien- 
ces, entre  antres  celles  d'une  corde  mouil- 
lée ,  qui  en  fe  raccourcira  nt  par  la  feule 
introduction  des  particules  d'eau,  fouleve 
les  corps  les  pins  peiitis.  II  a  foin  auffi 
de  mettre  fous  nos  yeux  par  une  Table, 
h  proportion  qui  fe  trouve  entre  les  di- 
vers degrei  ,  tant  de  h  dilatation  que 
fouffrent  les  véfieules  mufculeufes,  que  de 
la  refiftaDCe  de  leurs  parois,  8c  de  l'effort 
que  font  les  efprits  animaui  pour  les  di- 
later. 

III.  La  dernière  Partîede  cette  Differta- 
tion  contient  quatre  Ch a pirres,  dans  le  pre- 
mier defquels  M.Aftrucjuftifie  laNaturedu 
reproche  qu'on  lui  pourroit  faire,  d'avoir 
montré  peu  de  fageffe  &  d'habileté  d.ins 
la  fituarion  &  le  jeu  des  Mufcles, qu'elle 
a  difpolëz  de  manière ,  que  pour  nirmon- 
tet  one  médioetc  refiitance,  elle  efl  obli- 
gée d'employer  une  très-grande  force; 
celle  deSsç livres  (  par  exeoitjVeA V*^*^ 
mouvoir  5^.     W  fYvftWK  ■ass'aS**31*'''^ 


*4       Journal  des  S  Ç  a  V  i  n  s. 

coup  furies  raiforts  tirées  de  la  necefCté 
de  cette  lituation,  ou  de  la  beauté  exté- 
rieure du  corps  ,  qui  n'ont  pas  permis  à 
la  Nature  d'agir  autrement  ,  s'attache  à 
faite  voir  que  pour  l'intérêt  même  ,  la 
commodité,  &  la  confetvation  de  l'Ani- 
mal, elle  n'a  pas  dû  mettreen  œuvre  une 
raéelianique  différente  de  celle  qu'elle  em* 
ployé  dans  le  mouvement  des  Mufcles. 
Car  par  ce  moyen  ri  on -feulement  elle  a 
diminué  conGderablement  la  contraâion 
des  fibres  mufculeufcs,  &  la  dilatation  de 
leurs  vélicules  ,  mais  elle  a  prévenu  la 
trop  grande  difîipation  des  cfpritt;  &  en 
multipliant  la  viteife  &  la  force  de  leur 
mouvement  ,  elle  leur  a  fait  furmonter 
de  plus  gtandes  reiittances. 

M.  AÏÎruc  montre  ,  dans  le  II.   Chapi- 
tre, combien  la  ftrueWe  des  Mufcles  clt 
propre  a  jronferver  &  ménager  les  efprits 
deitincï  i  les  mouvoir  ;    &  que  ce  n'eft 
pas  inutilement  que  la  Nature    en  a  fait 
les  fibres  fl  délices  ,   qu'elles  échapent  à 
nos  yeux,  &  aux  meilleurs  mictolcopes. 
En  effet,    il  s'enfuit  de  cette  «tréma  dé- 
licatcue  du  tiffu  d'une  fibre,  que  la  plus 
petite  quantité  d'efprits  fuffit  pour  en  di- 
laterles  vélicules,   &  en  procurer  le  rac 
courcifiement,     C'ell    de    quoi  l'Aute 
donne  ici  quelques  démonflrations  C 
métriques. 
Jlpiopofc,  danj  le  III.  Chapif 


Irnnin    nu.  8j 

msnVe  dont  fe  fait  le  relâchement  du 
Mutcle.  Cela  ne  peut  arriver  (.  dit-f!  )quc 
pat  le  reflux  des  elprjts  ver*  le  cerveau, 
ou  par  leur  écoulement  au  travers  des  vé- 
tienta  mufcirleufes.  Il  rejette  le  premier 
moyen,  qui  ( idon  lui)  ferait  accompa- 
gné de  quelque  douleur  ;  Se  il  aime  mieux 
s'en  tenir  au  fécond,  dont  il  fpécifie  les 
diverfes  circonlUiiccs ,  &  dont  il  dévclupç 
ingënieulemein  toute  la  médianique. 

Enfin  l'Auteur  employé  fon  dernier  Cha- 
pitre à  l'examen  de  l'expérience  de  C/iflï», 
par  laquelle  cet  Ar.atomifte  a  prétendu 
démontrer  que  la  contraction  du  Mufcle 
en  diminue  le  volume.  Nous  pallbns 
fur  tous  ces  points  d'autant  plus  légère- 
ment, que  nous  n'avons  nul  deflein  de 
donner  ici  un  Extrait  qui  tienne  lieu  de 
l'original.  Nous  nous  contentons  d'exci- 
ter la  curiofiic  des  Lecteurs  ,  &  nous  ht 
renvoyons  à  l'Ouvrage  de  M.  Allruc, 
où  ils  trouveront  de  quoi  la  fatisfaire. 

Rçl.vîan  txufti  concernant  lis  Ctravannti 
des  Cartegts  du  Marchands  d'Afit.  Pur 
Ai.  BvcnoN  ,  Ctigraj-bt  ordinaire  dt  S, 
A.  R.  dt  lorréini.  A  Nancy,  chez  R. 
Chariot  &  P.  Defchamps ,  Imprimeur» 
ordinaires  de  S.  A.  R,  Se  fe  vendent 
chez  Claude  Bouchart&FrancoisFaflré, 
Marchands  Libraires  à  N»ncj.  xoC 
lî.  pagg,  114. 


■aftré, 

m 


.,. 


85         JODUKALDEïSÇAVAN 

pLusrEuas  Autearsontparlédes  ( 
vânes  des  Marchands,  mais  aucur 
qu'ici  ne  nous  a  donné  une  connoiil 
parfaire  de  ce  qui  s'y  pratique.  Pieri 
la  Vallée,  &  te  Chevalier  de  Vérone 
dit  M.  Bugnon.auroienipùnQiisinilruii 
deflusplusàfond.M.  leTëvre.MJouvii 
Rocheforr,  8;  l'Auteur  de  l'Hiftoin 
Kemiski  ,  fe  font  un  peu  plus  éten 
mais  ils  nous  laiflent  encore  bien  des* 
fésà  defirer.  MM,  Thevenor ,  Tavcri 
Moriron,  Gautier,  Schouten,  nous 
parlé  des  Caravanes  des  Pèlerins  qui  < 
vifiter  le  tombeau  de  Mahomet ,  £ 
lieu  de  Ta  nailTancei  mais  nous  ne  vo; 
point  dans  leurs  Relations  ,  non  plus' 
dans  celles  des  autres,  qu'on  ait  pen 
dans  les  deferts  de  l'Arabie  avec  des  C 
vanes  de  Marchands  ,  ni  par  conféqi 
que  crt  Caravanes  foient  entrées  en  ail 
ce  avec  ces  Arabes,  pour  y  conierv« 
fureté  6c  la  tranquillité  du  Comme 
C'eft  Une  partie  de  ce  que  l'on  voit  < 
la  Relation  que  nous  donne  M.  Bugi 
Il  profite  de  ce  qui  a  déjà  été  rappi 
par  d'autres,  Si  il  y  joint  ce  qu'il  a 
couvert  de  plus.  Ce  qui  apparticr 
d'autres  Auteurs  fe  trouve  ici  marqua 
une  étoile  au  commencement  de  cl 
article  ;  Se  ce  qui  eft  de  M.  Bugn 
marqué  par  dcujt  ou  trois  étoiles. 


ï  *  w  ri  s  &     i7ii.  tf 

te  qu'on  peut  connaître  d'an  coup  dv*J 
toutes  les  additions  de  ce  Livre-  LO*- 
vrage  eft  conçu  en  forme  de  Lettre,  te 
on  y  voit,  depuis  le  commencement  juC- 
ques  vers  h  moitié,  ce  qui  compote  les 
Caravanes  des  Marchands  ;  de  combien 
dcfortesily  en  a;  de  quel  ufage  y  font  les 
d/fFérentes  efpeces  d'animaux  qu'on  y  fait 
entrer  ,  &  combien  on  les  acheté  j  les 
lieux  où  on  les  prends  1«  hommes  qui 
font  employé*  à  les  gouverner  ,  &  la 
paye  de  ces  hommes;  les  différens  Offi- 
ciers qui  ont  la  conduite  de  tout ,  leurs 
appoinremens;  ce  que  c'efl  que  voyage 
de  terre  &  de  courfes  ;  comment  fc  font 
les  Haltes  aux  Carvan-Serraû  &  aux  Ha- 
Tims.  On  y  voit  par  des  deferiptions  Geo- 
métriques,  &  par  des  plans  particuliers, 
les  différentes  manières  dont  ces  Caravanes 
fe  campent;  comment  elles  fe  défendent 
lorsqu'elles  font  attaquées  par  des  Turmtt 
Arabes.  L'Auteur  employé  le  refle  de 
l'Ouvrage  à  nous  apprendre  ce  qui  fe 
paile  dans  la  conjoncture  des  Traitez 
d'alliance  que  font  les  Caravanes  avec  les 
Arabes.  Il  prend  occaiion  de  là ,  de  foire 
connoître  le  génie  de  cette  Nation;  d« 
nous  informer  par  quels  préjugez  elle  fup- 
pofe  qu'il  lui  cil  permis  de  dépouiller,  li 
elle  peut,  toutes  les  Nations  de  la  terre, 
voit  enfuite  la  prodigieufc  Qt-vw^fe.^ 
liions  qu'une  Çuviisa  «kwï«ï^  ^ 


s 


£3         JoORNAtDESSçAVANS. 

vec  foi  ;  en  combien  de  partis  une  Cara- 
vane fe  divife  au  dépait  des  entrepos,  & 
comment  s'y  font  les  échanges  des  Mar- 
chandifes;  le  temps  qui  eft  accordé  aus 
Coinmiffionnaircs  locaux  pour  difpoiér 
des  parties  qui  leur  font  cônfignécs  com- 
ment on  leur  fait  paffer  l'avis,  Scdequel- 
le  manière  les  équipages  prennent  le  re- 
pos. Voilà  le  plan  de  l'Ouvrage,  venons 
à  quelques  participai  irez.     Les  Caravanes 

^dont  il  s'agit  font  degrandsconvoisd'hom- 
mes  armei,  de  Marchands, de  Ncgotians, 
&  de  di vertes  fortes  d'animaux  pour  por- 
ter les  proviiînns.  Ces  Caravanes  ne  font 
armées  que  pour  veiller  à  la  furetedetout 
ce  qui  eft  de  leur  fuite,  &  fe  défendre 
contre  les  voleurs ,  mais  principalement 
contre  les  Arabes,  qui  fe  croyent  en  plein 
droit  de  dépouiller  toutes  les  autres  Na- 
tions. Pour  former  une  Caravane  il  faut 
avoir  par  écrit  la  permiffion  d'un  Souve- 
rain, legaiifée  au  moins  par  deux  autres 
Souverains  voilins,  ce  qui  s'appelle ,  com- 
me dans  la  guerre,  une  Comtnifljon.  Il 
eft  libre  à  un  Negotiant  de  faire  une  So- 
cîeté  pour  former  une  Caravane.  Celui 
au  nom  duquel  elle  fe  levé  en  eft  regardé 
comme  le  Chef,  à  moins  qu'il  n'en  fubf- 
lîtue  un  autre  en  fa  place;  6i  fi  la  Cara- 
vanne  eft  à  plufieurs  Marchands ,  ils  éli- 
sent entre  eux  un  Chef,  que  l'on  appelle 
C*rv*wbantky.     Entuitc  ils,  choilitrenr  des 


I  t  :;  v  ]  i  (  1711. 
liciers  pour  11  conduite  de  la  Caravan 
;  pour  juger  cnfcmble  des  différens  qui 
peuvent  furvenir  pendant  le  voyage.  11 
y  a  cinq  efpeces  de  Caravanes.  La  pre- 
iiu'ere  ell  appellée  Caravan*  ptfantt.  Elle 
cil  compofée  d'élephans ,  de  dromadaires, 
de  chameaux,  &  de  chevaux.  On  l'ap- 
pelle aufli  Caravane  nombreufe  &  invin- 
cible, parce  qu'elle  eft  difficilement  vain- 
cue par  les  Arabes.  La  féconde  fe  nomme 
Caravan*  Itgcre.  Il  y  entre  des  droma- 
daires, des  chameaux,  des  chevaux  ,  Si 
(très  peu  d'elephans ,  qui  ne  fervent  qu'à 
porter  de  ville  en  ville  les  provîfions  de 
bouche.  La  troificme  cft  appellée  Car*- 
■vant  ordinaire.  On  y  voit  des  droma- 
daires ,  des  chameaux  ,  &  des  chevatu 
On  nomme  la  quatrième  Caravane  de  . 
■vaux,  parce  qu'elle  n'eft  compose  que 
de  ces  animaux,  dont  les  journées  font  le 
double  des  autres.  La  cinquième,  qu'on 
appelle  Caravane  de  Mer ,  n'eft  autre  choie 
qu'une  Flotte  Marchande,  compofé' 
certain  nombre  de  Vaifl'eaux  chargez  de 
Marchandées  ,  &  efeortez  par  quelque! 
VaJrTeaux  armez.  Laproportion  que  l'on 
garde  fur  le  nombre  des  animaux  qu'on 
fuf  entrer  dans  une  Caravane,  cft  que  s'il 
y  a  cinq  cens  élephans  ,  on  met  mille  . 
dromadaires,  ci  deux  raille  chanrtWKi.  vx 
moins.  Le  cortège  eft,  de  qûauc  tù&c 
hommes,  tous  momei,   tans  v  c(jtoîï«&- 


o©      Journal  des  Sçavans, 

d/e  les  Officiers  de  Caravane,  ni  les  Ctfï* 
meliers  &  autres  Serviteurs,  non  plus  que 
les  PafTagers,  qui  ne  contribuent  pas  peu 
à-  en  augmenter  la  force. 

Il  faut  deux  hommes ,  qu'on  appelle 
BmcIks,  pour  conduire  un  éléphants  cinq 
Bextbts,  pour  trois  dromadaires ,  &  fept 
pour  dôme  chameaux.  A  l'égard  des 
PaiTigers,  le  nombre  n'en  peut  être  fixé, 
ils  ne  font  point  obligez  à  prendre  les  ar- 
mes pour  la  défenfe  de  la  Caravane  ;  mai» 
îi  dans  l'oecafion  ils  négligent  de  le  faire, 
ils  ne  peuvent  plus  rien  efperer  fur  les 
provilîons  de  la  Caravane  :  car  quelque 
prodigieufes  que  foient  ces  provifions, 
puifqu'il  y  en  a  toujours  fept  fois  plus 
qji'on  n'en  peut  eonfumer  pendant  le 
voyage,  elles  ne  font  jamais  dilhibuées, 
même  pour  de  l'argent  ,  qu'à  ceux  qui 
font  à  la  folde  de  la  Caravane  ,  ou  qui 
portent  les  armes  pour  la  défendre.  Dans 
le  nombre  des  animaux  qui  la  compofentr 
il  y  a  des  élephans  uniquement  deitinez 
pour  le  combat  ,  d'autres  pour  monter 
les  Officiers  &  les  Conducteurs,  qui  corn* 
bMtent  iiiffi  dans  le  befoin  ;  il  y  a  des 
dromadaires  de  charge  ,  avec  leurs  Offi- 
ciers ,  des  chameaux  chargez  de  provi- 
fions, Se  des  chevaux  qui  fervent  à  mon- 
ter les  hommes,  &  qu'on  employé  aulli 
çue/guefois  a  porter  vme  çwiîe  des  provi- 
fions. C'cft  dansYOïWW.opA'iftVWïws^ 
l    tous  ces  animaux. 


Janvier     171"!.  91 

Unélephant  bien  conditionné  coûfe7s7 
écus,  en  le  prenant  à  Siam  ,  oEi  les  éle- 
phans  font  à  meilleut  marché,  fit  oïl  les 
plus  chers  ne  coûtent  que  10000  livres. 
L'Auteur  ne  parle  point  ici  de  ceux  qui 
font  d'un  plus  grand  pris  par  leur  blancheur 
naturelle ,  &  qui  font  deftinez  pour  Ben- 
gale 8c  Siam.  On  peut  voir  11-deflusM. 
de  Choifi.  Les  Carvanbanchis  n'achettent 
point  de  ces  élephans,  ils  les  laifTent  a  la 
dévotion  de  ces  peuples, qui  en  font  l'ob- 
jet de  leur  idolâtrie.  Les  dromadaires  fe 
trouvent  dans  lesmontagnes  deGolconde, 
&  de  Raolcon.de,  tributaires  du  Mogol; 
ils  font  plus  forts,  Se  d'une  plus  longue 
vie  que  les  chameaux  ,  mais  ils  coûtent 
au  moins  100  écus  pièce.  Les  chameaux 
bien  conditionnel,  5î  en  état  de  porter, 
coûtent  j8  écus  pièce;  la  Perfe  &  le  Mo- 
gol en  font  remplis  ,  mais  les  meilleur» 
viennent  de  l'Arabie  Heureufe  ,  ou  du 
Royaume  d'Adel ,  dans  les  côtes  d'Ajan , 
fur  les  confins  de  la  Mer  Rouge.  L'é- 
quipage d'un  éléphant  coûte  «56  écus  mo- 
noye  de  France  i  celui  d'un  dromadaire 
31  écus,  &  celui  d'un  chameau  iS,  La 
nourritured'un  éléphant  fe  monte  à  3  écus 
&  demi  par  jour  en  campagne ,  &  à  1 
écus  par  jour  pendant  toute  l'année }  celle 
d'un  dromadaire  ,  à  j  Maftm  <x\  <^ox~- 
pagne ,  c'efr-à-dire ,  i  ia  Mfc .  ™^  S*^. 
«font  le  fejour  elle  ne  mon«  c^iA'-'^  ^ 


>}i  Journal  dis  Sci 
lié.  Le  dromadaire  confume  non-feule- 
ment beaucoup  de  bled  8c  d'oige  ,  mais 
beaucoup  de  ici  8c  de  falpêtre  ,  à  caufe 
que  !c  bîfcuit  qu'on  leur  donne  dans  le 
defert  doit  être  fort  falé,  pour  les  obliger 
à  boire  de  grands  coups,  8c  à  s'humecter 
les  poumons,  ce  qui  four  i  en  t  cesanimaui 
contre  la  chaleur  Se  la  fatigue.  On  amafle 
avec  foin  l'urine  des  dromadaires  ;  elle 
S'employe  à  divers  ufages ,  &  on  prétend 
'  j'clle  eft  l'unique  diflolvant  de  l'or, 
ous  patTons  plufieuts  autres  articles^ 
jur  venir  à  ce  qui  regarde  les  Carvan- 
..rray  ,  ou  Ctrvan-U'r.vt.  Ce  font  des 
hôreileries  ou  rctraiies  publiques  ,  iituée» 
dans  les  pats  habitez  de  la  Turquie  &  de 
la  Perfe  ,  pour  mettre  les  Caravanes  à 
couvert.  C'etl  le  grand.  Seigneur  tk  les 
Bâchas  qui  les  font  bi.ir.  11  y  a  des  &w- 
van -Sirruh  reniez  où  l'on  ne  paye  rient 
ta  conflruétion  de  ceux-ci  n'efl  permifeen 
Turquie  qu'à  la  merc  ou  aux  fceors  du 
Grand  Seigneur.  Les  Vifirs  &  les  Bâchas 
ont  ce  privilège  ,  mais  ce  n'eft  qu'après 
qu'ils  fe  font  trouvez  trois  fois  en  Bataille 
contre  les  Chrétiens.  II  y  a  des  Csrvaa- 
Serrait  où  on  ne  trouve  que  le  lîmple  lo- 

?;ement,  d'autres  où  l'on  n'a  rien  du  tout 
ans  payer.  Les  Magillrats  des  Villes  à 
portée  defquclles  ces  retraits  font  bâties, 
ont  grand  foin  d'en  faire  remplir  les  gre- 
aiers-  dès  qu'ils  tout  \\i\&«.    \i  i»  ni 


J    A  N  V  I  H   H       17IÏ. 

efteur  gagé  qui  en  fait  la  vifitc  au  ,1c. 
.t  de  chaque  Caravane  ;  Se  c'eft  lui  qui 
.xe  le  prix  de  la  nuit,  à  quoi  il  n'y  s 
point  d'appel.  Quand  une  Caravane  eft 
arrivée  au  Carvim-Scrray  ,  elle  a  l'avanta- 
ge d'y  êirc  à  couvett  de  l'ennemi,  &  de 
toutes  les  injures  du  temps.  Elle  y  eft 
gardée  en  dehors  par  cent  dogues  ,  que 
Ton  lâche  tous  les  foirs  ,  après  .un  fignal 
public  de  retraite.  C'eft  dans  cçiCarva* 
Strrais  que  fe  font  divers  changemens  d 
Marrhandifes  ;  &  l'Auteur  rapporte  là- 
deiîus  l'exemple  d'un  de  fesamis,  qutga- 
gna  confiderablemenr  par  un  troc  qu'il  fît 
11  avoit  une  montre  de  trente  Louis, un 
Indien  lui  en  demanda  le  troc  contre  deux 
diamans  brutes,  l'échange  fut  fait,  &  ce- 
lui qui  reçut  les  diamans  en  fit  travailler 
un  à  Ormus,  lequel  fut  euimé  iScoo 
liv.  II  troqua  ce  diamant  fur  le  chemin 
d'Ifpahan  contre  cinq  cailles  de  foye  ar- 
dafle  ,  c'eft  une  forte  de  foye  qui  ne  fe 
teint  point.  Il  les  fit  conduire  à  Tbifct, 
où  il  les  troqua  contre  trois  élephans ,  de 
chacun  defquels  le  Chef  de  fa  Caravane, 
qui  en  avoir  extrêmement  befoin  ,  lui 
donna  !ooo  liv.  Le  diamant  brute  qui 
n'éroit  pas  encore  taillé ,  fut  troqué  à 
Trtbifenâe  contre  deux  balles  de  toile  de 
Silelie.  lefquelles  à  leur  tour  furewttK»- 
quées  à  Tautis,  contre  des  éiofies  &t'¥«- 
ie,  qui  lui  valurent  plus  ck  40000  \«  -  ** 


*i  4  Journal  d  e  s  S  ç,  a  \ 
forte  que  la  montre  qui  itoit  fa  premiè- 
re marchandise ,  &  qui  ne  valoit,  comme 
nous  avons  dit,  que  trente  louis  d'or, lui 
jnoduiu't  près  de  jooco  écus.  Sur  quoi 
il  faut  remarquer  que  le  transport  ne  lui 
foûtoit  tien  ;  e'cft  une  franchise  qui  s'ac- 
corde a  tous  les  Officiers  de  la  Caravane, 
■6c  quelquefois  aux  Bouche*  du  Cortège 
Le  defir  de  gagner  quelque  chofe  dans 
ces  trocs,  fait  que  les  Caravanes  font  tou- 
jours fuivies  d'un  grand  nombre  de  Paffa- 
Éjers,  dont  pluiîeurs  réitèrent  même  plu- 
Jieursfois  de  Semblables  voyages,  fans  en 
être  pour  cela  plus  heureux.  Le  bien 
que  cette  espérance  produit ,  c'eft  qu'el- 
le .fait  Supporter  avec  plus  de  facilite" 
les  incommoditei  qu'on  fouffre  dans  les 
Caravanes,  „  Ces  incommodité!  foui 
„  des  puanteurs  effroyables  ,  une  confu- 
„  fionde  Nations,  de  mœurs,  de  langa- 
„  ges ,  &  la  necefliié  de  fe  nourrir  de 
„  chofes  acommodées  comme  on  les 
„  trouve  ,  être  quelquefois  fon  cuifi- 
j,  nier  foi-méme  ,  &  manger  quelque* 
„  fois  indiflinétement  avec  les  plus  rnal- 
„  heureux  de  la  Caravane  j  être  accablé 
„  de  fumée  de  tabac  ,  coucher  fur  des 
„  nates  Men  dures ,  &c.  Se  être  toujours 
„  en  danger  de  perdre  fa  bourSe  ,  à 
„  caufe  du  grand  nombre  de  voleurs  a- 
„  droits  qui  Se  trouvent  mêlez  dans  cette 
#,   ŒJjil4tu.de,    ï\    ïi'"J   HttOft  \as  «Arç* 


\*V' 


''•a,  *  o... 

Ps§g£3 


5«      Journal  oesSçatAns. 

Lettre  de  Mr.  de  Mnitulc  Ctmmi[faitt 
eràia*\re  de  l' Artillerie  à  un  défis  jtmii, 
contenant  fei  tonjtciuret  fur  les  cau/ei  qui 
mettent  tn  fi  peu  de  teint  Ut  pièces  d'Ar- 
tillerie hors  délit  de  firvïr  ,  v  fur  Ut 
moyens  d'en  augmenter  conjidtrablemtnt  U 
durée. 

JE  vous  tiens  un  peu  tard,  Monfîeur, 
la  promette  que  je  vous  ai  faite  ,  de 
vous  envoyer  mes  conjectures,  fur  les 
caufes  qui  mettent  en  fi  peu  de  tems  les 
pièces  d'Artillerie  hors  d'état  de  fervir ,  & 
fur  la  manière  d'en  augmenter  confident* 
blement  la  durée.  Les  occupations  con- 
tinuelles que  j'ai  eues  depuis  que  j'ai  en 
l'honneur  de  vousvoir. m'ont  abfolumeot 
empêché  de  vous  fatisfairc  plutôt,  quel- 
que envie  que  j'en  aye  eu.  Vous  connoif* 
fez  mon  inclination  pour  la  Vhylique  & 
à  vous  faire  plaiiir  :  c'en  ell  allez  pour 
me  flatter  que  vous  recevrez  mon  exeufr, 
qusnd  elle  ne  feroit  pas  auffi-bien  fondée 
qu'elle  l'ell  en  effet. 

Pour  entrer  en  matière  ,  vous  verrei 
par  ce  que  j'aurail'honneur  de  vous  dire, 
que  je  ne  prétens  pas  comme  Mr....  é* 
temifer  la  durée  d'une  pièce  de  canon. 
L'expérience  nous  apprend  que  rien  ne 
■peut  réiiiter  à  la  violence  de  la  poudre, 
ou 
I     £  Tire'du  Jouis,  de  1«n<m*  ,W.m\v|\o.  m-v*- 


et  de 

:anon 

drede 
ou!er. 


ou  plutôt  du  feu,  &  que  ce  terrible  élé- 
ment vient  à  bout  de  détruire  les  borne* 
étroites  qu'on  lui  prêtait  dans  le  canon  , 
quelques  fondes  qu'elles  paroifTent.  Je 
prétensdonc  feulement  qu'on  peut  en  aug- 
menter la  durée  i  &  ce  fera  le  fujet  de 
mes  conjectures. 

On  fçatt.par  expérience  >  qu'un  cane 
du  plus  gros  calibre,  chargé  de  poudredi 
la  pefanteur  des  deux  tiers  de  fon  bouler, 
ne  peut  gueres  tirer  ordinairement  que 
deux  mille  coups  fins  crever ,  quand  mêJ 
me  il  n'en  tirerait  qu'un  coup  par  heure, 
fuppofé  qu'il  ne  fouffre  que  la  feule  vio- 
lence delà  poudre  enflammée  :  8c  iln'eft 
pas  extraordinaire  de  le  voir  crever,  fans 
avoir  tiré  même  à  beaucoup  près  cenom- 
bre  de  coups.  11  n'y  a  qu'a  lui  faire  faire 
l'es  décharges  fans  aucun  intervalle  que  ce- 
lui que  l'on  met  à  le  recharger:  il  crèvera 
infailliblement  bien-tôt;  parce  que  chaque 
coup  fa ifant  effort  fur  les  parties  du  mé- 
tal, par  le  mouvement  violent  que  lui 
communique  la  poudre  enflammée-Si  l'air 
extraordinairement  raréfié  dont  elle  cil 
remplie  &  dans  fes  porcs  £c  dans  fes  in- 
terllices  des  petits  grains  qui  la  partagent, 
ou  en  forment  le  volume,  tout  cela  les 
defunit  &  les  dérange  infenliblemcnt.  De 
forte  que  le  mouvement  de  ces,  -yt-ci». 
toujours  augmenté  çat  Y*.  <2w!«>a.x  ^^v 
caufeiit  à  un  canon ,  «m.  4r  à-tc,A",^ï&s 


:nE  enfia 


p8        Journal  ses  Sçayanï." 
promptement  réitérées  ,    pouffent  e„_ 
leur  dérangement  à  un  tel  point,  qu'il  ne 
peut  plus  erre  augmenté  ,  fans  une  folu- 
tion  de  continuité  fenfible. 

Le  canon  crevé  alors  ordinairement 
vers  le  milieu  de  la  volée;  quoi  qu'il  foit 
plus  épais  en  cet  endroit  qu'à  l'embouchu- 
re :  h  raifon  de  cela  elt:claire  :  c'eft  que 
la  poudre  enflammée  &  l'air  raréfié  fe 
trouvant  plus  preffeï ,  le  boulet  étant  vers 
le  milieu  de  la  volée,  que  quand  il  eft  à 
l'extrémité,  ils  font  plus  d'effort  en  cet 
endroit  que  s'ils  occupoient  un  plus  grand 
dpace,  le  boulet  étant  à  l'extrémité  de 
la  volée. 

On  m'objectera  peut-êtreque  félon  mon 
raifonnement  le  canon  doit  plutôt  crever 
vers  h  culaue  que  dans  la  volée  ;  '  puifque 
la  poudre  enflammée  s'y  trouvant  plus 
preiTée  que  par  tout  ailleurs ,  elle  y  fait 
nuili  plus  d'iinpreiïïou  fur  le;  parties  de 
métal. 

A  cela  je  répons  que  R  le  canon  étoit 
cylindrique  il  creveroit  immanquablement 
à  la  culafle  plutôt  qu'ailleurs  :    mais  que 
comme  il  a  beaucoup  d'épaifleur  en  ce' 
endroit  ,    il  crevé  ailleurs  avant  qu' 
poudre  enflammée  ait  eu  le  tems  de 
tre  en  mouvement  toutes  les  par- 
métal  dans  une  fi  grande  épaifleur 

//  eïî  vrai  qu'on  voit  fouvent  ' 
canon  près  du  bourrelet  i    & 


tout  CB- 


J  ft  n  y  i  e  n 

bourrelet  fauter  en  partie  ,   ou  tout 
tier  :  mais  il  n'clt  pas  difficile  d'en  deviner 
la  caufe. 

Ou  le  canon  a  trop  peu  d'épaifîeur  en 
cet  endroit;  ce  qui  fait  que  les  parties  du 
métal  y  étant  trop  tôt  mifes  en  mouve- 
ment, font  aullî  plutôt  fenfiblcment  dé- 
rangées. 

Ou  ie  boulet  qui  fait  fouvcnt  des  rico- 
chets dans  l'ame  du  canon,  en  fait  quel- 
quefois de  fi  violais  en  fortant  ,  qu'il 
ouvre  le  métal  près  du  bourrelet  ,  qu'il 
fait  fauter  quelquefois  tout  entier. 

Ces  ticochets  qui  font  fi  préjudiciables 
au  canon ,  ne  peuvent  être  caufez  que  par 
des  boulets  mal  ébarbex,  ou  qui  ne  font 
pas  exactement  ronds ,  ou  enfin  qui  ne 
font  pas  du  calibre  de  la  pièce  ,'  foit  pat- 
ce  qu'ils  ont  trop  peu  de  vent ,  ou  parce 
qu'ils  en  ont  trop- 
Si  le  boulet  eil  mal  ébarbé ,  ou  n'elt 
pas  exactement  rond  ,  ce  qui  produit  à 
peu  près  le  même  effet;  comme  il  tour- 
ne toujours  autour  de  fon  centre  dès 
qu'il  a  reçu  le  mouvement  que  la  pou- 
dre lui  imprime,  la  partie  de  fa  furface  la 
flus  éloignée  du  centre  venant  à  toucher 
une  du  canon  ,  y  fait  l'office  -d'un 
coin  ,  enfonce  le  métal  en  cet  endtoit, 
&C  fait  même  courber  la  volés.  ,  Ç.Na.V- 
gure  ttop  irrcgnliére  en  «x«4R'«i».^:*,'a 
ïonie. 


1      - 


Journal  dis  Sçatans. 

Od  pourroit  en  quelque  façon  remé- 
dier à  cet  inconvénient,  fi  ceuï  qui  font 
charge!  de  la  fonte  <ks  boulets  avoient 
un  foin  particulier  de  les  faire  bien  ébar- 
ber.  8e  de  rebuter  tous  les  irreguliers. 

Si  le  boulet  a  trop  de  vent  quelqu'ei- 
alternent  rond  qu'il  foit ,  il  fera  ibuvent 
des  ricochets  peu  dangereux  à  la  vérité, 
mais  qui  ne  laiiïent  pas  à  la  fin  d'endom- 
mager la  pièce  par  les  écorchemens  qu'ils 
lui  font  dans  l'ame.  Ce  qui  caufe  en  ce 
cas-là  les  ricochets  ,  eft  la  Jîruation  du 
boulet  dans  l'urne  du  canon.  Comme  il 
touche  l'ame  par  en  bas,  &  qu'il  a  trop 
de  vent  par  en  haut ,  la  poudre  ne  fait 

Eas  une  égale  impreffion  fur  le  côté  de  ce 
oulet  qui  lui  cil  oppoië  :  elle  le  fait 
fauter  eu  tournant ,  &  lui  fait  faire  par 
conféquent  ce  qu'on  appelle  des  ricochets. 
Si  le  boulet  a  trop  peu  de  vent,  pour 
peu  qu'il  foit  irregulier ,  il  produit  les 
effets  dont  nous  avons  parlé.  Si  la  figure 
eft  régulière,  il  nelaiifera  pas  d'écordier 
un  peu  la  pièce ,  par  cela  feul  que  fa  cir- 
conférence ne  fe  trouve  jamais  parallèle  à 
celle  de  l'ame  du  canon. 

Il  n'eft  pas  impollible  de  remédier  à 
tout  cela  ;  &  je  trouve  trois  moyens  qu'on 
pourroit  mettre  en  ufage  pour  en  venir 
a  bout. 

Le  premiet  feroit  de  raffraichir  la  pièce 
de  canon  à.  chaque,  coaç  <çï  c\\<;  Ww.   a» 


]    ANVIE»      1711.  101 

refixeroit  par-là  en  quelque  façon  les  par- 
ties ébranlées  du  métal  :  &  la  pièce  ne 
s'échaufferait  pas  aWolument ,  ni  fi  toi , 
ni  fi  fort,  qu'elle  fait  ordinairement,  lors 
qu'on  lui  fait  faire  pluficurs  décharges 
lans  la  raflraîchir.  Ce  tarira  îchiiTe  ment 
fréquent  cil  une  chofe  eflentielle  à  la  durée 
d'un  canon  s  &  il  n'eft  prefque  plus  tems 
de  penfet  à  le  raffraichir ,  lors  qu'une  trop 
grande  quantité  de  décharges  précipitées 
ont  mis  les  parties  du  métal  dans  un  trop 
grand  mouvement.  Le  r  affranchi  fie  ment 
alors  ne  peut  tout  au  plus  fetvir  qu'à  era- 
pécher  la  poudre  de  prendre  feu  quand 
on  recharge  la  pièce. 

J'avoue  que  de  fi  frequens  rafTraichif- 
femens  ralentiraient  un  peu  les  décharges 
de  l'Artillerie,  &  cela  eft  vrai:  mnis  il  elt 
mi  auffi  ,  qu'on  en  tireroit  pluiieurs  a.- 
va  mages. 

Le  premier,  deconferver  les  pièces  qui 
coûtent  tant  au  Roi  ,  &  de  les  mettre  eu 
état  de  iiiffire  pour  la  durée  d'un  (iege;puif. 
qu'iL  n'eft  que  trop  vrai  fuîvant  les  fâche  u- 
fes  expériences  qu'on  en  a  faites  jufqu'i 
préfenr  ,  que  les  pièces  d'Artillerie  trop 
tôt  mifes  hors  de  Service  ,  ont  (bu vent  re- 
tardé ou  fait  manquer  la  prife  de  pluiieurs 
l'iacef. 

Le  fécond  ,  d'obliger  ceux  qui  font 
chargez  de  la  fonte  des  boulets  dans  les 
forges,  d'avoir  un  foin  particulier  àe,  \« 
£  3  hast 


r«*i     Journal  des  Sçavans. 

faire  bien  ébarber ,  de  faire  faire  les  co' 
quilles  autant  fphériques  dans  leur  eonca" 
vile  qu'elles  le  peuvent  être,  en  forte  que 
le  boulet  n'en  fortît  jamais  ni  ovale,  ni 
trop  barbu ,  &  enfin  de  rebuter  tous  le: 
boulets  irreguliers. 

Le  troifïeme  ,  de  faire  tourner  d«  cy- 
lindres de  bois  de  la  longueur  du  diamè- 
tre d'un  calibre ,  dont  un  bout  feroit  cou- 
pé en  angle  droit  8c  l'autre  creufé  en  de- 
mi -fphere  ,  pour  recevoir  le  boulet  juf- 
qu'à  l'on  demi- diamètre.  Cela  produirait 
plufieurs  bons  effets,  i.  On  fe  pafferoit 
l\  l'on  vouloit  de  fourrage  pour  bourrer  11 
poudre,  &  l'on  ne  s'en  ferviroit  que  pour 
foire  tenir  le  boulet  dans  le  bout  creux  du 
cylindre:  ce  qu'on  ne  pourvoit  faire  fans 
bourrer 5c  refouler  en  même  tems  la  pou- 
dre; puifque  le  cylindre  tiendroit  lieu  de 
bourre. 

i.  Le  boulet  ainfi  mfpendu  au  milieu 
de  i*ame  du  canon  , en  foriiroit  fans  y  tou- 
cher ,  &  n'y  feroit  par  confequent  ni  ri- 
cochets, ni  écorchemens. 

3,  Le  cylindre  remp'iiïant  eiaéiement 
l'ame  du  canon ,  feioit  plus  de  refiftance  à 
la  poudre  enflammée  que  h  bourre  qui 
mollit,  &  qui  empêche  par  Ton  r  effort  que 
h  poudre  ne  fade  fur  le  boulet  toute  l'im- 
preïiion  dont  elle  eft  capable  :  d'où  je 
conclus  que  le  boulet  doit  aller  plus  droit 
Ar  plus  loin  qu'à.  Yoïiuwite. 


JiKVIEt      1711.  10} 

'4.  On  mettroit  près  d'un  licrs  moins 
detemsà  charger  1  puis  qu'on  ne  bour- 
rcroit  qu'une  fois. 

S.  Quoi  qu'il  fallut  quelque  charrettes 
de  plus  pour  porter  de  ces  cylindres,  la 
grotte  épargne  que  l'on  fetoit  par  la  durée 
des  pièces  de  canon,  dédommagerait  avec 
ufure  de  la  dépenfe  des  charretes. 

Il  y  a  une  autre  caufe  qui  met  fouvent 
une  pièce  de  canon  hors  d'état  de  fervir, 
avant  qu'elle  foît  endommagée  confide- 
rahlement  par  ailleurs  :     c'en  la   lumière 

3ui  devient  fi  grande  par  les  fréquentes 
cchargesde  la  pièce,  qu'on  eft  obligéd'y 
remettre  un  grain,  ou  de  la  remettre  à  la 
fonte:  mais  ces  grains  content  beaucoup 
à  mettre,  Si  ne  durent  pas  long-rems  fans 
fauter ,  parce  que  quelques  mefures  qu'on 
prenne,  pour  les  incorporer  en  quelque 
façon  avec  la  pièce,  ce  qui  feroit  le  feul 
moyen  de  les  faire  durer ,  on  n'en  viendra 
jamais  à  bout  fans  mettre  la  pièce  en  fa- 
non :  ce  qui  coûte roit  prefqu'jutant  qu'il 
en  coùreroit  pour  la  refondre  5c  larejetter 
en  moule. 

Letainqui  entre  dans  la  compoiîtion 
du  métal  donc  on  tait  les  canons ,  rend  ce 
métal  plus  ferme,  plus  dur,  mais  plus  fra- 
gile aulîi.  Ses  parties  l'ont  plus  faciles  à  fe 
defunir  ;  parce  que  celles  de  l'étaùx  o^ 
font  beaucoup  movns  vwwtvfei  ts-  -tomcw» 
entreJaiîces  que  ccWes  4^oiv«e.  »  -sw^ 


104      Journal  des  Sç*vans. 

fe mêler  avec  elles,  les  dérangent  confi- 
derablement  ,  empêchent  que  leurs  ra- 
meaux ne  fe  lient  &  ne  s'embar  raflent 
ks  uns  dans  les  autres  comme  auparavant. 
De  forte  que  les  parties  du  cuivre  &  de 
l'étair,  fe  touchant  dans  leur  mélange  fans 
beaucoup  s'erabarraffer,  prennent  un  ar- 
rangement à  peu  près  femblable  à  celui 
des  parties  du  verre.  Les  parties  de  ré- 
tain  fe  mettent  même  par  petits  grumeau*, 
pour  fe  féparer  en  quelque  façon  de  celles 
du  cuivre  avec  lefquelles  elles  ont  de  la 
peine  à  fe  bien  lier  :  ce  qui  fe  remarque 
très'bien  par  le  moyen  d'un  bon  microf- 
cope. 

Ce  qui  fait  que  le  feu  qui  fort  par  la 
lumière  du  canon,  avec  toute  la  violence 
que  lui  caufela  petiteficdeccpailage, em- 
porte peu-à-peu  ces  petits  grumeaux  d'é- 
tain  déjà  bien  ébranlez  &  comme  à  demi 
fondus  par  la  chaleur  de  la  pièce,  écrou- 
la lumière,  dont  il  rend  la  furfacc  inté- 
rieure toute  irreguliere  &  toute  rabo- 
teufe,  par  l'ai  fcnee  de  ces  petits  grumeaux 
d'étain,  qui  biffant  de  petites  cavitet  entre 
les  parties  du  cuivre  qu'elles  ont  abandon- 
nées, font  que  ces  dernières  fe  détachent 
a  leur  tour  avec  d'autant  plus  de  facilité, 
qu'elles  donnent  plus  de  prife  au  faufile 
violent  du  feu  qui  fort  par  cet  endroit. 
Ainfi  la  lumière  du  canon  devient  fi 
\dc parles  ftiqaeatei  â&b»r|j& 


W 


Janvier     1711;         ioj 

lai  fait  faite,  qu'on  eft  obligé  de  le  ren- 
voyer a  la  fonte,  ou  d'yremcttreungraia 
quand  la  pièce  h'eft  pas  encore  endomma- 
gée par  ailleurs  :  ce  qui  elt  embarraflant, 
coûte  beaucoup,  8c  retarde  prefque  tou- 
jours l'exécution  d'une  entreprife,  s'il  ne 
h  fait  pas  manquer. 

II  paroit  d'abord  diCcile  de  remédier 
à  cet  inconvénient  :  mais  pour  peuqu'on 
feue  d'attention  à  ce  que  nous  venons  de 
dire,  pour  en  découvrir  la  véritable  cau- 
fc ,  on  n'aura  pas  de  peine  à  en  venir  à 
bout. 

S'il  elt  vrai,  comme  nous  le  venons  de 
dire,  que  la  lumière  d'un  canon  ne  a'é- 
croit  lî-iôt ,  que  parce  que  les  parties  de 
l'etain  &  du  cuivre  qui  font  la  compoli- 
tion  do  métal  dont  il  efl  formé;  ne  foni 
prefquejamais  ni  bien  mêlées,  ni  bien  in- 
corporées enfemble,  8c  qu'il  y  demeure 
quantité  de  grumeaux d'éiain,  que  le  (buf- 
fle violent  du  feu  détache  avec  tant  de 
facilite,  il  faut  trouver  moyen  de  les  mê- 
ler, iînon  parfaitement,  du  moins  autant 
qu'elles  le  peuvent  être. 

On  en  viendra  à  bout  en  quelque  fa- 
çon ,  fi  i'on  prend  foin  d'agiter  long-tems 
le  métal  dans  le  fourneau,  &  de  manière 
qu'il  le  foit  par  tout  également.  Mais 
cette  agitation  fi  enfle  ne   peut  avoir 

C!  dans  une  petite  quantité  de  mé- 
is  lu  fontes  otd.uiM.wSj  4s.  <h«>k«^  . 


I 


ÏCÔ      JollUNiL   DES   SçAVANS. 

où  Von  employé  jufqu'àfoixanteCc  quatre 
vingts  mille  livres  de  métal  8c  plus  ,  il 
n'elt  guéres  poflïble  d'agiter  par  tout  une 
fi  grande  maffe:  trop  de  choies  s 'oppofent 
a  une  agitation  fi  necelfp.ire,  la  quantité  du 
métal  ,  la  grande  étendue  intérieure  du 
fourneau  ,  la  petiteffe  des  portes  de  ce 
fourneau,  la  chaleur  prefqueinfupportable 
qui  en  fort  ,  le  refroidiffement  du  métal 
quand  les  portes  fout  trop  long-teros  ou- 
vertes &c. 

Il  faut  donc  recourir  à  quelque  remède 
plus  fur,  plus  promt,  &:  moins  embarraf- 
fant  que  celui  de  l'agitation  &  du  mélan- 
ge parfait,  auquel  il  eft  fi  difficile  de  par- 
venir, 8c  qu'on  ne  doit  jamais  pourtant 
négliger. 

En  voici  un  qtii  peut  pafTer  pour  infail- 
lible ,  &  qui  eft  très-facile  à  mettre  en 
ufage.  Il  n'y  a  qu'à  former  de  bons  grains 
de  cuivre  de  Sueded'une  groffeur propor- 
tionnée à  celle  des  pièces  pour  lerquelles. 
on  les  deftine;  bien  battre  ou  forger  ces 
grains  à  froid  pour  en  refferrer  les  pores; 
&  les  placer  dans  les  moules  à  l'endroit 
où  fe  doit  trouver  la  lumière  du  canon.  Le 
métal  qui  entrera  dans  ces  moules,  ifer» 
fondre  par  fa  chaleur  plufieurs  lignes  d'é- 
pailTeur  des  grains  avec  lefquels  il  fe  liera 
&  fe  foudera  parfaitement.  Des  grains  de 
cette  nature  ne  manqueront  jamaiss  &  la 
lumière  qu'on  y  perce»  le  trouvant  for- 


^z 


c  par  une  dpiîffeur  confidéuUe  d'un 
métal  fans  mélange  ,  &  dont  tout»  lu 
parties  fe  trouveront  parfaitement  homo- 
gènes, dureront  afiei  long-rems,  pour  ne 
mettre  jamais  la  pièce  hors  d'état  de  fci- 
\h-,  &  ii  elle  vient  à  *'«<•«/«  un  peu  par 
un  très-long  ufage , elle  confervera  toûjouiî 
une  figure  parfaitement  ronde. 

J'attends,  Monfieur, vôtre jugementfur 
ces  conjectures,  &  j'ai  l'honneur  d'«rc, 
Monfieur,  &c.  de  Morale  c. 

.,-i  './.-■  j  U  \a.  Ntvimkrt  1705. 

Otuvres  fpiritutilti  de  M.  H  Ht  10  T, 
"otiftiller  du  Roi  tn  la  Cent  dis  Ay.lei  de 
iHi)  avu  un  abrtgè  it  f*  vit.  A  Pa- 
lis, chez.  Jean  Haptiile  Coignard,  rue 
faint  Jacques.  1710.  vol.  in  S.  pp.  39;. 

evkj  perfonuesfouliaiîoientdc' 
puis  long-temps  l'impreilion  des  Oeu- 
Tres  fpirituelles  de  M.  Heliot ,  dont  il 
couroit  dîverfw  copies  dans  lePublic.  Ce- 
lui qui  s'eft  chargé  de  l'Edition  ,  a  con- 
fronté ces  copies  avec  l'original  qui  lui  a. 
été  communiqué  par  M.  Courtois,  Avo- 
cat au  Parlement ,  dépolit  aire  des  Ecrits 
de  M.  Heliot,  auffi  bien  que  l'Exécuteur 
de  fon  Teftament  >  &  il  y  a  trouvé  une 
grande  différence  ,  puifqu'outre  les  chan- 
gemens  8*  les  itérations  qui  font  dans  ces 
copie»  manofcjiies,  elles  ne  comîttnwçx 
£6  *P» 


PIC?  J:OflRSfcL  DES  SçAVANS. 
que  douï.e  Dilcours,  de  vingt-quatre  qui 
Te  trouvent  dans  l'original.  Le  P.  Craflet. 
de  la  Compagnie  de  Jefus  ,  qui  avoir  été 
Confeffeur  de  M.  Heliot  pendant  plus  de 
dix-huit  ans,  les  auroit  données  au  Pu- 
blic, fila  mort  ne  l'eût  prévenu.  Il  a- 
voit  même  compofé  la  viede  cefainthom- 
mc,  pour  la  mettre  à  la  tête  de  ces  Oeu- 
vres. Celle  que  l'on  donne  aujourd'hui  ell 
h  même  qui  a  été  compofée  par  ce  Père, 
mais  on  l'a  abrégée  en  quelques  endroits 
poury  ajouter  quelques  particularitezdont 
le  P.  Craffet  n'avoit  point  eu  connoilTan- 
ce,  &  qui  regardent  principalement  la  fa- 
mille de  M.  Heliot.  „  Au  refte ,  c« 
.  ,>  Oeuvres  de  M.  Heliot  font  une  fuite 
„  de  fa  vie,  puifqu'il  afldellement  expri- 
„  mé  fur  le  papier  ce  qu'il  avoit  dans  le 
„  cœur.  &  qu'il  n'y  donne  aucun  confeil 
„  qu'il  n'ait  pratique  lui-même.  On  ne 
,,  fçait  s'il  avoit  defiern  de  faire  imprimer 
„  ces  Difcouts  ,  &  d'en  faire  un  corps 
„  d'Ouvrage  fous  quelque  titre  ;  mais 
„  comme  ils  fe  fonttrouveiaprès  fa  mort 
„  en  autant  de  cahiers  feparei ,  on  s'eft 
»,  feulement  contenté  de  leur  donner 
„  quelque  ordre  ,  en  les  divifant  même 
„  par  parties  ,  Si  de  les  publier  fous  le 
„  titre  d'Oeuvres  fpiritudles  de  M.  Hc- 
„  liot,  puifque  chaque  Difcours  peut  *- 
„  treregardé  commeun Ouvrage  ieparé.,. 
Le  flvle  en  cil  fimok  &  naturel:  on  voit 


i'Itl      If».  10$ 

jue  c'étoit  le  cœur  qui parloit;  c'eftpour- 

uoi  l'Editent  les  a  lailfez  dans  leur 
timplicïié  ,  de  peur  d'affbiMir  l'onflioo 
dont  ils  font  remplis.  11  n'a  pas  même 
voulu  changer  quelques  expreflions  qui 
ne  fe  relTentent  pas  de  la  pureté  de  noire 
',angue,    &  qui  pouvoisnt   être  en  ulàge 

>rfque  M.  Hcliot  a  compofé  ces  Dif- 
.ours. 

On  doit  lire  ces  inftruétions  dans  le  mê- 
me etprit  qu'elles  nnt  été  compolées.  Qui 
voudrait  les  lïie  en  Méuphylicien  ou  en 
Géomètre,  courrait  rîlque  de  (e  priverde 
t  le  fruit  qu'il  en  pourroit  retirer. 


NOUVELLES  DE  LITTERATURE. 

DE    L  I  G  OU  R  X  E. 

QNi  publié  depuis  peu  ici  de  nouveaux 
v  Elemens  de  Géométrie.  Euclidei  rtfit- 
tftams,  fixe  plan»  çr  folida  GeometrU  Elt- 
ment»,  epm  in  qui  lion  alla  plerarftie,  tUm 
ffaltpmi  ratîonîs  w  propertionii  Ratura  ■& 
prepfictatti  nova  méthode  lUriui,  qu.im  an- 
lia  ah  aliis ,  atque  facitiis  txponuntur  fit- 
miufjue  ac  evidem'ms  demotijïrantur.  in  4. 
C'eft  M.  Matchetti  ,  Mathématicien  du 
Duc  de  Tofcanc,  &  Profelîeur  enMécha- 
nique  dans  l'Univerfité  de,  P\fe  *  «çà.  eSs- 
Autcitr  de  cet  Ouvnje.  "ù.  1  ■^'"S^ 
£7 


*, 


■îio  Journal  dïs  Sçavans. 
plulîeurs  démonllrationsqui  ne  retrouvent 
point  dans  Eudide;  &  pour  en  démontrer 
quelques-unes ,  il  fe  fert  d'une  méthode 
qu'il  croit  plus  intelligible  ,  particulière- 
ment fur  h  propriété  des  parallèles.  11 
prétend  que  les  Mathématiciens  fe  font 
trompez  en  donnant  comme  théorèmes 
des  propoiîtions  qui  doivent  être  regar- 
dées comme  premiers  principes,  &  il  en 
Cite  deux,  fçavoir  :  Deux  quantités  éga- 
les ont  entre  elles  une  égale  proportion; 
&  deux  inégales,  l'ont  ^  inégale.  Deux 
quantités  qui  font  égales  à  une  troiiiéme, 
font  égales  entre  elles.  Dans  le  troifiéme 
Livre  il  fe  fert  d'un  Ouvrage  qu'il  publia 
en  irtoj,  in  -|.  fur  la  nature  de  la  pro- 
portion, pour  faire  voir  que  les  Mathé- 
maticiens fe  trompent  en  voulant  défini! 
l'égalité  &  l'inégalité  des  proportions) qui 
doivent  être  cenl'ées  connues  par  elles* 
mêmes. 

DE    LE  I  PS  IC. 

f\N  a  traduit  en  Latin  un  Traité  de 
^  Chymie,  eompofé  en  Allemand  par 
M.  Bêcher,  &  cette  Traduction  elt  foui 
la  prefle. 

M.  Jean  Kern  a  publié  une  Lettre  fur 
la  vie  de  feu  M.  Ittigius  qui  mourut  ici 
il  y  a  quelques  mois.    *  Di  vite ,  obitu, 

f  Ou  U  doute  shei  les  Wttftvic, 


3    »K7IE.      IJII.  III 

Scrtftifiue  D.  ihanu  itiigiï.  Cette  Lettre 
contient  des  particularité!  très-curieufes. 

M.  Starkius,  Profefleur  es  Langues  O- 
neniales.vientdepublierun  Ouvrage  *  fut 
les  Epîtres  de  faint  Paul,  intitulé  :  Jf«- 
(*  feUSii  ,  Cr'uïct,  PhiUlt>gitt,in  Eftflolatn 
ma  Hebruss,    annexa  [uni   Noix  in  Itia  dijfi~ 

iriliera  EpîftoU  ad  Rcmxnos.  in  4. 
DE     G  1  E  S  S  E  N. 

Vf  R.  Jean  Nie.  Hcrtius  ,  TrofeiTeur  de 
cette  Ville,  eft  mort  il  y  a  quelques 
mois.  U  venoit  de  publier  une  Dilfcrra,- 
tion  fur  l'ancienne  Hifloire  de  France. 
■f  Wolîlia  vestris  Frmeeram  Regni  ufque  ad 
txctlfum-  Lad.  PU.  On  a  trouvé  parmi  fes 
papiers  un  Traité  des  Fiefs  tout  prêt  à 
imprimer. 

DE    FRAXCFOR7. 

/-)N  doit  publier  inceflamment  unenou- 
w  velle  Edition  du  Gloilaire  de  M.  du 
CangC.  Corel*  du  Frtfnt  d»  Cangt  ,  Régi 
À  Ccnjiliis,  V  Francis  apud  AmbiaJiûs^aÂÇ- 
teris  ,  Ghfjrimn  ad  Scripteres  médit.  ©"  in- 
fini* Latinitath  ,  in  auo  Latin*  vecabulu 
novatt  jignifiiaiionis  sut  usas  tarions ,  bar- 
bara\S  txitka  ixfliCMlur,   tirant  miiorui 

On  le  trouve  cheik*  Wic-teerç^.  _ 
Ou  1*  trouve  cho,  i»  ïwan»  VS***1* 


îli        JOUÇNAL    DEJ    SçAVANï. 

C  erîgmatioirts  retegumur  :  Cempluns  *vi 
piciii  ritm  V  morts  ,  confattudinum  muni- 
lipalium,  &  Jurifprudevii*  rtctrttioris  formu- 
le r?  ob/olne  vous  ,  utrïufijHt  ordmis  Eccle- 
ftaftici  É3"  Ldùi  Digniiotts  &  Officia  ,  rj> 
quamplunma  alla  Obfirvaiiom  dtgaa  ricin- 
Jimtur ,  tniiclrantur  ,  illuftraniur ,  e  Libris 
tdil'ti  ,  intfitis  ,  aliijaue  monurnemis  cùm 
publicii  lùm  privAth.  Acctd'u  Dijjertaiio  dt 
lmperatorum  Conliantinopcliianorum  ,  Jeu 
in  ferions  evi  vet  lmperii ,  uli  -votant ,  Nu- 
rnifmatibm.  On  nous  fait  efperer  que 
cette  Edition  fera  beaucoup  plus  ample 
que  celles  qui  ont  paru  jufqu'icî. 

M.  Jean-George  Abicht  ,  Dofteur  5r 
Profefleur  en  Langue  Sainte  dans  l'Uni- 
verfité  de  Leipiic,  a  fait  imprimer  ici  u. 
ne  Introduction  à  l'Enflure  Sainte  de  l'an- 
cien Teilament.  Ars  difiincTt  legindi  fy 
interprttmds  Scripturam  Sacrum  Vit.  Te/ia- 
muni. 

DE    HALL. 

X|R.   Wolfiuj    (Chr.  )    Profeffeur   en 
Mathématique,  quia  publiéun Trai- 
té delà  pefanteur  de  l'air  en  no8,  doit 
faire  imprimer  incefiaminent  un  abrégé  de 
Mathématique   en    Langue  Allemande". 
M.    Heineccîus    fait  imprimer  la  fuite 
àcs  Antiquitez  de  la  Ville  de  Goflar,  dont 
il 
*JJeiWc>KûevA 


I»«'Ill  1711.       113 

il  publia  le  premier  volume  en  1701.  in 
fol.  11  travaille  a  faire  un  Suplémenr  à 
l'Ouvrage  qu'il  publia  il  y  a  quelques  an- 
nées far  les  cachets  des  Anciens. 

DE    COPENHAGUE. 

QN  reimprime  ici  la  defeription  du  Ca- 
binet  des  Rois  de  Dannemark ,  publié 
autrefois  par  M.  Oligerius  Jacobxus: 
Oligirii  Jatéà  Muftum  Rtpum.  M.  Lau- 
renzen ,  Confciller  d'Etat  du  Confeil  Ec- 
clefiaflique,  a  foin  de  cette  Edition.  I! 
y  a  fait  plufieuts  additions,  dont  la  prin- 
cipale eft  un  Commentaire  Hiitotique  fur 
les  Médailles  Danoifei. 

On  imprime  aufli,  par  ordre  du  Roi, 
les  Loix  du  Roi  Chriftian  V.  M.  Hag  ' 
zious  les  a  traduites  en  Latin  , 
Verfion  Latine  fera  vis-à-vis  le  texte  Da- 
nois. 

Z>'E  r  S  E  tJ  A  C  H. 

Vf  R.  le  Duc  de  Saxe-Eyfcnach  vient  d- 
publier  un  Ouvrage  de  fa  compofi- 
tion,  qui  contient  plulïeurs  retlexionsmo- 
rales  fur  le  Nouveau  Tefta aient  ,  avec 
quelques  inftructioiis  à  ûs  enfans. 


*  On  h  douve  l/ua&ft«4M&*.w-'Vs*** 


£14      JOVRIUl  DES    SCAYiNI. 

T 'Impreflîon  du  Clément  Alexandrin  de 
•"  M.  Porter  va  très -lentement ,  à  caufe 
de  t'abience  de  l'Editeur ,  qui  s'elt  retiré 
à  fon  Bénéfice ,  fort  incommodé  de  [a 
yûë. 

M.  Hudfon  travaille  à  un  nouveau  vo- 
lume des  anciens  Géographes  ,  où  il  y 
aura  plufiéursïPieces  qui  n'ont  point  en- 
core paru ,  entre  autres  un  Traité  d'Aboi* 
féda  ,  De  Penio/nU  Atabh,  avec  la  Ver* 
iion  Latine  de  Gravius  ,  &  des  remar- 
ques de  M.  Gagnier. 

Le  même  Auteur  n'épargne  rien  pour 
perfectionner  l'Edition  de  Jofephc,  qu'il 
fe  propofe  de  donner  au  Public.  I!  a  dé- 
jà la  collation  des  principaux  M  (T.  qui 
font  en  Angleterre;  de  ceux  d'Ifaac  VoC* 
fius,  &  les  matériaux  qui  avoient  été  pré- 
pare! par  Samuel  Petit,  &  par  Bofius.  Il 
attend  incefiamment  la  collation  des  Mil. 
qui  font  à  Florence  ,  &  dans  les  auirei 
Bibliothèques  d'Italie, 

DE     LONDRES. 

T  E  Sieur  Tonton  ,  Libraire  de  cette 
*-*  Ville,  vient  de,  publier  une  Edition 
in  fol  Se  une  autre  in  8.  du  Procès  du 
Docteur  SachcvctcW    Ce  Vlwit  ■».  été 


publié  par  ordic  de  la  Chambre  des  Sei- 
gneurs.   On  y  voit  les  chefs  d'aceufation 

de  la  paît  des  Communes ,  la  réponfe  de 
ce  Docteur,  la  réplique  des  Communes, 
le  Sermon  qui  a  donné  lieu  à  l'accufttion, 
les  Plaidoyei  que  les  Députez  des  Com- 
munes ont  prononcé  devant  le  Tribunal 
des  Seigneurs ,  la  Harangue  du  Dodcur, 
&  les  défenfes  de  fes  Avocats ,  &  enfin 
le  Jugement  qui  a  été  renda  contre  loi. 
Les  Seigneurs  ont  voulu  qu'on  y  ajoutât 
h  Sentence  par  laquelle  ils  condamnentna 
Décret  de  l'Univerfité  d'Oxford  ,  fur  1*0- 
béïflancc  due  aux  Souverains,  à  être  brû- 
lé par  la  main  du  Bourreau,  comme  on- 
tenant  divirfis  prtpajîtieat  contraint  À  lu 
Conjihutbn  de  (t  Reyoumc,  er  eppojèts  À  Ut 
Sutcejfinn  PrtttfittU*  ,  liilt  qu'élit  i/l  étallit 
par  Us  Lùix.  Ce  Décret  avoit  été  fait  en 
1683,  &  i!  a  été  brûlé  avec  le  Sermon  da 
Doifteur  Sacheverell  le  27  du  mois  de 
Mars,  vieux  Style, 

Tf  AMSTERDAM. 

Vf  R.  Witfen,  Bourgmedre  delà  Ville 
*"*  d'Amlterdim,,  à  qui  le  Public  ert  re- 
devable de  la  Carte  de  la  grande  Tartane 
qui  c(l  à  la  tête  du  Voyage  de  M.  If- 
biand  Ides  ,  doit  jncerumme«  publier 
une  delciiption  de  ccs-PaSs,  <^i\.  S.W».  vste«- 
curieufe,  &  très-éte.DÀuë.  Qo.  ~i  vtw^>^Si, 


it<>    Journal   disSçavakj. 

même  une  relation  de  plufieurs  Antiqui- 
té! qui  ont  été  trouvées  dans  des  fepul- 
chres, 

DE     F  H  A  iH  £  g_U  E  R, 

()N>  publié  ici  un  nouveau  Syftêmede 
Théologie-  *  Syfttma  Thtobgito-fky' 
ficô.iUtuphyficum,  Auëlare  Raurdo  Andak. 
in  4.  Cet  Ouvrage  contient  trois  Trai- 
tez difîërens.  Dans  le  premier  l'Auteur 
traite  de  rexiftence  de  Dieu  ,  &  de  fes 
attributs.  Il  pore  pour  principe  que  nous 
avons  des  idées  innées  ,   d'où  il  conclut 

Ïu'il  n'y  a  point  d'hommes  qui  croyent 
ncerement  qu'il  n'y  a  point  de  Dieu, 
Le  fécond  Traité  ell  un  Commentaire 
fur  la  Métaphyfique  de  Defcartes.  Le 
troîlîéme  contient  quelques  Differtations 
fur  la  Théologie  naturelle.  S;  fur  la  Philo- 
fophie. 


TL  paroît  une  petite  brochure  »  n.  fuit 
nom  d'Auteur  ni  d'Imprimeur  j  où  l'on 
répond  à  un  Ecrit  dont  nous  avons  parlé 
dans  les  Nouvelles  .Littéraires  du  Mois  de 
Septembre  de  t7io,  p.  353.  &  qui  a  pour 
titre  :  Remarques  de  M.  le  Hii ,  fur  la  W4- 
niere  de  graver  &  d'expliquer  tes  Pierres  an- 
tiques, 
*  On  le  tnui 


,  Qu'on  doit  dejfmer  les  Antiques  irait 
r  Irait  ,  C  au'on  »»  dm  rien  ajeuier, 
rigir ,     Vf  diminuer  dam  ces  txttlltns  Ou- 

get  i  .fentiment  que  l'Auteur  appuyé  du 
rrage  Si  de  l'exemple  de  tous  les  Anti- 
La  féconde  chofe  que  l'Anonyme  ft 
ipofe,  c'eft  de  défendre  l'explication  du 
chet  de  Michcl-Angt  par  M.  D.M.  con- 

1a  Critique  qu'en  a  faite  M.  U  Hay 
is  fes  Remarque).  On  affûte  donc  ici 
je  cette  explication  n'a  rienquedeplau- 
.\e ,  &  qui  ne  foit  fouienu  de  bonnes  au- 
rirez  j  &  Qu'une  fête  en  1  honneur  de 
cchus  Si  en  mémoire  de  fa  naiffance,  qui 

ce  que  reprefente  le  Cachet  (  félon  M. 

M.  )  n'eft  point  incompatible  avec  une 

e  de  vendanges. 

L'Anonyme  finit  en  attaquant  les  «pli. 


! 


J1 


si;*- 

_  tr  S.i 


«^•JS-ffiS 


LÏLl*1 


fl* 


LÏ* 


«.0 
d.  B*V,„„îo'«V 


I* 
1 


ce 


.BLE  DES  LIVRES.    u9 

jK,   RtUtit»  fomentant  les Cara-uan- 

,es  Corttps  des  Marchands  d?Afn.    8j 

,  dl.EC,    Lettre  fur  les  taufes  qui  met- 

m  m  [i  piude  nmi  les  Pièces  d'Artillerie 

ours  d'étal  dl  fervir ,  S(C. 

.ELIOT,   Oeuvres  Spirituelles,  107 

f  tilts  de  littérature.                          ion 

CATALOGUE 

DES 
LIVRES      NOUVEAUX 

Qu'on  trouve  à  Amfterdam  ,    cher  les 
JahssoXs  à  Vaeseiigi. 

T\Ionysii  Loncini   de  Snblimitatê 

libellus,  cum  Prxfarione  de  vit  a  8î 

Scriptis  Longini,  Notis,  Indicibus ,  8c  va- 

riis  Lecrionibus,  8.  OxortU  ï  Théâtre*  Skel' 

doniano.  1710. 

Hijloire  du  Papifmt  ,  ou  Abrégé  âe  PHifioirt 
de  l'Eglife  Romaine,  depuis  fit  nai/J'anct 
jufquis  à  frtftnt  ,  traduite  die  Latin  de 
Jean  Henri  Heidegger  Pre- 
ftffeur    en    Théologie    à  Zurich,      ta.     A. 

Attifterdim  chez   Jacques  Deftoti.^. 

- 


no    CATALOGUE. 
DatidisCzuttingeri  Nob.  Hung. 
Spécimen  Hungaria;  Literatœ  ,    Viro- 
rum  EruJitione  darorum.nationcHun- 
garotum  ,    Dalmararum  ,  Croatarura, 
SlavorumatqueTranffilvanorum,  Vitas, 
Sctipia,  Elogia  &  Cenfuras  ordine  Alpha- 
betico   exhibens.    Accedit  Bibliotheca    | 
Scriptorum  qui  extant  de  rébus  Hunga- 
ricîs.  4.  Francfort!,  fumptibus  Jod.   Guil. 
Koblefti.  1711. 
Entretiens  pieux  d'un  Tidelle  avec  fort  Pajltm  _ 
dans   lefijutls     on    trouve    divers   conflits 
pour  s'avancer  dans  la  famicii  ,  la  Bu. 
felutkn    de  plufiturs  cas  de   Confidence, 
l'Explication  d'un  grand  nombre  dt  pajfagtt 
&   i'Hifioirt  de   pluficurs  faints    hem 
comme  des  Martyrs.  Par  B.  Pictet    i 
ftjjeur  mTbeol,  à  Genève.   12.  A  Genève 
chez  Fabri&  Barillot.  17,11. 
3*ni  Bsoucihusii,  Poé'matum  Li- 
bri  fedecîm,  editore  Davjde     Hoog- 
stbatano.    4.   Amftelodami  apud  Iran- 
eifeur»  Halma.  1711. 
Réflexions  Morales ,  Satiriques  O"   Comiques, 
fur  Us  moeurs  de  nôtre  ficelé.  8.  A  Cologne 
chez  Pierre  Marteau  le  Jeune.  1711. 
Etal  ancien  t?  moderne  des  Duchez.  de  Floren- 
ce ,    Modem  ,     Mantoue  a-   Parme  avec 
Ptiifloire  anecdote  des   intrigues  des   Cours 
de  leurs  derniers  Princes.  On  y  a  ajouté  uni 
femblablt  Rtlation  de  la   fille  ejr  Légation 
de  Bologne.  11.  A  Vîvttdfc  <3asx  Guillau- 
me Broedckt.  i*]u. 


o 


AVIS. 


r  ge  les  Livres  fuivans  : 


ENGELBERTI  YANDSK   BlIRG     C 

tiones,&  Tractatus  ,  i.  de  abufu  y 
mentorum  ,  quo  divîna  Majeftas 
ditur.»  2.  deabufu  Appellnriomim,  < 
hnmana  Mnjdlas  teditur  3.  de  juril 
Privilegiis,..&  pffieip  DocWtim  4. 
Rïtione  ftatus. -j.  de  Thcfauris  & 
te  tara  Principes  quam  Privalorum  ci 
eofdern.6.  de  uiii  &  abufu  Comm 
riorum,  7.  de  peijurio.  4.  ZJpfik  *j 
Rtnd.  Lmkifîanos.   17 10. 

Joh.  Hem  nier  Bergeri  Supf 
menta  ad  Elefta  Jurifpnjdcntia:  Crii 
nalis  Pars II.  Acccffii  Difquîiirio.ntn 
à  Principe teraperati  pœna  adulrerit  p 
lit.  4.  Lipfi*  fimpi.  Hkred.  ïrtdi. 
Ldnckifii.  1710. 

D.  Goinoi.  Fuir».  SiliCma 
ni  Exeicirationes  Académies  Hif 
ri co- Phi! ofophîco -Théo logiez  è  fc 
feo  Hekrici  Pippingii.  D. 
DrefJâ  afud  Gndofridiim  Lefch'mm  17 
CasparIS  Htismci  Hobnii 
Z-ibro  Metatiico,  (\oi  fcwigrapbus  ■(( 

genbuch)  diciioi ,  ScYie&tfm^w&sx 

+.   IrtreUrg*.  «fui  ^«.1*4.  tA«îrt.-\ 


JOURNAL 

DES 

S  C  A  V  A  N  S, 

5 

Four  le  Mois  de  Février  M.  DCCXI. 


Commenta  ri  us  de  Vita  Scripiiftjue  ai 
ritis  îlluft.  Viri  Jobi  Ludolfi,  CooCliarii 
quondam  Sereniffiraorum  Saïoniœ  Du- 
cum  intimi,  viri  per  Eruditum  Orbem 
celebetrimi.  Jiuctore  Christ 
Junckeko  Drcfd.  Hiftoriographo 
Ducali  Saxo-Henncbergko.  In  Appen- 
dice adjefta  (tint  tum  Epiitolœ  aliquor 
clarorura  virorum,  cumetiara  Spécimen 
IJnguaï  Hotremotiae ,  numquam  alias 
ad  notitiara  Gerinanorurn  perlitse.  Lip- 
jis  g-  Franco/uni  ,  funiftihut  Joh.  Fri- 
itricl  Braunii.  »nao  1710.  C'cft-à-dire: 
Commentaire  fur  la  Vie  er  Us  Ouvrages  de 
fillulin  Job  Ludoiphe,  autrefois  Confeil- 
1er  del*  Cour  dtSaxc,  homme nltbre iant 
U  Monde  Scav»m.  Pu  Chrétien  ^UW.- 
ket  ,  HiftifioirAphe  dis  Ducs  de  Saxe.  <6» 
*jtat£  à  la  fin  ta  Leitrti  de  auïlques  \u- 
F  1  {m*** 


Pag?'  - 
a  Wae 


114  Journal  des  Sça  vans. 
fcr.nis  illufins  ,  V  an  Ejfaî  tii  la  Langui 
du  Hottenrots  .  flw"  «V/wV  e*j  «n»rr 
parvenue  à  ta  connoiffance  dit  AlUmanu 
A  Leipfic  Si  à  Francfort ,  aux  dépens 
de  Jean-Frederic  Braunius.  1710.  in  8. 
■>g.  108.  Se  trouve  chez  les  Janflbns 
uVaesberge. 

T  L  e(i  de  l'intérêt  des  Sciences  qu'un 
-*■  faiîe  honneur  à  la  mémoire  des  Sc.i- 
vans,  en  publiant  leur  vie  &  leurs  Ouvra- 
ges, c'eft  fouvent  l'unique  recompenfe  de 
leurs  travaux;  c'eft  du  moins  la  plus  fia  - 
teufe  &  la  plus  fure.  M.  Junckcr  donne 
au  Public  dans  celte  vue  les  principales 
ci  r  coniUn  ces  delà  vie  de  M.  Ludolphe. 
qui  a  pofledé  les  premiers  emplois  du  pais 
où  il  étoît  né ,  &  à  qui  les  occupations  de 
la  Magiflrature  n'ont  rien  fait  perdre  du 
goât^u'il  avoit  pour  les  Lettres.  Erfort 
ville  capitale  de  la  Thuringe,  étoit  le  lieu 
de  fa  nailTance.  Il  comptoir  parmi  fes  a- 
yeux  plu  fleurs  Sénateurs,  &  d'autres  per- 
fonnes  diflinguées.  On  remarqua  en  lui 
dès  fes  années  les  plus  tendres  d'heureufes 
dilpofitions  pour  l'efprit  &  pour  le  cœurs 
&  il  falloit  que  Ton  beau  naturel  fût  bien 
puilïant)  pour  refifter  à  la  mauvaife  édu- 
cation &  aux  exemples  contagieux  de  ce 
temps  la.  Il  n'avoir  encore  que  cinq  ans 
en  161$}  alors  il  regnoit  dauslepaïs  di- 
vtts  troubles ,  dont  U  iutiç  ta.  Vm^tî*. 


F  *  i 


171t. 


ïï 


mette.  On  était  tout  occupé  des  fomi  de 
»  guerre i  &  ces  J'oins,  dit  M,  ! 
ne  l'ont  pas  de  petits  obftacles  aux  Scien- 
ces 8c  à  11  venu.  Elles  croient,  ajouté* 
t  il,  li  négligées,  que  la  Mute  naturelle 
d'Hildebrand,  ou  d'auties  vilions  fembla- 
bte,  faifoient  prefquc  la  feule  étude  de  la 
euneffe. 

Le  malheur  des  conjonctures  ne  dérour- 
ia  point  Ludolphe  des  bonnes  routes.  H 
î'aitacha  foigneufement  au>  petit  nombre 
de  gens  de  Lettres  qui  compofoient  l'U- 
ni veriîté  d'Erfort  ,  &  prit  du  moins  une 
teinture  de  toutes  les  différentes  fortes  de 
Cûnnoiiîances  qu'ils  cultivoient.  Dans 
l'envie  extrême  qu'il  avoit  de  fçavoir.rien 
ne  lui  paroiiToit  inutile  ni  indifférent.  La 
Mufique  occupa  fou  attention  ,  comme 
les  autres  Sciences.  H  ne  négligea  pat 
même  l'écriturei  &  fît  voir  par  la. remar- 
que l'Auteur  ,  qu'il  n'eft  point  effentiel 
aux  Sçavans  qu'un  putlTe  à  peine  lira 
leurs  Ecrits. 

Cpmme  il  y  avoit  dans  l'Uni verfi te* 
d'Erfort  un  célèbre  Profelfeur  de  Droit, 
nommé  Muller.il  prit  fous  lui  les  premiers 
principes  de  Jurii prudence.  Mais  il  quitta 
bien-tôt  cette  étude,  &  la  referva  pour 
un  autre  temps,  perfuadé  qu'avant  toutes 
chofes  il  falloir  s'appliquer  à  la  conooiC- 
fance  des  Langues.  Les  -ç\va  &\*foSiss.%*.  | 
Ici  moins  connues  ,  teWes  «JK.  "vW<t^i! 
V  *i 


"jï6  Journal  des  Sçsvaks. 
Langues  Orientales,  fuient  celles  qui  ex- 
citèrent le  plus  fa  curiolué.  C'était  peu 
pour  lui  de  fçavoir  à  l'âge  de  vingt  ans  le 
Grec,  l'Hébreu  8c  l'Arabe,  r!  voulut  ap- 
prendre particulièrement  la  Langue  Ethio- 
piennes 8c  quelque  peu  de  fecours  qu'il 
trouvât  parmi  lesSçavans  pour  le  conduire 
dans  cette  étude,  il  ne  hiffa  pas ,  à  force 
de  travail  &  de  recherches  t  d'y  faire  en 
peu  de  temps  de  tels  progrès,  qu'il  conv 
pofa  lui-même  une  nouvelle  Grammaire 
pour  l'intelligence  de  cette  Langue.  En- 
fuite  il  revint  à  l'étude  du  Droit ,  fouj 
Je  célèbre  M.  Muller  ,  dont  nous  avons 
déjà  parlé;  8c  après  s'y  être  appliqué  avec 
fuccès,  ilfe  mit  dans  le  goûtdesvoyages, 
non  pas  Amplement,  dit  l'Auteur,  pour 
voir  de  nouveaux  pais  &d'autrespeuples, 
mais  pour  former  des  liaifonsavecles  Sça- 
vans,  8t  acquérir  par  ces  fecours  étrangers 
ce  qui  manquoit  a  fes  propres  connoifian- 
ces.  Il  avoir  fur  cela  un  empreffement 
fi  vif  &  û  impatient ,  que  fans  trop  con- 
fulter  fa  bourfe,  il  s'engagea  dans  des  dé- 
penfes  qu'il  n'étoit  pas  tout  à  fait  en  étal* 
de  fupporter.  Mais  il  y  a ,  obferve  l'Au- 
teur j  une  Providence  fecourablc  pour  les 
gens  de  bien  8c  les  Sçavans, 

Par-tout  où  M.  Ludolphe  pafla,  il  fil 
connoître  8c  admirer  fon  mérite.  D'a- 
bord  il  alla  en  Hollande  ,  où  l'attrait  de 
h  libellé  retient  ton  i«  G«a  i*  Uy.«es. 


r  de  deux 


1711, 

e  là  il  vint  en  France  ,  où  il  puce 
._s  principales  Villes;  fit  un  fcjourdedî 
mois  àSiumm,  demeura  enfuir* 
r^mps  à  Pans  ,  d'où  les  Guerres  Qvilei 
"obligèrent  enfin  de  «'éloigner ,  pour  fe 
endre  à  Rome.  11  voulut  voir  après  ce> 
i  la  Suéde,  &  fur-tout  h  Reine  Chrilri- 
,  qui  s'étoît  acquis  une  grande  reputa- 
ion  pat  fes  vertus  ,  &  par  la  proteétû 
qu'elle  donnait  aux  Sçavanj.  II  fe  loin 
extrêmement  de  ce  pais-là,  Si  particc 
renient  de  la  liberté  avec  laquelle  ol  , 
voyageoit,  fans  craindre  les  aflaffînats  rii 
les  voleurs.  Ses  diffétens  voyages  durè- 
rent fis  ans,  après  quoi  il  rciint  à  Erfo 
fa  patrie ,  où  il  îendit  les  derniers  devoi 
à  fon  père  ,.  qui  mourut  en  ce  tems-li 
Quand  vl  eut  réglé  les  affaires  domeftique 
où  cette  mort  l'engageoit ,  il  fe  rendit  a 
trie  au  Public  dans  les  fonctions  de  Cor 
feiller,  qu'il  exerça  plus  de  dis-huit  a 
durant  lefquels  il  fut  fouvent  député  poui 
affilier  aux  Diettesque  l'on  tint  au  fujet 
des  conteilations  qui  étoient  depuis  long- 
temps entre  les  Ducs  de  Saxe  &  les  Ar- 
chevêques de  May  en  ce.  Ces  occupations 
turaultueufes  l'enlevoient  malgré  lui  à  fes 
études.  II  fouhaitoit  impatiemraenr  de 
fe  rerirer  des  affaires  ,  pour  fe  donner 
tout  entier  au  penchant  des  Lettres.  La 
difficulré  croit  de  faire  agréer  ceue  tCXWAt 
au  Prince.  11  y  reufiît  pat  \\  eotïvAw 
F  4  vYGty 


11.8     JoirRNAl  de  j  Sçav  ans. 

lion  de  fes  longs  fervices.  Frideric  Duc  de 
Saxe  lui  permit  de  fe  retirer,  6c  lui  ac- 
rorda  avec  doge  des  Lettres  de  Confeil- 
Honoraire,qui  font  rapportées  au  long 

is  le  Livre.     Alors  fe  croyant  maître 

de  fon  temps  &  de  lui-même  il  crût  de- 
voir choifïr  pour  demeureja  Ville  de  Franc- 
tort,  qui  par  le  grand  nombre  de  fes  ha- 
bitans  ,  &  l'étendue  de  fon  commerce, 
fembloir  lui  faciliter  les  liaifons  fçavtntes 
qu'il  vouloit  entretenir  en  divers  pais. 
Mais  à  peine  fut  il  établi  avec  fa  famille 
"ins  cette  Ville,  que  l'Eleflem  Palatin  le 
te  à  la  tête  de  fes  affaires,  &  lui  cou- 
le foin  de  fes  revenus.  Dans  ce  chan- 
tent de  fltuation  il  eut  occafion  de 
lire  de  nouveaux  voyages.  Il  fut  envoyé 
deuï  fois  en  France;  &  pendant  le  féjuur 
qu'il  y  fit  il  eut  foin  de  vifjter  les  Biblio- 
thèques de  Paris,  B<  en  tira  tous  les  re- 
cours qu'il  y  put  trouver  pour  la  parfaite 
intelligence  des  Langues  Orientales.  En- 
fin il  retourna  à  Francfort,  où,  fuivant 
fa  première  deflination  ,  il  palTa  le  refte 
de  fes  jours,  fans  autre  foin  que  celui  de 
revoir  &  de  mettre  en  ordre  les  divers 
Ouvrages  qu'il  avoit  compofez.  pour  le 
ïublic.  11  mourut  en  170*.  âgé  de  ïo 
ans,  &  univerfellemcnt  regretté.  C'étoit 
Un  homme,  dit  M.  Junckcr,  auffi  efti- 
mabJe  par  fes  mœurs  que  par  fes  talens; 
fçachant  6ca-«coup ,  oc  ce  qm  cft.  *&«.**■•• 
V» 


parmi  les  Sçavans  ,  ne  cherchant  qui 
communiquer  fa  fcîence  aux  autres,  &  x 
prendre  d'eux  ce  qui  lui  manquoit  ;  dut 
&  infatigable  au  travail  ;  accoutumé  tel- 
lement à  l'étude,  que  dans  Tes  rcjfts  mê- 
mes il  avoit  toujours  on  Livre  fous  les  , 
yeux  ;  propre  à  l'exécution  comme  au 
confeil;  aux  affaires  tumultueufes  de  l'E- 
tat, comme  aux  recherches  païlîhles  des 
Sciences  ;  ami  de  l'ordre  8c  de  1a  règle 
jufqu'a  exiger  des  attentions  fcrupuleufes 
&  quelquefois  un  peu  incommodes  dans 
les  moindres  détails  domefliques.  On 
trouve  à  la  6n  du  Livre  un  catalogue  de' 
lous  Tes  Ouvrages  imprimez  ,  &  un  lé- 
ger ElTai  de  la  Langue  des  Hottcntots.. 


uotatiombus  res  a>vi  annquiuns  pract 
pué  complètent  ibus  illullravit  Simc 
Fridekicus  Hahmius  Bergen 
Magdeburgicus.  Adjecta  eft  qufden.. 
Aufloiis  PrLcfatio  de  inftauratoribus  ar- 
tis  Diplomaties.  Magileèurgi  w  Lipfi*,. 
ftbud  Cbrftcjhorum  Stytteliitm.  17 10. 
Cell-a-dite  :  Le  Titn  Ht  Fondation  du 
Mvntftert  de  Ecrg  fur  Elbe,  avec  de;  note; 
fnjleriqttts,  qui  concernent  principalement 
l'antiquité.  On  y  a  ajouté  une  Préface 
dtrtnéme  Auteur  fur  Us  R«  Saurai  eut  s  a« 
U  &fiema!i^Hi.     A    Ma°4ebo\jtç,    ** 


k  v-war 


I30      JotJRHAL    DEîSçAVANS. 

à  Leiplic  ,    chez  Chriftophe  Seyde!- 
1710.  in+.  pag*;.  64. 

I  Es  Communautez  foDt  jaloufes  de  fe 
■^  donner  une  ancienne  origine;  8t  cet- 
te délicatefle  va  quelquefois  jufqu'à  fup- 
pofer  de  taux  titres  au  défaut  de  véritables. 
On  ne  peut  douter  que-  l'artifice  des  Moi- 
nes n'ait  bazardé  Sien  des  chofes  en  ce 
genre-  Souvent  mime  ils  ont  crû  que 
l'intérêt  de  la  kc!:gion  le  demandoit, 
parce  que  les  érab'iflcmens  modernes  é- 
toieit  toujours  mc:ns  refpeétez,  &  deve- 
noient  pat  là  moins  utiles  à  l'Eglife  que 
ceux  qu'on  croyoi:  avoir  été  formez  de- 
puis long-temps  Mais  fous  pretexteque, 
parmi  tout  ce  qui  eft  annoncé  pout  an- 
cien il  y  a  bien  des  Titres  fufpects,  n'y 
en  a-t-il  point  auilï  qui  ne  le  forent  pas? 
&  doit-on  les  confondre  tous  fous  la 
même  idée  ?  Une  défiance  outrée  fur 
cette  matière  ne  fait  guéres  plus  dton- 
rieur  qu'une  extrême  crédulité.  Il  eft  de 
]o  gloire  des  Sçavans  &  de  l'intérêt  du 
Public ,  qu'il  y  ait  une  méthode  &  des 
principes  pour  difeemer  le  bon  du  mau- 
vais :.  car  i'ans  cela  rien  ne  feroit  plus  aifé 
que  de  uier  tout  ,  &  les  plus  ignorans- 
prendroient  volontiers  ce  parti.  Il  y» 
d'ailleurs,,  dit  l'Auteur,  une  injuftke aflez 
générale  chez  les  Critiques.  C'eft  allez 
]iiïIî3ppercoivent  quelque  chofc  d'altéré 


'RIE*  rjti. 
ou  de  changé  dans  un  Titre  ,  poui  qu'ils 
fe  croyent  en  droit  de  conclure  que  la 
pièce  entière  cft  faune.  Cependant  ne  (e 
peut-il  pas  que  le  temps  ayant  ufé  le  pa- 
pier en  cetiains  endroits,  on  ait  remplacé 
par  d'autres  mots  les  mots  effacez, 
fans  que  pour  cela  il  y  ait  rien  de  chaa- 
gé  dans  la  fubitance  de  l'Acte  ? 

L'Auteiir  a  cru  devoir  mettre  ces  Ob- 
fet valions  à  la  tète  de  fa  Préface,  pot» 
difpofer  le  Public  à  recevoir  comme  vrai- 
ment ancienne  la  Pièce  qu'il  lui  prefeate, 
qui  cft  le  titre  de  fondation  du  fameux 
Monaftere  de  Berg  fur  Llbe.  Mais  avant 
que  de  rapporter  cet  Acte  ,  il  fait  une 
petite  DuTertation  fur  la  Diplomatique, 
&  fur  les  Auteurs  qui  en  ont  traité.  Il 
convient  que  le  Père  Mabillon  eft  celui 
de  tous  les  Auteurs  qui  a  donné  le  plus 
d'étendue  &  le  plus  d'ordre  à  cette  ma- 
tière, li  parle  aufli  avec  éloge  du  P.  Pa- 
pebrock  ,  du  P.  Germon,  de  M.  Fon- 
tanini ,  &  de  quelques  autres  Sçavans 
moins  connus.  Enfuire  11  propofe  fou 
fentiment,  qui  eft  de  tenir  un  jultc  milieu 
entre  une  facilité  aveugle  de  toutadopter, 
Se  une  détermination  générale  à  tour  rc- 
jetter  en  ce  genre.  11  eft  perfuadé  avec 
le  P.  Mabillon,  que  lorfqu'ime  poflêffior* 
de  plufieurs  fiecles  a  fait  paffer  des  Actes 

Crais,  on  ne  peut  plus  les  çwmsv4k*- 
à  moins  au'on  ne  U  ,M«su»fc  w^ 
Fi  « 


IJI       J  0  0  K  N  A  L  DES   S  Ç  A  V  A  H  S. 

évidence.  Ce  B'cft  pas  afl"ez  d'oppofer 
des  préemptions  &  des  indices,  la  pofTef- 
fion  contraire  les  lurmonte,  &  ne  cède, 
pour  ainfi  dire,  qu'aux  dêmonitrarions.  11 
cft  injulle,  obftrve-t-i!,  de  demander  des 
preuves  de  la  vérité  d'un  A«Se  qui  a  tou- 
jours été  reconnu  véritable  ;  c'eft  à  ceux 
qui  ofent  en  douter,  d'expliquer  ce  qui  a 
pii  les  déterminer  a  ■,'é'oîgner  de  l'opinion 
&  de  la  reconnu! (Tance  générale.  Où  en 
feroit-on  fi  la  feule. hardielîe  de  révoquer 
en  doute  les  monumens  les  plus  iiïrs  de 
l'antiquité,  étoit  un  titre  fuffifant  pour  les 
rendre  douteux  ï 

Après  avoir  pris  cej  précautions  contre 
l'incrédulité  des  Critiques  ,  il  remarque 
que  la  célèbre  Communauté  dont  il  va- 
rapporter  la  fondation  ,  a  beaucoup  fouf- 
fert  du  malheur  des  guerres ,  &  de  la  né- 
gligence des  Abbtz;  mais  qu'elle  a  repris- 
anriî  en  divers  temps  fon  premier  éclat. 
Il  expofe  enfuite  ce  Titre  tout  au  long  j 
dans  la  même  forme  qu'il  le  trouve  en  o- 
riginaldans  les  Archives;  &  par  des  notes- 
curieufes  fur  les  claufes  &  fur  le  ftyle  de 
cet  Acte  ,  il  n'oublie  rien  ppur  prouver 
que  c'eft  un  Acte  du  dixième  fiécle ,   fie 

Su'il  cil  venu  jnfqu'à  nous  fans  altération.. 
ne  fe  flare  pas  néanmoins  d'échaper 
aux  attaques  du  P.  Germon.  Ce  fçavant 
homme,  dit-il,  qui  s'eli  élevé  avec  cou- 
tage   çoniïe  la  Diplomarique  de  Dom' 


PFn  in»  rjri.  ij3 
MiKUon  ,  n'aura  pas  plus  d'égard  pcmtce 
Titre  que  pour  tous  ccuï  qui  lui  ont  paru 
lurpcfts  jufqu'à  prefent(  mais  il  le  prie  de 
connderer qu'outre  l'avantage  d'une  poffef- 
fion  de  plulieuri  liecles ,  qui  eft  Toujours 
une  prefomption  heureufe  pour  la  veiire 
d'un  Titre  ,  il  y  a  encore  en  faveur  de 
celui-ci  autant  de  erreonfiances  qu'il  y  a 
de  claufes&prefquede  mois  dans  cet  AAe. 
C'cft  ce  qu'il  entreprend  de  prouva  pu 
un  détail  de  corapiraifons  &  de  reflem. 
blances  entre  les  exprefiions  qui  font  em- 
ployées dans  le  Titre  dont  i!  s'agrt ,  & 
celles  dont  on  ufoit  communément  au 
dixième  fiecle. 

Othon  Fondateur  decerte  Abbaye  don- 
ne pour  motïF  à  fa  fondation  l'amour  de 
IDieu  &  de  tous  les  Saints.  Oh  arnortm 
Dti  emniumqui SanHomm .  L'Auteur  veut 
qu'on  reconnoirTe  à  ces  mots  l'ignorance 
fuperftitieuïe  du  disiéme  fiecle  ,  où  l'on 
croyoit  devoir  aimer  les  Saints  comme 
Dieu  même,  &  où  l'on  faifoit  confiftcr 
toute  la  Religion  dans  le  foin  de  ramaffer 
8e  de  garder  leurs  reliques.  Le  Prince  a- 
joute  qu'il  fonde  cette  Abbaye  pour  le 
falut  de  fon  ame  :  Pn  remt.iio  anim*. 
Cette  formule,  qui ,  félon  l'Auteur,  étoit 
déjà  en  ufage  du  temps  de  Dagobert  I. 
découvre,  dit-il,  l'antiquité  de  la  Pièce, 
parce  qu'en  ce  temps-là,  pour  s'attiret  la. 
libéralité  des  Grands ,  oa  jvo'U  Y*4teSa- 
F  7.  ■  *R 


»J4     Journal  des  Sçavanj. 

de  leur  perfuader    que  quelques  péchez 
qu'ils  eull'ent  commis,  tout  étoit  expié  & 

firdonné  dès  qu'ils  fondoient  une  Eglife. 
.a  fuite  de  l'Acte  contient  une  longue  é- 
numeration  de  tous  les  biensdeilinezpour 
la  fondation  de  cette  Abbaye,  &  le  détail 
des  diverfes  fortes  de  privilèges  qui  lui  font 
attribuez,  parmi  lefquelson  trouve  celui  de 
fc  choifir  des  Protecteurs  qui  veillent  aux 
intérêts  de  la  Communauté",  de  peur  que  les 
Religieux rropapliquez  à  la  retraite, ne  les 
négligent  eux-mêmes.  A  la  fin  de  l'Acte 
Orhon  défend  à  fes  fucceflems  de  donner 
jamais  la  moindre  atteinte  à  cequ'il  vient 
d'établir;  &  s'ils  ofoient  ne  pas  déférer  à 
fes  défenfes ,  ou  que  quelqu'un  s'avisât  dé- 
faire tort  à  ce  Monaftere ,  il  veut  qu'ils 
foient  livrez  à  la  vengeance  du  Souverain 
Juge,  &  à  la  colère  des  Saints  Martyrs 
qu'il  a  nommez.  Summx  jnd'ms  vindiilt. 
jubjttetai  ,  itamqut  pmnomitiatorum  M»rry. 
mm  murrat:  autre  preuve  ,  comme  on 
l'a  déjà  oblervé,  que  ce  titre  eft  du  dixiè- 
me fiecle ,  où  regnoit  plus  qu'en  nul  autre 
temps  une  pieté  fauffe  8t  mal  entendue ,  qui 
fàifoit  entrer  les  Saints  dans  tous  les  Actes. 
Au  relie  l'Auteur  en  donnant  ce  Titre 
pour  un  Diplôme  ^entablement  ancien  t 
ne  doute  pas  néanmoins  que  le  Père  Ger- 
mon ne  le  combatte»  &qu'il  ne  l'attribue,, 
fui  va  nt  fa  coutume,  à  l'invention  artifi* 
tieufe  des  Moines  >  qui  ont  fc,u  fe  faire 
de 


F    l   T    «.  I  B  H.      1711.  13s 

de  faux  Titres  au  gré  de  leur  inlerét.V 
de  ce  qu'un  Aâe  a  pu  être  fabriqués: 
coup,  il  ne  s'enfuit  pas  qu'il  l'ait  été 
feftiveraent.    L'acculation  de  faux  eft  in* 
îurieufe;  on  ne  la  reçoit  que  lorfqu'cJJe 
paroît  accompagnée  de  bonnes  preuves, 
L'Auteur  ne  peut  pas ,  dit-il ,  prévoir  tou- 
tes les  objections  que  fes  adverfaires  lui 
préparent;  mais  fi  elles  deviennent  publi- 
ques, il  promet  de  les  réfuter. 

Isaaci  Caja  v  boni  Epiilote  jnfertis 
ad  eafdem  Relponlionibus  ,  quotquot 
haftenus  reperiri  potueruiit.  fecundiim 
feriem  temporis  accuratè  digeftie.  Ac- 
eedunt  huîc  tertiœ  Ediliont  ,  prêter 
trecentas  ineditas  Epiftoias ,  Ifaaci  Ca- 
fauboni  viu  ,  ejufdem  Dedicattones, 
Priefariones ,  Prolegomena  ,  Poëmata  , 
Fragmentum  de  libertare  Eccldiallica. 
Irera,  Muret  Casauboni,  I.F. 
Epiflolœ,  Dedicationes,  Prrefationes, 
Prolegomena,  &  Tïaâatus  quidam  ra* 
TÎores.  Curante  Tueodob.0  J  an- 
SON.  AB  Almeloveen.  Rotcroda- 
mi,  Typis  Cn/paris  Fritfeh  &■  Mickielh 
'm.  1709.  C'efl-à-dire  :  Les  Lettres 
lacCafaubon,  rangées  félon  l'ordre  des 
es"-  accompagnées  de  leurs  Rtponfes. 
ftéme  Edition  ,  augmentée  de  trois  cent 
on  encore  imprimées ,  de  la  ta* 
iAMittr,.  défit  Didit.Mii ,  île  f« 


I.j6     Journal  des  Sçavàrs. 

faces,  de  fes  Prolégomènes ,  de  [es  Poejtes'r 
(y  et  un  "Fragment  de  fin  Livre  touchant 
la  liberté  Ecclejiajlique.     On  y  a  joint  les 
Lettres  de  M&ic  Cafaubon  fils  d'ifaac, 
[$s  Dédicaces ,  fis  Préfaces ,  fis  Prolégomè- 
nes ,   v  quelques-uns  de  fis  Traitez ,   qui 
êtoient  devenus  rares.     Le  tout  imprimé  par 
les  foins  de  Théodore  Janfon  d'AImélo- 
vcen.    A  Rotcrdam  ,  de  l'Imprimerie* 
de  Gafpard  Fritfch  &  de  Michel  Bohm. 
1.709.    in  fol.  pp.  76.  pour  la  Vie.  pp.. 
250.  pour  les  Dédicaces,  les  Préfaces,. 
&c.    pp.    670  pour  les  Lettres,    pp. 
1 82.  pour  les  Ouvrages  de  Méric  Ca- 
faubon. 

A  première  Edition  des  Lettres  d'Ifaac 
r  Cafaubon  parut  à  la  Haye  en  1638.  in 
4.  par  les  foins  dé  Jean  Fndèric  Gronovius, 
Feu  Gravius  en  donna  une  plus  ample,. 
imprimée  à  Magdebourgcn  1656,  auffi  in 
4.  &  qui  contenoit  810  de  ces  Lettres. 
M.  d'Alméloveen  s'eft  crû  d'autant  pliis 
obligé  de  contribuer  à  l'enrichifiement 
d'un  pareil  Recueil  ,  qu'ayant  marqué 
s'intereffer  particulièrement  a  la  mémoire 
des  Etiennes  par  la  peine  qu'il  a  prife  d'en 
publier  les  Vies ,  il  ne  devoit  pas  demeu- 
rer dans  l'indifférence  pour  Cafaubon, 
gendre  de  Henri ,  le  plus  fameux  de  ces 

Javans  Imprimeurs.    Il  s'eft  donc  mis  en 
voir  de  rafiembler  ou  par  lui-même,  ou> 


'mûri  &  Ricbnrd  Parlttr  lui  en 
é  plufieurs d'Angleter  rc,  copiées 
;inaux  de  l'Auteur.  Il  eu  a  reçu 
qncs-uncs  de  MM.  iimtfau.  Se 

du  P.  Hardaum  ,  &  de  divers 
ivans.  Mais  c'eft  de  M.  Jian 
jdjacre  de  Cantorberi,  quenô- 
r  a  tiré  le  plus  de  fecours ,  puif- 
>!us  de  ijo  Lettres  nouvelles 
nglois  lui  a  communiquées,  il 
ni  de  quoi  rendre  plus  coût  êtes 

avoient  élé  imprimées.  Se  de 
remplir  les  lacunes.  M.  d'Al- 
,  de  Ton  côté,  n'a  rien  oublié 
ier  à  ces  matériau*  l'.irrange- 
>lus  convenable,  &  poirfatis- 
nt  qu'il  l'a  pu,  la  curiciîté  des 
Il  a  rlifonfa  In   l,Mtm   frlon 


13&     Journal  des  Sçavans. 

res  ou  exprimées  énigmatiquement ,  i 
a  joint  une  clef  compofée  par  feu  C 
neiez.,  mais  qu'il  a  augmenté  de  plus 
la  moitié.  Du  relie,  il  n'a  retranché 
cune  de  ces  Lettres  ,  .  pas  même  ce 
dont  Grotius  apprehendoit  la  fuppreflk 
à  caufe  qu'elles  n'a  voient  pas  été  agréai 
à  Meilleurs  de  Genève. 

Le  ftyle  de  ces  Lettres  a  de  la  force 

de  la  netteté;  c'eft  le  jugement  qu'en  p 

te  l'Editeur  j    mais  il  ne  prétend  pas 

donner  comme  unedccifion;  &  il  allej 

fur  cela  les  fentimens  de  divers  Critiqi 

On  trouve  dans  les  Lettres  de  Cafaubon  ( 

Sorbiere  dans  le  Sorberiana  )   l'Hiftoire  À 

ff  avant  homme  j    elles  n'ont  rien  failli 

qui  les  rendent  recemmandables ,  fi  ce  * 

la  pureté  du  ftyle  &  le  caractère  de  canà 

qm   y    règne.    Vigneul-MarvilU  (dans 

Mélanges  d'Hi/loire  v   de  Littérature) 

juge  plus  avantageufement;  elles  font  toi 

parfaitement  belles  (  dit-il  )  cr  je  ne  en 

pas  de  les  mettre  au  rang  de  celles  de^Grei 

O*  de  Scaliger  pour  l érudition,  çr  même 

peu  au-deffm  pour  la  facilité  vr  la  netteté 

ftyle ,  qui  eft  tout-à-fait  épiftolaire,  e?  nu 

ment  guindé.  Il  y  a  cent   remarques  à  f 

dans  ces  Lettres  de  Cafaubon.    M.  d'Ali 

loveçn  avoue  qu'il  feroit  aflez  de  l'avi 

Roland  De/maréts ,  qui  trouvoit  ces  I 

très  trop  hériffées  de  Grecajoutantqi 

les  perdoient  par  là  beaucoup  de  icuc  { 


.Tient.  Nôtre  Editeur  exe uic  néanmoins 
■fiât,  en  difant  que  cétoit  celui  du 

où  vivoit  Cafaubon;  ce  qu'il  juflitie 
exemple  àïKiafmt,  de  Bmli,  de  3*- 
talilir,  de  LifÇt,  de  Eaudius,  &  de 
surs  autres.  Il  ne  diifimule  pas  les 
ens  Gailicifrnes  reprochez  a  Cafaubon 
e  P.  Vavaffiur,  &  quelques  autrejVi- 
"elocution  relevez  par  le  redoutable 
tus.    Mais    { ajoute-t-il  )   ces  taches 

point  empêché  Ciri/fo/éU  Ad»m  Bi- 
lans fou  Mtnure  EpiftiiUire  ,  de  don- 
Cafaubon  pour  modèle ,  fur  la  manière, 
iie  des  Lettres  de  toute  efpece.  Quel- 

doigné  que  fott  M.  d'Almétovceti 
jprer  une  approbation  fi  générale,  il 
:ilTe  pas  de  louhairer  que  chacun  à 
î  travaille  à  groffir  ce  Recueil ,  en  y 
ant  de  nou»dle>  Lettres,  qui  (félon 


Journal  des  Sçavah s. 

defquels  elles  ont  parti  d'abord.  Ses  PoËëcî 
font  en  petit  nombre,  &  Grecques  pour 
la  plupart.  A  l'égard  du  Traité  de  Li  li- 
terie Kttlijîafiiqut ,  Cafaubon  entreprit  cet 
Ouvrage  par  leconfeil  dequelques Grands- 
Seigneurs  de  France,  à  l'occailon  Ats  dé- 
mêles qui  étoient  alors  entre  le  Pape  8c 
la  Republique  de  Venife.  Maïs  ces  difle* 
lens  s'étant  accommode*  Iorfque  le  Tiaité 
dont  il  s'agit  ctoit  encore  fous  la  prelTe, 
&  qu'on  en  împrimoit  la  page  264  à  Pâ- 
tis en  1-607,  m  8.  le  Roi  Henri  IV.  dé- 
fendit  qu'on  en  pourfuivït  l'Edition,  or- 
donnant en  même  temps  que  l'on  fuppri- 
màt  ce  qui  s'en  trouvoit  d'imprimé  :  de 
manière  que  l'Ouvrage  étant  demeuré  im- 
parfait, il  ne  s'en  publia  que  très-peu  d'Ex- 
emplaires, &  même  fans  nom  d'Auteur. 
L'un  de  ces  Exemplaires  étant  tombé  en- 
tre les  mains  de  Mtitbhr  Gddaft ,  il  l'inféra 
dans  le  cinquième  Tome  de  fa  Momtrihii 
Au  faim  Satire  ,  page  674.  &  fui  vantes. 
M.  d'Alméloveen  a  crû  faire  plaifir  au 
Public  de  renouveller  iei'ce  précieux  Frag- 
ment ,  qui  étoît  devenu  fort  rare  ,  &qui 
peut  Tenir  à  prouver  combien  l'Auteur  c- 
toit  profond  dans  la  connoiifance  de  l'An- 
tiquité Ecclefiaflique, 

Pout  ce  qui  concerne  Cafaubon  le  fils, 
outre  fes Lettres,  fes  Epitres  dédicatoires, 
fts  Préfaces  ,  &  (es  Prolégomènes  ,  on 
ttouve  ki  quatre  petits  Owia^cs  de  ft 


■un. ,  tevfa  txaliemeat  fur  U  Grammaire 
lie  M.  l'Abbé  Ktgmtr  Dtfmuran  ,  fur  te 
Dittionnairt  dt  l'Açaiiwit  Frarlfoife,  & 
fur  flufitars  RtmtrqHtl  neuvtlltl,  v  4ltg. 
miatii  dt  orts  d'une  quatriimc  Parti*.  A 
Amrterdam,  chez  R.  &  G.  Wctflein. 
1710.  vol.  in  11.  dcuïToracs.I.Tom- 
pp.  307.  II.  Tom.  pp.  îs*' 

pEi  Ouvrage  e(l  un  Recueil  abrégé  de* 
Remarques  que  nous  ont  données  fur 
la  Langue  M.  de  Vaugelas ,  le  P.  Bou- 
hours ,  M.  Ménage,  M.  de  Corneille, 
l'Académie  Françoife,  M.l'AbbéRegnier, 
8c  l'Auteur  des  Reflexions  fur  l'ufage  prê- 
tent de  la  Langue  Françoife  1  ou  plutôt 
c'eft  un  iîroplc  abrégé  de  leurs  dêciiions, 
car  l'Auteur  ne  rapporte  point  les  raifoni 
fut  lelquelles  ils  appuyenr  leurs  fenti- 
roens. 

L'Ouvrage  eft  partagé  en  deux  Tomes. 
Le  premier  contient  en  trois  parties  ce 
qui  regarde  la  Grammuiicminn.  On  trou- 
ve dans  la  première  Partie  de  ce  premier 
Tome  ce  qui  appartient  à  la  prononcia- 
tion &  à  l'orthographe.  Quant  à  la  pro- 
nonciation ,  l'Auteur  a  eu  foin  de  don- 
ner un  grand  Chapitre  de  la  Quantité  • 
françoife,  c'eft-à-dire  ,  des  fyllabes  lon- 
gues é<  des  brèves  ,  conformément  'i 


144      JO-OlMAt    DBS  SÇAVANÏ. 

à  l'orthographe,  il  a  abandonné  le 
ment  de  l'Académie  FranLoîfe  , 
lequel  il  déclame  dans  fa  Préfai 
traite  dans  la  féconde  Partie,  de  la  : 
des  mots.  11  fait  cinq  déclinaïfoi 
cinq  dirVércns  acides ,  ce  qui  peui 
ocr,  dit-il. beaucoup .dejour  à  l'en: 
que  caufent  ordinairement  ces  part 
11  examine  !e  genre  des  noms;  & 
avoir  expliqué  ce  qui  regarde  les  i 
réguliers  ,  il  met  les  irreguliers  da 
colonnes,  qui  comprennent  les  lu  i 
dont  fe  forment  tous  les  autres;  il: 
ajouté  quelques  remarqués  fur  les  t 
conjugaifons  des  verbes  irreguliers^ 
troifiéme  Paitie  renferme  la  Syntaxe 
un  Chapitre  des  principales  qualiti 
ftylej  Pc  un  autre,  de  la  Poe'fie. 

Le  a  Tome  comprenddiveriesdec 
détachées,  furies  néons  de  parler  do 
fes.  L'Auteur  dit  que  fon  Ouvrage 
brade  tout  ce  qu'il  faut  fçavoir  pour 
parler  François  ,  &;  qu'il  pourra  fut! 
ceuxqui  ne  font  pas  d'humeur  d'ach 
ou  qui  n'ont  pas  le  temps  de  lire  lej 
nombre  de  Livres  qu'on  a  écrits  fui 
tre  Langue.  Au  refte,  commeil  ne 
rien  s'attribuer,  chaque  dédfion  cil  fi 
du  n<im  de  l'Auteti:  à  qui  elle  appart 
Il  s'elt  néanmoins  mépris  quelquefoi 
deffus  ,  &  entre  autres  a  la  page  t 
pixrnier  Tome,  ou  îtiçïAwA  de,  la 


arion  a  un  Grammairien  ,  qui  1* 
mne  cependant  en  termes  formels, 
te  féconde  Edition  renferme  des  ad» 
s  notnbrcufes,  à  ce  qu'on  nous  dît  j 
ine  des  plus  conlîderablescft  un  Avèr- 
ent qui  elt  à  h  tête  du  Livre, dans 
!  le  Diâionnaire  de  l'Académie  Fran- 
&  la  Grammaire  de  M.  Régnier 
:>eu  ménages.  Voilà  tout  ce  que 
avons  à  dire  de  cet  Ouvrage ,  où 
n'avons  rien  trouvé  qui  demandât  un 
impie  Es  trait. 

tire  \du    Père  Tarteroh   écrite  i 

-.***  à  l'Ma/kn  de  la  Priface  que  Mr.. 
)STE  a  dallée  il  Londres,  ejr  qu'il  a 
i  «  la  tête  de  fa  Critique  faite  jur  la 
•.dutlien  d'Horace  ,  imprimée  depuis 
10.    A   Amsterdam  cha  Pierre  de 


146     Journal  desSçavans. 

modérer,  quelque  ardent  que  je  vouscon- 
noifle  fur  ce  qui  regarde  vos  amis.  L'Il- 
luftrr+Ioniieur  l'Abbé  Bignon  rie  s'eft  pas 
contenté  de  faire  inférer  dans  !e  Journal 
de  Paris  un  petit  Extrait  de  ce  que  Mr. 
Coite  dit  d'honnête  &  d'obligeant  pour 
moi  ;  il  a  de  plus  eu  la  bonté  de  me 
confier  le  Livre  tout  entier  jpourmedon- 
ner  le  tems  d'y  répondre ,  c'eft  à  quoi  je 
travaille ,  je  ne  puis  m'en  défaiiïr.  Je  l'ai 
parcouru  d'abord  avec  toute  la  vivacité 
d'un  Auteur  interefTé.  le  fuis  enfuite  re- 
venu fur  mes  pas ,  &  j'en  ai  relu  la  Pré- 
face avec  beaucoup  d'attention  &  defang 
froid-  Elle  m'a  jnfqu'i  préfent  prefque 
feule  occupé,  &  même  un  peu  trop;  car 
à  mefure  que  je  la  lifois,  je  me  fuis  ap. 
perçu  que  l'amour  propre  s'accommodoit 
fort  des  louanges  flateuiés  &  délicates  que 
Mr.  Colle  donne  au  Traducteur.  La  vaine 
complaifance  faifit  infenlîbleinent  8; gagne 
le  cœur ,  fi  l'on  n'y  prend  garde  ;  fur-tout 
quand  un  habile  Homme  qu'on  n'a  pus 
l'honneur  de  connoître,  8c  qui  d'ailleurs 
ne  nous  connoît  point  peribnnellement, 
nous  marque  de  l'eilime  6c  de  la  conlîde- 
ration.  Je  vous  avoue  debonne  foi.Mon- 
fieur,  que  ce  qu'il  y  a  dans  fon  difeours 
de  gracieux  &z  d'obligeamment  écrit  en 
ma  faveur,  m'a  femblé  lincere  &  vrai  de 
fa  ptrt;  je  ne  l'ai  point  pris  pour  un  fini- 
pic  compliment,  pir  \x  wiSoti  e^a^ne 


Février     on.        i47 

voit  pas  que  de  Londres ,  on  s'avife  d'en 
faire  de  pareils  à  un  Jefuite.  II  y  a  nom- 
bre d'années  que  je  me  fuis  rendu  juilice 
fur  mon  peu  de  mérite  ;  celui  de  mon 
Cenfeur  me  fait  fouhaiter  par  reconnoif- 
fance  à  fon  égard,  d'en  avoir  du  moins 
autant  qu'il  en  faut,  pour  ne  pas  tout  i 
fait  le  démentir  fur  l'idée  trop  avantageu- 
fe  qu'il  s'eft  formée  de  ma  petfonne.  Ce 
fouhait  cil  téméraire,  je  n'en  difeonviens 
pas;  j'ai  lieu  néanmoins  d'efperer,  qu'avec 
le  fecours  que  je  prétens  tirer  d'une  Cri- 
tique Il  Iblide  &  Sx  recherchée,  il  devien- 
dra dans  la  fuite  excu fable.  Ainii,  bien 
loin  d'être  choqué  d'une  enireprife,  dont 
l'exécution  ne  peut  être  qu'utile  &  agréa- 
ble au  Public,  j'y  aplaudis  de  tout  mon 
cœur ,  &  je  lui  fçai  bon  gré  d'avoir  traité 
de  bagatelles  &  de  légères  taches ,  des 
fautes  qu'il  a  eu  l'honnêteté  de  ne  pas 
nommer  par  leur  nom.  C'eil  être  du  ca- 
ractère Se  de  la  politelTe  d'Horace ,  que 
d'en  ufer  de  la  forte,  &  il  a  droit  autant 

3ue  ce  Poète  de  dire,  non  ege  pauds  ejfen- 
armaculù  :  ou  plutôt,  funi  /tcliéla  tarât» 
Îuibiis  ignt-jijjt  vtlimus.    Je  lui  fuis  fenfî- 
lement  obligé  de  fon  indulgence  ,   U  je 
lui  en  rends  mille  actions  de  grâces.    Il 
y"  a  trois  ou  quatre  pages  où  il  m'élève  g 
excefli ventent ,  &  que  je  ne  çm\^  \wc ^■wa Jj 
confufion  dans  fa  doue  Yxéfotc  ,  "yt  w 
m'y  reconnais  point.     Quoà  cçi\\  vr  ^' 
G  x  v 


àe  mon  "*tct      ' 

teSS0S2Snî 


Je,  Se  ne  s'apperçoit  pas  qu'elle  la 
la  moindre  flaterie  la  fait  rougir,  et 
s  lui-ianges  d'un  Homme  de  votre  mérite 
.ont  très-dangerenfes  pour  file, 
eit  une  autre  forte  de  modeftie  plus  auf- 
,  dont  j'ai  quelque  droit  de  me  pi- 
■  :  &je  vous  dirai  franchement  avec 
:  libené  Francoife  qui  nous  ell  pro- 
j  à  vous  &  à  moi  ,  que  j'ai  été  fort 
alarmé  des  coups  que  vous  lui  portez  fur 
°i  fin  de  votre  Préface;  j'en  ai  frémi,  je 
■e  vous  le  celé  pas.  Détermine  que  je 
fuis  de  tout  icms  à  ne  jamais  franchir  les 
lornes  de  cette  vertu,  elle  m'eft  fi  chère, 
'c  convient  tellement  à  mon  état  6c  à. 
ion  inclination,  que  je  me  fuis  obfeivé 
■"lu'au  Icrupule  dans  tous  mes  Ouvrages 
ur  ne  la  point  bleflcr.  J'.it  eu  beau  fai- 
;  malgré  votre  extrême  polit effe  &  ma 
irconipection,  vous  n'avez  pas  I a ûTc  d'y 
donner  dans  deux  ou  trois  citations  de 
très-vives  atteintes  ,  fur  tout  à  la  page 
106  du  ».  Tome,  Apparemment  dans 
la  Gtuatîon  préfente  où  vous  vous  trou- 
vez ,  vous  n'avez  pas  éié  fâché  depvendre 
un  honnête  prétexte  d'égayer  8c  de  diver- 
tir les  deux  Nations  aux  dépens  de  la  robe 
que  j'ai  le  bonheur  de  porter ,  &  pour  la- 
quelle vous  n'ignorez  pas  que  l'Angleterre 
&  la  Hollande  n'ont  que  de  médiocre* 
égards:  mais  je  puis  vous  pT.cAcftctie.NfcW. 
Dieu,  qaele  £tns  que  vous  àontttXi  ^m* 
G  3  ^ 


IjO      JotJRNM  DES   SÇAVANS, 

heiîter»  à  mon  eipreffion,  ne  me  vint 
jamais  dans  l'efprit.  L'anreufe  idée  de  IV 
dultére  étoit  infiniment  éloignée  de  mon 
imagination  ,  quand  je  me  fervis  de  ces 
mots  ,  une  femme  adroite  qui  utt»pt  fort 
mari.  Quelques  faits  différens  la  produifî- 
rent  alors  :  je  les  fi;ai  d'original  ,  &  je 
fuis  fur  qu'ils  me  juftiiieront  auprès  de 
tous,  quand  je  répondrai  en  détail  à  vo- 
tre délicate  Critique.  Je  n'enfle  pourtant 
pas  mal  fait  d'ufer  du  mot  que  vous  me 
préfentez.  ;  peut-être  même  que  je  m'en 
fervirai  à  la  première  réimpreffion  ,  puif- 
que  je  n'ai  pas.  fait  difficulté  de  l'employer 
pour  traduire  dans  l'Epitre  17.  du  L.  1. 
le  terme  de  mertirix,  &  que  je  l'ai  expli- 
qué à  la  lettre  en  gardant  toujours  le  de- 
arum.  Mais  quand  j'y  penfe,  pourquoi 
différer  de  me  difculper,  &  de  vous  faire 
juger  plus  jufte  de  la  pureté  de  mes  inten- 
tions? Je  n'ai  pour  cela  qu'a  vous  cïpo- 
fer  naïvement  un  de  ces  faits*  il  elUîmple 
&  allez  plaifant.J'étois  jeune  encor  &  dans 
le  monde  quand  il  vint  à  ma  connoiflan- 
ce,&  Molière  au défaut deFundanius.au- 
roit  pu  le, Faire  valoir  fur  la  feene  :  ilvous 
défabufera  ,  ou  je  fuis  trompé.  Le  voici. 
Une  femme  d'efprit,  bonne  bourgeoifeSt 
un  peu  joueufe  recevant  de  fon  mari  un 
fac  d'argent  pour  le  compter  en  fa  préfen- 
cc  èi  le  lui  rendre  fur  le  champ ,  lui  de- 
minda.  :  Combien  ,Monueui,ào\x.-\\,jwK«i 
USA 


FEVRIER      f]U.  1J1         I 

_ahs  ce  fac?  Deux  cens  cens ,  lurtepon- 
dit-il.  Vous  avei  raifon ,  repril 
les  lui  ayant  comptei ,  les  voilà  :  &  glil- 
i'mt  fubtilernent  dans  la  fente  de  fon  gand 
coupé  au  milieu  de  la  paume  de  la  main, 
douze  écus  d'or  de  furplus  proprement  en- 
veloppez, elle  s'en  accommoda.  C'eft 
jufiement  ce  que  j'appelle  uni  fimmt  a- 
■tîu  qui  trompe  {en  mari,  ^e  vous  pro- 
file encore  une  fois  que  je  n'y  ai  point 
attendu  d'autre  fineiTe.  Vous  en  croirez 
;  qu'il  vous  plaira  :  du  refte  je  me  km 
affez  honnête  homme  pour  être  crû  fur 
ni  parole.  II  ne  tiendrait  qu'à  moi  de 
ous  citer  plufieurs  exemples  de  certaine! 
emmes  qui  nielles  à  leurs  époux  dans 
'eflëntiel ,  oe  le  font  pasloûjours  à  corap- 
;er  juïte  dans  le  mémoire  de  U  dépenfe, 
dont  il  eft  de  la  bienféance  6c  de  l'ufage 
qu'on  leur  confie  le  foin  :  rien  n'eft  plus 
ordinaire  dans  les  familles  où  le  Chef  n'y 
regarde  pas  de  fi  près.  Riez  donc  tant 
qu'il  vous  plaira  de  mon  inadvertence;je 
ne  penfe  pas  que  fur  cela  vous  ayei beau- 
coup de  rieurs  de  vôtre  coté  ;  car  elle 
n'eit  rien  moins  qu'inadvertence,  &  jene 
la  mets  point  du  tout  aunombrede  celles 
où  je  fuis  tombé.  Je  fuis  perfuadé  que 
pour  peu  que  vous  rcfkchifliez  fur  vôtre 
note,  ÔC  fut  toute  la  belle  morale  deCa- 
ton  Si  d'Horace,  dont  vous  l'aveT-ouvie, 
vous  conviendrez  en  galant- Homme owIcV 

G  4  \* 


lji     Journal  des  Sçavans. 

le  n'eft  point  là  à  fa  place  ,  &  qu'i 
porte  indubitablement  à  faux  ,  r.omrtt 
hem.  Je  ne  içai  f\  je  m'abufe ,  mais  i 
me  paroit  rien  d'équivoque  dans  l'exp 
iîon  dont  il  s'agit.  L'idée  la  plus  fuu 
&  la  plus  vraye  qui  frappe  l'efprir  , 
celle  qu'autorifent  ces  fortes  d'hiftoric 
qui  arrivent  tous  les  jours  à  Paris  dam 
plupart  des  maifons  où  l'on  vit  à  fona 
&  où  la  maîtrelTe  du  logis  eft  chargée 
la  dépenfe.  Déplus,  Monlieur,  qu: 
la  phrafe  de  ftmmc  admti  çrc.  vous  fe 
bleroit  équivoque  ,  pourquoi  la  pren 
dans  un  iens  où  vous  faites  dire  une  1 
grande  fottife  à  un  Auteur  qui  de  no 
ricté  publique  ,  fait  profeffion  de  n 
point  dire,  que  dans  le  fond  vouseflini 
le  que  vous  honorez  de  vos  fuffrag 
Que  ne  prenez-vous  avec  vôtre  polit* 
ordinaire  l'autre  interprétation ,  qui  n'o 
à  l'erprit  des  honnêtes  gens  rien  que 
vrai  &  d'agréable?  Vôtre  probité,  vc" 
équité,  votre  bonne  foi ,  &  les  loix 
h  focieté  civile  que  vous  fçavcz  fi  bit 
vous  portoient  la  naturellement.  Puifi 
je  fuis  fur  ce  chapitre  ,  fouffrei  que 
vous  décharge  mon  cœur  :  car  il  cl 
naître,  MonJieur,  que  depuis  plus  de 
ans  que  la  Traduction  des  Satyres  t 
voit  le  jour  ,  qui  que  ce  foit ,  excq 
vous,  m'ait  caulé  le  moindre  fcrupule,' 
m ait  rko  reproché  lut  aucune  ç«« 


FEVRIER      1711.  I5j      I 

ies- Ouvrages,  pas  même  for  celle»  oui 
t  paru  depuis ,   &  que  vous  prétendez 

e  plus  libres  par  cndinits,  qu'une  bonne 
partie  de  ce  que  j'ai  fupprime.  Ce  n'eft 
pas  fans  raifon  que  j'infifte,  comme  vous 
voyez,  un  peu  vivement  fur  ce  point  , 
rous  voulez  bien  me  le  permettre.  Tenez 
lonc  pour  cotillanr  que  tout  ce  que  vous 
ivcz  remarqué  d'altéré  &  d'ôté  d-.ins  ma 
Traduction  ,  eft  entièrement  conforme  a 
ce  du  Père  Jouvauci  aflez  connu 
e  qu'il  eit  parmi  les  gens  de  bien. 
..  e  nie  fuis  fait  une  efpece  de  Religion  de 
iuivre  pas-à  pas  lout  fon  tejcie ,  a  quel- 
les petits  mots  prés  de  nulle  conféquen- 
:e.  Cela  préfuppofé,  ne  m'attribuez  point 
e  difeemement  &  le  choix  qu'a  fait  ce 
;ieux  &  fçavant  Jefuîtc,  de  tout  ce  qu'il 
m'a  biïïi  de  fais  Se  de  loiiable  à  traduire. 
\  la  vérité  il  a  été  obligé  de  laitier  quel- 
ques vers  qui  m'ont  paru  délicats  ;  finis 
enfin  ils  le  font  trouvez  dans  la  route,  je 
me  fuis  exprès  familiarifé,  pour  armldirc, 
avec  eux  afin  de  les  conduire  infcnfible- 
ment  au  terme  où  j'allois.  Parlons  nette- 
ment; j'ai  fait  de  mon  mieux  pour  les 
tourner  du  bon  côté,  &  pour  les  rendre 
irréprehenfibles  aui  perfonnes  les  plus 
feru  puisâtes. 

Que  j'ai  perdu,  Monfieur,  de  ne  vous 
avoir  pas  poifedé  ici  !  Quelques  ewiftwns 
q  c  j'cuÏTeeû  lebonfieiud'a.vQVsa.'KC.NWWt 
G  s  -stiî»- 


15+      JOURNAtDESSçAVANS. 

m'auroient  fait  tous  les  biens  du  monde 
les  plus  légères  ombres  des  idées  contraires 
à  la  pudeur  auroient  difparu  :  mon  Ou- 
vrage fe  feroir  trouvé  hors  de  prife.  Oui, 
les  avis  qu'Horace  donne  à  Lîgurinus 
*  vous  auraient  femblé  ,  de  la  manière 
dont  ils  font  exprimez,  moins  imprudens 
&  moins  indiferets  que  vous  n'avez  pen- 
fé,  par  la  raifon  que  comme  )ç  n'ai  point 
lu  la  première  Ode  du  quatrième  Livre, 
ni  toutes  celles  que  j'ai  omifes,  il  ce  m'a 
pu  tomber  dans  l'efprit  d'infinuër  aucun 
rapport  a  des  pièces  que  je  ne  connus  ja- 
mais, &  que  je  juge  fur  vôtre  feule  paro- 
le, fi  infâmes  Se  fi  deteftables.  Enfin  il 
m'a  paru  ,  &  il  me  paroît  encore  ,  que 
vous  devîei  d'autant  plus  m 'épargner  fur 
le  fujet  dont  il  s'agit ,  que  je  me  fuis  ex- 
trêmement obfervé,  pour  ne  rien  préfen- 
ler  de  deshonnête  &  d'indécent  aux  yeux 
de  nys  Lecteurs.  Ce  que  j'ai  été  indif- 
penfablement  obligé  de  fupprimer .  m'a 
rendu  plus  vif  &  plus  animé  fur  tout  le 
refte.  J'ai  tâché  de  dédommager  le  Pu- 
blic des  pertes  que  lui  caufeient  la  fainteté 
de  ma  Religion  &  la  bien-féance  de  mon 
état  (  fi  tant  eft  qu'on  puiffe  raiformable- 
ment  appelle: des  pertes,  ce  qu'il  importe 
infiniment  à  tout  homme  de  probité 
d'ignorer  toute  fa  vie')  j'ai  tâché,  dis-je, 
àe  dédommagée  le  Public  de  ces  fortes 
ie 
*  V-  «/*■  T.  i. 


cep. 

* 


Fiviiit  1711.  ijj 
de  pertes,  par  les  peines  que  je  me  fais 
données  à  redoubler  la  vivacité  de  mon 
imagination  ,  &  à  lui  faire  produire  de 
riantes  peintures  &  des  images  qui  puflent 
plaire.  Vous  m'êtes  nn  bon  garand  de  ce 
que  j'avance  ,  Monfieur,  8c  le  plaifîr qu'el- 
les vous  ont  caufé  ,  fait  dans  vôtre  Pré- 
face, félon  toutes  les  apparences,  le  plus 
bel  endroit  de  mon  éloge.  Je  fuis  confus 
de  me  voir  entraîné  à  entrer  dans  vos 
fentimens  fur  le  bien  que  vous  dites  de 
moi ,  &  de  vous  faire  valoir  la  naïveté 
de  certains  traits  que  le  génie  &  la  beauté 
de  nôtre  Langue  m'ont  fait  inventer  à 
force  de  réflexions;  plus  ils  font  naturels, 
plus  ils  coûtent.  Enfin,  Moniteur,  vous 
tomberez  d'accord  que  les  endroits  un  peu 
délicats  que  je  n'ai  pu  raifonnablement  me 
dirpenfer  d'interpréter,  font  maniez  avec 
toute  la  pudeur  &  la  rirconTpeétion  pofiî- 
bles.  Supportez  donc  avec  quelque  com- 
plaîfance  6t  dans  tout  fon  entier,  l'éxcla- 
matioD  pathétique  que  vous  avez  lue  dans 
la  Lettre  qui  elt  à  la  tête  de  Juvenal  im  ■ 
primé  en  1689.  &  ne  me  chicanez  pas  fur 
un  trait  qui  me  lied  fi  bien  :  puifque  vous 
devez  être  convaincu  que  je  n'ai  défiguré 
l'image  d'argutâ  miretrice,  que  dans  la  vue 
d'en  fubflîtuér  une  autre  qui  fût  à  couvert 
de  la  plus  fevere  cenfure.  Je  ne  l'ai  pas 
ipendant  échapée  à  l'etidïotX  mtv&ft  °^l 
ne  m'aireûdois  à  rien  tooixa.  C«St 
G  6  «■"*■ 


ï<6"     Journal  dej  Sçataks. 

m'avoir  pris  à  l'improvifte  :  vous  y  re- 
médierez quand  il  vous  plaira  ,  je  vous 
y  crois  obligé  en  confeience  ;  car  pour 
peu  que  vous  vous  rendiez  juflice  fur  la 
bonté  de  vos  remarques  ,  vous  jugerez 
qu'elles  pouvoient  contrebalancer  de  refle 
ce  qu'il  y  a  de  trop  dans  vos  louanges, 
&  m'obliger  à  ne  m'en  pas  élever ,  ni 
m'en  faire  accroire  ,  fans  m'attaquer  par 
l'endroit  où  je  m'étois  retranché  &  forti- 
fié ,  &  que  j'avois  le  plus  à  cœur  de  ren- 
dre inacceiïible.  J'enfle  mieux  aimé, 
Monfieur,  fi  vous  m'aviez  fait  la  gracede 
me  laiffer  maître  du  choix,  ou  que  vous 
n'euffiez  pas  d'abord  tant  dit  de  bien  de 
moi  ,  ou  que  vous  euffiez  pris  !e  paiti 
d'errer  conféquemment.  Mais  à  préfent 
le  fort  eftjetié,  peut-être  que  dans  la  fuite 
vous  aurez  affei  de  condefeendance  & 
d'humanité  pour  en  addoucit  la  rigueur, 
Penfez-y,  Monfieur,  la  gramude  vous  y 
engage.  Car  enfin  mes  fautes  fi  fpirituel- 
lement  relevées  vous  font  honneur  ,  & 
vôtre  réputation  s'eit  accrue ,  &  s'augmen- 
te de  jour  en  jour  à  la  faveur  de  vos  au- 
tres remarques  en  partie  ii  jufles  &  fi  fen- 
fées  i  le  fel  fk  les  agrémens  que  vous  y 
avez  répandus,  en  font  plus  valoir  le  ib- 
fide.  Pardonnez  moi  donc  ,  Monfieur, 
ii  je  prens  la  liberté  de  vous  dire  avec 
toute  la  confidetation  qui  vous  eft  dûë, 
çu'ti n'eioit  pts  neeefliire  que  vous  prif- 


FivMB»     1711;  1 57 

la  peine  d'avoir  recours  à  une  pté- 
,on  aufli  violente  que  celle  dont  vont 
vous  êtes  fervi ,  pour  empêcher  que  l'Ho- 
race habillé  à  la  Frantoile  ne  vinr  à  tom- 
ber &  à  fe  perdre.  Vos  ctaintes  fur  cela, 
quelqu'honorables  qu'elles  me  (oient,  & 
vos  foins  me  paroiflent  aller  trop  loin.  Le 
nombre  des  libertins  n'eft  pas  le  plusgrand; 
l'immortalité  d'un  Ouvrage  plein  d'efprit 
ne  dépend  non  plus  d'eux,  que  des  ordu- 
res fkdes  infamies  qu'il  renferme,  &vous 
m'avouerez  que  ce  n'eft  nullement  à  la, 
faveur  de  l'es  vers  cyniques  &  effromeï, 

3u'Horace  s'eiî  flué  de  fe  faire  lire  à  nos 
emiers  neveux.  D'ailleurs  la  modeftie 
&  la  délicatefle  de  noire  Langue  fonr  ex- 
trêmes; elles  éloignent  d'elles  tout  ce  qui 
peut  bleffer  des  yeux  8t  des  oreilles  chaf- 
les.  Vous  concevez  aifément  à  ce  dif- 
cotirs  que  fîj'eufle  été  le  revifeur  de  ccttt 
impreflion  d'Hollande,  je  l'aurois  expo- 
fée  de  bon  cœur  xuffi  bien  que  toutei 
celles  de  Paris,  au  rifque  d'être  un  jour 
anéantie  &  de  tomber  dans  un  éternel 
oubli ,  plutôt  que  de  permettre  qu'Horace 
y  eût  été  rétabli  dans  tous  fes  droits,  8î 
remis  en  polïdiion  de  ce  qui  lui  appar- 
tient. Si  j'ofois  y  trouver  à  redire,  aflu- 
rément  j'en  prendrois  la  hardiefle ,  mais 
cela  Teroît  inutile.  Ce  n'eft 'donc  çcvm. 
par  incivilité,  Monfieur,  que  \z  wt  n o** 
fais  cas  de  remerdmens  de  Y».  ee.ï«t»fefc 

G  7  °a* 


iaf- 
fif- 
tte 
10- 

tei 
ur 
■cl 
ce 


i<8     Journal  des  Sçavanî. 

que  vous  avez  eue  de  relliruer  à  Horace 
tout  ce  que  je  lui  avois  enlevé.  Vous  lut 
avez  libéralement  payé  ce  que  vous  avez 
prétendu  que  je  lui  devois  ,  parce  que 
vous  m'avez  jugé  infolvable  ,  je  le  fuis 
abfolument,  il  cil  vrai,  &  j'en  fais  gloi- 
re. Je  vous  f^ai  pourtant  bongréde  vôtre 
diferelion,  qui  ne  vous  a  pas  permis  de 
traduire  en  nôtre  Langue  ce  que  les  gens 
d'honneur  qui  la  parlent,  &  qui  connoif- 
fent  Ton  extrême  retenue  fur  les  mœurs, 
n'auroient  pu  lire  fans  indignation. 

Une  féconde  Lettre  imprimée  &  infé- 
rée depuis  près  d'un  an  à  l'ifluë  de  celle 
des  Odes,  n'a  paffé  ni  à  Londres,  ni  en 
Hollande  ;  les  corrections  qu'elle  renfer- 
me ,  ne  diminuent  que  de  fort  peu  le 
nombre  de  vos  notes.  J'aurois  tâché, 
Moniieur,  en  gardant  l'ordre,  de  vous  la 
faire  tenir,  (î  j'euiîe  pu  devinerqu'unauul 
célèbre  &  auffi  fameux  Auteur  que  vous 
l'êtes  ,  eût  été  fur  le  point  d'honorer 
d'une  fçavante  Critique  un  Ouvrage  trop 
médiocre  pour  la  mériter.  Cette  Lettre 
contient  quelques  petites  réflexions  qui, 
autant  que  j'en  puis  juger  au  caractère  de 
vôtre  efprit ,  feroient  alTez  de  vôtre  goût, 
&  pourroient  ne  vous  pas  déplaire.  J'ai 
tourné  félon  les  maximes  &  la  Philofophie 
d'Horace,  le  conleil  qu'il  donne  à  Leu- 
conaé  en  ces  termes,  w  fans  ccmpttr  fur 
d'jptxir,  goutex.  chahut  joar  cmi  Us  plaifirt 


Février     1711.  iî9 

dent  -votes  pouvez,  jouir.  Certains  Connoif- 
feurs  font  pourl'expreflîon  plus  ferrie  de 
la  dernière  Edition  ,  ils  la  trouvent  plus 
exacte  &  plusjufle,  elle  leur  plaît;  je  la 
remets  donc  fous  vos  yeui  &  je  m'y 
tiens.  El  retranchez  de  vpi  efperintei  te 
qui  tft  au  delà  du  peu  tjm  vous  avez.  À  vivre, 
j'ai  auffi  reformé  la  fin  de  cette  Ode  par 
ce  tour ,  cr  par  trop  de  confiance  n'astendix. 
pm  le  lendemain.  J'ai  de  plus  attaché  à  la 
perfonne  du  Poëte,  magnai  i  nier  opes  Jeeps, 
&  cela  par  bonheur  conformément  à  vô- 
tre idée;  je  m'en  fais  des  con  joui  (Tances. 
Je  penfe  qu'il  n'y  a  que  ces  trois  feuls 
endroits  a  iupprimer  de  vos  falutaires  a- 
verrifl'emens  ,  dont  je  prétens  bien  que 
ma  première  impreffion  fe  reiTente,  je  ne 
fçai  pas  quand:  mais  par  avance,  Mon- 
ficur,  je  puis  répondre  que  vous  me  fe- 
rez alors  un  iilr  &  fidelle  témoin  de  ma 
docilité.  En  effet  je  luis  plus  porté  que  ja- 
mais à  entendre  raifort;  &  je  ne  me  fens, 
gracesàDieu,  ni  incorrigible,  ni  ■heurté 
à  mes  fentimens.  Encor  faut-il  aujnoins 
fur  le  milieu  du  retour ,  s'étudier  à  deve- 
nir bon  5c  traitable  de  plus  en  plus  :  en- 
forte  queles  Horaces  du  fiëcle,c'eft-à-dirc 
ceux  qui  fçavent  parfaitement  le  monde, 
foient  contons  de  nos  réponfes,  s'ils  s'a- 
vifent  de  nous  demander  avec  l'Horace 
du  tems  d'Augufte ,  lenior  ttc  mtlior  ju  «t- 
uâtnii  ftnt3Â; 


mi 

de 
ce 
on 


d      Journal  des  Sçavaks. 

Ma  Lettre  finie  ;  j'apprens  d'un  brave 
Capitaine  aux  Gardes  de  mes  anciens  a- 
mis,  &  d'un  goût  exquis  pour  les  belles 
Lettres,  que  Mr. Bernard  dans  fon  extrait 
de  Février  dernier,  me  juflific  devant  tout 
ce  qu'il  y  a  de  perfonnes  toges  &  qui 
ont  l'elprit  bien  fait,  &  qu'il  femble  des* 
approuvet  évidemment  le  fens  malin  que 
vous  donnez  à  une  expreflion  tres-inno- 
çente.  Son  jugement  ne  doit  pas  vous 
être  iufpeft;  vous  avez  plus  d'une  raifon 
pour  ne  le  point  reculer;  &  moi,  quoi 
qu'il  mereviennede  beaucoup  d'endroits, 
qu'il  ne  laine  prenne  palier  aucune  oeca- 
lionde  parler  favorablement  de  mes  Ouvra- 
ges, jenele  connois  uniquement  que  parla 
réputation  qu'il  s' rit  acquife  d'un  des  plus 
fçavans  Hommes  de  noire  ilécle.  Que  nelui 
dois-jepas,  Monlïeur,  pour  le  bon  office 
qu'il  me  rend  auprès  de  vous!  Je  fuis  &c. 

JE  vous  abandonne  cet  Ecrir  ,  Mon- 
fieur,  retranchez-en  ce  que  vous  jugerez 
a -propos.  D'un  côté  je  m'y  vange  de 
mon  PanégyriflCj  par  tout  ce  que  h  plus 
fincere  &  la  plus  vive  reconnoi  (Tance  a 
fcù  m'infpirer  :  &  de  l'autre  je  lui  ex- 
pote  de  bonne  foi  la  droiture  de  mes  in- 
rentions  ,  &  je  me  tais  connoître  à  lui 
lel  que  je  luis ,  &  non  pas  tel  qu'il  s'eft 
imaginé  que  j'éiois.  Si  j'ai  quelque  ufage 
dumonde,  je  L'en  ai,  \ous  le  lcavcz, 


F  £  V  R  I   E  R      I7I1. 

u'autant  qu'il  convient  à  ma  proft  (1 
ïr,  Sî  rien  de  plus.  Cela  ne  p 
naines  bornes,  au  delà  defquell 
on  Cenfeur  trop  officieuxparoît  me  vou- 
ir  furprendre:  lurement  il^ne  m'y  trou- 
va pas.     Sa  trop  grande  pénétration,  Se 
la  légèreté  d'un  ftjle  a  fie?,  gai ,    auquel 
j'ai  été  formé  dès  mes  plus  tendres  an- 
nées, &  où  l'humeur  a  quelque  part, l'ont 
porté  à  croire  que  l'air  du  grand  monde 
m'avoit  un  peu  gâté.    Mais  neuf  luilres 
-  1  tiers  qu'il  y  a  que  je  refpire  celui  du 
s  Latin,  &  mes  occupations  ordinai- 
m'ont  mis  heureufement  au  delTus  de 
ce  mauvais  air ,  &  doivent  diiïiper  juf- 
qu'au  moindre  de  fes  foulons.     Difpi 
lez  de  cette  Lettie  comme  il  vous  plair; 
Monfieur,  vous  en  êtes  le  maître.     Voi 
la  pouvez  communiquer  à    vos   amis  & 
aux  élevés  d'Horace  réduit  aux  règles  de 
la  bien-féance  Si  du  devoir.    Je  vous  prie 
néanmoins  de  ne  la  rendre  ici  publique, 
qu'à  proportion  que  vous  verrez  que  !a 
belle  &  ingémeuie  Critique  de  Mr.  Cofti 
le  deviendra.     Je  fuis  avec  tout  le  refpeét 
Se  toute  la  confiance  poffible, 


(]■_■ 

tu 


1  ONS  I  EUR, 


Votre  très  humble  fc  n 
obeïflint  Servi 
H.  T  iïisms*ti» 


.,.u-  itiut  in  ivon 
^Uh'»;iw  :'iuùcs  < 


FBvmti  1711. 
fes  ,  Bt  principalement  en  ce  q 
:erne  la  foi,  nous  ne  pouvons  nous 
enfer  d'effacer  les  iraprefiîons  que 
Ecrits  pourraient  avoir  faites  dans 
efprits.,, 

afirudion  eft  divifée  en  deux  Par- 
Dans  la  première  on  dévelope  Se 
iite  les  fenrimens  de  Janfenius  &  de 
!ciples;on  examinée^  on  condamne 
a  leconde  la  Théologie  du  P.  Jue- 

de  Meaux  donne  lui-même  une  idée 
erre  &  très-exacte  de  tout  ce  que 
:nt  la  I.  Partie.  Il  la  commencepar 
;dans  tout  leur  jour  les  principes  que 
,ius  établit ,  &  d'où  l'on  tire  les  cinq 
ilitions.  Ces  principes  roulent  fur  la 
;  de  l'homme ,  fur  la  volonté  que  Dieu 
le  fauver,  &  fur  la  nature  des  grâces 
Iles.  II  montre  enfuite  que  les  pté- 
s  Difdples  de  faint  Au'ullin  embrai- 
es mêmes  principes  ;  après  quoi  il 
:vre  d'un  côlé  h  conformité  qu'il  y 
e  Calvin  Se  Janfenius  (ur  ce  qui  re- 

la  liberté;  &  de  l'autre,  la  différen- 
i  fe  trouve  entre  cet  Evêque  &  les 
liftes,  non-feulement  fur  la  liberté, 
encore  fur  la  volonté  de  Dieu  par 
rt  au  falut  des  hommes,  &  fur  les 
;  actuelles.  Il  expofe  enfva  U  iot- 
de  VEgUfe  fur  les  mêmes  mwÂetw, 


léz  Journal  des  Sçavans. 
Jdanâtment  e?"  Inftruiîion  P&Jlorale 
Menfiigniur  VEvtqu*  de  M  E  *  o  X  j 
Janfetà/me  ,  fanant  condamnait!» 
lnftituiiani  Thtohgiyius  dit  Ptrt  Ju 
A  Paris  ,  chez  J.  B.  Chriftophe 
lard.  171a  in  4.  pagg.  636. 
JE  raiibnneraent    8c  l'autorité  fe  I 

vent  tennis  dans  cet  Ouvrage  1 
l'on  y  profcrit  tejaniénifme,  cen'eft' 
près  avoir  montré  qu'il  mérite  d'être] 
crit.  M.  de  Meaux  pouvoit  fe  contt 
d'ordonner ,  ou  de  défendre  1  mais 
crû  qu'il  devoir  joindre  l'iDltruétioi 
Mandement ,  &  conduire  à  l'obéïfl 
parla  voie  de  la  conviction.  Il  ci 
d'abord  les  motifs  qui  l'ont  engagé  à 
lever  contre  le  Janfenifme  en  général 
contre  la  Théologie  du  P.  Juenin  eu 
ticulier  ;  &  après  avoir  parlé  des  la 
qui  lui  font  communes  avec  les  autri 
véques,  „  Outre  ces  raifons,  ajout; 
ii  il  y  en  a  qui  nous  font  particulière; 
,,  qui  nous  obligent  plus  qu'aucun  : 
,,  à  nous  expliquer  fur  celte  Theol 
n  On  a  cité  en  fa  faveur  nôtre  témo 
„  ge  dans  des  Ecrits  publics  Se  répa 
„  de  tous  cotez,  par  lefquels  on  vou 
„  perfuader  que  nous  en  avons  ado| 
„  doctrine.  Quelque  faulTes  ou  qu> 
,,  frivoles  que  foient  les  preuves  de 
„  îndrgne  fuppofition  i  comme  un 
-,  90e  doit  être  it 


At  m.  ^ 


FlTlIEI     1711.  163 

Dfes  ,  &  principalement  en  ce  qui 
îceme  ta  foi,  nous  ne  pouvons  nous 
penfer  d'efiàcer  les  impreilîons  que 
s  Ecrits  pourroient  avoir  faites  dans 
:  efprire.,, 

-Tnllruclion  eft  divifée  en  deux  Par- 
Dans  la  première  on  dévelope  & 
rfute  les  fentimens  de  Janfcnius  &  de 
ifciplesjon  examine  &  on  condamne 
ta  féconde  la  Théologie  du  P.  Jue- 

.  de  Meaux  donne  lui-même one idée 
îette  &  très-exacte  de  tout  ce  que 
eut  la  I.  Partie.  Il  la  commence  par 
re  dans  tout  leur  jour  les  principes  que 
nius  établir,  &  d'où  l'on  tire  les  cinq 
alitions.  Ces  principes  roulent  fur  la 
;é de  l'homme,  fur  la  volonté  que  Dieu 
le  fàuver,  &  fur  la  nature  des  grâces 
elles.  Il  montre  enfuite  que  les  pré- 
us  Difdples  de  faint  Aagultin  cmbral- 
ces  mêmes  principes  ;  après  quoi  il 
-uvre  d'un  côté  h  conformité  qu'il  y 
Te  Calvin  &  Janfcnius  fur  ce  qui  re- 


l6+   JOUKNAI  DES  SçAVANÎ. 

point  les  principes  de  janfenius  y  foi 
pofez.  Des  principes  il  palTe  aux  t 
quences ,  c'eft-à-dire  ,  aux  cinq  Pn 
tions.  Il  rapporte  les  maximes  don! 
fenius  ie  fert  pour  les  défendre;  il  ci 
que  le  vrai  fens ,  &  les  fens  imagi 
que  les  Jantenilïes  mettent  à  la  plâ 
vrai.  11  indique  les  règles  qu'il  faut 
pour  démêler  fùrement  l'erreur  qui 
glife  a  voulu,  condamner  dans  chaqui 
pofition.  Il  s'applique  après  cela 
montrer  que  le  fens  hérétique  qi 
renferment  véritablement  ,  eft  en 
comme  une  doctrine  faine  par  ]anf< 
&  par  ceux  d'entre  les  prétendus  Di 
de  faint  Auguftin  dont  le  témoigna] 
roît  le  plus  recomrnandable  ;  &  qi 
conféquenr  le  Janfenifme  n'eft  rien 
qu'un  fantôme.  M.  de  Meaux  cor 
auiïi  le  Janfenifme  du  côté  de  la  M 
&  il  montre  que  „  cette  nouvelle 
„  fie  ne  fc  borne  pas  à  de  iîmples 
„  lations,  mais  qu'elle  efttrès-dang 
„  pour  la  pratique  de  la  vie  Chrétit 
Sur  la  fin  de  cette  première  Partie 
iruit  les  principaux  moyens  que  les 
miles  employent  pour  iauve:  leur  i 
ne.  11  prouve  que  le  filencc  refpci 
ne  l'unît  pas  pour  obéir  a  l'Eglife 
elle  ordonne  de  condamner  des  L 
&  qu'on  ne  peut  fignei  \e¥o\ma\iii 
être  pcrfundé  que  1      " 


TF  e  v  ft.  i  e  a    i 
damnées  dans  le  l'ens  du  Livre  de  Jin 

lenius. 

Cette  réfutation  de  fon  Syftemc  efl  û 
fuivie.  &  les  railbnnemens  qui  la  compo- 
fent  font  tellement  cnchainei  les  unt  avec 
les  autres,  qu'il  n'elt  prefque  pas  poflible 
d'en  détacher  aucun-    Ainii  nous  nous  ré- 
.  duirons  à   mettre  ici  fous  les  yeux  dci 
Leéteurs  une  efpecc  de  récapitulai  ion  trej- 
inftruétive,  où  M.  de  Meaux  marque  avec 
beaucoup  de  ptécilton  le  lens  condamné 
des  cinq  propofiiions,  &  celui  qu'on  pré- 
tend y  fubfbtucr.     „  S'il    faut   convenir 
„  avec  les  Janfenilles,  dit-il  ,   que  c"cll 
„  une  erreur  de  dire  que  la  Comnsande- 
„  mens  font  abfotument  i'npojftbUt  à  teus  Us 
„  Ju/ies    ,     ou  fur  la  nature  prife  e»  elle- 
„  même ,   bu  par  ta  corruption  que  le  ptchi 
,,   d'origine  a  ttufie  tn  elle  $  (y  que  tel  grâces 
,,  les  plus  fanes  ne  leur  donnent  pat  unpeu- 
„  -voir  même  commencé  de  lei   obferver  ;     Il 
,,  faut  qu'ils  conviennent  avec  les  Catho- 
L~\     »  liquesi  que  c'efl  une  erreur  condamnée 
t-4   »  dans  la  première  Piopofiiion  ,   de  dire 
Cli,  que  les  ju/la  qui  i'ej}orctnt  d'obftrver  les 
„  préceptes  font  dans  une  vrjyc  impui/fanct  dt 
,,  tu  accomplir ,  tor/qu'ili  ta   violent  par  le 
i,  défaut  de  lu   Grau   efficace  ,     qui  efl  la 
m/c  qui  donne  tous   ce  qu'il  faut  peur  tes 
U    i  „  pouvoir  obferver.     S'il  faut  convenirïvec 
»  les  Janfeniftes  que  c'efl  une  en  cm  4t 
*  petite  qoc  U  Grâce  fait  tout  enl'bomm*-. 


166     Journal    des  Sçavans. 
„  qu'il  ne  fint  rien  en  lui  qui  y  nfîjU ,  C 
„  qu'elle  lui  fait   toujours  pratiquer  le  bhn 
„  auquel  elle  excite  fa  ■volonté  ;  ils  doivent 
„  auiïï  convenir  à  leur  tour ,   que  c'ett 
„  une  autre  erreur  condamnée  dans  la  k- 
„  conde  Proposition  ,   de  foutenir  qu'« 
„  fait  avec  chaque  grâce  tout  le  bien  qu'en 
„  peut  faire,  quoi  quille   excite  à  faire  plut 
„  qu'en  m  fait.  S'il  faut  convenir  avec  les 
„  Janreniftcs ,  que  c'eit  une  herefied'aflu- 
„  rer  qu'on  peut  mériter  rjr  démériter  agi/- 
„  fant  par   contrainte  ,  ou   par  une  ntceffiti 
„  naturelle  ,    ou  par  une  mceffiié  volentairc 
„  ty  immuable  en  même  temps;  il  fautauffi 
„  qu'ils  conviennent  avec  nous  que  c'eit 
„  une  autre  herefie  condamnée   dans  Iij 
„  troiùéme  Propolîtion  ,    de  dire  qu' 
„  peut  mériter  (y  démériter  par  des  acliet 
„  bannis  ou  mauva'ifes  qu'on  fait  ntcefji 
„  mtnt ,  ou  fans  avoir  te  pouvoir  parfait 
„  itn  tbjlenir,    quoi  que  la  nettjfué  qui  11 
„  fait  faire  fait  volontaire  ,    es*  qu'elle 
»  paffagere.    S'il    faut  convenir  avec 
„  Janfenifles  que  c'elt  une  erreur  d'à* 
j,  cer  CJ'Je  la  Grâce  efficace  fait  fa 
„  de  telle  forte ,  qu'on  ne  pourroit  mèmei 
„  tmpichtr,  quand  on  le  voudrait, V  tp 
,,  ôte  abfolument  &  peur  toujours  U  f  ' 
„  de  rejijier ,    commt  fi  elle  éteignait 
„  ment  le  fiyer  dt  la  cancupifcence  : 
„  qu'ils  rcconnoiffeirt  avec  nous ,  quel 
„  une  erreur  cenfutéc  i»w  \*  op» 


c'eft  enfin  une  erreur  d'*û*urer  q 
Elis  font  lu  fatli  nvn-ftuUmciU  f 
jutls  ^f.  C.  fois  taon  ,  mats  pour 
:is  il  ail  otsmu  àtt  gr/tets  :  c'eft  une 
n-c  erreur  condamnée  dans  la  cin- 
iéme  Proportion  ,  de  dire  que  Ut 
es  font  les  fiuls  que  J.  C.  vtuitle  finct- 
ïtntfomitr,   quoi  qu'il  ah  mêrtii  dts 

ns  la  féconde  Partie  de  l'Inftiuétion 
«  Meaux  applique  à  la  Théologie  du 
enici  les  règles  établies  dans  la  pre- 
:.     1.  11  examine  la  doctrine  de  ce 

fur  la  liberté;  &  après  avoir  rappor- 
:  expliqué  les  principaux  textes  qui 
ennent  cette  doctrine  ,  il  conclut 
fes  réflexions  :  ,,  Selon  cer  Auteur, 

force  de  la  liberté  dont  jouïffoit 
amme  innocent  ,  coniiftoit  dans  le 


l68      JoUlNAL  DES   S  Ç  A  Y  A  K 

„  dite.  Il  eft  entraîné  par  une  i 
„  phyuque  8c  antécédente,  quoi  i 
„  lontaire  &pafiagere,à  fuîvrcce 
„  plaît  le  plus.  Enfin  ce  qu'il  vi 
„  ce  qu'il  fait  volontairement ,  i 
-,,  &  en  là  puiiïance.  Enfeîgner  u 
„  doctrine  n'efl-ce  pas  fouienir  i 
„  cipales  maximes  de  Janfenins  f 
„  berté?,,  M.  de  Meaux  trouve  i 
reille  conformité  entre  les  fentim 
Père  Juenin  Bc  ceux  de  l'Evêque  d' 
fur  la  volonté  de  Dieu  à  l'égard  i 
de  tous  les  hommes;  &  il  y  fait 
quer  une  pareille  oppofition  a  la  d 
del'Eglife  :  „  L'Eglife,  dit-il,  cr. 
„  Dieu  veut  par  un  acte  pofitif  de 
„  lonté  lauver  tous  les  Fidèles,  c 
„  rez  non-feulement  comme  ho 
„  mais  encore  comme  pécheurs ,  8 
„  conditions  dont  ils  peuvent  cm 
„  l'accompliflement.  Le  Père  Juen 
„  tient  au  contraire  ,  que  toute 
>,  lonté  que  Dieu  a  pour  le  falut  â 
„  les  Fidèles  qui  ne  font  pas  du  m 
„  des  Elus,  n'eft  autre  chofe  qu"un> 
„  complaifance  pour  leur  falut;  qui 
„  n'a  même  ce  penchant  ik  cette  i 
„  lie»  de  fauYtr  ces  hommes,  qu." 
„  confiderant  comme  des  Etres  ci 
„  fa  reflemblance  j  &  que  Dieu  i 
„  toujours  à  ceux  qu'il  veut  fauvi 
,  Atours  qui  leur  font  e.ffio.«m«u 


FEVRIER      I7U.  !«, 

'„  cutcc  les  conditions  fous  lefqueïles  1 
„  veut  leur  falur.  L'Eglife  croit  que  li 
„  fin  de  la  juftilication  &  de  toutes  les 
,,  grâces  que  Dieu  donne  aux  Fidèles  re- 
,,  prouvez  aufîî-bien qu'aux  Elus,  eft  leur 
,,  talut;  que  Dieu  Icsjuftifie,  Scleurdon- 
„  ne  les  grâces  afin  qu'ils  puilTent  l'ohte- 
,,  nir  :  Et  le  P.  Juenin  enfeigne  que  la 
„  fin  que  Dieu  fe  propote  dans  la  juftifi- 
„  cation  des  reprouvez,  c'efl  de  les  faire 
,,  fervit  a  la  manifellation  de  fa  jmlice 
»  divine,  &  aux  befoins  fpirituels  Bc  tem- 
„  porels  des  Elus.,,  L'Auteur  de  ITnf- 
tru&ion  expofe,  fuivant  la  même  métho- 
de ,  ce  que  penfe  le  P.  Juenin  fur  les 
giaces  a&uélles.  z.  Il  indique  les  moyens 
qu'employé  ce  Théologien  pour  fe  met- 
tre à  couvert  des  cenfures.  Le  premier 
„  eft  de  condamner  les  cinq  Propofitions 
„  dans  un  fens  forcé  Se  étranger .   &  de 

I„  prendre  pour  les  veritez  cppofées  ans' 
„  erreurs  de   ces  Propofitions  ,    d'autres 
„  veritez  que  celles  que  l'Eglife  a  eu  en 
,,  vue  de  décider  lorfqu' elle  a  cenfuréles 
.,  cinq    Propofitions  de  Janfcnius..,     Le 
fécond  moyen  eft   „  de  donner  une  Pro- 
„  feffion  de  Foi  contenue  en  cinq  arti- 
.,  des,  qui  s'accorde  avec  la  doctrine  he- 
.,  retiqne  du  Livre  de  Janfenius.,,    Aptes 
pi  lavoir  parlé  de  Vufage   que  le  P.  Juenia 
irtlhit  de  ces  deiix  moyens,  M.  àc  tAe^Mi 
*f|  ictnande  ce  que  ce  Père  pou\o'rt  tains  3« 
H  ^x» 


fJÙ      Jo  ORNAI,    DES   Sç  AVANT. 

plus  en  faveur  du  Janfenirme  dans  des  In f- 
ritutions  Theologiques,  à  moins  que  de 
foutenir  en  termes  formels  ou  équivalens 
la  doârîne  hérétique  des  ànqPropoGtions? 
3.  Dans  la  fuite  il  examine  fi  le  P.  Juenin 
ne  la  fomient  pas  en  effet  cette  doctrine, 
ti  il  ne  parle  a  la!  condamnation  des  Inf- 
titutions  Theologiques ,  qu'après  avoir 
produit  tout  au  long  les  Textes  qui  regar- 
dent en  particulier  chaque  Proposition. 

Les  citations  longues  &  nombreuses  ont 
extrêmement  groffi  cet  Ouvrage,  &  M. 
de  Meaux  fait  là-deffus  une  remarque  qui 
ne  doit  pas  être  omife  ici.  „  La  neceffité", 
„  dit-i! ,  où  nous  Sommes  de  faire  taire 
„  la  calomnie  ,  qui  fe  plaint  fans  celle 
„  qu'on  impofe  à  Janfenius ,  ne  nous  a 
„  pas  permis  de  nous  borner  à  quelques- 
„  unes  de  fes  paroles.  On  n'auroit  pas 
„  manqué  de  publier  qu'il  eft  aifé  par  des 
„  paffages  détacher  de  faire  dire  à  unAu- 
„  teur  tout  ce  qu'on  veut  qu'il  dife.  Il 
„  a  donc  fallu  donner  des  Extraits  allez 
,(  amples  de  plufieurs  endroits  de  Tes  On- 
„  vrages  ,  pour  perfuader  que  tous  fes 
„  fentimens  font  un  corps  de  doctrine, 
„  &  un  Syilême  très-réel  qu'il  a  voulu 
„  établir.  La  même  raifon  nous  a  obligé 
„  de  rapporter  au  long  les  paffages  qu'on 
„  2  tirez  des  Ecrits  de  fes  Difciples.,,  M- 
de  Âfeaux  ne  s'eft  pas  contenté  de  cette 
P&aution.  Pour  prévenu  yi^i^mwa- 


■ 


F    £   Y  R  1   E   *      IT.lt.  171 

__  fujets  de  reproche  fur  les  citations,  A 
marqué  dans  une  lifle  qu'on  voit  i  li 

fin  de  ce  volume,  les  Editions  «Jes  Livret 

dont  il  s'eft  fervi. 

Titt  Lrvn  Hiftoriarum  quod  exilât,' 
cUm  inlegris  ]  o  annis  Frëinshe- 
m  1 1  Siipplementis  emendatioribus  8c 
fuis  loris  collocatif ,  Tabulis  Geogra- 
phicis  Se  copiofo  Indice.  Recenfuit  8e 
notulis  auxit  Joamnss  Cluiciu. 
AmfleUàami ,  apud  HinrUum  Wetfienium; 
Trajefli  ad  Shemtm  ,  apud  Gulielmum 
■uandt  Wdtir.  1710.  C'elt-à-dire  ï  L'Hif~ 
toirs  Romaine  àt  Tite-Live,  accompagnée 
des  Supltment  de  Jean  Freinshemios ,  cet- 

Érigez  &  infertx,  en  leur  lieu-,  er  enrichie 
A*  Canes  Géographiques  g-  d'une  ampli 
Tuble  des  matières.  Le  tout  imprimé  par 
lupins  de  Jean  le  Clerc,  lequel  y  a  joint 
quelques  Notes.  A  Amfierdam  ,  cher 
Henri  VVetflein  j  &  à  Utrecht  ,  chez 
Guillaume  vande  Water.  1710.  in  8. 
10.  vol.  Tom.  I.  pp.  445.  Tom.  II. 
pp.  490.  Tom.  III.  pp.  470-  Tom.  IV. 
pp.  446.  Tom.  V.  pp.  460.  Tom.  VI. 
pp.  4ç s .  Tom.  Vil.  pp.  506.  Tom.  VIII. 
pp.  49s.  Tom.  IX.  pp.  504.  Tom.  X, 
pp.  164.  Cartes  Geograph.  XIV. 

A    £}Uilq_ue  occupé  que  foitMAeCwsc 

H  x  fe» 


ifz  Journal  des  Sçavans. 
fes  propies  Ouvrages ,  il  lui  refte  encore 
des  m o mens  deloiiir,  qu'ilfçait  employer 
utilement  à  renouveller  les  Editions  des 
bons  Auteurs ,  tant  anciens  que  moder- 
nes, &  à  les  rendre  plus  parfaites.  Celle 
de  Tite-Live  qu'il  donne  aujourd'hui,  a 
cela  de  particulier,  qu'elle  réunit  deus  a- 
vantages  qui  ne  s'étoient  point  rencontrez 
jufqu'ici  dans  les  précédentes,  c'elt-à-dire, 
qu'elle  eft  portative  ,  8c  des  plus  com- 
plettes. 

On  y  trouve  en  premier  lieu  cequinous 
relie  du  Texte  de  cet  Hillorien,  imprimé 
en  beaux  caractères,  fut  l'Edition  de  Jean 
Frédéric  Grona-vius,  la  plus  exadte&  la  plus 
correcte  de  toutes  celles  qui  ont  paru. 
Celle-ci  l'eft  encore  davantage  ,  par  le 
foin  qu'a  pris  M-  le  Clercd'ycorrigernon- 
feulement  les  fautes  d'impreflion  indi- 
quées par  YErmta  de  Grono-Jiui ,  mais  aufli 
quantité  d'autres  qui  avaient  échapéà  l'at- 
tention de  ce  fçavant  Critique  ,  &  qui 
n'étaient  point  comprifes  dans  ce  même 
Errata.  A  l'égard  des  erreurs  des  anciens 
Copiftes  >  il  y  en  a  pluiîeurs  dont  nôtre 
Editeur  s'eft  contenté  d'avertir  dans  fes 
Remarques  :  il  y  en  a  d'autres  fi  groffie- 
res  &  fi  vifibles,  qu'il  n'a  fait  nulle  diffi- 
culté d'en  purger  entièrement  le  Texte, 
pour  épargner  l'ennui  d'une  lecture  fou- 
vent  «ire/rompue  par  la  neceffité  d'aller 
conCahet  une  Note  fur  uti  çiKa^t  <\vn  tve 


Février    1711.         175 

(bit  obligé  de  recueillir  cette  date  de  di- 
vers endroits  de  cet  Hiftorien,  où  il  c'en 
parle  qu'en  paffant. 

Chap.  VIII.  no.  t.  Rthut  dhims  nil 
ferptttttis,  votât  aspit  ad  conciiium  multitit- 
d'me ,  qui  cotiUfiiri  in  paputi  unius  terpui 
nullare,  prtlerquam  Ugïlui,  paierai,  fur» 
dtdit.]  11  feroit  à  fouhaiter  (dit  M.  le 
.Clerc)  que  Tite-Live  nous  eût  appris 
quelles  furent  ces  Lois  que  Romulus  don- 
na au  Peuple  Romain.  Mais  il  paraît  que 
cet  Hiltoriea  s'eft  plus  attache  au  récit 
des  eïpeditions  militaires  qu'au  détail  des 
affaires  civiles  :  peut-être  (ajoute  le  nou- 
vel Editeur  )  parce  que  celles-ci  étoieuc 
non -feulement  moins  ignorées  des  Ro- 
mains ,  mais  encore  moins  propres  a  faire 
valoir  l'éloquence  de  l'Ecrivain.  Les 
Hiftoriens  Grecs  en  ont  ufé  autrement 
(continuè'-t-il)  ibir  pour  fatisfaire  la  cu- 
liolîtéde  leurscompatriotes,  peu  inilruits 
de  ces  circonftances  ;  foit  parce  qu'ils  fe 
font  moins  pïcquei  d'éloquence  que  d'ex- 
aftitude;  &  c'eit  de  quoi  nous  leur  forâ- 
mes d'autant  redevables  ,  que  fans  eux 
nous  ignorerions  beaucoup  de  faits  dont 
les  Romains  ont  négligé  de  nous  infor- 
mer. 

Chap-   XVI.    no.  8.     Mirum  quantum 
UU  vin,  nuncianii  h*c ,  fiàti  fuerii.\  M.  Vt 
Clerc    n'a  point  héfité   de,  \vrt  4»"ïv»\» 
TextcMi  au  Jieu  de  fâu  ,    «iifcNtoi 


I76      JOORNAI   DES   SçAVANS, 

même  dans  l'Edition  de  Grc-nsviui ,  quoi 
que  ce  Critique  eût  fenti  cette  faute  ,  & 
l'eût  corrigée  dans  fes  Notes. 

Chap.  XVII.  no.  1.  Née  dum  àfingnlis, 
quia  nemo  magnoperc  tn.lntbat  in  no-us  popu- 
lo, ptrvtntrimt  facïtont; .]  M.  le  Clerc>fc- 
roit  tenté  de  lire  pnvaliumat  pour  per-ve- 
nerant ,  &  cela  d'autant  tnieui ,  que  Tite- 
Live  a  Couvent  employé  le  mot  privati- 
ons. Il  eft  vrai  (  ajoute  t-il)  que  les  ver- 
bes pr&vtlee  &  prtvaltfa  ont  été  plus  en 
ufage  dans  les  liecles  pofterieurs  que  dans 
celui  de  Tîte  Live  ;  mais  suffi  n'ont-ils 
pas  été  alors  entièrement  inconnus, com- 
me l'a  fait  voir  Ve^m  sains  fon  VII.  Livre 
de  -Jliis  Str muait, 

Chap.  XXÏ.  no.  6.  Romulus  ftptem  ©• 
triginia  Tign&vit  annos.~\  Voici  encore 
(dit  M.  leClerc)  «ne  preuve  du  peu  d'ex- 
aftirude  de  l'Hiltorien,  qui  ayant  termi- 
né l'Hilloirede  Romulus  fans  y  marquer 
la  durée  du  règne  de  ce  Prince  ,  s'avife 
de  rappeller  cette  ctrconftancc  en  finiflanc 
la  vie  de  Numa. 

Chap.  XXVI.  no.  c.  Duxmviras ,  in- 
duit, qui  Horëtu  ptrdutttfinem  fitdkmt  fe- 
ttmdum  Ugem ,  fado.]  C'eil-à-dire,  félon 
M.  le  Clerc,  <jui  judittnt ,  i»  eau  fa  Hora- 
tii,  AU  fit  infiur  perduellii  feu  bofi.it  atten- 
dus ;  oui  jugent  fi  Horace  doit  éirt  regardi 
ftmme  ennemi. 
Chip.  XXIX.  DP.  1.  Mer  b«  \*m  V» 


enfc 
de. 

luni 


F  a  v  r  i  i  *     mi.  i?; 

mijfi  Âibum  étant  eqttites.]  C'efl  ainfi  que 
lit  M.  le  Clerc,  quoi  que  les  Editions  de 
Grûnoviits  portent  toutes  jilbani  pour  Al- 
bum, &  n'averti  (Te  nt  point  dans  VErraia, 
de  corriger  ce  mot-  Mais  il  cil  aifé  de 
juger  que  c'efl  pure  inadvertance. 

Chap.  XLIII.  n».  i.  Ctntum  millium 
trii.]  Cela  revient  (fuivant  nôtre  Edi- 
teur) à  la  ibmme  de  3000  florins  f  mon- 
noye  de  Hollande)  ou  félon  Gaffindi  à 
3712  liv.  (monnoye  de  France)  &  non 
pasïfditM.lc  Clerc)  365615  livres.com- 
me  l'a  marqué  feu  M.  Daujat  dans  l'Edi- 
tion Dauphine  de  cet  Hiftorien. 

En  voilà  fuffifammenr  pour  donnerune 
idée  des  Notes  de  M.  le  Clerc.  Difons 
maintenant  quelque cliofe des Suplémens de 
Irtînibcrnim. 

Ils  patoilTent  ici  danstoute  leur  étendue, 
inferez  chacun  en  fon  lieu,  &  distinguez 
du  texte  3e  Tile-Live  par  lecaradlere  qui 
eil  plus  menu.  Ces  Suplémens  font  par- 
tagez en  cent  &  cinq  Livres,  dont  lesdix 
premiers  font  la  féconde  Décade,  &  tous 
les  autres  fui  vent  le  45  de  Titc-Live. 
Cette  féconde  Dc:ade  fut  imprimée  pour 
la  première  fois  du  vivant  de  l'Auteur.  Les 
autres  Livres  ne  l'ont  été  qu'aptes  fa  mort, 
en  partie  à  Strasbourg  l'an  i<i6i.  &  tous 
enfcmble  à  Paris  dans  l'Edition  Dauphine 
1670,  in  4.  où  ils  remplirent  deux  vo- 
ies. M.  )e  Gère  s'eft  cm  SwassxiJw* 


17*     JouknaLdesSçavans. 

obligé  de  procurer  ici  la  reïmpreffion  de 
tous  ces  Suplémens ,  qu'outre  que  l'Edi- 
tion Dauphine,  la  feule  qui  les  renferme, 
eft  devenue  très-rare  &  très  chère,  il  y  a 
quantité  de  gens  qui  lifent  Tite-Liveplû- 
tôt  en  vue  d'y  apprendre  l'Hiftoire  Ro- 
maine dans  tout  (on  détail  ,  que  pargoût 
pour  la  belle  Latinité.  Cela  n'empêche- 
pas  cependant  que  ceui  qui  font  fenfibles 
auxagrémensduiryleiietrouventdequoife 
fatisfaire  dans  celui  de  Frtiwhemius ,  puifque 
(au  jugement  de  M.  le  Clerc)  rien  n'efté- 
crit  avec  plus  d'élégance  ,  de  juftefle  8ï 
d'exaétitude  que  les  Livres  de  la  féconde 
Décade  ,  aufquels  ce  fçavant  homme  a 
mis  la  dernière  main  ,  &  qu'il  a  fait  im- 
primer fous  fes  yeux.  On  y  voit  fur-tout- 
des  Harangues ,  où  brille  tant  d'efprit  & 
d'éloquence,  que  fi  noire  Editeur  les  croit 
inférieures  à  celles  de  Tite-Live  pour  la 

fureté  de  la  didion ,  il  ne  balance  point 
leur  donner  la  préférence  pour  le  fond 
des  chofes ,  pour  l'ordre  &  pour  la  clarté. 
Il  renvoyé  le  Leéleur  pour  en  juger,  à  la 
Harangue  de  la  Vedale  Claudia  ,  qui  fe 
lit  au  XIX.  Livre,  Chap.  41,  8c  fuivans. 
Quoi  que  les  autres  Livresdes  Supléroens 
ne  foient  pas  fi  travaillez  que  les  dix  dont 
nous  venons  de  parler,  ils  ne  raillent  pas 
d'avoir  leur  mérite,  &  on  les  lira  iciavec 
d'autant  plus  de  plaifir.  que  M.  le  Clerc 
a  eu  foin  d'y  corriger  une  infinité  de  fau- 


s  Editions 


F    E   V    B.    1    E   B. 

,j  qui  les  défiguraient  dans  les  E 

précédentes.  Quant  aux  lacunes  qui  fc 
rencontrent  dans  les  derniers  Livres  de 
l'Hiftorien  Romain,  &  que  Fninsbinàut 
ne  s'eft  point  mis  en  peine  de  remplir, 
M.  le  Clerc  en  a  emprunté  les  Suplémens 
de  Charles  Sigeniui ,  &  de  l'Edition  Dau- 
phine. 

Le  X.  Tome  de  celle-ci  contient  une 
Table  des  matières  générale  pour  tous  les 
folumes,  &  XIV.  Cartes  de  Géographie, 
qui  repréfentent  l'ancienne  Italie, Ta  Gaule 
CiTalpine  &l'Erruriei  le  Latiura.laCam- 
panie,  la  grande  Grèce,  h  Sicile,  l'an- 
cienne Gréce&  fes  Ifles,  l'Afic  Mineure, 
la  Syrie  &i  la  Paîertîne  ,  l'Egypte  &  la 
Cyrenaïque,  l'Afrique, la  Mauritanie  8c la 
Numidie,  l'ancienne  Efpagne,  l'ancienne 
Gaule  ,  &  l'Empire  Romain.  On  voit 
par  là  que  M.  le  Clerc  n'a  rien  oublié  de 
ce  qui  pouvoit  contribuer  à  l'agrément  ôc 
à  l'utilité  de  cette  Edition.  I)  a  de  plus 
fait  imprimer  à  la  tête  du  premier  volu- 
me un  Catalogue exaft  de  toutes  les  Edi- 
tions de  Titc-Live  qui  ont  précédé  cel- 
le ci. 

Examen  des  Pr'mdpei  des  Ahhymiftes  fur  U 
Pierre  Pkiltjipbali.  A  Paris,  cheï.  Da- 
niel Jollet  &  Barthelerni  Girin.    1711. 

„  pp.  Ï54. 

H  6  VM 


lSû      J  O  U  RN 


T  'On  le  propofe  dans  cet  Examen  de 
A"'  combattre  les  principes  des  Alchymii- 
tes,  &  de  faire  voir  que  leurs préteniions 
n'ont  point  de  fondement.  Nous  rappor- 
terons ce  qu'on  nous  dit  fur  ce  fujer,  Se 
nous  ne  prendrons  aucun  parti  fur  une 
matière  qui  eit  peut-être  U  plus  obfcure 
de  toute  h  Phyfique. 

L'idée  des  Philofophes  touchant  la  Pier- 
re Philofophale  ,  eft  de  trouver  un  fiijet 
propre  à  recevoir  en  foi  ,  par  le  fecours 
de  l'Art,  une  vertu  capable  de  digérer  le 
mercure  des  métaux  que  l'on  nomme  im- 
parfaits ,  fie  de  lui  donner  une  fixité  & 
une  teinture  qui  puiffe  en  faire  un  vérita- 
ble or.  Ils  fe  font  appliquez  à  cette  re- 
cherche, parce  qu'ils  ont  crû  que  les  bas 
métaux  n'avoient  pas  acquis  leur  perfec- 
tion, &  que  la  Nature  voulant  en  faire  de 
l'or  étoit  demeurée  en  chemin  :  car  ils 
prétendent  que  l'or  eil  la  feule  chofe  par- 
faite dans  l'efpece  métallique.  Or  ils  fe 
propofent  d'achever  dans  ces  bas  métaux 
ce  que  la  Nature,  félon  eux,  y  a  com- 
mencé. L'Auteur  du  Livre  dont  nous 
avons  à  parler,  combat  d'abord  ce  prin-* 
ripe.  Il  dit  que  l'or  n'eft  point  plus  par- 
fait que  les  autres  métaui.  Pour'le  prou- 
ver il  remarque  que  la  perfection  d'une 
chofe  cli,  ou  de  pouvoir  fe  multiplier, ou 
d'être  de  J'iutcntion  ptea-.i«e  de  la  Na- 


t'i]  n'a  point  de  femence .  foit  en  puif- 
ice,  foit  en  aère,  &  qu'il  n'en  peut  a- 
ir;  il  employé  pour  leprouver  unCha- 
re  exprès.  Secondement  ,  il  prétend 
on  ne  fçauroit  dire  que  l'or  &  l'argent 
ent  plus  de  l'intention  de  h  Nature  que 
autres  métaux  ;  la  railbn  qu'il  en  don- 
,  c'c/l  que  les  uns  &  les  autres  n'en 
t,  dit-il,  que  des  accidens ,  comme  il 
oit  par  le  Chapitre  t.  de  la  Genefe, 
il  n'eft  fait  aucune  mention  des  mé- 
s  ou  minéraux  ,  mais  feulement  des 
,euux  &  des  animaux.  Il  conclud  de 
}ue  les  métaux  ne  (e  font  produits  qu'a- 
s  la  création;  que  ce  font  les  effets  du 
uvement  qui  s'entretient  dans  la  Na- 
;  ,  &  qui  par  l'action  &  le  mélange 
uit  des  principes,  fait  fortir  tantôt  une 
fc.   tantôt  une_autre,  d'où  il_  arrive 


S   SçAVANS. 

après  fa  chute,  l'or  &  l'argent  doive 
tje  regardez  comme  fort  inutiles,  puifi 
ne  peut  fabriquer  avec  ces  deux  mi 
les  inilrumens  neceffaires  à  la  vie,  i 
me  on  les  fabrique  avec  le  fer.  En 
le  fer ,  qui  au  dire  des  Alchymiftes 
le  plus  imparfait  de  tous  les  métaux 
fournit-il  pas  les  inftrumens  neceflai 
labourer  la  t«rre  ,  &  pourroit-on  en 
d'auili  bons  avec  l'or  ?  C'eft  pourq 
continue  l'Auteur,  dès  que  les  Améri' 
eurent  connoiflance  du  fer.  ils  changi 
avec  emprefiement  une  grande  qua 
d'or  contre  une  petite  quantité  de  fer 
L'Auteur  pour  mieux  convaincre 
leur  les  Alchymiftes,  entreprend  de  r 
trer  que  la  génération  fe  fait  tout  a 
ment  qu'ils  ne  fe  le  font  imaginez, 
qu'ils  ont  crû  qu'il  falloir  admettre 
toutes  les  générations  le  mâle,  la  fera 
&  la  putreradion.  11  dit  que  la  géi 
tion  n'eft  autre  chofe  que  le  premier  s 
gement  des  parties  de  l'individu,  déjà 
organilé;  ce  qui  ne  peut  s'accommudi 
yec  la  putréfaction  ,  qui  détrniroit  ce 
rangement.  Il  explique  ce  que  c'eft 
'  le  mâle  dans  le  règne  végétal  j  il  dit 
c'eft  l'efprir  univerfel  qui  cherche  à 
corporcr  &  à  fe  fpecifier  ;  que  les 
ciens,  faute  de  comprendre  cette  ve 
croyoient  qu'il  falloir  admettre  les  d 
fexes  dans  la  feuicaçc  du  végétaux ,  q 


V     ETMH       1711.  lS3 

appelloient  pour  ce  fujet  hermaphrodite» 
Nôtre  Auteur  ajoute,  que  quand  rofme 
il  ieroit  vrai  que  l'or  &  les  autres  métaux 
auroient  une  femence,  il  ne  faudroit  pas 
pour  cela  croire  qu'ils  pufTent  engendrer, 
parce  que  la  Nature  n'a  qu'une  voyepour 
fes  productions,  au  lieu  que  fi  l'on  admet 
la  tranfmutation  métallique  ,  on  lui  en 
donne  deux,  l'une  quielî  la  forrrutiondes 
métaux  dans  les  entrailles  de  la  terre,  par 
i'aflion  des  élemensi  &  l'autre,  h  géné- 
ration par  la  poudre  tingente. 

Les  Aîchymifles  répondent ,  que  l'Art 
étant  joint  a  la  Nature  ,  feait  faire  dans 
le  végétal  cette  féconde  génération,  lis 
en  apportent  un  exemple  dans  la  greffe 
qu'on  met  fur  un  arbre  d'une  autre  eipecei 
mais  cet  exemple  ne  prouve  rien  ,  dit 
l'Auteur,  ce  que  les  Aîchymifles  prennent 
ici  pour  une  féconde  génération,  n'étant 
qu'une  augmentation  de  nourriture  portée 
dans  cette  greffe,  ce  qui  fait  qu'elle  donne 
du  fruit  plutôt  qu'elle  n'auroit  fait  fi  on 
l'avoit  laiflee  fur  l'arbre,  llfaudroit,  con- 
tinuë-t-on,  pour  que  ce  fût  une  nouvelle 
génération,  que  les  branches  qu'on  laine 
fur  le  tronc  ,  produiiïlTent  un  fruit  de  la 
même  efpece  que  celui  qui  fort  de  la  gref- 
fe, ce  qui  n'eft  pas. 

Les  Alchymirtcs  apportent  encore  l'ex- 
emple des  poulets ,  qu'on  fait  éclore  à  la 
eur  des  fourj  &  des  atlianors  ;  owm 


184  Journal  des  Sçatani. 
ces  exemples,  nous  dit-on  ici ,  ne  j 
vent  point  non  plus  de  nouvelle  gé 
tion  :  car,  pour  parler  avec  ces  Phi 
phes,  il  faut  pour  la  génération  un 
fre  adif,  un  efprit  femïnal  ;  or  la  ch 
ne  donne  point  ce  foulfre  ,    elle  nt 

3 ue  l'exciter;  d'ailleurs,  la  compar 
ont  ils  fe  fervent  eft  fautive  en  r 
puifque  dans  la  projection  ils  donner 
foulrre  ou  cet  efprit  feminal  au  m  en 
fur  lequel  la  projection  eft  faite  ;  au 
qu'en  faifant  ecïorre  un  poulet  à  la  chs 
du  four  ou  de  l'athanor,  on  ne  fait  c 
chauffer  &  mettre  en  action  celui  qi 
cocq  y  a  fait  entrer,  fans  quoi  les  ï 
riors  les  mieux  graduel  feroient  fort 
tilts. 

Ils  '  allèguent  encore  l'exemple  d 
fougère  dont  on  fait  du  verre  ;  mai: 
exemple  ne  prouve  pas  mieux  que  le; 
très,  qu'il  fe  faûe  de  nouvelles  gér 
lions  par  le  moyen  de  l'Art.  Au  1 
traire  ,  dit  l'Auteur,  on  fait  ici  une 
truction  de  la  fougère  ,  les  cendres 
l'on  prend  pour  faire  le  verre  n'étant 
propres  à  multiplier  la  fougère.  Les 
chymides  preflez  par  tant  de  difficuli 
dit  nôtre  Auteur  ,  ne  peuvent  fe  fai 
que  par  la  quinteffence  ,  en  difant 
c'eil  cette  quinteflènee  qu'ils  cherchi 
c'ed-à-dire,  ce  pur  feu  qui  purifie  te 
3c  arec  lequel  on  vient  à  bout  de  d 


Février     1711.        »S) 

rer  le  mercure  :  Quinteffence  par  te 
moyen  de  laquelle  ils  promettent  de  gué- 
rir les  maladies  defefpcrees ,  de  rajeunir  les 
vieillards  ,  de  faire  porter  du  fruit  à  la 
terre  long  temps  avant  le  terme  ,  &c 
Quand  les  dUhymiftis  auraient  in  m>  ' 
admirable  quinte /finct ,  dit  l'Auteur,  , 
ffii/i  Dieu  leur  oscar  dertnt  i»  grau  de  fc 
■voir  les  poidt  aue  ta  Nature  feuit 
comme  eux-mêmes  le  difent. 

Rien  ne  prouvemieux  la  poffibilitéd' 
ne  chofc,  que  d'avoir  exiilé  j  nôtre  Ai 
teur  prétend  tirer  de  là  un  nouvel  ar 
ment  contre  les  Alchymiftes.  PuiCjue 
Alchymiiies,  dit-il,  veulent  nous  faire* 
tendre  qu'on  peut  mener  la  fubftance  mt 
talliquc  a  un  degié  de  perfefliouquenous 
ne  connoiffons  pas  ,  il  faut  qu'ils  nous 
fallent  voir  que  cela  cft  arrivé  dans  la  Na- 
ture, &  que  s'il  n'arrive  pas  aujourd'hui, 
c'eft  par  des  accidens  qui  arrêtent  le  mou- 
vement de  la  matière  ,  &  empêchent  cet- 
te matière  de  parvenir  aune  plus  grande 
digeliion  ,  comme  nous  le  voyons  dans 
les  orangers,  qui  produifent  du  fruit  d. 
le  Portugal  ,  à  caufe  de  la  chaleur 
pais,  Se  qui  n'en  donnent  point  en  Flan' 
dtes,  à  caufe  du  froid*   Mais  par  les  o- 

I  rangers  que  nous  avons  vus  en  Portugal, 
nous  fournies  perluadez  qu'il  cft  poflible. 
de  faire  porrer  du  fruit  à  ces  avbrcs  4m« 
un  piis  moins  chaud  ,  eu  leur  doiuvMA. 
USA 


JU- 

■et- 
>de 

s 

du 


ï86     Journal  des  Sçatans. 

une  chaleur  équivalente  à  celle  de  la  i 
tare-  Que  les  Alchymiftes,  reprend- 
là-deffus ,  nous  montrent  de  l'élixir 
foit  de  la  production  de  la  Nature,  n< 
dirons  que  leur  Art  n'eft  point  faux.  V 
la  le  précis  des  raifonnemens  de  ne 
Auteur  contre  l'Alchymie.  11  remarc 
outre  cela  les  fréquentes  contradiflic 
que  l'on  trouve  dans  la  plupart  des  Liv 
qui  font  écrits  fur  cette  Science ,  &  il 
lût  en  difant  :  Qu'en  doit  rtgardtr  l'Ahl 
mie  comme  une  imagination  fonte  àt  U  I 
•ville  de  quelqu'un  ,  qui  aureil ,  commt 
autre  Adam ,  foukahé  de  trouver  une  Scie 
qui  lui  eût  fait  voir  tous  ces  grands  prtdig 
&  qui  peut-être  communiqua  [aidées  à  qt 
qu'un,  m  Us  ayant  laijfhs  par  écrit, M  dt 
ni  eccajimi  à  un  autre  de  tes  fuivre,  V 
chercher  À  les  appuyer  de  quelque  chofi 
fenfibU,  v  «  fait  a'mfi  pajjêr  pour  une  ci 
Jirieufe  ce  qui  n'éteit  qu'une  imagination  a 
bitieufe  du  premier  Auteur.  Nous  lermil 
roas  ici  nôtre  Extrait. 

?  Explication  de  deux  Pierres  antiques  % 
«w,  l'une  du  Cabinet  du  Roi,  l'autre 
Cabinet  de  Air.  Bcurdaleue ,  dont  Mi 
moi/elle  LE  H.AT  vient  de  donner 
Eftamptt,   Par  le  Père    ToBUNIMl 

?tfuitt. 

Ah 
*  Tbée  du  Journ.  de  ftwowt  ,  V6 

me-  pî. 


à 


F    E    V     R    I    E    *        I7H.  lfrj 

A  bdmfieur  le  Uay. 

-p  Ou  tes  les  pcrfonnes  qui  aiment  le 
■*•  Arts  &  la  belle  Antiquité  ,  appren 
front  avec  jo  jre  qu'un  peu  de  contradiétîoi 
û'i  point  dégoûté  Mademoifelîe  le  Ha; 
de  la  refolution  qu'elle  avoit  prife  de  ren 
dre  plus  communes  &  plus  fenlibles,  le 
beautex  qu'un  Art  confommé  a  mifes  fa 
un  grandnombre  de  pierres  antiques.  Elli 
a  jugé  fort  rauiement  de  ces  difputes  qu 
s'élèvent  fouvent  dans  la  Republique  de 
Lettres  %  les  Critiques  tombent ,  &  le 
Ouvrages  dignes  de  l'immortalité  paflen 
fûrement  sus  fiécles  futurs. 

Les  deux  Antiques  qu'elle  vient  di 
faire  graver  ne  cèdent  point  à  celles  qu'elli 
a  déjà  publiées. 

La  Cornaline  du  Cabinet  de  Mr.  Bout 
dalouë  me  paroît  être  du  fameux  Pyrgo 
tele,  &  gravée  pour  Alexandre  :  laper 
fection  de  l'Ouvrage  fait  d'abord  fentir  1: 
main  de  cet  habile  Ouvrier,  mais  l'intel 
ligence  des  figures  repréfentées  fur  cett; 
Cornaline,  convainc  pleinement  qu'elle  : 
été  faite  pour  Alexandre,  &  par  Pyrgo 

Iicle. 
Quand  on  y  voit  une  femme  qui  poiï 
le  pied  gaucîie  fur  la  tére  coupée  d'w 
bomme,  Se  qui  s'éforce  de.  irtcws  ^ 
Guerrier  qui  fe  répare  d'ttte  m  ce  V' 
! 


ïBB  Journal  des  S  ça  van  s; 
rcur;  on  n'a  pas  beaucoup  de  peine  à  fe 
rappeller  une  belle  action  d'Alexandre  di- 
gne d'être  gravée  fur  la  pierre  :  on  peut 
la  lire  dans  Quinte-Curcc  livre  vm.  ci. 
m. 

Spîtamene  ami  du  perfide  Beflus  le 
meurtrier  de  Darius,  avuit  crû  qu'un  pou» 
voit  fans  crime  trahi  ni  n  traître,  ils'étoit 
faifidelui,  &  l'avoit  livré  à  Alexandre: 
bien-tôt  après  mécontent  d'Alexandre, au- 
près de  qui  les  perfiies  ne  iaifoient  pas 
fortune,  il  ne  lui  Fur  pas  plus  ridelle  qu'à 
Beflus;  il  fit  foulevet  la  Baânane,  Si  fut 
aflei  heureux  pour  interrompre  le  cours 
des  victoires  d'Alexandre,  &  pour  tailler 
en  pièces  un  Corps  de  douze  mille  hom- 
mes de-  pied  ,  &  de  trois  cens  chevaux 
envoyez  contre  lui.  Le  Vainqueur  de 
J'Alîe  occupé  ailleurs  diffimula  cette  perte, 
&  en  remit  la  vengeance  à  un  autreteuis: 
le  tems  de  la  vengeance  étoit  venu, mais 
il  n'étoît  pas  facile  de  l'exécuter.  Spîta- 
mene qui  connoiflbit  le  pais  fuyoit  pat 
des  routes  impraticables  devant  Alexan- 
dre ,  &  fe  déroboit  à  1a  valeur  de  fes 
troupes.  La  femme  de  Spîtamene  la  (fis 
d'une  fuite  fi  pénible  ,  employa  tous  fe» 
charmes  &  Tout  fon  crédit  auprès  de  fon 
mari,  pour  le  porter  à  la  foumifuon  8c 
à  la  confiance  dans  la  bonté  d'Alexan- 
dte.  Spitomem  qui  l'airaoit  éperdument 
entra  dans  des  foupçons,  yikiws. ,    *i  cr** 


.c  iuii  cwpui  iciacin  ;  lc  mi  puui  peu 

;ms  :  efclavc  de  fa  paffion ,  il  chercha 
réconcilier,  la  femme  qui  ifétoirpas 
-être  éloignée  des  deffeins  ambitieux 
fon  mari  la  foupçonnoit ,  &  qui  n'a- 
pas  perdu  le  fouvenir  du  péril  où  elle 
it  vûë  expofée ,  prit  le  parti  de  le  pré- 
r,  elle  l'aflaflina ,  &  porta  eUe-mëme 
:te  à  Alexandre.  Ce  Prince  s'étant 
ce  hors  de  fa  tente,  fut  à  la  vue  de 
jrbare  prêtent,  plus  indigné  de  l'inhti- 
ité  de  celte  époufe  infidelle  ,  que 
hé  de  fes  attraits,  &  du  plaitïrqu'elle 
ivort  fait  en  abrégeant  la  guerre  :  il  la 
Ta  de  fon  camp, 

:  crois  qu'on  ne  me  conteftera  pas 
ne  li  belle  action  meritoitque  Pyrgo- 
prit  foin  de  l'éternifer. 
e  Jafpe  du  Cabinet  du  Roi  eft  d'un 


i6q    Joor.wai.desSçavans. 

dans  la  main  gauche  du  jeune  hom 
Rien  ne  mérite  plus  d'attention  d; 
jafpe  que  les  figures  de  la  Déeffe 
nuit,  &  du  jeune  homme  à  qui  cl 
mer  fes  pavots  entre  les  mains.  C 
peut  prefque  douter  qu'on  n'ait  vou 
préfenter  Tauftine  &  Commode  : 
coup  de  Connoiffeurs  en  font  conv 
après  avoir  comparé  avec  une  grand 
plication  la  pierre ,  &  des  Médaille 
nettes  &  fort  bien  confervées  de  l'Ioc 
trice  &  de  fon  fils. 

Venons  aux  conjectures  que  cett 
femblance  m'a  fait  naître.  Cette  [ 
fut  apparemment  gravée  l'an  de  ( 
cent  fbixante  quinze  ,  dans  le  tems 
Marc-Aurele  déclara  prefque  en  n 
tems  Commode  Prince  de  1a  Jeunel 
Augufte:  c'étoit  le  moment  de  repi 
ter  ce  jeune  Prince  fous  la  figure  di 
leil  naiffant  qui  alloit  régner.  La  re 
blance  de  FautUne  avec  la  Déeffe  i 
nuit  renferme  un  peu  plus  de  ms 
l'Impératrice  avoir  l'art  d'endormir  1 
pereur  fur  bien  des  chofes,  &  prind 
ment  fur  fa  conduite  ;  les  pavots  fo 
fymbole  naturel  de  ce  pouvoir  de  1 
une. 

Commode  s'étoit  déjà  fait  conno 

&  l'onjugeoit  qu'il  reffembl oit  plus 

mère  qu'à  fon  père  ,  S*.  <\>it  VËtnçi 

Philofopiie  auioit  çoui  tou  ï&ï  w 


EE  v    b.  i  1  R      lin.  igt 

me  un  amouraveugle,  ou  une 
:  indolence  :  celui  gui  fit  graver 
îerre  ne  rêfifta  pas  à  la  lentation 
e  repréfenter  ce  qu'il  penfoir  4c  la 
Impériale.  Il  le  fit  fans  rien  ha- 
ies fymboles  étoient  grands ,  & 
lier  coup  d'œil  n'y  appercevoitque 
levant,  à  qui  la  Dëefledela  nuit 
mpirc  du  monde, 
ne,  me  dirci-rous,  ne  devoir  pu 
p  contente  qu'on  lui  fit  for  cette 
noncer  à  la  puiffanec  Souveraine 
rdefonfîls  :  ce  ne  de  voit  pas  être 
fujet  de  chagrin  pour  une  mère, 
urs  il  fe  peut  faire  que  la  pierre 
gravée  qu'après  la  mort  de  Fauf- 
i  arriva  cette  même  année  cent 
quinrede  J  Esus-CKmsT.deui; 
mois  après  l'aflbciation  de  fonfils 

dti  Saints  Ptns  accu/ex.  de  Plaiv 
A  Paris,  chei  le  Conte  &  Mon- 
,  Quai  des  Auguftins ,    près  la 

avée,  à  la  Ville  de  Montpellier. 
in  4.  pp.  640.  fans  y  comprendre 

re  dédicatoire,  la  Préface,  &  la 

Ouvrage  nous  vient  de  la  mêtaa 
1  gui  nous  a  donné  la  Réponft 
4*  Oraclti.     On  lettOUYe  «Y   — 


S» 


iy»     Journal  des  S  ça  y 

même  folidité  dans  les  preuves 
exactitude  8c  le  même  choix  i 
tations ,  &  la  même  éloque; 
ftvle.  En  un  mot  c'eit  le  R 
Jéluite  qui  c(l  Auteur  de  ce  T 
dédie  à  M.  l'Evêque  de  Stra 
fe  propofe  d'y  détruire  lepréjr 
répandu  dans  ces  derniers  tem 
prétendu  Platonifme  des  Pères 
préjugé  que  les  Sociniens  ont 
julqu'au  point  d'en  concltirre 
Saints  Pères  avoient  puifé  dans 
lofophie  la  première  idée  du 
la  Trinité.  Quelque  abfurde  q 
une  telle  prétention,  &  quelq 
pable  qu'elle  foit  d'en  jmpofer 
me  éclairé  ;  l'Auteur  a  crû  qi 
toit  une  réfutation  d'autant  plu 
que  quelques  Ecrivains  dont 
font  entre  les  mains  de  tout  le 
qu'on  ne  foupçonneroit  jamais 
fans  quelque  fondement  legitir 
de  cette  nature  ,  le  fuppofen 
•  comme  fuffiiamment  prouvé,  & 
dent  comme  une  efpec-c  de  pre 
cipe  fur  lequel  ils  peuvent  app 
ment  leurs  opinions  les  plus  t 
C'eft  donc  pour  difllper  de  par 
fions,  que  le  P.  Baltus  a  princ 
compofé  cet  Ouvrage  :  mais  il  < 
fe  foin  qu'il  a  pris  d'y  expofer 
blés  Jeniimem  des  ?cm  w*iw 


loTop 


1    B.    I    E    ï 


_  jphic  l'ayenne  en  général,  &  celle  de 
Platon  en  particulier .  pourra  ferra  auftl 
à  nous  en  donner  une  plu?  mile  iiée.  Se 
à  détromper  ceux  qui  l'elliraenr  &  qui  1» 
louent  trop ,  au  préjudice  de  la  Vérité ,  K 
fou  vent  même  de  la  Religion. 

Dans  ce  deffein ,  il  a  partagé  ce  Traité 
en  quatre  Livres.  Il  fait  voir ,  dans  le 
premier,  que  les  Saints  Pères  n'ont  point 
été  élevez  dans  la  Philofoplne  de  Platon. 
Il  employé  le  fécond  à  montrer  que  ces 
mêmes  Pères  n'ont  jamais  filin  la  Philo- 
(bpliie  Platonicienne,  fur  quelque  matière 
que  ce  pu  «Te  être.  Il  s'efforce  de  prouve 
dans  le  troifiéme,  que  non-feulement  ÎL 
l'ont  rejettée  &  condamnée  en  général, 
mais  encore  qu'ils  l'ont  combattue  dan 
tous  Ces  points  principaux  ;  qu'ils  en  or 
refuté  toutes  les  erreurs  avec  beaucoup  c 
force;  &  qu'ils  n'ont  rien  omis  poureoc 
fondre  Platon ,  Se  en  donner  du  mépris  à 
tout  le  monde.  Dans  le  quatrième  ca- 
fin,  il  examine  tous  les  prétextes  qui  ont 
fcrvi  de  fondemens  à  cette  aceufation  d 
Platonifme  intentée  aux  Perss  de  l'Eglifi 
8c  il  répond  aux  Objeélions. 

I.  Si  les  Saints-  Pères  ont  été 
fans  la  Philofophie  de  Platon  ,  ce  ne  p 
être  (dit  l'Auteur)    que    peur    l'une  de 
ces  trois  raifons  ;     où  parce  qu'otv  ewfeu 
gnoic  vulgairement  cette  Philofop\\\e  4ml* 
•-'--  Chrétiennes  t  où  i\%  éurieA-A'voS- 
1  ttvùx*  -, 


f  19+     Journal  uts  Sçatâni. 

.'  truits;  ou  parce  quedans  leurs  étudespar- 
ticulieres  ils  s'atta choient  à  cette  Philofo- 
pliie  par  préférence  à  toute  autre  i  ou  par- 
ce quelle  éroit  en  vogue  dans  les  Ecoles 
Payennes,  où  ces  Pères  avant  leur  con- 
verfion  pouvoient  l'avoir  étudiée  :  trois 
rapportions  dont  le  Père  lialtus  s'applique 
à  démontrer  la  fauffetë. 

Pour  commencer  par  !a  première,  il  eft 
fi  peu  vrai  qu'on  enfeignàt  la  Philofophie 
':  Platon  dans  les  Ecoles  des  Chrétiens, 
^j'on  ne  s'y  occupoit  alors  d'autre  chofe 
que  de  îa  k&urc  &  de  l'explication  de 
l'Ecriture  Sainte.  C'eft  de  quoi  l'on  peut 
aifément  fe  convaincre  par  ce  qu'Euféhe 
nous  rapporte  de  l'Ecole  Chrétienne  d'A- 
lexandrie, la  plus  ancienne  &  la  plus  fa- 
meufe  de  toutes.  On  n'y  enfeignoit  {dit] 
ce  Père)  que  les  Saintes  Lettres,  les  Scient 
ces  divines  ,  Us  dogmes  facrez.  ;  d'où  vienl 
qu'elle  a  toujours  porté  le  nom  à'EctUdm 
CatêMfii.  On  doit  faire  le  même  jug M 
ment  des  autres  Ecoles  Chrétiennes  de  m 
temps-la ,  telles  que  celles  de  Cefarée ,  d  J 
défie,  de  Nifibe,  8cc.    Loin  qu'onypi 

.    ferlât    la    Philofophie    profane  ,    loi) 
travailloit  a  en  réfuter  les  erreurs,  3t  3 
donner  de  l'horreur  auxFideles&  aux  J 
techuménes.  Ce  fut  dans  cette  v 
ligéne  ,  faint  Héracle  ,     faint  Pan» 

mnt  Denys ,  &  les  vaKia  ^m  \\iMM 

i  l'Ecole  d'Alexandrie  ,   ^îÀwmwJ 


I 


l'étude  de  la  Philofophie  Payenne  , 
quelle  ne  contribua  pas  peu  aux  erreurs  qui 
attirèrent  à  Orîgénc  tant  de  reproches  & 
de  cenfurcs. 

Il  eft  vrai  (continue  l'Auteur)  qu'outre. 
l'Ecole  des  Catiehèfa,  il  y  en  avoir  d'au- 
tres dans  Alexandrie  ,  où  des  Chrétiens 
mêmes  ont  enfeigné  la  Philofophie  publi- 
quement ;  témoins  Ammomus  Maître 
d'Ongéne  Se  d'Héraele,  fk  Anatolius  qui 
devint  Evêque  de  Laodicée.  Mais  ces 
Philofopbes  Chrétiens  ont-ils  adopté  quel- 
que feéte  en  particulier,  &  fur- tout  celle 
de  Platon,  comme  on  le  prétend?  Pour 
ce  qui  regarde  Anatolius  (répond  l'Au- 
teur )  s'il  s'eft  attaché  à  quelque  feéte  de 
Philofophie  ,  c'a  été  certainement  à  celle 
d'Ariftote  ;  6c  quant  au  fameux  Ammo- 
nius,  il  n'a  été  ni  Platonicien  ni  Ariflote- 
licien  ,  mais  choîfiflant  ce  que  l'une  & 
l'autre  feéte  loi  offroient  de  plus  raifonna- 
ble  ,  il  s'étoit  appliqué  à  tracer  un  nou- 
veau plan  de  Philofophie  ,  qui  ne  conte- 
noit  que  des  veriteï.  certaines,  telles  que 
h  Providence  de  Dieu,  &  l'immortalité 
de  l'Ame-,  fur  lefquellcs  il  f.uïoit  voir  que 
ces  deux  Philo  fo plies  croient  entietcraenC 
d'icebrdi  Ce  fut  atiffi  la  méthode  d'O- 
::gene  fon  Difciple  ,  ,qui  ne  pe'tmettoit 
aux  lier.1!  de  s'attacher  à  aucune  Cefte  4e 
li'ophfe  ,  ni  de  déférer  à  V  autorixe 
•un  Phihfophe;   &c  telle   a  été  auffiv 


a 
i 

l 


196     Journal  des  Sçavans. 

la  conduite  de  Clément  d'Alexandrie, pre- 
decefleur  d'Origéne  dans  la  Chaire  des 
Caiichifes  ,  aitifi  qu'on  le  peut  voir  dam 
fes  strotnei.  C'eft  a  quoi  s'accorde  par- 
faitement Laftance,  qui  croie  tresutileau 
Çhriftisurilme  de  recueillir  toutes  les  ven- 
iez éparfes  dans  les  différentes  ledes  des 
Fhilofophes ,  fans  faire  profeffion  d'aucu- 
ne Cet  éloiguement  des  anciens  Chré- 
tiens pour  tout  ce  qui  s'appelloit  feéiesde 
Fliîlofophes ,  étoit  fondé  (remarque  l'Au- 
teur) fur  ce  que  ces  différentes  feeles  fai- 
fant  partie  du  Faganifme  ,  étoientpar  là 
plus  oppofées  au  Chriiliamihic  quelesfec- 
tes  de  Luther  &  de  Calvin  ne  le  font 
aujourd'hui  à  la  Religion  Catholique  :  eu 
forte  qu'il  feroit  aufli  ablurde  d'aceufer 
les  Saints  Pères  d'avoir  fuivi  quelque  fefle 
de  la  Philofophie  Payennc  ,  que  de  les 
acculer  de  s'être  affectionnez  à  quelqu'une 
de  celles  des  anciens  Hérétiques. 

II  elt  inutile  d'objeéter  que  rien  n'em- 
pèchoit  alors  les  Sçavans  Chrétiens  de  lui- 
vre  les  Philofophes  Payens  dans  ce  qu'ils 
ayoient  de  conforme  aux  veritez  Chré- 
tiennes, ou  du  moins  dans  les  chofes  in- 
différentes à  la  Religion,  telles  que  font 
la  plupart  des  queftions  de  Phyfique;  de 
même  que  nous  les  voyons  aujourd'hui 
s'attacher  fur  ces  fortes  de  matières  aut 
>r;ncipes  d'Atiftote  ,  âî  ÎYilVkv  ,  de  Dé* 
locritc,    ôc  d'ï-pioaiç.    Usw«iî.%m.    ■ 


FEVRIER      I7II1  107 

gez  ;  le  Chriftianiline  d'à  pTéfent  ne 
l  en  cela  aucun  riique  ,  puifqne  le 
mime  elt  entièrement  éteint  ;  au  lieu 
fublîltoit  encore  du  temps  des  Saints 
s,  &  que  les  Pliilofbpb.es  en  e't  oient 
<Ius  nrdcus  détenteurs.  fie  le»  plus  tu- 
:  ennemis  du  Chriitianifme.  Les  Pe- 
toient  donc  fi  éloignez  de  favorifer 
'hilofophes,  même  fur  ce  que  ceux- 

Sicnt  de  meilleur,  qu'ils  les  j  traitent 
ujet  de  Plagiaires,   &  leur  font  voir 
s  ont  tiré  des  Livres  Sacrez  ce  qu'ils 
mocé  de  plus  raifonnable,  quoiqu'ils 
nt  fouvent  défiguré  ou  corrompu  par 
rand  nombre  d'erreurs.  A  l'égard  des 
mes  Phyiîqnes,  outre  que  les  SS. Pe- 
es  jugeaient  très-inutiles  à   caute  de 
ntitude  qui  les  accompagnoir  ,&  deï 
radiations  mutuelles  de  leurs  Auteurs; 
limoiciit  que  la  liaifon  de  ces  dogmes 
quelques-unes  des  veritez  eflentielles 
ni  la  Philofophie  l'ayenne  débitait 
reurs,  pouvoir  rendre  ces  mêmes 
de  dangereufe  conféquence.    Ce 
que  les  Chrétiens  faifoient  de  la 
e  elt  mis  ici  dans  tour  fon  jour  par 
sîgnages  d'Eutebe  ,    de  rHiftorien 
,  de  Theodoret ,    &  de  Laétance. 
rien  n'ell  plus  agréable    fur  cela 
raillerie  ingénieule  que   fait  Hct- 
des  dite/s  ientimens  des  ïVÎ\\oVa- 
udmit  ici  principes  des  cot^s  ta\m- 
I   3  rà& 


jo8     Journal  des  Sçavani. 

relsi  raillerie  très- cou  forme  à  cellesqu'on 
lit  fur  ce  fujet  dans  quelques  Dialogues  de 
Lucien.  „  Si  je  fuis  Anaxagore  (ditHer- 
„  mias)  il  m'apprendra  que  c'eft  un  être 
„  fpirituel  &  intelligent  ,  qui  a  donné 
,  commencement  à  l'Univers,  &  qui  en 
,  a  arrange  routes  les  parties  ;  lorsqu'il 
,  nie  dit  cela  ,  je  l'eflime,  &  me  l'ou- 
,  mets  à  fon  femimenti  mais  voici  Me- 
,  liiTus  Se  Parraéuide ,  dont  le  dernier 
,  dans  fes  beaux  vêts  m'apprend  que  cet 
,  Univers  eft  éternel ,  infini,  immobile, 
,  &  toujours  fcrablable  à  lui-même  &  je 
,  ne  fçai  comment  il  arrive  qu'il  me  fait 
,  entrer  dans  fon  fentiment.  Parménide 
,  chafle  donc  Anaxagore  de  mon  efprit. 
,  Lorfque  je  crois  être  fort  affermi  dans 
,  cette  opinion,  Anaximéne  en  mecriant 
,  aux  oreilles;  Et  moi,  dir-il,  je  vous 
,  foutiens  ,  que  tout  cet  Univers  n'eft 
,  autre  chofe  que  l'air ,  qui  étant  épaifîi , 
,  fait  l'eau;  étant  raréfié  ,  fait  le  feu;  8Ï 
,  qui  retournant  en  fon  premier  état,  de- 
,  vient  comme  il  étoit  auparavant  ,  de 
,  l'air  pur.  Je  commence  donc  à  entret 
,  dans  les  idées  d' Anaximéne,  &  je  m'af- 
,  feétionne  à  lui.  Là-dcffus,  trnpédo- 
,  de  le  prefente  à  moi  tout  en  colère, 
du  milieu  des  foumaifts  du  Mont 
,  Etna  me  crie,  que  l'inimitié  &  l'amitié 
,  font  les  principes  de  \o\wes  chofes; 
celle-ci,  ea  les  affeïçfeW-iv,  ctWw.  ** 


Fiviiiu    lin. 
les  feparant;  &que  leur  oppofilion  mu] 
,,  cuelle  eft  la  caulé  de  tous  les  effets  :  au 
,,  icfle.je  dis,  ajoute- t-îl, qu'ils ibntfem-1 
,,  bhbles  &  dilTemb)ab!es,infïn;'i  ScfinisJ 
„  éternels  &  néanmoins  produits  dans  Jc| 
„  temps.    Vous  dites  des  merveilles, 
„  Empédocle,  je  vous  fuivrois  volontiers  1 
„  jufques  dans  vos  fournaifes,  A  Protago- 
„  re  en  me  tirant  d'un  autre  côté  ,   ne 

'  „  ro'artêtoit  en  diiant,  que  l'homme  eft 
„  le  terme  &  la  règle  de  tout  :  que  ce 
,,  qui  tombe  fous  fes  fens  eft  réel  ;  que 
„  ce  qui  n'y  tombe  pas,  n'eft  rien.  Ga- 
„  gné  par  ce  difcoursdeProtagore,  je  me 
„  réjouis  que  l'Univers  8c  la  plupart  des 
„  choies  qu'il  contient,  demeurent  ainû 
,,  à  l'homme.  Thaïes  d'un  autre  côté 
„  me  fait  ligne,  qu'il  va  me  découvrir  la 
„  vérité,  en  m' apprenant  que  l'eau  eft  le 
„  principe  de  toutes  chofes,  que  tout  ell 
„  formé  par  l'humide  ,  Bt  que  c'cll  dans 
„  ce  même  humide  que  tout  fe  réfout, 
„  Et  pourquoi  ne  evois-je  ;  pas  Thaïes î 
„  N'eft-il  pas  le  plus  ancien  de  tous  les 
„  Philofopnes  de  la  feéte  loniqueîNean- 
„  moins  Anaximandre  fon  compatriote 
„  m'avertit  que  le  mouvement  eft  ante- 
„  ricurement  à  tout,  le  principe  de  tou- 
„  tes  chofes;  puifqu'il  eft  la  caufe  de  la 

i  „  production  des  unes ,  k  de  U  «nv»j- 

1  ,,  rjon  dff  sufres,    Au  refte  ,   t'eSiu-fc. 

L,  homme  fort   digne   d'èxie    «^    «^  ^ 
I  4  «  ^"à 


30D      JOCRNA-L   DES  SçaVÀNS. 

„  naximandre.  Mais  Archelaùs  qui  don- 
i,  ne  pourprincipe  le  chaud  &  le  froid, 
,  n'eil-il  pas  aufli  fort  croyable  ?  Néan- 
,  moins  Platon  ,  ce  beau  parleur  ,  n'eit 
,  pas  de  fon  avis,  puifqu'il  apporte  pour 
,  principes  Dieu,  la  matière,  &  l'idée. 
,  A  ce  coup  je  me  rends;  car  comment 
,  ne  me  ibumettrois-je  pas  à  ce  Philo- 
,  fophe,  qui  confirait  un  char  fi  magni- 
,  fique  à  Jupiter?  J'entens  néanmoins 
,  derrière  moi  Ariftote  fon  Difciple,  qvii 
„  jaloux  de  cette  gloire  de  Ton  Maître, 
,  me  fuggere  d'autres  principes  ,  fçavoir 
,  l'acte  Ce  le  fujet  :  que  le  premier  eft 
,  incapable  de  recevoir  aucune  qualité; 
,  mais  que  le  fécond  en  reçoit  quatre, 
,  le  fec ,  l'humide  ,  le  chaud ,  &  le  froid; 
,.  &  que  c'eft  par  le  changement  de  ces 
,  quatre  qualitez  ,  qui  fe  fuccedent  les 
,  unes  aux  autres ,  que  tout  eil  produit 
,  &  détruit.  Je  fuis  fatigué  de  tant  d'o- 
,  pillions  qui  m'entraînent  depuis  fi  long- 
,  temps  haut  8c  bas;  je  veux  donc  m'ar- 
,  rèter  à  celle  d'Ariftote  ,  aucune  aurre 
,  ne  me  troublera  plus.  Mais  que  ferai- 
,  je  >  d'autres  Philofophes  plus  anciens 
,  ne  me  lailfent  pas  l'cfprit  tranquille, 
,  Phérécyiie ,  Leucippe ,  Democrite ,  &(c.4i 
Il  ne  reile  plus  qu'à  examiner  ,  fi  le 
Piatonifme  étoit  la  Philofophie  dominante 
dans  les  Ecoles  l'ayenvies ,  lie  ft  c'eft  dans 
ces  Ecoles  gtic  les  ancittfi  V  «<"  ' 


F  E  U  1  t  »  lllt, 
1  la  puiier.  Mail  c'eit  une  fup. 
ii  (félon  l'Auteur)  n'a  nulle  Trai-fetn- 
mblance.  Car  non-feulement  tomes  les 
autres  feflcs  prîtes  enfemblc  l'emportoicnt 
pour  le  nombre  fur  celle  de  Platon ,  maïs 
il  eil  certain  de  plus,  que  les  Platoniciens 
dans  les  trois  premiers  iïedes  du  Chriftia- 
Di'Jine,  ont  été  les  moins  nombreux  par 
rapport  aux  autres  feéïes  confiderces  en 
jarticulier.  On  nous  donne  enfuite  une 
-tiftoire  abrégée  de  la  feete  de  Platon  ou 
les  Académiciens  ,  p.ir  laquelle  il  paroît 
'ue  cette  Philofophie  ,  prefque  atifli-tor 
'a  mort  de  Platon,  tomba  en  déca- 
,  les  Difciples  de  ce  Philoibphe 
fant  abandonné  ou  corrompu  la  plupart 
s  fes  dogmes.  C'efl  ce  que  firent  ftree- 
'  s,  qui  faifoit  profeffion  de  douter  de 
it,  Catneades  &  Cluomachfls  Auteurs 
'mietioiCénje  Académie,  Philon  &An- 
tiochus  chers  d'une  quatrième  &  .d'une 
cinquième;  de  manière  qu'il  la  naifiànce 
du  Chriflianifme  la  Philofophie  Platoni- 
cienne le  trouvoit  absolument  ruinée.  On 
n'entend  plus  parler  d^  Elatcfwdens  jul- 
qu'au  règne  des  Antonina.  Suus  Galien, 
Plotin  entreprit  de  rétablir  le  Phtonil'me; 
BOA»  tous  lés  efforts  n'en  multiplièrent 
guéres  les  Seébteurs,  fi  nous  en  croyons 
Lufebe.  Les  autres  Sectes,  au  contraire, 
étoient  donnantes  dans  les  premiers  &t- 
W$AcïEgiirgi  fur-tout  celles  des  Viù- 


loi  J  on  US  AL  DES  Sçavunî. 
pntcticiens ,  des  Stoïciens ,  &  même  des 
Epicuriens,  Mais  (ajoute  l'Auteur)  c'eft 
dans  les  Ecoles  de  Rhétorique  que  fe  font 
formel  la  plupart  des  anciens  Sçaïans 
Chrétiens  :  &  il  n'en  e(l  forti  qu'un  très- 
petit  nombtc  de  celles  de  Philofophic,qui 
etoient  regardées  comme  le  centre  de  l'i- 
dolatrie  &  de  l'impiété  ,  particulièrement 
celles  des  Platoniciens. 

II.  L'Auteur  après  avoir  montreque  les 
Saints  Pères  n'ont  point  été  élevei  dans  le 
Platonifme,  s'attache  à  prouver  qu'ils  ne 
l'ont  point  fuivi;  non  pas  même  ceux  de 
ces  Pères  ,  qui  avant  fleur  converfîon  a- 
voient  fréquenté  les  Ecoles  Platoniciennes 
Ilsrejeïtoicnt  la  Philofbphie  payenne  en' 
général,  8c  celle  de  Platon  en  particulier. 
avec  d'autant  plus  d'horreur  ,  qu'ils  la 
legardoient  comme  faifant  partie  du  Pa- 
ganifme.  En  effet  ,  des  trois  genres  de 
Théologie  payenne  qu  établirent  Varron, 
&  divers  Autcuis  après  lui ,  Il  Théologie 
Phil  ofb  phi  que  étoit  la  plus  confiderable, 
&  celle  qui  fe  counoit  le  plus  du  noraftt 
de  l'autorité  de  Platon.  Les  Saints  Pères 
ne  pomoientdonc  marquer  trop  d'éloignc- 
ment  pour  les  opinions  de  ce  Philofophei 
&  c'eit  la  conduite  que  tous  ont  tenue', 
comme  le  fait  voir  le  P.  Baltus ,  en  com- 
mençant par  Saint  Juflin ,  qui  étant  le  feul 
des  Pères-  des  premiers  ficelés  nourri  dans 
ie  iVatoniimc ,    pounaa  eut  fo^rooé 


PFivut»  au,  303 
d'en  avoir  introduit  les  dogmes  dans  1c 
Chriftianiimc.  Maïs  c'eft  de  quoi  l'on 
pourra  fe  defahufer  enconfulrant  les  divers 
partages  qu'en  a  recueillis  notre  Auteur. 
On  y  verra  S.  Juflin  rejetrerégalement  la 
Philofophie  de  Platon  &  celle  d'Ariilore, 
même  dans  ce  qu'elles  paroiflént  avoir  de 
plus  différent  ;  &  ne  reconnoître  pour  fes 
véritables  Maîtres  en  Philofophie  que  les 
Prophètes  &  les  Apôtres.  Tertullien  s'eft 
élevé  contre  les  Platoniciens  beaucoup 
plus  que  eontrerous  les  autres  Phîloibphes. 
Théophile  d'Antioche  ne  leur  a  pas  été 
plus  favorable.  Lacunce  a  combattu  avec 
la  même  vigueur  la  Philofophie  payenne 
dans  toutes  fes  parties;  il  s"elt  appliqué  â 
expofer  en  particulier  les  égaremens  de 
Platon;  &  le  fentiment  de  S.  Cyprien  fc 
trouve  a  peu  près  conforme  à  celui  de 
Laitance.  Tous  ces  faits  font  ici  jufli- 
fiez  par  une  foule  de  paffages  rapportes 
en  leur  langue  naturelle  Se  dans  toute  leur 
étendue'. 

A  toutes  ces  autoritei  le  P.Baltusjoint 
fes  témoignages  de  S.  Auguftin  &  d'Eu- 
febei   témoignages  d'autantplus  authenti- 
ques, que  ces  Pères  ont  employé  de  gros 
volumes  à  la  réfutation  de  toute  la  Théo- 
logie payenne,  &  particulièrement  de  la 
Philofophie  de  Platon  ,    qui  en  étoit  l'ef- 
i     pece    la   plus    dangereufe   ôc  la   p\us  fc- 
I     duijanie.    C'eâ  le  but  que  S.     Àue,Mft'm. 
I  6  ■itft. 


204    Journal  des  Sçavans. 

s'eft  propofé  dans  fcs  Livres  de  ta  Cité  dt 
Dieu,  où  il  réfute  les  erreurs  des  Platoni- 
ciens. Jl  eft  vrai  qu'il  les  préfère  aux  au- 
tres Phîlofophes  ;  mais  il  ne  les  eftime 
meilleurs  que  par  comparaifon  à  de  plus 
mauvais  :  préférence  qui  ne  leur  fait  pas 
beaucoup  d'honneur.  Il  compare  Ici  Pla- 
toniciens aux  grenouilles ,  qui  fe  la'ifem  quand 
h  Cielmnne\  il  dirque  leurs  opinions  font 
de  grandes  faties  dt-  quelques  grandi  hommes; 
&  il  condamne  même  dans  les  Rciraiïaiicni 
quelques  louanges  allez  médiocres  qu'il 
leur  avoir  données;  fort  éloigné  fur-tout, 
ainii  que  les  autres  Pères,  d'adopter  leurs 
expreffions.  Quant  à  Eufebe  ,  fon  Té- 
moignage eft  d'autant  moins  fufpect, qu'en 
qualité  d'Arien  ,  il  devoït  eue  affeftionné 
a  Platon.  Cependant  il  ne  laifle  pas  dans 
fes  Livres  de  la  l'réparathn  Lvangtliaui ,  de 
combattre  fortement  la  l'hilofopîiie  Plato- 
nicienne, fondé  fur  deux  railbns  principa- 
les. La  première,  c'ell  que  tout  cequ'il 
y  a  de  bon  dans  cette  Philofophie  ,  foit 
en  Morale,  foit  en  Logique  ou  en  Phy- 
fique,  vient  originairement  de  la  doctrine 
des.  Hébreux  ;  &  qu'aînli  on  doit  aban- 
donner les  ruifTeaux  pour  aller  puifer  dans 
la  fource.  La  féconde  raifon  qu'allègue 
Eufebe,  eft  tirée  des  erreurs  monftrueufcs 
de  cette  Philofophie,  tk  de  l'inutilité  de 

h  pJùnart  des  queftions  qui  s'y   traitent; 

w  quoi  il  oppoTe  Vanùci\mc  »  \i  tw.\\sàe. 


Fiv*m  tyii,  10$ 
&  la  pureté  inaltérable  de  h  PhilofopViie 
desHébrcux.  On  peut  voir  ce  fentiment 
d'Eufebe  expofé  fort  au  long  dans  les  Cha- 
pitres VIII,  IX,  &  X.  de  ce-  II.  Livre.  ' 
Le  Père  Baltus  non  content  de  toutes 
ces  preuves ,  qui  femblcnt  juftifier  allez 
les  Pères  de  cet  attachement  prétendu  pour 
le  PJatonifme  ,  en  met  encore  plusieurs 
autres  en  œuvre.  La  première  dî  em- 
pruntée des  Commentaires  de  ces  mêmes 
Teres  fur  l'Ouvrage  des  lîx  jours  ;  Com- 
mentaire! dan*  leftjuels,  s'ils  eulTent  iuivi 
h  Pliilofophie  de  Platon  ,  ils  n'auroient 
pas  manqué  d'expliquer  ces  premiers  Cha- 
pitres de  la  Genéfe  conformément  auSyf- 
léme  de  cette  Phïlofophie;  ainfiqu'enont 
ufé  la  plupart  de  nos  Interprètes  modernes, 
qui  fe  font  efforce!  d'ajufter  l'explication 
de  ces  memes  Chapitres  aux  hypothéfes 
des  Philofophes  dont  ils  étoientfeetateurs. 
Les  Saims  Pères  en  ont  ufé  tout  différem- 
ment par  le  profond  mépris  qu'ils  avoient 
pour  toute  la  Philofophie  profane.  Loin 
de  fuivre  les  fentimens  Platoniciens  dans 
leurs  Commentaires  fur  l'Hexamiron  ,  la 
première  chofe  qu'ils  font  c'eft  de  les  re- 
jettet;  témoin  S.  Baille,  S.  Ambioife,& 
d'autres  plus  anciens.  Ils  refufent  meme 
de  les  admettre,  ces  fentimens,  fur  des 
points  où  ils  pourroient  s'accorder  avec 
l'Ecritute;  comme  touchant  les  eaux  c^ïi 
ioni  au  deûbs  du  Firmament  ,  tou&wit 

i7  \«. 


12o6  Journal  desSçavans, 
la  figure  du  Monde,  &c.  Du  relie, 
que  outrée  qu'air  été  endiverfes  oct 
cette  avcrfion  des  Pères  pour  to 
Philofophie  payenne  )  elle  ne  lail 
de  fournir  une  preuve  évidente  qu'il? 
point  été  Platoniciens.  Mais  une  ci 
tance  qui  confirme  merveilleufemen 
vérité, ce  font  lesreprochesque  lesP 
faifoient  aux  Chrétiens  ,  d'avoir  i 
toute  Philofophie  i  reproches  qui  fe 
vent  dans  Tatien  ,  dans  Otigcne  i 
Celfe  ,  dans  Eufebe  ,  &  dans  S.  C 
contre  Julien  l'Apoftar.  Il  eft  facile 
percevoir  par  les  termes  dans  lefqut 
font  conçus ,  &  par  les  répotifes  qu' 
foient  les  Chrétiens  ,  que  s'ils  pi 
voient  en  généra!  toutes  les  fedes  d< 
lolbphie,  ils  en  vouloient  fur-tout  à 
des  Platoniciens,  qu'ils  décriaient, & 
ils  faifoient  voir  les  abfurditci  en  I 
icncontres.  Alaii  (  leur  dil'oit  Julien  ) 
queidonc  étudiez-vous  les  Sciences  des  I 
pu'ifqut  -vaut  dites  (tue  vos  Ecriturts  [m 
pour  vous  rendre  habiles  en  tout?  Il  ri 
de  la  réponfe  que  fait  S.  Cyrille  à 
objection,  que  les  Chrétiens  n'eflim 
dans  les  Livres  du  Piiganifme  que  te 
Langage ,  &  rejettoient  tout  le  refte. 
Une  autre  preuve  de  roppofitioti 
Saints  Pères  ,  a  la  Philofophie  paye 
Se  qui  paroitra  pem-être  plus  fenliblc 
toutes  les  précédentes;  c'elt  que  ceui 


KFium  rjii.  107 
voulu  juftifier  l'afage  que  Von  a  f»t 
de  la  Philolbphie  d'Ariftote  dans  les  der- 
niers fiecles  ,  ne  trouvent  rien  dans  les 
PeresderEglifequiautonleun  pareil  tîfage; 
ce  qu'on  tait  voiricipar  l'exemple  de  Met- 
chier CjmS: du  P. P(M«.EnfinlcP.Bartuî  tire 
fa  dernière  preuve  des  reproches  que  les  Pè- 
res ont  faits  aux  Hérétiques,  d'avoir  fuivi 
la  Philotophie  Platonicienne,  8c  d'en  avoir 
emprunté  leurs  erreurs  :  8c  c'ell  ce  qu'on 
met  ici  dans  une  entière  évidence. 

Nous  Tommes  obligez  de  renvoyer  a  a 
Mois  prochain  l'Extrait  des  deux  derniers 
Livres  de  cet  Ouvrage. 

Traité  de  la  Maladie  Vénérienne ,  ©•  des  re- 
mèdes qui  conviinncnt  à  /.i  guérifon.  De 
Charles  Musitan  ,  Médecin  de 
Naplts.  Neu-vrltcmcnt  traduit  avec  des 
Remarque!  ;  par  M.  D.  V***.  Maître 
Chirurgien  juré  de  Paris.  A  Trevour , 
6c  fe  vend  à  Paris  chez  Etienne  Ganeau. 
i7ir.  vol.  in  iz.  deux  Tom.  I.  Tom. 
pp.  414.  II.  Tom.  pp.  4*3- 


la  traduction  ,  eft  un  petit  Ouvrage 
que  Charles  Mufitan  ,  Médecin  de  Na- 
ples  ,  fort  renommé  pour  le  traitement 
des  Maladies  Vénériennes ,  fit  imprimer 
il  y  a  quelques  années ,    à  la  fin  de  fon 


Co 


Journal  des  Sç  av  ans. 
Cours  de  Chirurgie.  La  Médecine  ,  re- 
marque le  Traducteur  ,  ne  nous  a  rien 
lai  fie  de  plus  complet  fur  ces  maladies, 
aucun  Auteur  n'étant  fi  bien  entré  que 
celui-ci  dans  le  détail  de  tous  les  fymp- 
toraes  qui  accompagnent  un  mal  fi  dan- 
gereux. Cependant  quelque  idée  avan- 
tageufe  qu'on  doive  avoir  de  cet  Ou- 
vrage confideré  en  foi  ,  le  Traducteur 
t  (ça  trouver  le  moyen  de  le  rendre  en- 
core meilleur  ,  par  des  Remarques  Cri- 
tiques qu'il  y  a  mêlées  ,  pour  empê- 
cher'les  jeunes  Chirurgiens  de  donner  a- 
veuglément  dans  des  méthodes  ,  qui 
étant  excellentes  en  certains  païs  ,  ne 
font  pas  toujours  telles  en  d'autres.  Cet 
avettiifement  cft  neceflaire  à  ceux  qui 
liront  le  Traité  dont  il  s'agit,  Nous  a- 
jouterons  même  que  quand  on  examine 
avec  attention  les  véritables  fcniiruens  de 
Charles  Muiltan  fur  la  vertu  des  remè- 
des qu'il  prefetit  ici  ,  on  reconnoit  aiïî- 
ment  qu'il  borne  leur  efficace  à  la  cure 
radicale  des  Maladies  Vénériennes  le» 
plus  récentes  ,  &  à  la  fimple  pallialion 
de  celles  qui  font  invétérées.  En  eflêt.aprèf 
avoir  donné  les  plus  grandi-  éloges  aux 
remèdes  dont  il  s'agit  ,  il  convient  au, 
Chapitre  xix.  de  la  troifiéme  Partie,  que 
les  douleurs  de  cette  maladie  font  quel- 
quefois tellement  opiniâtres  ,  que  ne  cé- 
dant ni  aux  remèdes  vulgaires  ni  aux  re- 


x  Fivrie»     1711.         109 

medes  chymiques,  il  faut  alors  avoir  re- 
cours au  parfum,  6c  aux  onctions  mercu- 
riales, comme  aux  extrêmes  remèdes  Se 
aux  pluspuiflans.  Or  fi  ces  onctions  8t 
ces  parfums,  par  la  falivarion  qu'ils  pro- 
curent,font,  de  l'aveu  même  de  l'Auteur, 
plus  puiûans  &  plus  efficaces  pour  guérir 
les  fymptomes  obftinei  de  la  maladie  dont 
il  s'agit ,  que  ne  le  font  tous  les  autre* 
remèdes  qu'il  enfeigne,  les  Chirurgiens  de 
France  ont  raifon  de  traiter  d'abord  cette 
maladie  par  le  mercure,  puifque  c'eft  le 
moyen  le  plus  fur  &  le  plus  infaillibleque 
l'on  puifle  employer  pourU  guérir-  Ceux 
qui  fuivent  une  autre  méthode  dans  ces 
pais ,  ne  font  pas  fufhTamment  autorifez 
en  cela  par  le  fuccès  que  ces  mêmes  mé- 
thodes ont  coutume  d'avoir  dans  les  par» 
étrangers  où  elles  fe  pratiquent.  L'on  fçait 
que  les  maladies  fe  doivent  traiter  diffé- 
remment, non-feulement,  par  rapport  à. 
l'âge  des  malades ,  &  à  leur  conffitution , 
mais  encore  par  rapport  aux  climats  où  ils 
vivent.  Quant  à  cette  traduction,  M. de 
Vaux  paroït  s'être  moins  attaché  i  fuivre 
la  rigueur  de  la  lettre,  qu'à  rendre  claire- 
ment les  penfées  de  fon  Auteur.  Cepen- 
dant i!  n'a  pas  négligé  de  traduire  les  ex- 
preCîons  de  Mufitan  en  des  termes  con- 

I    formes  auLatin,  lorfque  le  géniedesdeux. 

1    Langues,  8c  le  fujet  ,   l'ont  çû  toaSivi. 

I   Nous  zvors  remarqué  au  commenccme.'W-, 


I 


L 


Fetmi»  1711-  1:1 
'„  iniflbit  par  là  de  plus  en  plu;  dans  k 
»,  chemin  de  la  venu.  En  efifel  .  il 
„  cft  ordinaire  à  toutes  fortes  de  Medc- 
,,  cins  de  concevoir  d'autant  plus  de  dé- 
«  goût  pour  les  femmes,  qu'ils  font  plus 
„  fréquemment  engager  par  leur  état  à 
„  être  ies  témoins  de  leurs  infirmitci  les 
„  plus  fecrettes ,  comment  Mufitan  quia 
„  embraffé  le  célibat  dès  fa  jeunelle  ,  & 
„  qui  a  toujours  regardé  1«  femmes  avec 
„  indifférence  ,  feroit-il  ébranlé  dans  fa 
,,  vertu,  ne  les  voyant  que  chargées  d'ul- 
„  ceres  ?  Cependant  il  fe  trouvera  peut- 
„  être  quelque  Lecteur  bizarre  qui  s'étort- 
„  rtera  que  l'on  veuilledire que  MuGtanfe 
,.  foiteompor  té  comme  Ul  y  fie  a  l'approche 
„  des  Sirènes ,  &  qu'il  ait  même  m  arqué 
„  plus  que  lui  de  force  &  de  fermeté. 
.,  Mais  que  ce  Lecteur  s'étonne  doncauffi 
,  que  l'intégrité  de  les  mœurs,  &  fes  au- 
,  très  bonnes  qualité* ,  ayent  porté  Son 
1  Eminence  M.  Antoine  Pignatelli,  Pic- 
,  tre  Cardinal  de  la  Sainte  Eglife  Ro- 
,  maîne  ,  &  Archevêque  de  Naples, 
,.  à  le  meltic  au  nombre  des  Confef- 
„  feurs  à  qui  il  confioit  le  pouvoir  d'ab- 
.,  foudre  des  cas  qui  lui  étoient  refervrt. 
.,  Au  telle  ,  cette  furprife  ceiTera  quand 
1,  ou  fçauri  que  ce  Médecin  a  évité  dans 
„  fa  conduite  un  autre  écueil  du  moins 
„  auffi  dangereux  ,  e'efl  celui  de  l'a- 
,.  varice,  s'éunt  toujours  attache  à  fervir 


I 


lli     Journal    des  Sç*v*ns, 
',,  tout  le  monde  également,  &  à  ne  rien 
„  faire  qui  put  Cire  mal  expliqué  :  car  on 
„  nefçauroitaflez,  exprimer  quelle  a  été  fa 
„  charité  envers  les  perfonnes  de  la  plus 
„  baiïe  condition;  loin  de  leur  demander 
„  aucun  honoraire,   il  a  toujours  refuie 
„  de  le  recevoir  toutes  les  fois   qu'elles 
,,  ont  voulu  lui  marquer  leur  reconnoif- 
„  fance  ;    &  en  leur  rendant  les  viiites 
„  ncceffaîres,  il  leur  a  tres-fouvent  don- 
„  né  des  fecours  confiderablesde  fon  pro- 
„  pre  fond,  &  toujours  fes  remèdes  g n- 
.,  tuitement.     Pont  ce  qui    cil  des  per- 
„  fonnes  riches,  il  re  ce  voit  agréablement 
„  la  tecompenfc  honnête  qui  lui    étoit  i 
„  offerte;  mais  i'averfion  qu'il  avoitna- I 
„  turellement  pour  le  faite  ,   ne  lui  per-  I 
„  mit  jamais  de  fe  biffer  fléchir  aux  inf-l 
„  tances  de  quantité  de  grands  SeigneursJ 
„  qui  le  vouloient  engager  à  les  voijf 
„  familièrement   ,     &    à   s'impatroniferf 
„  pour  ainfî  dire  ,     dans  leurs  maiibnj 
„  Content  d'une  vie  Philofophique , 
„  a  toujours  méprifé  les  richefles ,    : 
„  gardé   la  faveur    des  Grands    cornj 
H  une  fumée  ,     5:  préféré  a  toutes  c 
,,  fes  le  plailir  de  pouvoir  donner  < 
„  que   temps    à   fes  études.     Enfinï 
„  plus  grand  foin  a  toujours  été  deï 
„  facrer  lés  travaux  &  fa  plume  à  l'uj 


i  t  h  oe  i  Cornes  Juridîcns.  PmfiW, 
d  Dimy/îum  Martini  ,  via  ^ac*~ 
,  (ub  ji%no  Smfii  Auguflim.  C'cft- 
:re  :  Le  Guide  du  Juriftinfultti.  A 
is  ,  chez  Denys  Mariette  ,  rue  S. 
ques ,  à  l'enfeigne  de  Saint  AuguT- 
.in  ri.  pp.  zoo. 

corn  de  M.  Pithou  à  la  tete  d'un 
ne  de  Droit ,  eft  un  de  ces  nomi 
ax.  qui  préviennent  en  faveur  du  Li- 
On  a  donné  à  cet  Ouvrage  le  titre 
iet  de  Cornes  Juridiats,  pourfe  con- 
er  à  l'intention  de  l'Auteur  ,  qui  a- 
intitulé  lui-même  Comit  iheolcçus, 
:gé  des  grands  principes  de  Theolo- 
qu'un  Chrétien  ne  devoit  jamais  per- 
e  vûë  ;  Se  comme  c'eft  ici  un  Re- 
des  règles  générales  dejurifprudence, 
loivent  continuellement  être  prefen- 
l'efDtit  des  Tuées  .  on  a  crû  devoir 


214    Journal  des  Sçavans. 

avec  les  Opufcttles  de  M.  Loifel. 
deux  Editions  font  in  4.  la  forme 
cm  barra  (Tante  pour  un  uùge  familic 
]c  Pelletier  Miniftre  d'Etat  ,  neve 
l'Auteur  ,  a  détaché  de  fes  autres 
Très  les  principes  choifis  de  Jurifpr 
ce  «  &  les  a  fait  réduire  pour  la 
modité  publique  en  un  feul  petit 
me,  qu'il  adreffe  aux  Magillrats  £ 
Jurifconfultes  de  France,  comme  le 
dele  qu'ils  doivent  fuivre  dans  leurs 
tions.  11  règne  dans  la  Dédicace  ur 
gnite  &  une  nobleiTe  de  ftyle ,  qu 
ment,  ce  femble  ,  le  grand  âge  qu' 
donne  ,  mais  qui  répond  parraiterm 
la.  force  du  génie  avec  lequel  il  a  i 
nu  les  premiers  emplois. 

Quelque  petit  que  foit  ce  volun 
eft  divifé  néanmoins  en  cinq  partie: 

Sremiere  contient  les  règles  qu'il 
livre  dans  l'en  pli  cation  des  Loi* 
teofes  ;  &  parmi  ces  règles  on  difti 
celles  qui  font  tirées  du  Digefte  ri 
celles  du  Code  &  des  Novelles , 
que  le  nouveau  Droit  déroge  à  l'ar 
On  a  ajouté  aux  règles  que  donner 
cela  les  Turifconiultes.cellesquemart 
en  pareil  cas  les  Pères  de  l'Églîfc;  i 
en  a  tiré  auffi  quelques-unes  des  Au 
profanes. 
La  féconde  partie  "renfemA  \«  ^ 
paiix  axiomes  de  Droit,  msc 


hNCtUtA 


t  par  M.  Pithou  a  M.  Crin ,  qui 
it  pour  lui  une  eftime  particulière  ,  6c 
Va  loué  en  plulieurs  endroits  de  (es 
vrages  :  éloge  qui  ftiffiroit  fcul  pour 
e  connoître  fon  mérite.  On  trouve 
i  la  ïroi/ïéme  partie  les  règles  del'an- 
i  Droit,  autres  que  celles  que  le  Di- 
:  nous  prefente,  dans  un  titre  expte*. 
quatrième  partie  contient  une  Lettre 
M.  Farn'or,  fur  l'excellence  des  Ocu- 
;  de  M.  Pithou ,  avec  quelques  rc- 
ions  fur  la  force  4c  la  vérité,  Se  que!, 
î  autres,  fur  la  force  des  mots.  Oa 
ve  enfin  dans  la  cinquième  partie  le 
:ament  de  M.  Pithou,  où  en  rendant 
;pre  de  ce  qu'il  a  Fait  pendant  fa  vie , 
le  ce  qu'il  veut  que  l'on  fàfFe  après 
nort,  il  paroit  également  bon  père  , 
.  mari ,  habile  Jurifconfultc  ,  Se  partait 
étien.  Jonas  le  Mercier  a  écrit  favie; 
:  celle  qui  eft  à  la  tête  des  Coutumes 
Troyes.  Cette  Ville  fe  tient  heureufe 
oir  produit  un  fi  grand  homme*  II 
■ir  particulièrement  appliqué  à  l'étude 
)roît,  fous  le  célèbre  M.  Cujas,  qu'il 
it  à  Valence.  1\  vint  enfuite  au  Par- 
mi de  Paris,  où  il  fréquenta  aflidu- 
it  le  Barreau.  Sa  réputation  le  lie 
imer  en  i  çSî.  Procureur  General  de 
hambre  de  Jullice  de  Guyenne:  ci 
<nt  les  troubles  de  Paris  ,  fous  le  iCgRC 
Icuri  IV.  il  rit  édater  fou  icAe  pout 


?«aAÏàÊ*ï!5ï£ 


',tl*(û:>  *te£,t> 


"tmt,       "  B  «    rMr 
""Prime, s,e  *WS  c„  •    ■'  eli  a" 


iiS     Joshnal  des  Sçavanï. 

D'autres  Hilloriens  fe  font  donné  des 
bornes  moins  étroites,  &  fe  font  attachez 
à  écrire  suffi  les  évenemens  politiques. 
Nous  aurons  bien-tôt  occalîon  de  rendre 
compte  del'Hiïtoire  générale  de  Bavière, 
compofée  par  Aveniin.  Le  cekbre  Mite 
Velfer  avoit  entrepris  un  pareil  Ouvrage, 
mais  nous  n'en  avons  que  les  commence- 
mens.  On  lui  doit  la  vie  de  S.  Severin 
écrite  pat  l'Abbé  Eugippius  ,    qu'il  a  le 

Sremier  mife  au  jour.  Il  eft  fait  mention 
ans  cette  Vie ,  &  du  paffage  d'Odoacre 
en  Italie,  &  des  Rois  des  Ruges,  peuple 
Çermain,  qui  occupoit  les  rives  du  Da- 
nube ,  vis-à-vis  de  l'Autriche  d'aujour- 
d'hui. M.  Leibniti  avertit  en  partant, 
Îue  Marc  Velfer  eft  le  véritable  Auteur 
a  Squiïtxio  dilla  libtrtà  Vtnita  ,  &  que 
ceux-là  fe  trompent,  qui,  avec  M.Bayle, 
l'attribuent  au  Marquis  de  la  Cueva. 

Maximilien,  Duc,    &  enfui  te  Electeur 
de  Bavière  ,     ayant  chargé  le  P.  Andté 
Brunner  Jefuite,  de  compofer  une  Hif- 
toite  complette  de  la  Nation  Bavaroife, 
ce  Père  y  mit  tous  fes  foins,  &  il  poulîi 
fon  travail  jufqu'à  l'année   1314,     c'eft-à- 
dire  ,  jufqu'au  commencement  du  règne    I 
de  Louis  de  Bavière.     Il  craignit  de  paf-    I 
fer  outre  ,     perfuadé   que  l'Hiftoire  de   J 
Louis  de  Bavière  le  brouillerait  ou  avec 
Jtfax/mitten  ,   ou  avec  P.ome.   CeXt  ce 
qu'il  fût   afiet  enieuàie,  Và-ovtwvt  "i."1*. 


F  e  v  n  i  i  n     171 1 

fin  de  for  qua:riéme  Livre,  Le  premû 
parut  à  Munie  «1  1614,  le  fécond  en  it: 
&  le  troirîéme  en  1637.  On  les  redoni 
ici  tous  quatre  ,  fort  eorreétement  i 
prime».  Maximtlien,  quoi  qu'attaché" 
S,  Siège,  crut  ne  devoir  pas  abandonner 
les  droits  de  Louis  de  Bavière.  Il  les  fit 
foutenir  par  divers  Ecrivains,  entre 
par  Geotge  Herwart,  qui  réfuta  ce  qu'A- 
braham Bzovius  avoit  avancé  fur  cette 
matière.  Il  paroît  que  le  P.  Baldejefuita 
eut  ordre  de  continuer  l'Ouvrage  de  Brun- 
ner;  mats,  félon  M.  Lnbnin,  le  P.  Bal- 
de  n'étott  pas  propre  à  s'appliquer  long- 
temps à  une  même  chofe.  Il  reûfïiffoit 
dans  la  Poéfie  Latine  ,  &  il  s'eft  acquii 
beaucoup  plus  de  réputation  en  qualité  de 
iPoéte  ,  qu'il  ne  s'eft  attiré  d'éftime  ca 
l  qualité  d'Hiftoricn. 

I     On  ne  fçait  fi  Jean  Adlireitter  Auteur 
Bu  corps  dHiiiotrecomp'er  qui  eftdans  ce 
-      commença  3  y  travailler  fou» 
Haximilien.    [1  l'acheva  en    1661,   foui 
tiédeur  Ferdinand-Mine,  à  qui  ille  dédi 
Brait  paroitre  beaucoup  de  modelliedans 
Tperite  Préface  qu'on  voit  à  l 
1    Ouvrage.     Il  y    loué  de    bonne  foi 
■fer,  Radmis,   &  Brunner  ,  &  il  dit 
|n  ne  l'a  engagea  travailler, queparce 
i  fouhaitoit   avoir    une  Hsftowc  c&- 
.  Se  d'un  liyle  uniforme.     M..  V.c\V 
whre  que  fans  cette  iiil'on  i\  TÎWttoW 
K  z,  ?*& 


: 


aïo     Journal  des  Sçatanj. 
pas  été  neceflaire  de  remanier  ce  qu'ai 
fait  le  P.  Brunner  ;    Se  qu'il  cil  ibuv 
arrivé  à  Adtereitter  de  fe  tromper,  1 
qu'il  s'eft  écarté  du  fentiment  de  ce  P< 

Comme  on  fait  -ordinairement  defç 
dre  les  Bavarois  des  Boïcns  (.Bip) 
Leibnitz  fait  des  recherches  affez  curl 
fes  fur  ces  dentiers.  Il  obferve  que  I 
nom  découvre  qu'ils  étoient  Germ; 
d'origine,  &  que  B»v  dans  l'ancienne  L 
gue  de  la  Germanie  ,  ligniiioit  un  ( 
fan.  A  cette  occalion  il  remarque  a 
que  la  plupart  des  anciens  noms  des 
lions  n'avoient  qu'une  lignification  g< 
raie.  Tontines,  Vtlca,  Maduvei  ,  quoi 
noms  propres  de  peuples  particuliers ,  fi 
fiaient  Amplement  Nations,  Peuples,  n 
nui.  Tbiet  en  Germain  ,  Se  même 
Saion  i  lignifie  Nation  ;  Vtlc  ,  Peu 
liaéur-,  Hainme.  Les  Hongrois  s'ap 
lent  encore  eux-mêmes  Madyans. 

Long-temps  avant  Jules  Cefar  les  Bai 
'  habit  oient  dans  la  Bohême,  à  laquclli 
aroient  donné  leur  nom.  Mais  cou 
Ils  étoient  auffi  répandus  dans  d'au 
pais  ,  rien  n'oblige  à  croire  que  c 
qui  peuplèrent  les  premiers  la  Vindcli 

Îr  fuffent  venus  de  la  Bohême.  De 
e  temps  d'Augufte  les  anciens  Hillor 
ne  font  plus  mention  des  Boïcns  ,  I 
qu'as  parlent  des  peuples  de  la  Ger 
aie;  mais  les  Bajoaritm  I^BajMwii}  fe. 


F  t  v  r  1 1  *   11»;      *„ 

dirent  célèbres  fous  te  règne  des  eufuudc 
Conftantio.  On  prétend  que  c'étoit  toû- 
30WS  le  même  peuple.  La  terminailbu 
Germanique  fut  feulement  ajoutée  à  l'an- 
10m  ,  &  de  Boji  on  fit  Bojer  ,  ou 
Bajer  fut  enfuite  transformé  en 
(V  ,  ou  Bajcbari ,  qu'on  a  enfin  lati- 
ï  d'une  autre  rr~  :" 


! 


<mimatrï  Littéral  fut  U  Km'iicia  Tefla- 
unt  lie  Notre. Siientur  3-  C.  înftrê  dam 
U  jpfttetiMi  Françoife,  avec  U  TexteLa- 
tin  à  lajnargt.  Par  U  R,  P.  de  Cak- 
miais,  Prêtre  de  f Oratoire  de  Jefttt. 
A  Rheims  ,  chez  François  Godard, 
tue.  des  TapiiSers.  1710.  in  ix.  cinq 
vol.  I.  vol.  patig.  +n.  II.  vol.  pagg, 
467.  III.  vol.  pagg.  H79.  IV.  vol.  pagg. 
ÏÎ4-V.  vol.  pagg.  37t. 


f^E  Commentaire  Littéral  confifte  en 
quelques  mois  ajoutez  auTeïte.mais 
imprimez  d'un  caractère  différent ,  afin 
-que  perfbnne  ne  confonde  l'Ouvrage  du 
Commentateur  avec  celui  des  Auteurs  Sa- 
crez. C'étoit-là  un  des  principaux  incon- 
veniens  a  éviter.  Nous  fommes  perfuadez 

Su'iln'eit  pas  arrivé  fouvent  à  l'Imprimeur 
y  tomber  ,   comme  au  troiliéme  verfeC 
du  premier  Chapitre  de  S.  Matthieu ,  ai 
il  a  mis  :    „  Jud&    eogendia  Yha\es  %*■ 
„  ZttA   tfe   Ibnmar   Ja    bcUc-iiHe.     îte^i 
K    3  «< 


îiî     Journal  des  Sïatans. 
„  engendra  Efron  ,   &c„   au  lieu  de  met- 
tre, „  Juda  engendra  Phares  8c  Zara  de 
„  Thamar  fa  bMe-filk.    Phares,  &c... 

II  eit  difficile  de  donner  une  idée  jufte 
des  additions  du  P.  de  Carrières  ;  il  y  en 
a  d'amant  d'efpeces  qu'il  y  a  de  fortes  de 
difficulté!.  Tout  ce  que  nous  pouvons 
faire  pour  mettre  les  Lecteurs  en  état  d'en 
juger ,  c'eft  de  mettre  ici  des  exemples. 
Nous  les  tirerons  du  rr. me  Chapitre  que 
nous  venons  de  citer.  Remarques  hitlo- 
riques  :  ,,  j.  Salmon  engendra  Booz  de 
„  Rahab  ,  femme  àiiaucbit  ,  qui  Mvoit 
t,  iti  fan-vie  du  fae  de  la  ■ville  de  Jericbe , 
„  eù-elte  iteit  nie,  Booz  engendra  Obéi 
>,  de  Ruth  Mehabite.  Obed  engendra  Je  Se, 
»  Se  JefTé  engendn  David  qui  fut  Roi.  6. 
„  Le  Roi  David  engendra  Sa  lo  mort  de 
„  celle  qui  avoit  été  femme  d'Urie  officier 
v  de  fit  troupe*,  qu'H  fit  tuer,  afin  de  cacher 
„  i 'adultère  qu'il  avait  commit  avec  tlU,0" 
„  defauvoir  féfouftr._.  Simple  éclairdffe- 
ment  :  „  n.  Jofias  engendra  Jechonia» 
„  &  fes  frères  vers  le  temps  de  la  rranf- 
„  migration  dit  Juifs  à  Babylone.,,  Re- 
marque Theologique  :  „  ie.  Et  Jacob 
„  engendra  Jofeph  l'époux  de  Marie,  de 
,,  laquelle  eft  né  Jésus,  qui  eft  appelle 
„  Chrift,  faut  qu'il  efl  ■vttUabltment  l'Oint 
„  dié  Seigneur  ,  étant  oint  de  U  Divinité 
„  mème.^  Dogme;  ,,  t%-  Ox  lfctmf- 
h  fonce  de  »j-C\\iAft.  imu  4c  «at 


Fiimu    ïjxi.        a\* 

„  forte  s  Marie  fa  mete  ayant  époufé  Ju- 
„  feph,  avant  qu'ils  euifent  été  enfcmble, 
»  c  fins  <i*'dt*  du  eeffé  iTiirt  fit>it  .  fe 
,,  trouva  groiJit ,  ayant  conçu  dans  fou 
„  iein  far  i'uftmiim  du  Saint  lifprir."  Su- 
jjléraenr  ,  &  explication  :  .,  Joieph  fon 
„  mirifiiifirtfurprit  de  tltlt  grofftfft  t  nuis 
„  étant  jufte,  &  rw  voulant  pas  la  des- 
.  „  honorer  en  faitufans  d'adulicre  ,  ni  am- 
„  iorijtr  c*  crime  ert  demeurant  avec  ill*f 
„  il  refolut  de  !a  renvoyer  feerctemeat 
„  crfaws  éfU$,M 

Comme  ces  additions  fervent  principa- 
lement à  éclairât  les  Textes  obteurs,  le 
P.  de  Carrières  avertit  qu'il  ne  les  a  em- 
ployées en  certains  endroits  qu'avec  pré* 
(caution.  On  a  laiffé  ,  dit-il,  aux  Difcou» 
,,  figurex  de  J.  C.  toute  l'obfcuritc  necef- 
„  faire  pour  donner  lieu  à  celle  parole, 
„  qu'il  répète  fouvent  dans  l'Evangile: 
ii  Û2g  "lui-là  entende  <jw»  *  des  oreilles  pour 
„  entendre,  On  en  a  ufé  de  la  même 
ii  manière  à  l'égard  des  paraboles  que 
„  J.C  explique  lui-même,  on  n'a  point 
„  prévenu  fon  explication. „ 

Les  Actes  des  Apôtres  &  l'Apocalypfe 
font  moins  chargei  d'additions  que  les 
autres  Livres,  pour  deux  raifons  contrai- 
res. Les  Actes  contiennent  une  Hif- 
toire  intelligible  &  claire  par  elle-même» 
fc  VApocjlypfe  efl  trop  pleine  de  m^t* 
rcres  pour  prétendre  l'expUcmM  feïft.- 
K  4  tosor 


ii4     Journal  des  Sçavans; 
famment  par  un   pareil  recours. 

Le  F.  de  Carrières  a  ajouté  à  la  fin 
des  Aétcs  la  fuite  de  la  vie  de  faint  Paul, 
tirée  de  Tes  Epîires  ,  &  des  meilleurs 
Hiftoriens  Ecclefiaftiques  ;  perfuadé,  dit- 
il  ,  que  le  Leâeur  ferait,  bien-aife  de 
voir  la  fuite  de  la  vie  d'un  Apôtre  dont 
faint  Luc  rapporte  des  chofes  fi  mer- 
reilleufes.  Il  a  mis  à  h  tête  de  chaque 
Livre  un  Argument ,  où  il  rapporte  tout 
ce  qu'il  a  pu  découvrir  de  l'Auteur  qui 
l'a  compofé  ,  du  temps  auquel  l'Auteur 
l'a  écrit,  des  vues  qu'il  a  eues  en  l'écri- 
vant ,  &  des  perfonnes  aufquelles  H  l'a 
adreiTé.  Les  différences  du  Grec  8c  de 
la  Vutgate  ,  qui  onr  déjà  été  marquées 
dans  quelques  Traductions  ,  fe  trouvent 
ici.  On  a  aufîl  divifé  les  Chapitres  pat 
feétions ,  afin  de  marquer  plus  diftincïe- 
ment  les  matières  qui  font  traitées  en  cha- 
que Livre. 


NOUVELLES  DE  LITTERATURE. 

DE     N  A  P  L  E  S. 

T  L  paraît  ici  un  petit  Ecrit  de  388  pages, 
intitulé ,    Lctitn  JipeUgitiib*    Ihiolii^Ue- 
Morali,   fcritlt  di   un   Doltor    IsLop&iituno  à 
#0  Littérale    VtntzÀm*  ,   <MUau  aU*  A. S. 
.Ct- 


F  i  < 


«ï 


d'F.manutl  Mtmrivjû  tti  Lertna  ,  Prinapt 
d-Eibtuf,  e  CimmaniiTiti  dtlia  Cavàtitri* 
nei  Rrgnt  dî  Ntfeli.  In  Avigont.  'il.  Cet 
Ecrit  contient  deux  Lettresquin'ont Roint 
été  imprimées  à  Avignon  >  comme  le 
porte  Ja  première  page  ;  mai!  elles  fort  en  t 
de  Jclîbus  les  .P relies  de  cette  Ville.  M. 
Blaife  Maioli  de  Avitabile,  Avocat  Na- 
politain ,  en  eft  l'Auteur.  La  première 
n'eu:  qu'un  Extrait  d'un  Livre  qui  fut  pu- 
blié en  1708,  in  8.  Tous  ce  tilre  :  Syu- 
ihtjis  jftolcgttica  Ttitologito-M'iratii  ,  ficun- 
durn  Ethii*  Chrifiiani  dvelrînam,  giniraiii 
morum  régulas  amincis,  Ai'ib.  D.  BUfio 
Vifionti  S,  J.  i-,  J.  Dtffm  .  0"  M  R4Ù 
Niiipoliiano  AreUgymisSi  Ptyfijfw  Zhto- 
hga  ,  Ntapdl.  M.  Vifconti  divifc  fon 
Ouvraçe  en  deux  parties  ,  .dans  la  pre- 
mière dsfqnclles  il  traite  deî  mœurs  ,  8t 
(Uni  1j  léconde,  de  la  confdence  ;  d'où 
iJ  prend  oceifion  d'attaquer  la  Morale 
que  le  P.  Franco'in  Jefuite  enieigne  dans 
le  Livre  qu'il  publia  à  Rome  en  1706, 
fous  le  titre  de  CUriats  Romanui  contra  ni- 
tn'mm  rigortm  muni/as.  m  t.  M.  de  Avi- 
tabile ne  le  contente  pas  de  rapporter  le 
fentiment  de  M.  Vifconti ,  il  ùit  encore 
l'Extrait  de  deux  Livres  qui  ont  été  com- 
polci  contre  celui  du  P.  Francolin.  Le 
premier  a  été  imprimé  a  Délit  ,  fous  ce 
litre  ,  WrMctlinui  Ctcrici  Romatii  VtAwj»- 
Ikj,  luxiehs  in  /ultmniflranAQ  Pin»1"»"* 
K  s  ta»«r 


Sl6      J  OU  EL  N  AL   BU   SçAVAN». 
Sacramtntii  H'tfriplin*  Afaçi/icr  ,  Commrntiiit 
Ejgati]larum  fetit  ftiiliumque  in     Lcclefiam 

ter  ,  Obftrval'wnibui  Hijlorht-Crilico.Mera- 
libm  txagliatui.  in  S.  Le  fécond  a  été 
imprimé  à  Liège  en  1706,  in  8.  II  eft 
intitulé  :  Clcrkus  Bciga  Clcricum  Roma- 
mon  tnuvîens  aàvcrfus  notant  n'imii  Kigiih 
tj-  talumnhti  qttiùns  Theolegu  Belgai  àfpir- 
fit  Francdinus  \}ffuiia  Romnnus  ,  ta  Lilra 
futm  infuiïit  Clericm  fimaniti ,  &C  M.  de 
Avitibîle  pouffe  encore  fa  Critique  plus 
loin,  ill'érend  jufques  fur  la  perfonne  de 
fon  admfaire  ,  &  des  Probabiliftes  mo- 
dernes. 

Dans  h  féconde,  il  prend  la  défenfe  de 
l'Apologie  desPcres,  que  le  PereCiaffbnî 
a  compofée  ,  contre  M.  Jean  Sarconîo, 
Prêtre  Napolitain. 

Ces.deus  Lettres  font  aitrcffées  à  M.  le 
.  Doéteur  Jean-Antoine  Afiori;  &  comme 
l'Auteur  femble  dire  dans  la  Préface,  qu'il 
ne  les  a  compofées  qu'à  la  folliritationde 
ce  Doéteur,  &  qu'il  lui  a  même  donné 
plnlieurs  Mémoires  MIT.  fur  cette  matière, 
M.  Aftori  déclare  qu'il  n'a  jamais  vu  cet 
Ouvrage  qu'imprimé,  &  qu'il  n'eft  ni  du 
fentîment  des  Rigoriftes,  ni  de  celui  dei 
Cafuites  relâchez.  11  s'explique  plus  net- 
tement à  l'égard  de  l'Ouvrage  du  P.  Ciaf- 
foni.  Comme  ce  Lme  *  été  condamné, 
M.  Aiton  protefte  tjiiW  tf4\M&»»  wa.\». 


Février  1711.  117 
moindre  penTée  de  prendre  la  défenfe  de 
•  ce  Livre ,  &  qu'il  a  une  parfaite  vénéra- 
tion pour  le  Décret  qui  le  condamne, 

DE     P  A  D  OU  E. 

QN  a  publié  depuis  peu  un  Livre  dont 
voici  le  litre  ;  Btfiifma  putromm  in 
Wttrit  txijUmtuta  a/ftrtum  ,  /juumvh  Thtt- 
Ugi  &■  CanonijU  amiijui  fir  plara  fkcvU 
hoc  vei  negaverint ,  vtl  raçiiennr.  Dl'JJertM- 
lia  Mtàià-lhcalogic*.  jiuHort  P.  D,  Ga- 
triilê  Gutlâo  Cltrho  RfguUti,  S.  T.  Prafiff*. 
rt.  in  t.  pp.  St. 

L'Auteur  recherche  d'abord  le  temps 
auquel  on  a  commencé  à  agiter  cette 
queftion.  Il  dit  qu'on  a  été  long-temps 
fans  y  taire  attention.  Il  avoue  qu'el- 
le ell  contraire  au  fentiment  des  an- 
ciens Théologiens  &  des  Canoniiles ,  Se 
Gabriel  Biel ,  dit  il,  a  commencé  furla 
fin  du  quinzième  fiecle  à  former  un  doute 
fur  la  propofuion  négative  ,  Se  le  Père 
Louis  Schilder  Auteur  du  fiecle  patte,  a 
été  le  premier  qui  a  foutenu  l'affirmative. 
L'Auteur,  comme  Théologien  ,  réfute 
enfuïte  le  fentiment  de  ceux  qui  préten- 
dent que  l'enfant  doit  éirevifible  pour 
recevoir  le  Baptême  -,  &  après,  comme 
Médecin  ,  il  enfeigne  la  manière  dont  il 
s'y  faut  prendtepourbaptiferles  tTvCa^v1^. 
fc  trouvent  ààns  ce  maUieuïWx.  fa*\. 

■fc,  6  -»*■ 


siS     Journal  des  Sçayàns. 

DE    VENISE. 

Joannis  Polfni  Mifctllanta ,  hec  ejl , 
/.  DiJJirtaiio  de  Barornctru  f  Tkermomc- 
iris.  H.  Ma  inra  Arhhmiùti  ,  ijupjm 
ufus  àtfttiptîe,  III.  Dt  Stilutàtui  Comiii 
faralltlorum  in  barolepit  foUribus  Trxcld- 
tus.  in  4.  pp.  jrt. 

/"■Et  Ouvrage  efr  divifé  en  trois  par- 
^J  lies.  La  première  eiï  uneDidertation 
fur  les  Baromètres  &  fur  les  Thermomè- 
tres. M.  le  Marquis  Poleni  parle  d'abord 
de  leur  origine.  1]  attribue  l'invention  des 
Bitometres  au  Mathématicien  ToriceMï»J< 
celle  des  Thermomètres  au  Médecin  Santo- 
rias.  Il  traite  enfuit  e  de  leur  conftruc- 
tion,  &  finit  par  plufîeurs  réflexions  furie 
moyen  de  les  conduite  à  une  plus  grande 
perfection. 

La  féconde  parie  contient  la  defeription 
d'une  Machine  Arithmétique  que  l'Au- 
teur a  inventée.  M.  le  Marquis  Poleni 
loue  beaucoup  celle  de  M.  Pafchal,  8c 
celle  de  M.  Leibniii.  Il  avoue  que  l'ex- 
emple &  la  réputation  de  ces  deux  grands 
hommes  l'ont  puiffamment  excité  à  tra- 
vailler à  la  lienne,  &  il  croit  l'avoirpouf- 
ïee  à  une  telle  perfection  ,  que  tout 
homme  ,  li  igaotim  auM  ouifle  être, 
■eut  faire  par  ïoa-nw^tn.  va\ft«i  tare» 


fi 

lu 


«»11*      '711.  Xl9 

c  fouftraftions  ,  6c  de  divi- 
fions  ,  pourvu  qu'il  coonoillic  les  nom- 
bres. Dans  la  troiÊéme  panie  il  fait  voir 
le  rapport  que  les  5câions  Coniques  ont 
avec  la  Gnomonie. 

DE     GRUNINGEN. 

VfR.  Leuchfeld  (Jean-George)  Pafteur 
de  cette  Viîle,  s'occupe  depuis  long- 
temps à  recueillir  les  amiqmUï.  des  Vil- 
les de  la  Principauté  d'Halberttat  Se  des 
pat;  voifins.  11  a  commencé  par  cellesde 
h  Ville  de  Valkenricht  ,  qu'il  publia  en 
170^,  in  4-  Il  publia  enfuite  celles  de  la 
Ville  de  Poil  en  1707.  m  4.  Celles  de 
BlanVemburg  en  1708,  in  4-  Celles  de 
Gandersheim  en  1709,  in  4.  8:  celles  de 
llfetmrgla  même  année.  Depuis  il  a  fait 
imprimer  celles  de  Michaelftein  &  celles 
deGrUllingen.  *^oaj}.Genr.  Lauhftld  Ami- 
quintes  (iruningrafes,  Oder  Histoki- 
che  Beschheibtjng  ,  SfCt  C'eft  à- 
dire  ;  Dtfctiptim  de  la  Ville  du  Grttn'mgtn , 
cù  rtfidoitnt  ci-devant  lu  fc'W.juej  d'Haï- 
btrfiat.  AQuedelinburg.  1710.  in  4.  pp.  106. 
L'Auteur  dit  qu'il  donnera  incellàmment 
les  Antiquitei  de  Reinïlcin  ,  celles  de 
Ringelem  ,  &  Aï  plufieurs  autres  Villes. 
Toutes  ces  DcCcriptions  font  écrites  en 
Langue  Allemande.  Le  Ledeviï  ço«Kt» 
K  7  yi^a 

*  On  /MwouveàAnift«dMuchw.V«^l*tàAï% 


ÎÎO      JOURHAL  DEsSçAVAHS. 

juger  des  autres  par  l'idée  que  nous  allons 
lui  donner  de  celles  de  Gruningen. 

Comme  M.  LeuchfelJ  eft  le  premier 
Auteur  qui  ait  entrepris  de  faire  l'Hifloire 
de  Gruningen  ,  il  n'a  pu  trouver  an  julle 
le  temps  de  la  fondation  de  cette  Ville. 
Mais  il  prouve  par  des  pafiages  tirez  de 
pluiieurs  Auteurs  qu'il  cite  ,  qu'elle  fub- 
îîfloit  long-temps  avant  l'an  936.  11  dé- 
crit enfuitc  fa  lituation  ,  fes  commotiitez 
pour  le  Commerce;  les  principales  cho- 
ies que  produit  Ton  territoire.  Il  paffe  de 
là  aux  Princes  qui  l'ont  poffedée.  Elle  a 
été  d'abord  fous  la  domination  desSajons. 
L'Auteur  n'a  pu  pouifer  fes  découvertes 
plus  loin  que  Witnkind  Duc  de  Saxe, qui 
fit  la  guerre  à  Charlemâgne.  Luitolf  fuc- 
ceda  à  ce  Prince  en  856,  &  Othon  Duc 
de  Saxe  fucceda  à  ce  dernier.  Peu  de 
temps  après,  cette  Ville  paiîa  fous  la  do- 
mination des  Ducs  d'Halberilat.  L'Au- 
teur dit  qu'il  ne  peut  marquer  précifétnent 
le  temps  de  ce  changement ,  mais  il  allure 
que  les  Evêques  d'Halberflat  ont  choifl 
Gruningen  pour  le  lieu  de  leur  reiîdence. 
Il  en  donne  ici  une  lifte,  qui  commence 
à  Hildegrinus  ,  qui  mourut  en  817.  & 
finit  à  Leopold  Guillaume  ,  qui  par  la 
Paix  d'Ofnabrug  fut  obligé  de  céder  ce  Du- 
ché à  la  Maifon  de  Brandebourg.  Il 
/apporte  tout  ce  que  chacun  de  ces  Eve* 
ques  a  fait  pour  l'enibeMtmtax  xm*.  te 


PlTIIll 

la  Ville  que  du  Château  ;  H  en  même 
temps  il  décrit  les  monumens  les  plus 
curieux  qui  fe  trouvent  aujourd'hui  dms 
l'une  &  dans  l'autre.  Il  remarque  qu'il 
y  a  dans  la  cave  du  Château  une  foudre 
qui  a  coûté  6000  ecus  à  faire.  Elle  con- 
tient, dit  il,  18671  m  dures. 

La  Religion  Luthérienne  s'inîroduifit 
dans  cette  Ville  fous  Mheit  quarantième 
Evêque  d'Halberflat.  Ce  Prélat  s'y  op- 
pofa  de  toute  Ta  force  ,  mais  il  ne 
put  ("empêcher.  Il  mourut  dans  la  Com- 
munion Romaine  ,  &  tous  les  Evë- 
ques  qui  ont  gouverné  cette  Eglîfe  de- 
puis lui  ,  ont  tous  embrafle  la  Religion 
Luthérienne. 

M.  LeucbJeld  finit  fa  Dclcription  par 
une  lifte  de  tous  les  habitans  diftinguet 
par  leurs  emplois,  comme  les  Miiiîftres, 
les  Parleurs ,  les  Pror'elleurs ,  les  Moll- 
irais, &cç. 

DE    K  OU  E  N. 

r\N  vient  de  publier  une  Dilfertation 
w  fur  le  Relief  des  Fiers  en  Normandie, 
par  M.  de  Jort,  à  Rouen;  chez  Jacque» 
Befogne.  1710.  in  12.  pp.  79. 

Lorfque  M.  de  Jort  fit  imprimer  en 
]?oû,  (a  DilTertaiion  fur  les  Aides  Chevels 
de  Normandie,  il  promit  celle  o^'ïi&otkn». 
aujourd'hui.  Elle  eftdmtce  ti\  fa.»*ô.|**' 


■ 

d. 


131    Journal  des  Sçatans, 

Dans  le  premier  l'Auteur  explique  la 
différentes  dénominations  du  Relief. 

D,:ns  le  fécond  article  l'Auteur  pré- 
tend que  le  Relief  eft  atiffi  ancien  que 
les  Fiefs  qui  furent  établis  en  Norman- 
die d'un  revenu  égal  par  le  Duc  Raoul, 
Itlam  terrtan,  dit  Dudo  ,  fuis  fiddibus  ftt- 
tiimla  divifit. 

11  n'y  eut  il'abord  que  deux  fortes  de 
Fiefs,  les  Barorries,  &  les  Fiefs  de  Hau- 
bert. Haultn  eft  un  vieux  mot  qui  ligni- 
fie cairajfe,  Tcudum  Lo'kt.  Fief  de  Hau- 
bert eft  le  Fief  d'un  Chevalier. 

11  fait  voir  dans  le  troîliéme  articleque 
lorfque  le  Relief  a  eïé  évalué  à  15  liv. 
pour  le  Fief  de  Haubert  ,  8c  à  100  liv. 
pour  la  Baronie,  les  Livres  étoient  des  Li- 
vres pefant  d'argent. 

Dans  le  quatrième  article  il  remarque 
que  la  Baronie  ë:oit  compofée  de  cinq 
Fiefs  de  Chevalier  s  que  le  Fief  de  Che- 
valier étoit  de  4C0  acres  de  terre  ;  que 
le  revenu  du  Fief  de  Chevalier  ou  de 
Haubert  fut  d'abord  évalué  à  10  liv.qu'ain- 
fi  le  Relief  de  1  s.liv.étoit  lus  trois  quarts 
du  revenu  de  ces  Fiefs.  L'autre  quart 
fut  abandonné  au  Vaflal  pour  fa  fubfif- 
tance.  La  Baronie  payoit  cent  liv.  de 
Relief ,  qui  étoit  l'année  entière  du 
revenu.  Mais  pourquoi  le  Baron  payoit-il 
l'année  entière  i  Ceil  ,  dit  M.  de  Joir, 
paice   que  le  Duc  Raoul  nvoit  une» 


z 


a  Batonie  des  Fiefs  de  Chevalier!,   . 
:nt  entre  autres  fervices,  aider  le  Ba- 
ron à  payer  (on  Relief. 

Il  dit  dans  le  cinquième  article  ,  que 
lorrqu'on  commença  à  compter  par 
marcs  ,  &  a  affaiblir  les  monnoyes ,  ce 
qui  arriva  dès  le  règne  de  Philippe  I. 
les  revenus  &  les  droits  évaluez  à  prjj 
d'argent  diminuèrent  alors  confiderable- 
ment  ;  &  il  y  a  apparence  que  cela 
donna  lieu  au  droit  de  Foiiage  &.Mo- 
néage  dû  au  Prince  de  trois  ans  en  troi* 
ans  pour  ne  point  changer  de  mon' 
noyé. 

Dans  le  fiïiéme  article  il  fait  voir 
que  par  cet  affaibli  lie  ment  des  monnoyes 
les  iï  h>.  de  Relief  du  Fief  de  Cheva- 
lier fe  trouvent  enfin  aujourd'hui  réelle- 
ment diminuées  de  137  parts  depuis  leur 
inflirurion.  Il  eft  bien  vrai  qu'on  paye 
aujourdhui  ij  liv.  pour  le  Relief,  ôï 
qu'originairement  on  ne  payoit  aufli 
que  15  liv.  m  lis  les  ij  liv.  d'autrefois 
étoient  des  livres  pefant  de  16  onces, 
ces  u  liv.  faifoient  donc  140  onces  de 
bon  argent  ,  au  lieu  qu'aujourd'hui  ces 
ij  liv.  ne  font  plus  que  des  Livres  nu- 
méraires ,  qu'on  acquiite  par  trois  é> 
eus  de  cent  fols,  qui  ne  valent,  dit  l'Au- 
teur, que  trois  onces  d'argent  ;  ainfi  on 
~iye  aujourd'hui  pour  ce  R.c\\e.ï  ivi  <aftK-«. 
gu 'on  ne  payait  »u\Kfo\s. 


Z34     Journal  des  Sçav*nï. 

Cette  diminution  n'a  pas  d'abord  été 
fi  confiderablc  \  l'Auteur  fait  mention 
des  différons  degrez  qu'elle  a  euj 
ce  qu'on  peut  voir  plus  au  long  dans 
le  Traiié  hillorique  des  Monnoyes  de  M. 
le  Blanc. 

Comme  IVvaluaTion  du  Relief  a  tou- 
jours été  fixe  &  déterminée  ,  8t  qu'il 
n'y  a  eu  que  la  valeur  intrinféuue  des 
monnoyes  qui  ait  changé  ,  il  ne  faut 
point  lire  Surpris  que  lorfqu'on  a  di- 
minué la  valeur  des  monnoyes  ,  tout 
le  monde  ne  ie  foit  pas  apperçû,  de  ce 
qu'on  gagnoit  à  payer  un  droit  ancien 
avec  de  nouvelles  efpeces.  L'Auteur 
qui  eu  Procureur  en  la  Chambre  des 
Comptes  de  Rouen  ,  dit  que  l'évalua* 
tien  du  Rilltf  ,  qui  tfl  un  âmt  rêtlt 
Mirait  dit  varier  comme  l'argent  ,  8c  11 
paroit  fouhaiter  qu'on  lui  découvre  l'in- 
convénient qu'il  y  aurait  à  déférer  À  et 
fentitnent.  Ceux  qui  ont  intérêt  à  s'y 
oppofer  trouveront   peut-être  des  raifons 

fiour  faire  voir  que  les  changemens  que 
e  temps  amené  ,  s'ajultem  quelquefois 
fi  bien  entre  eux  ,  qu'il  y  auroit  ,  ou  de 
l'impoffibilité  à  vouloir  tes  reformer  tous, 
ou  de  l'injuitice  à  n'en  reformer  que  quel- 
ques-uns. 


E  V   1  1   1  *      17Ii; 

SE    TOULOUSE. 

TE  Père  Mourgues  Jefuite  fe  dtrpofe  à 
"  mettre  au  jour  un  Ouvrage  qui  cil 
déjà  connu  de  plulîeurs  Sçavans,  &  oui 
il  donne  le  Plan  de  la  Ibeotyie  4e$  Payent. 
Cet    Ouvrage    fera    fuivî     d'un    aune. 

Sjui  comprendra   le  plan  de  leur  Philt 
Dphie. 


TABLE 

DES    LIVRE  S.&e. 


I 


/iHmit.  Ioncheki  Commentariiu 
*-*    de  Vit»  Jobi  Ludolfi.  113 

Sim.     Fbid.     Hahniiis   ,     Diploma 

FundaiiunisBergerilisadAlbitnCuînobii. 

izp 

1s.  &  Mer.  Casaubonorwn  Epif- 

tol:e  ,  curante  Theqd.   J.    ti    A  t- 

L  A  Touche,  l'Art  à*  bien  parler  Fran- 
Lttin  du  P.  T»>ieion/«''«  Critiof 


*3«    TABLE  DES  LIVRES. 
que  Mr.   Colle  a  fait    de  fa   Iriàuilhn 
d'Horace.  14Ç 

L'Evita  de  Me  au»,  Mandement  t? 
InllruBion  Pafioraie  fur  le  Janjtxiimt, 
perlant  condamnation  des  Jafliiutwm  Tbte- 
log't^ues  du  P.   Juenin.  161 

iTitus  Livius  ,  cum  Jq.  Fbein  s- 
hemii  Supplément is.  Ex  receniîone 
Jo.  Cumci,  171 

Examen  dei  Principes  des  Mchymifics  fur  i» 
Pierre  Phihfophalt.  179 

•te  P.  Tqurnemine,  Explication  de 
deux  Pierres  antiques  que  Mad.  le  Hat 
fl  fait  graver.  '  1 S  6 

Le  P.  B  a  l  <\  o  S  ,  Déftttft  de;  Stinls  Pttes 
aceufez.  de  Platemfmt,  ipl 

Çrarees  MusnqN  ,  Trfitt  Je  U 
Maladie  Vcnerichni  ,  traduit  en  Tramais 
par  Mr.  DE  Vaux.  207 

P.  Pithobi  Cornes  Juridïciis.  213 

JO.    AOIZREITTER    A'TetïNWIIS 

Annalium  Boicse  Gémis  Partes  111.  Ac- 

ceflereANDR.  Brunne  m.  Annales 

Boïcorum.  116 

Lt  P.    de  Carrières   ,    C'mmtniaire 

Utteral  fur  le  N.  TcHament  in  [tri  dans  U 

Traduction  Francoift.  ail 

nouvelles  de  Littérature.  214 

Jo.  Pot eni  Mifcellanea.  118 


CATALOGUE 

DES 
LIVRES      NOUVEAUX 

Qu'on  trouve  à  Amftefdam  >    chez  les 

JaKSSONJ  à   WaESHEUGÏ. 

f^OuNtiiï!  Nepos,  de  Excellen* 
tibus  Viris  notisperp  étuis  ex  Ungciio, 
Lambin»  ,  Schotlo  ,  Beitlero  ,  Buthnero , 
tafia,  Ctllarlo  alitfque  ad  raodum  Joan- 
nii  Mitiellil  ilhiftratus:  adjedtafunt  frag- 
menta Schottiana  &  Index  fcleâiffimus 
II.  AmJUUdami  apud  Janjfonto-Waisbtr-' 
pas.  17  il. 
Oeuvres  de  Maure  François  R  a  s  e- 
Z.AIS,  publiées  fous  Ce  litre  dtFaili  a-  Dilt 
du  Géant  Gargantua  ,  zsf  de  /on  fils  Pan- 
tagruel  ,  avec  la  Prognoflkation  Pâma- 
gruetine ,  l'Epure  duLimoftn.la  Crème  Phi- 
kfephale  v  deux  Epilrct  à  deux  Vieillit 
de  Mœurs  V  d'humeurs  différentes.  No«- 
velle  Edition  ,  où  l'on  a  ajouté  des  Re- 
marques Hiftoriquti  v  Çriitqitts  fur  tout 
l'Ouvrage-,  le  vrai  portrait  de  RabeUis;  la 
Carte  du  Cbinennois  ;  te  dtfjtin  de  la  Cave 
peinte;  i$  Ut  àifertmes  vûts  4e  la  Devi- 
w'nr» 


«3»     CATALOGUE. 

niert,  Métairie  de l'Auieur.%.  A  Amfterdam 
cher  J.  Frédéric  Bernard,  1711.  fi.  voll. 

Magnum  Dietionarium  Latino-Galticum 
ad  plenîorem  planiuremque  Scriptorum 
Larinorum  lntelligentiam  ,  collegit, 
digeffit.ac  nollro  vernaculo  reddrdir  M. 
Pi  trw  s  Dinetius,  Academicus,' 
Abbas  Sanfli  Nicolai  Virduuenljs,  ad 
ufum  Serenifiimi  Delphini ,  &  Setenifli- 
morum  Princîpum.  Editio  nova auclior 
&  emcndarior.  4.   Amfietodami  t  fumfti- 

b:u  Soùttaûs.  17  1 1. 

Caspakis  B«u*i,  Orationum  liber. 
Acceflerunt  alia  nonnulla  varii  &  amœ- 
nioris  Argumenti.  Editio  tertia ,  auâior 
&  correflior.  11.  AmjleUdami  afui 
Jan]fom&-WatsbeTgioi.  1711, 

tut"s  à'nn  MiniJIn  de  Pologne  À  un  Seigniur 
de  l'Empire  fur  tel  affaires  preftntei  de 
la  H/aigrit.  11.  A  Ratisbonecliez  Eraf- 
me  Kinkiuî.  -171t. 

Titi  Livii  Hiftoriarum  corpus  con- 
cinnius  ex  Gymnaiio  Dordraceno.  Tj- 
fii  Bramïii,   1711. 

Bukcarde  Gothilti  S-rrtnvri 
Ada  Lueraria  ex  Manulcriptis  eruta  at- 
que  cullefla,  Falciculus  ieptimus.  8. 
Jen*  afud  FelUem  Bietckium.   1710. 

Adami  RicHESfiHGii  Linéamen- 
ts Philoibphise  Civilis  eu  m  Difiertatione 
de  S.  Rom.  Imperii  Regimento.  r  z.  Offit, 

yûm/t.  ZuJrvic.  Giidiijcbi,  ÏS  Wtidm«n- 
v.  1711.  Nis* 


JATALOGUE.  1J9 
k  Chuistuni  Weism  R eâoris 
jymnaiii  Zitiavicnfis  ,  recenfita  8c 
Commentarioîo  de  Icripris  cjul'dcniauc- 
ta  à  S a  m  ut le  Grosse»  0.8.  Lipf* 
mfitd  GUiùtjihium  i$  '.Ytidmannum,  1711. 

Schediafma  facrum  quo  Judaî  Ifcariota 
Cœnae  Dominiez  conviva  ,  nihil  mu- 
tato  Hiftorix  Evangclicse  filo  ,  fifti- 
tur  ,  adjedla  deciftone  quxllionis  ;  an 
Chnfiiano  cum  iis  ,  quos  indignos  rc- 
puut ,     cœnam    celcbrare   dominicain 

;  fàstit?Au<ftoreMAi<  tino  Wiiljn- 
do.  4.  Tubingd  apttd  Jmvi.  Gwgtum 
C°tt*m.  1710. 

Supplemcnta  Homiliarum  J  o  *  n  n  i  s 
Chrïsostomi  Archiepifcopi  Conf- 
tantinopolirani  ci  codicibus  MSS,  BU 
bliothecae  Bodlejanœ  ,  eruit  ,  Latine 
verrit  ,  &  notis  illuftravit  EricuS 
Benzelius.  4.  Uff*i.  lypit  Jeainiit 
Htnriti  Wnntrù   1708. 

Sulimcii  Seveki  Hiiloria  Sacra ,  u- 
bi  teïtus.collatione  inftituta,  cum  an- 
tiouiffimis  Edttionibus,  accuratè  recen- 
fetur ,  Se  Obfervationibus  Philologi- 
cis  ,  ad  LinguK  Laiinae  accuratiorem 
cogninonem  ,  &  antiquitatem  Hifto- 
riamque  facram  fpeétantibus  atquc  ad 
tnudura  Joannis  Minellii  lublfratis  il- 
ïuftraiur;adjeda  cftViia  Sulpicii,  cum 
Judicio  de  feriptis  8t  Swlo  \\Vva%  ,  î«£. 
eon  Index  f«um  Si  vciboiuva  \gwî\"- 


Ï4Ô     CATALOGUE. 

tiiïîmus.  il.  Lipfî*  apud  ClcditfchiMm  & 
Wt'àmarmum.  1711. 

Thom/e  Goodwini  Mofes  &  Aaron 
feu  Civiles  6c  Ecclefiatlici  Ritus ,  illuf- 
trati,  ememlati  &  prœcipuis  Themati- 
bus  au&i  Studio  Juan.  Henrici  Hot- 
tingeri.  Editio  quze  novum  opus  ha- 
beri  poiTu.  8.  Franco/uni  ad  Alaenkm 
apud  Dsminkum  à  Sandc.  17 10. 

Martini  Schmdeii  de  CauGs  fo- 
ri  Ec cleiiaiti ci  Tradatus  ex  jure  cora- 
niuiii  Civili  Canonico,  nec  non  confti- 
tutionibus  ac  obfervanlia  Ecclefiarum, 
impiimis  vero  Evangelicarum  deduc- 
tus.  4.  Guclpherbui  jumlibui  Gothvfrtdi 
Fnyiag.  1710. 

Christophori  Schreiteri, Prr- 
mx  Liueœ  Juris  Civitis  privaii  &  ea- 
rundem  dn^tu  adornata  dilpoiitio  tex- 
tuum  qui  iub  iitulis  de  verborum  iigni- 
fkatione  &  Regulis  Juris  in  jure  Koma- 
no  &  Canonico  proilant.  4.  Lipjit  fum- 
tîbm  Lanckifianii.   17 10. 

Joan.  Fkiinû  Emmenologia  :  in  quafiinus 
MuliebrisMenihui,PhiEnomena,Perio- 
di  ,  vjtîa  cum  medendi  Methodo  ad, 
Rationes  Mechanicas  cïiguntur,  8.  Hj- 
Uwdarnixpud  JonTmem  HiJ'font.  171 
Lit  Avocats  panrv  comte  U  Dr.SachtvtnU-, 
avec  ptttftrun  Piccri  impenantei  ccnctraiu» 
Il  proch  de  te  Docteur,  induit  de  i' 
'iît.  8.  A  Amfterdaïti  tWLÏVctt^V 
.  1711 


htVtllU; 

nctraiu»     1 
de  l'An.      I 


O  U  R  N  A 

DES 

C  A  V  A  N  S, 

Pour  le  Mois  de 

M    A    R     S. 

i  7  i   I. 


*■ 


A    AMSTERDAM. 
:*  Janssom  à  Waesi'i 


AVIS. 


ON  tro 
BS 


rge  les  Lira  fui  vans: 

Davidis  in  Ammonitas  devitfîos  mîrigata 
crudelitas.ceufperiinenfinceritatisScrip- 
turœ,  Maforalhronomota,  iriumphan- 
tis  c  3"na  fervato  ,  verbisque  i  Sara. 
ïu.ïi  31.  ablque  prajudicio  ver/îsad- 
ferta.  A  Joh.  Anijk.  Dakzio.  4.  jeu* 
*$nd  Feiicem  BitUdutn.  17 10. 

Jo.  Phil.  ab  Hertodt  Medicus 
Euporillus  duodecim  Medicamenrorum 
generalium  fuprileflile  è  materia  paffim 
obvia  infiruftus  :  additis  nonnullis  & 
neceflariis  ad  Praxin  Medicam  Obferva- 
tionibus.  ia  8.  ti«g&  Ccxitum  ,  afnd 
GuilUlmum  De  J'oji ,   Biltippolam.   171t. 

CommentatioDes  quinque  Rabbinorum 
Rafchi,  &c.  quibus  Cap.XLIX.  Genef. 
expofucrunt  in  Sermonem  Latinutn 
converfse.  Studio  Jo.  Fhederic.  Los- 

CANI.    4. 

Jo.  GusTAViREiNBEcVdeRedemp- 

tionc  per  Lyrroti  ttadatio.  8. 
Philip.  Knipschildt   ,    de  Fidci- 

comroiffis  familiarum  Nobiliuis.  4. 
JLvdervs    Mekcke     Rcgia    via  ad  I 
rirtutem.  8:   Juriîçtu&çïAiam   «sûtaj^  I 
dam.  4.  ' 


• 


JOURNAL 


C  A  V  A  N  S, 

h 

Pour  le  Mois  de  Mars  M.  DCCXI. 


Dtfinft  dit  St'mlt  Périt  Mtcuftz,  ât  Plat»' 
nijmc.  A  Paris ,  chez,  le  Coûte  & 
Montahnt ,  Quay  des  Acguftins ,  crè» 
la  tue  Pavée  ,  à  !a  Ville  de  Mont- 
pellier.  1711.  in  4.  pp.  640.  Tans  y  com- 
prendre ]'Epître  dedicatoire,  laPréfa" 
&  la  Table. 


réfoce. 


APbe's  avoir  rendu  compte  desdeus  pre- 
miers Livres  de  ce  Traité  dans  le  Mois 
dernier  pag.  lyi.  il  nous  refteà  donner  ici 
l'Extrait  des  deux  derniers. 

III.  Non -feulement  les  Pères  de  l'Eglife 
n'ont  point  fuîvî  h  Philofopliie  Platoni- 
cienne ,  mais  ils  l'ont  combattue.  C'eit 
ce  que  l'Auteur  s'elt  engagé  de  çumsiss. 
dans  fon  111.  Livre  ;  voyons  ô.e.  i\u^fe. 
•~t  il  s'en  acquitte.     La  çicm\«c  *» 


rl44  JOUHNAL  DES  Sç'AVANS. 
la  plus  criminelle  de  toutes  les  erreurs  de 
Platon  attaquées  par  les  Saints  Pères,  eft 
fins  contredit  la  pluralité  des  Dieux  6; 
l'Idolâtrie  i  en  quoi  il  elt  d'autant  moins 
excufable  ,  qu'ayant  eu  ,  comme  on  ne 
peut  en  douter  par  Tes  Ecrits,  quelque  con- 
noiiTance  du  vrai  Dieu,  il  en  a  reconnu 
une  infinité  d'autres  ,  ignorez  des  Payens 
les  plus  fuperiUtieux ,  &  qui  t'ont  paniede 
fon  SyHÊrnepb.ilolbphique.  Le  P.  Baltits 
entre  ici  dans  un  détail  fort  circonftaricié 
de  ce  Po1ytlieï!'me,&  de  la  manière  dont  S. 
Juflin,  Origene,  Eufebe,  Thcodoret,  S. 
Auguftin  ,  &  les  autres  Pères  l'ont  re- 
futé. H  foutîent  qu'on  ne  peut  escufer 
Platon  fur  ce  point ,  comme  l'a  voulu 
taire  un  célèbre  Traducteur,  fans  donner 
un  démenti  à  toute  l'Antiquité  facrée  & 
profane.  Il  fait  voir  cnfuite  que  l'en- 
têtement de  ce  Philofophe  pour  la  Divi- 
nation  ,  &  l'opinion  où  il  étoit  qu'un  des 
moyens  les  plus  efficaces  de  purifier  les 
amesde  toutes  leurs  feuillures  ,  étoit  h 
pratique  de  la  Theurgie,  ou  le  cuire  des 
Dieux  inférieurs ,  n'ont  pas  peu  contribué 
à  livrer  fes  feéiateurs  aux  fuperftitîons  de 
la  Magie  i  motifs  aufquels  fe  font  jointes 
dans  la  fuite,  la  jaloufie  contre  le  Chrîftia- 
nifme.&l'enviede  faire  des  miracles,  qu'ils 
puffent  lui  oppofer.  Ou  trouve  ici  un  dé- 
nombremsTtl  curieux  &  réjouiiîant  de  ces 
prétendus  miracles  opeia  pu  \«  ïteani- 


■ 


u  *  *  i   nu. 

cicns  poflcrieurs  au  Chrfliianilme  ,  &c  i»p- 
poitei  fort  fcticufement  par  eux-mêmes. 

De  1»  l'Auteur  paffe  à  la  doctrine  de 
Platon  touchant  la  nature  de  l'Ame, corn- 
pofée  (ielon  ce  Philofophe  )  de  deux  par- 
ties, l'une  fpîrituelle ,  l'autre  corporelle; 
&  iujette  à  cette  révolution  appelle:  Mi- 
tempfychaff.  On  produit  ici  des  pafTagcs 
des  Pères,  entre  autres  de  Theodoret ,  de 
S.  Itenéc  ,  &  de  S.  ChtyMome  ,  où 
cette  erreur  eft  fortement  réfutée  ,  ainfi 
que  tous  les  adoucilTemcns  &  toutes  les 
interprétations  favorables  que  quelque* 
nouveaux  Platoniciens  y  ont  voulu  don- 
ner. On  combat  de  plus  l'explication  de 
cette  Métemptychofe  imaginée  par  un 
feavant  Interprète  moderne  ,  Se  l'on  s'ef- 
force de  prouver  que  cette  explication  eft 
oppolée  au  fentiment  de  tous  les  Payens 
en  général  ,  8c  des  Platoniciens  en  parti- 
culier,  mais  fur-tout  (dit-on)  à  celui  des 
Pères  de  l'Eglife.  Ces  Pères  (continue- 
t-on  )  n'ont  pas  traité  plus  favorablement 
les  fentimens  de  Platon  lui  le  retour  des 
âmes  du  Ciel  en  terre,  ci  fur  leur  préten- 
due réniinifeence. 

L/Auieur  vient  enfuite  aux  erreurs  de 
ce  Plûlo'opnc  concernant  h  Phyfique.  II 
l'accule,  après  les  Pères  ,  d'avoir  fait  la 
matière  éternelle  ,  &  dé  l'avoir  regardée 
comme  Y  origine  du  mal  ;  8c  "il  téçoni  ^l 
ce  qu'illcguc  pour  Ja  détente  de  ïliww 
L   3  V» 


" 


34*      JOURNAt   DES   SçAVANÎ. 

fur  ce  point,  !e  même  Interprète  dont  on 
a  parlé.  11  examine  après  cela  l'opinion 
de  ce  Phjlofophe  fur  la  nature  des  Idées: 
opinion  qu'il  avoue  n'avoir  pis  été  en- 
tièrement rejettée  par  Eufebe  ni  pat  S. 
Auguflin  ;  mais  que  la  plupart  des  autres 
Pcres  ont  combattue  ,  en  y  donnant  le 
fens  d'Ariftote.  A  l'égard  de  l'éternité  du 
Monde .  quoi  qu'il  foir  douteux  que  Pla- 
ton l'ait  enfeignée,  il  n'eft  que  ttop  cer- 
tain (dit  l'Auteur)  que  les  Platoniciens 
l'ont  foutenuë,  fur  quoi  ils  ont  été  réfu- 
te! par  les  Saints  Pcres,  auilï-bien  que  ftir 
les  fables  ridicules  qu'ils  debitoient  tou- 
chant les  différens  corps  que  l'Ame  prenoit, 
félon  les  diffërens  élemens  où  elle  fe  ttou- 
voit.8;  touchant  le  retour  perpétuel  des  mê- 
mes perfonnes  &  des  mêmes  éveneraens. 
Le  P.  Battus  ne  nous  donne  pas  une 
idéepIusavantageufedeUMorale  de  Platon, 
que  de  fa  Phyfique,  &  de  fa  Théologie) 
il  en  parcourt  les  cireurs  ,  en  fe  fervant 
pour  cela  de  l'organe  des  Percs ,  qui  le» 
ont  combattues  ,  &  particulièrement  de 
Theodoret.  11  s'étonne  après  cela  des 
éloges  donnei  à  cette  Morale  parle  Iça- 
vant  Traducteur  qu'il  a  cité  déjà  plufieurs 
fois ,  &  il  allègue  fur  cela  les  caufes  de 
fon  étonnement.  11  a  _  peine  fur-tout  à 
comprendre  fur  quel  fondement  cet  In- 
terprêre  a  voulu  juftmei  \t  B«v\uet  de 
"ùron,  &  cela  conttete '^emew.  ^» 


uS 


M    .\   *    s     1711 
t  potié  S.  Cyrille  &  Théodore!.  U  tl_ 
nvient  pas  que  Platon  ait  connu  la  ver- 
tu d'humilité  ,  quoi  qu'en  dife  le  même 
Traduûeur;  il  montre,  au  contraire, que 
dans  les  Livres  de  ce  Philolbphe  on  ne 
trouve  que  des  leçons  d'orgueil  S:  de  n- 
nité;  que  l'ironie  de  Socrate  n'étoit  qu'un 
■rgiieil  diffimulé  j   que  l'homme  humble 
c  Platon  ,    appelle  twHfb  ,    h'a  en  tout 
11  plus  (  félon  Origetie)  qu«  l'extérieur  de 
humilité;  en  un  mot  qu£  Platon  n'a  pas 
u  les  premières  mutions  de  cette  vertu, 
ni  ne  font  dues  qu'à  Jefus-Chrilt. 
Quant  aux  bonnes  cliofes  qu'a  dites  ce 
'hilofophe,ik  à  Tes  fenrimens  les  plus  rai- 
mnables,  &  qui  ^éloignent  le  moins  du 
'hrîfrîanifme  ,    les  Saints  Pères  ont  été 
radez  (dit  'le P. Battus)  qu'il  les  avoir 
z  des  Livres  Sacrez.    Mais  ils  l'accu- 
tnt  en  même  tempsd'avoir  corrompu  par 
fes  erreurs  ces  veritez  dérobées,  Et  de  l'a- 
voir fait  en  partie  par  la  crainte  de  paraî- 
tre s'écarter  trop  des  opinions  reçûei;  en 
partie  par  ignorance  ,  ayant  pris  de  ira- 
vers  ce  qu'il  avoit  lu,   ou  ce  qu'on  lui 
avoit  dit;  en  partie  pat  vanité  ,  pour  dc- 
guiier  fes  larcins.     C'efl  ce  qu'on  appuyé 
ici  des  témoignage*  de  Clément  Alexan- 
drin, d'Origuie,deS.Ju!!in,deTeitullreu, 
deTatien  ,  de  Min  uti  us  Félix,  d'£ufebe,dé 
Theodoret,  &  de  fair.t  Cvulte,  4e&£it\s, 
ou  rapporte  iia  morceauxcoîitici^w. 

L  *,  Ubac 


i4>       JOUENAIBEïSçATANÎ. 

L'Auteur  s'applique  enfuite  à  nous  ex-^ 
pofer  ce  que  les  Pères  oni  penfé  de  Platon 
&  de  fa  Philoibphie  ,  par  rapport  nux  ef- 
fets qu'elle  a  produits.  Ces  Pères  foutien- 
nent  que  Platon  ne  mérite  pas  d'être  com- 
paré au  dernier  de  tous  les  Chrétiens; que 
fa  Pliilofophie  eft  abfolument  inutile, puif- 
qu'elle  n'a  pu  perfuader  perfonne;  au  lieu 
que  la  Croii  de  J.  C.  a  perfuadé  toute  la 
terre  des  veritez  les  plus  importantes;  que 
jamais  aucune  ville  ne  s'eft  gouvernée  ie- 
Jon  les  loixdePlaton.au  lieu  que  les  Apô- 
tres ont  fait  obferver  celles  de  J.  C.  par 
toute  la  terre;  que  Platon  n'a  pu  perfuader 
fon  dogme  de  l'immortalité  de  l'Ame  à 
fon  Difciple  Ariftote  ,  pendant  que  les 
Apôtres  ont  convaincu  de  cette  veritêtous 
les  peuples.  Les  raifons  qu'apportent  les 
Pères  du  peu  de  fruit  qu'a  fait  cette  Phi- 
lofophie,  ne  font  pas  honneur  à  Platon. 
„  C'étoit  un  homme  (difent-ils)  qtuo'a- 
,  voit  en  tête  que  la  vanité  ,  &  qui  ne 
,  cherche»  pas  à  dire  des  chofes  utiles, 
,  mais  feulement  à  faire  parade  de  fon 
,  éloquence.  De  là  ce  verbiage ,  cette  en- 
,  nuyeufe  prolixité,  &  cette oblcurité que 
,  l'on  trouve  dans  fes  Ouvrages  ,  &  qui 
,  les  rendroit  inutiles  ,  quand  même  ils 
,,  coniiendroient  quelque  cliofe  d'utile.,, 
Pour  ce  qui  concerne  l'éloquence  de  PU- 
ton  ,  c'eiï  un  mérite  dont  les  Pères  de 
l'£$liic  tombent  d'accord  (,ûù  ïtwuv  ' 


co  n  fi  d  érables, 
V.  Il  ne  refte  plus  au  P.  Baltus  qu'à, 
itniner  1«  divers  prétextes  fur  lefquelî 
on  a  voulu  établir  le  prétendu  Platonifme 
des  Saints  Pères,  &  à  montrer  la  foiblefle 
de  ces  mêmes  prétextes  ;  &  cert-ce  qu'il 
exécute  dans  le  dernier  Livre  de  cet  Ou- 
vrage. Il  réduit  à  quatre  points  principaux 
«  qui  regarde  l'origine  &  le  progrès  de  ce 
fen  liment. 

Le  premier  eft  k  préjugé  où  font  la  plu- 
part des  Sçavans,  qui  croyent  qu'ii  en  a 
été  de  la  Philofophie  de  Platon  dans  les 
premiers  ilecles  de  l'Eglife  ,  comme  de 
celle  d'Ariftotc  d^ns  les  derniers.  L'Au- 
leur  fans  s'arrêter  à  la  réfutation  de  ce 
Ëejugé,  qu'il  a  lumTamment  détruit  dans 
!  Livres  prec'cdens ,  aufyuds  tt  tn«o^ 


ï&t. 


ICO      JOURN»L   DES    SçAVÂtfS. 

pjffe  au  fécond  prétexte  ,  qui  elt  f 
fur  les  louanges  données  à  Platon  &  à  fa 
Fhilofophie  par  les  Pères.  Ceux  de  ces 
Pères  qu'on  prétend  s'être  le  plus  Cgnalei 
en  ce  genre,  font  CLment  Alexandrin, 
faint  Juitin  ,  Se  faint  Augutlin.  M.  U 
Clerc  elt  un  de  ceux  qui  infiltent  le  plus 
fur  ces  prétendues  loiianges  ,  &  qui  en 
concluent  avec  le  plus  de  confiance  le 
Platonifme  des  Saints  Pères;  Scc'eft  aulîi 
M.  le  Clerc  que  l'Auteur  combat  avec  le 
plus  de  foin  dans  tout  ce  quatrième  Li- 
vre. Pour  commencer  par  Clément  d'A- 
lexandrie ,  qui  (félon  M.  le  Cltrc)  loue 
Platon  jufqu'a  lui  attribuer  quelque  chofe 
de  prophétique  ,  le  Père  Balrus  fait  voir 
que  cette  fuppolition  n'eft  établie  que  for 
on  paffage  de  cet  Ecrivain  ,  où  on  lit 
prophétiquement  au  lieu  de  po'àùqurnuni ,  qui 
eit  la  véritable  leçon,  comme  ilparoîtpar 
Eufebe,  qui  cite  ainli  ce  pafTage  ;  &  que 
Clément  bien  loin  de  prendre  Platon  pour 
une  efpece  de  Prophète,  l'a  toujours  re- 
gardé comme unPlagiaire&  un  corrupteut 
des  Prophètes.  L'Auteur  jultifie  le  même 
Père  fur  l'idée  que  nous  en  veut  donner 
M.  te  clerc,  comme  ayant  t'ait  profeflîoa 
de  trois  différentes  feei.es  de  la  Fhilofophie 
payenne,  &  comme  en  ayant  adopte  dî- 
Terfes  erreurs,  entre  autres,  l'éternité  de 
h  matière  ;  oc  il  montre  que  le  Theolo- 
S'en  .Proteilant  abufe.  éttMiepmssx  iwçit 

•aïs* 


ts  qu'il  employé  pour  autotifér  un  îera- 
blable  paradoxe-  Les  louanges  donnée* 
à  Platon  par  faint  Julu'ii ,  ne  font  pasplu* 
concluantes  (félon  l'Auteur)  pour  Je  Pla- 
tonifme  de  ce  Père-,  &  les  partages  qu'en 
allègue  M,  te  Clere  ne  prouvent  point  que 
Ciirii  Juftin  ait  accordai  Socrate  ou  à  Pla- 
ton d'antres  privilèges  que  ceux  qu'il  ac- 
corde également  aux  autres  Philofophesâc 
aux  Poètes  mêmes.  Quant  à  faint  Au- 
guflin  (continue  le  Pcre  B.thus  )  s'il  pa- 
roi: en  quelques  endroits  plus  favorable  à 
Plaron  que  les  autres  Pères  plui  anciens, 
c'eil  que  de  fon  temps  le  Paganilme  étant 
prévue  anéanti ,  ces  éloges  ne  tiroient 
plus  fi  fort  à  conféqucncc  par  rapport  an 
Chriflianiunc  :  quoi  qu'a  vrai  dire  ,  ces 
louanges  que  faint  Augullin  donne  à  Pla- 
ton ne  foient  deilinces  qu'à  raonirer  que 
ce  Père  a  eu  raifon  de  choilir  les  Platoni- 
ciens entre  tous  les  autres  ,  pour  rcfiiter 
leurs  erreurs.  Que  fi  faint  Augullin  trou- 
va dans  les  Livres  des  nouveaux  Platoni- 
ciens tout  le  commence  ment  de  l'Evangile 
de  faint  Jean  ,  ceit  que  ces  Philofophci  le 
1  croient  approprié,  ainlî  que  pluiieurs  au- 
tres dogmes  qu'ils  avoient  emprunta  du 
Chriilianiiine.  On  lit  ici  de  longs  pafla- 
ges  tirez  des  Conieflions  de  faint  Auguf- 
tin  par  lefquels  on  peut  connoïire  les  vé- 
ritables feniimens  pour  les  Platoniciens, 
&  combien  peu  il  leur  àçtcîatt  \wa 
L  6  "i«-. 


*SS       JoUHN  Al    DES   S  ÇA  VAN  S. 

l'explication  des  veritei  Chrétiennes, 

Le  troifiéme  prétexte  qu'on  a  pris  pour 
fuppofer  le  Platonifme  aux  Saints  Pères , 
vient  de  la  conduite  de  quelques  fameux 
Auteurs,  qui  fe  trouvant  embarraffez  de 
quelques  expreffions  particulières  des  mê- 
mes Pères  touchant  le  myftere  de  h  Tri- 
nité, en  ont  rejette  la  faute  fur  la  Philo- 
fophie  de  Platon,  en  fuppofant  avec  les 
autres ,  que  cette  Pliilolbphie  avoir  été 
celle  de  toute  l'antiquité  Chrétienne.  De 
ce  nombre  ont  été  l'Auteur  de  Yorigtoiam, 
&  le  fçavant  P.  Pttan  :  Bc  c"efr  à  leur 
répondre  que  s'occupe  le  P.  Baltus  ,  dans 
les  Chapitres  IX.  &  X.  I!  ne  peut  accor- 
der au  dernier  de  ces  Ecrivains ,  qu'il  fe 
trouve  des  expreffions  Platoniciennes  dans 
les  partages  des  Pères  de  l'Eglife  que  cite 
ce  fameux  Auteur. 

On  vient  enfin  à  la  réfutation  du  para- 
doxe impie,  avancé  par  les  Socinîens.Que 
les  Pères  del'Eglife  ne  nous  ont  débité  fur 
le  Myflere  de  la  Trinité  que  les  idées  de 
Platon;  &  que  ce  Myftere  même,  le  fon- 
dement de  nôtre  Religion,  n'eil  qu'un  Pla- 
tonifme  greffier.  „  C'eft  (  dit  le  P.  Bal- 
„  tus)  ce  que  prétend  tout  ouvertement 
„  l'Auteur  de  l'impie  &  extravagant  Ou- 
„  vrage,  qui  porte  pout  titte  ,  Li  Plat*- 
„  nijme  dévoilé.  M.  le  Clerc  va  au  même 
„  but  que  ce  Socïnien  déclaré ,  mais  d'une 
.  minière  plus   cachsç  &   ç\us  adroite. 


M   a  s   I     1711.  ij3 

;,  Celui-là,  eft  un  furieux  ,  qui  confond 
„  tout ,  fuppofe  tout,  &  ne  prouve  rien, 
„  ou  qui  ne  donne  pour  preuves  que  des 
,,  empottemens  Se  des  injures  groffieres 
„  contre  les  Saints  Pères,  Celui-ci  eft 
„  plus  modéré  en  apparence;  il  fe  cache, 
„  il  fe  déguife  ,  Bc  ne  marche  que  par 
„  des  voyes  détournées.  Il  tâche  de  prou- 
„  ver,  ou  au  moins  de  tendre  vrai-fei 
„  blable  ce  qu'il  avance  ,  ou  plutôt 
„  qu'il  infinuë.  Pour  cet  effet  il  prodi 
„  des  paffages  des  Saints  Pères, qu'il tour- 
,,  ne  &  qu'il  interprète  d'une  manierequi 
„  pourroit  alfuiément  tromper  des  gens 
„  peu  attentifs.  Ceft  ce  qui  m'a  obligé 
f,  de  le  préférer  par-tout  à  fon  ami,  dont 
,,  VOuvrage  confus,  groffier  Se  emporté, 
„  ne  fera  jamais  beaucoup  de  tott  à  la  Re- 
,,  ligion.,. 

L'Auteur  donne  à  M.  U  ctm  des  mar- 
ques certaines  de  cette  préférence ,  puif- 
qu'ilne  s'a dreffe  qu'à  lui  dans  tout  le  relie 
du  volume.  Les  endroits  où  M.  U  Clerc 
établit  fon  Syflêrne  fur  le  Platonifroe  de 
J.  C.  des  Apôtres  5c  des  faints  Pères,  font 
le  X.  Tome  de  fa  Eibliotheyut  univtrfelti, 
page  401,  &  la  VII.  de  fes  Le/ires  Criti- 
3«<ji&  c*e(lau(noiil'attaque!e  P.  Baltus. 
Ce  Père  rapporte  d'abord  les  paffages  de 
Platon ,  où  fon  Ad  ver  foire  a  crû  voir  k 
Vnbt  8î  le  S.  Efprlt.  A  la  fuite  de  ces 
paffages  viennent  ceux  des  Pères  qui  fer- 
L  7  iw\ 


2(4      JOURNAI     DElSÇAVANS. 

vent  de  fondement  à  M.  le  Clerc  pour  a- 
vancerque  ces  Fercs  ont  crû  qu'il  n'y  a- 
voit  nulle  différence  entre  le  lent  i  ment  de 
Platon  &  celui  des  Apôtres  fur  la  Trinité". 
L'Auteur  s'efforce  de  faire  voir  que  roui 
ces  palfages  alléguez  font  ou  corrompus, 
ou  tronque?. ,  ou  mal  expliquez  par  M. 
le  Clerc  :  Que  dans  un  paifage  de  TertuI- 
.  lien  ,  par  exemple  ,  il  en  fupprime  une 
partie,  pat  laquelle  on  voit  roani tellement 

Sue  Tertullien  n'y  parle  que  de  Zenon , 
e  Cleanthe,  &  des  Stoïciens  ,  &  nulle- 
ment de  Platon ,  ni  des  Platoniciens  :  Que 
M.  UCittc  ne  peut  trouverde  relfemblan- 
ce  entie-  les  femimens  de  Platon  &  ceux 
des  Chrétiens  fur  la  Trinité,  qu'en  attri- 
buant à  Platon  les  idées  de  Plotin  ,  de 
Porphyre,  fk  des  autres  Platoniciens  nou- 
veaux, que  les  Saints  Pères  ont  eonvain- 
cusd'avojr  pris  phiueurschofesde  laTheo- 
logie  des  Chré:iens  ,&  qu'ils  traitent  d'ad- 
mirateurs &  de  corrupteurs  des  faims  M- 
vangiles.  Nous  paffons ,  pour  abréger, 
par  deffus  h  plupart  de  ces  pacages  et» 
minez  par  le  P.  Uahus ,  qui  conclut  cette 
diftnllîon  en  ces  termes.  „  On  voit  que 
„  malgré  h  mauvaile  foi  avec  laquelle 
„  M.  le  C/irt  cite  ces  palTages;  malgré  tous 
„  les  artifices  8c  les  fubtilitez  captieufes 
„  qu'il  employé  pour  en  détourner  le  ve- 
„  ritabfe  fer.s  ;  il  n'y  en  a  aucun  qui 
§,  prouve  ce  qu'il  piitcai,  m  ûvâ  ^viyffe 


M     r.    n    s      1111.  *ff 

même  arrêter  un  feu!  moment  un  Lec- 
teur attentif.    On   voit  que  tous  cm 
,  paffages  ne  contiennent  que  des  cita- 
.  tions  ou  de  lîmples  exportions  que 
font  les  Saints  Pères  de  quelques  paro- 
les &  de  quelques  fentimens  de  Platon, 
comme  des  autres  Philofophes  Payens 
&  des  Poètes  même!  ,  pour  montrer 
qu'ils  ont  eu  quelque  connoi (Tance,  quoi 
que  t ici- imparfaite  &  mêlée  de  quan- 
tité d'erreurs  ,     des  vérité/,   contenues 
dans  les  divines  Ecritures,  &c.„ 
L'Auteur  ne  fait  pas  meilleur  quartier 
à  M.  U  Clerc  fur  les  paflàget  produits  par 
celui  ci  dans  fa  VII.   Lettre  Critique  :   8e 
t'entreprend,   outre  cela,  fur  ceirepropo- 
iition  ,    Que  Platon   n'a  r:en   emprunté  dis 
Livra  Sainti  :  C'eft  de  quoi  ne  convient 
pas  le  P.  Balrus,   qui  employé  à  prouver 
le  contraire  les  trois  derniers  Chapitres  de 
fon  Ouvrage.    I!   s'appuye  pour  cela  du 
confentement  unanime  des  Pères  de  l'E- 
glife  fur  les  larcins  de  Platon  en  ce  genre  ; 
intiment  confirmé  par  plusieurs  anciens 
Auteurs  Juifs  &:  Payens  ;   &  il  refure  les 
conjectures  par  lefijuelles  M.  U  Cltre  tâche 
d'affoiblir  ces  témoignages. 

Emmenologia  ,  in  qua  fluxus  mtiliebris 
menttruiphxnomena.periodi.'mi»  tutti 
medendi  mcifcodo,  ad  rationei  metffti- 
jwcm  ciiguntur.  Auftore  Joh.  f«i»»i 


•J-ami 


lj6      JOURKAf&EÎ    SÇATANS. 

M.  S.  JEd.  Chrifti  Alumn.  vmwu 
C  Lugduni  Eaiavorum  ,  apud  Joannim 
Hofhout  £S*  Coenradum  Whhoff.  17.11, 
C'eft-à-dîre  :  L'Emmenologit  ,  où  l'on 
txplïtjut,  filon  tes  ioix  dt  la  tnécbanique, 
l'évacuation  périodique  ,  particulier*  au 
fixi.  Par  Jean  Freind.  A  Rotterdam 
&  à  Leiden  ,  chez  Jean  Hofhout  Se 
Conrad  Wishoff.  17"-  vol.  in  1 1.  pp. 
zro.  Se  trouve  à  Amlkrdam  chez  les 
Waesberge. 

TE  iujet  dont  il  s'agît  dans  ce  Livre,  a 
long-temps  exercé  les  Médecins  ;  8î 
on  peut  dire  que  la  variété  de  leurs  fenti- 
mens  fur  celte  matière  ,  n'a  rien  offert 
jufqu'ict  de  plus  probable  que  ce  que  nous 
•xpofe  M.  Fteînd.  Les  uns  veulent  que 
'évacuation  périodique  dont  il  eit.  qnef- 
ion ,  ait  pour  caufit  la  Lune  ;  les  autres, 
un  ferment  répandu  dans  le  fang  ;  les  au- 
tres, la  pléthore  ou  la  furabondance  des 
ucs.  De  ces  trois  fentimens  M.  Freind 
mbraffe  le  dernier  ,  après  avoir  fçavarn- 
jnent  refuté  les  deux  autres.  L'évacua- 
tion dont  il  s'agit  vient  donc,  félon  nôtre 
Auteur ,  d'une  furabondance  de  fucs ,  que 
dans  l'Ecole  on  nomme  ordinairement  plé- 
thore. Cette  opinion  eit  celle  de  G  al  i  en, 
lequel  s'explique  ainli-dans  le  Livre  de  la 
faignée.  Le/exe  cjl  [ujet  à  mener  uni  ' 
JideBt*ite  ,     du  moini  il  n'*Jl{M«wi 


■n»  rit 


Mars     1711.  l!T 

t  grandi  travaux  C7  de  grands  ixerieti; 
manière  A  t>«  f/ï  AM/Î  que  Ut  femme  1 
fient  beaucoup  d'bumturi  )  e'tfl  pourquoi 
a  fallu  iihi  la  Nature  ait  trouvé  un  |(W 
<fc  À  (ette  plénitude ,  par  une  évaluation  rf 
'ie  v périodique.  Voila  le  fentimenr  de 
aiien;  mais  ce  fentiment.qui  a  été'  fuivi 
.  ir  plulîeurs  autres  Auteurs ,  n'a  pas  été 
êclairci.  M.  Freind  le  met  dans  Ton  jour, 
&  pour  ainfi  dire,  fc  le  rend  propre  ,  par 
la  manière  dont  il  l'explique.  Il  tait  voir, 
1.  D'où  vient  dans  le  fexe  cette  pléthore, 
qui  en  certains  temps  reglei  ne  manque 
point  d'être  fuivie  d'une  évacuation.  1. 
Pourquoi  cette  évacuation  fc  fait  par  Ici 
vailTeaux  de  Xuterui.  3.  Pourquoi  elle  eft 
périodique  Nous  allons  expofer  le  plus 
fuccinctement  qu'il  nous  fera  pofubte  ce 
qu'il  dit  fur  ces  trois  articles. 

Quant  au  premier,  il  remarque  que  les 
femmes  ont  le  corps  plus  délicat  &  plus 
humide,  les  battemens  du  cœur  8î  des  ar- 
tères plus  faibles ,  comme  on  le  voit  par 
leur  pouls  ;  les  fibres  des  organes  moins 
fortes  &  moins  tendues,  d'où  il  conclud 
que  le  fang  eft  pouffé  du  centre  à  la  cir- 
conférence avec  moins  d'action  ,  que  par 
conféquenr  tes  fecretions  font  moins  par- 
'  ites ,  &  la  tranfpiration  moins  entière. 
e  principe  pofé  ,  iî  tire  une  autre  con- 
ruence,  qui  eft  que  les  femmes  doivtWL 
mulerplus  de  fucs ,  &  abonÀtt  ç\m& 
«a 


:  qui 
e  dê- 


F258  JotJRNAL  DES  SÇAVAM 
en  fang  :  Or  c'efl  cette  furabondance 
fait  que  la  nature  accablée  tente  à  fe 
gager  en  certains  temps.  M.  Freind,  pour 
confirmer  l'on  Terminent ,  rapporte  l'exem- 
ple des  femmes  qui  travaillent  à  de  rudes 
travaux,  ou  de  celles  qui  font  nées  avec 
un  tempérament  fort  &  robufte,  lefquel- 
les  font  appellees  pour  cette  raifon  w'm- 
giiui,  car  elles  ibr.t  peu  fujettes  à  ces  éva- 
cuations, ce  qui  ne  peut  venir  que  de  ce 
qu'elles  tranfpirent  davantage.  Nous  ve- 
nons de  remarquer  que,  félon  nôtre  Au- 
teur, les  corps  qui  fontd'un  tempérament 
humide  tranfpirent  moins.  Comme  cetii 
propofîtion  peut  paraître  extinordinatre  à 
ceux  qui  n'ont  pas  une  eonnoilfance  fuffi- 
fante  de  l'ccconomie  du  corps  humain, 
M.  Freind  l'appuyé  fur  les  OLiervations 
déjà  Médecine.  Statique,  &  fur  le  témoi- 
gnage du  feavant  Saneloriu?. 

Au  regard  du  fécond  point  ,  fçavoîr, 
pourquoi  cette  évacuation  prend  pkïtôt 
fon  chemin  par  les  vailfeaux  de  l'uterui, 

I  notre  Auteur  fait  voir  par  la  ftruflare  de 
l'utérus,  qu'il  eft  difficile  que  la  chofe  foit 
autrement.  Il  remarque  fur-tout,  que  le 
tronc  de  l'aorte  defeendante  a  plus  de 
diamètre  dans  les  femmes  que  dans  les 
hommes  :  or  comme  ce  tronc  fournit  le 
fang  à  J'uterus ,  il  eft  aïfé  de  juger  qu'il 
y  en  doit  fournir  une  plus  tyindc  quao 
iié  que  s'il  avoir,  moins  àçlafcWi 


M  »  a   s    1711-  as» 

rameaux  capillaires  qui  forten» 
jnc defccndant ,  font  en  plusgrand 
i  dans  les  femmes  que  dans  les  hom- 
ce  qui  doit  donner  une  nouvelle  la* 
au  fang  à  fe  porter  à  cette  partie; 
«is  encore,  que  les  veines  autquel- 
i  rameaux  fe  joignent  dan]  l'utérus , 
point  de  valvules,  &  que  par  con- 
it  pour  peu  que  ces  veines  foient 
rimées,  le  fang  peut  refluer,  Se  se-, 
r  aifément. 

ir  ce  qui  eft  du  troifie'tne  article  qui 
rne  le  retour  périodique  de  l'evacua- 
voici  en  fubilance  l'explication  que 
donne  là-deflus  M.  Freind.  11  eft 
nt  que  la  tranfpiration  cil  moindre 
es  femmes  que  dans  les  hommes, 
i  a  donné  des  preuves  incontefta* 
Si  cette  tranfpiration  eft  moindre,' 
loit  faire  tous  les  jours  une  augmen- 
infenfible  dans  la  m  a  fie  du  fang. 
augmentation  ,  à  la  fupputer  fut 
uatiori  périodique  ,  qui  ne  va  £uo 
L'à  vingt  onces ,  ne  peut  être  envi- 
e  de  la  trentième  partie  de  la  nout- 
que  l'on  prend  :  or  fuppofons  que 
ourriture  aille  à  deux  Livres  pat 
ce  fera  au  bout  du  mois  environ 
vre;  de  fang  qui  auront  été  rete- 
&  dont  le  iurcroît  aura  i\i  &<&• 
ur  faire  violence  aijx  irnSfi»».' 
oWjger  à  s'ouvrir  ;  a,u  \wu  ^Sw** 


1 


ifio  Journal  desSçàvans. 
paravant,  le  poids  n'étant  pas  fi  gtand  ne 
îhffilbir  pas  pour  vaincre  !a  refiftance  des 
vaiiTeaux.  On  voit  donc  par  là  pourquoi 
cette  évacuation  recommence  auboutd'un 
îemps  réglé.  C'eft  qu'alors  la  replerion , 
ou  pour  parler  félon  l'Ecole  ,  la  pléthore 
eft.  à  un  point  où  les  vaifieaux  ne  la  peu- 
vent plus  fupporter.  Il  en  eft  de  cela 
comme  d'une  balance  en  équilibre ,  où  un 
grain  de  plus  fuffit  pour  la  faire  pencher. 
M.  Freind  donne  à  rout  cela  un  jour  qui 
ne  laine  rien  à  délirer;  Si  nous  rapporte- 
rions fes  réflexions,  fi  nous  le  pouvions 
faire  fans  nous  engager  à  copier  fon  Li- 
vre, qui  eft  fi  concis  &  fi  exempt  de  tou- 
te fuperfluité,  qu'il  n'eft  prefquc  paspoffi- 
fele  d'en  rien  détacher.  Cet  Auteur  non 
content  des  explications  que  nous  venons 
de  toucher  ,  répond  aux  principales  ob- 
jections qu'on  peut  l'aire  contre  fon  opi- 
nion. Il  rend  enfuite  raifon  de  tous  les 
phénomènes  qui  précèdent  ,  qui  accom- 
pagnent, &  qui  fuivent  l'évacuation  dont 
il  parle.  Il  defeend  dans  ledétaildes  fymp- 
tomes  qui  arrivent  lorfque  cetie  évacua- 
tion eft  ou  ralentie  ,  ou  fupprimée,  ou 
cxceflîve.  Il  enfeigne  les  meilleurs  remè- 
des qui  conviennent  dans  ces  occalions; 
&  il  explique  en  véritable  Fhyfiden  de 
quelle  manière  ces  remèdes  agilfenr.  En  i 
an  mot,  on  peut  dire  t\ûî  «  Livrecom-  I 
prend  tous  les  éc.Uirc.ifcm.Wi'â  e^w  v^ 


ExpUaiûs»  Hifloti^nc   dis   Tablit  , 

découvre  leur  erigîne  ,  &  Itttr  ctmfarmi 
mvK  l'HiJIcire  tmtiintie ,  çr  cù  l'on  rappar- 
ie lt>  Epoques  des  Héros  ,  &  des  frittti- 
paux  événement  dont  il  tjt  fait  memim. 
Par  A3,  VAbbéB.  A  Paris,  chez  Fran- 
çois le  Breton ,  au  bour  du  Pont-Neuf", 
proche  li  rue  Guenegaud  ,  à  l'Aigle 
d'Or.  I?n.  deuxTom.  in  n.Tom.I. 
pagg.  410.  Tom.  II.  pagg.  440. 

QNa  toujours  regardé  les  Fables  com- 
me  des  Hélions  ïngénieufes  qui  ca- 
chaient bien  des  veriteij  mais  l'envie  de 
tout  ramener  à  la  Morale  a  fait  Couvent 
appliquer  aux  mœurs  ce  qui  n'y  avoit  nul 
rapporr.  L'Auteur  du  Livre  dont  nous 
allons  rendre  compte  ,  fe  plaint  agréable- 
ment de  cette  liberté.  I!  remarque  que 
chacun  a  crû  découvrir  dans  l'explication 
des  Fables  ce  que  fon  génie  particulier  & 
le  plan  de  fes  études ,  le  portoient  a  y 
chercher.  ,,  Le  Phyfiden  ,  dit-il,  y  a 
„  apperçû  les  myfteres  de  ta  Nature;  le 
1  „  Politique,  les  raffinemens  de  lafageflèi 
l  u  le  Philofophe,  la  Morale  la  plus  pure; 
le  Chymiile,  les  fecrets  les  plus  imço\- 
Uns  de  fon  art;  enfin  chacun  a.  tegM&è 
la  Fible  cornais  un  pais  de  con^èT.-;  ,- 


::i; 


i6i     Journal  ues  Sçavans. 

„  où  il  a  crû  avoir  droit  de  faire  des  ii- 
„  ruptions  conformes  à  les  intérêts,,,  L'Au- 
ieur  penfe  différemment  fur  cette  ma- 
dère. Il  croit  que  la  Fable  renferme  les 
principaux  évenemens  de  l'Hiftoùe  an- 
cienne ;  que  ces  évenemens  confervei 
d'abord  par  le  feu!  fecours  de  h  tradition, 
ont  parlé  dans  les  chantons  des  premiers 
Poètes  ,  qui  fuivant  la  licence  de  leur 
art,  les  ont  défigurez,  pour  les  embellir; 
&  que  les  Poètes  qui  font  venus  après, 
par  une  prévention  favorable  pour  ceux 
qui  les  précedoient ,  fe  font  imagine  que 
les  Sciences  les  plus  fublimes  étoient  ca- 
chées fous  ces  myfteres. 

Pour  évitet  ce  défaut,  on  s'attache  ici 
à  concilier  la  Fable  avec  l'Hiitoire  ,  &  à 
démêler  la  vérité  dans  un  amas  de  action', 
où  fouvent  elle  fe  perd.  Le  fecours  des 
Langues  anciennes  paroit  d'abord  necef- 
faire  au  fuccès  de  cette  entreprife  ,  c'eft 
ce  qui  donne  lieu  à  l'Auteur  [de  craindre 
que  fi  à  l'exemple  de  ceux  qui  ont  luivi 
les  mêmes  routes,  il  ne  fait  entrer  l'Hé- 
breu &  le  Syriaque  dans  les  preuves  de 
fan  Syftême,  les  Sçavans  n'en  raflent  peu 
de  cas.  Mais  il  appréhende  suffi  qu'en 
le  faifant  paroître  avec  ce  bizarre  cortège, 
H  plupart  des  Leéteurs  n'en  foïent  rebu- 
tez. „  Peu  de  gens  ,  dit-il ,  font  capa- 
„  blés  de  lire  des  Livres  hériffez  de  Grec 
»,  &  d'Hébreu  ;  U  bisMiiHc  feule  des  c 


:  des  a> 

■* 


M   *  r    s     i-jit. 

.es   ki  effraye.     On    regarde 

ies  comme  des  mines  fou  ri 

.ùs  où  les  pierreries  font  fi  diffia 

louver,  qg'on  aime  mieux  S'en  j 

que  de  Te  donner  Ij  peine  de  les  c 

,  tirer,  quoi  qu'on  foit  ravi  de  les 

„  développées  Se  mile;  en  iciivre.,, 

pour  s'accommoder  att   goût   du  f 

nombre  ,  l' Auteur  .1  crû  devoir  pr< 

une  application  fimple  8c  aifée  à 

l'attirail  d'une  érudition   Mueufe, 

prétend  pas  néanmoins  être  cru  fur  ( 

rôle  >  il  a  cité  les  Auteurs,  &  a  r.ip 

aux  marges  leurs  partages ,  pour  m 

les  Curieux  en  état  d'approfondir  h 

titre  >  &  de  vérifier  les  citations. 

Mais  comme  la  Fable  eft  d'une  t 
générale  ,  qu'elle  facilite  la  lectun 
Poètes,  &  qu'elle  fert  de  fondement 
Pièces  Dramatiques  &  aux  Peinture: 
a  traité  ce  lùjct  en  forme  de  dialo 
afin  de  le  rendre  plus  interefTant  8î  pri 
milier  dans  l'ui'age  ordinaire  du  rnond 

Tout  l'Ouvrage  elt  divifé  eu  vingt 
(retiens.  L'objet  du  premier  eft  de 
voir  que  les  FaMes  "ne  font  pas  de  j 
allégories ,  Se  qu'elles  renferment  l'Hil 
ancienne.  Le  fécond  8>  le  troîfiém 
diquent  la  fource  des  Fables,  on  et 
la  dïviûon ,  6c  on  donne  des  règles 
les  expliquer.  Dans  le  quatrième  o 
cherche  l'origine  de  i'ldola,uie,  ;  & 


,       to«»**v  °  „  fait  VHïfo»16 

"ide,  K„„?  "«»'  """j™ V  ait  f°PP>'- 
FlU"?MteVta  f°dffeî  ivaua»»' 


I 


que  i*  -"  v.  pu  pen»"» -fi, dite  del  ni 
toire»bcauc     Y  cft  une 


M   k  r  s    1711;  iSj 

ne  vous  croyois  pas  Ci  dévot,  réplique  la 
Dame,  je  ne  le  fuis  point  tant  que  vous 
penfez  ;  replîque-t-il  ,  car  je  n'y  ajoure 
point  de  foi.  Voulez-vous  que  je  croye, 
par  exemple,  que  le  beau  Narcilîe,  dont 
je  lis  l'hjftoire  ,  ait  été  changé  eu  fleurs? 
La  Dame  comprit  par  là  que  c'étoient 
les  miracles  des  Metamorphofes  ;  mai» 
continuant  la  converration  ,  elle  avoua 
qu'elle  n'étoit  pas  fi  incrédule,  &  qu'il  y 
avoit  peu  d'apparence  qu'Ovide  eût  ra- 
mafle  tant  de  prodiges ,  s'il  n'y  en  avoit 
eu  aucun  de  vrai.  Les  démons  ,  félon 
elle  ,  pouvoient  y  avoir  eu  beaucoup  de 
part  ;  &  la  choie  ne  paroirToit  pas  plus 
difficile  que  de  rendre  des  oracles,  oud'or 
perer  des  guiirifons  extraordinaiies.  L'ami 
de  l'Abbé  dit  en  riant  ,  que  c'étoît  peut- 
être  un  jeu  de  la  Naiure,  &  queceschan- 
gemens  fe  faifoient  alors  comme  le  font 
aujourd'hui  ceux  des  vers  à  Ibye  ,  méta- 
morphosez en  papillons.  11  fallut  Tourner- 
tre  ces  réflexions  badines  au  fentiment  de 
M.  l'Abbé  ,  qui. décida  que  tout  n'étoit 
pas  faux  dans  les  Fables,  mais  qu'il  nefal- 
loit  pas  suffi  prendre  à  la  lettre  tout  le 
fublime  Si  le  merveilleux  qui  *'y  rencon- 
tre. 11  faut  regarder,  dit-il,  le  fond  des 
Fables  L-omme  quelque  chofe  de  vrai  8c 
d'hifïorique,  Si  croire  que  tous  \es  ouit- 
mens  fonr  hux.  Mais  comment  àèveVv 
per  tout  ceh ,'  on  prendra  peut-ê«c  ço\k 
M  \» 


^B i65  Journal  des  Sçav*v s. 
^H  la  vérité  ce  qui  n'eft  qu'une  fiction ,  Se 
^^Ê  on  traiter!  de  fable  la  feule  cire  on  (lance 
^^B  qui  renferme  la  vérité.  A-t-on  quelques 
^H  règles  pour  en  faire  un  jufte  difeernement? 
^B  II  faut  d'abord ,  continua  l'Abbé,  écarter 
^B  d'une  Fable  tout  ce  qui  y  paroît  furna- 
^Ê  turel.  De  tous  les  combats ,  par  exem- 
H  pic,  dont  parle  Homère,  ôiei-en  d'abord 
H       les  Dieux  qu'il  y  mêle;  donnez  à  ta  pru- 

■  dence  8t  à  la  bonne  conduite  des  Chefs 

■  ce  qu'il  attribué'  à  Minerve  ;  à  la  valeur 

■  d'Heéior,   ce  qu'il  met  fur  le  compte  de 

F  las 

I  A-, 


Mars; 


■s  que  le  haiard  plutôt  que  Pal- 
las  fit  rencontrer  Ulyfle  par  Naulicaa  fillç 
d'Alcinoùs,  &  que  le  nuage  myfterieux 
dont  la  Déefle  le  couvrit ,   marquoit  les 
ténèbres  de  la  nuit ,   à  la  faveur  dciquel-  i 
les  le  Roi  d'Ithaque  entra  fans  être  re-J 
connu  dans  la  Ville  des  Phéniciens.    Ne| 
croyei  pas  que  Mercure  conduifit  Priant 
à  !a  tente  d'Achille  ;    mais  dites  que  cd| 
bon  Roi  étant  parti  la  nuit  pour  aller  reT 
tirer  le  corps  de  fon  fils  des  mains  dJ 
Grecs,    trouva  les  fentinelles  endormie^ 
ou  qu'il  déclara  à  ceux  qui  veilloient , 
fujet  de  fon  voyage.  Si  vous  voyez  qui 
ne  Déelfe  a  enlevé  un   Héros  du   cap 
bat ,  figurei-vous  que  c'eft  une  envclJ 
qui   nous  cache   fa  fuite.     Si  les  Po^ 
fous  parlent  de  Geans  dont  la  tete  1 
cho/t  les  deux,  mettez-vous  dans  l'J 
qu'Us  étoient  plus  monfttucM  çwl 


:  l'Afrique  &  l'Efpagne  ,  arrê- 
ean ,  &  qu'auflî-tôt  la  mer  cn- 
olencc  dans  les  terres ,  &  fit 
olpïic,  qu'on  appelle  la  Medi- 

vous  pourrez  croire  que  du 
nelque  Hercule  (car  il  y  en  a 
;)  l'Océan  enfonça  deux  mon- 

foibles  que  Ses  autres  à  l'aide 
"un  tremblement  de  terre  ,  ou 
le  vent.  Ce  n'eft  pas  allez  au 
:ttre  les  Fables  fur  le  pied  des 
relies  )  il  faut  avoir  recours  aux 
aui  inscriptions,  &  aux  autres 

antiques;  &  lorfque  tout  cela 

faut  fejetter  dans  les  étymo- 
:  chercher  dans  les  anciennes 
:  dénouement  de  1a    plupart 

Maïs  avec  tout  cela  ne  rifque- 
de  faire  de  nouvelles  Fables. 


I 


tes  qui 


iâ8  Journal  des  S  ç  &  y 
fautTes  font  de  l'invention  des  Poètes  ,__ 
font  venus  après.  Quand  Homère  ,  par 
exemple,  nous  dit  qu'Eole  avoit  donné 
les  Vents  à  Ulyfle  ,  enfermez  dans  une 
peau  ,  d'où  Tes  Compagnons  .les  laifferent 
échaper,  c'eft  un  liait  d'Hiftoirc  enveto- 
pé  ,  qui  nous  apprend  que  ce  Prince  a- 
¥oit  prédit  à  Ulyffe  le  vent  qui  devoit 
ïbuffîer  pendant  quelques  jouts ,  &  qu'il 
ne  fit  naufrage  que  pour  n'avoir  pas  i'ui- 
vi  fes  confeils.  Mais  quand  Virgile  nous 
dit  que  le  même  Eole  ,  à  la  prière  de 
Junon  ,  excita  cette  terrible  tempête  qui 
jetta  la  Flote  d'Enée  fur  les  côtes  d'A- 
frique, c'eft  une  pure  fable  ,  fondée  fur 
ce  qu'Eole  étoit  regardé  comme  le  Dieu 
des  Vents. 

On  trouve  dans  ie  cours  de  l'Ouvrage 
l'Explication  de  toutes  les  Fables  des  Me- 
tamorphofes  d'Ovide  ,  rapprochée  de 
l'Hiltoire  de  ce  temps-la.  Et  à  la  fin  de 
tout  ce  détail,  l'Auteur  fait  dire  à  l'un 
4e  fes  perfonnages  :  „  Je  n'aurois  ja- 
„  mais  crû  qu'il  y  eût  tant  de  rapport 
„  entre  la  Fable  Se  l'Hiftoirej  je  les  pre- 
„  nois  pour  deux  rivales  qui  n'étoienti». 
„  mais  d'accord ,  &j.e  voi  qu'il  faut  les 
„  regardercommedeux  fœuisquine  fçau- 
„  roient  fe  feparer  ,  pourvu  néanmoins 
„  qu'on  regarde  l'Hiftoire  comme  une 
„  Aile  Jcginme  ,  &  la  Fable  comme  le 
4,  fruit  des  dérèglement  4t  ttro  ^wt  •.  <ii 


M   a  »   s    1711.  ifif 

;,  da  moins  l'aînée  cft  une  beauté  qui 
„  plaît  pat  fes  propres  agrémens;  &  l'au- 
,,  tre,  une  coquette  qui  a  recours  à  des 
„  ornemens  étrangers."  En  voilà  allez 
pour  faite,  connoîire  le  Syflême  de  l'Au- 
teur, 8c  l'ordre  qu'ily  a  donné.  Le  Lec- 
teur curieux  jugera  de  l'exécution. 

Joannis  A  vfnti  ni  Annalium  Boia- 
mm  Libri  VII.  cum  docWirnoium  vi- 
lor-um  quibulcumque  Editiunibus  col- 
lati    ,    cmendatius    auftiufiue   ejtcufi, 

tQuibus  ejufdena  Aventini  Abacus ,  fi- 
mul  ac  pertarus  Fr  ancisci  Guit- 
LiMkNNi  de  Helvetia  ,  feu  rébus 
Helvetiorum  Traçât  us  Lcctoris  curiolï 
commùdo  acceflerunt  ,  Prœfationeto 
curante  Nicoito  Hiehonimo 
Gundlingïo,  J.U.D.  Saeri  Tri- 
bunalis  ,  quod  in  Ducatu  eit  Magde» 
burgico ,  Conliliario  Regio  ,  Eloquen- 
tîx  ,  ac  Antiquiutum  in  Fridenciana 
Profeflore  ordinario.  Lipfu ,  /urupiibut 
Jotmnît  Frid^rici  Braumi.  1710.  C'eft- 
a-dire  i  Lesftpt  Livra  dis  Annales  Ji 
Bavitrc  ,  par  Jean  Aventin.  NouvHk 
Edition  mué  txailcmmt  fur  les  précédan- 
tes, corrigée  £5"  augmenter.  On  y  a  joint 
f  ancienne  manière  d'exprimer  Us  nombres , 
futaie  par  le  mime  Avenu» ,  C  un  Tr*i- 
tè  fin  rare  touchant  J'Hi/Ietre  de  Siùftt  , 
/■"  Eaaçoîa  Gwllimann,  L«  toitt  vm 
M   3  t™» 


170  Journal  des  Sçavanj. 
primé  par  les  foins  de  Nicolas  Jérôme 
Gundling, cf,  A  Leipfic  ,  aux  frais 
de  Jean  Friderie  Brann.  1710.  in  fol.  pp. 
800.  fans  y  comprendre  les  Tables.  Se 
trouve  à  Amfterdam  chez  les  Waes- 
feerge. 

f\N  a  crû  jufqu'ici  que  la  véritable  é- 
rudilion  confiftoitprerque  uniquement 
dam  une  exacte  connoiûance  de  l'Anti- 
quité Grecque  &  Latine  ;  8t  qu'il  n'y  a- 
voit  que  ceux  que  leur  travail  ou  leur  fa- 
gacîté  conduifoit  à  quelque  découverte 
en  ce  genre  ,  qui  puûent  légitimement 
prétendre  au  titre  d'hommes  de  Lettres. 
C'efl  en  vertu  d'un  tel  préjugé  que  la 
plupart  des  Sçavans ,  plus  attentifs  à  fe 
ftjre  un  nom,  qu'à  fcrvir  utilement  leurs 
compatriotes  ,  ont  négligé  de  défricher 
les  monumens  hiftoriques  de  leur  propre 
païs,  pour  fe  livrer  tout  entiers  à  l'édair- 
ciuement  de  quelque  point  concernant 
l'Hiftoire  &  les  Coutumes  des  Grecs  8c 
des  Romains.  Delà,  l'ignorance  profon- 
de où  l'on  eft  encore  aujourd'hui  par  rap- 
port  à  l'origine  &  à  l'ancienne  Hiftoire 
d'un  grand  nombre  de  ces  peuples  barba- 
res, qui  du  débris  de  la  puilTan'ce  Greque 
&  Romaine  ,  ont  formé  en  Europe  des 
Etats  I!  conlîderables.  M.  Gundling  Au- 
teur  de  h  Préface  quifc  lit  à.  la  têie  de 
ce  volume,   fe  déclare  YattWaiïDX.  umw« 


qu  on  ne 


W    K   *.    I 

ette prévention;  &  il  foutient  qu'oi 
peut  affezloiicr  kzele  de  ceux  qui  fc  font 
appliquez  à  tirer  de  l'oubli  les  Antiquités 
de  leur  patrie.  C'cfi  ce  qu'Aventin  s'eit 
propofé  de  faire  dans  ces  Annales  ,  où 
prenant  l'Hilioire  de  Bavière  dès  fes  cotn- 
cemens.  il  l'a  continuée  jufqu'à  l'an  1460, 
Cet  Ouvrage  a  mérité  les  éloges  de  divers 
Sçavans,  entre  autres  de  Bctcltr  ,  de  K*. 
chtt ,     &  d'Eric  Maurice.    Celui-ci  afîiire 

3u'Aventiu  l'a  principalement  cornpoS 
es  Extraits  de  plus  de  vingt  Manulcrits 
anciens,  que  l'on  confervedans  la  Biblio- 
thèque de  Munich ,  &  qui  contiennent 
une  infinité  de  faits  curieux  touchant  la 
Bavière.  Quelque  bonne  opinion  qu'ait 
M.  Guadling  de  cet  Hiftorien,  il  ne  difli- 
mule  pas  cependant  les  défauts  d'ignoran- 
ce &  d'inexaditude  que  lui  ont  reprochez 
plusieurs  Critiques  de  diftinftion  ,  tels  que 
CoMnj  ,  Morhojf,  Mtibom  ,  Lambec ,  8t 
feu  M.  Baylt.  Mais  il  prétend  que  ces 
défauts  ne  doivent  point  entrer  en  corn* 
paraifon  avec  ce  qu'il  y  a  d'excellent  dan  s 
Aveniin. 

On  avoir  déjà  vu  pluiieurs  Editions  de 
cet  Auteur.  La  première  ett  d'ingolltadt, 
en  1554.  i»  /«'«,  procurée  parles  foins 
de  ZitgUr  :  la  féconde  eft  celle  de  Balle, 
en  lût  s,  augmentée  par  Cifntr-,  &  reïm. 
primée  à  Francfort  en  1617,  in  fol-  Celte 
âonr  il  eil  ici  que/tien  l'empotte  tat  xqu- 
M  +  \« 


KS71  JOORNII  DBS  SÇATANS. 
tes  les  autres,  par  le  foin  qu'on  a  pris  de 
la  rendre  conforme  a  l'original.  C'eft-à- 
dire  ,  qu'on  y  a  remis  divers  endroitsque 
ZitgUr  le  premier  Editeur  avoit  jugé  i 
propos  de  Supprimer  ,  en  faveur  des  Ec- 
clelîailiques  ,  à  qui  ces  endroits  croient 
injurieux.  On  l'a  revue  outre  cela  fur 
les  Editions  précédentes,  &  même  fur  la 
Verfion  Allemande  qu'en  avoit  faite  A- 
ventin  lui-même,  &  qu'il  avoit  enrichie 
de  quelques  additions.  De  plus  on  y  a 
partagé  les  Livres  en  Chipitres,  que  l'on 
a  fubdivifez  en  frétions,  &  au  commen- 
cement defquels  on  a  mis  de  petits  fom- 
maires.  C'en  tout  ce  que  nous  dirons 
ici  de  ces  Annales ,  qui  font  fuiiiïaminent 
connues. 

On  trouve  à  la  fin  de  ce  volume  Y  va- 
cienne  manière  de  compter  par  lesdoigts, 
de  laquelle  ont  traité  amplement  le  vé- 
nérable Bidt  &  le  Gyraldi.  Comme  il 
eft  difficile  que  le  (impie  Difcours  rafle 
bien  comprendre  cette  manière  de  comp- 
ter, Avemin  nous  la  repréfente  par  plu- 
fleurs  figures  gravées,  qui  expriment  tous 
les  nombres  depuis  l'unité  jufqu'à  cent 
mille.  On  nous  apprend  ici  que  c'eit  d'a- 
près les  figures  en  bois  qu'Aventin  en  pu- 
blia dès  l'année  1531,  que  Jim  Bogird 
en  fit  graver  d'autres  eu  taille-douce  à 
Paris,  J'an  1344:  &  l'on  s'étonne  que 
(Sa/par  Birth'mt  ,    qui  a  çaùé,  ai  ttV.es 


LtV.es-ci 


Mars     1711.  n} 

dans  fon  Commentaire  fur  Claudien,  n'ait 
fait  nulle  mention  de  celles  d'Aventin- 

A  l'égard  de  YHdveiii  ou  de  la  Suilfe 
de  Trunçaii  Gm'Kimann  ,  qu'on  nous  redon- 
ne ici;  elle  avoit  déjà  paru  à  Fribourgen 
1 59S,  c<  enfuite  à  Amiterno ,  en  1617. 
Mail  comme  les  exemplaires  en  fonr  de- 
venus très  tares,  &  que  c'ell  un  Ouvrage 
à  peu  près  du  même  genre  que  cduid'A- 
Tentîn  ;  on  a  cru  faire  plaifir  au  Public  de 
les  joindre  enfembte  dans  cette  nouvelle 
Edition.  Du  refie  ,  ce  Guillimann  cil  le 
premier  (dit  M.  Gundiing)  qui  ait  purgé 
l'Hiiloire  de  SuifTe  ,  des  fables  dont  les 
autres  Hifloriens  l'avoîent  remplie  ,     & 

3ui  ait  éclairci  avec  le  plus  d'exactitude  & 
e  difeernement  les  Antiquitei  de  ce  païs- 
là.  tl  éioit  né  en  SuifTe;  il  profeiTa  les 
belles  Lettres  dans  l'Univerfité  de  Fri- 
bourg  ;  &  joignit  dans  la  fuite  à  fon  titre 
de  ProfelTeur ,  ceux  de  Concilier  Scd'Hif- 
toriographe  de  l'Empereur  Rodolphe  II. 

Quant  a  Jta»  Aveniin,  nousapprenons 
par  fa  vie  imprimée  au  commencement 
ce  ce  volume,  qu'il  naquit  en  «446,  danj 
une  ville  de  Ëavieie  ,  appellée  Abtvfptrg, 
en  Latîn  Ahufina  ou  Avcmininra,  C'eft 
de  là  qu'il  prit  le  furnora  &' Avtmlnus ,  au 
lieu  de  celui  de  Thurmairr  qu'il  portoit 
auparavant  :  en  quoi  il  s'accommoda  vx 
goût  de  fon  fiede  ,  où  ces  c1ftm«,««-'W 
dcaoms  croient  ordinaires  aux  ï^tN'Mw. 
M   j  KV» 


174  Journal  des  Sçayans. 
Après  avoir  fait  fes  études  à  Ingolfladt, 
il  vint  à  Paris,  ou  il  prit  le  degré  deMai- 
tre-és-Arts  ,  &  profita  des  leçons  de  3nr- 
tfuis  U  Fivre  d'Eftaplei  &  de  joffi  Clitchtt- 
■vaij,  qui  fleuriflbient  alors  dans  cette  U- 
niverfité.  Revenu  en  Allemagne  ,  il  fit 
quelque  féjour  à  Ratisbonne  ,  puis  à 
Vienne  en  Auftriche,  où  il  enfeigna  pen- 
dant quelque  temps  la  Rhétorique  &  îa 
Poétique.  Delà  il  pafia  en  Pologne  l'an 
U07,  &  profeiTa  publiquement  à  Craco- 
vie  la  Langue  Greque.  Rapellé  enfuite 
à  Ingolftadr  ,  lieu  de  fes  premières  étu- 
des ,  il  y  donna  des  preuves  de  fa  doc- 
trine, en  y  expliquant  le  Songe.  de  Scipitm, 
Se  les  Livres  de  la  Rhéteri/jm  à  Hermnius. 
Sa  réputation  le  fit  choifir  pour  être  Pré- 
cepteur des  deux  Princes  de  Bavière  Lomt 
&  Ernefi  ;  &  il  accoir.pagna  ce  dernier 
dans  le  Voyage  d'Italie.  Ce  fut  à  fon 
retour  ,  qu'il  fe  mit  à  écrire  les  Annales 
de  Bavière;  Ouvrage  ou  il  fit  entrer  tous 
les  matériaux  qu'il  avoir  ralTembleï  pour 
ce  deûein,  dans  fes  diftérens  voyages; 6: 
à  la  perfection  duquel  les  deux  Princes 
fes  éleyes  contribuèrent  de  tout  leur  pou- 
voir, en  lui  faifant  communiquer  les  Ac- 
tes publics  Ec  les  autres  titres  qui  pou  voient 
lui  être  de  quelque  utilité.  11  vécut  dans 
le  célibat  jufqu'à  l'âge  de  64  ans ,  qu'il 
eut  lafoiblelîe  d'époufer  une  femme  fans 
biens,  de  mauvaife  humeur,  &  qu'on  a- 
voit 


M   ax-s    1711. 

roit  introduite  chez  lui  en  qualité  de  kM 
Tante.  Les  dégoûts  d'un  mariage  fi  mafl 
afforti  précipitèrent  fa  mort ,  qui  arrivai 
quatre  ans  après,  à  Ratisbonne ,  en  l'an-1 
née  1534.  On  nous  donne  à  la  lin  de  fa  1 
Vie  un  Catalogue  de  fes  Ouvrages  ,  tant  J 
imprimez  que  manuferits, 

Hifiorîa  Augufta  Imperatorum  Romano- 
rum  a  C.  Julio  Carfare  ufque ad  Jofephurr, 
Imperatorem  Auguftiffirnum ,  ex  Jqao- 
kis  Pétri  Lotichii  Tetra Hichis 
Mnemonicis,  &  Joannis  Tac  ou 
Hofpmanni  Tetrailichis,  &  ejuf- 
dem  in  haec  enarrationibus  Hiftoricis. 
Adduntur  iingulorum  Imperatorum  effi- 
gies sere  fcalpto  expreiTa;  ex  Nummis 
ChriftinEe  Suecorum  Reginœ.  Addita- 
menta  neceiTaria  £i  intégra  omifforum 
fupplementa  adjecit  Heniucus  Chris- 
iianus  HtNNiNius.  AmfieUdami  ,apud 
Stiphanum  Régir ,  Petrttm  Humbert ,  Pe- 
trum  di  Coup  .  &  Chiitslai»  Fratns. 
1710.  C'eft-à-dire:  Hiftùre dis Empereurs 
Rsmaim  depuis  Jules  Cifar  jufqu'à  Jofepb 
à  prefent  régnant ,  campefee  tu  partie  dis 
Quatrains  di  Jean-Pierre  Lotich   £=T  de 

i  Jean-Jacques  Hoftnann  ,  1»  partie  des 
explications  bijhriquit  de  et  dernier,  tuf- 
aueiles  Henri  Chrétien  Hennin  a  joint 
m  fuplèmeni  necefaires  :    Ouvrage 

\des  Portraits  dt  tout  ces  Empereurs,  gra- 

"  M  6 


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lassée 


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WiWei  te..,n\ent  eie.V,.  o»ie\fs  , 
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Mars    1711.  i-jy 

rai  ;  &  c'eft  dans  cette  vue  qu'ils  ont  en* 
trepris  celle-ci ,  dont  les  explications  font 
Latines.  Voici  h  méthode  qu'on  s'y  eft 
pre  faite. 

On  a  mis  d'abord  au  bas  du  portrait  de 
chaque  Empereur  une  infcription  qui  por- 
te le  nom  du  Prince,  le  lieu  de  fa  naif- 
fance,  la  durée  de  ion  règne,  les  noms 
des  Papes  contemporains  ,  8c  l'annécîde 
fa  mort.  Enfuite  vient  un  Quatrain  delà 
façon  de  Jean-Pierre  LoiUh  Medicin  Alle- 
man  de  Francfort  fur  le  Mein  ,  dans  le- 
quel on  trouve  quelques-uns  des  principaux 
traits  qui  caracleiifcm  l'Empereur  dont  il 
eft  queftion.  A  ce  premier'  Quatrain  en 
fuccede  un  autre  de  'Jean-Jaajuet  Bofm*nB, 
qui  raffemble  auffi  quelques  ciiconftances 
particulières,  fouvent  différentes  de  celles 
que  contient  le  précèdent  ;  de  forte  que 
l'un  &  l'autre  joints  enfemble ,  fervent  à 
rappeller  les  évenemens  les  plus  confide- 
rables  de  la  vie  du  Prince  auquel  ils  font 
deftinez.  Ces  évenemens  font  enfuite  dé- 
taillei  plus  au  long  dans  une  explication 
hiftorique  du  même  Hofmann  ,  laquelle 
remplit  ordinairement  le  bas  de  la  page, 
&  une  partie  durevers.  Cette  explication 
eft  fuivie  d'Obiérvations  du  même  genre, 
imprimées  à  deux  colonnes  en  plus  petit 
caractère,  &  placées  d'ordinaire  dans  le 
icfte  de  la  page  qui  forme  \e  icvets.  C«i. 
"*■  irvttions  gui  font  de  M,  Hennin  «hv- 
M  7  w 


Ï78      JOUILKAL   DES   SÇAYAHS. 

nu  par  divers  Ouvrages  de  Littérature," 
tiennent  lieu  de  fuplèment  à  ce  qui  clr  o- 
mis  dans  l'explication  hirtorique  de  Hof- 
m*nn.  Du  relie,  ces  deux  Auteurs  ,  fur- 
tout  M.  Httm'm,  ne  rapportent  aucun  tait 
qu'ils  ne  juflifient  par  de  bonnes  citations. 
Donnons  maintenant  une  notice  géné- 
nle  des  Empereuts  dont  fe  trouvent  ici 
les  Portraits.  On  commence  par  ceux  des 
douze  premiers  Cefats ,  après  lefquels  fui- 
vent  les  Portraits  des  autres  Empereurs, 
jufqu'à  Momylle  Auguftule,  qui  fait  ici 
le  quatre  vingt-quatorzième,  &  en  îa  per- 
ibnne  de  qui  finit  l'Empire  d'Occident. 
La  fiicceffion  des  Empereurs  continué*  par 
ceux  de  Confiant  inople,  qui  paroiffent  ici 
au  nombre  de  vingt  8c  un  ,  c'eft- à-dite, 
depuis  Zenon  jufqu'à  Conftantin  VI.  & 
Irène  ï  après  lefquels  vient  Charlemagne 
le  Rcftaurateur  de  l'Empire  en  Occident, 
fuivi  de  tous  fes  fuccefleurs  jufqu'à  l'Em- 
pereur Jofeph  aujourd'hui  régnant  ,  qui 
eft  ici  le  cinquantième  depuis  Charlema- 
gne :  Ce  qui  tait  en  tout  une  fuite,  de 
cent  foixante-cinq  Empereurs. 

Celui  de  tous  fur  la  vie  duquel  on  pa- 
roît  s'être  le  plus  arrêté,  eft  Frideric  lit. 
dont  l'article  occupe  feul  dix-huit  pages.  1 
Ce  n'efr.  point  Frideric  d'Auflriche,  fuc-  J 
celTeur  d'Albert  II. 8c  connu  vulgairement  I 
fous  le  nom  de  Frïàenç  Ul.  Le  long  1 
tegw:  de  ce  Priace  ,  c^ui  lui  it  y^  ma. 


E,,  -, 
i  remplit  un  arti- 
C'cft  un  autre  Fi ideric » 
i  8c  de  Lunebourg  ,  qui 
Spofîtion  de  Wenceflas, 
îlques  jouis  après  fon  ' 
)it  bien  qu'un  règne 
:  peu  de  choies  a  dire; 
le  cet  Empereur  dont  il 
ent  en  cet  endroit.  M. 
:ompofé  l'Article  entier 
l'efforcé  d'y  prouver  un 
le  ,  au  fujet  de  l'Empe- 
oi  de  Bohême.  La  plù- 
is  nous  le  reprefentent 
le  ,  un  min/ln  d'hamjne , 
a  JUinn,  tâcha,  poltrm 
Jiri  croyoit  perdues  toi 
il  ne  pouvoit  emplov 
pour  n'Être  point  irrh 
ifames  débauches,  paiTc 
nits  dans  les  forêts;  plus 
t  ,  de  faner  la  corde 
t.furlttêie.  C'eltd- 
,  Htnriïn,  fe  propofe  de 
forte  l'apologie;  ce  qui 
ï\)  a  difeuter  ces  deui 
i.  S'il  eft  vrai  que  Wen- 
îuë  n'avoir  pas  été  un 
,  ait  été  auflj  vicieus 
:  dépeindre  :  t.  Si  en 
ix  ,  foit  Divines  ,  foit 
rout  les  Lo«  Gwaxwiv- 


S  At    DES   SçhV^kî. 

cjues,  on  a  pu  légitimement  dépoter  cet 
Empereur. 

A  l'égard  du  premier  point ,  l'Auteur 
répond  qu'il  y  a  beaucoup  d'apparence  que 
h  haine  du  Clergé  pour  Wenceflas,  fon- 
dée fur  la  protection  que  celuici  avoit 
accordée  à  Jean  H  us  ,  a  eu  la  meilleure 
part  aux  aceufations  dont  on  l'a  chargé. 
Sur  ce  principe  ,  il  effaye  de  le  juflifier 
fur  la  plupart  des  crimes  dont  on  l'accule, 
8t  qui  ont  principalement  rapport  aux 
Eccleiîaftiques  &  aui  Moine J. 

Ces  aceufations  roulent,  i.  Sur  ce  qu'il 
fit  mourir  le  Moine  Banhald  Scbwartz, 
inventeur  de  la  poudre  à  canon,  a.  Sur 
ce  qu'à  la  chalTe  ayant  tué  un  Moine  ca- 
ché dans  le  bois,  croyant  que  ce  ffïtquel- 
?ue  bête  fauve  ,  il  répondit  à  eeui  qui 
m  firent  connoîtrel  fa  méprife  :  §u'un 
iAoini  devais  demeurer  dans  fia  Cloître ,  fans 
vtnir  dans  lei  bah  habiter  î$  eanverfer  âvei 
Us  blies,  3.  Sur  ce  qu'il  avoit  enlevé  ]« 
.Reliques  des  Eglifes  de  Prague.  4.  Sur 
la  pcrmirTion  qu'il  avoit  donnée  â  Zifea 
Chef  des  Huffites,  de  venger  l'affront  de 
fa  fœur  fur  le  Clerc  qui  l'avoit  dethono- 
rée.  j.  Sur  ce  qu'il  avoir  mis  au  pillage 
les  Mens  du  Clergé,  parce  qu'à  fon  arri- 
vée à  Breflau,  où  il  venoit  exprès  pour 
accommoder  un  différent  entre  le  Clergé 
Se  le  Peuple",  on  n'avoit  pas  voulu  re- 
:ommencci  pour  \av  \t  ^tm«  Divin. 


si 


M    A    *.    «      I 

6.  Sur  ce  qu'il  avoir  chafTé  de  h  Boher 
&  dépouillé  de  leurs  poiïelïiûns  les  Fret 
Teutoniques  ,  comme  gens  tout  à  fi 
inutiles,  y.  Sur  ce  qu'il  avoit  à  (a  fuite 
un  chien  qui  au  premier  lignai  fe  jerioit 
fur  les  palTans  ,  que  l'on  bernoit  enfuite 
par  ordre  du  Prince  pour  le  réjouir- 8.  Sur 
ce  qu'il  fe  faifoit  accompagner  du  Bour- 
reau, qu'il  appelloit  ÇonCempere,  &  dont 
eflfeétivement  il  avoît  tenu  un  enfant  en 
qualité  de  Parrain,  y.  Sur  ce  qu'étant 
mal  fatisfait  de  fon  Cuifiniet  ,  il  avoir 
commandé  qu'on  le  mît  à  la  broche.  10. 
Sur  ca  qu'il  fe  vantoit  d'ordinaire  parmi 
fes  Courtifans  ,  que  s'il  le  trouvuit  ja- 
mais prefent  au  pillage  des  villes  d'Italie, 
il  abandonneront  tout  le  butin  à  les  Sol- 
dats, &  ne  fe  referveroit  que  le  vin, me- 
naçant de  tuer  quiconque  feroit  tScz  har- 
di pour  mettre  le  pied  dans  une  èave, 
&c.  On  lui  a  reproché  outre  cela,  qu'il 
avoit  fouillé  de  fes  eicremens  les  Fonts 
Biptifinaas,  &  l'Autel  lur  lequel  il  étoit 
aflîs  lorfqu'on  le  couronna  Roi  de  Bohc 
me;  on  l'accufe  de  (tupidité,  d'yvrogne- 
rie  ,  d'impudické  ,  &  de  plufieurs  autres 
Vices. 

M.  Hennin  tâche  de  l'eicufer  fur  la  plu- 
part de  ces  chefs  ,  tantôt  en  les  traitant 
de  calomnies  monachales;  tantôt  en  exté- 
nuant les  faits,  ou  en  y  donnant  quelque 
couleur;    tantôt  en  les  regatàint  çVàxsit 


l8l        JOVHNAL    SIS  ScàVANÎ. 

comme  des  fuites  de  l'yvrogneric  ,  à  la- 
quelle il  convient  que  cet  Empereur  s'a- 
bandonnoit  un  peu  trop  volontiers,  que 
comme  des  effets  de  ion  mauvais  naturel; 
tantôt  en  oppofant  des  témoignages  d'Hif- 
toiïcns  non  fufpects  (félon  lui)  qui  dé- 
truifent  ce  que  d'autres  ont  avancé  au  def- 
avantage  du  Prince  qu'il  défend.  Il  ne 
tombe  nullement  d'accord  que  Wenceflas 
fut  auffi  ilupide  qu'on  le  veut  faire  croircj 
&  iipiétcndque  la  manière  dont  il  s'é- 
chappa des  deux  priions  où  il  fut  renfermé, 
&  la  rufe  dont  il  fe  lervit  pour  s'empâter 
de  la  Citadelle  de  Wifcherad ,  démentent 
la  frupidiic  qu'on  lui  attribue. 

L'Auteur  paife  de  là  à  l'examen  de  h 
féconde  queition  ,  fçavoir  fi  Wenceflas  a 
pu  être  légitimement  dépofé.  Il  parcourt 
tous  les  griefs  énoncez  dans  la  Sentence 
de  dépoiition  ;  &  après  avoir  répondu  à 
chacun  de  ces  griefs  en  particulier,  il  fait 
voir  qu'une  telle  procédure  e(l  contre  le 
droit  de  la  Nature,  &  contre  le  droit  des 
Gens  j  qu'elle  viole  les  Loix  Civiles,  te! 
Lois  Divines,  &  celles  de  l'Empire  Ger- 
manique, lî  s'appuye  fur-tout  cela  de 
l'autorité  de  plulieurs  Jurifconfultes,  tels 
que  Tbomaftui  ,  Schurt^rijch ,  &c.  &  il 
montre  que  la  dépoiition  des  Empereuts 
Charles  le  Gros,  Adolphe  de  Naflàu,  ëc  i 
Henri  IV.  qu'on  allègue  pour  exemples, 
ne  peut  autorifer  ni  mwAiwt  \m  îww  «- 
vas»!.. 


M    A     R     *       I7II.  l83 

trntat-     C'eit  fur  quoi  nous  renvoyons  le 
Leéîeur  à  M,  Hennin  lui-même. 

On  trouve  à  1»  fin  de  ce  volume  un 
petit  Poème  de  787  vers,  compote  par 
M.  HAmtlaw  ,  8:  qui  contient  l'Hifloire 
abrégée  des  Empereurs  dont  nous  venons 
de  parler. 

Maximes  fur  le  Minifltre  de  la  Chaire.  Par 
M***  P.  D.  L.  O.  A  Paris  ,  cheî.  Da- 
mien  Bcugnté,  dans  la  Grand'  Salle  du 
Palais,  au  Pilier  des  Confultations,  au 
Lion  d'Or.  1711.  in  n.  pagg.  35*. 

V"Oicr  un  Ouvrage  qui  «pore  en  a- 
*  bregé  l'objet  légitime  d'un  Prédica- 
teur dans  fes  fondions ,  &  les  règles  qu'il 
y  doit  fuivre.  „  On  n'a  pas  prétendu, 
„  dit  l'Auteur,  enchérir  fur  ceui  qui  ont 
„  déjà  donné  des  règles  de  cet  important 
„  Mîniftere  ;  on  a  voulu  feulement  les 
„  refferrer,  pour  les  rendre  plus  vives  8c 
„  plus  aifées  à  retenir.,,  L'Ouvrage  eft 
dîvife  en  deux  parties.  La  première  iraite 
en  général  du  Prédicateur ,  8c  des  talens 
qui  lui  font  neceffaires  ;  la  féconde  traite 
du  Sermon  ,  &  des  parties  qui  le  compo- 
sent. Tout  cela  eft  renfermé  en  plufieurs 
Chapitres  ,  8t  chaque  Chapitre  contient 
diverfes  maximes ,  qui  forment  ammtïM- 
lîcles  ïeparez.  Nous  allons  en  extraie  "\ 
Çve/ytics-uaes, pour  donner  l'idée  du.  L.vj«. 


■ 


284     Journal  des  S  ça 

Dans  le  premier  Chapitre  . 
parlé  de  !a  million  du  Prédicateur  ,  l'Au- 
teur remarque  que  fans  cettevocation  lous 
les  talens  deviennent  inutiles.  „  Les  ta- 
„  lens,  dit-il,  mettent  la  million  en  œu- 
„  vre,  mais  ils  ne  la  donnent  pas.  Elle 
ii  a  même,  indépendamment  d'eux,  fou 
„  autorité  ,  fa  force  ,  fon  oncliun  ;  ce 
j,  n'eft  pas  alfeique  la  lampe  foit allumée, 
„  il  faut  que  le  Maître  la  tire  de  délions 
„  le  boiiTeau.  L'efprit  de  Dieu  ne  repofe 
„  que  fur  ceux  que  Dieu  envoyé.,,  Quel- 
ques pages  après,  l'Auteur  montre  que  ce 
n'efl  ni  l'inclination  des  Peuples,  ni  celle 
du  Prédicateur  ,  ni  l'apparence  même 
d'un  grand  fruit ,  qui  doit  déterminer  à  un 
lieu  plutôt  qu'à  un  au;re,  nuis  la  volonté 
de  Dieu  ,  marquée  par  l'ordre  des  Supé- 
rieurs. Il  fe  plaint  qu'où  fuit  louvent  d'au- 
tres motifs.  ,,  Tel  veut  exercer  foniele, 
„  non  pas  oii  il  feroit  mieux  appliqué, 
„  mais  où  il  doit  éclater  davantage  ,  oïl 
„  il  doit  plus  rapporter  ;  c'eft  recevoir  1» 
„  million  de  fon  ambition  ,  de  fon  ava- 
»  tice.,, 

-Le  fécond  Chapitre  traite  des  talens  du 
Prédicateur.  Joindre  à  la  capacité  ,  à  la 
pieté,  au  zèle,  de  l'efprit  ,  du  bon  fens» 
une  imagination  vive  ,  une  mémoire  fi- 
delle,  une  aliumiice  moJeite,  la  crefence 
agréable,  le  gelle  aifé,  le  fon  de  la  voix 
cet ,   une  véhémence  <\vù  ««sba  &-'  qui 


M  a  «    s     1*711-  x$i 

Émeut,  c'eftaflembler  lestalensde  la  Chai- 
re; mais  le  icle  eft  le  premier  raient ,  8c 
celui  -qui  met  en  œuvre  ton  S  les  autres. 
,,  Je  trouve  toujours  du  talent,  dit  J'Ao- 
„  teur,  dans  celui  qui  me  touche  &  qui 
„  me  convainc.  Dès  lors  je  neconfulte 
,,  plus  l'approbation  publique;  je  ne  fuis 
„  plus  la  foule;  le  fruit  règle  mon  goùr.„ 
Il  blâme  en  fui  te  dans  les  Prédicateurs  une 
trop  grande  affectation  de  plaire  i  mais  il 
ne  blâme  pas  moins  une  exccflîve  négli- 
gence. „  Dire  qu'on  prêche  à  l'Apolio- 
„  Ii'que ,  quand  faute  de  génie  ou  de  pré- 
„  parationon  parle  pauvrement  ,  c'eft 
„  profaner  une  expreSion  fainte,  Scblaf- 
„  phêmer  ce  qu'on  ignore;  que  ces  ne- 
„  ghgens  ayent  les  dons  Apoftolîques,  on 
„  leur  pardonnera  leur  grolïierete.,. 

Pour  cenfurer  avec  luccès  les  vices  d'au- 
trui,  il  ne  faut  pas  être  vicieux  foi-même. 
La  réputation  de  vertu  eft  le  plus  infirmai 
de  tous  les  «tordes.  D'un  cœur  deflecl 
il  ne  fort  que  des  paroles  mortes.  La 
feule  voix  d'un  homme  qu'on  croit  faînt, 
réveille  des  idées  pieufes  .  &  donne  du 
poids  à  Tes  raifons  :  fon  exemple  a  déjà 
prouve  «lue  le  bien  eft  pollible,  8c  même 
facile.  L'Auteur  n'aime  pas  la  voye  de 
difcuflion  ■  celle  de  l'exemple  lui  convient 
mieux  ,  &  nul  exemple  n'eft  plus  presque 
celui  du  Prédicateur  même.  U'extm^t 
forme  des  idies  du  bien  plus  ûiftin6L«  <^it 


Î8     Journal  des  Sçat 

le  l'aime  ,  8c  qu'elle  voudroit  le  faire 
aimer.  Tel  eft  l'empreflemenr  du  Pré- 
dicateur pour  la  Vérité;  fi  elle  étoit  dé- 
goûtante ,  les  cœurs  lui  Teroient  fer- 
„  me;  ;  il  fe  contente  de  l'orner,  fans  la 
„  tarder.,, 

La  peroraifon  qui  eft  la  eondufion  du 
Sermon  ,  fe  trouve  auffi  a  la  fin  de* 
maximes -qu'on  donne  ici  au  Prédicateur, 
L'Auteur  obferve  que  rien  ne  doit  être 
plus  ménagé  ni  plus  étudié  que  cette  fin, 
parce  qu'ordinairement  les  dernières  ira- 
prefiions  reftent  feules  ,  &  qu'elles  effa- 
cent toutes  les  autres. 

Cornelii  Adimi  V.  D.M.Damo- 
nen'fis  &  Schol.  Rect.  Obfervationes 
Theologïco-Philologicîe.quibiisplurima 
S. Codicis.noviprœfertim  Fcederis  loca 
ex  moribus  &  ritibus  diveifarum  Gen- 
tium  îllufirantur.  C'eit-à-dire  :  Oi- 
ftrvuiens  Theologiques  £5*  PhihUgiijUti , 
eu  l'en  explique pluftturs  endroits  de  t'Eiri- 
lure,  &  far -tout  du  Nouveau  TtiUmtnt , 
far  lei  Comumet  de  divirfes  Nations.  Par 
M.  Adamt.  A  Groningue  ,  chci  Jeta 
de  Vctfen.  1710.  in  4.  pagg.  4S1. 

\*R.  Adami  engagé  à  deux  genres  d'E- 
tude qui  paroiifent  d'abord  aiiéï  op- 
pofei,    a  trouvé  le  moyen  de  les  reiinir, 
en  Jes  dirigeant  à   une  même  fin.     Les 
Au- 


s 

M». 


M    »   u   *     lin.  t&> 

■un  profanes  qu'il  a  tda  ,  pout  femet- 
;n  état  d'initruire  la  jeuneile,   lai  ont 
jné  lieu  de  faire  diverfes    découverte» 
tns  l'Ecriture  Jainte ,   à  laquelle  il  t'ap- 
plique en  qualité  de  Miniilre.   D'an  »r~  " 
côté,  le  Texte  Sacré  lui  a  fait  faire 
plufieurs  endroits  des  principaux  Autei 
Grecs  &  Latins  ,    des  remarques  qui 
voient   échapé  à  la  plupart  des  Interprè- 
tes-   Ce  que  renferme  ce  volume  n'clt 
qu'un,  échantillon  de  ces  découvertes  8c 
de  cei  remarques.    Il  eft  partagé  en  cinq 
Chapitres. 

Le  premier  traite  en  généra!  des  cou- 
tumes &  des  mœurs  des  Nations  ,  par 
rapport  a  ce  qu'en  dit  l'Ecriture,  &de  la 
neceffité  de  connoître  ces  coutumes  8c 
ces  mœurs,  fi  on  veut  avoir  une  intelli- 
gence parfaite  des  Auteurs  Sacrez.  Dans 
le  fécond  ,  M.  Adami  examine  en  par- 
ticulier les  mœurs  des  Perfes  ,  &  il  tii 
de  tout  ce  qu'il  trouve  lâ-deffus,  deque 
éclaircir  le  Livre  d'Elther.  Sur  ce  qu'oi 
y  lit,  Chap.  i.  $.  n.  qu'AiTuerus  étant  \ 
table  avec  tous  les  Princes  de  fa  Cour. 
&  les  Officiersde  Tes  Armées, il  comman- 
da a  les  Eunuques,  de  faire  venir  devant 
lui  la  Reine  Vallhi.pour  fairevoir  fa  beau^ 
té  \  tous  fes  peuples  ,  &  aux  premières 
perfonnes  de  la  Cour  i  nôtre  Auteur  ob- 
ierve  que  les  Pet  fan  es  étoient  très-belles, 
félon  les  Anciens,  &  que  k*  lU\ft«  te 


ioo    Journal  des  Sçavanî. 

Perte  mangeaient  avec  les  Rois.  LaRe 
étoit  au  fellin  de  Baîtaiïkr .  décrit  dans 
Livre  de  Daniel  ;  la  femme  de  Dar 
ftnvoit  ce  Prince  ;  Afpafie  necompagn 
Cyrus  dans  fes  expéditions,  efl-ilcroyal 
qu'elles  mangealïent  à  part  ?  Mais 
qui  femble  décider,  c'elt  le  Difcours  q 
tinrent  les  Ambalïàdeurs  de  Darius  à 
myntas  Roi  de  Macédoine.  Ils  le  priert 
de  mettre  du.  feftin  qu'il  leur  fît ,  fes  fej 
mes  &  fes  enfans;  ajoutant  que  c'étoir- 
chez  les  Perfes  la  vraye  marque  de  l'an 
tié  &  de  l'iiofpitalité.  A  l'égard  des  fer 
mes  qui  n'avoient  pas  le  titre  de  Reine 
on  ne  peut  pas  douter  qu'elles  n'affilia  Jîéi 
aux  feftins,  Il  y  en  a  des  exemples  < 
dans -flilien ,  &  dans  Quinte-Curce,  du 
par  M.  Adami.  . 

Les  remarques  du  troifiéme  Chapif 
regardent  l'Evangile  de  S.  Matthieu.  I: 
devclopant  les  coutumes  anciennes  au 
quelles  on  fait  allulion  dans  la  parabole  d 
fellin  (Cb.  xmj  où  il  èlt  dit ,  que  : 
Roi  ayant  apperçû  un  homme  qui  n'avo 
pas  !a  robe  nuptiale  ,  le  fit  chafler  ;  t> 
Adami  fait  voir  non-feulement  ,  que  I 
propreté  des  habits  n'etoit  pas  indiffèrent 
en  ces  occafions  ,  mais  auffi  que  l'o 
comptoit  les  conviei,  &que  l'onexduo 
ceux  qui  étoient  de  trop.  On  trouve  il 
quelques  exemples  qui  prouvent  qu'on  ex 
geoit  quelquefois  ce'.ttltis  habits  dans'lf 


xilini.  Nous  rapporterons  un  de  «>  ex. 
emples,  qui  cil  tiré  d'Athence.  Alexan- 
dre Rot  de  Syrie  avoit  permis  à  Diogcne 
Pliilofophe  Epicurien  ,  de  porter  la  robe 
dcpourpre,&  lui  avoit  fait  prefent  d'une 
couronne  d'or,  ornée  d'une  figure  qui  re- 
prefentoit  I»  Vertu.  11  fçut  que  Diogene 
avoit  donné  fa  couronne  &  fa  robe  a  une 
femme  qu'il  aimoit  éperduément ,  appel- 
lée  Lyfiode.  La  chofe  lui  parut  plaifan- 
te,  &  ttès-propre  à-  fournir  une  Scène  a- 
greable.  Il  fit  donc  un  feftin  ,  où  il  in- 
vita pJufîenrs  perfonnes  confid érables ,  Se 
entre  autres  Diogene.  Dès  que  celui-ci 
parut,  Alexandre  lui  dit  de  fe  revêtir  de 
l'a  robe  de  pourpre  ,  Si  de  mettre  fa  cou- 
ronne. L'ordre  étoit  embarrailant  ;  le 
Fhilofophe  interdit  n'eut  pas  même  le 
temps  de  trouver  une  défaite.  11  vit  en- 
trer tout  à  coup  au  milieu  d'une  troupe 
de  Muficiennes  Lyfiode  elle-même,  paré 
de  fa  robe,  &  ayant  en  tête  la  couronne 
&  l'effigie  de  la  Vertu.  Tout  le  mon<f 
devina  ce  qui  s'etoit  pafle,  &on  rit  bca 
coup  aux  dépens  de  l'Epicurien. 

Le  principal  fujet  du  quatrième  Chaj 
tre  eft  le  difeours  que  fit  faint  Paul  ai 
Athéniens ,    &  qu'on  lit  au  Chap.  xvi 
des  Actes  des  Apôtres.     L'Auteur   a   ri. 
malle  dans  cet  endroit  de  fon  Ouvrageun 
grand  nombre  de  remarques  fur  !a   ville 
(l'Athènes,  fur  les  mœurs,   St  fur  la  Rc- 
N  1  Yisio'ù. 


■  ça  Journal  ces  Sçavans. 
ligion  des  Athéniens.  Il  parle  auflî  dei 
différentes  feftes  de  Philofophes.  Selon 
lui ,  Epicure  n'a  jamais  palTé  pour  fçavanrj 
&  Zenon  avait  emprunté  des  Juifs  une 
partie  de  fa  doétrine,  M.  Adami  entre- 
tient fes  Lecteurs,  de  la  méthode  que  les 
Areopagites'gardoientdans  leurs  jugement, 
&  il  montre  que  leurs  fëntences  n'éroient 
pas  toujours  juftes.  Celles  du  Peuple  d'A- 
thènes n'éroient  pas  quelquefois  plus  équi- 
tables. L'Auteur  s'étend  fort  fur  les  vice? 
de  ce  Peuple,  piincipalement  fur  les  vi- 
ces qui  regnoient  dans  le  temps  de  la  pré- 
dication de  S.  Paul.  Les  plus  remarqua- 
bles étoient  l'oilîveté  ,  la  tlatcrie  ,  une 
fiufle  délicateile  ,  une  efpeoe  de  Fureur 
pour  les  nouveautez  &  pour  les  fpeftacles, 
une  molette  extrême,  une  fuperflition  ou- 
trée, mais  qu'ils  tâchoient  de  rendre  dé- 
licieufe  par  toutes  fortes  de  voyes.  Us 
n'eurent  pas  de  honte,  obierve  M,  Ada- 
uii  ,  d'adorer  des  Dieux  &  des  Déeffes 
que  leurs  Sculpteurs  &  leurs  Peintres  a- 
voient  faits  d'après  des  hommes  &  des 
femmes  auffi  célèbres  par  leurs  débauches 
que  par  leur  beauté.  Alcibiade  &  Phryné 
furent  de  leur  temps  de  fameux  modèles 
de  Divinité*.  A  la  fin  dece  Chapitreon 
fait  voir  que  Denys  l'Areopagite  n'eft 
pas  l'Auteur  des  Livres  qui  portent  fon 
nom. 
M,  Ajzmi  a  recueilli  dans  fon  dernier 


- 


k   %  s    1711.  191 

inc  infinité  d'Obïervaiioni  (ut 

t  &  les  autres  exercices  de)  Ancien^ 

■  Observations   peuvent    beaucoup 

à  expliquer  quanliic  d  endroits  des 

a  de  iàinc  Paul,  par  exemple,  celui- 

Ne  /[tvvezrWH)  pus  que  quand  on  court 

is  la  carrure,  tous  Maria' ,  ranii   *n  ftnl 

mprtt  le  prixî ...  Tous  tu  Athlètes  gardent 

:»  toutes  chofes  une  exaflt  ttmftrar.ee  ,    fy 

cependant  te   n'ift  qui  peur  fr'gner   une   cou- 

renne  corruptible. . .    Peur  moi  je  cours  ,  <jr  jt 

ni  court  pas  au   bavard  ;     je  combats  ,    cr 

inc  donne  pas  de  coups  tu  l'air.  1.  Cor.  9. 
e  retentione  Adorum  Advocato  ot> 
falarium  non  ibluium  compétente,  in- 
dultu  Magnifiai  Jurilcanfukorum  Ordi- 
rds  D.  Jo.  Fridericus  Tkop- 
panneger    P.  P.   esttraotd.    &   Si- 

GOTIJEB    HllLlGER 

falicè    difpuiabunt    D.  111.     Aprilis. 

Lipjit  ,    lilltrii  Job.   Gttff.   AIul- 

C'cll-à-Jire  :      Du   droit  qu'ont  {es 

Us    l'itees    dis   Client 


CI! 

put 


ifqu'au  payement  de  ïhonorairt ,     Difler' 
tison  txpejét  dans  une  dïfpmt  publique  le 


Vrjl  'Tio.  Par  MM.  Troppnnne- 
ger  tS"  Gotlieb  Htfliger.  A  Leipiic, 
de  l'impiimeric  de  Galpat4  Muller, 
Srothure  in  4. 

n  3  Ç-i- 


I 


194     Journal   des  Sça 

PEtte  Di  (Terni  ion  attribue  aux  Avo- 
cats une  elpece  de  droit  qui  Terrible 
offenfer  leur  délicateife.  11  s'ert  introduit 
parmi  eux  dans  les  premiers  Tribunaux  de 
France,  l'ufage  honorable  de  n'intenter 
aucune  adïion  pour  la  récompenfcde  leurs 
travaux.  Ils  Te  permettent  encore  moins 
la  précaution  interefl'ée  de  retenir,  faute 
de  payement  ,  les  titres  &  les  papiers 
que  les  Parties  leur  ont  remis.  Ce  n'eft 
pas  qu'il  y  ait  quelque  Loi  ou  quelque 
Ordonnance  particulière  qui  les  foumette 
à  la  difcretion  des  Plaideurs.  Rien  ne 
les  exclut  à  la  rigueur  d'exiger  la  rétribu- 
tion attachée  à  leurs  foins  ;  mais  ils 
croyent  que  leur  profenicm  acquiert  plus 
d'indépendance  8c  de  nobleffc  en  renon- 
çant volontairement  à  ce  droit ,  &  en  fe 
mettant ,  pour  ainfi  dire  ,  au  delTus  de 
l'action  que  la  Loix  donnent  en  pareil 

Cependant  comme  h  différence  des 
pais  produit  dirTérens  ufagcs,  on  deman- 
de ici,  par  rapport  aux  mœurs  d'Allema- 
gne, fi  un  Avocat  peut  retenir  pour  fan 
Jàlaire  les  papiers  de  fes  Cliens?  Cette 
queilion,  remarque  l'Auteur  ,  auroit  été 
inutile  dans  le  temps  où  il  étoic  défendu 
aux  Avocats  de  Rome  de  rien  exiger  de 
leurs  Cliens,  La  Loi  qui  contenoit  cette 
dcfcnlc  fut  ippeilés  Cintra ,   du  nom  4i 


Tribun  Cincius,  qui  l'a  voit  faite.  L'Em- 
pereur Augulle  y  ajouta  une  peine  ,  8c 
Claudius  fixa   à   une  certaine   foinme  ce 


convenions.  Une  grande  caufe  n'étoit  pas 
mieux  payée  qu'une  petite ,  &  il  en  cou- 
toit  autant  au  pauvre  qu'au  riche  pour  plai- 
der. Dans  la  fuite  il  a  paru  convenablede 
girder  fur  cette  matière  des  proportions 
d'équité,  fuivant  la  qualité  du  travail,  & 
les  facilitez  des  Parties.  Mais  il  efl  toujours 
certain,  dit  l'Auteur  ,  que  les  Avocats 
n'ont  pas  moins  de  droit  que  les  autres 
Ouvriers  de  fe  faite  payer  de  leurs  peines. 
Et  de  là  il  s'enfuit,  fclonlui,  que  puif- 
qu'ils  ont  une  aeftion  pour  leur  payement, 
ils  peuvent,  lorfqu'ils  ne  font  pas  payez, 
retenir  comme  une  efpece  de  gage  ,  les 
titres  qu'ils  ont  entre  leurs  mains. 

Il  fonde  fa  dédfiort  fur  l'exemple  des 

Marchands  8c  des  Ouvriers,  dans  quelque 

commerce  que  ce   Ibii.    Un   Tailleur, 

dit-il,  n'eil  pas  obligé  de  livrer  un  habit, 

S  on  ne  lui  en  paye  la  façon  ;   il  peut  rc- 

i***>r  l'étoffe  pour  fureté,  quoi  qu'elle  ne 

t*H/ias  à  lui,  parce  qu'il  a  acquis  un  pri- 

ï*5£e  fur  cette  étoffe,  en  la  façonnant, 

***"  «qu'il  eft  julle  que  la  valeur  de  la  ma- 

f*f'"«--  lui  reponde  du  prix  de   la  forme. 

->  a  i/fc  urî  ii  y  a  bien  moins  d'éclat  à  rc- 

■*tj  limplcmcm  des  A&es ,  ^vi*.  'torawsx 

N  4  "Wft 


206       JoURNAl    DïsSçAVÀNÏ. 

une  demande  en  Juflice,  Les  Avocats 
occupez  des  '  procès  d'autrui  ,  méritent 
qu'on  leur  en  épargne  pour  eux-mêmes. 
Il  faut  leur  laïfTer  une  voye  courre  8c  fa- 
cile qui  ltsgaranriiTe  de  l'ingratitude  des 
Clîens,  8c  après  tout,  les  Cliens  auraient 
mauvaife  grâce  de  fe  plaindre  de  cette, loi, 
puisqu'il  ne  tient  qu'à  eux  de  la  rendre 
inutile,  en  payant. 

Si  dans  ce  Syilâme  l'Avocat  n'eu*  pas 
obligé  de  fe  défaifir  des  Pièces,  il  ne  doit 
pas  non  plus  répondre  du  dommage  que 
peut  fournir  la  Partie  qui  en  eft  privée, 
parce  qu'enfin  il  n'a  rien  à  s'imputer  en 
■ufant  d*Lin  droit  permis,  &  qu'il  a  toujours 
dépendu  du  Client  de  prévenir  ce  domma- 
ge. Il  n'y  a  qu'un  feul  cas  où  l' Auteur 
croit  qu'un  Avocat  ne  peut  fe  dilperfer 
de  rendre  les  Pièces  ,  c'elt  lorfque  ce) 
Pièces  font  des  Artes  publics  qui  intérêt 
lent  le  bien  de  l'Etat  :  car  alors  l'intérêt 
public  doit  prévaloir.  Au  relie,  la  rri> 
camion  dont  on  parle  ici  ,  n'eit  permite 
précifémenr  que  pour  un  falaire  légitime, 
le  fruit  &  la  îécompenfc  du  travail.  Elle 
n'a  pas  lieu  pour  les  gratifications  arbi- 
traires, qui  dépendent  du  fuccès ,  &  en- 
core moins  pour  ces  partions  illicites, 
qu'on  appelle  A  ^w*  tins.  Voila  tout  ce 
que  l'Auteur  propole  pour  établir  le  fou- 
dement,  ou  pour  marquer  les  co  niait  il 
"an  droit ,  auquel  il  le»  uâyjqmw  ' 
r  Avocats  de  rcuoncei. 


.tioia 


Mars     17HÏ  197 

■mt'irti  pour  feri-îr  à  [Htftoirt  it  TnusyhU 
r.i ,  fous  les  Dauphins  de  U  AUifcn  de  la 
'icnr-du-Pin;  pi  l'en  trouve  ions  les  jfiles 
lu  trânfpm  de  cent  Province  à  la  Ceit- 
■onnc  de  Fraxct ,  *vtt  plufttun  Olferva- 
titii  fur  ta  UJugei  anciens  ,  ry  fur  les 
Ftimillfs  :  Le  tout  recueilli  des  Rcgiftrts  1' 
t  des  Comptes  ,  tr  de  d'ivt 
Certula.res  de  Ut  mime  Proih/ce.  A  Pï 
ïîî .  che?.  Imbert  de  Bats ,  Imprii 
Libraire j  rue  laifit  Jacques  ,  à  l'Image 
ftira  Genok,  au  coin  delà  rue  desMa- 
ihurins.  1711.  in  fol.  pp,  (.81, 


■  nous 

SE 


inné  n'étoit  plus  en  état  de  nous 
fournir  de  bous  Mémoires  pour  i'F  " 
toire  de- Diuplrn(f,  que  le  fçava 
me  a  qui  nous  devons  ce  Keci 
première  M  agifi  rature  qu'il  exerce  avec 
tant  de  diflinflion  dans  la  Chamlue  des 
Comptes  de  cette  Province  ,  l'a  mis  a 
portée  de  conlulter  les  Regiilres  de  cette 
Cour,  ainlî  que  divers  autres  Aflcs ,  tant 
publics  que  particuliers ,  &  un  dilcerne- 
ment  exquis  joint  à  l'exactitude  [a  plus 
foupuleuie,  ont  été  les  guides ,  dans  le 
chois  &  dans  l'ulage  qu'il  a  Fait  de  ces 
Pièces.  C'ell  faute  de  pareils  recours  on 
de  pareilles  précauiions ,  que  ceux  quijut- 

Ëu'ici  le  l'ont  propoie  .l'écrire  ccuc  \W- 
)irej  y  ontJipvu  résidi.  En,  cfr;i>  <çm\ 
N  s  iotv\ 


aç8  Journal  des  Sça 
fond  peut-on  faire  fur  des  Auteurs  acc__ 
tumei  à  fubllituer  leurs  propres  conjeétu- 
res  aux  Titres  authentiques  dont  ils  man- 
quent; &  à  nous  donner  pour  des  faits 
conftans  l'Ouvrage  de  leur  imagina- 
tion !  Le  devoir  d'un  Hifrorien  qui  veut 
fervir  utilement  le  Public  ,  demande  des 
difpofitions  bien  différentes.  „  Sa  prin- 
,,  cipale  aitention  {remarque  judicieufe- 
„  ment  l'Auteur)  doit  erre  de  ménager 
„  la  confiance  du  Lefteur.de  leconduire 
„  toujours  par  des  voyes  fûres,  &  de  lui 
,.  rendre  compte  à  tous  momens  de  la 
„  route  qu'on  lui  fait  tenir.  La  témérité 
,,  n'eftjamais  beureufe  en  ce  genre  a 'é- 
„  crire  ,  où  l'Auteur  doit  erre  dans  une 
„  continuelle  retenue  :  il  eft  refponfabîc 
„  de  ce  qu'il  avance  ;  il  eft  de  plus  le 
„  garant  des  témoignages  qu'il  produit: 
„  c'cfl  une  obligation  qu'il  a  contracte 
„  envers  le  Public,  lorfqu'il  s'eft  chargé 
,,  del'inlrruire  des  chofes  paflees;  la  foi 
„  qu'il  en  exige  ne  l'engage  pas  feulement 
„  à  une  critique  exade  des  faits  qu'il 
„  rapporte  ,  mais  aulïi  des  fources  d'où 
„  il  les  tire.,. 

Un  Hiftorienqui  Te  preferit  des  lois  fî 
fèveres  ,  n'entreprend  pas  volontiers  de 
raffembler  en  un  corps  tout  ce  qui  con- 
cerne l'Hifloire  entière  d'un  Royaume  on 
même  d'une  Province,  11  aime  mieux  le 
renfermer  d»ns  le  tecît  «aét  8e  d" 


mieux  le 
6e  détaille 


évenemens  d'un  petit  nombre'  d'an- 
irées  :  &  c'eft  auflî  le  parti  qu'a  crû  devoir 
prendre  l'Auteur  de  ce  Recueil.  De  la 
vient  qu'on  ne  trouve  ici  dans  toute  fou 
étendue,  que  cette  partie  de  l'Hifioire  de 
Dauphiné  ,  qui  comprend  le  règne  du 
dernier  Dauphin  ;  Prince  que  le  tranfport 
qu'il  fit  de  fes  États  à  l'Augulte  Maifon 
de  France,  rend  digne  d'une  attention  par- 
ticulière- Le  fç avant  Auteur  ne  s'eftpotit- 
tant  pas  borné  à  l'hifloire  de  ce  feul  Dau- 
phin;  il  nous  fait  connoitre  les  predecef- 
feurs  de  ce  Souverain,  en  remontant  juf- 
qu'à  Humbert  I,  Tige  de  la  dernière  race 
des  Dauphins,  Mais  ce  qu'il  nous  en  ap- 
prend n'elt  (dit-il)  qu'une  iîmple  ébau- 
che, qui  n'a  point  encore  reçu  la  forme 
qu'elle  doit  avoir  ,  &  qu'on  eipere  d'y 
donner  dans  une  féconde  Partie. 

Pour  rendre  compte  prefenrement  des 
différentes  Pièces  qui  compofent  ce  volu- 
me ;  nous  dirons  qu'on  y  voit  paroitre 
d'abord  cinq  Dilcours  préliminaires  ,  qui 
tiennent  lieu  d'imroduétion  à  l'Hiltoire 
de  Dauphiné,  &  qui  font  précède-;,  d'une 
Carre  Géographique  de  cette  Province, 
dreffée  en  Latin  par  M.  de  l'ifle  de  l'A- 
cadémie Royale  des  Sciences  ,  St  fume 
d'une  Notice  où  font  expliquez  en  Fran- 
çois les  noms  des  divers  lieux  marquer  fur 
la  Carre.  Le  premier  de  ces  Difcours  eft 
defline  à  nous  découvrir  l'origine  des 
N  6  ûw 


joo  Journal  des  Sçavans. 
Dauphins  de  Viennois.  Les  quatre  fut 
vins  contiennent  une  inflruiliiin  générale 
fur  la  forme  du  Gouvernement  établie  en 
Dauphiné  fous  les  Souverains  dont  il  eft 
queftion  dans  ces  Mémoires;    c'efl  a-dire, 

Ju'on  y  traite  de  tout  ce  qui  regarde  li 
afiiee,  |i  Guerre,  les  Finances,  &:  les 
Officiers  prcpoiei  à  l'aJminiilration  de 
tomes  ces  choies.  A  la  fuite  de  chacun 
de  ces  Difcaurs  font  imprime-/,  en  plus 
petit  caractère  les  divers  Titres  qui  fer- 
vent à  julïifier  les  'aits  qu'on  y  a  rappor- 
tez; après  quoi  vient  un  Journal  Hifiui-i- 
que,  tiré  des  Actes  infère?,  dans  ces  Mé- 
moires, &  de  quelques  au:res  Titres  an- 
cien»; &  qui  conduit  l'Hiftoirc  de  Dati- 
phiné  depuis  l'an  131!.  jufijo'â  l'an  i.iîs* 
Ce  Journal  eii  fiitvj  d'un  Etat  de  la  Mat- 
fon  du  dernier  Dauphin  Humber;  11.  pat- 
tagë  en  trois  Titres  fubdiviiez,  en  plnflturt 
Chapitres.  On  parle  dans  les  quaire  Cha- 
pitres du  premier  Titre,  1.  Des  Officiels 
de  Juftice  &  de  Finance.  1.  Des  Offi- 
ciers de  la  Mai  Ton  du  Dauphin.  3.  De 
la  manière  dont  on  y  recevait  les  Étran- 
gers, 4.  Des  Officiers  de  la  Mai  fon  de 
h  Dauphine.  On  traite  dans  le II.  TîtiB, 
diviié  en  deuï  Chapitres,  r.  Du  fervice 
des  Tables ,  &  des  dill  in  étions  de  rang 
entre  les  Corn  mentaux,  1,  Des  torches, 
:  -,  &  de  la  manière  d'edairer 
'vs   Cbambres.     Le    lit.    Titre  contient 


M    a  a   s    .ihi:  301 

*  quafre  Chapitres  un  détail,  i.   De  la 


ttqu-. 

forme  &  des  différentes  pièces  dp^l'habil- 
lemcnt  des  hommes  &  des  femmes,  tant 
pour  l'été  que  pour,  l'hyver.  x.  De  U 
chauffure,  tant  des  Officiers  que  de  leurs 
domertkjuw.  3.  Des  fonds  employez  tous 
les  ans  pour  h  Garderobe  de  la  DaupM- 
ne.  t-  Des  tommes  ordonnées  pour  la 
Mailbn  de  cette  Princeûe,  avec  leur  éva- 
luation t'ur  le  pied  de  la  monnaye  couran- 
te. C'eft  par  laïque  fe  termine  la  partie 
hiïloricjue  de  cet  Ouvrage  ,  qui  remplit  à 
peine  la  moitié  du  volume.  Le  refte 
comprend  tous  les  Titres  fervmj  de  preu- 
ves à  l'Hiftoite  des  derniers  Dauphins, 
contenue  dans  ces  Mémoires ,  &  rangez 
félon  l'ordre  des  temps.  Ces  Titres  l'ont 
au  nombre  de  184;  ils  l'ont  accompagnez 
de  ("e»vantes  Notes  dellinées  à  les  éclair- 
cir,  &  dans  leiquelles  on  trouve  plulïeurs 
fairi  hiilunques,  avec  diverfes  particularï- 
tez  fur  les  ul'ages  du  Pais,  &  fur  les  Fa- 
milles. 

Tel  eil  l'ordre  que  l'Auteur  a  gardé 
dans  l'arrangement  des  divers  Morceaux 
qui  compoleiit  ce  Recueil,  Nous  fouhai- 
terions  pouvoir  indiquer  plus  particulière- 
ment tout  ce  qu'un  Ouvrage  de  ceitc  na- 
ture peut  offrir  de  plus  curieux  &dc-p!us 
fingulier.  Mais  pour  ne  point  Ibrtir  des 
bornes  ordinaires  de  nos  Extraits,  nous 
.fouîmes  obligez  de  nous  réduire  au.  détail 
'Ni  te 


^H  301  Tournai,  des  Sçavaim. 
^B  de  quelques-unes  de  ces  Pièces  ,  fins 
^B  prétendre  néanmoins  que  cette  efpece 
H  de  préférence  puiffe  former  le  moindre 
H  préjugé  au  defavantage  de  celles  dont 
H      nous   ne   parlerons    pas  ;     toutes    lis 

■  Pièces   de    cet    Ouvrage    ayant    une    fi 

■  grande  liaifon  ,     qu'on  ne  peut  s'inllruirc 

■  parfaitement  des  unes,  fans  confulter  les 
I  autres.  Nous  commencerons  donc  par 
I  l'eitrait  du  premier  Dilcours  ,  dans  lequel 
f  l'Auteur  a  rafl'emblé   avec  beaucoup    de 

précifion  ,  ce  qu'on  Içait  de  plus  certain 
touchant  l'originc&  la  fucceffion  des  Sou- 
verains de  Dauphiné. 

I!  paroit  que  cet  Etat  doit  Tes  premiers 
commencemens  au  débris  du  Royaume  de 
Bourgogne,  autrement  dit  le  Royaume 
d'Arles ,  ou  de  Provence.  Ce  Royaume 
etoit  paffé  à  l'Empereur  Conrad  le  Sali- 
que ,  par  la  donation  que  lui  en  avoir  fai- 
te en  1031,  Rodolphe,  furnommé  le  Fai-" 
néant ,  dernier  Roi  d'Arles  ,  mort  fans 
enfans.  L'éloigné  ment  de  l'Empereur, 
qui  ne  pouvoit  refider  dans  ce  nouveau  I 
Royaume,  &  les  différentes  guerres  qu'il! 
eut  à  foutenir,  donnèrent  occafion à quel-f 
eues  Seigneurs  du  Pais  de  s'y  ériger  et 
Souverains.  De  ce  nombre  fut  Cuigm. 
le  Vitux,  Comte  d'Albon,  qu'on  doit  reJ 
garder  comme  le  premier  qui  air  poffcdf 
çueJoues  terres  aux  environs  de  GrenobJ 
dans  cette  partie  de  DïuçViw:  «p>'a 


Mars    1711.  303 

pelle  le  Gr.uy/nvWr/a».  C'eft  ce  qu'on  peut 
inférer  du  témoignage  de  faim  Hugues  E- 
vêque  de  Grenoble,  qui  traite  mêmed'u- 
furpation  l'éiablilTement  de  ce  nouvel  E- 
tat ,  formé  vêts  Van  1040.  Guîgues  le 
Vieux  s'étant  fait  Moine  de  Cluny .  laifîa 
cette  Souveraineté  à  fon  fils  Guigiui  U 
Grat ,  qui  étant  mort  en  roSo,  eut  pour 
(uccefleur  Gniguts  III.  Ce  Prince  eil  le 
premier  qui  ait  pris  le  furnom  de  Dalphî- 
nus  ,  Datobin  ,  ou  Dauphin.  L'Auteur 
n'eft  pas  de  l'opinion  de  ceux  qui  attri- 
buent l'origine  de  ce  furnom  au  Dauphin 
que  porroient  fur  leurs  Ecus  les  Comtes 
de  Grailîvaudan,  dans  leurs  voyages  d'ou- 
tremers &  il  croit  ce  fentiment  d'autant 
moins  fourenable  ■  qu'à  peine  peut-on 
trouver  aucun  de  ces  Princes  avant  Hum- 
bert  I.  qui  ait  mis  un  Dauphin  dans  fes 
Armes.  „  11  eil  plus  vrai-femblable  (con- 
„  tinuë  l'Auteur)  que  le  furnom  deDau- 
„  phin  que  ce  Guigues  dont  nousparlons 
„  porta  le  premier ,  plut  aiTez  àfesfiic- 
,,  cefleurs  pour  l'ajourer  à  leur  nom,  8; 
„  pour  s'en  faire  un  Titre,  qui  s'en  con- 
„  fervé  enfuite  parmi  les  defcendans;  rien 
„  n'étant  plus  ordinaire  en  ce  temps-là 
„  que  de  voir  les  noms  propres  devenir 
„  des  noms  de  famille  ,  ou  de  dignité.,, 
C'eft  fur  quoi  l'on  nous  fait  efperer  une 
Diflertation  en  particulier.    Gmgitt  ^a\- 

tmmé  Dauphin  fut  père  de  G»'n,u«  w~ 


1304  Journal  des  S  ç  a.  y  a  n  s. 
qui  fut  fait  Chevalier  par  l'Empereur  Fré- 
déric I.  dont  il  epoufa  une  parente  ,  8i 
duquel  il  obtint  une  mine  d'argent  fines 
dans  le  Brianuonnois  ,  &  le  pouvoir  de 
feue  battre  monnoye à  Céfanepetiteville 
bâtie  au  pied  du  mont  Genevre.  Ce  Prin- 
ce ne  (ailla  qu'une  fille  ,  en  la  perfonne 
de  laquelle  finir  la  première  Race  des  Dali* 

Pphîns ,  furnommez  les  Comtes  d'Albon. 
Cette  fille,  appdlée  btatrix ,  époufi  en 
premières  noces  Guillaume  Comte  de  S. 
Gilles,  puis  le  remaria  en  i  ■  8j  avec  Hn- 
futi  de  Batrgiffu  ,  ill'u  de  Robert  Roi  de 
France.  De  ce  mariage  naquitOwrgwn  An- 
dré ,  dont  1a  première  femme  eut  pour 
dot  !c  Gapençois  &  l'Ambrunois  ,  qu'il 
joignit  ii  tes  Etals,  Sa  leconde  rerama  le 
fit  père  de  GtâgHeiVI.  qui  de  lieatrtt  de 
Savciye  fon  époure  ,  dunt  ii  avoir  eu  le 
Faucigoy,  laifla  Jnw  6c  Anm,  Celle-ci 
recuealil  la  fucceffion  de  fort  frère  mort 
fansenfansen  11S1.  Elle  avoil  épouffida 
l'année  11731  ^"'"^''i  Sire  de  la  Tour-du- 
Pin  S:  de  Lôligny  ,  qui  par  la  moit  de 
fon  hrati-îrere  ,  devint  le  Souverain  de 
Baophiiiij  &  fur  la  tige  des  Dauphin»  de 
e  Race,  3m»  l'aîné  di 
■  n.rt  I.  lucceda  à  Ion  père, 
.  ii  m  130»,  dans  un  Couvent  de  Char- 
:.  il  avoit  pris  l'habit.  Jean  épou- 
Hongrie  61  .:  ■ 
i-JrtoJ  dv  Hongrie,  delà  Mai  l'un  d'.' 


»n  d;An- 


M    *   *   s     1711.  305 

t  fccur  de  Clémence  féconde  fem- 
me de  Louis  Huttn.  Il  eut dettï fils deeelte 
PrincelTc  ,  l'aînc  defquels  nomme  Cuiguu 
Vil.  lui  fucceda,  fous  la  tutelle  de  Ton  on- 
cle. C'eli  de  ce  Dauphin  que  h  troifiéme 
Race  de  ces  Souverains  tire  fon  plus  grand 
l.uilrc  En  effet ,  outre  l'alliance  de  Phi- 
lippe le  Long  Roi  de  France  ,  dont  il  é- 
pouTa  la  fille  ;  il  fe  fignala  par  plufiturs 
actions  éclatante».  A  peine  avoit-il  at- 
teint l'âge  de  i;  ans  ,  qu'il  gagnais  Ba- 
taille de  Varey,  ou  il  fit  priiônniers  Ro- 
bert frète  du  Duc  de  Bourgogne ,  et  jtan 
de  Chatons  Comte  d'Auxerre.  11  Ce  trou- 
va de  plus  à  la  Bataille  de  Mont-Caflel, 
où  Philippe  de  Valois  défit  lss  Ffarmnscn 
1318.  Mais  la  guerre  s'étant  rallumée 
entre  le  Comte  de  Savoye  &  le  Dauphin, 
celui-ci  fut  tué  à  trois  lietita  de  Grenoble, 
devant  le  Château  de  la  Perrière;  &  par 
fa  mort  laiila  l'es  Etats  à  fon  frère  ,  qui 
fut  Humheit  il. 

C'elt  {comme  nous  l'avons  déjà  dit) 
par  rapport  à  THiiloire  de  ce  dernier 
Dauphin,  que  l'Auteur  a  ramaflï  la  plu- 
part des  Titres  qui  compoftnt  cevolumej 
&  c'eft  fur  ces  Pièces  authentiques  qu'il 
a  drefle  un  Journal  hifterique  du  Gouver- 
nement de  ce  Prince.  A  juger  du  carac- 
tère de  Humbcrt  par  les  faits  [peciflra 
dans  ce  Journal,  on  feroit  preiijue  tenté 
de  ï'accaiet  d'imprudence  oc  4c\t^,w»fe 
Sas* 


îo6  Journal  des  Sçjvans. 
Sans  fa  conduite  ,  &  de  dilîïpation  dans 
fcs  Finances.  L'Auteur  ne  di (G mule  point 
qu'on  n'ait  tait  ces  reproche!  à  ce  Ptin- 
çe  ,  &  qu'on  n'y  ait  même  ajouté  celui 
d'avoir  eu  peu  d'inclination  pour  les  ar- 
mes. Mais  il  entreprend  de  le  juitifier 
fut  ces  trois  chefs;  &  c'eft  à  ouoi  il  em- 
ployé une  partie  de  fa  Préface.  Nous 
n'entrerons  point  dans  le  détail  de  cette 
jnftification.  Nous  nous  contenterons 
d'obferver  avec  le  gavant  Auteur,  que 
c'eft  à  Humbert  que  le  Dauphiné  eft  re- 
devable des  Compagnies  de  Juftice  &  de 
Finance  qui  font  encore  aujourd'hui  le 
principal  ornement  de  cette  Province,  Bï 
des  fondations  de  pluficursHglifcs&Mo- 
nafteres.  Mais  rien  ne  doit  rendre  ce 
Prince  plus  digne  de  confideration  à  tous 
les  bons  François,  que  le  tranTport  qu'il 
fit  de  fes  Etats  au  Roi  de  France  Philippe 
de  Valois,  à  condition  que  l'héritier  pre- 
fomptifdela  Couronne  prendroit  à  l'ave- 
nir le  titre  de  Dauphin. 

On  trouve  ici  un  récit  fort  circonftancié 
de  cette  donation.  Les  principaux  motifs 
qui  paroifTent  y  avoir  déterminé  Humbert, 
furent  h  perte  qu'il  fit  d'un  fils  unique 
mort  dès  l'âge  de' i  ans  s  le  peu  d'efpe- 
rance  de  fe  voir  naître  d'autres  héritiers  ; 
&  le  defir  de  procurer  à  Tes  peuples  une 
puiffante  protection.  Quelque  peu  d'ap- 
parsnec  ou'il  y  eût  d'abord  qu'une  pareille 
difpo* 


M    A    *    S      17  tT.  307 

sfition  en  faveur  de  h  France  pût  a- 

un  heureux  fuccés  ,  puifqu'il  n'eroit 
res  vrai-femblable  que  Humbcrt  âgé 
ement  d'environ  trente-un  ans,  mou- 
fans  enfans;  Philippe  de  Valois  ne  re- 
i  aucune  des  conditions  qui  lui  furent 
lofées  pour  cette  fucceffion  dès  l'an- 

1343.  L'année  fuivante  Jean  Ducde 
■mandie  .  fils  de  Philippe  de  Valois, 
igea  le  Dauphin  à  palTer  un  autre  Acte 
:  lui,  qu'on  peut  appeller  un  nouveau 
rport,  puifque  la  défignation  du  fuc- 
ïttt  aux  Etats  de  ce  Prince  y  fut  chan- 
;  c'eft-à-dire ,  que  le  Duc  Jean,  fils 
:  de  France  ,  Tes  enfans  ,  &  toute  fa 
erité  ,  furent  appeller  à  la  fueceffioo 
Dauphin,  auprejudice  de  Philippe  Due 
rieans ,  qui  étoit  nommé  pour  erre  foa 
lier  par  l'Aéte  précèdent.  Mais  cette 
onante  affaire  ne  fut  confommée  que 

1349,  au  retour  d'une  Croifade.dont 
nbert  avoir  été  le  Chef.  Ce  Prince 
)t  pris  alors  la  refolution  de  renoncer 
nonde,  le  Roi  de  France  lui  envoya 
Députei  pour  le  confirmer  de  plusen 

,  par  de  nouvelles  offres  ,  dans  le 
:in  où  il  étoit  dJifadiquer.  La  Négo- 
on  fut  commencée  à  Tournon ,  dès 
lois  de  Février,  &  fut  continuéepen- 
:  tout  le  mois  de  Mars  à  Romans, 
l'Aère  du  tranfport  reçût  \i  ictwsit 
1.     On  ne  s'y    attacta  çwVS.uwt 


308    Journal  des  Sçatans. 

les  difpofitions  contenues  dans  les  Traitez 
de  1343,  &  de  1344,  fur-tout  à  l'égard  de 
la  perfonne  du  fuccefleur.  Le  choix  tom- 
ba fur  Charles  fils  aîné  du  Duc  de  Nor- 
mandie ,  pour  être  revêtu  dès  lors  des 
droits  de  la  Souveraineté  ,  fans  referves 
&  fans  conditions  ,  fi  Ton  en  excepte 
la  remiffion  des  fonds  en  terres  &  en  ar- 
gent ,  ftipulée  par  le  même  Afte.  Il 
manquoit  encore  une  folemnit  é  à  ce  Traité, 
pour  être  dans  toute  fa  perfection.  C'é- 
toit  l'entrevue'  des  Parties,  laquelle  fe  fit 
dans  une  Aflemblée  tenue  à  Lyon  le  16 
Juillet.  Ce  fut  là  que  Humbert  fit  une 
ceffion  pure  ôc  fimple  de  Tes  Etats  au 
Prince  Charles,  &  qu'il  l'en  mit  en  pofleA 
fion  par  la  tradition  du  Sceptre,  de  l'An- 
neau, de  la  Bannière, &  de  rEpéeancien- 
ne  de  Dauphiné. 

Il  quitta  le  monde  dès  le  lendemain 
de  cette  cérémonie  ,  Se  prit  à  Lyon  ce 
jour  même  l'habit  de  S.  Dominique.  Il 
ne  parut  plus  depuis ,  que  fous  le  nom  de 
Frère  Humbert,  fe  renfermant  uniquement 
dans  les  exercices  du  Cloître,  6c  dans  la 
pratique  des  divoirs  de  fon  état.  11  fortit 
pour  la  dernière  fois  de  Dauphiné  fur  la 
fin  de  la  même  atfflBe  5  6c  il  alla  droit 
à  Avignon ,  où  il  reçut  du  Pape  les  Or- 
dres Sacrez  le  jour  de  Noël,  dans  llnter- 
vale  des  trois  Mettes.  HvKïtawxV*  «te-f 
bn  cnhiiç  lui-même;  &\wàx  yw»  ««S* 


Il  ft 


Mars     1711.  309 

_.  fut  (acre  Patriarche  d'Alexandrie.  Dans 
h  même  année  il  fut  crié  Adminiltrateur 
de  l'Archevêché  de  Rheims  ;  liire  qu'il 
conferva  jufqu'à  fa  mort,  arrivée  il  Cler- 
moiir  en  Auvergne,  le  11  Mai  135c.  Son 
corps  fut  porte  au  Couvent  des  Jacobins 
de  Paris,  où  il  fur  inhumé  dans  leChœur 
de  leurEgiile,  auprès  de  la  Reine  Clé- 
mence ,  feeur  de  B^atrix  de  Hongrie  fa 
mère.  On  y  voit  encore  leurs  tombeaux 
aux  deux  côiei  du  grand  Autel. 

Comme  l'Auteur  i*cfl  appliqué  à  nous 
frire  connoitre  plus  patticulieiement  le 
Dauphin  Humbert  II.  &  qu'il  s'eft  engagé 
pour  cela  dans  une  difcuilion  tiès-curieule 
touchant  l'œconomie  de  la  mailon  de  ce 
ce  Prince;  on  ne  fera  peut-être  pas  fâché 
de  trouver  ici  quelques-unes  de  ces  parti- 
cularité! ,  par  lefquelles  on  puiffe  juger 
du  relie.  Nous  avons  choifi  dans  cette 
vue  ce  qui  regarde  le  fervice  des  Ta- 
bles, qui  n'eft  pas  l'article  le  moins  inte- 
reiTant. 

On  fervoit  tous  les  jours  régulièrement 
quatre  Tables  chez  le  Dauphin  ;  la  pre- 
mière, pour  lui,  pour  les  Princes,  pour 
les  Barons,  &  pour  les  Seigneurs  Banne- 
rets;  la  féconde,  pour  les  Gentilshommes 
honorez  dutjtredeChevalier;la  troifiéme, 
pour  les  Aumôniers  ,  &C  pour  tous  les  E- 
cuyers  de  l'Hôtel;  &  la  quatrième,  pour 
le  Commun.    Ces  Tables  n'étoïent  cm 


)     Journal  des  S  ç  a  v  a  n  î. 

fervies  des  mêmes  plats  tous  les  jours  de 
la  fera  aine.  Les  mets  du  Dimanche,  du 
Mardi  &  du  Jeudi  étoient  différens  de 
ceux  du  Lundi  &  du  Mercredi.  On  y 
étoit  fort  exact  fur  l' Observation  des  jours 
maigres,  6:  le  jeûne  y  avoir  paue  en  rè- 
gle pour  le  Vendredi  ;  en  forte  qu'on  ne 
taifoit  qu'un  repas  ce  jour-là  ,  ainiï  que 
pendant  le  Carême.  Le  premier  fervjce 
n'étoit  compoféque'du  potage  &dubouiI- 
li;  telle  étoit  (remarque  l'Auteur)  lu  fru- 
galité de  ce  temps  !à  :  &  ce  potage  n'e- 
toit proprement  qu'un  bouillon  ,  où  cha- 
cun pouvoir  faire  tremper  à  fon  gré  des 
tranches  d'une  efpece  de  pain  deftiné  à 
cet  ufage.  Le  bouilli  confiftoit  en  bœuf, 
mouton,  porc  frais,  oufalé,  fetoa  le  jour 
de  la  femaine.  Au  fécond  fervice,  onj 
ne  prefentoit  que  les  mêmes  fortes  de  vianJ 
des,  préparées  différemment  ,  avec  que' 
que  volaille  rôtie,  ou  en  pâté.  Les  frui 
de  la  faifon ,  tels  que  le  Pais  les produifojl 
fans  beaucoup  d'art  ni  de  culture,  avec  W 
lait  &  du  fromage,  faifoient  tout  l'ap« 
reil  du  deflert.  Les  viandes  étoient  J 
mêmes  pour  toutes  les  Tables , 
tion  d'un  plat  extraordinaire  qu'on  med 
devant  le  Dauphin,  &  dont  il  faifoirJ 
aux  Seigneurs  les  plus  qualifiez  de  fa  ] 
Le  rang  &  la  qualité  de  chacun  fel 
TOÎt  remarquer  à  la  quantité  de  j 
ga'on  ferïoit  devant  lui.    Elles 


M  a  *    s     -7...  3„ 

entaiTécs  fui  les  plats  qu'on  prefentoit  au 
Dauphin.     On  ne  rempliffoit  tes  plats  qu'à 
moine  pour  les  Seigneurs  qui  mangeojcnt 
avec  lui.     Cette  moitié  le  partagcoir  en 
deux  autres  pour  les  Gentilshommes  de  la 
féconde  table)  ainli  les  portions  diminuant 
toujours  par  degrez ,   ceux  ife  la  dernière 
table  lé  tiouvoient  réduits  au  feul  necef- 
faire.     Le  fuupi  étoit  compote  à  peupres 
des  mêmes piats  que  l'on  fervoit  au  dîné, 
à  la  referve  du  potage  ,    auquel  on  fup- 
pléoit  par  des  poulets  rôtis,  ou  par  quel- 
ques  pièces  de  four,  fuivant  le  jour  de 
la  femaine.    On  donnoit  reg  ément  tous 
les  foirs  au  Dauphin  un  plat  d'entremets, 
fort  différent  (dit  l'Auteur)  de  ce  qu'on 
appelle  aujourd'hui  de  ce  nom  ,    &  qui 
confitloir  en  quelque  ragoût  apprêté  avec 
plus  de  foin.     Le  vin  n'étoit  pas  le  même 
pour  toutes  les  tables  ,     non  plus  que  le 
pain,  l'un  &  l'autre  étoient  plus  ou  moins 
délicats,  félon  les  perfonnes  &  les  Tabie* 
aufquelles_on  les  deftinoit;   &  l'on  obfer- 
**oit  les  mêmes  diftinftions  pour  en  régler  la 
^Jtiantité.  La  Dauphine  a  voit  auffifes  quatre 
^Jfl/aîes ,  fervies  comme  celles  du  Dauphin. 
-Cousue  finirions  pas,  fi  nous  voulions  fui- 
gjoa  l'Auteur  dans  les  détails  ou  i!  entre  fur  les 
^C^asdesjoursmaigres,  furies  bougies  que 
^^lemploy-oirpouréclairerlesappartemens,' 
-**~  js/orvnedes  habits  &  de  lacbauiTure,  fur 
-*   fo  wrtures,  les  étoffes  de  prix  ,  les  or- 


3U  Journal  des  Sçsvans. 
memens;  en  un  mot,  fur-iout  cequicom- 
pofoit  la  garderobe  de  ces  Princes.  Nom 
nous  contenions  d'avoir  excité  la  curiofiié 
du  Public,  qui  trouvera  de  quoi  la  fatis- 
faire  amplement  fur  plus  d'un  article,  dans 
h  leélurc  de  cet  Ouvrage. 

Ckristophori  Cellabii  Antiquf* 
tates  Romsnsiex  veterum  monumeniii 
ac  Legibus  Romanis  digeflie.  Quibut 
Appendix  de  Re  Romanorum  Numma- 
ria  &  Infcriptionibdi  acceffit,  C'cit-à- 
dire  :  Lis  Ajiiirfttiiez.Rpmaïnei,  tirets  des 
aneitns  monumtnt  &  dis  Leix  Romàina, 
Par  Chriftophe  Cellariuj;  avte  une  Ad- 
dUion  fur  ht  Médailles  £5"  ki  lnftriplions. 
A  Hall  en  Saxe.  i?ro.  in  8.  pagg,  yo. 
Se  trouve  à  Amilerdam  chez  les  Wacs- 
berge. 

f^E  petit  Ouvrage  cft  une  eipece  d'Iniro* 
duflion  aux  matières  qui  en  font  le 
fujet.  1!  peut  être  fort  utile  a  ceux  qui 
n'ont  encore  aucune  connoiflanee  des  An- 
tiquité! Romaines,  &  même  à  ceux  qui 
s'y  étant  appliquez  autrefois,  voudroient 
Te  rappcller  des  idées  qui  ne  s'eftacent  que 
trop  alternent.  M.  Cellarius  l'a  partagé 
en  douze  Chapitres. 

■  Le  premier  Chapitre  eft  divife  en  troii 
feétions.  La  première  fait  connoltrc  le» 
Âfigi'Qrats  qui  ont   gouverné  Rome  d" 


Mus     17TH  313 

la  fondation  de  cette  ville  jufqu'au 
,ps  de  Cefar.  La  féconde  traite  des 
,uveauxMagiflratsque  1  es  Empereurs  éu- 
,iirenr.  Parmi  ces  Magiftrats  fe  trouvent 
les  Procureurs  de  l'Empereur.  On  fçait 
qu'Augufle  partagea  les  Provinces,  S;  que 
laifftnt  au  Sénat  &  au  Peuple  celles  qui 
étoient  tranquilles  ,  il  fe  referva  cellesqoî 
ne  l'étoient  point.  Dans  les  Provinces  du 
Peuple,  les  Quetleurs  retinrent  leur  nom; 
mais  dans  les  autres  leur  nom  fut  changé, 
&  les  Empereurs  aimèrent  mieux  les  ap- 
peller  leurs  Procureurs.  Ils  avoient  foin 
des  revenus  du  Prince  ;  &  dans  les  Pro- 
vinces qui  n'étoient  pas  aiîci  confidera- 
bles  pour  avoir  un  Lieutenant  de  l'Em- 
pereur, ils  renvoient  auffi  1a  Juflice.  Nom 
en  avons  un  exemple,  remarque  M.  Cel- 
larius ,  dans  la  perfonne  de  Pilate,  que 
Tacite  appelle  Piocureur  de  Cefar.  Dans 
les  dernier;  temps  ces  Officiers  furent  ap- 
peliez Rtâmala.  11  eil  fait  mention  dans 
la  troisième  fection ,  d'autres  Officiers  de 
ces  mêmes  temps-là,  &  en  particulier  du 
MagiHtr  Setmerum ,  qui  étoir.  à  peu  près, 
félon  l'Auteur  ,  ce  qu'eft  à  prêtent  le 
Chancelier  ;  du  Préfet  du  Prétoire  ,  de 
fon  Vicaire  ,  &  des  diverfes  efpeces  d| 
Comtes. 

Dans  le  fécond  Chapitre  on  parle  delj 
Milice  Romaine;  des  Officiers  d'Armée  ^ 
des  Légions,  des  Armes,  4e&lA«!s\K«e 

O  &k 


Murs     1711.  315 

dirions,   font  h  matière  du  fu  8c 
,iéme  Chapitre. 
C cl larius  s'étend  dans  !e  huitième. 

es  Etudes  des  Romains.  Avant  lapre- 
;re  gucrrePum'que  ils  avoient  alfczd'in- 
férenec  pour  les  Lettres  ;  mais  après 
te  Epoque  ,  Rome  produifit  un  grand 
libre  de  Poètes,  d'Hiftonens ,  8c  d'O- 
:urs,  Se  changea  de  méthode  dans  l'é- 
ation  de  lajeuneffe.  Un  enfant  éta- 
it jufqu'à  ce  qu'il  prît  la  robe  virile, 
t-a-dite  ,  jufqu'à  l'âge  de  17  ans.  Il 
ipliquoit  d'abord  à  la  Langue  Grecque, 
:'étoft  dans  cette  Langue  qu'on  luien- 
noît  la  Philosophie  &  la  Rhétorique, 
léclimoit  en  cette  Langue  avant  qua 
^prendre  à  dédamer  en  Latin.  L'heu- 
re conduite,  s'écrie  lâ-deflus  l'Auteur  1 
us  ne  voyons  que  trop,  que  ceux  qui 
[eurent  dans  leur  Langue  maternelle  a- 
it  que  d'avoir  fait  de  grands  progrè» 
s  le  Latin  ,  qui  eft  à  nôtre  égard  ce 
jtoit  le  Grec  a  l'égard  des  Romains, 
ïarviennent  jamais  à  une  folide  érudi- 
1.  Souvent  on  envoyoit  dans  les  vil- 
Greajues  les  enfans  de  condition,  afin 
les  perfectionner  dans  les  Sciences.  A. 
les,    Rhodes,  Mitylene  ,    Marfeille , 

ienr  pour  l'ordinaire  remplies  déjeunes 
mains,  qui  s'appliquoienr  fous  d'excet- 
i  Maîtres ,  à  l'HUtoire,  au  Droit,  8e 
1  Philolbphie.  Leur  ftn  çùwàçivt  fc- 
O  i 


l'élo- 


316       JOWRNAI   DES   StAVANS; 

toit  de  devenir  éloquens,  parce  que 
qiience  conduirait  à  tout.  A  l'âge  de  dix- 
fept  ans  ils  alloient  à  la  guerre.  Ceux 
mêmes  qui  n'avoient  nulle  envie  de  par- 
venir aux  dignitei  militaires,  &  qui  fe 
£ropolbient  une  vie  plus  douce  ,  &  des 
onneurs  moins  périlleux  ,  ne  laiflbient 
pas  de  faite  quelques  campagnes  ;  ainû 
tous  les  Romains  étoient  en  même  temps 
gens  de  Lettres  ,  6;  gens  d'Epée.  Le  bruit 
des  armes  ne  leur  paroitluit  nullement  in- 
compatible avec  l'attention  qu'exigent  les 
Sciences.  Ils  étudioient  dîna  le  Camp, 
dans  les  marches.  Des  qu'ils  étoient  de 
retour  à  Rome,  ils  tedoubloient  leur  ap- 
plication; d'abord,  afin  de  parvenir  aux 
dignité?.,  &  enfuitepour  fedillinguerdans 
l'adminillration  de  la  Republique. 

Le  Chapitre  neuvième  traite  des  fpeêta- 
cles;  ledixiéme,  des  habilkroens  des  Ro- 
mains i  &  l'onzième  de  leurs  funérailles. 
Quoi  qu'ils  euflent  coutume  de  brûler  les 
corps  de  ceux  qui  mouraient,  il  y  avoit 
pourtant  parmi  eux   des   familles    qui  a- 

I  voient  droit  d'enterrer  leurs  morts.  La 
famille  Cernelia  ,  par  exemple  ,  jouïffoît 
de  ce  privilège.  Sylla  qui  en  etoit renonça 
à,  fon  droit  par  une  cUufe  eiptefle  de  fon 
teilament,  &  ordonna  qu'on  brûlât  l'on 
corps,  de  peur  que  par  U  Loi  .lu  Talion, 
lespartifans  de  Marius  ne  le  dé  terra  lient, 
comme  ii  avoit  tait  déterrer  celui  de  ce 
Om(d. 


M 


*    s     j-j  1 1. 


Dans  le  dernier  Chapiïrc  , 
....  Cellaruw  raconte  en  peu  de  mots  __ 
qui  te  paflbît  à  l'apotheble  des  Empereurs, 
il  remarque  que  les  Empereurs  Chrétiens 
eurent  bien  de  la  peine  à  abolir  cette  cé- 
rémonie. 

L'Addition  fur  les  Médailles  &  fur  les 
Infaiptions ,  qu'on  a  mife  à  la  fin  de  ce 
petit  volume,  ne  nous  prefente  rien  donc 
;  puiiiions  taire  ufage  dans  cet  Ex- 


Diflertatio  Médius  TnanguralisdeCachesià, 
quam  Deo  benedicente,  Hectore  Ma- 
gnificentiiîîmo  Serenifïï  moque  Principe 
ac  Domino  Dn.  Philippo  Wiihdmo, 
&c  in  aima  Fridericiana ,  gratiolb  Fi- 
cuttatis  Medicœ  confenfu,  fub  Yniidic* 
Dn.  Gcorgii  Erndti  Stalit,  Med.  Doc- 

tor.  &c.  pro  licentia publics  Ern- 

ditorum  difquiiitioiii  fubmittit  Septi- 
hus  Andréas  Oppermannui 
Marcobreith  Franc  if.  HaU  Magdtb, 
iilltru  Chrifl.  HenckiUi  ,  Aiaà.  lyj-ogr. 
C'elt-â-dûe  :  Dijfertatioa  tu  manitre  d* 
Tètfc  ,  fur  U  Cachexie.  Par  André  Op- 
ftrmarm.  A  Hall  en  Saxe,  de  l'impri- 
"e  de  Chrétien  Henckel.  Brochure 
•  PP-  î7- 

.  _eur  de  cette  Diflertation  com- 
•neepifh  définition  de  \a.  ticVéïÀt . 


318      JotipNAt.DESSçAVANS. 

qu'il  appelle  une  dépravation  de  loute 
l'habitude  du  corps  i  puis  il  examine  quel 
elt  le  tempérament,  l'âge,  &  le  fexe  le 
plus  ftyet  à  celte  maladie.  Quant  au  pre- 
mier point,  il  foutient  que  le  tempéra- 
ment fhlegmatique  ell  plus  expofé  qu'au- 
cun autre  à  la  cachexie.  Pour  ce  qui  eft 
du  fécond,  il  remarque  que  la  cachexie 
prend  moins  dans  l'enfance  que  dans  les 
autres  âges,  lit  au  regard  du  troiliéme, 
que  les  femmes  y  font  plus  fujeites  que 
les  hommes,  pour  bien  des  raifons.  A- 
près  ces  rebellions,  il  tait  k  Jér  ail  des  mau* 
que  la  cachexie  entraîne  après  foi,  entre 
lefquels  l'hydropîiie  tient  le  premier  rang. 
Quelques  personnes  confondent  mal  à 
propos  la  cachexie  ai-ecla  jauniiTe,  nôtre 
Auteur  fait  voir  en  quoi  conilllc  la  diffé- 
rence de  ces  deux  maladies  jenfuire  .pour 
donner  une  idée  complettê  de  celle  dont 
il  parle,  il  décrit  l'état  où  fc  trouvent  le 
pouls  &  les  urines  de  ceux  qui  font  atta- 
quez de  ce  mal.  De  là  il  paffe  à  l'expli- 
cation des  caufes  de  la  cachexie  ,  entre 
Icfquelles  il  met  les  grandes  pertesdefang, 
ce  qu'ii  accompagne  de  réflexions  fondes 
8î  judicieufes  ;  après  quoi  il  propofe  les 
remèdes  qui  conviennent  à  la  cachexie. 
Comme  ce  n  eft  ici  qu'une  Thcfe  .  8t 
qu'elle  ne  renferme  rien  de  particulier, 
nous  ne  croyons  pas  devoir  nous  êtei  * 
divanugc.    Mais  nous  lie  f\M&ott<r 


sa 


M    »   ii    s     1711.  319 

apêcher  de  remarquer  que  quoi  que  les 
rflcxions  qu'elle  contient  ne  foient  pas 
louvellcs  ,  elles  n'en  font  pas  moins  mi- 
es. Nous  ajouterons  même  que  la  lec- 
ture de  celte  Thefe  ce  doit  pas  être  in- 
différente aux  jeunes  Médecins.  Ils  y 
trouveront,  comme  en  racourci,  ce  qu'il 
y  a  de  meilleur  fur  cette  matière  dans  di- 
vers Auteurs. 

Diflertatio  Medico-Praftica  de  Afthrmte, 
quam  auftorirate  gratioliiïimi  Orditiis 
Medici  Lipficnlis  ,  fub  Prscfidîo  On. 
Micliaeliî  Ettmulleri,  Philof.  &  Medi- 
cinx  Do-ftoris ,  &c.  die  X.  April.1710. 
puhlico  EruJitorum  examini  iubmi-tit 
Auflor  Se  refpondens  J  o  h,  Chhis- 
tianus  Fischer  ZKtavieiw.  Med. 
Candidat.  Lipjïî,  lititrii  Geftaxit.  C'eft- 
à-dl*ie  :  Dijftrtetia»  eu  Tbtfe ,  jur  i '  Aj- 
thmi,  t?c.  var  Jean  Chrétien  Fifcher. 
A  Leipfic.  Brochure  in  4.  pp.  14. 

T 'Asthme  eft  une  difficulté  de  refpi- 
rct,  qui  a  fa  caufe  ou  dans  les  pou- 
mons, on  dans  les  autres  organes  qui  fer- 
vent à  la  refpiration,  ou  dans  l'ait  même 
que  l'on  refpire.  Cette  maladie  le  divife 
en-  trois  efpeces  ou  degrez  ,  qui  font  la 
dy/pnit,  Vufthm*  proprement  dit ,  &  IV 
thepnie.  La  dyfpnéc  eft  une  ço\we  Va.- 
iiine,  peu  différente  de  cette  que,  Y  o&  fe- 

O   4  \\ONi- 


f3io  Journal  des  Sçuvans. 
prouve  lorfqu'on  a  bien  couru.  L'afthme 
proprement  dit  ,  a  quelque  cliofe  de  plus  , 
fort;  il  eft  accompagné  de  iîfrlement  de 
poitrine,  &  d'un  femiment  qui  approche 
de  la  luiïbcaiion.  L'orlhopnée  ,  qui  eft 
le  troifiénie  degré  de  l'afthme  fait  que  Ion 
ne  peut  rcipirer  que  la  tête  élevée  ,  Tans 
quoi  l'on  court  rifque  d'être  fuffoqué.  Ce 
font  là  les  premières  réflexions  par  lef- 
quelles  commence  cette  DilTertarion. 
L'auteur  examine  en  fuite  quel  eft  le  liège 
de  l'afthme;  il  remarque  que  c'eft  princi- 
palement le  poumon,  avec  les  parties  qui 
concourent  à  le  faire  agir,  Se  que  quelque- 
fois c'eft  en  même  temps  l'tllomacn,  les 
ïhteftins,  le  foye,  le  pancréas,  les  reim. 
l'utérus,  parla  compreflîon  que  ces  par- 
ties font  au  poumon.  Il  s'agit  ,\  prêtent 
de  fçavoir  quelle  eft  la  caufe  prochaine  & 
la  caufe  éloignée  de  ce  mal.  L'Auteur 
fait  conlifter  la  première  dans  l'expar.fion 
des  véficules  pulmonaires,  &  dans  V obs- 
tacle qui  s'oppoie  à  l'entrée  de  l'air.  Il 
trouve  la  féconde  dans  tout  ce  qui  eft  ca- 
pable de  comprimer  les  organes  de  la. 
refpiration  ,  ou  de  Tes  cmbarratTer ,  fie 
cèl*  lui  donne  occafion  d'entrer  dans  plu- 
iieurs  détails  importans  fur  ce  qui  regarde 
les  différens  états  des  poumons  ,  &  les 
diverfes  qualitez  de  l'air  ;  les  caraéterc» 
particuliers  de  l'afthmc  ,  qui  eft  ou  fec, 
ou  humide  ;    qui  ùr,e  fou  onyaA  ou  de 


L 


M    a  *    s     1711.  3^ 

l'efiomach ,  ou  des  poumons  ;  qui  eft  on 
périodique ,  ou  continuel  >  &c.  L'esratnen 
des  figues  diagnoiïiques  &  prognofliques 
de  cette  maladie,  occupent  enluite  noue 
Auteur  ,  après  quoi  il  fait  la  recherche 
des  remèdes  qui  y  conviennent  le  mieux. 

Les  Regltt  du  Droit  cit.il  dans  le  mime  ordre 
qu'ltUi  font  dtfpojies  au  dernier  litre  dit 
Digefie,  traduites  ta  François  ,  avtt  du 
explications  c"  des  Cutnmtniahis  fur  cha- 

?**  "gk  r  t?  deux  Taillis  tr'tt-cxâihs  : 
une,  de  tous  Itt  textes  du  Droit  rappor- 
ttx.  W  expli/jttezdans  cet  Ouvrage;  l'utile, 
de  toutes  les  maliens.  Par  J.  B.  Dan- 
T  0 1  n  1  ,  Becttur  aux  Droits  ,  Avocat 
«  Parlement,  cr  aux  Court  de  Lyon.  A 
Lyon,  chei  Léonard  Plaignard  ,  rue 
Mercière,  au  grand  Hercule.  1710,  in 
4-pagg-  604.  fans  les  Tables. 

TLy  a  dans  leDigefteutiLivre  exprès,  d* 
Regulis  Jttrh,  c'eft  celui  qui  termine  ce 
Recueil  immenfe.  Les  49  Livres  prece- 
dens  contiennent  un  nomhie  infini  de  dé- 
diions fur  des  cas  prévus.  Le  dernier  Li- 
vre donne  des  règles  générales  pour  lup- 
pléer  à  ce  que  les  Lois  n'ont  pli  prévoir; 
&  ce  font  ces  règles  qu'entreprend  d'ex- 
pliquer M.  Danioine  ,  par  un  Commca- 
taire  fuivi  fur  chacune.  11  ne  fe  diiii- 
mule  pas  que  d'autres  Auteurs  ont  écrit 

O    S  WK6& 


■ 


Journal  des  Sçavans. 
avant  lui  fur  cette  matière;  mais  il  lui  pa- 
reil qu'ils  en  ont  écrit  fuperficiellement; 
&  en  tout  cas  ,  il  croit  devoir  au  goût 
qu'il  a  pour  la  Jurirprudence,  le  foin  de 
îendre  fes  Obfervations  publiques  ,  pour 
l'inftruétiondes  jeunes  gens  qui  Te  deftinent 
au  Barreau  ,  &  il  donne  en  François  le 
teste  des  Règles  ,  aufK-bien  que  les  no- 
tes ,  pour  la  commodiië  de  ceux  à  qui 
les  traductions  peuvent  être  de  quelque 
recours, 

On  trouve  a  la  tête  de  ce  Livre  un 
Difcours  qui  fert  de  Préface.  L'Auteur  y 
montre  d'abord  l'utilité  des  règles  ;  il 
traite  enfuite  de  l'ufage  qu'il  en  faut  faire, 
&  il  expofe  à  la  fin  Tordre  qu'il  s'eftpro- 
pofé  dans  ce  Recueil  de  Règles  de  Droit, 
8c  dans  le  Commentaire  qu'il  y  a  jouit. 

Iln'efr  point  de  feience,  dit-il, qui  n'ait 
des  principes  généraux  ,  annuels  les  prin- 
cipes particuliers  fe  réduifent;  &  ces  prin- 
cipes généraux  font  comme  le  précis  de 
chaque  feience.  11  falloit  donc  que  la 
Jurifprudence,  qui  eft  la  feience.  la  plus 
étendue  ,  à  caufe  du  grand  nombre  de 
faits  &  d'évenemens  qu'elle  eft  obligée  de 
régler,  eût  auffi fes  principes  généraux  ;  8t 
c'cltce  qu'on  nomme  les  Règles  duDroit, 
dont  le  propre  eft  de  décider  par  un  feul 
principe  plufieurs  queftions  différentes.  La 
peine  qu'a  coure  aux  Jurîfconfultes  la 
compolition  de  ces  règles,  eft  un  préjugé 


.  rantageux  en  faveur  de  l'Ouvrage.  P<. 
roit-ou  croire  que  «s grands  hommes,! 
aides  éclairez,  ces  rages  difpenfateurs  de* 
racles  de  la  Jrtflice,  fc  fulTc-ntdonnétant 
e  foins,  &  qu'ils  euffent.pour  a  in  fi  dire, 
épuifé  leur  génie  pour  faire  des  règles  gé- 
nérales, s'ils  n'eufient  compris  de  quelle 
importance  elles  étoient  pour  la  décifion 
des  affaires  »  Chaque  Loi  a  fort  objet 
borné,  qui  eil  de  décider  la  difficulté1  qu'on 
y  propofe.  La  règle,  au  contraire,  n'a 
point  de  bornes  en  un  fens  ;  fon  objet  eil 
de  déterminer  plufieurs  dîfficulrei  par  une 
feule  décifion.  En  un  mot,  ajoutel'Au- 
reur  ,  fi  tous  les  autres  textes  du  Dri 
font  autant  de  matériaux  qui  compofe 
le  Temple  de  la  Juftice  ,  on  peut  di: 
que  les  règles  font  la  bafe  &  le  fondemci 
de  l'édifice.  La  brièveté,  qui  eil  le  prin- 
cipal caractère  des  règles  ,  en  augmente 
encore  le  mérite  :  car  outre  qu'elles  en 
font  plus  faciles  à  retenir  ,  „  il  eft  cer- 
„  tain ,  dit  M.  Damoine,  qu'il  y  a  autant 
„  de  plaîiir  de  Trouver  beaucoup  de  cho- 
„  fes  en  peu  de  mots  ,  qu'il  y  a  d'ennui 
„  à  ne  trouver  dans  un  grand  lilTu  de 
„  mots  que  peu  de  chofe...  Rien  ne 
marque  mieux  au  relie  le  mérite  des  rè- 
gles de  Droit ,  que  le  foin  qu'a  pris  Julli- 
nien  de  les  fauver  de  la  reforme  géné- 
rale qu'il  a  faite  de  l'ancienne  Junipru- 
dence. 

O  6  NV. 


Au- 


ji4    Journal  des   Sçavans. 

M.  Dantoine  ,  après  avoir  fait  1 
des  règles  de  Droit  ,  ne  manque  pas 
ferver,  que  h  plus  importante  de  t' 
efl  de  fçavoir  faire  un  bon  ufage  i 
gles  mêmes.  Il  cruit  que  cela  dei 
encore  une  attention  8c  une  érude 
culieres,  &  qu'il  ne  s'en  faut  pas  fi 
feule  s  lumières  du  bon  feus.  Ce  n'i 
par  de  profondes  réflexions  fur  le 
qu'on  apprend  à  concilier  les  con 
tions  apparentes  qui  s'y  rencontra 
ranger  tous  la  même  décifion  les 
qui  ont  des  principes  femblables  -,  i 
rer  par  des  décidons  différentes  , 
qui  ont  des  principes  diîfciens,  & 
perer  par  de  fages  adoucilTemens  lai 
outrée  de  certaines  Loix.  Deux. 
perfuadent  l'Auteur  que  le  feul  bc 
dc  fuffit  pas  pour  bien  juge».     L'u 

Su'il  n'y  a  perfonne  qui  puïlTc  s 
'en  avoir  allez  pour  fe  palier  du  ! 
des  Sciences.  L'on  ne  peut  pas  j 
une  ligne  elt  bien  droite  ,  fans  la 
ter  fur  le  niveau  de  la  règle  ;  oi 
cercle  efl  bien  rond,  fans  le  prefen 
tour  du  compas,  L'homme  efl  tr 
ble  pour  marcher  fùremcnt  lâns 
La  féconde  raïfoji  ,  c'efl  que  la  : 
rt'ell  point  un  don  naturel  ;  la  Na 
fait  pas  feule  les  Scavans  ,  elle 
feâtonoc.  Nul  u'elt  ne"  habile  1 
giea  ,   OU  habile  Jurilcuiifultc  ;  oi 


M    A  n    s     1711.  3*f 

ut  au  plus  en  nai.Tant  ,  que  d« 
dus  plus  ou  moins  beureufes  pour 
aces.  L'Auteur  fait  extrêmement 
etic  réflexion  ,  pour  détromper 
ni  par  un  cl  prit  de  vanité  oa  de 
s'imaginent  que  toute  la  Juiif- 
■s  eft  icnfcrmée  dans  leur  Raiibn 
e. 

ïlique  enfuite  l'ordre  qu'il  a  donné 
gles.  C'eft  le  même  precifément 
rouve  dans  le  Digeilc.  Il  n'a  pas 
oir  tien  changer  fut  ce  point  ;  par- 
,  félon  lui  ,  l'enentiel  eit  de  bien 
les  inanimés ,  &  que  l'art  de  les 
efl  affei  indifférent, 
e  les  règles  contenues  dans  les  jo 
du  Digelle  ,  il  en  a  lalfembîé  ici 
es  autres  ,  qui  font  répandues  dans 
:  corps  du  Droit  Romain.  Il  les 
:s  traduites  en  François  ;.  Bç  au  bas 
;c  &  de  la  veriion  ,  il  a  mis  dans 
itiniié  qu'il  croit  plus  claire  &  plus 
le  précis  de  ce  que  chacune  ren- 
Uti  esemple  éclairava  cette  mé- 
La  règle  dixième  du  Livre  inti- 
D*  Roulis  JurU ,  eil  conçue  en  ces 
,  :  &rtnnïum  uatamm  ejl  commsda 
\e  rei  tum  fiiju's ,  quim  feqitumur  in- 
da.  M.  Dantoine  met  d'un  côtéce 
tel  qu'on  vient  dt;  le  rapporter;  il 
e  l'autre  côté  la  verlïou  Françoife, 
termes:   Sùvatti  t'ê^titi  naturelle , 


3i6     JournaidïsSçayàns. 

celui  qui  [apporte  les  churgei ,  doit  retirer  lit 
profits.  Et  à  la  fuite  de  cela  il  place  dans 
an  article  feparé  ,  &  par  forme  de  Sen- 
tence, l'efTentiel  de  la  règle  ,  qu'il  rédige 
ainfi  :  Qui  (émit  onus  ,  débet  fiatire  com- 
modum.  Ce  travail  ne  va  ,  comme  on 
voit,  qu'à  retrancher  quelques  motsd'une 
règle  déjà  aflez  couite  ;  &  ce  retranche- 
ment ne  regarde  que  la  propre  fatijfaétion 
de  l'Auteur ,  &  le  goût  qu'il  paroît  avoir 
pour  la  précifion  s  Car  dans  l'urage,  il  fe- 
ra toujours  plus  naturel  &  plus  fur  de  ci- 
ter les  termes  de  la  Loi  ,  que  ceux  qu'il 
a  jugé  à  propos  d'y  fubftituer. 

Il  y  a  deux  Tables  dans  cet  Ouvrage  t 
l'une  eft  placée  au  commencement ,  & 
l'autre  à  la  fin.  La  première  prefente, 
par  ordre  alphabétique,  tous  les  textes  de 
Droit  qui  font  rapportez  &  expliquezdans 
le  Livre.  La  féconde  indique  avec  exac- 
titude les  principales  matières  qui  y  font 
traitées. 

CmrsTinNi  Grïphii  ,  Reétorit 
olim  apud  V  ratifia  vienfes  Magdalenœt 
Apparatus,  iive  Diffenatio  ifagogica  de 
Scriptoribus  Hiltonara  feculï  XVII. 
jlluftrantibus.  Lipfi*  ,  apud  Thimam 
Fritfih.  1710.  C'eft-à-dire  i  Ditfma- 
lion  touchant  les  Autiws  éêltt  on  plat  tirer 
des  êcUiniffemtni  pour   l'Hifloiri  du  X71I. 

Jmle.    Par  Chiétien,  Gi^ç\it ,  trt.    fi 


ats  eau, 


M  *  r  s    n 
Leiplîc,  chezThomas  Fritfch.  1710. 
8.  pp.  599-  fans  y  comprendre  11  T»- 
ble.     Se  trouve  4  Amflerdam  chez  le» 
Waesberge. 

pE  n'eft  point  iciuneBiblîothequecom- 
plette  de  tous  les  Auteurs  qui  concer- 
nent l'Hiflqire  du  XVII.  iîecle.  Un  Re- 
cueil de  cette  nature  ne  fçauroir  Ctrc  l'Ou. 
vrage  d'un  feul  homme.  On  peut  dire 
néanmoins  que  M.  Gryphe  dans  l'Effai 
qu'il  nous  prefente  ,  a  poulie  l'cntreprife 
allez  !oin;puifque  ce  volume  contient  une 
Notice  d'environ  deux  mille  cinq  cens 
Ecrivains  de  ce  genre.     Il  ne  fe  contente 

(tas  de  nous  en  donner  un  (impie  Cita- 
ogue  ,  qui  nous  indique  fechement  les 
tiiresdes  Ouvrages,  les  noms  des  Auteurs, 
le  lieu  »  l'année  ,  &  îa  forme  des  Edi- 
tions; il  marque  outre  cela  ce  qui  diftin- 
gue  ces  Editions  l'une  de  l'autre ,  &  cel- 
les qui  méritent  la  préférence  ;  il  défigne 
la  plupart  des  Auteurs  par  quelque  cir- 
confiance  qui  les  caraéterife  ;  il  (ait  con- 
noitre  plus  particulièrement  par  de  courts 
extraits  quelques-unes  des  Pièces  les  plus 
rares  &  les  plus  curieufes  de  ce  Recueil, 
fit  il  porte  d'ordinaire  Ion  jugement  fur 
les  divers  Traitez  qu'il  fait  palier  en  re- 
vue. L'Auteur  ne  s'eft  proporé  d'autre 
but  dans  cette  Diflertation  que  d'épargner 
le  travail  à  ceux  qui  voudront  étôditto» 


J3.8      JoURWAL    DES   SÇAVANS. 

écrite  l'Hiftoire  du  dernier  fiecle  ,  en 
leurfournifiant  un  guide  qui  les  conduife 
au*  fources  où  ils  doivent  puifer.  Ces 
fources  qui  font  en  grand  nombre  ,  peu- 
vent fe  réduire  aux  articles  fuivans. 

On  doit  confulrer  en  premier  lieu, non- 
feulement  les  Hiftoires  générales  &  lei 
Chroniques  des  Provinces  &  d«  Villes, 
les  Abrégez  HifloriquesÈk Chronologiques, 
les  Atlm  ou  recueils  de  Cartes  Géographi- 
ques &  Hydrographiques,  &  de  Plans, 
ou  defciiptions  de  Villes  ,  &  de  petits 
pais.  Il  faut  de  plus ,  avoir  recours  aux 
Eloges  des  hommes  illulires,  à  leurs  Mé- 
moires, aux  Aftes  publics  ,  aux  Diflena- 
lions  fur  les  affaires  importantes  /aux  Let- 
tres écrites  par  les  Grands  ou  par  les  Mi- 
nifltes,  (bit  en  leur  nom,  foitaunomdis 
Princes.  On  peut  suffi  fe  feivir  utilement 
des  différens  Etats ,  des  Livres  de  Généa- 
logie, des  Traitez  d'Armoiries,  &  même 
"des  Deferipiions  d'Entrées ,  de  Pompe* 
funèbres ,  de  Tournois  &  de  Carrousels; 
fur  quoi  l'Auteur  loue  le  travail  de  Franc, 
Médius  dam  fes  deux  volumes  des  S'andttU 
Jriumphaiu,  où  eft  ra  Hem  blé  avec  beau- 
coup de  difeernement  ce  qui  fe  trouve 
fur  cette  matière  dans  les  meilleurs  Ecri- 
vains. On  ne  doit  pas  non  plus  négliger 
les  Ecrits  des  Voyageurs,  les  Journaux 
hiltotiques,  les  Mercures,&  les  G 
«/  ( ajoute  M.  Giyphe)  quelque  peu  d 


peu  de 


M  k  r  s    nu.  J19 

fonds  qu'il  y  ait  à  faire  fur  de  pareils  Ou- 
vrages ,  un  bon  efprit  ne  laine  pis  d'en 
tirer  parti,  puifque  (félon  Pline)  il  n'y  a 
point  de  fi  mauvais  Livre,  d'où  l'on  ce 
puifie  emprunter  quelque  chofe  de  bon. 
ÎI  n'y  a  pas  juiqu'aux  Poï fies  ■  aux  Pie- 
ces  de  Théâtre,  aux  Satires,  &  aux  Ro- 
mans ,  qui  ne  puiffent  être  de  quelque 
fecours  à  un  Hifloriographe  :  l'on  fçait 
(dit  l'Auteur,  page  185)  que  MUitrt 
X  joiié  dans  fun  Amphitryon  ,  dans  l'on 
Tartufe,  &  ailleurs,  des  perfonnes  du  pre- 
mier rang  ;  &  qui'  Bxnpi dans  Ion  Roman 
û'Argir.is  ,  a  reprefenté  fous  des  nomsde- 
guîfez  l'éiat  où  fe  trouvoit  la  France  vers 
la  fin  du  XVI.  fiecle.  Ceft  à  ce  même 
genre  d'écrire  qu'on  doit  rapporter  les 
Républiques  imaginaires,  comme  YEudi- 
mit  de  J*ma  Nkim  ErytbrMt,  c'eft-à-dire, 
de  Gia.  V'uiorio  Rcjfî. 

Tels  font  les  Livres  neceffaires  à  tout 
homme  qui  veut  s'intlruire  à  fonds  de 
l'Hiftoire.  Voyons  quel  arrangement  leur 
donne  ici  M.  Gryphe.  Il  les  diilribue 
d'abord  en  dix-neuf  Chapitres ,  par  rap- 
port aux  diffijrens  Etats  de  l'Univers.  II 
a  renferme  dans  Ici.  les  Auteurs  de  l'Hif- 
toire  univerfellcdu  XVII.  liecle.  Le  II.  Cha- 
pitre eft  dediné  aux  Hiitoriens  de  l'Alle- 
magne &  de  la  Bohême;  le  III.  à  ccut. 
de  l'Efpagne  &  du  Portugal  -,  Va  \N  .  V 
tXtadeFtmcc;  le  V,  à.  ceux.  Sîvwè*.- 


Mari     1711.  331 

;curs  qui  traitent  des  Charges,  des 
i  ,  &  du  Droit  public  ,     font  la 

du  H.  Article.  Le  III.  renferme 
lealogiftes.  Dans  le  IV.  viennent 
ariens  généraux ,  c'eft-à-dire ,  ceux 

c'ait  l'Hiftoirc  entière  du  XVII. 

Ils  font  fuii-is  des  Hiftoriens  par- 
:  (  Article  V.)  qui  fe  font  attachez 
:oire  d'un  iéul  Roi.  On  trouve 
VI.  Article  ceux  qui  ont  écrit  des 
res  ,    ou  les  Vies  des  hommes  il- 

dans  le  VII,  ceux  qui  ont  donné 
laies  ou  les  Chroniques desProvin- 
des  Villes.  On  indique  dans  le 
^s  Actes  publics,  que  l'on  divifeen 
es,  félon  qu'ils  regardent,  1.  le 
il  d'Ancre.  ï.  leConnétablcdeLuv- 
,  le  Cardinal  de  Richelieu.  4..  le 
1  Mazarin.  5,  lesTrotib!esdci6;o. 
iffàîres  publiques  qui  les  fuîvirent. 

dans  le  IX.  ArticledcsDefcriptions 
es  &  de  Pompes  funèbres  ;  dans  le 
Poè'mes,  des  Ecrits  Satiriques,  & 
urages  oratoires ,  tels  que  les  Élo- 
!  Panégyriques,  &  les  Oraifonsfu- 

dansleXI.  des  Epiftolaires;  dans 

de  divers  Mélanges  qui  n'ont  pu 

place  dans  les  Articles  precedens; 

le  dernier  ,  l'Auteur  fait  un  dé- 
ment des  écrits  hiitoriques  concer- 
Lorraine. 

en  général  quel  cft  \c  isSàm  &£ 


I 


332-      Journal  ixes  Sçavans. 

cet  Ouvrage.  Quant  à  l'exécution, nou* 
fommes  perfuadez  que  l'Auteur  en  con- 
noît  trop  les  difficultei  ,  pour  fe  flater 
de  les  avoir  toutes  furmontées.  Mais 
quoi  qu'il  en  foit  ,  on  doit  toujours  lui 
fçavoir  beaucoup  de  gré  d'un  Efiai  tel  que 
celui-ci  qui  peut  inviter  les  Sçavans  à  tra* 
▼ailler  de  concert  pour  remplir  un  projet 
fî  utile. 

Difputatio  Juridica  Inauguralis  de  caufîs 
juramentum  fuppletorium  refpuentibus; 
quam,  &c.  die  4.  junii  1710.  placidae 
Éruditorum  difquifitioni  fubmittit  F  e  1- 
dericus  Arnoldus  Beck  Lipf» 
tad.  Weftphalus.  HaU  Magdeburgica  „ 
Typis  %  oh.  Montagù ,  Acaâemu  Typogra- 
phe Ceft-à-dire  :  Des  cas.  eu  il  n9$fi 
pas  permis  d'ordonner  le  ferment  t  Differta* 
tion  de  Droit  pour  une  difpute  publique 
Jv  4  Juin  17 10.  Par  Arnaud  Beck.  A 
Hall ,  de  l'Imprimerie  de  Jean  MonU- 
gue.  in  4.  pagg.  1$. 

t  E  ferment  eft  d'un  grand  ufage  dans  les. 
*^  Tribunaux;  c'eft  une  reflburce  que  le 
défaut  de  preuves  rend  neceflaire  ,  «  qui 
eft  fondée  fur  l'opinion  que  l'on  a  de  la 
religion  des  Parties.  Un  Juge  peut  le 
déférer  d'office;  il  peut  attendre auûl qu'il 
en  foit  requis.  Quelquefois  le  ferment 
eft  h  feule  preuve  d'un  b&  cotfu&fe  »  ^ 


^w. 


M   h.  r  s    1711.  3i5 

pat  là  il  décide  feu!  la  conteftaiion,  c'eft" 
ce  que  les  Doreurs  appellent  'Juramcmum 
Purgaioriam,  Mais  fou  vent  il  ell  employé 
pour  fuppléer  feulement  à  ce  qui  peut 
manquer  aux  autres  preuves ,  &  c'elt  ce 
qu'on  nomme  ici  Juramentum  Supfttt»* 
mm  La  DifTertaiion  qui  lait  la  matière 
de  cette  Thefe  .  roule  fur  cette  féconde 
efpece  de  ferment,  &  explique  le  cas  où) 
il  n'eft  pas  permis  de  l'admettre. 

L'Auteur  exige  d'abord  une  condition 
générale,  qui  clique  ce  ferment  nevien- 
ne  qu'à  la  fuite  des  autres  preuves  ,  & 
qu'il  trouve  déjà,  pour  ainûdire,  la  con- 
viction à  moitié  laite.  11  doit  être  le 
fuplément,  8<  non  pas  le  moyen  princi- 
pal d'une  action. 

Celte  petite  Thefe  roule  fur  deux  prin- 
cipes. Le  premier  ,  c'eft  qu'il  n'eft  pas 
permis  d'expofer  à  la  religion  du  ferment 
ceux  de  qui  on  ne  peut  guéres  compter 
d'apprendre  la  vérité  par  cette  voye.  Te!- 
les  font  les  perlonnes  infâmes ,  ou  dont 
la  raauv.iile  vie  eft  publique.  La  raifon 
qui  exclut  du  ferment  ces  fortes  de  perfon- 
nes,  c'eit  qu'on  n'a  pas  allez  de  confiance 
en  elles,  pour  croire  que  la  vùë  delà  Re- 
ligion puilic  leur  arracher  un  aveu  con- 
traire à  leur  intérêt  ;  ainlî  c'eft  les  enga- 
ger a  un  parjure  certain ,  que  de  Us,  f\\te. 
jurer  en  pareil  cas. 

Le  fécond  principe   q.u   teg^e 


«es». 


334     Journal  des  S  ç  a  v  a  n  s. 

cette  Thefe,  c'eft  que  la  décifionqui  naît 
du  ferment,  ne  regarde  que  les  perfonnes 
entre  qui  le  ferment  a  été  ordonné  ,  ou 
ceux  oui  les  reprefentent  ,  &  qu'elle  ne 
s'étena  point  à  d'autres  perfonnes. 

Enfin  le  ferment  eft  défendu  dans  tous 
les  cas  où  le  fait  qu'on  prétend  prouver 
par  cette  voye  ,  n'eft  pas  vrai-femblable , 
&  où  il  n'y  a  point  d'autre  circonftance 
qui  conduire  à  rétablir. 

Joâchimi  Meieri  J.  U.  L.  &  in 
Eleéfcorali  Paedagogio  Gottingenfi  Prof. 
P.  deBoiorum  migrationibus  8c  origine, 

.  neenon  de  claris  Bohmeris  Dilfertatio- 
nés  Epiftolicae  binae  ,  quarum  altéra 
nunc  primùm  prodiit.  Gotting*  ,fumpti- 
bus  Johann.  Chriftophori  Konigii  Bibtiop. 
Geflarienfis.  an.  1710.  Ceft-à-dire:De«x 
Dijfertations  tn  firme  de  Lettres  ,  fur  les 
tranfmigrations  w  l'origine  des  Boïent ,  CS* 
fur  les  perfonnes  diftinguées  qui  ont  porté  le 
nom  de  Bohmer.  Par  Joachim  Meier. 
A  Gottingue,  chez  Jean  Chrift.  Ko- 
nigius.  1710.  in  4.  pagg.  100.  Se  trou- 
ve à  Amftcrdam  chez  les  Waesbcrge. 

pEs  deux  Differtations  peuvent  fçrvir 

de  fupiément  Tune  à  l'autre  ,   &  on 

voit  au    commencement  de  l'Ouvrage» 

une  -Addition,  qui  eft,  à  proprement  par- 

1er  ,    un  fupiément  de  touxtt  te  deux. 


M.  Meier,  ou  plutôt  félonies  Au- 
Innt  il  embrafle  le  fentiment ,  lej 
étoient  Celtes  d'origine.  Sons  le 
d'Ambigat  ils  quittèrent  la  Gaule 
ue  ;  &  conduits  par  Sigovefe, 
de  ce  Monarque  ,  ils  traverferent 
■manie,  &  pénétrèrent  jufques  dam 
:t  Herciniennc,  où  ils  fixèrent  leur 
re.  La  contrée  qu'ils  occupèrent 
nom  àc  Bsheme,  c'eft-à-dire,  Ttrn 
eut.  L'Auteur  a  raifon  de  reraar- 
ue  cette  origine  des  Boïens  eft  bcau- 
ilusplaufible  ,  que  celle  que  leur 
ent  certains  Ecrivains  Allemar»,  qui 
.r  d'avouer  que  les  Bohémiens  font 
iirement  Gaulois,  ont  recours  à  des 
Ils  font  venir  d'Aile  les  Boïens, 
icmus  Roi  fabuleux  ,  qu'ils  leur 
■it  auflî  tôt  après  le  Déluge.  Ile 
cent  dès  ce  temps-là  au  milieu  de 
Et  Hercinienne  ,  d'où  ils  les  font 
pour  aller  s'habituer  dans  h  Gaule; 
iiite  ils  les  .ramènent  dans  leur  an- 
demeure.  M.  Meier  croit  que  les 
furent  ainfi  appeliez  du  nom  d'un 


336    Journal  des  Sçayans. 

tîu  des  Iftandois  fous  le  nom  de  Bui ,  & 
des  Suédois  fous  celui  de  Bo$  Boo  t  ou  Boè. 
Il  étqit  Cimbre  ou  Danois  ,  &  il  vivoit 
«u  dixième  fiecle,  fous  l'empire  d'Othon 
Ï1L  dans  le  temps  que  Suenon  à  la  barbe 
fourchue  regnoit  en  Danemark.  C'eft  un 
des  grands  Héros  du  Nord ,  &  fes  adtions 
méritèrent  une  Hiftoire  particulier^,  inti- 
tulée, Bua  Saga  ,  c'eft  à-dire  ,  la  Vie  de 
Bojus.  Snorron  Sturle  le  dépeint  d'une 
taille  au  deflus  de  l'ordinaire  ,  &  il  dit 
que  fes  forces  répondoient  à  fa  hauteur. 
Il  ajoute,  que  Bojus  étoit  colère,  &  mê- 
me capricieux.  Par  l'ordre  de  Suenon  il 
alla  attaquer  la  Norvège  avec  vingt  Vaif- 
feaux.  Les  Jarles  ou  Comtts  Haquin  & 
Eric  qui  gouvernoient  alors  ce  Royaume, 
s'avancèrent  au  devant  de  lui ,  a^ec  la 
Flotte  Norvégienne  ,  &  il  fe  donna  fur 
mer  une  Bataille  fanglante  ,  Bojus  fit  des 
aétions  étonnantes  dans  ce  combat  $  mais 
ayant  à  la  fin  eu  les  mains  coupées  d'un 
coup  qu'il  reçut  deSigifmond  filsdeBrefte, 
il  defefpera  de  la  viéloire,  &  fe  jettadans 
la  mer  ,  avec  tous  ceux  qui  combattaient 
à  fes  cotez. 

Les  tranfmigrations  des  Boïens ,  ,de  la 

manière  dont  on  les   confidere  dans  ces 

Difiertations ,  font  de  deux  efpeces.  Les 

unes  font  véritables  ,  &  les  autres  fuppo- 

féesm  Les  premières  font  au  nombre  de 

Gx  dans  la  première  Diftctttâo&  %  oti  f 


M  k  R  s    i)i>:  3ÎT 

en  ajoute  une  feptiéme  dans  la  féconde. 

La  première  tvanfmigratiou  eft  celle 
dont  on  a  déjà  fait  mention.  Elle  arriva 
du  temps  de  Tarquin  le  Vieux.  La  fé- 
conde arriva  lorfqueks  Boïens  fortantde 
la  Forêt  qui  les  environnoit,  fe  répan» 
dirent  jufqu'au  Danube  ,  &  s'établirent 
dans  les  pais  qu'on  a  depuis  appeliez  Au- 
triche, Carinthie,  Styrie,  Tirai,  &c.  La- 
zius  les  reconnoît  &  dans  la  Marche  dis 
B&ttm,  &  dans  divers  lioms  propres  de 
villes,  de  vallées,  &  de  fleuves ,  com- 
me Boyrbmh,  Baittngau  ,  Boilach ,  Boijiing, 
Si  Bnljinin.  Mais  il  fe  trompe  lorfqu'il 
prétend  que  ces  Colonies  des  Boïens  fe 
firent  du  temps  d'Augufte ,  &  fur-tout 
lorfqu'il  entreprend  de  prouver  fon  opi- 
nion par  Polybe  ,  qui  vivoit  long-temps 
avant  cet  Empereur.  On  compte  pour 
la  troilîéme  tranfmigration  le  paiTagc  des 
Boïens  Gaulois  en  Italie,  foit  fous  la  con- 
duite de  Bellovefc  ,  foit  fous  la  conduite 
de  quelque  autre  Chef.  Ils  s'y  faifitent 
de  tout  le  pais  qui  eft  entre  le  Tar ,  le 
Po,  le  Rubicon,  8c  l'Apennin  ;  &  aptes 
s'y  être  long-temps  maintenus,  ils  furent 
enfin  «terminez  par  Scipion  Nafica,  qui 
les  défit  dans  une  grande  Bataille.  Ce 
qui  reila ,  jugea  à  propos  d'aller  rejoindre 
dans  la  Pannonte  &  dans  VUtyne  ï avises* 
"aulow&'ti'aufresBoïens,qiii  s'"j  ètcÀraat 
Si  c'eft  ce  qu'on  appcUc  ic\  V». 


33^       JonilNAl    DES   SÇAVANS. 

quatrième  transmigration-  Ces  Etrangers 
fe  mêlèrent  avec  les  peuples  qu'ils  vain- 
quirent; &  leur  ayant  communiqué  une 
partie  de  leur  bravoure  ,  ils  fe  rendirent 
tous  enfemble  formidables  à  toutes  les 
Nations  des  environs.  Ils  couvrirent  de 
Soldats  la  Grèce  &  la  Macédoine  ;  ils 
vainquirent  Ptolomée  Ceraunus  de  Soilhe- 
ne  (  Bc  quoi  qu'Antigoue  eût  gagné  lut 
eux  une  grande  victoire,  ils  ne  raillèrent 
pas  de  conferver  leur  pais ,  &  de  le  défen- 
dre contre  les  Getes  ,  jufqu'au  temps 
d'Augufte  &  de  Tibère.  Les  Boïens  6- 
rent  leur  cinquième  tr  an  [migrât  ion  lorf- 
qu'ils  pafierenr  d'Europe  en  Alie  fous  le 
nom  de  Totilkbejts ,  à  la  prière  de  Nico- 
mede  Roi  de  Bithynie.  Ils  défirent  les 
ennemis  de  ce  Prince;  &  depuis  ce  temps- 
là  il  ne  fe  rît  plus  de  guerre  en  Afie,  qu'ils 
n'y  euffent  quelque  part.  Les  Teclofages 
BclesTrocmes,  autres  Gaulois,  les  ac- 
compagnoient ,  &  ils  occupèrent  enfem- 
ble la  Galaiie.  Pour  parler  de  la  ilxiéme 
m  n  (migration ,  il  faut  revenir  aux  Boïens 
de  la  Forêt  Hercinienne.  Du  temps  d'Au- 
gufte, MarobodeRoi  des  Marcomans.lcs 
attaqua ,  &  fe  rendit  maître  de  leur  pais. 
Les  principaux  ne  purent  fouffrir  la  perte 
de  leur  liberté  ,  &  aimèrent  mieux  s'é- 
tonner, félon  M.  Meier,  que  d'obéir  aus 
Afarcomans;  mais  \\  çVb  çjatide  partie 
du  peuple  relia  dans  \a  bobont ,  ojà  \ 
«nïr. 


M   *  *   «    tflï.  3„ 

caufe  de  cela  conferva  fon  nom.  Ceui 
qui  forment  ,  allèrent  demeurer  fur  le 
bord  de  I'IîiHj  &  joints  aux  Boïens  de  11 
féconde  tranfmigration  qui  y  regnoienr, 
ils  comportent  la  Nation  Bavaroife. 
Mais  avant  l'irruption  des  Marcomansune 
partie  des  Boïens  de  cette  féconde  trans- 
migration avoit  changé  de  demeure.  Les 
H  civet  iens  las  de  leur  païs,  8c  voulant  en 
conquérir  un  plus  fertile ,  avoient  engagé 
jïooo  de  ces  Boïens  à  les  fuivre.  Cé- 
far  défit  îes  uns  &  les  antres,  ainfi  qu'on 
le  voit  dans  fei  Commentaires  -,  mais 
comme  les  Boïens  s'étoient  emêmement 
diflinguei  par  leur  valeur  ,  les  JEduens 
demandèrent  an  vainqueur  cerne  que  le 
fer  avoit  épargner,  &  ils  leur  donnèrent 
des  terres.  Voila  en  abrégé  les  fept  véri- 
tables tnnimigraiions  des  Boïens.  Les 
fabuleufes  font  celles  qu'on  leur  fait  faire 
d'Arménie  en  Europe  -,  d'Italie ,  dans  la 
-  Pannonie,  avant  que  d'aller  s'emparer  de 
la  Forêt  Hercinienne;  de  Bohême,  dans 
les  Alpes;  &  de  Bohême,  dans  la  Vinde- 
licie  ,  après  la  Bataille  de  Tolbiac.  La- 
trus,  &  les  autres  Auteurs  de  la  première 
Iranfmigration  tabulaire  ,  la  foutiennent 
de  quelques  raifons  que  M.  Meier  réfute. 
Il*  diieni  que  des  Soldats  qui  avoient 
fuivi  l'Empereur  Frideric  BatbctoMfe  ca.  J 
Orient,  ncoatcrcni  qu'ils  avoieïviWMS* 
rers  l'Arménie,  des  peuples  qui  çaAo^"*- 
p  2  1oa*. 


34o  Journal  des  Sçatans! 
Bohémien.  Ce  fait -là,  remarque  M.  Meier," 
peut  être  vrai ,  mais  on  n'en  peut  rien  con- 
dune  par  rapport  à  l'origine  des  Bo'îens. 
On  a  vu  que  les  Toh'llobojes  occupèrent 
une  partiede  laGalatic.c'étoientapparem- 
jnent  de  leurs  defeendans  que  les  Soldais 
de  Batberouiïc  entendirent  parler.  Nous 
ne  nous  arrêterons  point  auï  autres railons 
de  Lazîus ,  elles  font  encore  plus  faibles  que 
celle  que  nous  venons  de  rapporter. 

Les  Lecteurs  trouveront  dans  la  dernière 
Partie  de  chacune  de  ces  deuïDifiertations, 
un  Catalogue  hiftoriquenon-feulemenide 
ceux  qui  ont  porte  le  nom  de  Bohmeri 
mais  aufli  de  tous  les  Bohm ,  Bchm  ,  £». 
hem,  Bohaim,  &  Behaïm ,  qui  font  venus 
à  Ii  connoiflance  de  M.  Mcier. 


NOUVELLES  DE  LITTERATURE. 

DE     FLORENCE. 

T  E  Père  Dom  Valfecchi  Benedidin,  a  pu- 
■"  blié  un  Ouvrage  dans  lequel  il  veut 
prouver,  i.  Qu'on  peut  déclarer  nulles  de» 
Fiançailles  contractées  par  un  enfant  de  fa- 
mille, a  l'infçûde  fesparens.avecunefille 
d'une  condition  inférieure  ,  quoi  que  le 
fils  de  famille  ait  abufé  de  la  fiancée  en' 
ta  de  fa  promeffe.  t.  Que  ce  fait  efl  c 


:cen>er- 


M 


B.    S       >7tl. 


compétence  du  JugeEcclcfiaftîciue.  CeLi- 
vreeftmuninon-feulement  de  l'approbation 
de  plufieurs  Théologiens,  mais  mâne  de 
celle  de  l'Uni verfiré  de  Florence. 

M.  l'Abbé  Salvini  a  publié  les  Faftes  Con- 
ciliaires de  l'Académie  de  Florence.  Cet 
Ouvrageeft curieux.  L'Autour  a  recherché 
arec  foin  tout  ce  qu'on  pouvoir  içavoirde 
la  vie&  des  Ouvrages  de  tous  les  Sçavans 
qui  ont  été  honorez  du  Confulat:  Pc  tous 
les  plus  fçavans  &  les  plus  illuilres  Perron- 
nages  que  Florence  a  produit  depuis  160 
ans,  ont  rempli  cette  Charge.  Pour  faire 
voircombien  l'Académie étoit  contentede 
cet  Ouvrage,  elle  a  conféré  le  Confulat  à 
l'Auteur  pour  la  féconde  fois ,  quoi  qu'il 
n'y  ait  que  trois  ans  qu'il  foit  forti  decet- 
[te  Charge. 

,D  £  NUREMRERG. 
I L  paroît  ici  un  abrégé  de  l'Hiftoire  Lir- 
f  teraire  de  Hongrie,  qui  contient  la  vie 
je  les  écrits  de  tous  les  Sçavans  qui  fe  font 
Indus  iliuitres  par  leurs  Ouvrages,  dans 
1  Hongrie  ,  dans  la  Ûaluutie  ,  dans  la 
|roatie,dans  laSclavonie,&  dansUTran- 
.  On  y  a  ajouté  une  lille  de  tous 
I  Auteurs  qui  ont  écrit  fur  l'Hiftoire  de 
fcngrie.  *  Davidts  Cz.uiiiitngtri  iptcimiit 
Tlerû  Hungarii*  iJlltrut  -vlrotHm  irudiio- 
|  cUrimm  nMimt  Hungnr arum  ,  DjI»'*- 
la  4  Si  Ow 

e  i  Amflcidam  chez,  ks,  Vfisâowv^ 


344     Journal  dis  Sçavans. 

eues  Papes  ont  écrit  touchant  les  affaires 
Êcclcfiaitiques du  Royaumede Pologne;  & 
\m  autre  volume  compofé  des  Diplômes 
qui  n'ont  point  encore  paru,  &  qui  fe 
trouvent  en  Pologne,  en  Hongrie,  &  ca 
Allemagne. 

Un  Confeiller  d'Etat  du  Roi  Auguffe 
doit  publier  plufieurs  Lettres  diEneas  Syl- 
>ius,  qui  n'ont  point  encore  paru. 

M.  Erdmann  Uhfen  fait  imprimer  une 
Hifloire  Ecclcfiaftiquc  du  feize  &  du  dix- 
feptiéme  liecle,  en  Allemand. 

DE  %V  E  D  L  I  N  B  O  U  R  G. 
Vf  R.KettnerDoâeur  8c  Miniftre  de  cette 
1V1  Ville,  a -publié  enMemand  l'Hifloire 
de  l'Abbaye  de  Quedlinbourg.  Cet  Au- 
■  teur  a  pouffé  fes  recherches  auffi  loin  qu'il 
a  pu  ;  8t  tout  ce  qu'il  avance  eu:  Fondé 
fur  des  Diplômes  qu'il  rapporte.  Il  f  a 
fait  graver  les  médailles  qui  ont  été  frap- 
pées à  l'oecafîon  de  cette  Abbaye  ;  les 
portraits  des  Abbez ,  &c. 

DE     HALL. 

T  Es  Millionnaires  que  le  Roi  de  Dan- 
■"  ncraaik  a  envoyez  fur  les  cotes  de  Co- 
omandel,  ont  fait  une  Relation  fort  am- 
ple de  leur  Negotiation  ,  &  des  progrès 
qu'ils  prétendent  avoir  tait  dans  la  conver- 
£on  de  ces  Peuples.  Ils  ont  traduit  lcN. 
.Tciïamcnt  en  Langue  MaUWe  ,  &  te 


M  i 


1711. 


34Ï 


oyé  cette  traduction  dans  cette  Vil- 
ar y  erre  imprimée , avec  un  Diétion- 
dc  cette  Langue.  Ils  ont  trouvé 
m  Manufcrits  en  Langue  Malabare. 


t  preffe. 

TAS.GA  RDEN  PO MER  A  NIE. 

nsibuk  Hufelitr  Docteur  en  Me-. 
ecine,  entreprend  de  donner  auPu- 
ne  Bibliographie  Univerfelle.  *  II  a 
Te  prefque  tous  les  Catalogues  &  pref- 
mi  les  Bibliographes ,  &  il  fe  propofe 
luire  tous  ces  Ecrivains  dans  un  feul 
.  11  les  publiera  d'abord  félon  l'ordre 
itieres ,  &  enfuite  félon  l'ordre  des  Au- 

Le  Catalogue  par  ordre  de  matière 
ccompagnédedeux  Indices,  l'undei- 

comiendra  les  noms  dcsAutetirs,  & 
e  le  titre  du  Livre,  pour  aider  à  ceux 
e  fe  fouviendiont  point  du  nom  oc 
eur;  &  leCatalogue  des  Auteurs  aura 
deux  Indices.  Le  premier  indiquera 
atieres;  le  fécond,  les  titres  des  Li- 

M.   Hufciirt  doit  publier  inceiïam- 

la  ClaiTe  des  Phiiofopl.es.     Lile  r.c 
endra.  dit-il,  que  dix  ou  do.uie  a1.- 
:ts.     Cependant  elle  comprendra  ht 
P  j  Cec- 

Jn  irouve  fou  ïioici  chez  les  Waesbcige.    II 


""f''"'  * 
1  ai  *JwpaaJ»  ftj  EfijltlMa  {«mm» 


«fcV 


54s    Journal  des  Sçavan). 

Géographes,  lesChronologiftes.l'Hiftmre 
Ecclefiaftique,  l'Hiftoire  Grecque,  l'Hif- 
toire  Byzantine,  l'Hiiloire  des  Turcs,  l'Hif- 
toire Romaine,  l'Hiftoire  d'Italie,  l'Hif- 
toire de  France,  l'Hiftoire  de  toutes  les 
Provinces  de  l'Allemagne  ,  l'Hiftoire  d'An- 
gleterre, l'Hiftoire  d'tïpagne,  l'HilIoite 
d'Alie ,  miitoired'Afrique  ,  l'Hiftoire ,  du. 
nouveau  Monde,  les  Voyages,  les  Biblio- 
graphes,  les  Philofophes,  les  Graniraii- 
riens,  les  Dictionnaires,  les  Orateurs,  les 
Poètes,  &  les  Philologues. 

DX)  ïFOSD, 
Vf  R.  Hearne  vient  de  publier  lepremier 
volume  de  l'Itinéraire  de  Leland, 
qu'il  a  tiré  d'un  Manufcrit  de  la  Bibliothè- 
que Bodleienne.  On  trouve  à  la  fin  de  ce 
volume  deux  petites  Pièces,  dont  l'une  cil 
intitulée.  Les  Htrenms.  C'elt  unOuvrage 
du  même  Auteur.  L'autre  ell  un  Difcours 
fur  quelques  Antiquité!  qui  ont  été  trett- 
fées  dans  la  Province  d'Yorck. 

M.  Halley  a  enfin  publié  le  Traité  des 
Sections  Coniques  d'Apollonius  Pergacm, 
jijwlUnii  Pergti  Conicomm  Lïbri  l'ill.  quo- 
rum quatuor  priera  Gr.  L.ir,  cum  Pa/fi 
Lcmmatis  &  F.utcui  JfcaUniit,  Cornmmm- 
riis  nunc  primùm  Grue  idili,  dttn  irtifafif 
riens  nemft  V.  VU  fg  VU.  tx  Ar*bii»  fir- 
monc  (  quo  folo  txfaris  )  ir>  Lniinum  cmvnfi 
mm  Limmaiii  P*t?i  Gr,  Ut.  intejdem.  4**- 


^M   a  %   i    1711. 
fur  liber  oflavtu,   tfui  e!im  ptni 
m.     optrâ  fjT  JfciA'»  £rf™.  Ha&tf , 
Oxoni«»/ii    Gtomttri*    Pmft/Jhii     Ssûëi 
Jlcctfferunt   Strcni  jSntijfcvfis  Libn    duo 
Sttlhm  Çylindri  v  Ctmi,  Cr.  Lai.  non, 
■uifi.  fol. 


... 


En 
r 
'i 


DE     LONDRES 

f\N  a  publié   les  Oeuvres  du  Dodl 

Stillingfieet  Evéque  de  Worceller,  en 
fîx  volumes  in  fol.  On  y  a  joint  la  vie 
de  l'Auteur, qui  fe vendra feparément dans 
un  volume  in  8.  en  faveur  rie  ceux  qui  ne 
voudront  point  faire  la  dépenfe  d'acheter 
les  fin  volumes  in  fol. 

Des  Maizeaux  va  faire  imprimer 
en  Hollande  la  Vie  de  M.  de  Saint  Evre- 
L'Autcur  nous  faitefperer  quecet- 
tion  fera  incomparablement  plus 
rrecîe,  &  même  plus  ample  que  celle 
,  'on  a  publiée  ici  ,  parce  que  les  Impri- 
meurs Anglois,  dit-il,  l'ont  toute  défigu- 
rée. Elle  fc  vendra  feparément,  pour  faire 
plaifir  à  ceux  qui  ont  déjà  le  Recueil  des 
Oeuvres  de  cet  Auteur. 

M.  le  Doéteur  Wake  prefentement  E- 
vêque  de  Lincoln,  a  publié  une  féconde 
Edition  de  fa  traduction  Angloife  des  Epi- 
très  de  faint  Barnabe  ,  de  faint  Ignace ,  de 
tàint  Clément,  &  de  faint  Poiycarpe;  du 
Patleor  d'Hermas,  &  du  martyre  de  faint 
Ignace  &  de  faint  Polycarçe.  On  trouve, 
P  6  Wv 


JOURNAL    DEJ  SçAïANS. 

à  la  têts  de  ce  Livre  un  Difcours  trèsinf- 
truclif  fur  toutes  ces  Pièces. 

On  aauiïi  publié  une  féconde  Edition 
du  Traité  de  l'origine  &  de  l'inflitution 
du  GouvernementCivil,  parM.Hoadlcy, 

Il  y  a  quelque  temps  que  Madame  M;in- 
]ey  publia  un  fécond  volume  de  fa  Satyre, 
intitulée,  Mémoires  de  la  nouvelle  Atlantide. 
Elle  vient  d*en  publier  le  ttoiiiéme  :  mai* 
comme  on  avoit  voulu  lui  faire  des  affai- 
res fur  les  deux  premiers  Tomes  ;  pour  fe 
cacher  avec  plus  de  foin  dans  celui-ci ,  elle 
lui  a  donné  ce  titre  ,  Memoirs  cf  Eurepe , 
&t.  C'eft  à-dire  :  Mtaomi  de  l'Europe 
vers  la  fia  du  huitième  jiirfe ,  écrits  par  Egi- 
nard.  Secrétaire  cj-  Favori  de  Cbarlcmagne; 
V  mis  en  Anglais  par  le  Traducteur  de  I* 
muvelle  Ailaitidi.  On  a  imprimé  la  Clef 
de  cet  Ouvrage,  laquelle  fe  vend  fous  le 

On  a  publié  un  nouveau  Livre  de  Mé- 
decine, dont  voici  le  titre  ;  D.  Daviii* 
Ham'sltoa  Equitis  Aurait  ,  Rcgalis  Csilegïi 
Medicorum  Londmcnfium,  Regwquc  Sôcietatit 
Socii,  nienon  Magnt  BrilannU  Regin*  Mi' 
d'ici  crdinarït  ,  Traftatus  duplex  ,  prior  île 
Pruxcos  regulis ;  aller,  de  Fibre  miliari.  At* 
cejfit  Fe&rii  miiiaris  Biftoriaritm  F.ifi iculus. 
in  8. 

M.  Hill  Auteur  du  Voyage  de  Turquie, 
doit  faire  imprimer  .en  vers  Anglois  la  Je- 
lufaïeia  du  TalTe,  en  deux  volumes  in  8. 


Maïs     1711-  349 

H  en  a  publié  le  Prodrome,  pour  exciter 
les  Sçavans  à  prendre  des  fouferi plions. 

On  vient  de  réimprimer  The  Peeragt  ef 
England  ,  &c.  C'e(r-»-dire  :  Ut-tai  pre- 
feni  des  Pain  d'Angleterre  ,  contenant  leurs 
gencahgiei  ,  leurs  crtatiem  ,  les  prlncipaltt 
aélhns  de  leurs  vies  ,  &c  Cette  féconde 
Edition  eft  plus  ample  &  plus  exaiic  que 
h  première,  &  l'on  y  a  ajouté  les  armes 
de  chaque  Pair  gravées  en  bois. 

On  a  publié,  une  nouvelle  Edition  * 
du  Recueil  des  Lettres  des  hommes  obfcurî, 
par  Ulric  Hutren;  on  y  a  joint  la  Satire 
de  Beze  contre  le  Préfident  Lizct.&deux 
petites  Pièces  en  vers  François  contre  le 
même  Préfident.  Epithlarum  ebfcunrnm 
Virorum  ad  D.  M.  Qrsumum  Graùam  -ne- 
lumina  II.  exflantxultis   Librh  ccnglutinat» 

Îmi  mus  pt/iguis  cotui  per  dutm  annoi ,  oves, 
ovis.fues,  grms,  pajferes,  anfirc,  ,  £SV. 
toquere ,  vil  alii]nis  famofus  cstkfaclur  cemum. 
magna  hypscaujla  fer  viglml  annos ,  ab  eh 
taltfacere  pojjet.  Ascefferunt  hmc  Editiani 
Epifiela  Magijln  BmtdîSli  pajjavontii  ad  D. 
Peirum  Lyfctum;!k  la  ComfUinie  de  MiJJiir 
Pierre  IAz.it  fur  h  tripes  de  fin  feu  »«. 

11  manque  une  Prél";ce  à  la  têtede cette 
dernière  Pièce  :  car  tout  le  monde  n'en- 
tendra pas  ce  dont  il  s'agit  dans  cette  Sa- 
tyre. 

11  y  a  déjà  quelque  temos  t\ftvi\w°* 
P  t  ** 

k  A  neuve  à  Amfletdam  *n.  \«  "*  w*»*^  - 


s» 


3Î0      JOtISNAI.    DEsSçAVANS. 

ici  un  petit  in  8.  de  i<8  pages,  intitulé  : 
An  English-Saxon  Homily,  &c. 
C'eit-â-dire  ;  Homélie  Angle-Saxone  fur  le 
jour  de  la  naifj.mzt  de  S.  Grzgtdre  ,  de  laquel- 
le on  fi  ferviu  anckmietiiciii  dws  !' 'h.glifi  Anglù- 
Suxont,  contenant  CHi/lcirc  de  la  Converjion 
dis  Anglais  du  Pagamfme  au  Chriftianijmt , 
traduit  en  Anglcis  moderne,  avec  dis  nota, 
par  Elisabeth  Elflob-  H  paroîr  par  cet  Ou- 
vrage,  que  Mlle  Elftob  fçait  non-feule- 
ment la  Langue  Saione,  mais  quel»  Lan- 
gue Latine  $t  la  Langue  Grecque  ne  lui 
font  pas  inconnues.  Dans  la  Préface ,  qui 
contient  60  pages,  elle  répond  d'une  ma- 
nière également  fenfée  &  modefie,  à  cer- 
taines perfonnes  de  l'un  &  de  l'autre  fexe, 
qui  trouvent  mauvais  que  les  femmes  s'ap- 
pliquent auxScienccs  &  à  l'étude  des  Lan- 
gues, comme  fi  l'ignorance  devoit  être 
Icftr  partage.  Elle  dit  que  les  Dames  per- 
dent plus  de  temps  aux  fpeetades,  à  des 
YÎIites,  &  à  d'autres  choies  inutiles,  que 
ne  demanderont  une  étude  qui  cultiveroîc 
leur  efprit,  6c  perfeétionneroitleur  Raifort. 
Après  cela,  elle  exhorte  en  particulier  les 
Dames  Angloifes  à  étudier  la  Langue 
Saxone  ,  qui  eft  celle  de  leurs  ancêtres. 
Elles  s'inftruiront  non-feulement  des  Loix 
&  des  Coutumes  de  leurs  pères  dans  cette 
étude.dil-elie  ,ellesy  trouveront  encore  de 
quoi  nourrir  leur  zèle  &  leur  piaté. 
Afedcraoifelle  EACtob  «çok  eaSafc*  le* 


M     A    II    S      17"-  351 

motifs  qui  Vont  engagée  a  induite  cette 
Homélie.  Elle  rend  compte  des  ditTérens 
Manufcrits  qu'elle  a  confultez  pour  rendre 
fa  traduction  la  plus  correéte  qu'il  étoit 
poffible.  Elle  fait  l'éloge  de  faint  Gré- 
goire, fle  celui  du  Moine  Auguftin,  que 
ce  Pape  envoya  au*  Anglo-Saxons,  pour 
les  convertir  au  Chriftianifme.  Elle  juftifie 
Je  procédé  de  faint  Grégoire,  8t  la  con- 
duite du  Moine  Augultin,  contre  quel- 
ques Auteurs  qui  n'en  ont  pas  jugé  d'ace 
minière  allez  favorable.  Elle  rapporte 
"quelques  morceaux  de  la  Liturgie  des 
Saxons  .  &  quelques  partages  de  Bédé, 
par  lefquels  elle  tache  de  prouver  que  le* 
Saxons  éroient  dans  les  mêmes  femimens 
que  l'Eglife  Anglicane  enfeigne  depuis  la 
K-cformation,tant  à  l'égard  des  principaux 
articles  de  la  Foi,  qu'à  l'égard  de  la  ledu- 
re  de  l'Ecriture  fainte  en  Langue  vulgaire, 
de  la  Suprématie  du  Pape  ,  du  culte  des  . 
Images,  &c.  Après  ces  Obfervations, 
Mademoifelle  Elftob  dit  que  l'Homélie 
qu'elle  nous  donne  eft  une  de  celles  que 
le  Moine  Alfrik  Saxon  ,  avoit  composées 
pour  l'ufage  de  l'Eglife  Saxonne.  Elle  eft 
dédiée  à  Sigeric  Archevêque  de  Cantor- 
beri ,  auquel  Alfrik  a  fuccedé. 

Après  cette  Préface  fuit  l'Homélie, 
imprimée  à  deux  colomnes  ,  le  Saxon 
d*un  côté,  &  l'Anglois  de  Vauwe,  «*«. 
des  noies  au  t.is  des   paacs.    On  i   *■ 


350     JoiïRMAtJ 

ici  un  petit  in  S.  âm 
An  English-SA 
Ccft-à-dire:  HamA 
jmr  de  la  naiff-m»  4 

Sttxent,  contenant  t'h 
du  jingtois  du  P.igji 
traduit  en   jtntHtM 

par  B.tiï.abeth  fiJ/W, 
vrage,  que  Mlle  E 
ment  la  Langue  Sa» 
gue  Latine  &  la  Ll 
font  pas  inconnues, 
contient  60  pages,  g 
nierc  également  fenf» 
laines  perfonnes  de  P 
qui  trouvent  mauv» 
pliquent  aux  Science*. 


i#*"td 


5^ 


FM 


«ifites,  &  à  d'autre 
ne  demandèrent  une, 
leur  efprir,  &  perfed 
Aptes  cela,  elle  exl 
s  Angloifes 


Saxo: 


,   qui  eft 


Elles  s'inft 

&  desCo 

étude, dit-elle  .elles 
çuoi  nourrir  leur  1 
Aiadeœoifcllc  El 


I   a  r  !     1711-  3*3 

r  l'Eniheufia/mt,    L'EjfaifurÏHfap 


DE    LA    HATE. 

1  ,  connu  par  le  Théâtre  de 

:  Rome  ,    qu'il  a  publié  ea 

:  nom  de  Prélat   ihmefiiap4 

t  les  Monument  authentiques 

m  des  Gréa  ,    &  par  quelques 

limages  ,     vient  de  publier  uq 

fatulé  :     Tout    les  Synodes  Natio- 

I  EgUfit    Refermées    de    France , 

a  joint    des    Manrlemens   Roy' 

ulujteurs    Lettres    politiques  fur 

Synodales  ,     intitulées  ,     Doe- 

1    morale  ,    difeiplinc   ,    cas  dt 

j    impiété  ,    vicei   ,    def- 

flafses,     centres,     fufpenftom, 

,   griefs  ,  appels  ,     débats  ,   pro- 

'Crets   i$ jugttnini  définitifs,  C0H- 

Editi    de  pacification  ,    &  leuri 

les  plates    de  fureté  ,  tr  leurs 

;       les    Chambres    mi-pa-rties, 

rîfiillers    ;     les   affemblées   poli- 

t   privilèges  ;     les  Unitierfi- 

Profeffeurs  1     les  Collèges, 

;     Us   Uglifu   ,     UT    leurs 

s  Confijhires  ,     w  leurs  Slem- 

'lotjites   ;     <y    leurs    de^Aitt* 

W«   ,       ej>    leuri     Mort**** 

,   CtmmiftaWts  ,     »lj»tw. 


J-l       JOURNAL    DES   SÇAVANJ. 

joint  une  traduction  Latine  ,  compofée 
par  M.  Elftob  ,  frère  de  Mademoiselle 
Elftob.  Après  fuit  un  Appendice  ,  qui 
contient  plulîeurs  Lettres  de  Saint  Gré- 
goire ,  accompagnées  de  remarques  qui 
fervent  à  expliquer  &  à  illuiirer  l'Homé- 
lie. Cet  Ouvrage  eft  fort  bien  imprimé» 
il  eft  accompagné  de  vignettes  fort  pro- 
prement gravées. 

Mademoiselle  Elftob  noua  apprend  dans- 
fa  Préface  ,  que  M.  le  Doéleur  Smith 
Chanoine  de  Durham  ,  travaille  à  une 
nouvelle  Edition  des  Oeuvres  de  Bédc, 
laquelle  fera  très- exacte. 

Il  paroît  un  Ouvrage  imprimé  :  ioti- 
foq  uy  or  adulte  to  an  Autbor ,  £jr.  C'eil- 
à-dire  :  Saliloqut  ,  on  Avis  aux  Auteurs* 
in  8.  pp.  106.  L'imprimeur  a  mis  à  la 
tête  de  ce  Livre  un  Avemffeinent,  dans- 
iequel  il  avertit  les  Lecteurs  ,  que  cet 
Ouvrage  n'elt  que  l'eifai  d'un  gros  Trai- 
té ,  que  l'Auteur  publiera  inccllammenf. 
Cej  Avis  contiennent  des  réflexions  fur 
la  plupart  des  Sciences.  II  s'y  rencontre 
quelques  traits  aflez  vifs  fur  la  Théolo- 
gie &  fur  la  Politique.  L'Auteur  a  don- 
né le  titre  de  Soliloque  à  fon  Ouvra- 
ge ,  parce  qu'il  fouhaiteroit  qu'un  Au- 
teur s'appliquât  à  bien  entrer  en  lui-mê- 
me ,  &  à  fe  bien  connoitre.  -On  croit 
que  cet  Auteur  eft  le  même  que  celui 
ÇUi  flous  a  donné  Les   MwaUIm   ,    La 


' 


1    fc    R    S      1111.  3*î 

Énthaujiafme ,    l'Ejfai  fur  Info* 
,'u,  &c. 

DE    LA     HATE. 


.  Aymon  ,  connu  par  le  Théâtre  Ji 

a  Cour  de  Rome  ,    qu'il  a  publié  en 

fous  le  nom  de  Prélat  damtjliqu* 
pi  ;  pat:  les  Monument  authentiques 
Religion  des  Grtcs ,  &  par  quelques 
Ouvrages  ,  vient  de  publier  un 
intitulé  :     Tous    lei  Synodes  Natio- 

des  Eglifes  Reformées  de  France  , 
h  en  a  joint  des  Mandement  Roy- 
&  tdufieurs  Lettres  politiques  fur 
uitrts  Synodales  ,  intitulées  ,  Hoc- 
,  cuite ,  morale  ,  difiipline  ,  fit  à* 
nci  ,   eneurt ,  impiété  ,   vices  ,    dif- 

,  apo/lafiis,  cenfures ,  fufpenftons, 
tmes  ,  griefs  ,  appels  ,  débats  ,  pre- 
s,  décrets  &  jugemem  définitifs ,  con- 
<t  iis  Edits  de  p.uijicatim  ,  C7  leurs 
'.ions  i  les  places  de  fureté  ,  V  leurs 
raturs  ;  les  Chambres  mi-parties, 
*rs    ConfiiUers    ;     les    ajfemblèes   poti- 

,     c  leurs  privilèges  ;     les  Univerfi- 

&   leurs    Profejfeurs  -,     les  Collèges, 

1rs     Regens  ;     Us   bglifes   ,     t?    leurs 

trs  ;     les  Confifleires  ,    c  leurs  Msm- 

les    Colloques   ;     v    leurs    déperlt- 

î-  Ut  Synodes  ,  &  leurs  Modéra- 
,  Ajuimi ,  CtmmiftcùHi  »   Dty*wv, 


354      JotJRNAt    DES   SÇAVANÏ. 

c  Surttatm  ,  qui  ont  approuvé  ces  Ae- 
tts;    mis  au  jour  tn  diui.  volume;  in  4. 

11  parut  à  Londres  en  1691,  un  Sem- 
blable Ouvrage  en  Anglais  ,  publié  par 
M.    Jean   Qukk    Minillre    de  Londres, 

2  ni  y  avoir  ajouté  quelques  Notes.  L'E- 
ition  que  nous  annonçons  contient  les 
Ades  félon  l'original  François.  Les  No- 
t«  font  les  mêmes  que  celles  de  l'Edi- 
tion Angloife.  M.  Aymon  n'a  fait  que 
les  traduire  ;  &  il  a  fuivi  l'Auteur  An- 
glois  avec  tant  de  fcrupule  ,  qu'il  a  tra- 
duit jufqu'aux  fautes. 

Ce  qu'il  y  a  de  nouveau  dans  cette 
Edition ,  confifte,  r.  Dans  une  Pré- 
face que  l'Auteur  appelle  Symbolique  £3* 
Jlpolotttiytt.  Il  dit  que  la  copie  fur  la- 
quelle il  a  tait  imprimer  ce  Recueil ,  lui 
a  été  communiquée  par  M,  Maurice  le 
Leu  de  Wilhera  ,  Ptciïdent  du  Confeil 
Souretain  de  Brabant  à  la  Haye,  fils  de 
M.  David  le  Leu  de  Wilhem  ,  Con- 
seiller du  Confeil  des  Princes  d'Orange. 
Ce  dernier  Pavoit  eu,  dit  M.  Aymon, 
des  Miniftres  de  Charenton  ,  qui  lui 
avoient  confié  l'Exemplaire  original  des 
Tingt-fis  premiers  Synodes  revus  &  cor- 

krigei  Pan  1637,  par  ordre  du  Synode 
d'Aiençon.  Le  relie  de  la  Préface  eft 
employé  à  prouver  l'utilité  des  Synodes 
t  des  a/Temblées  Ecclcliafti^es.    *.  En 


te 


M»*'    1711.  3«f 

itt  Croix  ,    &  d'une  Lettre   Je 
,ine  de  Médias  *  M.  de  Renés  fo* 

.alïadeur  auprès  de  l'Empereur.    Les 
.très   du   Cardinal    de    Sainte    Croix 
t  en  Italien.  &  en  François,  de  la  rra- 
ftion  de  M.   Aymon.    Il  affure  dans 
Préface  ,  que  ces  Lettres  ont  été  titées 
.-s  MU   originaux  de  la  Bibliothèque  du 
/Mican  ;  c'elt  ce  qu'il  aura  peine  à  per- 
fuader  à  ceux  qui  connoiffent  la  réputa- 
tion que  M.  Aymon  s'eft  acquife. 

DE    PARIS. 


Religieux  publiée  i  Rouen  par  M.  Her- 
mant  Curé  de  Maltot.  Un  Religieux  qui 
travaille  depuis  long-temps  a  un  même 
Ouvrage  ,  vient  d'en  publier  le  Prodro- 
me, fous  ce  titre:  Leiirt  du  P.  Hifpotjt 
Hiljei,  Religieux  Pénitent  du  treifièmt  Ordr 
dt  S.  François  ,  du  Convint  de  Pîipus ,  fur 
U  nouvelle  Edition  de  l'Hijloiri  du  Ordres 
Religieux ,  de  M.  Hermitnt ,  Cure  de  Mal- 
tot,  en  Normandie.  A  Paris,  chez  J,  B. 
Coignard,  chez  Michel  Brunet,  &  chez 
Nicolas  Goiïelin.  1710.  in  4.  pp.  ï6. 

Pour  donner  plus  de  poids  i  1  Hiftoire 
des  Ordres    Religieux  que  le  P.    Helyot 
fe    propofe    de  publier  inceffaramwX ,  il 
phfieuit  remarques  critxqjin  ta  ta.-. 


■ 


,3i<5       JOUXNAÎ   Dlî  SÇAYANS.' 

le  que  M.  Hermine  vient  de  puMi'er- 
i.  11  dit  que  cette  féconde  Edition  eit  prei- 
quels  même  quela  première,  publiée  en 
1Û07,  quoi  que  l'Auteur  veuille  faire  en- 
tendre qu'elle  eil  beaucoup  augmentée- 
„  Toutes  ces  augmentations  confident, 
„  dit-il,en  ce  qu'il  s'eft  plus  étendu  fur  quel- 
,>  ques  vies  de  Fondateurs  qu'il  n'avoît 
>■  fait  dans  la  première  Edition;  en  ce 
»  qu'il  a  donné  des  catalogues  de  Monaf- 
h  teres  en  France,  qui  fe  trouvoient  déjà 
»  imprimez  pour  la  plupart  dans  '.a  Clef 
»  du  grand  Touillé  de  France  deM.Dou- 
»  jat;  en  ce  qu'il  a  ajouté  de  nouveau, 
»,  mais  en  petit  nombre  quelques  Ordres 
„  ôî  Congrégations  qui  avoieni  été  omis 
»  dans  la  première  Edition. 

2.  Il  prétend  qu'il  a  fuivi  aveuglément 
le  fentiment  de  quelques  Auteurs,  fans 
s'être  donné  h  peine  d'examiner  fi  ces 
Auteurs  ne  fe  font  point  trompez.  On 
s'apperçoit   bien  ,  par   exemple  ,   dit-il, 

3ue  parlant  de  l'Ordre  des  Silveftiins, 
a  fuivi  M.  Baillet  dans  ce  que  ce  fça- 
vant  Cririque  en  avoit  dit  dans  la  vie  de 
S.  Silveilre  Goizolm  leur  Fondateur.  Car 
il  dit,  avec  M. Baillet,  que  S.  Sîlveilie 
alla  à  Rome  en  ri48,  pour  faire  ap- 
prouver fon  Ordre  par  le  Pape  Inno- 
cent  JV.  &  que  non-feulement  il  ob- 
timh  confirmation  de  foi\  Otite,  mais 
Qu'on  lui  donna  même  une.  tawfoo.  4m» 


,    qui     i 


A    R    S      I7II. 

fubfitie     encore     aujoi 
ious  le  nom  de   S. Jacques,  lu  de- 
Tibre.    Cependant  le   Pape  s'étoit 
:  en  France  dès   l'an    1144.  &  ne 
irna    à   Rome  qu'en    1152.    Ce  ne 
donc  point  à  Rome  quefaint  Silveftre 
jUt  la  confirmation  de  l'on  Ordte,  puif- 
uele  Pape  n'y  étoit  point  alors,  tu'  en 
.•n  1248,  puifque  celte  Bulle  de  confir- 
mation eft  datée  de  Lyon  le  17  Juin  de 
l'année  1147  >  'a  cinquième  du  Pontificat 
d'Innocent  IV. 

3.  Il  l'accufc  d'avoir  eu  trop  de  con- 
fiance aui  Mémoires  qui  lui  ont  été  four- 
nis, donc  quelques-uns  lui  dévoient  être 
fufpefts-  Par  exemple ,  le  P.  Helyot  croit 
qu'il  a  copié  tout  ce  qu'il  dit  des  Guillel- 
roites  &  des  Religieux  de  S.  Paul  premier 
Hermite,  fut  des  Mémoires  que  lui  ont 
fourni  les  Hermites  de  faînt  Augufiin,  & 
il  prétend  que  ces  Mémoires  ne  font  point 
exaéls. 

4.  Il  prétend  qu'il  y  a  des  fautes  groffie- 
rcs  dans  plufieurs  endroits  de  l'Hiftoire  de 
M-  Hermant.  Cet  Auteur  dit  ,  par 
exemple,  qu'iln'y  a  en  France  que  cinq 
Couvents  de  Camaliules,  qui  font  Gros- 
Bois,  le  Val-jefus,  Beffé,  la  Flotte,  & 
le  Mont  Valericn  >  p tes  Paris.  Le  P.  He- 
lyot remarque  deux  fautes  dans  cet  en- 
droit- 1.  Il  n'y  a  point  de  Caraaldules  au 
Mont  Valerien  près    Pans;  i\s  "j  îwksr. 


3jB  Journal  des  Sçuvaks. 
appelle?,  en  1670,  mais  ils  n'y  relièrent 
que  deux  ans.  1. 11  y  a  encore  en  France  deux 
Maifons  de  cet  Ordre;  fçavoir,  Rogat  en 
Bretagne,  &  l'Abbaye  de  rifle  Chauvat 
en  Poitou,  dont  M. Hermantnefaitaucu- 


Aprèsces  remarques  lePereHelyot  don- 
ne une  idée  de  l'Hiltoire  des  Ordres  Reli- 
gieux qu'il  doit  inceflàmmcnt  publier. 
„  Pour  moi,  dit-il,  je  donnerai  une  con- 
„  noi  fiance  affei  ample  de  l'origine  des 
„  Ordres  Religieux,  de  leur  progrès,  des 
,,  évenemens  les  plus  finguliers  qui  y 
„  font  arrivez, &  de  leurs  principales  Ob- 
„  fervances.  je  parlerai  des  différentes  re- 
„  formes  qui  y  ont  été  introduites  ,  qui 
„  ont  formé  comme  autant  d'Ordres  par- 
„  ticuliers  par  la  diverfité  des  habillemens 
„  &  des  obfervances.  Je  donnerai  lesvies 
„  des  Fondateurs  &  Réformateurs.  Je 
„  parlerai  auffi  des  Ordres  Militaires,  & 
„  j'y  joindrai  plus  de  400  figures,  qui  re- 
,1  prefenteront  tous  les  habillemens  de  ces 
„  Ordres  &  Congrégations-  " 

L'Ouvrage  fera  in  fol.  Il  eft  tout  prêt  à 
imprimer ,  &  il  ne  tient  qu'aux  Librai- 
res, dit  l'Auteur.  11  prie  ceux  qui  ont 
dans  leurs  cabinets  d'anciens  habillemens 
de  Religieux ,  de  lui  en  envoyer  un  def- 
fein ,  &  de  l'adreflcr  à  quelqu'un  des  Li- 
bmres  chez  qui  fevend  cette  Lettre- 


F  P.    Balths,   Diftnfe  du  SS.   Pirts 

accuftz.de  Platomfme  14} 

.  Friind,  Emmenologia.  255 

xplicatsan  Hijlorique  d.s  Failli,  161 

j  o.     Avcntini    Annales     Boiorum , 

&k.  te9 

Hiiioiï'aAiigufta  Imperatorum  Rom.  à  C. 
Julio  Cœfare  ufque  ad  Jofephum  Impc- 
ratorem-  17  j 

Hekb-  H  a  m  e  l  o  w  Iraperatores  Rom. 
carminé  dcfcripti.  «76 

Maxîmeifiir  le  Millilitre  delà  Chair*.        283 

Corv.  Ad  ami  Obfervationes  Theolo- 
gico -Philologie*.  18g 

Jo.Frid.  Troppànneger,  6e 
Sis.  iGotl.  Hilliger,  de  Re- 
tentione  Acterum  Advocatoobfalarium 
non  folutum  compétente.  293 

Mémoires  peur  ftrvirà  l'HiJIoindt  Dauphinè, 
fous  les  Dauphins  de  U  Mai/on  Je  U  Tour- 
du-Pin.  297 

Ckri«toph.  C  e  ll  a  m i  Antiquita- 
tes  Romanœ.  jiï 

Sept.  Andk.  Opphmsnsi  Dif- 
ferratio  Medica  de  Cachem. 


U 


TABLE. 

Jo.  Christ.  Fischer  Diflertatio  Me- 
dico-Praéfcica  de  Afthraate.  319 

J.  B.  Daktoinb,  Les  Régies  du  Droit 
Civil.  311 

Chist.  Grtphii  Apparatus  fîve  Dif- 
fertatio  de  Scriptoribus  Hiftoriam  fecul. 
XVII.  illuflrantibus.  316 

Frid.  Arnold.  B»eck  Diflertatio 
Juridica  de  Caufis  Juramentum  fupplc- 
torium  refpuentibus.  332 

Joachimi  Meieri  de  Boiorum  Mi- 
.   grationibus  &c.  Diflertatîoncs.  334 

Nouvelles  de  littérature.  340 


Fautes  à  corriger. 

fage  30$  ligne  8,  eut  pour  fucccflcui  Guigne s  III. 
tyutez*  >  Celai  ci  fut  peie  de  GuigueilV. 
.    Ligne  dein.  Guigna  IV.  lifez,  Guignes  V. 

Pag.  t°4«  Hgne  iS,  Guignes  VI.  lifer  Guignes  VII. 

Pag.  305.  ligne  3  ,  Cuiruts  VU.  liiez,  Gmguts  VIII. 

Page  306.  ligne  21,  à  condition  que  "l'héritier 
préfomptif  de  la  Couronne  prendroit  à  Tarcnù  le 
titre  de  Dauphin,  effacez*  ces  mots. 


F    I    N. 


AVIS. 

f\N  trouve  à  Arafterdam  chez  les  Wae  s- 
*^    b  e  r  gb  les  Livres  fuivans  : 

Joan.  Bohnii  Circulus  Anatomico- 
Phyfîologicus,  fiv.e  Qeconomia  Corporis 
Animalis  ,  acceflerunt  Dificrtationcs 
Phyfiologicse.  4. 

Pétri  Linsintï  Tcntamen  te  Exa- 
men Medicum  Inftitut.  cum  adauc- 
tum  &  illuftratum  à  Francifco  Lrw.  8. 

Nicolai  Stenonis  MufculiDefcrip- 
tio  Geometrica ,  cui  accedunt  canis  Car- 
chariae  diffe&um  caput  6c  difle&us  Pif- 
cis  ex  canum  génère.  S. 

Gregor.  Blech  Graecae  Grammaticae 
Synopfis,  nora  Obfervationum  Philo- 
logicarum  cognitione  ïlluftrata.  8. 

Jo.  Henr.  Boecleri  Traéhttis  Pof- 
thumi,  nempe  Hiftoria  à  mundo  con- 
dito  ad  nativitatem  Chrifti ,  Manuale 
politicum  ,  Difcurfus  ad  Lipfii  Politi- 
ca,  &c.  8. 

Joan.  Bunonis  Univerfae  Hiftoriae 
cum  Sacrae  tum  profanas  Idea  ad  prae- 
fens  ufque  tempus  continuât*.  12. 


: 


R   N  A  L 

DES 

C  A  V  A  N  S, 

oui  le  Mois  d'Avril  M.  DCCXI. 


I 


Difiertatio  Philologica  de  vcieri  redaqua 
prononciation  e  Lingux  Gtxcx  ,  quain 
ex  confcnfu  amplifl".  Collegii  Philof.  in 
Reg.  Acad.  Upfal.  iub  Prsiidio  Vin 
mis.  reverendi  5c  ampliffimi  Mag.  OU- 
■viCellii,  Grascœ  Ling.  Profeff.  Ord. 
ScPaft.  in  Borje  deûgn.  pro  folîtis  in 
PMûfophia  honoribus  publico  examinî 
modeftc  défère  Ingellus  Hels- 
tadius  Neiicius  ,  in  Audit-  Guft. 
Maj-  ad  diemXXIX.  Aprilis  anno  170?. 
VpfatU  ,  liiliris  iVcrneriami.  C'elt-à-dire  : 
Ù't(jiriatien  fur  i'unàtnnt  cj-  Ubimt  fro- 
tuntiatim\  de  lit  Lau[ut  Gréqut.  Par  In* 
pli.  Hilfiad.  A  Upl'al  ,  de  l'Impri- 
merie de  Wcrner.  1708.  ia  t.  pp. 
118. 

LEs  Grecs ,  qui  apies  la  prife  de  ConC 
tantirjopk  par  les  Tutcs ,  te  wfco&t- 
Q  1  VS& 


3^4     Journal  des  Sçatans. 

rent  dans  les  parties  occidentales  de  l'Eu- 
rope, &  y  répandirent  la  connoiflance  de 
leur  Langue,  y  portèrent  en  même  temps 
la  prononciation  videuie  qu'ils  avoient 
contractée  dans  leur  Pais  depuis  plufieurs 
fiedes.  Mais  cette  mauvaife  prononcia- 
tion fut  bientôt  abandonnée  par  la  plus 
Prartde  partie  de  ceux  qui  s'appliquèrent  1 
étude  de  cette  Langue.  Ces  içavans  hom- 
mes travaillèrent  à  rétablir  l'ancienne  ma- 
nière de  prononcer ,  &  à  faire  voir  par 
divers  Trairei,  que  la  nouvelle  pronon- 
ciation étoit  absolument  infoutenable. 
C'eft  ce  qu'ont  fait  en  France  C»nmint 
Milanois  de  nation,  &  Profefleur  de  l'U- 
ni verfité  de  Paris  ,  dans  fon  Livre  de 
l'Hdleniftn*,  &  Ramm  dans  fa  Grammaire: 
c'eft  ce  que  Sylburgt  -a  fait  en  Allemagne, 
Erafmt  &  Cêrmin  en  Hollande,  Mektrqiie 
en  Flandres  ,  Chique  Précepteur  du  Roi 
Edouard  VI.  en  Angleterre  ,  Saniliui  en 
Efpagne,  &C.  Henri  Chrétien  Htnrt'm  pu- 
blia en  1685  à  Utrecht ,  fon  ï.tàjm*t*H 
ifïffiJbt,  où  il  s'eftorçoir  de  prouver  que 
l'on  ne  doit  avoir  nul  égard  aux  accens 
pour  prononcer  la  Langue  Gréque,  8c  où 
1!  promettoit  un  antre  Ouvrage  de  fa  fa- 

Î:on,  intitulé,  Pafi«ÏK.-c^i!  2*tiit>Fiqmu,&vas 
equel  ilfe  propolbic  de  défendre  l'ancien- 
ne prononciation  contre  les  partifans  de  la 
floufrile.  Nous  ne  fçavons  s'il  a  tenu  pa- 
rolc.    Noos  pourrions  citer  ici  un  grand 


non 

: 


Avril    1711.  355 

nombre  d'autres  Auteurs  qui  ont  écrit  fu' 
h  même  matière;  ea  forte  qu'on  peurdi" 
rc  qu'il  n'y  en  a  gueres  qui  ait  été  plu* 
rebattue.  Voici  M.  Helftad  qui  Ce  mee 
aufli  fur  les  rangs  pour  agiter  cette  même 
queftion  ,  Ee  pour  nous  faire  connoitre 
qu'en  Suéde  on  a  fçû  prendre  for  cela  le 
bon  parti.  Il  divife  fa  DifTerution  en  deux 
Chapitres,  dont  nous  allons  rendre  compte 
en  peu  de  mots; 

I.  Il  remonte  d'aboid  à  l'origine  des 
Lettres;  &  il  prétend  qu'elles  et  oient  en 
ufage  avant  que  la  Loi  eût  été  donnée 
aux  Juifs  fur  le  mont  Sinaï  ;  ce  qu'il  tâ- 
che de  prouver,  &  par  des  autoritez  ,  & 
par  des  raifons.  Il  parcourt  enfuite  les 
différentes  opinions  touchant  les  premiers 
inventeurs  des  Lettres;  après  quoi  il  fait 
voir  que  c'eft  des  Phéniciens  ou  Samari- 
tains que  les  Grecs ontemprunté  les  leurs, 
il  recherche  de  quel  pais  étoit  Cadmus» 
&  en  quel  temps  il  tranfporta  les  caractè- 
res Phéniciens  en  Grèce  :  quel  étoit  le 
nombre  de  ces  caractères  ,  &  combien 
les  Grecs  en  ont  adoptez.  L'incertitude 
des  Auteurs  ,  &  la  diverlité  des  opinions 
fur  ces  deux  derniers  points  ,  ne  l'empê- 
chent pas  de  fe  déterminer  en  faveur  du 
fentiment  de  Bockm  ,  qui  foutient  que 
l'Alphabet  Caâmim  conte&cAt  \c  tsâ-TO»  . 
irabre  de  Lettres  quel'  AiçWott  Ytiw*-  \ 
-ou5ainari:ain;c'ea-a-à\ie,N'm?1,--^'va^v 


OU  H N AL    DES  S  Ç  A  V  A  S  S. 

Il  fe  prefente  ici  une  autre  queftion  à 
décider  ,  fçavoir  ,  fi  avanr  l'arrivée  de 
Cadmujjles  Grecs  avoient  des  Caractères; 
&  après  avoir  fur  cela  rapporté  le  pour 
&  le  contre  ,  l'Auteur  ajoute,  que  lup- 
pofé  que  les  Grecs  enflent  alors  l'ufage 
des  Lettres,  ce  n'eft  point  de  ces  anciens 
caractères  que  les  Ioniens  ont  tire'  le» 
leurs,  mais  uniquement  de  ceuxqueCad- 
mus  leur  communiqua.  Il  va  au  devant 
d'une  objection  qu'on  pourroir  faire  con- 
tre ce  fentiment ,  &  qui  eft  fondée  fur 
ce  que  le»  Grecs  auroient  du  écrire  de 
droite  à  gauche,  s'il  étoit  vrai  qu'ils  euf- 
fer.t  reçu  des  Orientaux  leurs  caractères, 
au  lieu  qu'ils  écriventde  gauche  à  droite. 
L'Auteur  répond  que  les  Grecs  ancienne- 
ment n'ignoroient  pas  cette  première  ma- 
nière d'écrire ,  ôc  qu'ils  l'avoient  en  par- 
tie confervée  dans  ce  qu'ils  appelaient 
écrire  #.f>ûç»J$v .  c'elï-à-dire,  de  la  même 
façon  qu'on  trace  les  lisions  avec  la  cha- 
ruë,  en  allant  d'abord  degauche  adroite, 
puis  retournant  de  droite  a  gauebe;  en- 
fuite  il  met  fous  nos  yeux  l'Alphabet  lo- 
flien,  tei  que  nous  l'a  donné  Jofiph  sea- 
l'gtr. 

Il  nous  parle  après  cela  des  diverschan- 

gemens  qui  arrivèrent  inlcnfiblement  à  la 

prononciation  du  Grec,  8;  du  partage  de 

cette  Langue   en   plulieurs  Dialectes.    11 

marque  par  quels  àe&tea^wxu^Qid.- 


Abim 


A  V  R   I  L      I7îl.  367 

les  Se  plufieursdiphthonguesGreques  prirent 
peu -à-peu  le  fou  de  !*!■%*>  &  en  quel 
temps  les  Grecs  fugitifs  apportèrent  nv^c. 
eux  cette  mauvaife  proiionciaiicn  en  lia- 
lie.  Il  raconte  comment  Erafint  &  plu- 
fleurs  autres  s'opporerent  à  cet  ulâge  vi- 
cieux, pendant  qxi'Ftùnnt  Evêque  de  Vin- 
ton  en  Angleterre,  8c  Chancelier  de  l'U- 
ni ver  Eté  de  Cambridge  ,  l'appuyoït  de 
tout  Ton  pouvoir  ,  ayant  même  fait  pu- 
blier une  efpece  d'Edit ,  par  lequel  il  dé- 
fendait l'autre  prononciation  dans  tout  le 
reflbrt  de  cette  Univeiiité.  M.  Hriilad  a 
eu  foin  de  faire  imprimer  ici  cet  Edit 
dans  toute  fon  étendue.  Enfin  il  termine 
fon  premier  Chapitre  en  obfervant  que 
quelques  Suédois  étant  venus  feire 
leuts  études  en  France  ,  y  apprirent  la 
laine  manière  de  prononcer  le  Grec, 
telle  que  l'avoit  rétablie  Ramus ,  8c  à 
leur  retour  la  répandirent  en  Suéde, 
où  elle  s'eft  toujours  maintenue  jurqu'à 
ptefent. 

II.  Dans  le  fécond  Chapitre  de  cette 
DûTertarion ,  l'Auteur  fait  paiTer  en  revue 
les  caractères  Grecs  Ioniens,  &  il  lescmii- 

Siarc  pour  la  figure  Se  pour  le  fon  ,  avec 
es  caractères  Phéniciens  ou  Samaritains 
qui  leur  repondent.  Il  fait  voir  que  leï 
noms  des  Lettres  Gréques  faw.  çmtïc\««. 
Phéniciens;  Se  qu'il  crt  r'i4ku.\e  Sw^w- 
'  '  trouver  rétymologie  àM« \a-  VmïÇJ^ 
Q4  ^ 




368  Journal  dis  Sçàvans. 
Gréque,  comme  l'ont  prétendu  les  Grecs: 
&  pour  mettre  la  chofedans  un  plus  grand 
jour,  il  rapporte  ces  étymologîes  imagi- 
naires ,  dont  il  eil  aifé  d'appercevoir  le 
peu  de  vrai-femblance.  .Après  cela  il  exa- 
mine les  diverfes  manières  de  prononcer 
ces  mêmes  Lettres ,  il  tâche  d'en  établir 
la  véritable  prononciation  fur  des  autorités 
qu'il  n'eft  pas  facile  d'éluder. 

Vita  Chkistiani  Weisii  GymnaGi 
Zittavienfis  Reftoris,  viri  clariffimi ,  Se 

de  Litteris  politioribus  meriiiflimi .  in 
gratas  erga  Praeceptorem  optimum  re- 
cordai  ienis  tefferam  recenlita,  &  com- 
mentariolo  de  Script  is  cjufdera  auct.i  i 
M.  Sâmiielb  Grossbro  GoiIic. 
Gymn.  Rcflore.  C'elt-à  dire  :  La  Vit 
Je  Chrétien  Wcifuis  ,  comptfît  par  M. 
Samuel  GrolTerus.  A  Leipfic,  chel  J. 
L.  Gleditfch,  &  M.  Georg.  Weidmann. 
171a  in  8.  pagg.  îiv  Se  trouve  à 
Amflerdam  chez  les  Waesberge. 

JJ  O  h  s  devons  cet  Ouvrage  à  la  recort- 
noiflance  8c  à  J'eftime  qu'on  a  com- 
munément pour  fa  piofeiïion  :car  c'eft'un 
Difciplequi  y  loue  Ion  Maître  &unPrinci- 

{ial  de  Collège,  qui:  fait  connoitreau  Public 
e  grand  mérite  d'un  autre  Principal.    "' 
Gronerus  Principal  du  Collège  de  Go: 
aymtim  J'Etogefunebte.  de  Mr.  Wi  ' 


•4 


■ 


Avili  17  ti. 
&  l'ayant  prononcé  dans  l'A  Semblée  des 
Sçavans  de  celte  Ville  deLuface,  ceux-ci 
le  prièrent  de  faire  imprimer  Ton  Difcours. 
11  ne  t'en  défendit  point  :  mais  ,  dit- il 
lui-même  dans  fa  Préface  ,  en  revoyant 
modefiement  les  cahiers,  ou  je  Parois  é- 
crit,  je  fus  obligé  par  plufieurs  raifons, 
d'y  donner  une  autre  forme;  &  de  échan- 
ger en  une  Hiftoire. 

M.  Weilius  naquit  à  Zittaw  dans  1» 
Luface,  l'an  41  du  fiecle  paffé-  Elie  Wei- 
fius  fon  père  ,  qui  y  enfeignoit  les  belles 
Lettres  ,  eut  un  très-grand  foin  de  fon  é- 
ducation  ,  &  cultiva  fi  heurenfement  fon 
efprit&  fon  cœur,  qu'il  devint  le  modèle 
de  tous  les  autre»  enfans.  A  l'âge  de  dix- 
"luit  ans  il  fut  envoyé  à  Leipfk.  Le  Pen- 
lalifme  reçnoit  encore  alors  dans  lTJni- 
rerfuc  de  cette  ville.  C'étoit  un  ufage 
également  bizarre  &  pernicieux ,  uuiaffu- 
jettitloit  les  nouveaux  Ecoliers  aux  vété- 
rans, pendant  toute  la  première  année- 
Un  Ecolier  n'avoit  pas  plutôt  donné  fon 
10m  au.  Refteur  l'Uni  verfité  ,  qu'il  fe 
'oyoit  contraint  d'aller  auffi  fe  faire  inf- 
ère chez  le  plus  ancien  Etudiant  de  fa 
Nation.  Manquer  a  cette  cérémonie , 
c'étoît  s'expofer  a  de  vives  perfecutions; 
mais  en  l'obfervant  on  étoit  prefque  fur 
de  perdre  une  année  de  temps.  Car  l'an- 
cien examinoit  fcrieufement  les  qualité! 
Kde  corps  S:  d'efprit  du  novice  i  &  (nw^t. 
Q  s  « 


J70       JOHBNAL   DES   SçàVANS. 

ce  qu'il  découvrent,  il  lui  pteferivoit  di- 
yerfc»  lois  pour  le  bien  de  la  Nation  ,  à 
ce  qu'il  difoit.  Les  Vétérans  ne  man- 
quoient  pus  enluite  de  ter.rr  !a  main  à 
l'exécution  de  ces  loix  ,  &  de  maltrai- 
ter le  nouveau  venu  routes  les  fois  qu'il 
ofoît  entreprendre  de  s'en  exempter.  Com- 
me le  jeune  Weilius  nétoit  pas  fort  ro- 
bufte,  Se  qu'il  avoit  d'ailleurs  beaucoup 
de  talent  pour  la  PoéTie  ,  l'ancien  Lufa- 
cien  fe  contenta  de  lui  ordonner  de  fe 
tenir  toujours  prêt  à  faire  des  vers,  &de 
n'en  refufer  jamais  à  aucun  de  fes  com- 
patriotes. Weilïus  promit  d'obéir,  éblou- 
ie fon  année  fe  pafla  à  verlifier.  L'un  lui 
demandoir  une  S.ityred'autre, une  Comédie; 
un  autre  ,  des  Lpigrammes.  Souvent  il 
étoit  chargé  de  fournir  jufqu'à  dix  Pièces 
en  un  feul  jour.  Ces  Poëiics  furent  im- 
primées en  deux  volumes  ,  fous  le  titre 
de  Parcrga  Juvtttilia.  Aiant  été  la  plu- 
part faites  à  la  hâte  5c  à  contrecœur,  il 
étoit  difficile  qu'elles  fuffent  excellentes. 
M.  Weilius  ,  plus  avance  en  âge  ,  les 
trouvoit  peu  dignes  de  lui,  &  il  eût  bien 
voulu  qu'elles  n'euflent  jamais  paru.  Def- 
tiné  à  fuivre  la  profeflion  de  fon 
père,  &  à  préparer  la  Jeunelîe  à  toutes 
fortes  de  Sciences  ,  il  crut  devoir  auffi 
les  cmbralTer  toutes.  Thomafius  ,  Rap- 
pohas,  SeAlbert,  furent  fes  Maîtres  pour 
ia  Philofophie -,   S,  [don  VKawm  ,  ces 


" 


Avril     i7u;  „, 

trois  guides  fidèles  le  tirèrent  fain  8t  (»uf 
du  labyrinthe  de  Vaquez-,  de  Suarei ,  & 
d'Ariaga.  Carpzovius  ,  &  Kromayer  lui 
apprirent,  l'un,  lesControverfes;  l'autre, 
la  Théologie  dogmatique.  Pour  s'iolrruire 
dans  la  Jurifprudence  ,  il  affifta  aux  te- 
çons  d'Eckoltus  6c  de  Bornais.  Il  don- 
noie  à  la  Médecine  fes  heures  perdues. 

Cette  variété  d'applications  n'empêchoif 
pas  qu'il  n'eut  une  étude  principale.  L* 
Morale  Se  1a  Politique  eurent  toujours 
pour  lui  des  attraits  particuliers  t  &  cotth 
me  on  ne  peut  ni  s'y  avancer  beaucoup 
fans  la  connoilïance  de  l'HiUoire  ,  ni  en 
;  un  grand  ufage  fans  le  fecours  dâ 
iquence,  il  ne  négligea  rien  pour  fa 
imdre  prefcns  tous  les  fiecles  ,  Se  pour 
"r  habile  dans  l'Art  de  perfuadef.  Si 
is  fuient  fuivis  d'un  grand  fuccés. 
eut  l'obligation  à  frrtkfetnfifii 
rameuï  Profefleur,  qui  lui  fit  part  de 
:es  fes  lumières. 
Au  fortir  de  fea  Ftudes  ,  Simon 
ppe  Comte  de  Leiningen,  le  prit  pour 
îcretaire;  mais  il  ne  demeura  pas  long, 
jmps  dans  cet  Emploi,  parce  qu'il  ne 
,-rflt  Ci  refondre  à  futvre  fon  Maître  à  la 
guerre.  Conringius,  &  Sehrsdcr  ,  avrfc 
qui  il  lia  une  amitié  très-étroite  à  Hclmf- 
tad.  te  recommandèrent  à  Gtillave  ArWl- 

Ëhe  de   Schulemhourg  ,    qui    lui    confia 
éducation  de  MM.  d'AIcibourg.     11  6- 
Q6  *«. 


:ccs( 

ein, 

Pr* 


L    D>ËS     Sç  AV  A  NS. 

toit  encore  avec  eu*  en  1 670 ,  lors  qu'il  reçut 
avis  qu'on  l'avoir  nommé  à  la  Chaire  de 
Frofeiîeur  de  Politique  ,  d'Eloquence ,. 
&  de  Poefîc,  dans  le  Collège  de  Weif- 
fenfels.  Il  entra  en  fonction  par  un  Dil"- 
cotirs  public  qu'il  prononça  le  9  d'Août  ; 
&  il  s'acquitta  enfuite  de  fonEmploiavec 
tant  de  réputation,  que  la  Principalité  du. 
Collège  de  Zittaw  étant  venue  à  vaquer 
par  la  morr  de  Vogcl  ,  îe  Sénat  de  cette 
Ville  jetta  les  yeux  fur  lui  pour  remplir 
cette  place. 

M.  Weifius  retourna  donc  en  fa  patrie 
aptes  une  abfence  de  dix-huit  ans,  &  il  y 
parla  le  relie  de  fa  vie  à  compofer  des 
Livres,  8c  à  régler  la  conduite  des  jeunes 
gens  dont  il  étoit  chargé.  Il  jouit  d'une 
fantépaifaite  jufqu'à  l'.ige  de  foixante-Tept 
ans;  mais  au  commencement  de  cettean- 
née  il  le  fit  dans  fon  corps  une  révolu- 
tion fubite.  Sa  vùë  baiffa  ;  une  oppref- 
Jion  de  poitrine  lui  ôta  prefque  la  liberté 
de  parler  ;  fes  mains'  commencèrent  à 
trembler;  &  fes  pieds,  qui  s'enflèrent , ne 
purent  plus  le  foutenir.  Il  comprit  que 
la  mort  n'étoir  pas  loin  ,  &  même  il  le 
manda  à  plufieurs  de  tes  amis.  Quelques 
jours  avant  de  mourir  il  dicta  une  Ode 
Latine,  qu'on  voit  ici,  Se  il  mourut  le 
vingt  un  d'Octobre  1708.  Il  alaifle  un 
lî  grand  nombre  de  petits  Ouvrages,  que 
nous  ne  pouvons  cntieptendtc  d'en  donner 


la  Hfie.  On  peut  consulter  celle  que  M- 
Groffetus  a  rais  à  h  fin  de  ce  volume. 

Problème  refolu  par  l'Auteur  de  \'A- 
xalyfe  fur  Us  Jeux  dt  bazard. 

Trouver  la  fanmt  d'une  fuite  ijnekatr/jut  dt 
nombres  figurez. ,  dont  uni  lei  termes  fiîtnt 
élevez,  a  un  cxpofmt  quelccn^ue  ,  fait  que 
as  termes  [oient  prit  dt  fuite  ,  eu  inltr- 
romfuifur  acidifiantes  c^xles. 

pAB  nombres  figurez  j'entens  non-feu- 
A  lement  ceux  qui  compofent  te  triangle 
arithmétique  de  M.  Pafcal ,  dont  le  pre- 
mier ordre  ou  rang  horizontal  eft  com- 
paré d'unitez-  ;  le  fécond  ,  de  nombres 
naturels  r<  2.3-  4.   s-  6.  7.  &c. 

le  iioifiémc  ,    de    nombres  triangulaires 
1.3.6. 10.  1 5.11.18,  Sic. 
mais    plus    généralement    des   fuites  de 
nombres  ,  dont  le  premier  ordre  eft, 

_   '      r  r  r    ttc 

lefec.    <  ''     M~*'     lr-i-'-     >•+*• 

îeiroif  f  ''  M~1''  y-^1^  «M-4». 
jeiro».  «      lor-j-jj,     ijr-HSj,  &c. 

lequatr.^  ^^^  3J^1IJf   &c 

&  aînfi  du  relie,   en  forte  que  le  fécond 

ordre  e'uar,  compofe  de  nombres  en  pro- 

Q  7  £ltï\Wi 


374     Jouknm.  DES  Sçavans. 
greflion  arithmétique  quelconque,  chaque 
terme  foit  égal  à  celui  qui  eft  immédiate- 
ment au  dcllus  ,    &  à  celui  qui  tlt  à  la 
gauche. 

SOLUTION. 

'  Soit  p  le  nombre  des  termes  dont  on 
veut  avoir  la  Comme;  a,  le  premierterme 
de  la  fuite;  b, le  fécond;  c,  le  troiliéme; 
il,  leqttatriéme;  e,  le  cinquième; /,  le 
ÛÔime.  &c.  Soit  aufiî  b  —  a  =  C,  e—a 
-4-iC  =  D,  à — a  +  3  C-h"D  =  E, 
,-,  +  4(;  +  h  l3+4b-K,/-4+i 
É-t-ieD-1-  ioc-+-5F=G  ,  &c.  les 
coëfficiens  des  nombres ,  a,C,  D,  E,  F,  G, 
étant  toujours  les  mêmes  que  ceux  qui  fe 
trouvent  par  la  formation  des  puiffances, 
ou  par  les  bandes  perpendiculaires  du 
triangle  arithmétique,  Soit  encore  m  l'ex- 
pofant  des  termes  de  la  fuite,  »  le  quan- 
tième de  l'ordre,  on  aura  la  foramecher- 
chée. 

_P-P- 


■ 


formule  que  m  x» — i  -+- 1  esprimeâ'u- 
rùtez.  Suppo(ë,  par  eiemple,  qu'on  de- 
mande la  foraine  des  cent  premiers  nom- 
bres du  troifiéme  ordre  >  élevez  tu  quuré, 
en  fuppofitnr.  r-z&-i-ron  aura 
C=£~«=r<r  D— -  -M-lC=St---ii  — <o 
E=i/-n  +  jC+  ;_D^=2j6-  196=:  60 
F=  M-+-4  C-t-rt  lÈHfferîis-ooi  =^14. 
On  aurs-ïTDffiw==i,B^3  &  par  confe- 
quent  «xh-i+i^j.  Ajoutant  donc 
les  cinq  premiers  termes  de  la  formule  gé- 
nérale ,  &  fubftituant  pour  C.  D,  E,  F 
leurs  valeurs,  on  auraao  jo  î33  330pom 
la  valeur  cherchée. 

Si  l'on  vouloit  avoir  une  formule  pour 
ce  cas  particulier  ,  on  la  lireroit  aifé- 
mertt  H?  la  formule  générale  ,&i  l'on  trou- 

veroit^'-t-t"'-f-'°^-J'    On 

de  même  la  formule  des  nombres  tris 
guhires  élevez  au  cube. 

1.1.3.4.  5-6.  7. 
&  celle  des  nombres  pyramidaux ,  pris  d 

E.endeuï,  1, 10, 35,8+,  i6S>&£  éle- 
iu  quarré. 
!o^H-448opM-3î84/.'-ïî4qî,-ïBc.c 


[.1.3.4.5.6.7 


jjô     Journal  dis  5  ça.  ta  ni. 

Ce  Problême  a,  comme  l'on  voit, tou- 
te l'étendue  &  toute  l'univerfalité  pofiible, 
Se  ne  laiffe  rien  à  defirer  fur  cette  nu- 
tiere  ,  qui  n'a  encore  été  traitée  par  au- 
cune personne  que  je  fçache.  Peut-être 
néanmoins  qu'il  ne  fera  pas  tout-à-fait 
inutile  d'y  joindre  une  autre  méthode, 
pour  ireuvir  lafimmcdti  tptarrtx.,  des  cu- 
its, rjuarr/z-quarrix,  ,  &  -gcncraiemttii  de 
toutes  les  puijfancts  des  ncmbrts  naturel:  i,  i, 
3,4,  j,6,  Sïc.  Cette  méthode  cfl  fort 
limitée  en  comparaifon  de  la  précédente; 
mais  elle  a  l'avantage  d*être  Fort  limplc» 
&  de  porter  avec  elle  fa  démonlhation. 

Soit  B  la  fomme  d'une  fuite  d'autant 
de  nombres  naturels  élevez  au  quané, 
qu'il  y  a  cVunitez  dansf,  &  A  la  fora  me 
d'Une  fuite  d'autant  de  nombres  naturels 
qu'il  y  a  d'unitez  dans  />,  on  a  par  les  pro- 
portions 10  &  wàzXEffmd'AMlyfijtulu 

Jeuxdebawd*  -4-*—  f*H-'.' 


Avril     17111 

Soit  maintenant  Cla  Comme  d'une  fr 
d'autant  de  nombres    naturels    élevé?,  au 
cube,  qu'il  y  a  d'unitei  dans/>,  on  a  pat 
les  me  mes  proportions  10  Sï  11 
C         3B       iA  _  f*-t-6^-*-ii^-t-A^ 

6  6  6  1.1.3.4. 

4 
fubftituant  poui  B  fa  valeur  -t -^ 

Se    pour  A    ft  valeur  ^~*~P  oa  a  C 

:= — ■  formule  des  cubes. 

Soit  encore  D  la  fomme  d'une  fuited'au- 
tant  de  nombres  naturels  élevez  à  la  oua- 
même  puiiïance  ,  qu'il  y  a  d'unitei  dans 
t  > 


_f»>-H 

:  xf-f-i 

14 

•jbiUtuant 

pour  C 

î -4  5           

fa  valeur- 

4 

«fror  2 

pou 

A  fi  nlm,f±±-i 

on  trouvera 

Cp'-^iip 

*-+-IO^: 

Journal  des  Sça 

des  quarrei-quarrcz  ,  &aîn(i  de  fuite  pour 
toutes  les  autres  puiffacces. 

COROLLAIRE. 

On  peut  par  cette  dernière  méthode 
trouver  une  formule  générale  pour  avoir 
la  fomme  des  termes  du  fécond  ordre  ou 
ranghorûontal/,  r-i-f,  ir+/,  3r-i-/, 
■M-i-f,  sr-t-{,  6r-^-f,  Bec.  cleveiaun 
expofant  quelconque. 

Soir,  n,  la  dimenfioa  à  laquelle  font 
élevez  tous  les  termes  de  la  fuite  .,»-+-  r  k 
nombre  des  termes  dont  on  veut  avoii  la 
fuite.    La  fomme  cherchée  fera  : 


H-ix/. 


,  w-t-f , 


-i»M 


x  6f<-)-,,f-<-iof'~>  ^/a-f-t-Se. 

3° 
obfcrvantque^t2  efl  li  fomme  désuni- 

tel;  ^illilii^t^Iarommedeîquarrez; 

x^  h  fcmmt  des  cubes ,  J 


Problème  prtpt/ï  »nx  Gwmitrtt. 

Il  fe  tir»  l'année  dernière  à  Paris,  une 
Lotterie  connue  fous  le  nom  de  la  Lof- 
terie  de  Lorraine  ,  dont  le  Public  n'a 
pas  eu  fujet  d'être  content.  Lorlqu'elle 
ru(  publiée  je  m'apperçûs  d'abord  que  l'on 
rourroit  lilquc  d'en  être  la  dupe  ,  Se 
qu'on  autoit  du  obliger  le  Directeur  de 
la  Lotterie  a  donner  bonne  il  fulnfame 
caution ,  puifque  Mon  les  conditions  airf- 
quelles    il    s'obligeoir  ,     il    étûir  pofiîble 

3u'il  eût  à  rendre  4149 s °  liv.  au  delà 
es  500000  livres  qu'il  avait  reçues.  Je 
vis  en  gros  ,  que  l'on  parti  n'étoit  pas 
bon  ;  &  de  là  je  foupeonnai  qu'on  avoir 
deilein  d'attrapper  l'argent  du  Public,  ce 
qui  eft  arrivé. 

Je  n'allai  pas  plus  loin  alors  ,  8t  je 
remis  à  un  temps  où  j'aurots  plus  de  loi- 
fir  ,  à  examiner  à  fond  le  delavantage 
de  celui  qui  icnoit  la  Lotterie.  L'ayant 
trouvé  depuis  peo  ,  j'ai  crô  qu'il  ne 
leroit  point  inmile  d'en  propoier  la  re- 
cherche aux  Géomètres.  Ccui  qui  ont 
le  plus  d'dlime  pour  l'Algèbre  &  l'Ana- 
lyfe  ,  ne  feavent  point  aiTez  combien 
elle  a  d'ulage  par  rapport  aux  choies  de 
la  vie  civile.  Il  eft  bon  ,  ce  me  fero- 
ble  ,  d'en  donner  ici  une  nouvelle  preu- 
ve i    Si   en  même   temps   >    4c  Yràt 


ÏSJÙî> 


j8o  Journal  du  S  ç  a  v  a  n  s. 
connoîtrc  aux  Magiilrats  qui  auroient  à 
décider  fur  une  matière  de  la  nature  de 
celle-ci  ,  qui  eft  de  leur  compétence, 
que  les  Géomètres  font  les  feuls  de  qui 
ils  puùTent  recevoir  des  décifions  cer- 
taines. 

Stgjes  de  la  Laiterie. 

Les  billets  étoient  de  dix  fols  ,    &  il 

Ïen  avoit  un  million.  Pour  les  500000 
Très  que  recevoir  du  Public  celui  qui 
tenoit  la  Lotterie  ,  il  lui  rendait  4Î-S000 
livres  en  vingt  mille  lots.  Deux  condi- 
tions faifoient  la.  nouveauté  8c  la  iingu'.a- 
rité  de  cette  Lotterie. 

1.  Celui  qui  tenoit  la  Lotterie  ,  pour 
dédommager  le  Public  des  75000  liv. 
qu'il  retenoit  ,  s'obligeoic  de  rendre  2c 
liv.  à  chacun  de  ceux  qui  ayant  pris  jo 
billets  de  fuite,  n'auroient  aucun  tôt  dans 
leurs  50  billets. 

1.  Voici  de  quelle  manière  fe  tiroit 
la  Lotterie.  Tous  les  billets  ou  numé- 
ros étoient  dans  une  bofc'tc  ,  &  les  bil- 
lets noirs  dans  une  autre.  On  tiroit  en 
même  temps  un  billet  noir  8c  un  nu- 
méro ;  &  après  qu'on  avoit  écrit  quel 
numéro  avoit  un  tel  lot  ,  on  jettoit 
dehors  le  billet  noir  ,  8c  on  remet  toit 
le  numéro  dans  la  boete  aux  numéros; 
en  forte  que  pat  cette  manière  de  tirer 
les 


un    même  numéro    poux 
p'.ulR'uis  lois ,  au  même  tes  — 


PROBLEME. 


ouvoa 


-n  fuppofant  que  tous  ceux  qui  met- 
jnt  a  la  LoUerie  prendront  ou  50  bil- 
.•ts,  ou  100,  ou  150,  Sec.  {cette  fup- 
pofttion  paroit  tout-1-tait  recevablej) 
On  dtmanàt  tjud  tfl  Vavunntgt  ,  bu  û 
dejmnntage  de  teint  qui  lient  U  Latteriit 
II  eft  aifé  d'obferver,  t.  Que  le  Direc- 
teur de  la  Lottcrie  gagnera  75000  li- 
vres ,  fi  tous  ceux  qui  ont  mis  a  la 
Lotterie  ont  un  lot  dans  chaque  cin- 
quantaine de  billets,  a.  Qu'il  perd» 
414950  liv.  fi  un  feu!  de  tous  ceux  qui 
auront  mis  à  la  Lottcrie  emporte  tous 
les  lots.  3-  Qu'iî  ne  perdra  ,  ni  ne 
gagnera  ,  fi  trois  mille  personnes  feule- 
ment n'ont  point  de  lois  dans  leurs  cin- 
quante billets.  D'où  il  fuit  que  cette 
Lotterie  eft  une  elpece  de  jeu  de  ha- 
zard  ,  où  celui  qui  tient  la  Lorrcrie  peut 
perdre  &  gagner,  La  folution  de  ce 
Problème  eft  cachée  fous  cette  Ana- 
gramme i,*,  s*,  si.  13°.  î«.  *t  1». 
xf,  4/,  31,  c,  d,  r»,  t,  dont  je  don- 
nerai l'explication  quand  on  le  fournit- 


38*     Journal  des  Sçavjlhî. 

Dîfputatio  Medica  Theoretico-PraéHca 
de  Hœraorrhagiis  criricis  ,  quam  auf- 
pice  Deo  Ope.  Max.  in  Academia  Re- 
gîa  Fridericiana  ,  gratiofiffimo  Facul- 
tatis  Medica:  confenfu  >  fub  Pnfidio 
D.  Michaelis  Alberti  ,  publics;  ven- 
tilation! exhibet  Refpondens  Johann. 

GOLTOB  TlTIUS.  HaU  Mugdebur- 
gict,  lilttru  Chrijiiam  Htntk'lii.  Atad. 
ÏWiijr.  C'eit-à-dire:  Difcrtaiwa  lie;  Himçr- 
fhapes  critiques,  far  Jean  GoltobTilius. 
A  Hall  en  Saxe ,  de  l'Imprimerie  de 
Chrétien  Henckel.  Broch.  ia  4-  pp.  $4. 

r  L  ne  faut  pas  confondre  les  Hemorrha- 
*■  gies  critiques  avec  les  périodiques. 
L'auteur  de  cette  Diflertation  ne  parle 
que  des  premières  ,  qui  font  celles  que 
les  crifes  des  maladies  produifent  quel- 
quefois ;  comme  font ,  par  exemple, 
des  cradiemens  extraordinaires  de  fang 
dans  une  fièvre  ,  ou  des  faignemens 
de  nez  [  fans  que  cela  ait  été  produit 
par  aucun  remède  ou  aucun  accident 
étranger.  L'Auteur  fait  l'Hiftoire  des 
différentes  hemonrugies  qui  forviennent; 
&  il  remarque  comment  on  doit  fe  con- 
duire quand  elles  arrivent.  II  ne  faut 
pas  s'attendre  ici  à  des  découvertes,  c'eft 
une  /impie  expofirion  de  ce  que  les  Me- 
decias  penfent  communéracui  fcw  \\  mi- 


Avril     1711.  385 

;  î\  s'agit;  &  l'Auteur  Fait  voir, 
.aniere  dont  il  s'en  acquitte,  qu'il 
parfaitement  fon  fujet  ,  &  qu'il 
EC  attention  les  Auteurs  qui  en  ont 


.rtatio  Inauguralis  Medica  de  CoIIÎ- 
uaiione  ,  quam  prrefide  Deo  Trino 
Opt.  Max.  conlenlu  Si  auétoritate  gra- 
tiofiflïmi  Ordinis  Afclepiadei  in  celé- 
berrimà  Noricorum  Pal&ocome  pro  h- 
centia....  iblcnnî  ventilation!  ad  diem 
10  Februarii  1710.  exponet  Joannes 
Jacoius  Jantkh,  Brigafileilus ,  litterîi 
Magni  Danielis  Meyeri.  C'eil-à-dire  : 
XUfftrtMie»  M  Tktfe  fur  lu  maladie  d* 
Cmfompticn  ,  par  Jean  Jacques  Jantkc. 
Brochure  in  4.  pp.  14. 

T  'Au  te  or  définit  d'abord  le  nom  de 
■*■*  la  maladie  dont  il  fe  propofe  de  par- 
ler. La  confomption  ,  dit-il  ,  eft  un 
changement  qui  fe  fait  des  parties  folides 
du  corps  en  une  matière  fluide  &  liquide; 
mais  cet'e  définition  lui  paroifTant  trop 
générale  ,  il  en  apporte  une  plus  pre- 
cife.  La  confomption  eft  une  maladie 
dans  laquelle  les  humeurs  vitales  Se  nour- 
ricières font  fi  altérées  par  un  fuc  étran- 
ger qui  les  pervertit  ,  qu'au  lieu  de  s'ar- 
rêter aux  parties  pour  les  nourrir ,  elles 
fc  refolvent  en  eau,  &  s'échaçaw.  cm  ài- 

NWfc 


384  Journal  des  Sçatanç. 
vers  endroits  ,  en  forte  que  le  corps 
tombe  dans  un  defleehement  généra] , 
cette  fonte  palfant  bientôt  des  humeurs 
mêmes  aux  parties  folides.  L'Auteur 
examine  quelles  peuvent  être  les  caufes 
de  la  confomption  ;  il  en  trouve  plu- 
fieurs  dans  l'air  ,  dans  les  alimens, 
dans  les  médicamens  ,  &  dans  la  ma- 
nière de  vivre.  11  remarque  enfuit  e  quel- 
les font  les  voyes  par  lesquelles  la  perte 
de  ces  humeurs  nourricières  a  coutume 
de  fe  faire;  elle fe  fait  dans  les  uns,  par 
le  devoyement  ;  dans  les  autres  ,  par 
la  tranfpiration  ;  dam  d'autres  ,  par  les 
urines  ;  dans  quelques  autres  ,  par  le 
cracher  ;  &  dans  d'autres  ,  par  plu- 
fieurs  de  ces  voyes  enfemblc.  L'Au- 
teur ,  après  ces  réflexions ,  aufquelles  il 
donne  toute  l'étendue  neceflaire  ,  fans 
s'écarter  de  fou  fujet  ,  examine  les  fi- 
gnes  diagnoftiques  de  la  maladie  de  con- 
somption ,  dont  un  des  principaux  eft 
de  rendre  plus  qu'on  ne  prend.  'Au* 
lignes  diagnoftiques  fuccedent  les  pro- 
gnoliics  ,  &  à  tout  cela  les  remèdes 
qu'il  eft  à  propos  de  faire  pour  corri- 
ger les  fucs  étrangers  qui  corrompent  les 
humeurs  nourricières.  L'Auteur  ne  dit 
rien  dans  toute  fa  Dïfiertation  ,  qui 
ne  paroifle  conforme  à  la  raifon  &  Si 
J'cxpcriencc  s  &  les  jeunes  Médecins  y 
trouveront  toutes  1«  nouais  wkKwks 


pour  bien  entrer  dans  l'examen  de  cette 
maladie. 

lire  d'un  Beûtur  de  Sorbsnnc  a  un  rit  fat 
amis  ,  fur  le  Livre  intitule  ,  de  Re  fie- 
neficiaria.iub  nomine  Abbatis  Sidichem- 
bechemfis ,  'ù  l'on  fait  -voir  U  fauffeté 
des  principes  que  l'Auteur  de  et  Livre  -veut 
établir  ,  peur  foutenir  la  pluralité  des  Ee- 
■.  ntficts,  A  Paris,  cbet  Charles Ofmont, 
rue  faint  Jacques  ,  à  rEcu.de  France. 
1710.  Brochure  in  iî.  pagg.  64. 

De  re  Benefidaria  iive  de  non  poffidendis 
iimul  pluribus  Beneficiis  ,  .Librj  très, 
ad  Sorbona:  Eminentiffimum  Provifo- 
rcn>,  &  Magifhos  iapientiffimos,  ad- 
Terfus  Librura  fingularcm  Abbaris  per- 
fonatî  Sidichembechemfis.  Parifiis  ,  #•_ 
p»d  Carolutn  Ojmont  ,  iAm  JicehA, 
fubScuto  Galtico.  C'cil-à-dire  :  Traité 
entre  la  pluralité  des  Bénéfices  ;  d'tvifi  en 
roi)  Livres, -a-  dédie  au  Provifiur  deStr- 
bonne  ,  &  aux  Dacleurs  de  lu  Faculté, 
peur  réfuter  le  Traité  de  Re  Bénéficiai» 
Abbatis  Sidichembechemfis.  A  Paris , 
chez  Charles  Olmont,rue  faintjacqucs, 
àl'Ecu  de  France.  1710.  in  ta.  pagg. 
466. 

T\  Eu*  différens  Auteurs  ont  écrit  çtrf- 
^*  que  en  même  tems  contre  \c  W«t 


386     Journal   dei  Sçavans. 

dt  Re  lienefiâtirin  ,  dont  nous  avons  donné 
l'Extrait  au  Mois  d'Août  de  l'année  der- 
nière p.  164.  Ces  deux  Auteurs,  animez 
du  même  elprit ,  n'ont  pas  crû.  devoir  laif- 
fer  tons  reponfe  un  Ouvrage  qui  leur  a 
paru  Méfier  la  pureté  des  Règles  Ecciefi- 
alliques;  &  comme  ils  n'avoient  l'un  & 
l'autre  qu'un  feul  objet ,  ils  ont  puifé  dans 
les  mêmes  fources.  Ccll  ce  qui  a  produit 
-de  leur  part  une  conformité  de  preuves  fur 
cette  matière;  &  c'eft  ce  qui  nous  engage 
auflî  à  ne  faire  qu'un  feul  Extrait  de  ces 
deux  Critiques.  La  première  eft  en  Fran- 
çois, &  Huit  la  matière  d'une  Lettre  afiex 
■courte.  La  féconde  cft  une  Di  (Terrât ion 
Latine,  plus  étendue.  Cette  Diflertation 
eft  adteflee  à  la  Sotbonne,  avec  une  hum- 
ble prière  de  vouloir  l'adopter  pour  fon 
Ouvrage;  ÔC  à  la  fuite  de  l'Efître  dédica- 
toirc  il  v  *  une'déclararion  du  Prieur  de 
Sorbonne,  qui  défère  fur  cela  aax  fouhaîts 
de  l'Auteur;  après  avoir  confulté  ,  dit-il, 
la  Faculté,  dans  une  Affemblée  générale. 
Voila  donc  un  Corps  illuftre  cité  folemnel- 
tement  en  témoignage  contre  un  Auteur 
qu'on  prétend  être  un  de  fes  Membres, 
dans  une  matière  délicate  où  fouvent  le 
aelc  elt  plus  ou  moins  échauffé  ,     félon 

Su'on  y  a  plus  ou  moins  d'intérêt.  Mais 
itii  nous  permettre  à  cet  égard  aucune 
réflexion  ,  donnons  feulement  l'idée  des 
Ouvrages.    Nous  tommw   SîMaw.  -jlus 


s 

z  d'en  faire  un  Extrait  fidèle 
la  Préface  de  l'un  des  deux,  on  noi 

ife  de  n'avoir  pas  pris  parti  ouvertement 

ntre  le  Livre  que  l'on  attaque  :  fans 
ouloir  faire  attention  à  la  protcllation , 

fouvent  répétée  dans  nos  Journaux,  que 
iffant  à  d'autres  le  titre  ambitieux  de 
Jenfeurs  Se  de  Critiques ,  nous  nous  ré- 
duifons  au  (impie  caractère  d'Hiftoriens, 
qui  nous  défend  de  porter  aucun  jugement 
fur  ce  qui  tombe  fous  nos  mains. 

L'Auteur  de  la  Lettre  renferme  en  deux 
proposions  tout  ce  qu'il  croit  devoir  re- 
prendre dans  le  Traité  de  Re  Btnrficiarhi. 
La  première  ,  eft  que  ce  Traité  „  n'eft 
j,  point  écrit  avec  autant  de  difeernement 
„  &  de  prudence  qu'il  eût  cié  à  defircr, 
,,  parce  que  le  plus  grand  noiubte  des  ar- 

gumens  de  l'Auteur  va  à  autorifer  une 

pratiquequ'il  avoué  lui-même  être  très- 
„  mauvaife  &  liés  condamnable.,,  La 
féconde,  que,,  la  vérité,  contre  laquelle 
„  il  écrit,  eft  fi  claire  ,  que  dans plufieurs 
„  endroits  de  fon  Livte  il  eft  obligé  de 
,.  revenir  au  fentiment  qu'il  s'étoit  propo- 
„  féd'abotd  de  combattre.,, 

Le  feul  objet  de  la  Lettre  dont  n 
parlons  eft  donc  de  faire  voir  que  l'Auteur 
du  Traité  de  Re  Beneficiatia  ,  par  le  foin 
qu'il  a  pris  de  ramafler  toutes  les  autori- 
té! Se  tous  les  exemples  qui  tendent  à  fa« 
vorifcrla  pluralité  des  Bénéfice  .  •fcw.'ia- 
R  a  va 


» 


388     Journal  des  Scavani. 

tention  de  jullifier  lui-même  cet  ufage; 
&  tjue  néanmoins  en  difcutant  Il-s  railons 
de  part  &  d'autre  ,  il  n'a  pu  rciufer  à  la 
force  de  [a  Vérité  un  aveu  contraire  à  fes 
premières  intentions. 

La  preuve  qu'il  fe  déclare  ouvertement 
pour  la  pluralité  des  Bénéfices,  c'eft  qu'il 
)e  dit  lui-même  en  plufieurs  endroits  de 
fon  Livre.  L'Auteur  de  h  Lettre  cite  les 
pages  13,66,150,  &  iji,  &  après  cela  il 
s'arrête  i  la  page  16,  où  l'état  de  laquef- 
tion  eit  propofé,  ajoutc-t-il,  decetrema- 
nieie-  ,.  La  queftion  eft  de  feavoir,  fi  un 
„  Ecclelîaftique  ,  qui  retire  un  profit  utile 
„  de  plufieurs  Bénéfices  qui  11e  font  point 
„  incompatibles  ,  &  qui  en  fait  un  bon 
,,  iifage;  qui  renonce  aux  pompes  du  fie- 
„  de;  qui  a  de  la  pieté  ;  qui  n'eft  point 
„  débauché,  Sic.  fi  cet  homme  eft  cou- 
„  pab'.e  de  péché  mortel  ,  précifément 
„  parce  qu'il  a  plufieurs  Bénéfices.,,  La 
réponfe  de  l'Auteur  du  Traiié  ,  elt  que 
dans  ces  circonilances  il  eft  permis  de 
porTeder  plufieurs  Bénéfices  :  de  forteque 
fuivantee  Syitême,  ce  n'eil  ni  le  nombre 
des  Bénéfices,  ni  la  quantné  du  revenuat- 

t  taché  à  chacun  ,  mais  uniquement  le  de- 
fordre  du  Bénéficier,  &  le  mauvais  ufage 
de  fes  revenus,  qu'on  elt  en  droit  debla- 
mer.  L'Aureur  delà  Lettre  foutie 
pareil  Syflême  ne  trouve  aucune  pfeui 
bas  les  Canons  ;    &  <\ue  çout  l'appj- 


it  qu'un 
preuve 
ippnyer 


A  Y   R   1  L      1711.  Jlç 

on  efl  réduit  à  des  exemples  qui  ne  prou- 
vent rien,  parce  qu'ils  prouvent  trop. Tel 
eft  celui  d'Euphronius,  qui  quoi  qu'Evè- 
que  déjà  de  Colonie,  le  devint  encore  de 
Nicople.  La  conféquence  naturelle  de 
cet  exemple  feroit  qu'il  eft  permis  de  pof- 
feder  en  même  temps  plusieurs  Evêchei, 
ce  qui  eft,  (clou  l'Alitent  même  du  Traité, 
une  chofe  monft  meule  &  déteftable.  Si 
Euphronius  retint  en  apparence  deux  Eve- 
chez,  il  éroh  peut-être  titulaire  d'un  feu!, 
&  n'avoir  que  la  (impie  adminiftration  de 
l'autre.  Quoi  qu'il  en  foit  ,  c'étoit  une 
augmentation  de  foins  &  de  fatigue  qu'il 
n'avoit  pu  reiufer  auxdefmou  auxbcfoins 
des  peuples.  Ce  n'étoit  pas  un  accroiile- 
ment  d'honneurs  ou  de  rkheffes ,  qu'il  eut 
recherché  pout  fatisfaire  Ton  ambition. 
j.  Quel  rapport  donc,  s'écrie  l'Auteur  de 
„  li  Lettre  ,  peur  avoir  le  fait  d'Euphro- 
„  mus,  avec  ce  qui  le  pallé  en  nos  jours!,. 
L'exemple  d'Atton  Archevêque  de 
Mayence,  qui  polleda  douie  Abbayes  a- 
vec  fou  Evêché,  ne  doit  pas  non  plus  ê- 
[re  lire  à  conféquence,  par  la  même  rai- 
fort- Le  Père  Thomalïin  ne  fauve  cette 
pluralité  de  Bénéfices  dans  une  feule  per- 
fonne  ,  qu'en  dilarit  que  c'étoient  de  lim- 
ples  idrainiftrations  confiées  par  necefïité 
—  homme  fa°e  ,  pour  relever  des  Wa- 
; ,  &  y  rétablir  le  bon  otite.  \-t 
r  motif  engagea  Akuin  à  inq«  îova. 
r.  3  w* 


!x 


3ço    Journal  des  Sçavans. 

tout  à  la  fois  de  cinq  Monafteres.  Il  en 
avoit  été  le  Reformateur  ,  &  pour  foute- 
nir  fon  Ouvrage,  il  fereferva  le  droit d'inf- 
peâion  ,  qui  ne  lui  donnoît  que  de  la 
peine  &  du  travail.  S'il  enétoit  de  même 
aujourd'hui ,  &  que  la  multiplicité  des 
Bénéfices  n'allât  qu'à  multiplier  les  travaux 
des  Ecdefiaftiques  9  l'Auteur  de  la  Lettre 
conjecture  qu'on  fe  contenteroit  alors  de 
peu,  &  qu'on  ne  feroit  point  dans  rem- 
barras de  rechercher  des  raifons  ou  des  pré- 
textes pour  excufer  la  pluralité. 

Il  prétend  enfuite  que  l'exemple  d'un 
Prêtre  nommé  Severin ,  qui  fie  bâtir  deux 
Eglifes ,  où  il  difoit  la  Méfie  tous  les  Di- 
manches ,  ne  prouve  point  qu'il  ait  pofle- 
dé  deux  Cures  en  même  temps.    Faire  bâ* 
tir  une  Eglife  à  fes  frais ,  c'eft  une  action 
de  charité  &  de  zèle,  qui  ne  donne  point 
la  qualité  de  Curé.    On  peut  de  même 
dire  la  Meffe  dans  une  Eglife  fans  en  être 
le  Pafteur.    Tout  le  territoire  où  ces  deux 
Eglifes  étoient  bâties  pouvoit  ne  former 
qu'une  feule  Paroifle.    Cet    exemple  eft 
donc  hazardé  fans  fondement  ;   &  quand 
le  rait  feroit  véritable,  il  prouveroit  trop; 
parce  qu'il  prouveroit  qu'on  pourroit  en- 
core aujourd'hui  pofieder  deux  Cures  à  la 
fois  ,    ce.  que  perfonne  n'ofe  foutenuv  • 
Pourquoi  donc  ,  demande  l'Auteur  de  la 
Lettre,    citer  des  exemples  qui  portent 
les  chofes  à  l!excès  >  &  <\\\\  ra  forox'ta&. 


A  V  ft  I  t    nu.  Sgt 

.;  la  queftion  ï  ce  ne  peut  être  que  pu 
une  difpoiition  recrette  que  fent  l'Auteur 
du  Traité  à  avoir  fut  celte  matière  de» 
condefcendanccs  outrées  ,  doni  il  n'oie 
s'expliquer  en  public. 

On  allègue  d'ordinaire  contre  la  plura- 
lité des  Bénéfices  le  Concile  de  Calcé- 
doine, Se. le  u  Concile  de  Nicée.  L'Au- 
reur  du  Traité  prétend  que  ces  Concile* 
n'ont  défendu  que  la  pluralité  des  Béné- 
fices aufquel.  il  y  a  des  fonction;  atta- 
chées. L'Auteur  de  11  Lettre  foutient, 
au  confraire  ,  que  les  Canons  de  l'Eglifc 
défendent  la  pluralité  de  toutes  fortes  de 
Bénéfices,  i.  Parce  que  dans  l'efprit  de 
l'Eglifc  il  n'y  a  point  de  Bénéfices  fan! 
fonction!,  i.  Parce  que  e'eft  une  cupidité 
&  une  avarice  condamnable,  de  vouloir 
poifeder  feul  ce  qui  eft  defliné  à  l'entretien 
deplufïeursClercs.  Cette raifon  efl  fonvent 
exprimée  dans  les  faintsDecrers;&comme 
ces  motifs  odieux  on!  encore  aujourd'hui 
plus  de  part  qu'ils  n'en  avoienr  ancienne- 
ment à  h  pluralité  des  Bénéfices, la  différence 
desiems  ne  fert  qu'a  faire  mieux  connoltre 
la  neceflïté  de  s'oppofer  a  cet  abus.  Enfin  les 
faits  finguliers  qui  font  alléguez  pour  exem- 
ple, trouvent  leur  répcmfe,  félon  l'Auteur 
delà  Lettre,  dansune  feuleObfervationgé- 
nérale,  qui  ctl,  que  ce  font  des  faits  ra- 
res, aufquels  la  neceflito  des  temps  ,  le 
petit  nombie  des  Minières ,  l'utilité  de 
R  4  Yc- 


îoï     Journal  des  Sç&vans. 

l'Eglife,a  donne  lieu,&  qui  ne  fçauroienr 
fervir  de  preuve  dans  des  temps  où  il  n'y 
a  pas  les  mêmes  niions  de  s'écarter  de  la 
règle. 

Un  des  argumens  dont  fe  fert  le  plus 
l'Auteur  du  Traité  pour  défendre  la  plu- 
ralité des  Bénéfices,  c'eft  qu'en  cette  ma- 
tière il  n'y  a  que  l'efprit  de  cupidité  à  é- 
viter,  &que  comme  il  n'eft  pas  plus  per- 
mis de  poifeder  un  feul  Bénéfice  que  plu- 
iieurs  avec  cet  efprit ,  il  n'eft  pas  plus  dé- 
fendu d'en  pofTeder  plufieurs  qu'un  feul, 
lorfque  cet  efprit  ne  s'y  trouve  point ,  Se 
qu'on  fait  un  bon  ufage  de  tout.  Un  feul 
Bénéfice,  dit-il,  produit  fouvent  autant 
«Je  revenu  que  plufieurs.  Pourquoi  donc 
feroit-i)  plus  mauvais  d'avoir  plufieurs  Bé- 
néfices d'un  médiocre  revenu  ,  que  d'en 
avoir  un  d'un  revenu  confideiable,  &  qui 
feul  vaut  beaucoup  plus  que  plufieurs  Bénéfi- 
ces enfembïe.  L'Auteur  de  la  Lettretraite 
cet  argument  de  fophifme.  C'eft,  félon 
lui ,  comme  fi  l'on  difoit.il  ell  égalemen^cri- 
minei  d'avoir  une  Cure ,  ou  d'en  avui  t  deux, 

far  un  efprit  de  cupidité  ;  donc  pourvu  que 
efprit  de  cupidité  foit  exclus  ,  on  peut 
pofTeder  deux  Cures  comme  une  feule, 
i. 'efprit  de  cupidité  ne  doit  entrer  nulle 
part,  il  n'eft  pas  permis  de  pofTeder  dans 
cet  efprit  un  feul  Bénéfice  ;  mais  lorf- 
çu'on  en  poflede  plufieurs  dnns  le  même 
efprit  ,     on    ajoute  lu  çtcuùei  m.i\,  (\ui 


eft  le  de 


A  V   K   1  L      1711.  3^3 

c  dérèglement  du  motif,  un  autre  dé- 
faut ,  qui  eft  la  contravention  aux  Lois 
Canoniques.  Si  quelquefois  le  revenu  d'un 
feul  Bénéfice  (Impie- vaut  autant  que  le 
revenu  de  vingt  petits  Bénéfices  dans  le 
même  genre,  on  peut  dire  la  mêawchoft 
des  Cures,  &  il  n'en  eft  pas  pour  cela 
plus  permis  d'avoir  plufieurs  ducs  a  la 
fois.  La  règle  veut  qu'on  puiïTe  jcHiivd'un 
gros  Bénéfice,  quelque  couliderabk  qu'il 
foie  ,  pourvu  qu'on  fane  un  bon  ufagedes 
revenus.  La  règle  ne  veut  pas  qu'on 
puiiTe  pofiêder  de  même  plufieurs  Bénéfi- 
ces, &  le  bon  emploi  qu'on  fait  des  re- 
venus, ne  fauve  pas  le  vice  attaché  à  la 
pluralité. 

L'Auteur  de  la  Lettre  ,  fuivant  le  do£ 
fem  qu'il  s'eft  propofé,  tâche  de  faire  voir 
que  l'Auteur  du  Traité  reconnoît  lui-m6- 
me  ce  principe,  en  étabiiflant  fon  fenti- 
ment  fur  la  décifien  du  Concile  de  Tren- 
te. L'elprit  du  Concile,  dit  cet  Auteur, 
eft  que  quand  un  Bénéficier  a  de  quoi 
s'entretenir  honnêtement  félon  fon  état, 
on  ne  doit  point  lui  donner  un  autre  Bé- 
néfice. Voila  une  condamnation  bienfor- 
melle  de  la  pluralité  des  Bénéfices  ;  le 
Concile  en  propolant cette  règle,  n'admet 
qu'une  feule  exception  ,  qui  eft  le  cas  où 
*jn  Bénéficier  ne  peut  trouver  dans  le  re- 
tenu de  fon  Bénéfice  une  fubfillance  hon- 
aeie,  &  proportionnée  aux  befoinsde  ion 


eut. 




al 

| 

en 


JûUBNÀt    DES  SçAV*N5. 

état.  11  efl  vrai  qu'on  peut  étendre  bien 
loin  ces  prétendues  neceflitez  ;  mais  ce 
n'eft  pas  de  quoi  il  s'agit  ici  ;  &  il  demeu- 
re toujours  certain  ,  qu'aux  termes  du 
Concile  de  Trenre  ,  dès  qu'il  n'eft  plus 
necetïaire  à  un  Ecclpfialriquede  pourvoir 
par  un  fécond  Bénéfice  à  la  fubfiftance  & 
entretien  que  lui  refuie  le  premier,  il 
ie  lui  eft  permis  qued'en  polTeder  un  feu), 
.iniî  la  règle  générale  éiant  contre  la  plu- 
ilité  des  Bénéfices,  l'Auteur  du  Traité  en 
embraffint  cette  règle,  auroît  agi,  dit-on, 
plus  régulièrement,  d'écrite  contre  la  plu- 
ralité ,  avec  l'exception  marquée  par  le 
Concile,  que  defe  déclarer  pour  la  plu- 
ralité, en  convenant  malgré  lui,  des  prin- 
cipes qui  la  condamnent. 

Nous  nous  femmes  trop  étendus  fur 
l'Ecrit  François,  pour  nous  permettre  un 
fembUble  déiail  fur  la  Difîertation  Latine. 
Mais  heureufement  la  conformité  du  fu- 
jet ,  &  celle  des  preuves  ,  y  fupplée,  On 
trouve  dans  ces  deux  Ouvrages  la  même 
opinion,  foutenuë  avec  un  ï.ele  égal  pour 
l'Observation  des  anciennes  Loix  de  I E- 
glife.  Toute  la  différence  qu'on  y  remar- 
que, c'eft  qu'au  lieu  que  le  premier  con- 
tient l'expo  fit  ion  abrégée  des  principes,  ou 
tout  au  plus  la  réponfc  générale  aux  ob- 
jections, le  fécond  découvre  les  fourcesoir 
ces  principes  ont  été  piiifez,  &  fuit  pied 
à  pied  les  moyens  de  l'advcrfiire 


en  y 


f    IjÉpoftnt  les  Décréta  4e  ptaficwt  Conçu 

r      te,  rcxemple  dtt  ptaa  grands  Sakiti,  fie 

^autorité  des  Doâôart  les  plu  célèbre*, 

§ui  ont  toAjoarf  regardé  là  pluralité  des 
énéficer  en  «Detaraâ  comme  uneefpccr 
de  dérèglement,  que.  certains  cai  raret 
pouToknt  ftolettient  ftire  tolérer.  * 

Viri  Dbâiffimi  Thoma  Bai.ni  ou» 
ni  de.  Librifl  legertdis  Diflèrtationes, 
quas  propter  raritatenft'  ac  pneftantiam 
public*  lad  feftfttok,  Je  dcVana  Libro- 
rum  pompa  pfcefatnteft  Joël  Gsii; 
Mbuschb*,  V. IX M. A. G.  Ecclefiatf: 
Haganae.  Hagê-Cemitnm  ,  âfmd  Nice- 
hum  Wildt  9  BU4iefeUm9.infUteÂvulge 
diâU  bet  Spuy.  1711.  Ceft-à-dire  r  Dif* 
fertations  de  Thomas  Bartholin  fur  U 
leclure  des  Livres  :  Nouvelle  Edition, 
procurée  par  les  feins  de  Jean  Gérard  Mea« 
ichen ,  Miniftre  à  la  Haye  lequel  y  a  joint 
une  Préface.  A  la  Haye ,  chez  Nicolas 
Wildt,  &c.  1711.-  in  8.  pp.  192.  Se 
trouve  à  Amfterdam  chez  les  Waes- 
berge. 

r\N  doit  être  fort  obligé  aux  S^avans, 
qui  travaillent  à  procurer  de  nouvel- 
ies  Editions  des  Ouvrages  recommandâ- 
mes par  le  mérite  des  Auteurs,  &  par  les 
matières  qui  y  font  traitées;  fur-tout  lorf- 
çuç  les  Exemplaires  de  ces  Ouvrages  comr 

R.  6  men- 


rj[)6  JOUTINAL  DES  SçAVANÏ. 
mencent  à  devenir  rares.  L'obligatii 
qu'on  leur  a  feroit  complette,  li  en  adop- 
tant, pour  ainfi  dire  ,  ces  Traitez  curieux 
dont  ils  Te  rendent  Editeurs,  ilsprcnoieut 
à  râche  île  nous  les  redonner  dans  toute 
leur  pureté,  par  l'exactitude  delacorrec- 
tion.  Mais  il  anîve  fouvent  ,  que  fe  re- 
pérant un  peu  trop  far  les  foins  d'un  Li- 
braire plus  avide  du  gain  ,  que  jaloux  de 
fa  propre  réputation ,  ils  ont  le  chagrin  de 
voir  paroitre  fous  leur  nom  la  féconde  E- 
dition  d'un  Livre  défigurée  par  un  grand 
nombre  de  nouvelles  fautes,  -qui  ne  fe 
trouvoient  pas  dans  la  première-  C'eft 
une  mortification  qu'a  dû  fans  doute  ef- 
fuyer  M.  Mtufihen  à  la  vue  de  ces  Difler- 
tations  ,  publiées  d'abord  en  1676,  Se 
réimprimées  ici  fous  Tes  aufpices  ,  avec 
beaucoup  de  négligence  de  la  part  de 
l'Imprimeur.  Cela  fenibloit  exiger  le  fe- 
cours  d'un  long  Errata  ;  mais  l'Editeur 
voulant  apparemment  épargner  cette  con- 
fulîon  au  Libraire  ,  a  mîeu*  aimé  diflî- 
njulerles  défauts  de  cette  Edition,  & 
prefenter  aux  Lecteurs  dans  une  longue 
Préface  une  autre  forte  de  ridicule,  qui 
pvit,  en  leur  donnant  le  change, les  amu» 
fer  agréablement.  Ce  ridicule  confifte 
dans  la  manie  de  ceux  qui  joignent  à  une 
profonde  ignorance  une  pafîion  démefu- 
réc  d'entalkr  Livres  fur  Livres  ,  dont  a 
peine  ils  eonuoilTent  les  titres;  ou  qui  ne 


At  ni     im.  397 

les  eftimant  que  pat  la  grandeur  tt  la 
beauté  du  papier ,  par  la  largeur  des  mar- 
ges, par  la  magnificence  des  relieures,en 
un  root  par  ce  qu'ils  appellent  U  condition 
d'un  Liiitt,  ofent  à  peine  y  toucher  eux- 
mêmes  ,  bien  loin  de  les  communiquer 
à  leurs  amis.  Ceft  fur  quoi  M.  Mtn- 
fcbtn  s'étend  fort  au  long  ,  6c  entre  dans 
de  grands  détails,  qui  le  conduifent  enfin, 
à  nous  apprendre  fur  la  fin  de  fa  Préfa- 
ce, Que  le  fameux  Thomas  Bartholïrt 
Auteur  du  Traité  dont  il  s'agit ,  étoit 
d'un  caractère  tout  oppofé  à  cette  forte 
de  BibLkmanii;  Qu'on  ne  fçauroit  être, 
fur  le  fait  des  Livres,  plus  communicant' 
que  l'étoit  ce  fçavant  Médecin;  Qu'a- 
près l'incendie  de  là  Bibliothèque  ,  for- 
mée de  l'afTemblage  des  meilleurs  Livres 
qu'il  y  eut  en  tout  genre  ,  8c  qu'il  con- 
noiflbit  mieux  qu'un  autre  ,  le  Roi  de 
Dannemark,  pour  le  confoler  en  quelque 
manière  d'une  perte  fi  fenlible  à  un  hom- 
me de  Lettres,  lui  donna  la  direction  de 
la  Bibliothèque  Royale  de  Copenhague. 
Comme  les  devoirs  de  cette  Charge  de- 
mandoient  qu'on  rendît  utile  au  Public 
une  Bibliothèque  qui  lui  étoit  en  quelque 
façon  contactées  Bsttholin  prit  de  là  oc- 
cafion  de  compofer  les  fept  Differtations 
contenues  dans  ce  volume,  &  qui  fontdef- 
linées  à  initier  les  jeunes  gens  dans  kcoti- 
noifTance  de  tout  ce  qui  concède. \es\J.,'Wi 
en  gàiêril.  K.  7  V  ^^ 


3^8     Journal  des  Sçavans. 

I-  La  première  Diflertation  renfermede 
prelTantes  eihortations  il  la  leflure,  fon- 
dées for  l'excellence  des  Livres  ,  &  fur 
l'utilité  qu'on  en  peut  tirer.  On  y  parle 
des  moyens  de  mettre  les  Livres  à  cou- 
vert du  feu,  de  1»  vermine, 8:  des  larcins. 
On  obferve  que  chci  les  Romains  ,  les 
Bibliothèques  publiques  étoient  placées 
dans  les  Portiques  des  Temples  ;  &  cel- 
les des  Particuliers,  dans  l'apartementdes 
Bains,  où  l'abondance  de  l'eau  ,  &  l'é- 
pai fleur  des  murs  conftruits  de  pierre, 
lembloient  propres  à  les  mettre  hors  de 
l'atteinte  des  incendies.  C'eft  en  vue  de 
prévenir  un  pareil  accident ,  qu'il  eft  dé- 
fendu de  porter  aucune  lumière  dans  la 
Bibliothèque  d'Oxford  :  &  c'eft  pour  en 
écarter  les  voleurs  (lue  les  Livres  font  atta- 
ches avec  des  chaînes  de  fer ,  ainfi  que 
dans  la  plupart  des  Bibliothèques  d'Italie. 
L'Auteur  nous  parle  après  cela  du  pre- 
mier établiflement  6c  des  divers  accroifle- 
mens  de  la  Bibliothèque  de  Copenhague! 
&  il  fait  l'éloge  de  ceux  qui  ont  contri- 
bué à  la  rendre  plus  nombreufe.  11  finit 
cette  Diflertation  en  espofact  le  deflein 
de  fon  Ouvrage,  &  en  faifant  voir  qu'il 
n'efl  pas  le  premier  Médecin  à  qui  l'on 
ait  confié  le  foin  d'une  grande  Bibliothè- 
que ,  puifquc  la  même  chofe  cil  arri- 
vée chei  les  Romains  j  ce  qu'il  prouve 
pu  une  Infcription. 


11.  Avant  que  de  s'engager  dans  1» 
Ieâure  des  Livres  ,  il  faut  en  connoi- 
tre  les  Auteurs  ;  &  c'efl  aufli  de  quoi 
nous  entretient  Bsrtholin  dans  fa  féconde 
DiiTertation.  Pour  ne  point  fe  tromper 
dans  le  choix  des  divers  Auteursque  l'on 
veut  étudier,  on  doit  être  informé  Qu'il 
y  en  a  de  bons  &  de  mauvais  ,  de  vé- 
ritables &  de  fuppofcz  ;  Qu'il  y  en  a, 
qui  par  crainte  ou  par  modeftie  fuppri- 
ment  ou  déguilent  leurs  noms  ;  Qu'il  y 
a  des  Plagiaires  qui  fe  font  honneur  du 
travail  d'autrui.  L'Auteur  en  parcourant 
quelques'uns  de  ces  derniers  ,  s'applique 
à  juftifier  deut  de  fes  Compatriotes.  5e- 
virinui  &  C'ugius  ,  accufei  à  tort  de  ce 
crime  littéraire.  On  doit  ,  outre  cela, 
s'inflruirc  du  païs  des  Auteurs,  &  du  fie- 
cle  où  ils  ont  vécu  i  ce  qui  n'en:  pas  de 
petite  importance,  pour  juger  non-fcule- 
ment  du  c.iradrere  de  leur  efprit ,  mais 
encore  du  fond  de  leur  doctrine  ,  &  de 
la  pureté  de  leur  diction.  C'cft  de  quoi 
Uartholin  nous  donne  plulieurs  exemples, 
tant  par  rapport  à  la  Théologie  ,  que 
par  rapport  au  Droit  &  à  la  Médecine. 
L'âge  des  Auteurs  lorfqu'rls  ont  écrit,  & 
leurs  principales  a van turcs ,  font  encore 
des  erreonftances  qu'on  ne  doit  pas  igno- 
rer ;  6c  pour  lefquclles  on  peut  avoir 
recours  a  ceux  qui  ont  publié  les  vies 
des  Sçavans.  C'efl;  ce  qu'ont  fait  parmi 
Va. 


40O        ]0U1NAL  DES   SÇAVAHÎ. 

les  Anciens,  Suitcrie,  Dioxine  Laine,  & 
Plutarqut  :  8c  parmi  les  Modernes  ,  Mtl- 
chior  Adam  ,  pour  les  Sçavans  de  l'Al- 
lemagne ;  Tkomtfînui  ,  Lauretanm  ,  Si 
Cr affût ,  pour  ceux  de  l'Italie  ;  Meurfim , 
pour  ceux  des  Pars-Bas  ;  Vinding,  pour 
ceux  du  Dannemark  ;  Schiffer  ,  pour 
ceui  de  la  Suéde  :  Cet.  J.  Ve/ius,  pour 
les  Hiftoriens  Grecs  Se  Laiins  t  Caflel- 
lanus  (&  non  pas  CafelUnus  ,  comme 
on  lit  ici ,  page  49  )  &  3'"»  Henri  Met- 
tem  ,  pour  les  Médecins  ;  Fichard,  Zil- 
lit  ,  &c  Frtymen  ,  pour  les  Jurifconful- 
tes  ;  &c.  Enfin  Rajoute  Bartholin  )  les 
Portraits  des  Auteurs  que  l'on  conierve 
dans  les  Bibliothèques  ,  peuvent  encore 
fervir  à  nous  les  faire  connoitre  plus  par- 
ticulièrement. 

MI.  Il  ne  fuffit  pas  d'avoir  acquis  une 
connoiifance  perfonndle  des  Auteurs,  & 
.de  fçavoir  quel  genre  d'Erudition  ils 
ont  cultivé;  il  faut  être  en  état  de  pou- 
voir lier  commerce  avec  eux  ,  &  pour 
cela  il  faut  ponedet  la  Langue  dans  la- 
quelle ils  ont  écrit.  L'Hébraïque  .  la 
Gréque  ,  &  la  Lariue  ,  font  utiles  à 
tous  ceux  qui  s'adonnent  aux  Lettres-. 
La  Langue  Arabe  peut  auilï  être  de  quel- 
que fecours  ,  particulièrement  aux  Théo- 
logiens ,  à  caul'e  de  l'Alcoran  ,  &  aux 
Médecins.  A  propos  de  cette  variée 
'c  de  langues ,  on  examine  « 


fi 


i 


Atih    1311:  .--■ 

ut  penfer  du  projet  de  quelques  Scavan» 
oor  l'établiflement  d'une  langue  univers- 
elle j  8c  l'on  conclud  qu'il  eft  plus  per- 
mis de  la  fouhairer  que  de  l'efperer.  On 
Earle ,  après  cela  ,  des  Livres  écrits  en 
,angue  vulgaire  ,  Se  du  jugement  qu'on 
doit  faire  de  l'autorité  des  Ver  Bous.  On 
termine  cette  troiiiéme  Di  flirtât  ion  par 
des  réflexions  fenfées  fur  ce  qui  fait  la  ré- 
putation d'un  Ecrivain  ;  &  l'on  obferve 
que  bien  loin  d'être  toujours  le  fruit  du 
grand  nombre  des  Ouvrages  qu'il  a  don- 
nez au  Public  ,  elle  n'eft  fouvent  fondée 
que  fur  le  mérite  d'un  feul  Traité.  De 
la  vient  la  nereffîté  de  consulter  avec  dif- 
cernement  les  Catalogues  des  Ecrits  de 
chaque  Auteur. 

IV.  Bartholin  ,  dans  la  IV.  Differta- 
tion  ,  traite  de  la  matière  extérieure  des 
Livres  ,  laquelle  a  varié  ,  félon  les  diffé- 
rées fiecles.  On  a  écrit  d'abord  fur  les 
pierres  ,  fur  les  feuilles  d'arbres  ,  fur  le 
bois  ,  &  fur  les  écorces  ;  les  Tablettes 
enduites  de  cire,  le  plomb,  &:  le  cuivre, 
ont  fervi  au  même  ui'age.  On  commenta 
d'employer  le  parchemin  ,  fous  Euméne 
Roi  de  Pergame  ,  qui  paffe  pour  en  être 
l'inventeur  ;  &  Bartholin  prérend  que  le 
papier  (Ghana)  étoir  connu  avant  le 
règne  d'Alexandre  le  Grand.  11  en  fpé- 
cifie  les  différences  ,  ainii  que  celles  de 
l'encre  &  des  iniUumens  employei  pour 


I 


402     Journal  des  Sçatans. 

récriture;  il  parle  de  h  diverfité  des  ca- 
ractères, fuivant  les  temps  &  les  lieux; 
de  l'ancienneté  des  Manufcrits  ,  &  de  ce 
oui  en  fait  la  valeur;  de  ceux  des  Danois, 
des  Goths  ,  &  des  Iflandois.  De  là  â 
pafle  à  la  naiflance  de  ^Imprimerie ,  &  il 
îa-fuit  dans  fes  progrès  chez  les  différent 
peuples.  Il  indique  ce  qui  caraéterife  les 
meilleures  Editions  §  &  c'eft  d'ordinaire 
(félon  lui)  d'avoir  été  faites  fous  les  yeux 
de  l'Auteur  ,  à  moins  que  les  Editions 
pofterieures ,  loin  d'avoir  dégénéré ,  ne  fe 
foient  enrichies  &  perfedipnnées  entre 
les  mains  de  ceux  qui  les  ont  procurées 
de  nouveau.  Enfin ,  après  avoir  dit  quel- 
que chofe  des  Imprimeurs  les  plus  eftimez 
pour  la  correction  ,  il  nous  parle  de  la< 
forme ,  de  la  relieure  ,  &  des  ornemens 
des  Livres ,  tant  anciens  que  modernes; 
&  il  ne  manque  pas  de  blâmer  le  luxe 
outré  de  certaines  gens,  fur  ce  dernier  ar- 
ticle. 

V.  La  V.  Differtatîon  roule  fur  ce  que 
P  Auteur  appelle  Matière  intérieure  des  Li- 
vres,, c'eft -à-dire,  fur  les  dîfférens  fujets 
qu'on  y  traite;  &  fur  la  forme  qu'on  don* 
ne  à  ces  matériaux.  Les  fujets  des  Li- 
vres font  d'un  feul  genre ,  ou  de  genres 
différens.  Bartholin  avertit  que  fou  vent 
les*,  titres  des  Livres  font  trompeurs  $  &  il 
cite  pour  exemple  les  Traitez  d'Alchymie 
&  les  Livres  de  fectexs,  où\onYvttxoa- 


5 


Parmi  les  Ecrivains  qui  fe  font  renfermez 
dans  une  feule  matière,  les  Hiftoriensne 
tiennent  pas  le  dernier  rang;  6c  c'eft  auffi 
fur  ce  qui  les  regarde,  que  s'arrête  le  plus 
nôtre  Auteur.  11  joint  à  ceux-ci  les  An- 
tiquaires ,  â  caufe  du  rapport  qu'il  y  a 
dans  leurs  recherches.  A  la  fuite  des  uns 
&  des  autres  viennent  les  PHUIopai ,  fé- 
conds en  écarts  &  en  digreflions ,  témoin 
ïe  fameux  Snumaifi.  Ces  digreffions  ont 
chez  lui,  Se  chei  quelques  autres  Critiques 
du  premier  ordre,  leur  agrément  &  leur 
utilité  :  mais  elles  deviennent  fatigantes 
par  l'abus  qu'on  en  fait.  Aux  Philologues 
fuccedent  les  Pclygraphts  ,  ou  ceux  qui 
écrivent  fur  différentes  matières.  L'Au- 
teur en  parlant  des  Livres  de  pur  amufe- 
racnt  ,  fait  grâce  à  ceux  où  régnent  les 
phifacteries,  les  traits  d'efprit,  les  bon) 
mots ,  &  les  Difcours  facétieux  ;  mail 
pour  ceux  dont  l'obicéniré  fait  \r  -" 
ta]  ,  il  veut  qu'on  les  proferive  , 
bien  que  les  Ouvrages  des  Athées.  11 
loué'  la  coutume  des  Auteurs  qui  parlent 
de  Dieu  dans  leurs  Livres,  quoi  qu'ilsn'y 
traitent  que  de  fujets  profanes  ;  &  les 
Mahometans,  fcrupuleux  Obfervateurs  de 
cette  coutume,  ont  leur  part  à  ces  louan- 
...  Quant  à  la  forme  des  Ow»t«îfs>  » 
iCjuelle   en  comprend  la  mêAroàc  ï*\e 


■Je;  Banholin  obferve  a,u.'i\  tfv 


KbLVt 

ON» 


404  Job  rm  al  des  SçaTaki, 
que  les  Philofophcs  ,  qui  affujettifTent 
leurs  Ecrits  à  une  exaâeprécifion;  mais 
que  les  autres  Ecrivains,  fur-tout  les  Phi- 
lologues ,  fe  croyent  en  droit  de  jouir 
d'une  plus  grande  liberté  ,  en  fe  donnant 
carrière,  &  en  s'abandonnant  quelquefois 
à  leur  génie.  A  l'égard  du  ftyle  ,  l'Au- 
teur n'en  juge  la  barbarie  tolérablc  .  que 
Iorfqu'elle  eil  reparée  par  un  fond  d'érudi- 
tion capable  de  dédommager  les  Lec- 
teurs. 

V[.  Après  ces  notions  préliminaires,  il 
ne  s'agit  plus  que  d'indiquer  les  Livres 
dont  la  leéture  cil  !a  plus  convenable  aux 
différentes  fortes  de  fexes  ,  d'âges  &  de 
conditions  :  &  c'eft  à  quoi  s'occupe  Bar- 
tliolin  dans  la  DilTertation  fuivante.  Les 
vieillards  (félon  lui)  doivent  tirer  les  con- 
folaiions  dont  ils  ont  befoin.  de  la  lectu- 
re de  divers  Livres,  qu'il  fpéc.fie.  I!  con- 
feille  aux  femmes  celle  des  Livres  de  Ju- 
dith &  d'Etlher  ;  celle  du  Cantique  des 
Cantiques,  où  elles  verront  leur  beauté 
célébrée;  celle  de  Georgi  Vivien  ,  fur  les 
devoirs  d'une  mère  de  famille  ;  celle  des 
Auteurs  qui  traitent  des  moyens  de  guérir 
les  maladies  du  fexe,  &  de  lui  conter  ver 
fes  charmes.  11  ne  leur  interdit  pas  11 
lecture  des  AmaAù  ,  de  VAftrie ,  Si  des 
autres  Romans  ,  traduits  prcfque  en  tou* 
les  les  Langues  ;  non  plus  que  celle  des 
Livres  de  Poefics  Bt  d'Emblèmes  ;  &  il 


A  v  *  i  i    1711.  ttj 

leur  recommande  de  ne  pas  négliger 
les  Ouvrages  du  Poète  Jacqati  Cattjui, 

oîi  elles  trouveront  utie  peinrure  vive  de 
l'état  des  filles ,  des  femmes  mariées,  & 
des  veuves.  I!  les  exhorteroit  volontiers 
a  lire  l'élégant  Traité  de  Tmulï'un  ,iùr  le 
■voilt  du  Vutyst  ,  s'il  ne  les  connoifToit 
trop  peu  difpofécs  à  profiter  des  leçons 
de  ce  Père,  en  renonçant  a  la  galanterie 
de  leurs  coe'ffiires.  Pour  ce  qui  cil  du  Li- 
vre à'Andri  Schrtxdtr  fur  Iti  Danfts  ,  jl 
croît  fuperflti  de  les  inviter  a  le  lire,  n'é- 
tant déjà  que  trop  portées  naturellement 
a  cet  exercice.  Après  avoir  donné  une 
courte  notice  des  Auteurs  que  doivent 
lire  les  Princes,  il  defeend  dans  un  détail 
de  ceux  qui  conviennent  aux  différentes 
Profeffions,  fans  en  excepter  les  plus  mé- 
caniques. Il  eonfeilîe  de  lire  en  tout 
temps ,  à  la  referve  de  l'après-foupé ,  te 
de  la  nuit  ,  où  il  croit  la  lecture  de  dan- 
gereufe  conféquence  pour  la  fanté  :  mai. 
il  veut  que  l'on  inrerrompe  la  trop  gran- 
de afliduité  de  l'étude  par  quelques  délaf- 
femens.  On  doit  fur-tout  penfer  à  la 
confetvatior»  &  au  foulagemeot  de  fa 
mémoire.  C'eft  à  quoi  fervent  les  fré- 
quentes répétitions ,  les  Tables ,  les  Ex- 
traits, les  lieux  communs,  les  Diction- 
naires, &c. 

VU.   Enfin  l'Auteur  a  rafamUè  &w« 
ù  dernière  Djfferutioa  quantité  4ete«as-| 


406     Journal  dis  Se  a-van. 

ques  curieufes  fur  le  jugement  £ 
choix  qu'on  doit  faire  des  Auteu 
Village  des  Abregei;  fur  le  fecou 
peut  emprunter  des  Verfions;  fui 
de  eue,  forment  dans  la  le'flufe.  la 
tre  des  caractères  inconnus  j  fur 
des  Points  ;  fur  les  myfteres  des 
fur  les  abbréviations  familières 
ciens  Scribes  &  am  Juriiconfulti 
les  Hiéroglyphes  des  Chinois  ;  fu 
rafleres  Cabbaliftiqucs  ;  fur  ceux 
ployent  les  Médecins  &  les  Ch; 
fur  les  Chiffres  i  fur  les  Notes  infei 
]a  Mufique  &  dans  l'Algèbre;  fu 
rance  &  la  précipitation  des  C 
foutees  d'une  infinité  de  fautes  i 
Manufcritï;  fur  le  changement  rec 
de  certaines  lettresj  cVc. 

Nous  nous  contentons  d'indi< 
gros  tous  ces  articles ,  fur  lefqut 
ne  nous  étendrons  pas  davantage. 

r'REDERici  Roiscmii,  An» 

Botanices  Profelïoris ,  neenon 
rnia:  Cœlârese  Naturx  Curiofon 
legs ,  Thcfaurus  anîmaliura  | 
cum  figuris  sentis.  AmfieUd.ua, 
Joanneta  Wohtrt.  1710.  C'eft 
Prtmxir  Recueil  de:  mïtnmx  qui  /, 
dans  tt  Cab'mtt  de  M,  Ruildi, 
ftur   fAnatomii    &■    dt    Btteaii 

^nj/lcrdam,  cha  jcwi  ' 


ki  Wolwri 


a.  y   *  »  h     (fiw  407 

vol.    in  4.  enrichi  de  figures,  pp.  41. 

MOus  avons  déjà  parlé  dans  nos.  Jour- 
*  naux  ,  de  diveriés  ouiofitez  qui  fe 
voyent  dans  le  Cabinet  de  M.  Ruifch, 
&  dont  ce  fjavânt  Auteur  a  donné  4es 
liftes  au  Public ,  fous  le  nom  de  Trelbr. 
Le  volume  dont  nous  avons  à  rendre 
compte  ici ,  &  qui  porte  le  nom  de  pre- 
mier Trefor ,  parce  qu'il  doit  être  iuivi 
de  plufienrs  autres  ,  crt  un  Catalogue  de 
différens  animaux,  que  ce  (çavant  Natu- 
ralisée conferve,  oudeiTechez,ou  nageant 
dans  des  eaux  propres  à  en  empêcher  la 
corrupiion.  Voici  une  partie  de  ce  que 
renferme  ce  premier  Trefor,  qui  contient 
quatre  -  vingt  -  douze  Pièces  différentes , 
parmi  lcfquelles  il  y  a  auflï  quelques  vcT 
getaux. 

1.  Unephiole,  dans  laquelle  eft  une 
fautcrelle  d'Afrique  ,  tachetée  &  capu- 
chonnée,  ayant  les  pieds  de  derrière  ar- 
mez de  pointes  très- aiguës. 

2.  Une  araignée  apportée  du  Cap  de 
Bonne  Etperance ,  laquelle  eft  de  trois 
couleurs  différentes  ,  ayant  la  tête  &  la 
poitrine  de  couleur  de  châtaigne,  le  dos 
d'un  blanc  de  neige,  traverfé  de  plufieuis 
lignes  noires  ,  &  le  ventre  tout  marbré; 
variété  qui  attire  les  yeux  de  ceux  même 
qui  ont  le  plus  d'horreur  des  araignées. 

3.  Un  petit  ferpent  d'Inde,  team1.  «1 


40$     Journal  des    Sçav»Nj. 
fa  gueule  un  petit  poiffon  de  couleur  ar- 
gentine. 

4.  Une  grenouille  d'Afrique,  parfemée 
de  divevfcs  couleurs,  comme  le  marbre  le 
plus  varié. 

j.  Un  Pij>a ,  ou  Pïpd ,  efpece  de  cra- 
pau  qui  fe  trouve  en  Amérique  ,  lequel 
a  les  pieds  de  derrière  comme  ceux  de 
l'oye  ,  &  le  dos  garni  d'une  infinité  de 
petits  œufs ,  tous  feparez  les  uns  des  au- 
tres par  de  petites  veilies  ,  qui  les  ren- 
ferment ,  dans  lefquels  font  contenus  Tes 
petits. 

6.  Une  anguille  d'Afrique  ,  de  couleur 
d'argent. 

7.  Une  chenille  de  l' efpece  de  ceîlesqui 
rongent  les  feuilles  du  Palmier  ,  Se  qui 
fant  bonnes  à  manger. 

8.  Un  chameleon  d'Afrique, de  couleur 
cendrée ,  &  tout  marbré. 

9.  Un  petit  poiffon  cornu  ,  de  couleur 
d'or. 

1  o.  Un  œuf  de  tortue ,  où  l'on  voit  la 
petite  tortue  qui  en  fort. 

m.  Un  petit  poiffon  volant ,  prelque 
tout  offeux,  excepté  dans  les  endroits  où 
font  les  nageoires. 

Tout  cela  efl  fuivi  de  figures  en  taille- 
douce  fort  curieute  ,  &  bien  deûinccs-, 
celle  entre  autres  du  Pif*  ,    ou  crapau  I 
"Amérique  ,     mérite  d'Être  confideréei  I 
quelque  choie  4e  ûïifculier  que  d'y! 


voit  fut  le  dos  de  cet  animal  tous  les  pe- 
tits œufs  dont  nous  avons  parlé  ;  les  uni 
font  ronds  &  ouverts  comme  des  bouton! 
de  fleur  ;  les  autres  à  demi  ouverts ,  hif" 
fent  voir  le  petit  crapau  prêt  à  éclorre; 
d'autres  font  tout-à-fait  ouverts  ,  &  on 
remarque  auprès  ,  le  petit  crapau  qui  en 
eft  Ibrti.  Quelque  plaifir  que  faffe  la  lec- 
ture de  ce  Recueil  ,  on  fent  qu'elle  ne 
fçauroit  dédommager  de  celui  qu'on  doit 
avoir  en  voyant  le  Cabinet  même  de  l'Ait* 


Genefisfive  Mosn  Prophète  liber  pri* 
mus,  ex  tranflatione  Jo*n>tis  Cle- 

rici  cum  ejufdem  Para phrafi perpétua, 
Commcntario  Philologico  ,  Diffcrta- 
lionibus  Critîcis  quinque  ,  &  Tabulis 
Chronologîcis.  Editio  fecunda ,  auc- 
tior  &  cmendatîor.  Amjltlo.-t<mi ,  apud 
Htamum  Hihciu.  1710.  in  fol.pagg.  386. 

Mo  si  s  Prophetae  Libri  quaruor ,  Eio- 
dus,  Leviticus,  Numen  ,  &  Deutcro- 
nomium  ,  ex  tranihtione  Joannis 
Clhkici,  cum  ejufdem  Paraphrafi 
perpétua  ,  Commentarîo  Philologico, 
Differtationibus  Criticis  ,  &  Tabulis 
Chronologîcis  ac  Geographicis ,  Editio 
nova  ,  auctior  6c  emendatior.    A'i'jlt- 

Éamï  ,     apud   Henricum   Scbtiit,   17 10» 
foJ.  r*SS-  <7'-    C'eft-Vàïtf. 
s 


4io     Journal  des  Sçavans. 

Les  tinq  Livres  de  Moyfe,  traduits  far  M. 
le  Clerc  ,  qui  y  a  jtsi/tt  une  Pjraphra/i 
continué  ,  un  Commentaire  Philologique , 
dit  Dijfirtttinns  Critiquei  ,  &  des  TMti 
Cbranelogiques.  Seconde  Edition  ,  revùï 
Ç3"  .lugmentie.  A  Amflerdam  ,  chez 
Henri  Schelte. 

Vf  R.  le  Clerc  mit  au  jour  ce  grand  Ou- 
1V1  vrage  en  itçy,  &  dans  le  XLII. 
Journal  de  l'année  Avivante  ,  p.  803.  oh 
publia  un  très -court  Extrait  du  premier 
volume  ,  qui  comprend  la  Genele.  Cette 
féconde  Etritinn  nous  donne  lieu  de  nous 
étendre  un  peu  plus  qu'on  ne  fit  alors. 
Dans   l'Avertiffement   ,    l'Auteur  allure 

3u'il  a  reformé  fon  ftyle  en  plufieurs  en- 
roîts  ,  &  qu'il  a  corrigé  avec  foin  toutes 
les  fautes  qu'il  a  pu  découvrir,  foitqu'e!- 
]es  vinlTent  du  Libraire,  foit  qu'elles  vinf- 
fent  de  lui-même.  11  avertit  aufïï  que  les 
additions  qu'il  a  faites  à  fon  Ouvrage, 
font  plus  confîderables  par  le  nombre, 
qu'elles  ne  !e  font  par  la  longueur  ;  & 
qu'elles  confident  principalement  en  de 
nouvelles  autorité*. ,  tirées  de  l'Ecriture, 
ou  des  Auteurs  profanes  ,  &  appliquées 
à  differens  fujets. 
Trois  Bifiertations  commencent  le  pre- 
mier volume.  La  prenùwe  «mm  de  la 
Langue   -Hébraïque.    M.  \t  Caw  *<•&, 


A  v  m-i     If  il 

pas  pcrfuaJé  qu'elle  foit  plus  a 
les  autres  Langues  Orientales.  Il  prétend 
que  la  Langue  d'Adam  &  des  autres  hom- 
mes qui  avoient  vécu  avant  le  Déluge,  fe 
perdit  à  la  conitruction  de  la  Tout  c 
Babel,  &  que  les  enfans  de  Noc,  en  : 
difpenanc  ,  en  emportèrent  différens  di«. 
lefles  dans  les  pais  qu'ils  allèrent  peupler. 
Selon  lui  le  Chaldéen  ,  l'Arabe  &  l'Hé- 
breu font  des  dialectes  de  la  première 
Langue;  ce  font  des  Langues  également 
dérivées  de  celle  d'Adam-  C'elt  ainfi,  a- 
jouie-t-il,  que  l'Italien,  l'Efpagnol ,  8c 
le  François ,  viennent  du  Latin.  Bien 
loin  d'ajouter  foi  à\  ce  que  difent  les  Rab- 
bins, que  la  première  Langue,  qu'ils  fup- 
pofent  être  l'Hébraïque,  fe  conierva  dans 
la  famille  d'Heber,  Si  qu'Abraham  qui  la 
parloit  l'enfeigna  1  fes  enfans  ;  il  s'appli- 
que à  prouver  que  les  defeendans  d'He- 
ber, &  Abraham  même  jurqu'à  l'âge  de  ' 
près  de  quaue- vingts  ans,  parlèrent  ta  Lan- 
gue Chaldaïque.  Dans  ce  temps-là  le  lan- 
gage qu'on  a  depuis  nommé  Hébreu  é- 
toit  en  triage  dans  le  pais  de  Chanaan;  & 
ce  fut  dans  le  pais  de  Chanaan  qu'Abra- 
ham l'apprit  ,  en  oubliant  le  lien.  Voici 
les  preuves- fur  Iclquellcs  on  établit  que 
l'Hébreu  ÔC  le  Cananéen  doivent  étrere- 
gardei  comme  une  même  Langue.  \.L.es 
"  Dms  propres  des  lieux  ,  S;  même  à« 
■aunes  du  pais  de  Chanaan  ,  [oraçwt- 

S   2.  ïtttHS. 


4iï  Journal  du  Sçh 
ment  Hébraïques,  i.  Il  ne  paroit  nulle 
part  que  les  Chananeens  &  les  Ifraélites 
euiïent  beibin  de  Truchemens  pour  s'en- 
tendre. 3-  Jofcpli  voulant  paroitre  Egyp- 
tien ,  fe  fervit  d'un  Interprète  pour  par- 
ler à  Tes  frères.  Cet  Interprète  parla  Hé- 
breu  Tans  doute  ,  &  cependant  il  n'étoie 
point  de  la  Maifonde  Jacob,  car  ilauroit 
ailëment  découvert  ce  que  Jofeph  vouloit 
cacher.  4.  Tous  les  mots  qui  nous  ref- 
tent  de  la  Langue  Phénicienne  font  Hé- 
breux, j.  La  Langue  Hébraïque  cil  ori- 
ginairement la  Langue  d'un  peuple  idolâ- 
tre ,  tel  qu'étoient  les  Chananéens.  Le 
mot  Ekhim  ,  Dieux  ,  y  lignifie  fouvent 
Dieu  ;  &  d'un  autre  côte  cette  Langue  a- 
bonde  en  expreffions  qui  attribuent  à 
Dieu,  un  corps,  &  des  pallions  humai- 
nes. Daasla  fuite  de  fa  Diflerration.M. 
le  Clerc  montre  que  la  Langue  Hébraï- 
que eft  demeurée  très-pauvre  ,  parce  que 
les  Sciences  &  les  Arts  ont  été  négligez 
chci  les  Hébreux  *  que  cette  pauvreté  y 
a  introduit  beaucoup  d"ambigmtez;àcau- 
fe  de  la  neceffité  où  l'on  ctoit  d'appliquer  un 
mêmeraotàpluiieurschofes  différentes  ;  8e 
que  les  Hébreux  ne  fe  font  mis  en  peine 
ni  de  cultiver  leur  Langue,  ni  de  former 
leurs  Diicours  l'uivantles  règles  de  la  Rhé- 
torique. On  trouve  une  li  grande  uni- 
formité de  ftyk  dans  tt>\K  V  rvciâeti  Tefta- 
tnent,   qu'il  pstoit  b\îu  c^t  àççià&WwKt 


tems  de  la  Captivité  deBityïonc, 

gue  no  changea  point  ;    mais  peu- 

jette  Captivité  les  Juifs  appiitent  le 

.daïque.    Ils  continuèrent  à  le  parie? , 

me  après  leur  délivrance;   &  c'cioit  la 

ngue  vulgaire  de  Jerulâlem  du  temps 

JeHis-Chrilt. 

La  féconde  Differtatîon  roule  fur  les 
'radu&eurs,  &C  fut  la  manière  de  iraduire. 
,' Auteur  y  rend  compte  de  la  fienne  en 
aiticulier,  Il  s'elr  propofé  de  tendre  6- 
ellemcnt  le  texte  des  Interprètes ,  de  de 
:  conformer  à  leur  faailuaùan.  Soi  la 
n  il  parle  des  Traducteurs  qui  ont  tra- 
aillé  pendant  le  feiziéme  ficelé  ,  <k  au 
Dmmencement  du  dii-feptiéme .  &  il 
■ur  préfère  ceux  qui  ont  paru  depuis.  Le» 
lifons  de  cette  préférence  font,  r.Queces 
erniers  ont  eu  de  plus  grands  fecours.  i. 
Ju'ils  n'ont  point  eu  ,  comme  les  autres» 
c  prit  diftrait  par  les  querellesde  Religion. 
Jous  pouvons  affurerà  la  louangeuudix- 
rptiéme  iïecle,  dit-il,  que  la  Philologie 
acrée  y  a  été  plus  cultivée  qu'elle  ne 
ivoit  cié  pendant  les  deux  mille  ans  qui 
t'oient  précède.  De  là  font  vertus  tant 
'cxccllcns  Ouvrages ,  qui  facilitent  l'in- 
Jlîgence  de  l'Ecriture  ,  ces  Bibles  Poly- 
lottcs,  ces  Dictionnaires ,  &c.  mais  ce 
iii ,  Mon  lui ,  manquait  le  plus  a  tout 
juxqui.oni  vécu  avant  le  feiziéme  Cède, 
Ctoit  la  Ciitique,  Il  excepte  S-  Jciôrae, 
Si  «s» 


414        JOURNALDESSÇAVANS. 

.qui  en  confeilloit  l'étude  ,  *  qui  s'y  ap- 
pliquoït  lui-même  l'criciUemenr. 

Dans  la  troiliéme  Dill'ertation  ,  M,  le 
Clerc  recherche  qui  cil  l'Auteur  du  Pen- 
tateuque.  11  obferve  d'abord  que  lescho- 
fes  dont  la  mémoire  s'eit  confervée  dans 
le  Pentatcuque  ,  font  arrivées  ou  avant 
Moïfe  ,  ou  de  foti  temps  ,  ou  après  lui. 
Jl  croit  que  Moïfe  mit  par  écrit  les  faits 
de  la  première  efpece,  mais  qu'il  lesavoit 
-emprunté  des  Ouvrages  des  Patriarches  qui 
a  voient  vécu  avant  lui.  Pour  les  évene- 
mens  qui  ont  rapport  à  lu: ,  on  ne  peut 
douter  qu'il  ne  foit  Auteur  des  Ecrirs  qui 
les  renferment.  A  l'égard  des  autres  faits, 
ou  même  de  fa  mort ,  M.  le  Clerc  dit 
cu'il  ne  veut  pas  nier  qu'on  n'en  doive 
1  Ecrit  à  une  autre  main  qu'à  celle  de 
Moïfe-  Cette  dernière  remarque  ne  re- 
garde guéres  que  le  dernier  Chapitre  du 
Deuteronome.  L'Auteur  a  foin  de  ré- 
pondre à  la  plupart  des  objections  qu'on 
lire  ordinairement  des  autres  endroits  du 
P  entât  eu  que. 

Dans  le  corps  de  l'Ouvrage  ,  chaque 
page  prefeute  au*  yeux  trois  chofes  ;  fça- 
voir  la  Verfion  Latine ,  la  Paraphrafe ,  5c 
le  Commentaire.  La, Verfion  commen- 
ce ainfi  ':  i.  Cœlts  &  ttrrarn  initia 
ertAVÏt  Dtm.  i.  Terra  inanis  v  inteua, 
ttligo  Jit/>r*  Ab-yffum  irai  ,  mevebatnrqut 
/upra  aguam  Sfiritut    Dm.     î-   DîkiV  titra 


Otlàx;  êey&l**.  H  pi» 
Joie*  en  cette  bttc  : 
nifimm  didit  Htm  ,  HfH,  M> 
«rtWvif,  3.  t»  i  ttrrttrdUr  , 
?-**rtr*t ,  çàft*  f"4  wûvirf»  m 
Miktiti*  trét ,  ttmkris  tmum  tir  S  fi* 
Éili  jsnMwfaut  s.  ts  «£»,  pm* 
«►>.#«,  éftëjmH.kum  Kà/knvAùi 
ïïtjHét**,  **  oirnn ,  JW»  -*w«>, 
AToadriemtfcfetp<MTOir;aaffi  truc 
f  ici  le  CotumtnMJTt  de  M.  le  Clerc 
eti  trois  varftte.-maiic*  Commentaire 
<Jroft  trop  de  place. 
.•cxpIiciCQn  de  la  Getiefe  eft  ftrivic  do 
t  Differmion».  Lt  première  traitede 
orne  &  des  trois  astres  Villes  dont 
Me' raconte- Il  deflrodHon.  On  parie 
a  fertilité  merveilleufe  de  la  contre» 
:!)es  étaient  fanées ,  &  des  excès  hoc* 
4  de  leurs  habltans.  Ils  en  furent  pu- 
l'unc  manière  étonnante,  8c  leur  fup- 
:  eft  le  principal  objet  de  l'attention 
A.  le  Clerc.  Il  obferve  que  la  terre 
a  vallée  qu'ils  occupoient  étott  toute 
plie  de  bitUme  ,  de  foulfre,  6c  d'eaux 
couloient  en  partie  du  Jourdain,  Se  en 
e  de  divers  ruifleaux  qui  venoient  des 
tagnes.  Plufieurs  Auteurs,  qu'il  cite, 
ivent  ainfi  les  environs  de  la  Mer 
te,  d'où  il  eft  aifé  de  conclurre  que 
nain  que  cette  Mer  couvre ,  &  qui 
:rmoit  autrefois  les  quatte  villes  cri- 
S  4  m- 


'416     Journal  dis  Sçàvan  s. 

minelles,  étoit  de  même  nature.  Cela 
fuppofé  ,  M.  le  Clerc  explique  ainii  ce 
qui  leur  arriva.  Dieu  étant  irrité  contre 
ces  villes ,  la  foudre  tomba  du  Ciel  .  & 
alluma  de  toutes  parts  le  bitume  Se  le  foul- 
fre.  Cet  e  moralement  pénétra  jufcjues 
dans  les  entrailles  de  la  terre,  &  tout  ce 
qu'il  y  avoit  de  combullible  étant  confir- 
mé, les  eaux  fuccederent  au  feu ,  rempli- 
rent les  cavitei  qu'il  avoit  faites ,  Si  ache- 
Terent  de  fapper  ce  qui  pouvoit  encore 
fervir  à  foutenir  la  fuperficie  de  la  terre. 
Ainfi  tour  fut  abîmé.  Le  miracle  de  cet 
événement,  fi  on  en  croit  M.  le  Clerc, 
ne  confifte  que  dans  la  circonfiance  du 
temps ,  Se  ce  qui  perfuade  que  c'a  été  un 
miracle  ,  ce  font  principalement  les  Dif- 
cours  des  Anges ,  qui  l'ont  prédit  avant 
qu'il  fut  arrivé. 

M.  le  Clerc  examine  dans  l'autre  Dif- 
fertation ,  fi  la  femme  de  Loth  fut  véri- 
tablement changée  en  une  flatuè  de  (el. 
Plutôt  que  de  fe  refoudre  à  croire  cepro- 
dîge ,  il  donne  aux  exprefllons  de  Moïfê 
tuiféns  figuré,  8c  il  tâche  de  les  accorder 
avec  ion  opinion,  qui  eft,  que  la  femme 
de  Loth  mourut  de  frayeur ,  ou  qu'elle 
fut  étouffée  fubitement  par  quelque  va- 
peur maligne  qui  fottit  de  la  terre.  Le 
nom  de  lUtuë  lui  convint  a  caufequ'elle 
demeura  immobile  :  pour  ce  qui  eft  da 
felj  il  iuffii  a  l'Auteur  d'en  trouver  di 


d'ï 


Avril     1711.  ^t? 

terre  où  U  mort  furprit  cène  femme. 

Le  fécond  volume  contient  l'Exode, 
;  Levitiquc,  les  Nombres,  8c  le  Deute- 
onome.  M.  le  Clerc  n'y  répète  rien  de 
:e  qu'il  a  dit  dans  te  Commentaire  de  la 
Genefe  ,  &  il  fe  contente  d'y  renvoyer 
les  Lecteurs  lorfque  les  mêmes  difficultés 
fe  prefentent.  Cela  fait  que  ce  volume 
qui  devroit  naturellement  être  trois  fois  plus 
gros  que  le  premier,  n'eft  cependant  que 
d'une  grofJeur  raifonnable.  Nous  remar- 
querons, en  partant,  qu'il  infere  quelque- 
fois dans  fa  Paraphrafe  des  conjectures  Se 
des  idées  étrangères,  qui  fëmbkroicm  de- 
voir être  refervées  pour  Je  Commentaire, 
En  voici  un  exemple  ,  Exode,  Chap.  1. 
jt.  8.  No-vus  tnitr  hu  in  k%j/>is  Rix,  qui 
Jofohum  non  Mptntf  ,  «.»N<  tfi.  0.  h 
auttm  populo fuo ,  en,  induit  ,  ijfatitarim 
pepulus  numirofut  tjl  ,  noii/que  latidior. 
Paraphr.  i.  Ea  itmfefiait  /irait  s  ^£^yptum 
inftrhrcm  invaftrt  ,  nique  arum  Dhx 
•vlctii  v£*ypiiii  imptritavit  ,  quUanan 
divtttt  dt  Jsfcpho  ,  tujus  memorta  gniiam 
ifraëtiiis  ,  apitd  ^yptiei  ptpinrat.  lraqm 
Irntfiiii  olim  ,  ab  Jacôliiftîo,  in  inftrioùt 
v£fjpù  Rtgts  ,  adcoque  ^^gypiios  omms, 
collati  ,  rationtm  nuilam  habuit  ,  &c.  Il 
n'eft,  comme  on  voit  ,  fait  aucune  men- 
tion dans  le  texte,  ni  des  Arabes ,  ni  de 
leur  Chef,  ni  de  leur  conquête  de  l'E- 
pie, Ces  nouveau*  faits  font  liiez  d' 
S  j  y 


5 

\am 


** 


4  rS     Journal    deiSç»v*ns. 

paflage  de  Manethon  ,  que  Jofephe  rap- 
porte  dans  Ton  premier  Livre  contre  Ap- 
pion,  &  qu'on  trouve  ici  dans  le  Com- 
mentaire. Manethon  dit,  quedes  Paileurs 
s'emparèrent  de  la  haute  8c  de  la  baffe 
Egypte,  &  fe  choifirent  un  Roi  nomme 
Salatis.  Jofephe  prend  ces  Pafteurs  poui 
les  Ifraelites  ;  mais  au  jugement  de  nôtre 
Auteur  ,  qui  fuit  Marsham  ,  Jofephe  fc 
trompe.  Marsham  conjeflure  que  Salatis 
même  fut,  au  contraire,  ce  nouveau  Roi, 
qui  ne  connoiffant  ni  Jofeph,  ni  Tes  bien- 
faits,  perfecuta  les  Ifraelites.  A  cettecon' 
jefture  on  en  ajoute  une  autre  fur  Ton  pais, 
&  on  le  fait  Arabe. 

Le  Commentaire  fur  le  Deuteronomt 
eft  fuivi  d'une  Dillerration  fur  le  partage 
de  la  Mer  Rouge.  M.  le  Clerc  le  repre- 
fente  en  cette  manière.  Un  vent  de  Nord 
fouffla  toute- la  nuit,  pendant  le  refluxj 
les  eaux  de  la  Mer  fe  retirèrent  du  côté 
du  Midi ,  beaucoup  plus  loin  que  dans 
les  reflux  ordinaires  ,  les  Ifraelites  panè- 
rent par  l'endroit  qu'elles  aroient  abandon- 
ne1. Elles  ne  s'élevèrent  point  comme 
deux  murs  ,  à  droit  &  à  gauche  :  elles  fe 
partagèrent  pourtant,  mais  ce  partage  cob- 
iîftoit  en  ce  que  toute  la  Mer  Ctoir  d'un 
côté,  &qu'il  ne  manqua  pas  de  rciler  de 
l'aulre  certaine  quantité  d'eau  .  dans  des 
creux  que  le  vent  n'avoit  pii  de(Tech*r. 
Les  £gypti«i5cr\ueirtçoMiok     " 


Avril     171t.  «r9 

le  retour  des  eaux  ,  mais  leurs  chevausSc 
leurs  chariots  s'enfoncèrent  dans  le  Table, 
&  le  Sus  les  ayant  furpris  ,  ils  furent 
tous  noyez.  Après  aroir  donné  cette  idée 
du  paflige  de  la  Mer  Rouge,  M.le Clerc 
y  cherche  quelques  miracles-  Le  vent 
de  Nord  ,  dit-il  ,  ne  devoir  peut-être 
pas  fotiffler  ce  jour-là  ;  peut-être  qu'au 
contraire,  le  vent  de  Midi  devoir  fouffler, 
fi  Dieu  ne  l'eut  retenu.  Peut-être  que 
fuivant  les  règles  ordinaires ,  le  reflux  eût 
été  beaucoup  moindre.  II  y  eut  du  mi- 
rade  non-feulement  dans  le  choixdu  vent, 
mais  aufii  dans  fa  force  extraordinaire, qui 
mit  à  fec  des  efpaces  de  terre  que  la  Mer 
avoir  toujours  couverts  jufqu'alots  ,  8î 
qu'elle  n'a  jamais  laiffé  voir  depuis.  Enfin 
on  ne  fçauroit  nier  qu'un  événement  de 
cette  nature  n'ait  été  un  miracle,  puïfque 
Moïfe  l'avoit  prédit,  &  qu'il  avoit  même 
afluré  que  les  Egyptiens  periroient  ;  ce 
que  nul  efprit  humain  n'avoit  pu  prévoir, 
llétoit,  au  contraire,  plus  vrai-fembl»- 
hle  que  les  Egyptiens  ne  feroient  pas  allez 
jnfenfez  pourfuivre  le  peuple  d'Ifraé]  dans- 
ut!  trajet  fi  périlleux.  M.  le  Clerc  a  joint 
à  cette  Diflertatîon  une  traduction  des 
trois  premiers  Chapitres  de  l'Hiftoire  des 
Dixmes,  par  Selden.  Des  Tables  Geo- 
graphiques  ,  &  desTables  Chronologiques, 
terminent  ce  volume. 

S   6  "Cfr 


'rf"jM&V   'Si  B,oc 

Coo»«  l«J  chlÈ„ni  H=^ 
prime"1  « ■■*■ 

in  A.   PP-  +  .      t-U.O  .    C 


„    >«■  ici  q»'™e  ! fi  doarW  c 

Vitutal"  »«  'ft  [(«»««  'toi!  (», 

^'""nTOit^'^fcS.uOiV*" 


Avril    tjw,  4« 

s  ,  &  les  autres  maux  qui  uw 
rdinairement  les  Vieillards.  L'eC- 
ne ,  accablé  fous  le  poids  des  hu- 
n'a  plus  Ta  même  vivacité  ,  5c 
lions  de  l'ame  languiflenr  dansun 
mguiflant.  Nôtre  Auteur  étend 
lions,  &  deicend  dans  desdétails 
:  voir  qu'il  a  une  grande  connoif- 
le  l'eeconomie  du  corps  humain, 
s'il  ne  dit  rien  qui  puifle  iniliuire 
iecins,  du  moins  les  Médecins  ne 
t  l'accuferd'en  fçavoirmoîns  qu'eux 
laiicre  dont  il  les  entretient. 

I  Frdnccifts  fur  an  fujels  ttriz  Ht  FE- 
e,  à  1.  II.  voix,  w  B*Jfe  continue  i 
■  avec  fymphonie  ;  c?  parût  fans  fym- 
t.      Par    Mademtifttle    ]  s  c  QJJ  e  T 

AGutlnE.  Lî-vrt fteend ,  conte- 
Adam  ,  U  Temple  rebâti ,  U  Déluge, 
h.    yipaté,    v   Samfon.     A  Paris, 

Chriftophe  Ballard  ,  feul  Impri- 
du  Roi  pour  la  Mufique ,  rue 
Jean  de  Beauvals ,  au  Moni-Par- 
711.  in  fol.  pagg.  78. 

m  01  s  elle  Deîaguerre  publia 
î  premier  Livre  de  Cantates  fur  la 
'année  1708,  &  nous  parlâmes  de 
.vrage  dan»  le  premier  Journal  de 
fuivante,  pag.  18.  Nous  n'avons 
ajouter  aux  remarques  générales 


rçft 


A-i     Journal  des  Sçavans. 

que  nous  fîmes  alors,  finon  que  le  fticcès 
a  répondu  à  ce  qu'on  avoit  lieu  d'efpe- 
rer.  La  majeflédes  fujets  ,  la  force  &  la 
beauté  des  vers,  la  noblcflé  ,  la  variété, 
h  nouveauté  des  chants  &  des  accompa- 
guemenS)  l'ont  emporté  fur  les  préjugez. 
La  Vérité  a  eu  fon  effet  ordinaire.  Elle 
a  charmé  même  ceux  qui  ne  fe  plaifoient 
qu'à  chanter,  ou  à  entendre  chanter  des 
vertus  fabuleufes,  8c  de  faux  prodiges. 

Ce  fécond  Livre  renferme  fîx  Cantates; 
fçavoir ,  deux  à  voix  feule  j  deux  à  I. 
voix  ,  avec  fymphonie  5  &  deux  à  II. 
voix.  Mademoiselle  Ddaguerre  a  cru 
qu'elle  feroit  plus  de  plaîfir  par  cette  di- 
verfité,  que  fi  elle  ne  donnoit  que  des 
Cantates  a  une  voix  ,  comme  dans  le  I. 
Livre.  Voici  l'ordre  &  le  précis  de  ces 
nouvelles  Pièces. 

Adam.  Première  Cantate  à  ■voix  feule. 
La  félicité  de  l'homme  innocent ,  Se  les 
malheurs  de  l'homme  criminel ,  font  la 
matière  de  cette  Cantate.  On  y  adrefle 
toujours  la  parole  à  Adam.  On  lui  pro- 
pofe,  dans  le  premier  état,  une  réflexion 
qui  auroit  pu  contribuer  extrêmement  à 
l'y  maintenir: 


Sur  loi  It  travail,  h  douleur, 
La  mort  r.'n  point  reçu  d'empite; 
Tu  n'as  encor  d'aatrt  malheur, 
êlSt  lafHtJfantt  de  le  nuire. 


.1  Temple  heiati, 

;  à  I.  voix,  a-vtt  /ymphenie.  Ceux  du 
lèlites  qui  n'étoient  pas  affez  âgez  pour 
oir  vu  le  premier  Temple  ,  Font  d'à* 
ord  éclater  leur  joye  à  l'afpeét  du  fé- 
cond. 

Sonna.  Trompettes ,  &e. 
Oo  -mit  déj*  finir  de  fes  ■vaftes  ruines 
Ce  Temple  fi  fameux ,   l'honneur  de  Ss- 

lomon  ; 
Cyrus  a  dégagé  lu  preme/fet  divines. 
Et  par  fe;  foins  prédits  fe  relevé  Sim, 

§ue  iallegrefje  ,  fJT"c 

Les  Vieillards  ,  qui  avoîent  confervé 
l'idée  de  la  magnificence  du  premier  Edi- 
fice ,  interrompent  la  fêle  par  des  plaintes 
qu'on  anétc: 

ICeftt  trijies  Vieillards,  Ce. 
Ce  font  lu  eccur:  qui  fini  la  jaimeté  du 
Temple  ; 
Ci(fex.  d'en  regretter  l'éclat. 

La  joye  devient  générale. 

Le  Dudgï.  Trmftimt  Cantate ,  à  II. 
■voix.  M.  De  la  Motte  reprefente  dans 
cette  Pièce  ,  h  Juflice  de  Dieu,  les  cri- 
mes des  hommes ,  &  le  Déluge,  <3jâ  «i 


424     Journal  des  Sçatâms. 

fut  la  punition.  L'Arche  qui  fauve  l'in- 
nocent ,  Se  l'Are-en-Ciel  qui  raflure  la 
terre  ,  font  fucceder  à  la  trifteffe  8c  à 
l'épouvante  ,  des  mouvemeus  dejoye, 
qu'on  a  foin  de  tempérer  par  une  reflexion; 

Sur  les  Mortels  qui  doivent  naître 
Un  fembUbU  cour roux  ne  doit  plus  éclater; 
Mail  Ut.tn  deviendront  feut-ftre 
Plut  hardis  à  te  mériter. 


.  Joseph.  Quatrième  Cantate  ,  à  voix 
feule.  Les  peintures  qu'on  y  voit  apprrn- 
.  ment  a  éviter  les  attentions  dangereufes, 
&  rendrnr  le  vice  très-odieux.  La  cir- 
conilance  du  manteau  abandonné  ,  mar- 
quée dans  l'Ecriture  ,  ne  pouvoit  guéres 
être  plus  îngénieufement  exprimée  qu'elle 
l'cft  dans  ces  vers: 

ElUprtffi, 

31  refuft ,  ilfmt,  fff  lui  laijfe 
De  quoi  je  vanger  dit  refus. 

Jephte'.  Cinquième  Cantate  ,  à  if. 
voix.  Tout  interene  dans  cette  Cantate. 
Les  paffions  les  plus  vives  y  font  naître 
des  inilruétions  très-utiles,  La  reiblution 
du  père  étonne;  l'obéiflancedc  la  fille  at- 
tendrit ;  ils  fe  foumettent  l'un  &  l'autre, 
mais  quelle  différence  de  caractères  ! 


i^««ni 


Avril    1711.  Aas 

Quanti  jfefA/*'  murmure  frfiimit, 
S*  jiUt  plu,  transmit» ,   t»  l'offrant .    U 

tonfile , 
Héroïque  vitlimt,  tlle-mSrne  affermit 

Le  iras  timide  qui  i'tmmeie. 

Sams  oh.  Sixième  CuM»,  à  7.  W«, 
avec  fymphentt.  L'Ameur  y  dépeint  I» 
faibles ,  les  Ibuftïances ,  &  le  triomphe 
de  Sarafon.  Ce  Héros  ,  fur  le  point  de 
renvsrfer  le  Temple  de  Dagon,  adrefle  à 
Dieu  cette  prière; 

fafre  pat  ejui  et  peuple  jeiiïffi 
triomphe  qu'il  l'eli  promu: 
J'ai  mérité  la  mo't,rsr  tu  m'y  vtti  fournis ,' 
Trop  heureux  qu'avec  moi   l'idolâtre  (f 


A  en  moti  il  rtmpt  t< 


On  doit  Ravoir  bon  gré  a  MonfieurDe 
la  Motte  &  à  Maderaoifellc  Dela^uerre. 
d'avoir  ramené  la  Poêfic  &  la  Muiiquc 
à  leur  première  inllitution  ,    en  les  em- 

floyant  a  louer  l'Etre  fuprêine ,  8t  à  celc- 
rcr  les  véritables  Héros. 

Differutio  Inauguralis  Medica  de  Para- 
doïis  Mcdids  precipuis  quamDeo  cle- 

tmenter  benediceme  ,  8cc.  pro  gradu 
Do&ortU,  fiiinmifiiue  \n  \ù»c$»>ta.- 


6     Journal  des  Sçavans. 

dicina  honoribus ,  infignihus  &  privile- 
giis  Majorum  mox  capefi'endi* ,  in  Au- 
dirorio  Majori  ,  publicè  ventilabit 
Friuericus  WilhelmusGek- 
leiui  Corf,  Lufar.  Hait  MagJttt. 
Battit  Chili.  Hwktlii.  C'eft  à-dire: 
Differtation  fur  Ut  principaux  l'aradexn 
de  Méritant.  Par  Frédéric  Guillaume 
Gehler.  A  Hall ,  de  l'Imprimerie  de 
Chrétien  Hencfcel. 

TE  corps  humain  peut  être  confideré 
J~>  par  rapport  à  fa  matière  j  félon  cet 
égard  les  Anciens  l'ont  appelle  matériel, 
ou  mixte.  Il  peut  être  aufli  confiderépar 
rapport  à  certains  mouvemens  reglei  qui 
le  gouvernent;  &  en  ce  fens  on  l'appel- 
le Vivant,  comme  on  appelle  du  nom  de 
vie  ,  l'action  par  laquelle  il  cil  vifUffi 
Ces  deux  noms  de  vivant ,  &  de  mixtt, 
paroiiTcnt  oppofez,  &  l'emblent  former 
un  paradoxe.  En  effet  ,  qui  dit  milmp, 
dit  corruption ,  ou  chemin  à  la  corrupmn\ 
&  qui  dit  vivant,  dit  le  contraire  en  ap- 
parence. Mais  nous  ferons  voir  ,  dit 
l'Auteur  ,  que  ces  deux  chofes  ne  font 
point  oppofées  ,  &  qu'étant  bien  enten- 
dues ,  elles  s'accordent  parfaitement,  Il 
prend  de  là  occafion  de  parler  de  plufieurs 
autres  paradoxes  femblables,  qui  font  des 
faites  de  celui-là,  ik  qu'il  explique  !i  fond. 
Ceux  qui  feront  curieux  4c  iqw  «  <\u1I 


.  ces  matières ,  pourront  confultet  U 

.-nation  même,   qui  eft  bien  écrite, 

.s  qui  ne  contient  aucune  découverte, 

rien  dont  nous  croyions  devoir  entre- 

:nir  ici  les  Lecteurs, 

;.  Cirspi  Sallustm  quœ  exilant  i  cum 
nolis  integris  Glateani,  Rivii  ,  Ciacco- 
nii,  Gruteri,  Carrionis,  Manutii.Put- 
fchii ,  Doufa:  :  feleftis  Caitilionci ,  C. 
&  A.  Popma:,  Palraerii,  Urfini.J.Fi. 
Gronovii,  &c.  Accedunt  Julius  Ëxfih 
perantius,  Porcius  Latro  ;  &  Fragmen- 
ta Hiiioricorum  Vet.  cum  Nolis  A. 
Popra*.  Recenfuit  ,  Notas  perpétuas 
&  Indices adjecit  Josephvs  Wassi, 
Coll.  Rc^in.  apud  Cantab.  Socius  i  8c 
Nobiliil"  'Marchioni  de  Kent  a  Sacris 
Domefticis.  Prscmittitut  Salluflii  Vita, 
Auflore  V.  Cl.  Joanne  Cleri. 
Cantabrign  ,  Typis  jtcadtmuîs  ,  apud 
CtnuUttm  Crownfield  ,  Ceieberrim*  AtÂ- 
demU  Typograpbum.  1710.  C'e(l-à-dire: 
Ce  qui  nous  refit  des  Ouvrages  di  Saltuffe-, 
*vtc  Ut  Noies  entières  de  GUrean,  rjrc.  ej- 
Us  Notes  cheifiss  de  Cofiigliont ,  î$ç. 
y  «  joint  Julius  Exftipcrantius  ,  Perciut 
Litre  ;  v  les  Fragmms  dis  mutas  Hifit- 
rîtns ,  avec  Us  Notes  d'/l.  Popma  ;  Edi- 
tion procurée  par  Us  (oins  de  Jofepli  Waf- 
irUbîe  d'amples  Commentaires, 
7  à'me.  V»  àe  Sfltti%  % 


418    Journal  Dît  Sçavaks. 

etmpafit  pat  Jean  le  Clerc.  A  Cam- 
bridge, de  l'Imprimerie  del'Univerfité, 
chez  Corneille  Crownfield ,  8cc.  \y\a. 
in  +.  pp.  sji  pour  les  Guerres  de  Cati- 
lina  8c  de  jugurtha;  pp.  3S4.  pour  les 
Fragmens;  pp.  168.  pour  les  Tables. 

*L  nous  refte  peu  d'Auteurs  Latins, dont 
*  le  texte  ait  reçu  plus  d'altération  de  la 
part  des  Copiftes  &  des  demi-Sçavans.que 
celui  de  l'Hiilorien  Sallufte.  Son  ftyle 
coupe,  les  traits  imprévus  qu'il  y  entre- 
mêle, les  fréquentes  illipfti  qu'il  employé, 
J'affeiSation  de  certains  mots  &;  de  certains 
tours  furantiei,  ont  donné  îicu  à  quan- 
tité de  glofes.  Se  de  reftitutions  préten- 
dues ,  qui  n'ont  fervi  qu'à  défigurer  cet 
Auteur.  Les  Critiques  des  deux  derniers 
liecles,  qui  fefont  chargez  du  foin  de  le 
rétablir  dans  fa  première  pureté,  8c  de  le 
rendre  plus  intelligible  ,  s'y  font  pris  di- 
verfement,  par  rapport  aux  divers  talens 
qui  les  diftingu oient ,  ôc  n'y  ont  pas  éga- 
lement reùiE.  Les  uns  peu  inquiets  des 
difcuiïions  grammaticales  ,  fe  font  appli- 
quez à  donner  du  jour  aux  penfées  de 
l'Hiitorien,  par  des  réflexions  politiques, 
ou  des  remarques  hiftoriquei  ;  &  de  ce 
nombre  font  Ommbunus  ,  Zanchius,  7 
nUnfn,  PiiUUgU),  Ca/liglhi>e ,  Rnptrt,< 
winktl ,  Ltccer.ÎHs ,  Sec.  Les  autres  fc 
fermant  dans  ce,  <\u\  eft.  4i\e&jr.t 


Bine- 

fi.,'. 


Avril     on,  A*5 

Critique  &  de  la  Grammaire,  n'ont  penlé 
qu'à  la  correction  du  teste,  &  à  l'édait- 
ciflement  des  parafes  obicures  &  irregulic- 
res,  8c  tels  font  Glmranus ,  Biiîm,Ciacc9- 
nius ,  Aidi  Marina ,  Ojpricn  Se  Attjcne  Paf- 
tna ,  Carrion ,  Dohza  ,  Patrturiui ,  FhIvims 
Urfmus ,  Put/ch  ,  Gruttr  ,  &c.  C'eft  de 
ce  qui  regarde  ces,  derniers .  que  nous  inf- 
truit  fort  au  long  M.  WaHe',  en  faifant 
l'Hiftoire  des  principales  Editions  de  Sal- 
lufte  qui  ont  paru  jufqu'id  ,  &  en  indi- 
quanrla  plupart  des  Manuk-rits  furlefquels 
elles  ont  été  faites.  Il  n'oublie  pas  dépor- 
ter fon  jugement  fur  chacune  de  ces  Edi- 
tions en  particulier,  &  de  nous  marquer 
ce  qui  fait  le  prix  des  unes ,  &  ce  qui  di- 
minue le  mérite  des  autres.  Il  donne  fans 
héiiter  la  préférence  à  celle  de  Grutir;  6î 
il  a  crû  ne  pouvoir  prendre  un  meilleur 
modèle  pour  la  fienne.  C'eft  donc  avec 
cette  Edition  de  Gruttr  qu'il  a  comparé 
les.divertes  leçons  qu'il  a  pu  recueillir,  tant 
de  pluficurs  Manufcrits  qu'on  lui  a  com- 
muniquez ,  que  de  quelques  Editions  rares 
&  anciennes.  Il  ne  s'eit  permis  cependant 
que  très-peu  de  corrections  dans  le  Texte 
àe  Sallufte;  encore  s'eit-il  contenté  de  les 
propofer  la  plupart  dans  fes  Notes.  Il  a 
fait  imprimer  celles  de  QrMUr,  de  Giarta- 
Mi)  de  Rivius,  de  Ciatcomw,  àcCarrio», 
de  Manuel,  de  Putfch,  &de  Dnwsa.pref- 
que  rouies  entières  ;  5c  edi  i'uixwx,  ^\ms 


43°     Journal  des  Sçavans. 

volontiers  qu'elles  contiennent  l'hifloire 
des  principaux  ebangemens  qui  font  arri- 
ve! au  teste  ,  &  qu'elles  offrent  comme  • 
un  abrégé  de  toutes  les  Editions,  Il  n'a 
retranché  de  ces  Notes  que  celles  fur  les- 
quelles il  ne  s'eft  pas  trouvé  d'accord  avec 
les  Auteurs ,  &  qu'il  a  refermées  dans  les 
Hennés. 

A  l'égard  des  Notes  de  M.  Walfe  que 

l'on  rcncon're  à  chaque  page  ,  elles  font 
deftinées ,  t.  à  juilifier  la  manière  dont 
Gtuttr  alû  divers  partages, &  à  le  défendre 
contte  la  cenfure  qu'en  ont  faite  quelques 
Critiques  poilerieurs  ;  1.  à  rapporter  des 
diverfes  leçons  de  quelques  endroits  de 
l'Hiftorien ,  que  des  Ecrivains  plus  moder- 
nes femblent  avoir  voulu  patoàïir  ;  3.  à 
faire  connoître  les  fources  Gréquesoù  Sa- 
lufte  i  puifé;  ce  qui  n'eft  pas  inutile  quel- 
quefois pour  développer  fa  penfée  ou  fon 
expreffion;  4.  à  montrer  comment  par  le 
moyen  de  quelques  paifages  parallèles  des 
Anciens  on  peut  rétablir  dans  Salluitc  la 
véritable  ponctuation  de  certains  partages 
difficiles  ;  5.  à  comparer  Salluileavec  d'au- 
tres Auteurs,  pour  l'élocution,  Si  à  faire 
voir  la  fuperiofité  du  premier;  6.  à  rele- 
ver certaines  moralitei  empruntées  de 
quelque  Ecrivain  plus  ancien;  7.  à  édair- 
cir  quelque  point  de  Géographie,  d'Hif- 
toirc,  d'Anriquirn,  &c. 

On  voit  à  la  fuite  des  Oura^t*  ta  Sal- 


^A  v  r  i  l  nu.  43t 
lufle  deux  morceaux,  qui  de  l'aveu  deM. 
Wafle  lui-même,  ne  paroifient  ici  guéres 
plus  corrects  que  dans  les  Editions  précé- 
dentes. La  première  de  ces  Pièces  con- 
tient une  hifloire  abrégée  des  Guerres  Ci- 
viles de  Marius,  de  Lcpidus,  &  de  Ser- 
torius,  compofée  par  Julius  Exfuptrantiut, 
&  qui  dans  un  ancien  Manufcrit  de  SalluI- 
te,  fe  trouvoit  a  la  fin  dei  guerres  de  Ca- 
tilma  !■:  de  Jugurtha  :  ce  qui  donne  lieu 
de  foupçonner  que  cet  Ecrivain  pourroit 
hienêtre  quelque  Abbrévinteur  deSallufte. 
Du  relie,  il  nous  vient  de  la  Bibliothèque 
de  M.  pîibm.  L'autre  Pièce  efi  une  Dé- 
clamation de  perdus  Latro  contre  Catilina, 
Cela  eft  fuïvî  des  Fragments  des  anciens 
Hiltoiïens  Latins,  accompagnez  des  Notes 
à'Aufone  Popma,  &  de  celles  du  nouvel  E- 
diteur. 

Des  deux  Tables  qui  terminent  ce  vo- 
lume ,  la  première  cil  des  plus  riches ,  & 
I      des  plus  commodes  pour  ceux  qui  vou- 
dront avoir  Salinité  réduit  en  manière  de 
Lèxicen,  &  former  leur  Ityle  fur  celui  de 
cet  Hiftorien  :  car  outre  qu'elle  en  renfer- 
me tous  les  mots  &  toutes  les  phrafes  ran- 
gez par  ordre  alphabétique ,  M.  VVaflc  a 
«*  foin  d'y  femer  plufieursOblcmiionsde 
Critique  &  de  Grammaire,  ôtquelquesci- 
f*t:jo/»s  de  piiîages  parallèles,  lefquellesen 
î'm/riuantla  fechereffe  infeparable  de  ces 
OrtesrJ'Ounages,  font  çtoçï«  \  «ÈSjs. 


43Î       JOBÏNAL   DES   SÇAYANS. 

la  curiofité  du  Lecteur ,  &  à  réveiller  (on 
attention.  L'autre  Table  indique  les  noms 
de  tous  les  Auteurs  citez,  coirigti ,  ou 
expliquez  dans  les  Notes  de  M.  Wafle, 
avec  des  renvois  à  ces  mêmes  Notes. 

Il  ne  nous  rcfle  plus  qu'à  dire  un  mot  de 
h  Vie  de  Sallulte  ,  qui  fuit  immédiate- 
ment la  Préface ,  &  que  l'Auteur  doit  à 
M.  ItCltrc.  Ce  fçavantôï  laborieux  Ecri- 
vain y  a  raffemblé  avec  beaucoup  d'ordre, 
d'exadiiude  ,  &  de  netteté  tout  ce  qui 
concerne  les  actions  &  les  Ecrits  de  l'HiC- 
torien  Romain.  11  nous  peint  parfaite- 
ment les  mœurs  &  le  caractère  de  ce  fa- 
meux Auteur;  c'eft-à-dire ,  qu'il  nous  le 
repréfente  porté  naturellement  à  démen- 
tir par  fa  conduite  ces  fenrimensd'honneur 
&  de  vertu  qu'il  femble  avoir  pris  à  tâche 
de  faire  éclater  dans  fes  Ouvrages, &  livré 
à  tous  les  vices  contre  lefquels  il  s'eft  le 
plus  déclaré.  Nous  avions  d'abordeudef- 
fein  de  donner  un  Extrait  de  cette  Vie; 
mais  elle  nous  a  paru  écrite  avec  tant  de 
précifion,  que  ne  pouvant  en  inférer  ici 
une  traduction  Françoile  qui  l'expofe  dan! 
toute  fon  étendue  ,  nous  croyons  qu'il 
vaut  beaucoup  mieux  pout  la  propre 
fatisfaction  des  Lecteurs  ,  les  ren- 
voyer à  l'original  même  ,  qui  ne  pour- 
roit  être  abrégé  fans  perdre  beaucoup  ' 
fon  mérite. 


>up  de    I 


va 

rqHH  fur  li  Livre  intitulé ,  Eûai  de 
«ncntaire  fur  les  Prophètes,  par  le  P. 
i  Paul  Pmron.&C.  AdrtJJÏes  ÀM 
ûmeters  des  Mnmirtt  de  Trévoux. 


■J  R.  PERE, 

s  voulez  communiquer  au  Public 
narques  fur  l'Ejfti  d'un  Commentais 
prophètes  par  le  fin  Pire  Pinrm:  vous 
u'un  Auteur  de  cette  réputation  doit 
■uré  quand  Tes  découvertes  ne  font 
■z  bien  fondées  ;  que  Te  taire  d.inv 
ccafion  c'eft  livrer  le  Public  a  de» 

Siui  a  l'appui  d'un  nom  rerpeéU- 
înuent  aifément,  Je  me  rens  à 
bns,  &  je  vous  abandonne  mesre- 
•s.  Je  les  fis  dans  le  tems  que  foa 
parut  ,  &  depuis  tant  d'années  je 
rn  lu  qui  m'ait  obligé  à  changer  de 
:tit  fur  les  points  que  je  contefte  à 
bre  Auteur. 

e  m'arrêterai  point  à  relever  ce  qu'il 
ins  !es  pages  18.&19,  où  il  fuppo- 
me  par  tout  ailleurs  que  la  fuccef- 
■s  Rois  Medes,  que  l'Hiftorien  Cte- 
"ait  régner  en  Aiie  durant  306  ans 
Cyrus  Se  après  la  deltruétion  de  Ni- 
Ibit  vetiiable.  Je  connois  plufieurs 
T  per- 

Atiiele  eft  lire  de»  Mémoires  Jtliwni, 


434     Journal   BEI  SçavanS. 

perfonnesdiftinguées  par  leur  érudition  qui 
aiment  mieux  fuivre  la  Chronologie d' Hé- 
rodote, qu'ils  trouvent  s'accorder  parfai- 
tement avec  celle  des  Livres  de  l'ancien 
Tcilaraenr.  Je  ne  parlerai  pointde  cequ'il 
confond  Tilgame  Roi  de  Babylone  avec 
Phul  Roi  d'Affyrie,  fans  en  donneraucunc 
raifon  ,  car  je  îçai  qu'il  n'en  peur  donner 
aucune.  En  effet  qui  ofera  nier  que  Baby- 
lone ait  eu  fes  RoispropresavantNaboiiaf- 
far  ï  Si  donc  Elien  qui  eft  le  feul  Auteur 
qui  rafle  mention  de  Tilgame&deSaccUo- 
ras,  nous  les  donne  pour  des  Rois  de  Ba- 
bylone, un  Ecrivain  modernedetbnauto- 
lité  privée  peut-il  en  faire  des  Rois  de  Ni- 
lÛve?San5  errtrer  dans  ces  qucllions,  je  me 
cémenterai  de  remarquer  que  la  meilleure 
partie  de  ce  que  le  P.  Dom  Paul  Pciron 
nous  débite  de  nouveau  ,eft  fonde  l'ut  trais 
points  qui  font  à  mon   avis   tofoutena- 

i.  Il  aluire*,  &  le  fuppofe,  maïs  fans 
en  donner  aucune  preuve,  que  Jéroboam 
II.  petit-fils  de  Jehu  porta  les  armes  juf- 
qu'aux  confins  de  l'Egypte  ,   &  qu'ayant 

S  ris  fur  les  Syriens  la  Ville  de  Beerfabée, 
:  défait  près  de  Ga7.a  l'Armée  des  Idu- 
méens,  il  s'ouvrit  un  chemin  dans  l'Idu- 
mée  pour  aller  fubjuguer  la  Ville  d'Aila. 
Je  ne  trouve  tien  de  vrai  dans  toute  cr" 

*  F.  44.  ti,  « J.  »v  iv..  \\%.  ttfc 


A  Y  r  i  t     i7n.  43, 

fuppofition.  Jamais  les  Rois  de  Syrie  ni 
ceux  dlfraél  n'ont poifedé  la  VilledeBecr- 
fabée.  Elle  a  toujours  appartenu  à  laTriba 
îi  auxRoisdeJuda,  lefquels  enontété  les 
paifibles  pofierleurs  jufqu'à  la  captivité  de 
Babylone.  J'ofe  affùrer  qu'on  ne  trouver! 
dans  toute  la  Bible  aucun  vertige,  ni  aucun 
indice  qui  puifle  favorilêrmémeindireéte- 
ment  ces  expéditions  prétendues,  tant  du 
Roi  de  Samarie,  que  des  Rois  de  Damai, 
LtVille  d'Ailaavoit  été  conquire  par  Da- 
vid avec  le  refte  de  l'Idumée;  &  cette  Na- 
tion demeura  /"mette  &  tributaire  de  ce 
Prince  6t  des  Rois  de  Jerufalem  Tes  fuccef- 
Jeurs,  jufqu'au  tems  de  Joratn  fils  de  Jo- 
fapbat,  qu'ils  fe  révoltèrent  &  fecouérent 
le  joug.  Aila  étoit  fituée  fur  le  mémegol- 
fe  de  la  Mer  ronge,  où  étoit  Aiiongaber. 
Salomon  6c  Jofaphat  y  rntretenoient  les 

flottes  qu'ils  envoyoîent  en  Ophir.  Je  ne 
fois  pas  artez  bon  Géographe  pour  conce- 
voir que  Jéroboam  II.  Roi  d'ifracl  ait  eu  be- 
foin  de  prendre  fur  les  Syriens  Beerfabée 
pour  fe  faire  un  chemin  dans  le  pais  des  Idu- 
meens,  8c  aller  s'emparer  de  la  Ville d'Aila: 
Les  conquêtes  qu'il  fit  au-delà  du  Jourdain 
lui  frayoient  un  chemin  bien  plus  court  6c 
pin)  facile.  Mais  ce  fut  Ozïll  Roi  de  Juda. 
*qui  reprit  Aila,  profitant  de  la  viâoire  que 
foo  père  Amalias  avoit  remportée  fut  \« 
Iduméens  |  à  qui  il  avoit  même  en\c\é  V». 
T  i  Ni\a 

*  *  %g.  14.  r.  îz,     fi.  r*r.  a«.  «•  *• 


43^     Journal  dis  Sçavàhi. 

Ville  de  Petra ,  &  de  la  guerre  que  le  Roi 
d'Ifraël  faifoit  aux  Syriens.Dom  PaulPezron 
reconnoît  lui-même  cette  expédition  d'O- 
ziasà  la  page  367.  Les  Rois  de  Juda  confer- 
verent  encore  cette  place  importante  pour 
le  commerce  des  Indes  Jufqu'à  cequeRa- 
2in  Roi  de  Damas  s'en  rendit  le  maître,  8c 
Tôta  à  Achaz,  Roi  de  Juda  :  enforte  qu'en 
ayant  chafle  les  Juifs ,  il  la  rendit  aux  Idu- 
méens  qui  l'habitèrent  de  nouveau*.  L'E- 
criture nous  apprend  à  la  vérité  que  Jéro- 
boam petit-flrs  de  Jehu  rétablit  les  ancien- 
nes limites  d'ifraèl ,  mais  ce  fut  en  reprenant 
les  païs  qui  étoient  au-delà  du  Jourdain, 
&qui  appartenoient  aux  Tribus  de  Ruben 
ScdeGad,  &de  la  demi  Tribu  de  Manaflé 
que  les  Rois  de  Syrie  avoient  foumifes  à 
leur  obéïffance  dans  les  guerres  précéden- 
tes.   Elle  dit  même  expreffément  qu«  <:e 
fût  depuis  l'entrée  de  Hemath  ,  &  depuis 
le  Mont- Liban  jufqu'à  la  Mer  morte,  nous 
marquant  par  là  qu'il  ne.pafia  point  dans 
Tldumée  ,  &  ne  pénétra  point  jufqu'à  la 
Mer  rouge.     Ipfe  reftituit  terminos  ljrael  ab 
introitu  Hemath    u/que  ad  mari  folitudinis, 
juxtà  Jermonem  Domini  quem  lotutus  eftperjêr- 
*vum  fuum  ^onamfdmm  Amathi  Prophetam. 
Elle  ajoute  à  la  fin  de  ce  même  chapitre 
que  ce  Prince  ayant  porté  ks  armes  dans 
h  Syrie,   reprit  certaines  places  des  ter- 
ritoires  de  Damas  que  la  Tribu  de  Juda 

wnt 


Ait  x»    1*711»  437 

A  autrefois  p^ffedéea  ;  lprfque  David 
Ânquit  les  Syrien! ,  9c  fournit  à  fon  obétf- 
nec  tout  le  paip  gui  s'étend  depuis  la  Pa- 
jûine  jafqu'i  l'Euphrate.  Ainfi  Jéroboam 
je  porta  ici  armes  qu'au  Nord  &  à  l'O- 
rient de  la  Pateftine  ,  &  nullement  au 
Midi,  ni  dans  l'idumee.  Jofeph  &  Théo- 
doret  à  qui  on  nous  renvoyé  pour  établir 
çcttt  fiéhon,aijK  jjfifent  rien  de  plus  que 
ce  que  je  nêna  de  rapporter.  Tant  s'en 
faut qoe là SyricnsayeitAit  des  progrès 
jufquaux  extrémité?  de  la  Tribu  de  Juda 
aux  tems  des  Rois  Amafias  &  Ozias,  que 
Joas  petit-fils  de  Jehuôc  père  de  Jéroboam 
étqit  plus  que  jamais  en  état  de  leur  en 
fermer  le  paffage,  avant  xem  porté  fur  eux 
trois'  viâoires  confiderables ,  &  repris  les 
Villes  qu'Hazael  avôit  prifes  fous  Joachaz 
ion  père.  Ceft  encore  avec  d'autant 
moins  de  fondement  qu'on  dit  que  Beer- 
fabée  fut  enlevée  au»  Juifs  au  tems  d'O- 
xias  »  puifque  pendant  tout  fon  règne  6c 
celui  de  fon  fils  Joatham  ils  vécurent  dans 
la  profperité  :  après  avoir  vaincu  6c  mis 
à  la  raifon  les  Ammonites  ,  les  Moabi- 
tes  ,  les  Idumécns  ,  les  Minéens  8c  les 
Philiftins  qui  les  inquiétoient.  En  vain 
encore  avance-r-on  fans  permettre  d'en 
douter  8c  d'un  ton  ferme  6c  allure ,  que 
les  commencemens  d'Ozias  furent  mal- 
heureux ,  6c  qu'il  avoit  régné  trente  ans 
entiers  dans  le  défordre  quand  %  vpè.%  %**- 

T  i  \\*. 


438     Journal  des  Sçavans. 

tre  converti  ,  Dieu  le  rendit  victorieux. 
Il  n'y  a  rien  de  tout  cela  dans  la  Bible, 
Elle  nous  apprend  feulement  *que  tandis 
que  Zarharie  Prophète  de  ce  tems  là  vé- 
cut, Ozias  chercha  le  Seigneur  &  fuivit 
exactement  Tes  Ioix  ,  enforte  qu'il  mérita 
de  réunir  dans  toutes  fes  entreprifes.  Et 
quand  l'Ecriture  dans  les  Livres  des  Rois 
&  des  Paralipomenes  commence  le  récit 
de  fon  règne  par  nops  dire  qu'il  fit  ce  qui 
«■toit  agréable  devant  le  Seigneur,  en  imi- 
tant les  bonnes  actions  de  fon  père  Ama- 
fias.  F'tit  qnod  plantum  v  rtiium  t>*t  in 
»tulh  Domim  ,  jaxià  omnin  ijut  ficirai  Ama- 
fi*s  puer  ejas,  elle  nous  fait  affêt  entendre 
que  Tes  commencemens  ne  furent  point 
■auvais  ni  déréglez  ,  &  qu'il  perlevera 
ins  la  vertu  &  dans  la  pieté,  jufqu'à  ce 
qu'enflé  de  l'heureux  fuccès  de  fei  armes 
&  de  fes  conquêtes  ,  1!  fe  mit  en  tête 
de  joindre  la  SaaificSture  à  la  Royauté. 

On  nous  allègue  à  la  vérité  le  premier 
Chapitre  d'ifaïe  qu'on  prétend  avoir  été 
prononcé  8î  écrit  fous  Oîias,  où  le  Pro- 
phète fait  un  long  détail  des  défordres  qui 
regnoient  dans  Jerufalem  Se  dans  fes  dé- 
pendances :  mais  il  fa  adroit  auparavant 
bien  prouver  que  ce  premier  chapitre  re- 
garde ce  qui  s'eft  paflé  fous  Oiias.  Il  eft 
vrai  que  ce  fut  fous  ce  Prince  qu'Haïe 
commenta  à  prophetifer  ,     mais  il  n'eft 

*  a.  JW.  17-  4-  tr  S.  ***»  "■  *» 


m 

h  V   *  1  L      1711.  ,3, 

pis  certain  que  tous  les  chapitresquicora- 
pofent  aujourd'hui  le  Livre  de  [«Prophé- 
ties, ayent  été  compilez  félon  l'ordredes 
teins  auxquels  ils  ont  été  écrits  ou  pro- 
noncez, Ozera-t-on  dire,  par  exemple, 
que  dans  la  compilation  des  Prophéties 
de  jeremie  on  ait  fuivi  exactement  l'ordre 
des  teins  !  Pour  peu  d'attention  qu'on 
apporte  en  lifant  onell  convaincu  ducon- 
traire.  On  peut  alTûrcr  la  même  chofe 
de  la  compilation  des  Prophéties  d'iàïe. 
Pour  moi  je  fuis  perfuadé  que  pour  met- 
tre quelque  ordre  chronologique  dans  le 
Livre  d'Haïe  ,  il  auroit  fallu  mettre  à  la 
tête  le  chapitre  feptiéme  dans  lequel  le 
Prophète  témoigne  qu'il  s'étoit  tenu  dans 
*  filence  avanr  la  vtHon  qui  y  elt  rappor- 
:.  Vt  mihi  tjuia  racui  ,  V  <J"i"  vr  ptU 
J*(mj  lab'tii  ege  fam.  Sur  cela  Dieu  lui  fait 
purifier  les  lèvres  par  un  Seraphim,  &  lui 
ordonne  de  faire  à  l'avenir  la  principale 
fonction  des  Prophètes,  qui  étoit  de  re- 
montrer au  peuple  les  égarcmens  ,  de 
reprendre  fes  vices,  &  d'annoncer  la  vé- 
rité :  ce  qui  montre  qu'lfaie  n'avoir  point 
encore  commencé  à  prophetiler  quand  il 
a  eu  cerre  viiion  ,  ce  qui  n'arriva  que  la 
dernière  année  de  la  vie  d'Ozias  :  In  anna 
qao  monuus  tjl  Rix  oxjtts,  C'eft  pourquoi 
mon  fentiment  elt  que  ce  qui  cft  contenu 

Idans  le  premier  chapitre  ,  do«  eue  m^j. 
qaé  des  dèfordics  6c  des  ma\Ueu«  o\\\e*l 
T  4  » 


■ 


440     Journal   du  Sç 

Juifs  tombèrent  fous  leur  Roi  ^chaï. 
paroles  qu'on  nous  dte  :  lerra  veHrade- 
fui»,  civiiates  viflr*.  fuccenfefunt  ignî ,  ter- 
rant vtfirata  aUtni  dévorant  ,  £5f  dcjulatur 
Jiciii  in  vaftitate  ho/idi.  Ces  paroles,  dis-je, 
expriment  Succinctement  tout  ce  qu'on  lit 
au  chapitre  :8  du  i  livre  des  Paralipome- 
oes,  des  maux  que  firent  aux  Juifs  fujeis 
d'Achaz,  les  Syriens,  les  Ifraéi.tes des  dix 
.Tribus,  les  Iduméens  Si  les  Philiftins. 
.  2.  Dom  Paul  Peiron  croit  avoirtrouvé 
le  denoûmcnr  d'un  grand  nombre  de  diffi- 
culté! qu'on  rencontre  dans  la  leâure  fur 
tout  des  petits  Prophètes  ,  en  fuppofant 
*  Trois  différentes  irruptions  des  Scythes 
dans  ht  Palelline.  Lnprtmiere,  dit  il,  aitt 
Vannée  trngt  jixiéme  dit  liai  Owas  qui  tant- 
mandait  *  Jmifiilem.  La  féconde  s'eji  fait* 
vers  la  deuxième  année  de  Jo/tai  Roi  dt  Ju- 
an, cfiuf  le  règne  de  Cyaxares  Monarque 
dis  Medci,  La  ireifiime  r.'eft  arrivée  qu'a- 
prh  lu  captivité  de  Babyloni  vers  les  dernier! 
ums  du  Roi  Xirxes.  La  première  ejl  prédite 
drmsAmos,  &  plus  amplement  dans  Joël: 
lfait  v  Evihirl  en  font  suffi  mention.  La 
féconde  ejl  annomée  par  le  Prophète  Sophmie, 
V  t'tjl,  ce  me  femble ,  le  féal  au't  en  parle , 
encore  U  fait-il  d'une  manière  imperceptible. 
Pour  U  troijiéme  elle  e/i  nettement  marquée 
dans  Joël ,  dans  R&Mil ,  (y  dans  Zaeharie. 
Ut 

Pref.    p.   ÏZÎ.  IS+-    10».  »Ti.  ïi*.  \«.  1\V 


..;- 


Li  découverte  de  ces  trois  irruptions  de» 
peuples  de  Scythic  ,  jufqu'en  Palefline ,  cil 
comme  la  clef  avec  laquelle  le  nouvel  In- 
terprète des  Prophètes  prétend  nous  don- 
ner l'intelligence  de  leurs  oracles,  cVnout 
faire  voir  ce  qu'ils  ont  de  plus  caché  fous 
leurs  expreffions  métaphoriques  &  figurées. 
Mais  de  ces  trois  irruptions  des  Scythe! 
qu'il  nous  allègue  fans  cerTe  .  il  n'y  a  que 
la  féconde  qui  fort  certaine  &  véritable, 
les  deux  autres  font  entièrement  fabuleufes. 
On  nous  prouve  "  cependant  la  pre- 
mière par  le  témoignage  de  Callinus  an- 
cien Poète  Grec  cité  par  Strahon  .  IttjHtt 
fiori(fuii,  dit'on,  <m (wnwyiww dit ofyru - 
pîades,  ou  peut-être  mime  auparavant  ;  car 
U  a  précède  de  plufieurs  années  le  célèbre  Ar- 
ch'dothus  qui  félon  Hérodote  vhwil  feus  Can* 
daules  ,     £5*  fi"'  K?3«  Primes  du  Lydtins. 

■  C'eft-a-dire  qu'il  itetl  du  tims  d'Eucbiat  & 
du  Prophète  Ifaie  vers  U  XV.  tu  XVI.  O- 
lympia.de.  On  ajoute  l'autoiité  de  Stiaboa 
bi  de  Clément  Alexandrin  qui  font  Archi- 
lochus  moins  ancien  que  Callinus.  Tout 
ceci  efi  confirmé  par  l'hifloire  de  Paul  O- 
rofe  qui  met  l'irruption desGmmeriens  & 
des  Amaiones  trente  ans  avant  lafondation 
de  Rome.     Tune  etiam  Am<ix.enutn  Gtntit, 

'  &■  ÇÎmmtrierum  in  Afiam  reptntinus  incur- 
fu>  plurimam  dite ,    lait  vajlationem  pagem- 
aite  edidit.  Or  PauIOrofc,  ccjïK.yowiV}wkv 
T   s  ï<* 


44^  Journal  dis  Sçavans. 
Pczron ,  n'a  point  dit  cela  au  hazard  :  il 
l'avoit  appris  de  Troge  Pompée  qui  avoit 
beaucoup  parlé  de  la  Nation  des  Scythes , 
ou  de  quelque  autre  Auteur  quin'eft  point 
venu  jufqu'a  nous. 

Pour  répondre  à  toutes  ces  preuves,  je 
dirai  premièrement  qu'il  n'eft  point  aifé 
de  fixer  le  tems  auquel  ont  vécu  Callinus 
&  Archilochus.  Clément  Alexandrin  qu'on 
nous  cite  dit  que  Callinus  étoït  à  la  vérité 
plus  ancien  qu' Archilochus ,  mais  de  fort 

peu*       Kei?Xïv&i  Si  irptrCultpèç ,  $b  fAtutp».        Il 

met  Archilochus  dans  la  vingtième  Olym- 
piade :  ce  qui  revient  au  tems  de  Manaf- 
fes  Roi  de  Juda.  Eufcbe  l'a  imité  en  cela 
dans  fon  Canon  chronologique  :  en  quoi 
ils  fuivent  ce  qu'on  lit  dans  Hérodote, 
qu' Archilochus  Parien  florifioit  environ  le 
tems  auquel  Gyges  regnoit  en  Lydie,  après 
avoir  fait  mourir  le  Roi  Candaules.  Ce- 
pendant Diphilus  de  Sinope  Poëte  Comi- 
que cité  par  Athénée  a  mis  Archilochus 
au  nombre  des  amans  de  Sapho ,  qui  fé- 
lon le  même  Athénée  *  &  les  marbres 
d'Arondel  vivoit  fous  Alyattes  Roi  de  Ly- 
die père  de  Crœfus,  fils  de  Sadyattes,  & 
petit-fils  de  Gyges;  c'eft-à-dire  vers  le  tems 
que  Jechonias  Roi  de  Juda  fut  emmené 
captif  à  Babylone  par  Nabuchodonofor, 
ce  qui  donne  à  croire  qu'Hérodote  n'aura 
point  inarqué  au  jufte  l'âge  d'Archilochus. 

Mais 
*  Athca.  1.  jj.p.  3$>j. 


Avril  nu, 
Mais  quoi  qu'il  en  foit,  le  témoignage  _  . 
Callinus,  comme  il  eft  rapporte  dansStra- 
bon  ,  ne  nous  apprend  autre  choie  (înon 
qu'auparavant  que  les  Treres  ou  les  Thra- 
ces,  qu'on  mettoit  au  nombre  des  Cim- 
meriens  à  caufe  du  voiiînage  de  la  Cher- 
foncfe  Cimbrique,  ayant  palfé  leurBofpho- 
re  etiflenr  ravagé  à  Lydie  &  ruiné  la  ville 
de  Magnefie ,  la  ville  de  Sardes  avoir  déjà 
été  prife  par  les  Cimraeriens.  Aliam  an- 
ticjuiortm  Cimmintrum  irruptientm  mtmornt 
Callinus,  hHûu: 

Nï»   f  i.TÎ   KiftfHfimY  çfil^    Ifitftt,  ipZfii/i, 

IfjMI. 
At  ruine  Cimmtrîorum  ixtrckui  imminct  airox. 
In  ijuà  irrupliom  captai  tffe  Sardsi  ofienàh. 
S'enfuit-il  de  cette  expédition  des  Cimme- 
riens  dans  la  Lydie  qui  étoit  fitnée  à  l'ex- 
trémité Occidentale  de  l'Alie  mineure ,  que 
les  Scythes,  ou  même  les  Cimraeriens. 
foienr  entrez  alors  dans  la  Syrie ,  &:  ayent 
pénétré  jusqu'au  fond  de   la  Paleftine? 

Mais  Dom  Peiron  Te  trompe.  LesCim- 
raeriensnonplus  que  les  Thracesn'étoient 
point  regardez  comme  Scythes  par  les 
Grecs.  Ils  habitoient,  comme  j'ai  dejadir, 
la  Cherfoncfe  Cimbrique  ,  ou  les  Palus 
Meotides,  que  nous  appelions  aujourd'hui 
la  Crimée.  Ils  furent  obligez  d'abandon- 
ner leur  pais  pour  é»iter  les  entrain.  4w 
k Scythes  qui  venoient  fondte  ïui  eM*.    \\*  ] 


444     Jouas  al  des  Sça 

entrèrent  en  Afic en  allez  petitnombrc^ 
ce  que,  comme  Hérodote  le  rapporte  dans 
fon  quatrième  Livre  ,  il  en  étoit  péri  un 
grand  nombre  dans  une  guerre  inrelïine 
qui  s'étoit  élevée  parmi  eu*  au  premier 
bruit  de  la  venue  des  Scythes.  Ayant 
côtoyé  le  l'ont-Euxin,  ils  fejettercnt  fut 
la  Lydie,  &  prirent  la  Ville  de  Sardes. 
Strabon  dans  fon  premier  livre  nous  ap- 
prend que  leur  Chef  le  nommoit  Lygda- 
mis,  &  qu'ayant  continué  fes  courtes  jul- 
<ju'en  Cilicie.il  y  périt  enfin  avec  fon  Armée. 
Pour  fçavoir  au  jufte  en  quel  teins  les 
Cimmeriens  quittèrent  leur  pais  pour  paf- 
fei  en  Afie  ,  on  ne  peut  confulterque  l'Hif- 
rorien  Hérodote;  cet  Auteur  étantlefeul 
«rai  nous  ait  lailFé  une  fucceffion  eiaéfe 
des  Rois  de  la  Lydie  dont  Sardes  étoit  I» 
Capitale.  D'ailleurs  comme  fon  lems  étoit 
aflei  proche  de  ce  qu'il  en  a  écrit ,  &  qu'il 
étoit  delà  Province  d'Ionie  voiline  de  I» 
Lydie,  laquelle,  félon  Strabon  .avoitaujli 
beaucoup  fouffert  de!  iocurfions 
■raeriens,  fon  témoignage  en  cil  d'autant 
plus  recevable.  llnous  apprend  donc*ûiw 
les  Cimmeriens  pourfuivis  par  les  Scythe» 
prirent  leur  route  le  long  du  Pont  Luxin, 


2 n'en  continuant  leur  voyage  ils  bànrent 
ans  une  manière  de  prefqu'lik 
Sinope  en  Paphlagonic  ;   qu'ils  firent  < 
Juitédcs  courfes  dans  la  partie  Occidentale 


Hmd.'.  .  1. 1-  u.  i 


ville  de 
:nt  en* 

dentale 


Avril     1711.  ^45 

de  l'Aue mineure,  faccagerent  &  pïUetent 
la  Lydie  ,  &  même  l'Ionîe,  prirent  Sar- 
des où  regnoit  Ardys  fils  de  Gygcs,  qu'ils 
ne  purent  néanmoins  fe  tendie  maîtres  du, 
Châtcauj  que  les  Scythes  n'ayant  pu  les 
fuivre  d'aflez  près,  Se  ne  fçachant  quelle 
route  ils  avoient  prife  ,  entrèrent,  ayant 
à  leur  droite  le  mont  Caucafe  ,  dans  la  - 
Medie  où  ils  défirent  Cyaiares  Roi  des 
Medes;  qu'ils  avoient  à  leur  tête  le  Roi 
Madyes;qu'apà'S  s'être  fournis  la  meilleu- 
re partie  de  la  haute  Afie  ,  ayant  formé 
le  deJkin  de  pénétrer  jufqu'en  Egypte  ils 
vinrent  enPaleiline,  oùquelques-unsd'cm 
brûlèrent  le  Temple  Je  Venus  à  Alcaloh  j 
que  cependant  les  Cimmeriens  furent  dé- 
faits &  chafiez  de  l'Afie  mineure  par  S*> 
dyattes  fils  &  fuccetleur  d'Ardys  ,  ce  qui 
prouve  qu'ils  ne  s'étoient  gueres  éloignez 
des  Etats  des  Rois  de  Lydie.  Voilà  en 
peu  de  mots  ce  qu'Hérodote  raconte  des 
irruptions  des  Cimmeriens  &  des  Scythes, 
auiïi  bien  que  de  leurs  dift'érens  progrès. 
Tomes  ces  chofes  arrivèrent  dans  le  mê- 
me tems,  &  environ  celui  auquel  Jolias 
regnoit  en  Judée.  Le  témoignage  8c  l'au- 
torité de  cet  excellent  Auteur  qui  a  méri- 
té a  bon  titre  d'être  appelle  /(  Père  dt 
l'HiJlt/ire,  &  qui  a  marqué  (i  exactement 
le  tems  &  les  drconfUnces  de  ces  évenc- 
mens,   doit,    cemefemble,   l'emportée 

Iu-deiîiis  de  celle 'de  TauYOKfo  hs&s» 
T  7  'S 


Ï446  Journal  des  SçaVans. 
peu  exaét  qui  a  écrit  plus  de  çooansaprès. 
Dom  Pezron  fe  trompe  "  quand  il  s'ima- 
gine que  Paul  Otofe  aura  pris  de  Troge 
Pompée  ce  qu'il  a  écrit  ,  que  les  Cira- 
aieriens  &  les  Amazones  font  entre?,  en 
Aïe  trente  ans  avant  la  fondation  de  Ro- 
me. Juftin  Abrevjateur  de  Troge  Pom- 
pée parle  de  trois  irruptions  des  peuples 
venus  de  h  Scythie  ,  impcrium  Jfî*  ter 
qiufitrant.  11  met  la  première  avant  Ni- 
nus  ,  &  la  troiiîéme  avant  Darius  fils 
d'Hyftarpes,  c'eft-â-dire  au  teins  que  les 
Medes  dominoient  en  Afie,  mais  pour  la 
féconde  qui  e[t  celle  des  Amazones  ,  il 
dit  qu'elle  arriva  mtdio  umport,  long-tems 
avant  la  guerre  de  Troyc,  &  feptouhuit 
cens  ans  avant  la  dernière.  II  ne  connoit 
point  d'expédition  plus  récente  de  ces  Hé- 
roïnes. Maii  ce  qui  efl  fur-tout  à  remar- 
quer, c'eïft  que  les  plus  grands  progrèsdes 
Amazones  ,  félon  Juftin  t>  furent  dans 
l'Europe  du  côté  de  la  Thtace  &  de  la 
Grèce  ,  d'où  elles  parlèrent  dans  l'Afic 
mineure,  où  elles  s'emparèrent  de  quel- 
ques Villes  ,  &  bâtirent  celle  d'Ephefe. 
Itaijtit  majore  parti  Europe  fubaC'IA  ,  si  fit 
quarjHi  nonrmllas  civitaiti  o^tupa-vere.  lui 
Ephtfa  multifque  aliis  mbi  ut  cendilis ,  fur- 
ton  txtrcttûs  atm  ingenti  prtdà  demw 
mutant.  Tout  cela  eft  tiïtt.  conforn 
ce  eue  Strabon  a  écrit  de  côté  8c  d'iui 

"f-  t?t.    t  Jnfi.  (.*-«.* 


A  t  i  i"l     1711.  44? 

des  Amazones,  auffi  bien  que  Diodorede 
Sicile  aux  Livres  i.  &  î.  de  Tes  Hifloires. 
Voilà  ce  que  Troge  Pompée  nous  aura 
laide  touchant  les  courfes  des  Amazone» 
que  Paul  Orofe  joint  à  celles  desCimrae- 
riens.  On  ne  trouvera  rien  dans  tousces 
Auteurs  qui  puifle  fervir  à  autorifer  ce 
qu'on  nous  débite  aujourd'hui  d'une  ir- 
ruption des  Scythes  en  Paleiline  au  tems 
du  Roi  Ozias. 

Je  ne  m'arrêterai  point  à  relever  tout 
ce  qu'on  dit  fur  lech.  7.  d'Amosau  fujetde 
ces  mots  de  la  vcrlîon  des  Septante  :  Si 
tjlendit  tnihi  Dominai  ,   £3"  ecct  ftetus  toaif- 

Htiui  Gog  Rtx  ;  d'où  on  infère  qu'au  tems 
d'Amos  qui  prophetifoit  fous  Jéroboam  II. 
&  fous  Ozias,  un  Roi  Scythe  ravagea  la 
Paleiline  :  ces  mots ,  dit-on  ,  font  clairs 
&  aifez  à  entendre,  au  lieu  que  dans  cet 
endroit  il  n'y  a  rien  que  d'obfcur  dans 
l'Hébreu  qu'on  peur  ainli  traduire  à  1»  let- 
tre :  Et  teee  tjfrBh  heufi*  gertninamt  ftro- 
ïmof^,_  &  ua  fmthmm  fiauim  ft/t tm- 
flânera  regiarn ,  jeu  prittpm  fient.  Quand  on 
accorderait  que  les  Septante  ont  lu  dans 
leur  Texte  le  nom  de  Gog  R«  ,  tien  ne 
nous  obligeroit  à  accorder  que  le  Prophète 
parle  du  Roi  de  Scythie  qui  fut  prêt  a  en- 
trer en  Paleiline,  plùtôrque  de  l'irruption 
kdu  Roi  Gog  dont  parle  ËiecMel  <i\\  y« 
reriâe  jamais  un  fait   par   utic  Ttto^aRSSt  I 


EJoPïl  H  AL  DE  î  S  ÇAVAN!. 
:ure,  mais  il  faut  que  le  fait  foit  bien 
avéré  pour  fervir  à  vérifier  une  Prophétie: 
au  rcile  fi  les  Septante  ont  traduit ,  bn- 
chus  unui  Gag  Rtx,  on  ne  doit  point  con- 
duire qu'ils  ayent  lu  dans  l'Hébreu  autre- 
raentqu'on  lit  aujourd'hui.  C'étoient  d'ha- 
biles Cabalifles  qui  par  des  permutations 
de  lettres  &  de  mots  fe  plaîfoient  à  trou- 
ver des  fens  qui  avoîcnt  rapport  à  leurs  i- 
dées.  Nous  n'approuvons  pas  le  (gavant 
Auteur  dans  ce  qu'il  dit  la  des  Septante. 

La  troifiéme  irruption  qu'on  place  *a- 
près  le  retour  des  Juifsde  Babylone  fur  la 
fin  du  règne  deXerxes,  n'eft  pas  pluscer- 
taine  que  la  première.  Le  nouveau  Com- 
mentateur ne  nous  allègue  que  l'auiorité 
de  Theodoret  qui  n'en  parle  que  comme 
d'une  hilloire  qu'il  a  apprire  par  le  cacial 
des  Juifs.  Nous  ne  voyons  pas  que  cette 
tradition  foit  venue' jufqu'auï  Rabbins  dont 
nous  avons  aujourd'hui  les  commentaires 
fur  l'Ecriture  ,  ils  tiennent  le  contrai:  e. 
Theodoret  l'aura  prife  fans  doute  du  litre 

3u'on  lit  dans  la  verfion  Syriaque  à  la  tête 
u  chap.  jj.  d'Ezcchiel.  Di  Gog  c-  &l*gn 
qui  afitndttunl  contrk  est  (  judiùi  )  ^Mindl 
nfccndcrunt  dt  Babylsnc.  L'Interprète  Ara- 
be a  conlervé  ce  titre  dans  fa  vcrlion. 
Comme  néanmoins  ,  ni  l'Ecriture  ,  ni 
Jofeph»  ni  Hérodote,  ni  Xcno  I 
aucun  Hiitorien  n'ont  pain;  parlé  de  cette 
autte 
»  F.  aï°,  î*o.  ïTS.  rtlt»**'  *f«- 


;y-  -■  Atiji    1711.  «9 

ÎUtre  irruption  des  Scythes,  de  queTroge 
Pompée,  fi  on  s'en  rapporte  àl'Epitomeae 
Juilin  ,  a  placé  la  dernière  avant  Dariui 
pere  de  Xerxes,  on  eft  en  droit  démettre' 
cette  tradition  rapportée  par  Theodoret& 
dans  la  Verfion  Syriaque,  au  nombred'u- 
ne  infinité  d'antres  fables  qui  le  font  dé- 
bitées par  les  Juifs  &  les  Chrétiens  du  Le-1 
vant.  En  effet  les  hilïoires  de  ce  tems-ft 
font  foi  que  Darius  fils  d'Hyilafpes  fit  ren- 
trer les  Scythes  dans  le  fond  de  leur  par»; 
que  ceux  qui  étoïent  voilais  des  Perfes& 
des  Medes  rejoignirent  à  eux  dans  la  fa- 
meufe  expédition  de  Xerxes  :  ce  qui  frit 
voir  qu'ils  n'étoient  pas  en  état  de  ravager 
Jes  terres  &  les  païs  dont  les  Perfes  de* 
meurerenr  les  paifibles  poiTeireurs  jurqu'an 
tems  d'Alexandre  le  Grand, 

Enfin  Dom  Pezron  veut  cous  appren- 
dre qu'il  y  a  eu  deux  tranfmigrations  des 
dix  Tribusd'Ifraè'l*.  Lapremieres'ertfaite 
par  Salmanafar ,  &  la  féconde  que  nous 
ne connoiffions pas,  eft, dit-il,  arrivée  fous 
Aflaràddon  Roi  d'AilrrrCj  plus  de  40  ans 
après  la  première.  Il  promet  d'en  donner 
des  preuves ,  mais  en  attendant  qu'il  le 
faffe,  il  me  permettra  que  je  leprévienne. 
Se  que  je  dife  qu'il  n'en  peut  avoir  d'autres 
que  celle  qu'il  a  trouvée  dans  leCommen- 
taire  de  Dujon  ,  autrement  Junius ,  qui 
«pliquant  ces  mots  d'tfaïe ,  ch.  7.  v.  1».  -Aà- 
faw 


4JO    Journal  dis  Sçayans. 

hue  fixaglnta  tfmnqm  ann'i  ,  cr  tttfinct  E- 
phtatm  ijfe  fopulus ,  a  prétendu  que  le  Pro- 
phète a  voulu  dire  que  dans  6j  ans  le  Roi 
d'Aflytie  emmeneroit  en  captivité,  tous 
ceui  de  h  Tribu  d'Ephraïm  &  des  dix 
Tribus  d'ifraël  que Salmanafar  auroitlaifiei 
dans  leur  pais ,  eiiforte  qu'il  n'en  refteroit 
plus  aucun.  Temporibus  Mtaafikis  quitus 
Bfar-chaddan  deporiavît  relîquias  llraéiii;fivt 
ii  fixagefimm  qwnttts  ttanus  futrii  ab  hac 
PrepheiU  ,  fivt  ab  txitia  Syrie,  quod  quart» 
pt/2  anno  ad  fummkm  geftum  ift.  Ce  qu'il 
explique  encore  plus  au  long  dans  la  note 
fuivanre  fur  ces  mots  :  Ut  n»n  fit  populus , 
OÙ  il.  dit  :  tri  efl  lotus  ita  atterewr  ut  Rem- 
fuklham  naltam  emninv  habtat  ,  hoe  uutem 
tHW dem'ùtn  accidii  rjUiinda  rcliqu'lA  depirtat» 
/mit  ,  nor.  amern  mm  À  Salmnnafare  deviêH, 
taatuin  tx  parte  funr-int  déportait;  quod  fac- 
tura ili  pojl  annei  qua-i  novemdeâm  ab  hAc 
frcpbeiià,  à  qui  tempare  ufque  ad  deportati»- 
nem  ab  Efar-C.haddoae  faclam  intercejferum 
tomi  firme  juad-  igintafix,  quibui  futfui- 
runt  Ifraeiith  Re/publict  Mettn^m  tenues. 
Maistants'en  fautqu'Aflaraddon  ait  tranf- 
portéles  reftes  desdiiTribusqueSalmana- 
far  avoit  laines,  que  par  le  ch.  34-  du  i. 
livrcdesParalipomenes  V.6.&9.  par  les  6. 
&  7.  de  Judith",  &  par  le41.de  Jeremiev. 
f.  nous  apprenons  que  plufieurs  années  >■ 
près  h  mort  d'MTmdàoTl'àvimûe  &  les 
Villes  d'alentout  ctownx  ekow  V*»fe« 


A  v  ji  i  t     1711.  4j» 

par  quantité  d'Ifraélites  des  dix  Tribus. 
Ainfi  il  faut  donner  une  autre  explication 
aux  paroles  d'Ifaïe. 

Qnpeutdire,  eemefemble.que  lePro* 
phete  parle  Je  ce  qui  arriva  au  refle  de  la 
Tribu  d'Ephraïm  environ  46  ans  iprès  la 
captivité  de  Salmanafar.loriqu'Alïaraddon 
Jloi  d'Affyrie  envoya  enPalelline  des  Colo- 
nies tirées  de  différens  pais  que  lui  &  fei 
ancêtres  avoient  fubjuguei,  ôi^eur  donna 
les  Villes  de  la  Tribu  d'Ephraïm ,  c<  prin- 
cipalement celle  de  Samarie  qui  étoit  la 
Capitale  du  Royaume  des  dix  Tribus,  à 
habiter.  Par  le  nouvel  établiflement  de  ce* 
étrangers,  la  Tribu  d'Ephraïm  qui  avoit 
poffedé  long-tems  la  Royauté  Te  confon- 
dit avec  eux  ,  &  perdit  l'erperance  A'iltt 
jamais  gouvernée  par  fes  propres  Chefs,  & 
!  decompofer  encore  tin  Corps  de  Republi- 
l  que,  &  de  la  fortcelle  ccfiapounoùjours 
1.     d'être  ce  qu'on  appelle  un  peuple  fc  une  Na- 

Ition  :  Dtftit  tjfipoputus. 
Je  i'çai  que  60m  Paul  Peiron  prétend  par 
la  fuppolîtion  de  ces  deiutranfmigrations, 
ou  pour  me  fervir  du  terme  qu'il  a  forgé 
fur  les  Scholiesdejnnius,  de  ces  deux  dé- 
,  portations,  réfoudre  une  difficulté  qu'il  trou- 
I  ve  à  accorder  le  verlet  neuvième  du  cha- 
|  pitre  premier  d'Oiëeavec  les  deux  fuivans 
I  10.  &u.  Dieu  apièsavoirditparfonPro- 
I  phete  :  ApptUcz,  le, non  mon  piufli  ^arceqtt 
f     -mu  Jfiaïl  s'jres  pUi  mon  ftuplt  ,    o1  j«nt 


452     Journal  des  Sçavans. 

ferai  plus  votre  Dieu,  il  ajoute  incontinent: 
Les  en/ans  d'Ifra'él  feront  aujfi  nombreux  que 
le  fable  de  la  mer  qu'on  ne  peut  mefurer  ni 
compter  ,<&  il  arrivera  qu'au  même  Heu  où  on 
leur  a  dit  vous  n  êtes  plus  mon  peuple ,  on  leur 
dira  vous  êtes  les  enfans  du  Dieu  vivant.  Car 
les  enfans  de  Juda  fe  rajfembhront ,  &  *wc 
§ux  ceux  d?lfraél  ;  ils  prendront  un  même  Chef, 
(y  retourneront  de  la  terre  étrangère.  „  Les  dix 
„  Tribus  qui  a  voient  été  menées  en  captivi- 
*>  té  dans  la  haute  AfieparSalmanafar,  dit 
M  nôtre  Commentateur ,  ne  font  jamais  re- 
„  venues  de  leur  captivité ,  &  n'ont  plus 
,>  été  le  peuple  de  Dieu  »  mais  les  refies 
»,  d'Ifraël  difperfez  par  Affaraddon  dans  les 
„  terres  de  Pcrfe  &  de  Babylone,  furent 
„  remis  en  liberté  avec  ceuxdejuda  parles 
„  ordres  de  Cyrus,  &  prirent  pour  Chef  & 
„  Conducteur  Zorobabel."  Il  cite  en  mar- 
ge S.  Cyrille  &  Thepdoret,  comme  s'ils 
avoient  autorifé  fon  explication  en  recon- 
noiflant  une  féconde  tranfmigration  fous 
Affaraddon*  C'eft  cependant  ce  qu'on  ne 
trouvera  jamais  en  aucun  endroit  de  leurs 
écrits  ,  ils  difent  feulement  que  plufîeurs 
Ifraëlites  des  dix  Tribus  revinrent  dans  leur 
païs  avec  les  Juifs  fous  la  conduite  de  Zo- 
robabel  :  &  cela  fuffit  pour  lever  toute  la 
contradiction  apparente  de  ces  trois  verfets 
d'Ofée.  Car  ceux  qui  fe  joignirent  aux  Juifs 
qui  reto  urn oient  en  Pakftine  avec  leur  Chef 
Zorobzbcl  ctant  en  çeAitïwcctoL*  ,feita»£* 


A  t  *  i  t  mi.  41, 
pour  ainfi  dire,  confondus  avec  la  Triba 
de  Juda  qui  donna  fon  nom  a  toute  laNa- 

tion  ,  les  autres  qui  relièrent  perdirent  pour 
jamais  l'efperance  de  eompofcr  un  peuple 
qui  fût  nommé  le  peuple  de  Dieu;  Bc  les 
Juifs  avec  ce  petit  nombre  d'Ifraëlites  for- 
mèrent une  République  qui  conferva  tou- 
jours le  nom  d'iïraël  ,  a  caufe  qu'ils  for- 
toienr  tous  de  la  mêmetigequiétoitjacob' 
autrement  nommé  Ifraël.  Cefl  pourquoi 
quand  l'Ecriture  au  4.  litre  des  Roischap. 
17.  ditabfolument  que  ceux  desdu  Tnbui 
qui  furent  emmenez  en  captivité  par  SaJma- 
nafar,  ne  revinrent  plus  dans  leur  pais,  il 
faut  entendre  cela  de  la  plus  grande  partie; 
delà  même  manière  que  Jeremie  parlant 
aux  Juifs  *  qui ,  contre  l'ordre  de  Dieu  qu'il 
leur  annonçoit,  vouloient  fe  retirer  enE- 
gypte  après  la  deftrmftion  de  Jerufalera, 
leurpréditques'ilsyalloient  ils  y  penroient 
tous  malheureufement&nererourneroient 
jamaisenludée,  &  cependant  auchap.14. 
il  dit  qu'il  en  reviendroit  quelques-uns  qui 
fuiroient  les  malheurs  dont  l'Egypte  ctoit 
menacée. 

Ce  qui  a  donné  occafïon  à  Dom  Peiron 
de  donner  dans  ces  fictions,  c'elt  qu'il  s'eft 
imaginéque  Saltmnafar  plaça  tous  les  Ifrae- 
lîtes  qu'il  emmena  en  captivité,  dans  les  en- 
droits les  plus  reculez  de  la  Medie,  où  les 
Jilift  que  Nabucodonotôr  tianiportaÀcîwft». 


4Ï4  Journal  des  Sçatini. 
fon  four  n'eurent  jamais  commerce  a- 
vec  eux.  Maûil  fe trompe, &  la  feule  Icc- 
ture-du  Livre  de  Tobicdevroit  fuffirepour 
le  defabufer.  Tobie  fut  mené  en  captivité 
par  Salmanafar.  La  Verfion  Latine  que  nous 
liions  dans  l'Eglifc,  &  la  Grecque  des  Sep- 
tante font  foiqueceSaint  Homme  fut  me- 
né à  Ninive  avec  plufieurs autres  de  fa  Na- 
tion &  de  fa  Tribu  ,  &  qu'ils  y  réitèrent; 
quec'éroit  dans  cette  grande  Ville  qu'il  prrt- 
tiquoit  toutes  ces  actions  de  charité  que 
l'Ecriture  rapporte  de  lui,  qu'il  les  prati- 
quoit,dis-je, envers  fes  Frères &fes Com- 
patriotes durant  la  captivité  de  Babylonc 
&  avant  le  règne  de  Cyrus.  Daniel  qui  é- 
toit  de  laTribude  Judafutun  des  premiers 
Miniltres  d'Etat  fous  Darius  fils  d'Alfueius 
Roi  des  Medes ,  &  on  peur  juger  de  là  que 
plufieurs  Juifs  de  la  Provincede  Babylone 
pafTerent  dans  les  terres  des  Medes  :  &en 
effet  il  en  étoit  déjà  pafleungrandnorabrc 
dès  le  temsd'Eftherfetnmed'Aiïiierus, en- 
forte  qu'ils  éioient  difperiëi  par  tout  cet 
Empire.  Ces  Juifs  curent  farts  doute  com-  . 
meree  avec  les  Ifraëlites  qui  avoient  con- 
fervé  leur  attachement  pour  la  Loi  de 
Molfe,  telsquetoientles  petits-lilsdcTo- 
bie.ôc  ce  furentees  Ifraélitesqui  rejoigni- 
rent à  ceux  de  la  Tribu  de  Jnda,  lorique 
Cyrus  permitaupeupleduDieudu  Ciel  de 
/erciurnercn  Judée  &  d'y  rétablir  la  Ville  de 
'cruulem.  Le  faint  Homme TcM^i^mt 


A  v  r  i  t     1711, 

prédit  la  ruine  &  lerétabliiTementde  Ii Vil- 
le Sainte,  avoir  auflî  inlpué  à  Ù  Pofterité 
l'inclination  de  joindre  àcem  qui  dévoient 
un  jour  avoir  Je  bonheur  de  travailler  à 
cette  réparation  de  ia  Maifon  de  Dieu  fie 
de  h  Ville  Sainte. 


! 

S 


NOUVELLES  DE  LITTERATURE. 

DE    LE  1PS  IC 

J^J  R.  Zfchacltuitz  vient  de  publier  nue 
Introduction  à  la  connoiûance  du 
Droit  Public  d'Allemagne,  in  I.pp.ii7e. 
Il  fe  plaint  de  ce  que  Ici  Auteurs  qui  ont 
traité  cette  matière  avant  lu:  ,  ont  tous 
écrit  en  Latin.  Outre  qu'il  y  a  bien  des 
perlbnnes  qui  n'entendent  point  cette 
Langue,  il  croit  qu'il  feroit  à  propos  que 
les  jeunes  gens  euffent  une  idée  de  ce 
Droit  dès  leur  plus  tendre  jeunetlé  ;  &  ce 
font  les  raifons ,  dit-il ,  qui  l'ont  porté  à 
écrire  cette  Introduction  en  Langue  Alle- 
mande. 

Comme  on  ne  peut  fçavoir  à  fond  le 
Droit  Public  ,  qu'on  ne  ("cache  l'Hiftoire 
d'Allemagne,  il  en  donne  ici  une  légère 
idée,  &  il  indique  les  Auteurs  qui  en  ont 
écrit  ,  en  faveur  de  ceux  qui  vouitoW. 
featoir  i  fond  cette  Hiïtcmc.    V.t\>w& 


*>r^*S. 


S   : ,  v6°",  co»f"„,.Ti.-.  £  ttl  ». 


«5S^ 


éleâion  .  &  plufieurs  autres  articles  qui 
font  connus.  L'Auteur  fait  trois  remar- 
ques a  ce  fujet.    r.  11  dit  que  plafieuri 

Auteurs  ont  crû  qu'il  y  avoir  deux  Bulles 
d'Or ,  parce  qu'elle  a  été  réglée ,  partie 
à  Nuremberg  ,  &  partie  à  Metz  ;  maîi 
tous  ces  articles,  tant  les  vingt- trois  pre- 
miers ,  dont  les  Electeurs  convinrent  ai 
Nuremberg ,  que  les  autres  qui  furent  ar- 
rêtez a  Meti. ,  ne  cornpofent  qu'une  mê- 
me Bulle.  2.  Quelques  Auteurs  ont  dit 
que  l'Empereur  Charles  IV.  n'avoit  pu- 
bliti  cette  Bulle  ,  que  pour  affurer  l'Em- 
pire a  fon  fils,  L'Auteur  réfute  ce  fenti- 
ment.  Comment  cet  Empereur  auroit-il 
eu  cette  vue,  dit-il ,  puifqu'il  n'avoit  point 
encore  d'enfans  lorfquc  cette  Bulle  fut  pu- 
bliée? Il  faut  oblerver  qu'il  y  a  encore 
deux  autres  Bulles  d'Or ,  qui  ne  doivent 
point  être  confondues  avec  celle-ci,  parce 
qu'elles  n'onr  point  U  même  autorirédans 
Je  Droit  Public  d'Allemagne.  La  première 
contient  les  privilèges  que  l'Empereur 
Charles  IV.  accorda  aux  Ducs  de  Brabant 
en  13*9.  La  féconde  ne  contient  que 
des  Lettres  de  recommandation  ,  qu'An- 
dronic  Empereur  des  Grecs  ,  accorda  à 
Henri  Duc  de  Brunfwicfc  en  1330.  pour 
les  Etats  de  l'Empire. 

La  Pacification  d'Ausbourg  regarde  la 
Religion.  Elle  porte  que  la  Religion  Pto* 

tante  fera  tolérée  en  Allemagne  ,ï«jaft. 


4sS     Journal  sis  Sçavans. 

les  Princes  Proteftans  demeureronrenpof- 
feiïïon  des  biens  Ecclefiaftiques  dont  ut  Ce 
font  emparez. 

Les  PaSa  Convint»  font  des  Loïx  que 
l'Empereur  eft  obligé  d'obfervcr  ,  &  il 
s'y  engage  par  ferment  le  jour  qu'il  eft 
éiû.  La  principale  de  ces  Loix  porte  que 
l'Empereur  n'attentera  directement,  ni  in- 
directement, à  la  liberté  des  autres  Mem- 
bres de  l'Empire;  &  l'Auteur  prétend  que 
les  Electeurs  ont  droit  de  le  dépoffeder 
lorfqu'il  viole  ces  Loix. 

M.  Zfchackvitz  parle  enfuite  desdroits, 
des  prérogatives,  &  des  fondions  de  chi- 
que Eleéteur.  L'Eleéteur  de  Mayenceelt 
le  Doyen  né  du  Collège  des  Electeurs, & 
Chancelier  de  l'Empire  ;  après  fuit  l'Elec- 
teur de  Trêves.  A  l'occalïon  de  cesdeui 
Electeurs  ,  l'Auteur  fe  fait  une  queflion. 
Pourquoi,  dit-il,  les  Ecclefialtiques  ont- 
ils  place  dans  le  Collège,  &  pourquoi  y 
tiennent-ils  le  premier  rang  ï  li  répond 
que  les  Allemands  ont  toujours  été  fort 
religieux.  Avant  même  qu'ils  euflënt  été 
éclairez  des  lumières  de  la  Foi ,  ils  appel- 
aient leurs  Prêtres  dans  leurs  alîirrobiées, 
&ne  décidoient  rien  dans  les  afrairesd'im- 
portance,  Tans  les  avoir  confuîtez.  Cette 
coûtnme  s'eft  toujours  obfervée  parmi  cet- 
te Nation  ,  &  c'eft  la  raifon  pourquoi 
il  y  a  des  Elcitcuis  Ecdeliaitiques ,  (t- 
Ion  lui. 


■ 


L'Auteut  ne  Te  contente  point  d'expli- 
quer  l'ordre  &  les  fonctions  des  Electeurs, 
il  tait  li  généalogie  Se  l'Hiftoir*  de  cha- 
cun d'eux  en  particulier.  Il  donne  enfuite 
une  idée  de  la  Charge  des  Vicaires  de 
l'Empire,  des  cérémonies  qui  t'obfervejit 
dans  les  Elections,  &  au  Couronnement 
des  Empereurs.  Enfin  il  fait  l'énumera- 
tion  de  tous  les  Tribunaux  de  Jufticc, 
dont  les  principaux  font  la  Chambre  Im- 
périale, &  le  Confeil  Aulique. 

Mr.  Reimman  Curé  d'Ermfleben  ,  5e 
Infpeéteur  des  Ecoles  de  la  Principauté 
d'Halberflat ,  s'elr  propofé  de  taire  voir 
au  Public  que  les  Allemands  ont  plus  con- 
tribué à  l'avancement  des  Sciences  qu'au- 
cune autre  Nation.  Dans  ce  deffein  ,  il 
publia  en  1704.  l'Hiftoire  des  principaux 
Théologiens,  des  principaux  Jurifconful- 
tes,  &  des  plus  habiles  Philosophes  que 
l'Allemagne  ait  produit;  8c  il  vient  de  pu- 
blier un  fécond  volume ,  dans  lequel  il 
rapporte  la  vie  de  ceux  qui ,  félon  lui , 
ont  excellé  dans  le»  Sciences  fuivantes,  la 
Méraphyfique ,  les  Mathématiques,  l'Af- 
tronomie  ,  la  Chronologie  ,  la  Géogra- 
phie, &  les  Méchaniques.  Ces  deux  Li- 
vres font  écrits  en  Langue  Allemande. 
]  Comme  le  delTcin  que  l'Auteur  s'eft  pro- 
!  pofé  dans  ce  volume  cil  le  même  que 
celui  qu'il  s'étoit  propofé  dans  le  premier, 
I  il  y  fuit  auiii  h  même  miihoie.  Vix*v 
V  4  -^tycut 


j6o      JOOINIL  Dil    SÇAYANS. 

porte,  d'abord  les  noms  des  Auteurs  Al- 
lemands qui  ont  travaillé  fur  chacune  de 
ces  Sciences.  11  tait  l'Hiftoire  de  leur  vie 
&  de  leurs  Ouvrages-  Il  explique  ce  que 
chacun  de  ces  Auteurs  a  fait  pour  con- 
duire chaque  Science  à  une  plus  grande 
perfection,  &  ce  qu'il  a  répondu  aux  ob- 
jections qui  lui  ont  été  faites  par  les  Sça- 
vans  des  autres  Nations.  Nous  ne  rap- 
porterons point  ici  ce  que  l'Auteur  dit 
fur  toutes  ces  Sciences;  un  exemple  fuffira 
pour  mettre  le  Lecteur  en  état  de  juger  de 
totit  l'Ouvrage.  Arrêtons-nous  aux  Me- 
chaniques.  M.  Reimman  nomme  vingt- 
fcpt  Auteurs  Allemands  ,  qui,  félon  lui, 
ont  excellé  dans  cette  Science.  Jean  Mul- 
iet,  ou  de  Korusberg,  Jean  Srobius.An- 
dré  Stiborius ,  E.  Kunftler,  Pierre  Apia- 
nus.  Gemma  de  Frifc,  autrement  Rcine- 
rus  Gemma,  Georg.  Hartmann  ,  Simon 
Stevin,  Gérard  Mercator ,  ou  Kramer, 
Cornélius  Drebbel,  Pierre  Mormius,  jac- 
Chriftmann,  Jean  Henri  Alftcdias,  l'Em- 
pereur Ferdinand  III,  Ofwald  Nehringer,' 
Jean  Hantfch  ,  George  Chrillophe  Wer- 
ner,Ie  Prince  Rupert,  JoadiimGouholn, 
Jean  Joach.  Bêcher,  Jofcph  de  LocateW, 
Chrétien  Hugcnius,  h.  Weigelius.Ccor- 
ge  Schweiger,  Henri  Schwanhart  ,  Otar- 
ies Landgrave  de  Heffe-CafTel.  Il  rappor- 
te enfuite  ce  que  chacun  de  ces  Auteuis  a 
fait  pour  p.erfe.ttioiiu««M  Science.  J 


rA  Y  *  I  t  1711- 
de  Konisberg  ,  dit-il  ,  fit  une  mouche  1 
fer  qui  voloit  autour  d'une  chambre 
venoit  enflute  fe  percher  fur  I»  main  ae 
fon  Maître,  d'où  elle  étoit  partie.  '  Il  fit 
un  aigle  qui  vola  au  devant  de  l'Empereur 
Friderie  III.  la  longueur  de  cinq  cens  pas, 
&  retourna  enfuite  à  l'endroit  d'où  il  etoil 
parti.  M.  Reimann  prétend  que  l'art  de 
filer  l'or  &  l'argent  a  été  trouvé  par  un  Bour- 
geois de  Nuremberg,  mais  il  ne  fçait  pat 
le  nom  de  ce  Bourgeois.  C'eft  encore  un 
Allemand  ,  félon  lui ,  qui  a  inventé  les 
platines  des  Fufils.  Corn.  Diebbel  avoir 
ftbriqué  ,  dit-il ,  un  Inilrument  de  Mniî- 
quequi  s'ouvroit  feu!  au  lever  du  Soleil, 
&  qui  jouoit  de  lui  -même  ,  tant  que  le 
Soleil  était  fur  l'horifon.  Lorfque  fe  So- 
leil ne  paroilloit  point  ,  &  qu'on  vouloit 
entendre  cet  Inilrument ,  il  fuffifoit  d'é- 
chauffer la  couverture  de  rinflrument,8c 
il  commencoit  à  jouer  >  comme  quand 
le  Ciel  étoit  très-ferain.  Cet  Ouvrage  eft 
rempli  de  femblables  exemples,  d'où  l'Au- 
teur tire  la  coniequence  qu'il  s'eft  propo- 
fée  en  compolant  fon  Livre. 

Un  Sçavant  de  cette  Villea  inventéune 
Machine  Agronomique  ,  où  routes  les 
Planètes  feront   représentées  félon  le  Syf- 

2tëme  de    Copernic.     Cette  Machine    eft 
K»mpofée  tie  plufieurs  roues  ,    par  le 
1  «yen  defquelles  les  Planètes  î.\hoW  VOTt- 
fs  Jcur  mouvement  pamoiViei ,  ï*.  mtt.- 
V  3  VtWS 


court 


tfil      JOUftNlL  DBS   SçAVANï. 

«ont  le  même  temps  à  faire  lenr  coi 
autour  de  la  Machine  ,    qu'elles  mènent 
dans  le  Ciel.    Elle  a  huit  pieds  de  dia- 
mètre, 

DE    BERLIN. 

Vf  R.  de  la  Croze  connu  par  deux  vofa- 
mes  de  Diflertatioos  qu'il  a  publier 
il  y  a  quelques  années  contre  la  nouvelle 
Edition  qu'on  a  faite  à  Amilerdam  ,  des 
Ouvrages  choifis  du  P.  Hardouin,  vient 
de  faire  imprimer  un  troiliéme  volume, 
qu'il  a  intitulé  :  Emrtùtm  fur  divers  poînir 
aHijloirt.  Ce  volume  eft  à  peu  prèsdans 
le  même  goût  que  les  deux  premiers. 
C'ett-à-dirc,  qu'il  contient  des  remarques 
Critiques  fur  quelques  Ouvrages  qui  ont 
été  publiez  dans  ces  derniers  teins. 

L'Académie  Royale  de  cette  Villcs'eft 
aflemblée  extraordinairement  le  Lundi  17 
Janvier  pour  célébrer  le  jour  de  lanniffan- 
ce  du  Prince.  M.  le  Baron  de  Piint?.  Mi- 
nière d'Etat ,  y  fut  re<,il  Prelident.  L'Af- 
fcmblée  fut  ouverte  par  un  Di  (cours  en 
langue  Allemande  ,  que  M.  le  Preiidenr 
prononça.  M.  Jabloniki  Miniflre  de  la- 
Cour  ,  y  répondit  en  Allemand  au  nom 
de  toute  l'Allemblée.  Après  cela  ,  M. 
/ablonski  fut  choifi  pour  remplir  la  place 
de  Vice-Preficient.  >A.  \c  tmat\  de,  Printx 
lui  remit  les  deîs  &  \o  fcwwt,  VtV-N» 


Cène  cet*  '    ^    La"gUe  du  p,        n  fc" 
Mie  dl  f?  "S1"»  «rt«e    M  ,"■ 

-    û  SonS'  '"*"«  »  >3ÏÏ  le,  m'  ?c  M- 
d?™  Se'  &  dm*d"'fcd4e«  5bradc 

s'élève  d    "Vernie.    cS        ""» .  le 
>W.    S?,1":    «S»  S'.' f«°!»U» 

for  !„„„',  '"',"''«  J'uoe  A°?  C«« 


464     Journal  dis  5  ç  a  t  a  m  i. 

fut  publié  i  il  parut  une  feuille  volante, 
qu'on  croit  Être  du  même  Auteur.  Elle 
eft  intitulée,  Rtfleilioni ,  &t,  C'eft -à-dire : 
RéflcxiMii  fur  un  Livre  îmiiuli  ,  Priest- 
craft  ,  &c.  Le  but  que  l'Auteur  s'eil 
propofé  dans  cette  Brochure,  eft  de  faire 
voir  que  fans  entrer  dans  de  longues  dif- 
culTions,  on  peut  démontrer  que  la  dauJe 
qui  fe  trouve  prefentement  dans  le  20.  ar- 
ticle de  la  Confefljon  de  l'Eglife  Angli- 
cane 3  touchant  le  pouvoir  de  l'Eglife , 
n'a  point  été  approuvée  par  le  Parlement. 
„  Il  n'y  a,  dit-il,  qu'à  jettet  les  yeux  fur 
„  les  termes  mêmes  de  l'Afle  par  lequel 
u  le  Parlement  ratifia  ces  articles,  &  l'on 
„  verra  qu'il  ne  comprend  que  ceux  de 
„  ta  véritable  Foi  Chrétienne ,  &t  la  doc- 
„  trinedes  Sacremens.  Or.  continue  t-il, 
„  on  ce  peut  point  dire  que  cette  claufe 
»,  du  pouvoir  de  l'Eglife  ,  puiffe  le  rap- 
„  porter  à  l'un  ou  l'autre  de  ces  deux 
i,  chefs."  L'Auteur  appuyé  encore  fon 
lëntiment  fur  l'autorité  de  Selden,  dans 
fes  propos  de  Table  ;  &  fur  celle  de  Went- 
worth  dans  une  Harangue  faite  en  Parle- 
ment en  1 575,  rapportée  dans  le  Journal 
du  Chevalier  Simon  d'Ewcs. 

On  vient  enfin  de  publier  une  réponfe 

à  ces  deux  Ouvrages.    Elle  eft  intitulée, 

A  vindhannn,  arc.     C'ed-à-dire  :  Difoiji 

tf*  fEflife  JngtUant  ,  mw«  Us  «ceufathns 

c*kmnie*fti  d'un  Lifcille  $M\i  à«\*«*  î**« 


Avili     1711.  4*ç 

«s  le  liin  de  Prieftcraft,  &c.  au  tan fait 
noir  que  U  claufe  difputii  du  pouvoir  de  l'E- 
flife,  dans  ta  10.  article ,  a  U  même  auihin- 
tinté  qui  te  rrfie  dti  articles;  ey  0»  la  frau- 
de c  ta  falfification  qu'an  avait  imputées  an 
Cltrfé  à  l'égard  :1e  cette  claufe,  t/t  rétorquât 
cantrt  lu  arcuf.jteuri  ;  avec  une  Préface  can- 
ttnanl  qutt^uei  remarquai  fur  lis  réfltxieni 
qui  mt  ili  publiée!  fur  cette  Brechure.  Par 
un  Prêtre  de  l'Etlife  anglicane. 

L'Auteur  ,  qu'on  dit  être  un  Mînifîre 
Nonjureur  .reconnoit  avec  Ton  adverfaire, 
que  les  articles  dé  la  Confcffion  de  Foi 
de  l'Eglife  Anglicane  furent  dreflei  en 
ij«z,  &  revus  en  1471, par  les  Convoca- 
tions ou  Afiemblées  du  Clergé  de  ces  an- 
nées-là. Il  convient  auffi  que  la  claufe  eiv 
qucllion  ne  fe  trouve  point  dans  les  deux 
Mff.  Je  ces  articles  ,  que  l'Archevêque 
Pirker  a  légué  au  Collège  du  Corps  oc 
Chrirt  a   Cambridge.     II    avoue    encore 

3ue  ces  MIT.  font  lîgnei  par  les  Membres 
es  Convocations  de  rjfii,  &  1571.  Ce- 
pendant  il  foutient  que  ces  Minufcrits  ne 
font  point  les  véritable)  originaux,  fk  il 
dit,  que  ce  ne  font  que  des  copies  prépa- 
rées pour  être  enfuitc  mîtes  au  net  ,  ce 
qu'il  tâche  de  prouver  par  les  ratures  qui  le 
trouvent  dans  ces  Manufcrita ,  5î  par  quel- 
ques autres  raifonnemens. 

A  l'égard  du  Livre  imprimé   con 
'.es  aitide) ,   Si  dont  l'Aûe  Au  ï» 


46<S  Journal  des  Sçav  » 
qui  les  ratifia,  fait  mention, il  avoue  qu'il 
ne  fc  trouve  point;  maïs  il  prétend  qu'il 
n'a  jamais  été  attaché  à  l'Acte,  comme 
ton  adverfaire  femble  le  fuppofer.  11  de- 
meure d'accord  qu'il  a  été  imprimé  en 
157t.  mais  comme  l'Auteur  du  Livre  in- 
titulé, Prii/icmft ,  &c.  a  avancé  qnetou- 
tes  les  Editions  Latines  &  Anglotïïs  de 
cette  année-là  11e  contiennent  point  la 
claufe  dont  il  s'agit  ,  on  en  produit  ici 
trois  différentes  en  Anglois  de  la  même 
année,  où  elle  fe  trouve  ,  mais  l'Auteur 
ajoure  en  même  temps ,  „  qu'il  ne  faut 
„  pas  être  furpris  ii  on  voit  à  prefent  un 
,,  plus  grand  nombre  d'anciens  Fiemplai* 
„  tes  où  l'on  ne  trouve  point  cette  clau- 
„  fe  ,  que  de  ceux  où  elle  Te  trouve. 
„  La  raifon  en  eft  évidente, continué-t-il, 
j,  les  premieis,  quoi  qu'imprimez  en  plus 
„  petit  nombre  ,  n'ont  jamais  apparem- 
„  ment  été  fort  communs.  Ils  n'ont  ji- 
„  mais  été  débitez  qu'en  cachette;  &  p« 
,,  conféquent  tombant  entte  les  mains  de 
»  moins  de  perfonnes ,  ils  ont  été  moins 
,1  en  danger  d'être  détruits.  De  plus, 
„  on  a  pris  plus  de  foin  de  les  confer- 
„  ver,  à  caufe  delà  fin  gui  a  ri  ré  qu'ils  a- 
„  voient  de  ne  point  contenir  la  claufe, 
au  lien  que  les  autres  n'ayant  rien  de 
particulier  qui  les  diflinguàt ,  chaque 
nouvelle  Edition  qui  en  a  été  faite, 
a  pu  frire  mepntu  te  wâssw»  ,  &c.u 


„  no 


: 


Avril     1711".  +£7 

Comme  l'Auteur  du    Livre  intitulé, 

Prûflcraft,  vc.  a  produit  un  Exemplaire 

d'une  Edition  Latine  faite  ea  1571,  où  la 

claufe  dont  il  s'agit  ne  fe  trouve  point. 
L'Auteur  de  la  Rcponfe  avoue  qu'il  n'en 

a  point  trouvé  de  Latine  où  elle  fut.  Ce- 
pendant il  ne  lauîe  point  de  foiitcnir  fur 
l'autorité  de  Sparron,  5;  fur  celle  de  M. 
l'Evéque  de  Salisburi  d'à  prêtent  ,  qu'il  y 
a  eu  une  Edition  Latine  de  cette  année- 
là,  ou  elle  fe  trouvoit.  Il  s'attache  en- 
fuite  à  juftifier  Laud  &  Heylin,  &  à  ré- 
pondre aux  autres  objections  de  fon  ad- 
verfaire. 

Dans  la  Préface  ,  qui  tfi  de  5+  pagrs , 
il  répond  à  la  Brochure  intitulée  ,  R*- 
fttélms,  lire.  Mais  le  ftyle  de  cette  Pré- 
face  eft  fi  diffus  &  fi  rempli  d'inddens  , 
qu'il  n'eft  pas  aifé  de  fuivre  fon  Auteur, 
ni  de  comprendre  au  juite  à  guoi  fe  ré- 
duifent  Tes  réponfer.  11  femble  que  l'Au- 
teur de  toute  cette  Réponfe  a  eu  plus  d'en- 
vie de  faire  un  gros  Livre  ,  que  de  s'ex- 
pliquer d'une  manière  nette  &  précife,  Au 
refle  ,    il  ne  néglige  aucune  occafion  de 

idre  fon  advetfaire_  odieux  ,    &  il  le 

ite  fort  durement  par  tout, 

DE     L  O  UV  A  1  N. 


Keikherdere  vient    de  publier  tin 

Effai  d'un  nouveau  Sylléme,  fuivant 

V  6  le- 


468       JOWHNAl   DE1   SçAVANS. 

lequel  il'  croit  qu'on  doii  expliquer  l'Apo* 
calypfe.  Cet  Mai  n'ett  que  le  Prodrome 
d'un  Commentaire  plus  étendu ,  que  l'Au- 
teur fe  propofe  rie  faire  imprimer  dans  11 
fuite,  tirvmn  Sy/tna»  Afeauyftitmm ,  ymn- 

.**  potuit  breviiale  txptfuum  Fru/ftiorum  7*. 
âWùs ,  ttmrwi»  proïtxhrn  in  Apettljpfî-n 
Commentant  m  hucm  tdantur,  pir  J,  Ci. 
Ktrkbt'dtrf,  in  ni.  pp.  «O  L'Auteur p  é- 
tend  que  ceux  qui  ont  entrepris  fetplr- 
(iUfrl'ftpocatypre,  fe  font  trompe? ,  par- 
ce  qu'ils  ne  fe  funr  point  aile?  attache!  a 
/«ivre  les  règles  fuivanres  ,  que  l'Auteur 
ne  perd  point  de  vue  dans  Ion  Syfléme. 
Première  règle  ,  il  faut  observer  l'ordre 
ries  temps,  z.  Quand  une  Prophétie  s'en- 
tend d'un  ceruin  temps,  il  ne  faut  point 
expliquer  celle  qui  la  fuît,  d'un  tempstiui 
en  eft  fort  éloigné.  3.  11  faut  expliquer  à 
la  lettre  tout  ce  qui  peut  être  entendu  de 
cette  manière.  4.  11  ne  faut  point  cher 
cher  des  allégories  où  il  n'y  en  a  point. 
i-  Il  faut  expliquer  les  endroits  difficiles, 
par  d'autres  endroits  de  l'Ecriture,  conçus 
dans  les  mêmes  termes.  Par  exemple,  le 
mot  de  fauterelles  dans  Amos&  dans  Joël, 
s'entendent  de  certains  peuples,  qui  Tien- 
nent ravager  les  Etats  de  leurs  voiiins. 
Pourquoi  ne  veut-on  pas  que  ce  même 
moi  lignifie  la  même  chofe  dans  l'Apoca- 
Jypfe?  6.  Il  ne  faut  jamais  altérer  la  vc- 
ttîé  dcl'Hiftoinc.    i.  \\ &\«.  ttTj\\<sj«.<U«s 


■     n 


Avril    171t.  449 

indroits  obfcurs  ,     par  ceux  qui  peuvent 
'entendre  facilement. 

On  a  érigé  ici  une  nouvelle  Confrérie 
en  l'honneur  de  faim  Antoine  de  Padoue, 
dans  l'Eglife  de  Nôtre  Dame  du  Sablon. 
Cette  énflion  a  donné  lieu  a  huit  Ser- 
mons, qui  ont  été  prêchez  pendant  huit 
jours  de  fuite.  Celui  du  Père  Brefland  , 
Religieux  Minime  ,  a  été  jugé  digne  de 
l'impreflion  ,  &  on  vient  de  le  publier. 
Nous  avons  cru  qu'on  ne  feroit  pas  fâché 
d'en  voir  ici  un  échantillon.  „  Or  pour 
„  ne  rien  vousdire  quede  folide,  remar-  ■ 
„  quei,  s'il  vous  plaît ,  que  tout  ce  que 
„  nous  pouvons  attendre  de  Dieu,  c'eft 
j,  par  les  mérites  de  Jefus- Chriit  ,  nôtre 
,,  feu]  &  unique  Médiateur  ,  &  Auteur 
„  de  toutes  grâces  ;  qu'après  J.  C.  nous 
,,  n'avons  point  d'efpmncc  mieux  fondé» 
„  que  fur  la  puilTante  protection  de  la 
j.  Sainte  Vierge,  Canal,  difent  les  Pères, 
„  des  grâces ,  dont  fon  Fils  eit  l'Auteur; 
„  &  qu'aptes  la  Sainte  Vierge,  les  Anges 
„  &  les  Saints  par  leurs  interceffions.font 
„  aufli  de  puiilans  moyens  pour  nous  ob- 
,,  tenir  les  faveurs  dont  nous  avons  be- 
„  foin.  Or,  Chrétiens,  les  Confrères  de 
„  faïnt  Antoine  de  Padouë,  par  les  mé- 
„  rites  &  les  vertus  de  ce  grand  Saint, 
j,  ont  un  droit  particulier  à  ceuxdeTefus- 
,,  Chrift,  6;  à  ceux  de  fa  Pafiion.  C'eft 
',  mon  premier  point.  Aux  bontez  de  la 
V  7  „  Sain- 


47°      JOURNAI  DES  SÇATAMS; 

„  Sainte  Vierge,  &  à  Ta  pioteftiomi 
,,  mon  fécond  point.    A   la  charité  des 
„  Saints,  &  des  Anges ,   &  à  leur  inter- 
„  ceffion;  c'eft  mon  troiiïéme  point,  St 
,,  toute  la  raatiere  de  ce  Difcouts." 


D'A  N  y  £  R  S. 


ion;c'efl 
ité  des 

nt.  8c 
iftoire 


T  Es  Avanturesd'Euphormion,  Hiftoi 
J"'  Satyrique,  en  trois  volumesinii.  L, 
premier  paroît,  &  fe  trouve  à  Paris  ,duz 
Louis  Guérin  ,  rué  S.  Jacques  ;  Se  a 
Lyon,  chez  Léonard  Ptaignard,  rué' Mer- 
cière, Le  fécond  8c  le  troifiéme  Tomes- 
fuivront  de  près. 

DE     HOLLANDE, 


fen  ,  qui  nous  a  donné  une  Edition  de 
Tibulle  en  1708.  in  4. 

M.  Dukker  Profefîeur  dans  le  Collège 
de  la  Haye,  publiera  încefTammcM  une 
nouvelle  Edition  d'un  petit  Ouvrage  ano- 
nyme, imprimé  autrefois  à  Paris,  fou  s  ce 
titre  :  De  LatimtiU  vuerum  Jurifctn/tii- 
terum.  Cette  nouvelle  Edition  fera  ac- 
compagnée des  Notes  de  M.  Dukker. 

M.  Wafle  ,  qui  vient  de  publier  une 
Jiouvrelle  Edition  de  Salufle ,  doit  faire 
réimprima  ici  les  Qwn^  ^  QWflîg 


■ 


vnt     17 
le  Sicile,  avec  des  Notes  de  fa  façon. 

*  'LOn  voit  ici  deux  Livres  Nouveaux 
__r  l'affaire  de  la  Chine.  L'un  a  pour  titre; 
Rêpenfi  dt  MM.  dtiM'iJbni  tirangeres  à  fit 
Prctrjijiiiin  &  aux  Réflexion!  des  Jéfuitet. 
C'eft  une  féconde  Edition  faite  fur  celle 
de  France  ,  à  laquelle  on  a  ajouté  la 
pTouttaùon  de  ces  MM.  contre  trois  Li- 
belles publiei  par  les  Jefuitcs.  L'écrit  eft 
'  [oo  pages  ta  u.  L'autre  écrit  a  pour 
:  Refluions  fur  les  Cultes  de  lu  Chine 
c  U  Riptmft  *  cet  R.'pxùns  ,  l'un  er 
l'juin  en  Italien  £7-  m  Fronçais.  Les  nou- 
velles Littéraires  ont  fait  connaître  l'écrit 
des  Riflixiom  que  l'on  n'a  point  douté  ve- 
nir des  Jéfuites  d'Italie,  qui  le  vendoient 
dans  leur  cave  à  Naples .  On  y  a  fait  deux 
Réponfes  en  Italien.  L'une  eft  du  P.Ser- 
ry  Dominicain,  intitulée  Di/èr.i  p-e.  L'au- 
tre eft  de  l'Abbé  Fatinelli  Agent  du  Car- 
dinal de  Toutnon.  C'eft  celle-ci  qu'un 
homme  d'efprit  a  traduite  en  François  ou 
plutôt  paraphtafée  ;  8r  elle  eft  intitulée 
Conftderatlmi  &c.  Obfervaiiens  fur  m  Lî- 
htlti  &c.  C'eft  un  in  4,  de  19+  pages.  Le 
Style  en  eft  très-vif  &  frappe  par  fa  nou- 
veauté. 11  y  a  une  très-belle  Préface.  Il 
paraît  auiïi  un  autre  écrit  qui  apour  titre. 
Avertifftrmnt  fur  lu  prétendais  Relmilaiions 
du 

t*  Ce  qui  tft  enfermé  entw&uxCva&eA\fe&. 
communiqué  au  Libraire  àe  tt.o\W4fc  1  V»  ts.  Sa 
Mure  pour  dans  l'Ediiion  ta  S *ù»x 


47ï  JouatjA  L  DES  Sçavans. 
du  Religltuft»  de  Peri-Royal  dis  Champt. 
L'écrit  a  1 1  î  pages.  C'eft  une  Réponfe  au 
Reliait  des  AHts  dt  fiumijfim  tjrc.  dont  ît 
eft  parle  dans  le  Mois  de  Janvier  de  cette 
année  pag.  19.] 

DE     PARI  S. 

/"\N  a  publié  le  projet  d'un  Journal  de 

Religion  &  de  Pieté,  qu'on  donnera 

tous  les  mois  au  Pub'ic,  à  commencer  le 

deux  Mars  1711.     Ce  Journal  r 


rapport  a  la 
ramification  des  Fidèles.  On  y  parlera, 
i.  des  prédications  faites  8t  à  faire  ,  du 
mérite  des  Prédicateurs,  de  ceux  qui  au- 
ront éré  élevez  nouvellement  aux  dignin-z 
Eccleiîafliques,  des  Bénéfices  qui  auront 
éré  conférez,  &  des  cérémonies  les  pins 
remarquables  qui  feront  faites.  2.  Des 
dédicaces  des  Egîifcs fis  des  Chapelles  nou- 
vellement hàties  ,  de  la  célébration  des 
fêtes,  des  indulgences ,  des  cenfures  Ec- 
cle  fi  a  Hiques  fur  les  matières  les  plus  im- 
portantes. 3.  Des  Thcfes  de  Théologie, 
&  de  ceux  qui  les  auront  foutenues;  des 
Millions  ,  &  des  fruits  qu'elles  auront 
procuré  à  l'Eglife.  4-  Des  nouvelles  E- 
glifcs ,  &  des  nouveaux  EtablirTemens  de 
pieté  ,  comme  Séminaires,  Fondations, 
Hôpitaux  .  Communiutei  ,  &c.  e.  Des 
•reliques  des  Saints  nouvellement   appor- 


Atait    1711:  4TJ 

lies,  8c  dont  on  célébrera  la  fête  ;  des 
canoniiations  ,  béatifications  nouvelles, 
des  befoini  de*  Eglifes  8c  autres  lieu* 
fàînrs  ,  pour  exciter  les  perfonnes  chari- 
tables à  y  fubvenir.  6.  Des  conférence! 
établies  fur  des  fujets  de  Pieté  8c  de  Re- 
ligion ,  des  exemples  extraordinaire*  dam 
ce  genre.  7.  Des  Ordonnances,  Mande- 
mens,  Jugemetu  célèbres,  qui  auront  été 
rendus  fur  des  Matières  Ecclefiaftiques, 
des  nouvelles  Bulles  &desnouvcauxJreft. 
S.  Des  converlions,  des  abjurations,  des 
bénédictions,  fie  des  procefSons.  >).  Des 
Ordinations,  Doctorats,  des  Harangues 
&  Djfcours  en  matière  de  Pieté  &  de 
Religion.  10.  Des  Baptêmes  &  Mariages 
célèbres,  des  morts  &  fepoltures  des  per- 
fonnes remarquables ,  Oraifons  funèbres, 
Anniverfaires.  n<  Des  atfernbiées  do 
pieié  &  de  charité  ,  &  de  toutes  les  au- 
tres bonnes  œuvres  dont  on  aura  con- 
noiffance,  &c.  Il  y  a  bien  de  l'apparent 
que  ce  projet  de  Journal  demeurera  fans 
exécution. 

DU    S  O  1  S  S  O  N  S. 


antiques,  dont  l'un  eil  attribué  a  S-Dero* 
fin  Evéque  Je  Soiffons  ,  &  Vauvtt  i.  S. 
Voué  Confetfcur.  C'cft  une  tia.4i.nQU  v*_ 


I 


474     Journal  ses  Sçavanj. 

Îulairc  ,  qui  n'eft  fondée  fur  aucun  titre. 
ic  Père  bpiridion  Poupart  Religieux  Pé- 
nitent du  tiers  Ordre  de  S.  François  de 
Picpus ,  prétend  prouver  que  cette  tradi- 
tion eft  faillie,  &  il  vient  de  publier  une 
DîlTertation  dans  laquelle  il  dit  que  l'opi- 
nion qui  attribue  le  premier  de  ces  tom- 
beaux à  DeroCn,  eft  tout  au  plus  problé- 
matique ;  &  que  la  féconde  eft  abfolu- 
ment  faune.  11  ne  prouve  point  fon  fen- 
timent  par  des  Pièces  tirées  des  Ouvrages 
des  anciens  Auteurs,  ou  par  des  Infcrip- 
lions,  mais  par  l'explication  des  fyrabolei 
&  des  ornemens  qu'on  voit  delïus  ces 
tombeaux.  Après  avoir  établi  que  ces 
tombeaux  ont  été  faits  fous  le  règne  de 
Conftantius,  de  Magnence  ,  ou  de  Dé- 
cence, il  entreprend  d'expliquer  les  orne- 
mens qui  font  fur  le  premier  j  8t  de  l'ex- 
plication qu'il  y  donne  ,  il  conclud  que  ce 
tombeau  peut  bien  avoir  été  fait  pour  S, 
Derolîn  ,  parce  que  ces  ornemens  con- 
viennent à  un  Erêque.  Mais  il  n'eft  pas 
abfolument  déterminé  à  fuivre  ce  fenti- 
ment  ,  parce  que  ces  ornemens  peuvent 
convenir  à  tout  Chrétien  ,  de  quelque 
condition  qu'il  foit.  „  Le  fécond  porte 
„  cinq  repréientations ,  dit  l'Auteur.  La 
première  .  un  Baptême  ;  la  féconde, 
une  femme  fuppliinte  ;  la  troiliéme, 
une  Croix,  deux  Soldats,  une  Couron- 
ne de  lauriers ,  trois  Colombes ,  le 
„  Chrift 


Atiii    tyii'.  475 

£  Chrift  Grec;la  quatrième,  un  Suppliant; 
„  la  cinquième ,  des  perfonnes  qui  fe  de- 
„  faltctertt."  A  l'extrémité  qui  regarde 
l'Autel  (l'Auteur  apparemment  veut  par- 
ler de  l'Autel  de  la  Chapelle  où  elt  le 
tombeau)  „  un  fourneau  ardent,  &  deux 
„  hommes  le  donnant  les  mains:  à  l'autre 
„  bout ,  un  homme  nud  Se  un  griffons 
„  Je  dis  donc,  ajoute-t-il ,  que  ce  tom- 
„  beau  n'ajamaiséiéfait  pour  Saint  Voué,*, 
Et  voici  les  principales  preuves  qu'il  en 
apporte,  i.  La  couronne  de  la arier  chez 
les  Anciens  ne  le  donnoit  qu'aux  gens  de 
guerre,  ou  à  ceux  qui  remportoient  des 
prix  dans  les  Jeux  confacrez  à  Apollon. 
On  ne  peut  point  dire  qu'elle  foitici  pour 
un  homme  qui  avoir  remporté  le  prix  à 
des  jeux  prophanes ,  puifqu'  elle  eft  parmi  det 
ornemens  Chrétiens.  Il  faut  donc  que 
ce  tombeau  ait  été  fait  pour  un  homme 
de  guerre  Chrétien,  i.  Les  ornemens 
d'un  tombeau  doivent  avoir  quelque  rap- 
port avec  la  condition  de  celui  dont  il 
renferme  les  cendres  :  Or  quel  rapport 
peuvent  avoir  deux  Soldats  &  une  cou- 
ronne de  laurier  avec  un  Solitaire  tclqu'é- 
toit  S.  Vouéï  j.  Le  P.  Poupart  prétend 
que  ces  deux  Soldats  fout  des  Soldats  Le- 
gionaires,  d'où  ileonelud  que  ce  tombeau 
a  été  fait  pour  un  Général  d'Armée  ,  f 
pour  quelque  Officier  de  marque.  Il  ni 
luffit  d'avoir  rapporté  la  meilleure  p* 


JflS  Journal  dis  Sçat*k«. 
du  raifonnement  de  l'Auteur ,  nous  ren- 
voyons le  Le&eur  cmicnxfi  la  Diflerta- 
lion  même,  pour  les  explications.  Elle 
fe  vend  à  Paris,  chez  PierreCot ,  Impri- 
ir  ordinaire  de  l'Académie  Royale  de* 
Infcriptions. 

D  S    S  H  E  1  M -5. 

TE  Père  de  Carrières  continue  i  tra- 
**  vailler  à  fa  traduction  de  la  Bible , 
fc  il  vient  de  publier  le  Livre  de  Job. 
Cette  traduction  eft  accompagnée  d'un 
petit  Commentaire  Littéral  .  fui  vaut  1» 
méthode  dont  l'Auteur  s'eft  fervi  dans 
les  Pfcaumes  ,  &  dans  les  Livres  du 
Nouveau  Teftament  qui  ont  paru  ci-Jt- 
vant.  C'elî-à-dire  ,  qu'il  conferve  11 
traduction  du  Texte  dans  fon  entier,  S 
^u'il  y  infère  de  courtes  eiplications  m 
lettres  Italiques  ,  pour  en  faciliter  l'intel- 
ligence. Ce  volume  clt  précédé  d'une 
Biérace  .  dans  laquelle  le  P.  de  Car- 
rieres  examine,  1.'  Si  ce  Livre  contient  ' 
«ne  hiiloire  véritable.  z.  Qui  en  cil 
l'Auteur.  3.  Ce  qui  a  donné  lieu  à  l'Ou- 
vrage. 11  prétend  que  Job  a  »critable- 
ment  eiiflé  y  qu'il  vivoit  dans  le  temp* 
que  les  juifs  étoient  en  Egypte  ;  qu'il  1 
iui-méme  éciil  Ion  htftoirc  ;  &  que  Moi- 
fe  l'a  traduite  àe  VMitot  «a  Wta. 
pour   «cita  \u  î«ife  iU^af; 


AVRIL      1711.  4g 

l'exemple  de  ce  faim  homme.  Cemmtn- 
taire  Littéral  fur  Jtb  ,  inftri  dans  U  tradut- 
tiûn  Françeife ,  avec  te  Texte  À  U  murgt.  in 
il.  pp.  ïs7,  fans  les  Tables. 


TABLE 

DES    LIVRES,; 


Avril     1711. 


INgeli.   Hilïtadï   Diflertatio  de 

veieri  reftaque  ptonunciationc  Lingna; 

Grsecit.  363 

Sam.  Grosserui  ,  Vit»  Chnfl.  Wei- 

iii.  36g 

Problème  refolu  pttr    ï Auteur  de  l'Amlyfc 

fur  les  Jeux  dehaiard,  3?î 

Jo.  Golt.  Titii  Difputatîo  de  Hœ- 

morragiis  cruicis.  381 

J.  Jac  J an  tue  DiiTertatio  de  CoIIi- 

quatione.  383 

Lettre  iCtm  Doileur  dt  Serhmne  fur   le  Livra 

intitulé  de  Hé  Benefïciim.  385 

De  Re  Bcncficîaria  Libri  très  adverfusLi- 

brum  Singularem  Abbatis  perl'onati  Si- 

Kdichcmbechemfis.  itid. 

itOMA      BiiKI.tOllHI      ClC      VÀ\iVA 


471    TABLE  DES  LIVR 

FnrR»"""1  TheJàun 

i/oat  prtni»  . 
Mo,i*  Jj'fcri  conique  ex  tranfli 

j.    Coift.       MlCHAELIS       ] 

de  Senum  affedibus. 


/* 


JAQ.UET  DE  la  Guer*k  , 
$r*Kfnjti  jtir  àtt  fujai  tjr*x-  î* 

Fbid.  Wilh.   Gchi.ski  I 

de  Paradoxis  Medicis. 
C.   Citispus   Salvstivs  c 

fione  Jos.  W»sss. 

Rtmtrquts  far  U  Livri  du  P.  F 
imUuli  Effai  d'un  Commentai 
fur  le*  Prophètes. 

XêuvtlUt  à»  Lituratur; 


Tante  »  etmpr, 
Pag  406.  lîg.  13,  itt/triit.  lis.  « 


CATALOGUE 

DES 
LIVRES      NOUVEAU) 

Qu'on  trouve  à  Amflerdam  .    chez   Ici 

JaNSSONI  à   WaESSERGE. 

a  Eïchimis  Socratici  Dialogi  tr«  Gra 
&  Latine  ,  ad  cjuos  aceeflit  quart] 
Latinum  fragmentum.  Vertit  &  notis 
iiluflravit  Jo*nnes  Cliri 
eujus  ad  calcein  additœ  funt  Silva 
lologicœ  cum  omnium  indicibus  necef- 
fariis.      8.  Amflelodami  "fuit   Parum   d» 

CtUfi.    17  1T. 

Rencontre  de  Bnyli  c?  Spituf*  à*ns  Ta\ 
monde.  12.  A  Cologne  chez  Pierre  i 
teau.  1711. 

5*cobi  Gossetii  Profef  in  Acade- 
mia  Groningana,  Vefperx  Groningana: 
five  Arnica  de  rebus  facris  colloquia  ubî 
▼aria  Scriptura:  Loca  felefta  ,  difficile 
ac  magni  momenri ,  accuraiè  tratftan- 
tur  atque  egregiè  explanantur.  Editio 
altéra.  11.  Amfiekâam  *}uà  Jatiflbmo- 
Watsbergks.  1711.  1 

'"    y  tk  Strtnms  fur  d\vm  twt«  At^ï-*' 


Tanin 
eMar- 

Acade- 


r.  Gr*"«    u  ,,,   p«*iw  •   >?■  uni  n 

vtiiUnt  «n  .  ^ur  <7  ,  ,  & 
<•'  »«"''  E.J-*  T,.B.t.  » 
G,».™»"*'  M'rà»E°  .  i«  » 


AVIS. 

i-\N  trouveàAmfterdamcheilcs  Wnt- 
^    lEtGE  les  Livres  luivans: 

Jo,  Dbotschmanni,  Theologia  Bi- 
blîca,  in  3  partes  divîfa,  quaruml.An- 
thropologiam  Sacram  de  fubjeeto ,  vid, 
Homine  Peccatore  ,  contînet.  II.  de 
Artributis  divinis  ex  oraculis  Authenti- 
teis  agitur.  III.  Gjatiofam  Dei  Salva- 
ïoris  Oeconomiam  ei  oracnlis  Authenti- 
cis  ,  exhiber.  4.  Wittnberge  in  sdibui 
Chrift.  Ihttph,  Ludovhi.  17 10. 

André*  Goepelii,  ceniura de Auc* 
toribus  eloqueniiœ  Romans  qui  vise- 
ront in  adulra  feu  aurai  asiate;  prsemif- 
fa  Prœfatione  delnfamia,  Fucritia ,  Ju- 
ventute.ac  vititi  serate,  item  de  fenec- 
tute,  &  aetate  decrepita  ,  nec  non  de 
retare  rediviva  feu  reftituta  Lingua;  La- 
tins additis  Auftoribus  cujuslibet  xwàs. 
8.  Ifi/M  &  fumpti'.iis  jiilolpbi  Bmihii.  1710. 

Fhilargyhii  CantabrigienlîsEmenda- 
tionesin  Menandri  &  Philemo- 
nis  Reliquias  ,  ex  nupera  Editions 
Iojsms  Clehici,  ubi  quxdam 
Grotii  Sî  aliorum  ,  plurima  vero  Phî- 
leleutheri  Lipfienfis  errata  caftigantur 
cumPrœfatione  Joannis  Clerici.  t.Antf- 
Ickdami  apud  Htnricitm  Sehtite.  17 11, 


JOURNAL 

DES 

S  C  A  V  A  N  S, 


Pour  le  Mois  de  Mai  M.  DCCXI. 


OtH-vrts  divtrfis  dt  M.  Jean  Loche, 
A  Rotterdam  ,  chez  Fritfch  fie  Bohm. 
1710.  vol.  in  12.  pp.  468. 

/">  E  Livre  eft  un  Recueil  de  divers  On- 
Vj  vrages  de  M.  Locke.  Le  premier  eft 
une  Lettre  fur  la  tolérance  des  différente* 
Religions ,  laquelle  n'avoit  pas  encore  pi- 
ru  en  François.  L'Auteur  l'écrivit  en  La- 
tin, &  la  publia  en  16S9,  fous  le  titre  fui- 
Vant  :  Epiftoln  Jt  Tolenintia  ad  clarijfmum 
Wtm  T.  A.  R.P.T.  O.  t..  A.  {tripla à  P.  A. 
P.O.J.L.A.  Les  premières  lettres  capita- 
les lignifient  :  Thtetagi*  apud  Retnonllramti 
Profiforim  ,  Tyranmdîs  OfoTtm  ,  Llmbur- 
ti*m  Amfiebidaintn/em  ;  &i  les  fécondes: 
Pstis  amie»,  ptrjtcHthnis  ofon,  Roanne  Lac- 
Ut  Angle. 
Cette  Lettre  ne  fut  pas  plutôt  publique  i 
X  1  «h 


484     Journal  des  Sçavans; 

qu'il  en  parut  une  Traduction  Angloifc, 
dont  il  fe  fit  deux  Editions  à  Londres  en 
1690.    La  même  année  un  Théologien 
anonyme  publia  à  Oxford,   une  Brochu- 
re, en  guife  deréponfe,datéedu  27  Mars. 
M.  Locke,  pour  fe  défendre  ,  donna  dès 
le  mois  de  Mai  fuivant  une  nouvelle  Let- 
tre fur  le  même  fujet  que  la  première.  Le 
Théologien  répliqua  par  une  Lettre,  où 
il  foutenoit  Ylmoleranct  Mitigée.  M.  Locke 
ne  voulut  pas  laifler  cette  réplique  fans 
réponfe,  il  donna  le  vingt  Juin  de  1692, 
une  troifiéme  Lettre  de  350  pages  in  4. 
Le  Théologien  demeura  douze  ans  fans  y 
répondre»  jufqu'à  ce  qu'enfin  en  1704,  il 
publia  contre  cette  dernière  Lettre  ,  une 
Brochure  de  1 8   pages  en  gros  caractère. 
M.  Locke  ,    quoi  qu'attaqué  alors  d'une 
maladie  confiderable  ,  dont  il  mourut  la 
même  année,  le  18  Octobre  ,  ne  voulut 
pas  que  fon  Antagonifte  eut  le  pîaifir  de 
lui  avoir  porté  le  dernier  coup.    11  entre- 
prit donc  de  lui  répondre  par  une  quatrième 
Lettre  ,  qui  n'eft  pas  entière ,  parce  qu'il 
n'eut  pas  le  temps  de  l'achever.    Le  Tra- 
ducteur avoit  d'abord  refolu ,  comme  on 
en  avertit  dans  la  Préface ,    de  traduire 
la  féconde  &  la  troifiéme;  mais  après  avoir 
confideré  que  cela  formeroit  un  gros  vo- 
lume ;  qu'une  trop  longue  difpute  ennuyé 
fou  vent  les  Lecteurs ,  par  les  répétitions 
<k  les  redites  où  elle  engage  nécessaire- 
ment, 


il* 
1. 1. 


i    1711-  «8| 

ment  ,     &     que     d'ailleurs    il    faudroit 

Sour  plus  d'exaétitude  traduire  les  Pièce* 
e  l'Aniagonifte  ;  on  a  jugé  qu'il  valoir 
mieux  s'en  tenir  à  la  première  ,  où 
l'Auteur  ïburïcnt  la  Tolérance  par  des 
raifons  encore  plus  fortes  que  dans  les 
autres.  C'eil  cette  Lettre  qui  fait  U 
première  Pièce  du  Recueil  qu'on  nor" 
donne  ici. 

La  féconde  Pièce  de  M.  Locke. 
lu  tondant  di  Pefffit  dans  U  rtihinh?  ût  U 
Vtr'iii.  Ce  ne  font  proprement  que  des 
matériaux  ,  que  ce  Phiiafophc  avoit  ra- 
mifiez, pour  en  former  à  loifir  un  Edifice 
plus  grand  &  plus  régulier.  Ce  font  des 
penfées  détachées  qu'il  eouchoit  fur  le  pa- 
pier, à  mefure  qu'elles  lui  venoienr  dans 
l'efprit.  On  lésa  trouvées  la  plupart  tranf- 
pofées  &  fans  liaifon:  mais  pourremedier 
ace  défaut,  on  a  eu  foin  de  remettreeba- 
qae  article  dans  fa  place  naturelle  ,  avec 
un  titre  qui  annonce  de  quoi  il  s'agit.  Li 
troiliéme  ell  un  petit  Difcours  fur  les  mi- 
racles, qui  neconlille  non  pltisqu'en  pen- 
fées détachées.  La  quatrième  contient  les 
Mémoires  pour  fervir  à  la  vie  du  Comte 
de  Shafiesbury  ,  lefquels  font  inferezdans 
le  fiiiéme  Tome  de  la  Iiiblioiheque  choî- 
fic;  &  la  dernière  enfin,  la  méthodenou- 
velle  de  drefler  des  Recueils  ,  que  cet  il- 
Iuftre  Philofophe  avoir  inventée  .  &  que 
M.  le  Clerc  *  déjà  rubliécduii  le  Iccoai 
X  3  >, 


Journal  dis  Sçavani. 

Tome  de  la  Bibliothèque  univerfelle.  Tout 
cela  eft  précédé  de  l'Eloge  hiflorique  de 
l'Auteur,  par  M.  le  Clerc,  &  de  fonEpi- 
taphe,  qu'il  avoit  compose  lui-même-  Il 
ne  nous  refte  plus  qu'à  rapporter  quelques 
exemples  de  la  Lettre  de  M.  Locke  fur  la 
Tolérance ,  &  de  fes  réflexions  fur  la  con- 
duite de  l'efprit  dans  la  recherchedela  Vé- 
rité, qui  font  les  principales  Pièces  de  ce 
Recueil. 

Il  veut  que  l'on  tolère  les  différentes 
Religions,  &  après  un  grand  nombre  de 
réflexions  &  de  raifonnemens  fur  ce  fujet, 
il  Te  fait  l'objection  fui  vante.  »  Vous  me 
„  demanderez  ,  dit-il,  quelle  vigueur  il 
„  réitéra  donc  aux  Loin  Ecdefiafliques,& 
„  comment  il  fera  poffible  de  les  faire  ese- 
„  cuter,  fi  l'on  en  bannit  toute  forte  de 
„  contrainte.  Je  réponds  ,  reprend-il, 
„  qu'il  leur  refiera  la  même  force  qui  con- 
„  vient  aux  chofes  dont  l'Obfervation  ex- 
„  tetieure  eft  Inutile»  fi  elle  n'efi  accom- 
„  pagnée  de  la  perfuafion  du  cœur.  En 
„  un  mot,  les  exhortations  ,  les  avis, & 
„  les  confeils.font  les  feules  armes  qu'une 
„  Société  Religieufe  employepourretenîr 
„  Tes  membres  dans  le  devoir.  Si  tout 
„  cela  n'efi  pas  capable  de  ramener  les  é- 

,  garei,  &  qu'ils  perfident  dans  l'erreur, 
_,  ou  dans  le  crime  ,  fans  donner  aucune 
„  efperance  de  leur  retour,  il  ne  lui  relie 

,  plus  d'autre'pmi  à  prendre  que  de  les 
„  éloi- 


M     ».    i     17'".  4S7 

>.  éloigner  de  fa  communion;  c'eft  le  pm» 
•■  haut  degré  où  le  pouvoir  Ecclcfîafliqu© 
■•  puiffe  atteindre;  Bi  toute  la  peine  qu'il 
m  inflige,  fe  réduit  à  rompre  la  relation 
»  qu'il  y  avoit  entre  le  corps  &  le  mem- 
,.  brequi  a  été  retranché;  en  forte  que 
„  celui-ci  ne  tait  plus  partie  de  cette  E- 
„  gHft." 

Après  la  réponfe  à  cette  objeélion ,  M. 
Locke  examine  quels  font  les  devoirs  où 
la  tolérance  engage,  „  Il  mefembie,  dit* 
„  il  ,  qu'aucune  Eglifc  n'efï  obligée  de 
„  nourrir  dans  fon  fein  un  membre  qui, 
„  après  avoir  été  averti ,  continue  a  pc- 
„  cher  contre  fes  loix,  parce  qu'ellesfont 
i,  les  conditions  de  fa  communion,  &  l'u- 
„  nique  lien  qui  la  conferve;  &  que  s'il 
,,  étoit  permis  de  les  violer  impunément 
„  elle  ne  pourrait  plus  fublifter.  Avecjtout 
„  cela  il  faut  prendre  garde  que  l'Aéts 
„  d'Excommunication  ne  foit  pas  accom- 
„  pagné  de  paroles  injurieufes,  ni  d'aucu- 
„  ne  violence  qui  bleffe  le  corps,  ou  qui 
,,  porte  aucun  préjudice  aux  biens  de  la 
,,  perlonne  excommuniée.  Une  pareille 
„  violence  n'eft  que  du  reflbrt  du  Magif- 
„  trat .  &  n'eft  perriiife  aux  particuliers 
„  que  pour  leur  propre  déienfe.  L'Ex- 
„  communication  nepeutôter  à  l'Excom- 
„  munie  aucun  des  biens  civils  qu'il  pof- 
„  fedoit,  parce  qu'ils  regardent  l'état  ci- 
,,.vil,  8î  qu'ils  font  fournis  à  lajuriiV 
X  4 


at  ci- 

.rifdi'-- 


4^3      JOVRNAl    DES    S  Ç  A  7  A  N  S. 

„  tion  du  Magiilrar,  Toute  la  force  de. 
„  l'Excommunication  fe  réduit  à  ceci, 
>,  c'eft  qu'après  avoir  déclaré  Ja  rclblu- 
„  tion  du  Corps  ,  l'union  qu'il  y 
„  avuit  entre  ce  corps  &  l'un  de  fes  meni: 
„  bres,  elt  rompue  ,  Se  que  de  cette  ma- 
„  niere  la  participation  à  certaines  dio: 
,,  fes  ,  que  cette  Société  accorde  à  les 
>.  Membres,  £taufquel1e6  il  n'y  aperfon* 
»,  ne  qui  ait  un  droit  civil,  vient  aulï]  k 
„  difeontinuer....  Il  n'y  a  point  d'Eglile 
„  qui  ait  aucun  droit  fur  les  autres,  non 
„  pas  même  torique  le  Magiflrat  Civil  eft 
„  de  ton  côté,  parce  que  l'Etat  ne  peut 
j,  donner  aucun  nouveau  privilège  À  |*E- 
„  glile  ,  non  plus  que  l'Egliie  à  l'Etat. 
„  L'Eglife  demeure  toujours  h  même 
,,  qu'elle  éroit  auparavant  ,  c'ell-à-dire  , 
„  une  Société  libreôc  volontaire,  torique 
„  le  Magillrat  fe  joigne  à  la  communion, 
„  ou  qu'il  l'abandonne;  &  qui  plus  eit, 
„  elle  ne  içauroit  ni  acquérir  par  là  le 
„  droit  du  glaive  ,  ni  perdre  celui  qu'elle 
„  avoit  d'iulîruire  ou  d'excommunier. 
„  C'cit  pourquoi  les  différentes  Eglii'es 
„  doivent  toujours  entretenir  la  paix,  ta 
„  jultice ,  &  l'amitié  entre  elles,  de  mè- 
„  me  que  les  limples  particuliers  ,  fans 
„  prétendre  a  aucune  luperioiité  ni  jurif- 
,,  diction  les  unes  fur  les  autres , Sec. Ceux 
„  qui  nient  l'exil!  ence  d'un  Dieu  ne  doi- 
vent pas  être  tolérez,  parce  que  lespro- 


«9 

t,  méfies,  les  contraéts ,  les  ferment  .  \\ 
j,  bonne  foi ,  qui  font  les  principaux  liens 
,,  de  la  focietê  civile  ,  n'engagent  point 
„  les  Athées  à  tenir  leur  parole  ,  &  queiî 
„  Von  bannit  du  monde  la  créance  d'une 
,,  Divinité,  onnepeut  qu'introduire  auffi- 
„  rôt  le  détordre,  tk  une  confufion  géné- 
,,  raie;  d'ailleiks,  ceux  qui  profeiîent  l'A- 
„  theïfme  ,  n'ont  aucun  droit  à  la  tole- 
„  rance  fur  le  chapitre  de  la  Religion, puii"- 
„  que  leur  Sylléjne  les  rcnveifc  tou- 
,,  tes,   &c." 

Tout  ceci  eitfuivi  de  plufieurs  autres  rai- 
fonneruens  femblables  ,  fur  lefquels  nous 
ne  ferons  aucunes  réflexions,  quelque 
cile  qu'il  fût  de  remarquer  que  les  raifo: 
mens  de  l'Auteur  contre  les  Athées,!  , 
pliqueroîent  naturellement  aux  Hérétiques. 
Voyons  quelques  exemples  de  la  féconde 
Pièce  du  Recueil,  fut  la  conduite  delef 
prit  dans  la  recherche  de  la  Vérité. 

Ht  l'txerckt  de  l'efprit  ,  c  des  halltudes. 
„  Nous  foraines  nez  avec  des  facultez  ca- 
„  pables  de  nous  mener  beaucoup  plus 
,,  loin  qu'on  ne  penfe  ;  mais  il  n'y  a  que 
„  leur  exercice  qui  nous  rende  habiles  en 
„  quoi  que  ce  fait ,  &  qui  nous  approche 
„  de  la  perfection.  Il  feroît  difficile  qu'un 
„  Laboureur  âgé  de  trente  ou  quarante 
„  ans,  pût  recevoir  l'éducation  &  les  ma- 

tnieres  polies  d'un  homme  deCoui.quoi 
qu'il  ait  le  cerpj  auffi-bieu.  çvoçotuon- 


'  I 

>let  ;  H 


4JK3      JOWIttïAI    DES  SÇAV 

„  né  ,  Se  les  jointures  aufli  Couples  ;  i 
„  qu'il  ne  lui  cède  en  rien  pour  les  talens 
„  de  l'efprit.  Les  jambes  d'un  Maître  de 
„  danfe ,  &  les  doigts  d'un  Joueur  d'inllru- 
„  mens,  forment,  fans  qu'ils  fc  donnent 
„  prefque  aucune  peine,  des  mouvemeni 
„  réguliers  &  admirables.  Commandez- 
„  leur  de  changer  de  râles ,  ils  eflayeront 
„  en  vain  d'en  venir  à  bout.  11  faut  du 
„  temps,  &  une  longue  pratique  pour  ai 
„  river  à  quelques  drgrezde  leur  habileté. 
„  A  quelle  foupleiteétonnanteles  danfeuts 
,,  de  corde  ,  8c  les  fauteurs  n'aceoutU' 
„  raent-ils  pas  leurs  corps ,  quoi  que  dam 
,,  la  plupart  des  Arts  medianiques.il  yait 
„  des  Ouvrages  de  la  main  suffi  merveil* 
„  leuxque  ces  tours-là;  maïs  je  nomme 
„  ceux  que  le  monde  admire  :  tous  ces 
,,  mouvemens  extraordinaires  ,  qui  fur- 
„  paffent  prefquc  l'imagination  des  fpe&i- 
„  leurs  qui  n'y  entendent  rien  ,  ne  font 
i,  autre  chofe  que  l'effet  de  l'habitude  ÎC 
„  de  l'induftrie  de  certains  hommes, dont 
>,  les  corps  n'or;t  rien  de  particulier  qui 
„  les  dillingue  de  ceux  de  la  populace, 
„  qui  en  eft  enchantée.  lien  efl  de  l'efprit  i 
„  cet  égard  comme  du  corps  \  8c  fi  l'on 
„  examine  les  chofes  de  près ,  on  ttou- 
„  vera  que  la  plupart  de  ces  grandes  S; 
„  belles  qualir.cz  ,  qui  paffent  pour  des 
„  dons  de  la  Nature  ,  ne  font  que  1: 
»  fruits  de  VexeicÀw,  W"]  -kteA* 


mt  que  Itt 


Mai    mi.  49, 

Y,  par  exemple,  qui  fç,a*ent  railler  fcrj-i- 
m  blement,  &  d'autre»  qui  î'n:«i.ient  a 
„  faite  de  petit»  cont" 
„  d'une  manière  piauV.' 
„  dinaire  que  c'eft  un  pur  Hkt 
H  turc  ,  d'autant  pini  qo'on  fl  acquiert 
»  point  ces  taleni  par  des  rqft 
j,  ceux  qui  «JteBfHl  dans  n«l  00  dans 
„  l'autre,  ne  l'appliquent  jamais  a  la  ap- 
„  prendtc  comme  un  an;  mais  S  l'onap- 
»  protondit  la  chofe.  on  verra  qu'un  bon 
„  mot ,  ou  un  petit  conte,  qui  aura  en 
„  le  bonheur  de  reti(T;r ,  8c  de  gagner  l'a  p- 
„  probation  de  quelqu'un ,  a  eiaréle  di- 
„  feur  à  j  revenirde  nouveau,  Scatour- 
„  né  fes  penfëcs  JU  fei  effort  j  de  ce  coté- 
».  là  ,  jufqu'a  ce  qu'enfin  il  fj  eft  acquit 
j,  peu-à-peu  une  grande  faci.iré.  Je  ne 
„  nie  pas  que  la  lofOfidM  naru.-*!len'c:i 
„  pu i (Te  être  fourent  la  première  caufe; 
„  mais  elle  ne  conduir  jamaii  : 
„  fort  loin  fan!  l'exercice;  &  il  n'y  a  oie 
„  la  pratique  feule  qui  amené  Ici  facufrez 
„  de  l'efpht,  aurti-bien  que  celles  du  cor  pi, 
„  a  leur  perfection.  PIui  d'une  veine 
„  Poétique  demeure  enfevelie  fous  un  tiI 
„  métier,  &  ne  produit  jama;s  tien  Eu» 
.  culture,  Sec" 

Dti  vrt\:i%iK.    „  Nous  nom  plaignons 
„  tous  de*  prejugeï.  qui  font  égarer  lesau* 
„  très,  comme  fi  noui  en  étions  exempt» 
,  nous-mêmes.  Tous  les  hommes  &  to' 
X6  J 


fcrj:      JOURKHt    DES   SçaVUMÏ. 

I ,,  les  partis  s'en  aceufent  ,  de  forte  qu'ilj 
I  „  atouent  quec'eft  un  défautiV  unobfta- 
'  ,,  de  à  nos  connoiiïanccs.  Quel  remède 
„  ya-t-il  donc  pours'en  délivrer  :  le  n'en 
,,  feache  qu'un  feu!,  c'eftque  chacun  doit 
„  eiaminer  Tes  préjuge?  ,  &  ne  fe  point 
„  mettre  en  peine  de  ceux  des  autres. 
,,  En  effet  ,  on  auroît  beau  nous  taxer 
„  de  ce  foibJe  ,  lî  nous  n'en  fbrnmes 
„  pas  convaincus  nous-mêmes,  cela  ne 
„  ferviroit  de  rien  ,  juiifque  nons  avons 
„  le  même  droit  de  récriminer  contre  net 
„  aceufateurs  j  ainfî  l'unique  moyen  qui 
„  nous  refle  pour  bannir  du  monde  cette 
„  eaufe  Univerfelle  de  l'ignorance  &  de 
„  l'erreur,  c'eft  que  chacun  s'examine  Ii- 
„  deiïus  de  bonne  loi.  Si  les  autres  ne 
„  veulent  pas  s'acquitter  de  ce  devoir, 
-,,  cela  change-t-il  mes  erreurs  en  veniez  ■ 
„  ou  doit-il  me  les  rendre  plus  chères,  & 
„  me  dirpoCer  à  être  ma  dupe!....  Où. 
„  ell  l'homme  qu'on  vît  jamais  réduit  à 
„  bien  examiner  Tes  principes  ,  &  i  voir 
„  s'ilspeuvent  loutenir  la  pierre  detouche? 
„  Cependant  c'eft  un,  des  premiers  pas 
,,  que  doivent  faire  tous  ceux  qui  vcukns 
,,  bien  conduire  leur  efprit  dans  lareclier- 
„  chede  la  Vérité,  kc." 

Du  ff*v»tr  umvrrfrl.  „  Une  légère  tein- 
„  ture  de  toutes  les  Sciences  fert  à  prevo 
„  nir  un  défaut  qui  n'eit  que  trop  corn- 
i,  niun,  Se  où  tombent  les  hommes  qui 


I 


M      A 


«3 


ne  font  imbus  que  d'une  fcience  paiti- 
cuiiere.  Accoutumez  à  cet  uniqu&ob- 
jet ,  ils  y  amènent  tous  les  airres  ,  Si 
les  envifagenr  fotii  le  même  pôinj  Je 
vûë,  quelque  êloigiiemertt  qu'il  y  aie 
entre  eux.  Un  Méiaphyficicn  réduit  le 
labourage  à  des  idées  ihftraitet  ,  fans 
avoir  aucun  égard  à  l'iiilloirc  de  la  Na- 
ture. L'n  Cbymif}c  ,  su  contraire, 
foumet  h  Théologie  aux  maximes  de 
fon  laboratoire-,  il  explique  I*  Morale 
parlefel,  lefoulfre,  &  le  mercure.  Il 
nHegorifc  toute  U  Bible,  &  il  trouve  la 
pierre  philofbphaledans  les  myfteresque 
Dieu  nous  a  révélez.  J'ai  connu  moi- 
même  un  Mufkien  qui  expliquoit  lei 
fept  joursdcMoïfepardes  notes  dcMu- 
tique,  comme  fi  cette  harmonie  avoit 
fervi  de  bafe  à  la  création.  11  eiWonc 
très-important  d'empêcher  que  l'eiprit 
ne  Te  prévienne  en  faveur  d'une  feienec 
„  particulière,  &c." 

Le  Difcours  fur  les  miracles  eft  trop 
court  &  trop  précis  pour  que  nous  en 
puillîons  donner  l'abrégé ,  &  il  eft  en  mê- 
me lems  trop  long  pour  pouvoir  être  co- 
pié ici  tout  entier.  Nous  dirons  feulement 
que  ce  Difcours  eft  une  explication  de  ce 
qu'il  faut  entendre  par  le  mot  de  miracle, 
félon  la  définition  que  l'Auteur  en  donne 
en  ces  termes  :  lt  me  femble  qu'un  mira- 
cle cil  une  opération  fenlible,  o^Vtt^x- 
X  i  »    «p. 


4Ç4    Journal  desSçayans. 

tateur  regarde  comme  divine,  parce  qu'el- 
le eft  au  deflus  de  Ta  poriée,  &c  contraire 
même,  à  ce  qu'il  croit,  aux  loix  établies 
de  I*  Nature.  L'Auteur  fe  fait  des  ob- 
jections contre  cette  définition ,  8c  il  y  ré- 
pond en  peu  de  mots. 

La  méthode  de  dretïcr  dei  Recueils  ne 
fçauroit  être  expofée  ici  j  c'eft  un  mor- 
ceau qui  veut  être  lu  dans  fan  entier. 

Quant  aux  Mémoires  pour  fervir  à  la 
vie  du  Comte  de  Shaftesbury,  ilsortt  dé- 
jà paru  dans  le  VII.  Tome  de  la  Biblio- 
thèque choifie,  aînll  ils  font  fuffitàmment 
connus. 

Dilïertatio  Solennis  de  Anatomica  praeci- 
puarum  partium  adminiftratione,  quarri 
gratiofifiimi  ordinis  Mediti  auétoritate 
fub  Prsefidio  Dn.  D.  Polycarpi  Gottlieb 
Schacheri,  PP.  &  Collcgii  Mcdici  Af- 
feff.  A.8c  R.  J  a  c  o  b  v  s  H  e  r  m  a  n  m  u  i 
Aibiechi  Hildes.  Sax.  ad  diem 
21  Maj.  A.  î7'o.  loco  horifque  con- 
fuetis  publîco  Eruditorum  examini  fub- 
Biittit.  Lipjit ,  Hllitii  Braadtmburgeria- 
nis.  C'eft-à-dire  :  Diffmtûon  far  fa- 
nmemu  des  principales  partit!  du  corps, 
&c.  Par  Jacques  Herman  Albrecht. 
A  Leipfic.  i?io.  Brochure  In 4.  pp. 41. 

/^Ette  Di  (Te  nation  anatomiqueeftune 


ou 
dé: 
les 


M      A      I      17II.  4^5 

tics  du  corps,  &  de  la  manière  dont  les 
Anatomiftes  s'y  prennent  pour  démêler 
jusqu'aux  moindres  fibres  qui  compofent 
ces  mêmes  parties.  L'Auteur  dit  d'abord 
un  mot  de  l'utilité  8c  de  i'ufege  de  l'A- 
natomie,  dont  l'art  ne  confifte  pas  feule- 
ment à  manier  adroitement  le  Icalpel, 
mais  à  fçavoir  encore  employer  à  propos 
les  injections,  &  plufieurs  autres  fecours, 
fans  lefquels  il  eft  difficile  de  parvenir  a 
une  connoiffance  fuffiTante  des  organes*. 
Il  montre  enfuite  que  la  fibre  eft  la  ma- 
tière commune  de  toutes  les  parties  foli- 
des.  Il  examine  les  fibres,  les  lames,  & 
les  pores  des  os  ;  quelle  eft  la  différence 
"  1  cartilage  &  de  l'os  par  rapport  à  la 
mftruction  de  leurs  lames  &  de  leurs  po- 
S  ;  ce  que  c'eft  que  les  membranes; 
combien  on  tire  de  fecours  du  fouffle 
qu'on  introduit  dans  les  tuyaux  des  par- 
ties ;  combien  l'immerfion  des  membra- 
nes dans  de  l'eau  fert  à  l'Anatomîfte  ; 
quels  fecours  on  tire  de  l'eau  chaude, 
pour  feparer  les  membranes  les  unes  des 
autres.  Enfin ,  l'afage  qu'on  fait  du  fcal- 
pel,  des  injections .  8c  du  microfeope, 
pour  la  recherche  des  membranes. 

Il  paffe  de  là  à  la  préparation  des  muf- 

cles  8c  des  vaifleaux.    Il  remarque    de 

uelle  manière  les  valvules  doivent  erre 

imontrées  ;     comment  on  do\t  faiî&w. 

rxitTaux  farjguias ,  om"Ï  îtw^w^  &^j 


49S      Journal  des  Sçavini! 
liqueurs;  ce  qu'il  faut  faire  après  rfnjec-     I 
tion  de  ces  liqueurs  ;    par  quels  moyens 


2 


tioa  de  ces  liqueurs  ;  par  quels 
on  vient  à  bout  de  découvrir  les  glandes, 
8c  les  v  ai  fléaux  lymphatiques;  cequec'dt 
que  les  veines  laitées ,  les  conduits  cho- 
lidoques,  les  tuyaux  des  reins,  les  vaii"- 
feaux  fpennatiques  ,  les  nerfs.  Enfin, 
quelles  lumières  on  retire  de  11  diffedion 
des  animaux  vivans. 

Voila  le  fujet  de  cette  DifTertation  .la- 
quelle eft  claire ,  méthodique,  &  l'han- 
te; mais  comme  elle  ne  contient  rien  de 
nouveau  ,  &  que  ce  n'eft  qu'une  efpece 
de  Mémoire  que  l'Auteur  donne  de  « 
qui  s'enfeigne  d'otdinaire  fur  cette  ma- 
tière, nous  ne  croyons  pas  en  devoir  di- 
re davantage. 

Copia  Littetamm  in  Latinum  Idioma  tra- 
duclatum  André.*  Chu ïsosiOMiZ*Luf> 
ki  Epifcori  tum  Plocenfis  ,  ad  Peirum 
Thcopbilum  Baranowski,  Confédéral* 
Militiae  Marefchalcum  ,  Pukovix  nie 
10  Decembris,  annoroçÈ,  fc.-inrarum, 
ex  fciundo  Tomo  Epiilolarum  ejufdem 
excerpta,  &  pro  deteufionc  juriumEc- 
clefire  reimprefla.  C'cfl.  a-dire  :  Laut 
W'Andié  Chryfulîome  Zalutki  E-uiipt  d* 
Placko ,  êtriit  à  Pultau\k  U  -vingt  Dtitm- 
in  dt  l'Annie  i6$6,  tr  adrtffie  à  Pitttt 
Ibtepk'tit  Bamnowiki  ,  Grand  MsriM 
di    U   Cc»JfJ(rflli»n,     ËXMMU&  fimt 


Mai    1711.  vn 

me  dis  Lenrej  du  même  Ev/yot,  Ita- 
lie en  Latin  ,  V  rtimprwti*  p"Ur  lu  dé- 
>fe  des  drehs  de  fUglijè.  A  Waifovie, 
ez  Jérôme  Karog.  1710.  in  fc£ 
gg.  66. 

ox  qui  ont  fait  réimprimer  cette. 
'ieee,   ne  nous  dirent  pas  les'raïTonï 

en  ont  eues  ;  mais  il  eit  aifé  de  le» 
1er.  L'état  de  la  Pologne  eit  beau- 
plus  déplorable  qu'il  ne  rétoit  en 
;  ainf»  le  moins    qu'on  puifle  faire, 

d'employer  pour  fon  foulagement 
îémcs  remèdes  qu'on  trouva  efficaces 

ce  temps-là.  Les  Polonois  qui  le 
■ent  en  1696,  fe  ptaignoient  d'avoir 
laltraireî  par  ceux  qui  avoient  l'au- 

en  main  ,  8c  d'avoir  été  privez  de 
folde  ;  à  quoi  ils  ajoutoient  l'avi- 
,ent  de  la  qualité  de  Towanyfz,  Sï 

ues  autres  fiyets  de  plainte  moirji 
[Uns.  Sur  ces  prétextes,  uneinfiniié  de 
lOnds    ,  ,  qui  ne  demandoienr  qu'à 

,  prirent  les  armes  ;  fi  gouvernez 
h  nombre  luffifaDt  de  Gentilshommes, 
es,  ou  mal  (mentionnez,  ils  fc  mî- 
1  ravager  leur  propre  patrie.  Quoi 
i  Religion  n'entrât  pour  tien  dans  ce 
cernent,  les  biens  des  EgliTcs,  ÔC  en 
ulicr  ceux  de  l'Eglifc  de  Plocko,  ne 
t  pas  épargnez. 

Lettre  que  l'Evêque  ccim\A  «  îa- 


«s  fortes  Q^  paires  ,    a"  ^  T] 

moire  tes  E"?.  ta  Lettre  duo  '' 

Sre^l^Ï^ 

■  ^îSSajl 

„,..,  ,lfofit«'=eIi,idef' 


"*••>  n™  r"""'  '<">'&  Jm'-'<- 
»»  »o»"Yh'cc  9«c  b  JS  ""  »°«» 

sangs 


iﻫV. 


.^W' 


s  inutile- 


M   a   i    nu; 

perlecutée  ,    parce  que  les  glandes  ( 
petites  Diètes  fe  (ont  aHemblccs  im 
ment  !     M;iis  quand    on  nous  payerait, 
diient  les  Révoltez,  la  fbldc  ordinaire  ne 
fuffit  pas  pour  remplir  nos  belbins.     Si  11 
(bide  ne  vous  iuffit  pas,  repond  l'Auteur, 
que  ne  quitteï-vous   un   métier  qui  ne 
donne  pas  de  quoi  vivrez    II  compare 
enfuite  les  Confédéré!  arec    les   troupes 
des  temps  paiTei  ;    &  après  avoir  lotie  la 
Difcipliiie  &  h  fobrieté  de  celles-ci .  il  re- 
proche aux    autres  leur  mollefle  5c  leur 
luxe.  Quand  un  Officier,  dit-i!,donnedans 
un  feul  repas  cent  perdrix  ,    qui  lui  ont 
coûté"  cent  pièces  d'or  !   quand  un  autre 
fait  fervir,  même  à  fes  valets,  desmafic- 
pains  au  lieu  de  pain  ordinaire  ,     quelle 
folde  peut  fuffirc?    ....  On  ne  veut  plus 
s'habiller quede  draps  de  France, on d'Ef- 
pagne  ;  on  ne  fe  croit  pas  b;en  chauue,  li 
on  ne  l'ell  à  la  Turque;  à  Verni  les  uns 
des  autres  on  fe  couvre  de  foye,  de  marte 
libeline,  de  peaux  de  panthères  ,  l'or  8e 
l'argent  brillent    par-tout...   Pierre    Firlé 
-/'Alatin  de  Sandomir ,     qui  commun  doit 
/^rmée   avant  la  guerre  de  Suéde  ,   en 
f-Crgari.hnt  un  jour  les  Colonels  6c  les  au- 
j*7"^  Officiers  qui  mangeoient  à  fa  table, 
ï*ïf  -*  fan  Chapelain  :  Voyez-Vous  ,  mon 
**w^,  ces  habirs  précieux,   ces  robes  nup- 
|      *  >J^  ej.J     Croyez-vous  que  ceux  qui  en  font 
■vêiasfeaycntachcttidc  Vc\aVÀCû4e.\î».- 


coov«is  •   ■   tacb».  »°ne'  Jt  TtnirJ. 

&ck™non  T.,         Grand   M"f  .(fod'im- 
„0.i.  S1cf  Dépoté  «"'Snn.»»- 

Z.7à  lu  <*"!'.  '  i  ,  'i'1*' 


Mai     nu. 

>ert;  àipttsi  448,  jufyutn  46 
.eNain  de  Tillimont.  A  Pari;,  chez 
Ibarles  Robuftel,  rus  Jaint  Jacques,  au 
almier.  1711. 

Oici  le  quinzième  Tome  des  Mé- 
moires de  M.  de  Tillemont.  Qλ- 
volume  a  paru  feparément  ;  &  nom 
avons  donné  l'Extrait  à  menue  que 
preffion  les  a  fuccefliveiTientreridupu- 
!.  Cela  nous  difpenfe  de  remettrede- 
t  les  yeux  du  Lefleur  le  plan  général 
Ouvrage.  Nous  avons  feulement  à 
er  des  matières  qui  composent  en  pat- 
lier  ce  volume. 

)n  y  trouve  d'abord  l'Hîfioirc  de  faint 
HÏen,  de  faint  Hellade,  de  faint  A- 
eur,  de  faint  Germain ,  de  faint  Alo- 
dç  faint  Fraterne,  de  faint  Mamertin, 
,e  faint  Marien,  tous  Evêques  d'Aux- 
:  Ville  fortunée  ,  remarque  M.  de 
emont,  qui  n'ayant  rien  par  elle-mé- 
qui  la  relevé  dans  le  monde  ,  a  néan- 
insdans  l'Eglife  l'avantage  précieux  d'un 
id  nombre  de  faints  Prélats.  Saint  Ger- 
n  eft  celui  de  tous  qui  a  été  le  plus 
oré.  „  Et  quoi  que  Paris ,  dit  l'An- 
eur  ,  ait  un  faint  Germain  illuftre  par 
:s  vertus  &  par  fes  miracles  ,  celui 
'Auxerre  ne  laîfle  pas  d'être  encore 
ttant  &  plus  célèbre,  foit  dans  la  Vil- 
rflénie  de  Paris,  foit  dans \c  ttft.c 6» 
"S»»- 


r'5o4  Jou***t  DES  Sç 
„  Diocefe,  &  dans  tout  le  Royau 
11  pafla  fa  jeunefle  dans  l'état  ik  les  o 
parions  de  feculier  :  la  chafîe  étoit  fa  r_ 
fion  dominante  ;  &  quand  il  avoir  pris 
quelque  béte,  il  en  venoit  pendre  la  rére 
à  un  grand  poirier  qui  étoit  au  milieu  de 
la  Ville  d'Auxerte.  Ce  n'étoft  que  pour 
faite  montre  de  fon  adreife;  mais  comme 

»Ics  Payens  faifoient  par  ftiperflition  quel- 
que chofe  de  fembhble,  faint  Amateur  qui 
croit  alors  Evêque  d'Aujrerre  ,  crut  qu'il 
falloir  épargner  à  la  pieté  des  Chrétiensun 
fpeflacle  qui  paroiffoit  avoir  rapport  aui 
manières  du  Paganifme.  11  pria  donc  Ger- 
main de  ne  plus  donner  occaiion  à  untel 
fcandale  ;   &  n'ayant  rien  pu  obtenir  fur 

»  cela  par  prières,  i!  eut  le  courage  de  faire 
abbarre  lui-même  ce  poirier,  &  de  jetrer 
hors  de  la  Ville  les  trophées  qui  y  étaient 
attachez.  Germain  regardant  cette  entre- 
prife  comme  .un  affront  ,  rclblut  de  l'en 
vanger ,  &:  menaça  de  tuer  l'Evêqo* ,  qui 
s'effraya  peu  de  ces  menaces  ,  &  foinn 
fur  lui    des    dcfl'dns  bien    dtfférens.    Ce 

kfainr  Evêijue  fe  rendit  un  jour  à  l'Eglife, 
fui vi  du  peuple.  Germai»  s'y  : 
vec  la  foule.  S.  Amateur  engage*  ccut 
qW  avoient  des  armes  à  les  quitter  ;  & 
après  cette  précaution  ,  &  quelques  m<f 
mens  de  prière,  il  alla  droit  à  Cjcrmii», 
fe  Jâîflt  de  lu\  ,  lui  ota  fes  ornemcris 
Jiuires  ,  lv»  couçi  \«  ' 


fa      ,.     ■'- 


M     *    I     i-îî. 
donna  l'habit  8e  l'or 
en  lui  difant  pour  l'a 
„  vaille,  mon  cher  tcratâiUcFctre ,  * 
„  conferver  pur  8c  fan  tache  FuiomcaÊ 
„  que  vous  venez  de  recevoir  :  car  Die» 
„  veut  qu'apià  ma  man  vom  hcnraW» 
„  à  la  charge  de  PaUera  de  cette  Ëeji- 
„  fe."    IU?v  a  rira  de  pi»  « 
ni  qui  paroifle  plus  contraire  ass 
l'Eglife  ,     que  cène  vocacos. 
„  obfcrve  l'Aotear  ,  qtasd  cdx 
„  le  maître  des  régla  parie,  cet  a"  p 
„  à  l'adorer .  &  a  rcteron  fe*  orducave 
„  une  humble  f< 

Après  la  mort  de  faut  Aautcw  «  Té- 
lection  qu'il  avoit  farte  de  fr»  *i«M  £ 
confirmée  par  Je  p< 
d'une  voix   faist  « 

d'Auverre  en  *i8.    Il  eft  porté  das*  c 
Mémoires  de  phflEea»  «©Tagea  qa  il  c»- 
treprit  pour  le  bien  de  fEg«e  «traat  ' 
Epifcopat ,   8c  de  bteo  de*  traverses  q 
eiïuya  pour  le  otaimica  de  la  Foi.  0  al 
bavent  en  Angleterre  perar  s'opposer  ai 
erreurs  des  Pelagieos.    On  raconte  ai  < 
endroit,  qae  lès  Breton*  ajaat  été  atta- 
quez par  les  Saxons  &  les  Piâes  tout»  la 
fois  ,  &  ne  s'étant  pas  trouvez  en  état  de 
leur  tcfiltet ,  curent  recours  a  laine  Gt 
main  Se  à  (àint  Loup.  Ton  compagnon.  < 
fut  vers  le  tems  de  Parues  ,  que  les  & 
mecs  ennemies  s'approchèrent.    S.  Ger 


•a%  dans 


î«6  Journal  du  SfàriNs. 
main  fit  mettre  l'Armée  des  Bretons  _. 
une  vallée  environnée  de  montagnes;  & 
quand  les  ennemis  parurent ,  il  fe  mit  j 
chanter  AlLtInya,  avec  faint  Loup;  &i 
leur  exemple  toute  l'Armée  répéta  le  mi- 
me chant,  ce  qui  furprit  Se  effraya  telle- 
ment les  ennemis ,  qu'ils  prirent  la  fuite, 
8c  que  la  plupart  même  fe  noyèrent  dans 
une  petite  rivière  qu'ils  rencontrèrent  fur 
leur  paffage.  S.  Germain  revint  d'Angle- 
lerre  en  France ,  &  de  là  il  alla  à  Raven- 
ne ,  où  il  y  avoit  des  troubles ,  &  où  le 
peuple  l'appelloit  pour  les  calmer.  On 
rapporte  ici  un  trait  de  fa  charité  dans  le 
voyage.  II  rencontra  au  paffage  des  Al- 
pes une  troupe  d'ouvriers,  qui  portoient 
de  lourds  fardeaux.  L'un  de  ces  ouvrier; 
étoit  boiteux,  Si  avancé  en  âge;  il  ya- 
voit  là  un  torrent  à  paffer  entredeuipré- 
cipicesice  pauvre  homme  ne  Ravoir com- 
ment fe  tirer  d'un  fi  mauvais  pas.  Saint 
Germain,  le  voyant  embarraffé  ,  com- 
mença par  fe  charger  de  fon  fardeau,  & 
le  porta  a  l'autre  bord  ;  enfuitc  il  le  vint 
prendre  lui-même  fur  fon  dos,  &  lepaffi. 
Etant  arrivé  à  Ravenne,  les  Grands  &  ie 
peuple  lui  témoignèrent  a  l'envi  Ujove 
qu'ils  avoient  de  le  voir.  L'Impératrice 
Placidie  lui  offrit  par  diftinélion  un  bafiio 
d'argent  rempli  de  mets  délicats.  S.  Ger- 
main difttibu»  \w  to«s  a.  fa  compagnie. 
donna  le  b»fon  4'«%«a  »».  v-wv     ■ 


'7U.  i«7 

oya  par  reconnoiffance  à  l'Imperam- 
un  pain  d'orge  fur  une  afliettedebois. 
>  Hilloriens  rapportent  de  lui  plufieur» 
ades,  dont  il  eiî  Tait  mention  dans  cet 
moires.  Il  mourut  à  Ravenne  le  ji 
!!«  44S,  après  plus  de  trente  années 
ïtfcopat.  Son  corps  fut  transfère  à 
terre  ,  où  il  a  été  enterré  dans  une 
te  Chapelle  de  faint  Maurice,  qui  cil 
>urd'hui  un  Monaflere.  Ce  corps  a  été 
uîs  réduit  en  cendre  par  les  Calvinif- 
,  de  forte  qu'il  ne  refle  plus  dans  ce 
naltere  que  fon  tombeau  ,  &  le  drap 
bye  donné  par  Placidie ,  pour  l'enfc* 
r. 

,'Hiftoire  de  faint  Germain  cil  fuivie 
relie  de  faint  Alode,  de  faint  Frateme, 
aint  Mamertîn  ,  &  de  faint  Maricn , 
ont  tous  rempli  après  lui  le  Siège  de 
;lired'Auxerre.  Et  outre  les  fuccefleurs 
ce  faint  Evêquc  par  rapport  à  fa  digni- 
on  nomme  encore  dans  ces  Mémoires 
Iques-uns  de  fes  Difdples  qui  fe  font 
inguez  dans  l'Eglife  par  l'imitatton  de 
vertus.  11  eft  enfuite  parlé  de  faint 
rone  Evéque  de  Boulogne  .  de  faint 
aire  Archevêque  d'Arles  ,  de  faint  Ifi- 
e  de  Damiette  Prêtre  &  Abbé, de  faint 
;her  Archevêque  de  Lyon  ,  de  M»rius 
rcator,  de' Vincent  de  I.erins,  de  faint 
rien  ,  de  fainte  Pulquerie  ,  de  fiiat 
rre  Chryfoloeuc  premier    htùiCT^t 


jo!     Journal  deiSçavans. 

de  Ravenne,  de  Juvenal  premier  Patriar- 
che de  Jeruralem  ,  de  Theodoret  Evéque 
de  Cyr  ,  de  faint  Bafilc  Archevêque  de 
Seleucie  en  Ifaurie,  de  faint  Sirneon  Sty- 
Jite,  Anachorète  en  Syrie, de  faint  Maxime 
Archevêque  de  Ries  ,  de  faint  Ruflique 
Archevêque  de  Narbone  ,  de  Saint  Nu. 
mace  &  de  faint  Eparce  Evêques  de  Cfer- 
roont  en  Auvergne.  Toutes  ces  vies  dif- 
férentes ,  qui  contiennent  un  grand  nom- 
bre de  faits  curieux  &  édifians,  deraande- 
roient  autant  de  différens  Extraits  ;  mais 
obligez  de  les  renfermer  dans  un  ieul, 
fans  paiTcr  nos  bornes,  nous  ne  pouvons 
que  les  annoncer  par  la  Cm  pie  indication, 

Êour  nous  ménager  par  là  du  moins  la  li- 
cite de  nou*  étendre  un  peu  davantage 
fur  la  vie  de  faint  Léon,  oui  termine  ce 
quinzième  volume,  &  qui  fournïtà  l'Hif- 
loire  Ecclîfiaftique  des  évenemens  remar- 
quables. 

S.  Léon  Pape  a  été  furnommé  leGrand, 
&  ce  titre  feul  fait  Ton  éloge.  I]  naquit  à 
Rome,  fuivant  faint  Profper  ;  quelque! 
Auteurs  veulent  néanmoins  qu'il  fut  origi- 
naire de  Tofcane;  mais  la  plus  commun; 
opinion  en  que  Rome  a  été  le  lieu  de  fi 
naiflance.    Il  y  acquît  une  fi  grande  re- 

fiutation,  que  quoi  qu'il  Fût  ablént  dans 
e  temps  de  la  mort  de  Sixte  lit.  on  ne 
JaiTa  pas  de  le  choiCr  pour  lui  fuccedci 
Sa  principale  meuxwîi  tv&  it  wuÂuteo 


Mat     171  i.  joç 

la  Foi  contre  les  efforts  de  diverfes  Secte* 
qui  en  altéraient  la  pureté.  Il  s'éleva  d'a- 
bord contre  les  Manichéens, les  Pélagiens, 
les  Neftoriens ,  &  les  Prifcillianites.  Mais 
celui  de  tous  les  Herefiarques  qui  lui  don- 
na le  plus  de  peine,  fut  Eutiche,  dont 
l'erreur  confifloit  a  ne  point  reconne' 
de  nature  humaine  dans  Jefus-Chrift. 
febedeDorilée,  après  avoir  efiiyéenvai... 
d'étouffer  cette  erreur  dans  fa  naiflance, 
la  dénonce  a  faint-FIavien  ,  &  cite  Eu- 
tiche devant  lui.  S.  Flavien  aflemble  un 
Concile ,  où  Eutiche  eft  cité.  Eutiche 
refufe  de  comparoitre,  &  fe  ménage  pen- 
dant ce  temps-ià  un  nombreux  parti.  On 
le  cite  une  féconde  fois,  il  n'obéit  point, 
&  fe  contente  de  faire  paroître  un  Député 
en  fa  faveur.  Eufebe  continue  de  le  puur- 
fuivre  i  alors  Eutiche  fe  détermine  à  fe 
rendre  lui-même  au  Concile  ,  mais  il  y 
vient  avec  une  troupe  d'Officiers  Se  de 
Soldats.  On  l'interroge  ,  il  perfifte  pu- 
bliquement dans  fon  erreur.  Le  Concile 
rend  une  fentenee  contre  lui ,  l'excom- 
munie, &  le  dépofe,  Eutiche  porte  fes 
plaintes  à  Thcodofe  ,  qui  féduit  par  fes 
Difcours  ,  lui  accorde  un  Concile  œcu- 
ménique, &  le  convoque  à  Epliefe,  Eu- 
tiche met  Diofcore  dans  fes  intérêts,  8ï 
Épropofe  à  Theodofc  pour  préflder  au 
oncile.  L'Empereur  y  confçnt  1  faint 
eon  apprend  le  danger  que  coun.  YÏ.^Kji 
Y  1  Y» 


ÏJIO  lOUINtL  DIS  SÇAVANS. 
par  cette  brigue.  Il  écrit  au  Conciled'E- 
phefc;  mais  Diofcore  qui  y  préfldoit,  fup- 
ptime  fes  Lettres,  Si  ne  fait  lire  que  cel- 
les de  l'Empereur,  qui  étoient  favorables 
.1  Eutiche.  L'éclat  de  cette  protection 
augmente  le  parti  de  1  Hereûarque.  Eu- 
febea  beau  s'emporter,  onne  l'écoute  plus, 
S.  Léon  averti  du  nouveau  danger  pref- 
fant  où  étoit  l'Eglife ,  fait  partir  des  Lé- 
gats; on  les  reeufe.  11  écrit  de  nouvelles 
Lettres  ;  on  empêche  qu'elles  ne  foienï 
lues.  La  brigue  devient  il  puûTante,  que 
Diofcore  qui  en  étoit  le  Chef,  contraint 
tous  les  Evêqucsde  donner  leurs  lignan- 
tes en  blanc  ;  &  par  cetie  voyc  Entiche 
cil  abfous  ,  &  faint  l-'Iavien  condamné. 
Ce  Saint  fut  même  accablé  d'outrages  & 
de  coups  au  milieu  de  l'aifemblée  ,  Si  de 
là  il  fut  mené  en  exil,  où  il  mourut  peu 
de  temps  après  ,  par  l'inhumanité  de  ici 
Gardes.  S,  Léon  affligé  de  ce  qui  s'é- 
toit  palTé  dans  le  faux  Concile  d'Ephefe, 
n'en  fut  pas  pour  cela  abbatu.  II  écrit 
à  l'Eglife  de  Confia  mi  no  pie  ,  Se  deman- 
de à  Theodofe  un  Concile  général  en 
Italie.  L'Empereur  le  refufe  i  mais  fon 
fuccefleur  nommé  Marcien  ,  l'accorde, 
l'indique  a  Nicée,  &  promet  de  j'y  trou- 
ver. Ce  Concile  eft  depuis  transfère  a 
Chalcédoine.  Les  Légats  de  faine  Léon 
en  obtiennent  la  çiélidence.  Alors  les 
affaires  de  VEsUfeûati^iA  èdtlMJt.T*»*. 


rare  eft  ciTc  in  Concile  coacsae  mê; 
on  reconnoi:  (es  brig xs  ît  ia  naiBacta; 
ou  le  condamne  ;  on  le  dépote  ,  &  x 
condamnation  eft  acoompagaée  de  celé 
d'Eutiche  :  c*eâ  au  courage  k  â  la  ân> 
meté  de  lâini  Lrca  qoc  cet  mani»  Am 
gemect  eft  dû.  On  nonrc  ici  toot  ic  dé- 
tail de  cène  importante  afiire. 

Un  des  plus  beaux  endroits  de  la  ne  de 
ce  faint  Pape,  eft  le  pornos  «ae  foo  élo- 
quence lui  dormi  fin  Ainla.  Ce  Pince» 
donc  le  nom  feu!  répande*  la  terreur  pat- 
tout  ,  s'êtoit  déjà  rendu  maître  de  Pane 
Si  de  Milan ,  Se  y  aroit  bine  la  défota- 
ticm  &  la  mîiere.  L'Italie  entière  etoit 
menacée  du  même  fort-  On  ne  royort 
pas  comment  faaver  Rome.  Cette  grande 
Ville  etoit  peu  en  état  de  fe  défendre  coft- 
tre  une  multitude  innombrable  de  Barba- 
res. Il  ne  conrenoit  pas  auiû  a  l'Empe- 
reur d'abandonner  lâchement  les  Etais, 
&  de  chercbei  ailleurs  un  axilc.  Dans 
cette  fimarion,  on  propofe  de  députer  à 
Attila  ,  pour  lâcher  d'obtenir  de  lui  la 
paix  à  des  conditions  fupportables.  S. 
Léon  feul  eft  jugé  capable  de  taire  réiiffir 
une  dépuration  li  hazaideufe  :  Il  eft  prié 
par  l'Empereur  Se  le  Sénat ,  de  l'accepter. 
Son  zèle  pour  le  falut  de  la  pauie  l'y  laie 
confeniir.  On  lui  donne  pour  adjr'-" 
Ayienus  &  Trigetius,  dont  l'un  axoû  ™ 
ConM',  &  l'autre.  Préfet  d.e'B.omt.  "î\^- 
■  Y  4  ** 


qu'il  avoït  fait  fi  glorieufement  pendant 
fa  vie,  qui  étoit  de  garder  la  porredel'É- 
glife,  &  de  veiller,  comme  un  bon  Par- 
ieur, fur  le  troupeau  de  Jefus-Chrift.  On 
ne  marque  point  dans  les  MemoiresdeM. 
de  Tillemont  les  Ouvragesque  faint  Léon 
nous  a  laiflez;  on  avertit  feulement,  qu'on 
s'eft  repofé  de  ce  foin  fur  ceus  qui  en  ont 
donné  ïe  Recueil. 

Joannis  Frankii  ,  Mcfclenburgen- 
fis,  Tenebraï  !ucjd«,fivc  Diacritica  fa- 
cra  ,  in  qtta  omnes  Kbrœorum  difhnc- 
trones  tribus  regulis  fundamentalibus  & 
eorundem  interpuncliom's  duabus  tabu- 
lis  accuratis  plane  ,  perfpicuè,  &  brevi- 
ter  proponuntur  ,  ut  quae  hactenusobf- 
cura  &  dilAdllima  judicaia  funt  ,  nunc 
facillimè  &  paucis  horis  addifeî  pofrmt, 
cum  Elucidario.in  quo  omnia  piolixiiis 
explicantur  ,  &  exemplis  illuflrantur, 
reguli  datœ  coufirmantur  «aliorom  pla- 
rita  modeilè  examinantur,  ufus  doclri- 
U3E  hujus  monilratur,  multadicla  Scrip- 
turx  ex  folido  artis  fundamento  expo- 
nuntur,  mu!ta  ab  aliis  prœtermitTa  ad- 
duntur  ,  varia  nota:  criticœ  admifee»- 
tur  ,  &  pleraque,  fi  non  omnia  ,  qu;e 
hic  neceffaria  &  utilia,  explicantur-  Ac 
ceffit  Joannis  Geobgii  Anes 
t  1 1  ,  S.  Théo].  D.  &  S.  L.  in  Ac»-  | 
demi»  Lipiïenll  Prof.  Fflbl.  ord.Difler- 
tnio 


n7.,«it>!'b,'\-Y,lP; 


cbci 


1« 


ion  »u   oo'on  °"' ■ 


i    17 1 1.  fis 

crimre;  en  un  mot ,  qu'on  ne  petit  fam 
témérité  y  faite  le  moindre  changement. 
Il  {croit  trop  long  de  rapporter  ici  Ici  rai- 
ions  qu'allègue  chaque  parti  en  faveur  de 
l'opinion  qu'il  foutient.  Mais  quelle  que 
foit  la  force  des  atguraens  mis  en  œuvre 
de  part  &  d'autre.  M.  Frank  n'a  pu  re- 
(iller  à  ceu*  des  derniers ,  ou  des  Hébraï- 
zans  rigides  ,  ôt  il  a  crû  devoir  embrafler 
fam  referve  leur  fenriment  i  fur-Iout  pat 
rapport  à  ce  qui  regarde  les  Accens.  II 
avoue  cependant  dès  l'entrée  de  fa  Préfa- 
ce, qu'un  certain  penchant  naturel  a  eu 
bonne  part  à  cette  petfualion  :  A  ptiné 
(dit-il)  commttifoii-jt  à  m'init'tcr  dam  la 
Grammaire  Hibra'tqnt  ,  que  je  conçus  uni 
inctinatUn  particulier!  ftur  Itt  Accensdi  cette 
Longue  ;  ce  qui  m'a  dittrmini  dans  la  fuht 
À  tenfacrer  à  (elle  firtt  d'étude  tous  tes  mt~ 
ment  dont  j'ai  fù  difpofer  ,  &■  à  recueillir 
fur  cette  matière  tant  te  qui  fmvoit  l'iilair- 
ùr.  M.  Frank  n'a  fait  en  cela  que  fiiivrc 
les  traces  de  BM,  de  Schnigaff ,  àcWaf- 
vmtb ,  de  We'unar ,  de  Rcfatck ,  de  Ltdf 
bmhr ,  de  Cmtf,  &c.  Son  tiavail  n'a  point 
été  infructueux,  comme  l'on  voit,  puif- 
qu'il  a  produit  le  gros  volume  dont  nous 
rendons  compte.  L"Auteur  étoit  fur  le 
point  de  le  publier,  lorlqu'il  lui  arriva  un 
fâchiux  contretemps.  M.  le  Clerc  donna 
fon  Commtmaire  fur  la  Cenefe ,  accompa- 
gné de  pluiicuis  Differtatiocs 

y  6 


i 


JIÔ"     JatIRNAl   DES   SçAVANS, 

Art  C'iiîqui ,  Ouvrages  dans  lelquels  il  Ce 
déclaroit  contre  les  partions  des  Accens 
Hébreux,  &  marquoit  faire  peu  de  as  de 
ces  fortes  de  diflinfiions  grammaticales, 
qu'il  regardent  comme  purement  arbitrai- 
res ,  &  de  nulle  autorité.  Cet  incident 
dérangea  un  peu  les  mefures  de  nôtre  Au- 
teur. Il  ftlloit  avant  toutechofe,  répon- 
dre aux  objections  du  Théologien  de  Hol- 
lande, &  détruire  les  fondeinens  lur  lef- 
tjuels  il  appnyoit  fon  mépris  pour  ks  Ac- 
cens dont  il  s'agit.  L'amour  de  la  vérité 
fembloit  exiger  de  M.  Frank  cette  réfuta- 
tion ;  mais  d'ailleurs  il  étoit  en  quelque 
façon  de  Ton  intérêt  que  M.  li  CJmn'tùt 
pas  railbn  fur  cet  article;  autrement  (con- 
tinué t-il)  j'aurais  perdu  ma  ptine  &  mm 
huile,  mai  qui  avoii  cenfumé  tant  .l'htttrts, 
eu  peur  partir  fini  jujtt ,  tant  d'année!  dam 
in  umtmpUtm  At  tes  mtrii'dktix  Accent. 
Il  a  donc  deftiné  la  meilleure  partie  de  fa 
l'réfacc  à  combattre  les  lentimens  de  M. 
le  Clerc,  qu'il  expofe  d'abord,  en  tranferi- 
vanr  les  partages  qui  les  contiennent  ,  & 
contre  lefqucls  il  argumente  enfuite  dans 
les  formes.  On  s'apperçoit  fans  peine . 
par  la  manière  dont  il  s'y  prend,  qu'il  e/r. 
grand  Dialecticien ,  &  que  le  fyllogiime  clt 
fort  de  fon  goût;  en  effet,  il  n'y  a  pref- 
que  aucune  page  dans  cette  Prérace,  où 
l'on  ne  rencontre  en  fon  chemin  le  terme 
i'Argumntater,  Si  connu  &  fi  ufité  dans 
les 


Mai     1711.  ,,7 

rs    députes    ScholatHques.    Ceft-4-éfee» 

jue  M.  Frank  réduit  à  la  forme  fyUugilli- 
luelïS  raifonnementiie  M.  le  Cfcre.aprèï 
quoi  il  lui  nie,  félon  qu'il  le  iuge  a  pro- 
pos, fes  majeures,  fes  mineures,  ou  fes 
conséquences.  H  1'atiaque  enfuite  a  fon 
tour,  en  fe  fervant  des  mêmes  armesqu'il 
vient  de  lui  prêter;  &  tâche  de  le  forcer  ■ 
dans  fes  retranchemens  i  de  fore  qu'a  ju- 
ger du  fuccès  de  cette  efpece  de  combat, 
par  ce  qu'en  offre  à  nos  yeux  celte  Pré- 
face, il  fcmble  que  M.  le  Clac  ait  le  dc- 
iavactage  prelquc  par-tout. 

M.  Frank  s'aitacbe  à  montrer  qu'une 
connoifTance  exacte  des  Accens  Hébreux, 
confiderei  par  rapport  à  la  ponctuation, 
eft  abfolument  neceflaire  pour  développer 
le  vrai  iens  d'une  infinité  de  palTages  de  la 
Bible,  lefquels  fans  ce  fecours  peuventre- 
cevoir  différences  interprétations,  ou  de- 
viennent obfcurs  &  inexplicables.  Il  s'ef- 
force de  mettre  cette  propofition  dans 
tout  fon  jour  par  divers  exemples  lirez  de 
la  Genefe,  d'où  il  paroît  (félon  lui)  que 
M.  U  Clerc  ne  s'efl  égaré  dans  plusieurs 
endroits  de  la  Verlion  Laiine  qu'il  nous 
a  donnée  de  ce  Livre  Sacré  ,  que  pour 
n'avoir  eu  mil  égard  aux  Accens.  L'Au- 
teur tire  de  rotitcela  uneconiecjuence qu'il 
croit  une  preuve  invincible  pour  démonr 
trer  que  ces  Accens  font  divins  dans  leur 
origine,  ou,   ce  qui  revient  au  r-?-- 


«V'iU 


JlS       JODfcNAL   DES  SÇAYANl. 

qu'ils  ont  été  appliquez  au  Texte  de  l'E- 
criture par  Moife  &  les  Prophètes,  divi- 
nement infpirex.  Voici  le  raifonnement 
de  M.  Frank.  La  parole  de  Dieu  conte- 
nue dans  la  Sainte  Ecriture,  cil  véritable 
eufauife.  Si  elle  eft  véritable,  comme 
il  n'eft  pas  permis  d'en  douter,  elle  doit 
avoir  un  certain  fens  déterminé  ;  car  la 
■vérité  eft  une  &  Ample.  Mais  û  l'Ecri- 
ture a  un  fens  déterminé,  Dieu  a  voulu 
fans  doute  le  manifefter  aux  hommes; au- 
trement l'Ecriture  deviendront  une  fource 
d'erreurs.  Il  s'enfuit  de  là ,  que  Dieu  a 
dû  cous  fournir  des  moyens  firrs  pour  dé- 
mêler le  véritable  fens  de  fa  parole.  Or 
c'eftàquoi  nousconduilent  infailliblement 
Jes  points  voyelles ,  &fm-tout  les  Accens, 
faute  defquels  le  fens  d'un  grand  nombre 
de  partages  demeureratoûjours équivoque; 
ainfi  qu'il  eft  aifé  de  s'en  convaincre  par 
les  fréquentes  méprifes  de  ceux  qui  ont 
négligé  d'y  avoir  recours,  &  entre  autres, 
de  M.  liClttc.    Donc,  Bec. 

Pour  venir  maintenant  au  corps  de 
l'Ouvrage,  nous  diron*  qu'il  eft  compofé 
èe  trois  parties ,  précédées  d'une  Thhtri* 
f  réliminaire ,  où  l'Auteur  rend  raîfon  de 
fa  méthode,  &  en  fait  voir  l'utilité.  Il 
traite  dans  la  première  partie  ,  de  la  fin 
que  fe  font  propofée  les  Auteurs  de  la 
ponctuation  Hébraïque  ,  Se  qui  n'eft  au- 
tre que  la  clarté  dans  le  Difcours.  La 
fe- 


féconde  partie  route  fur  l'objet  de  celte 
ponctuation  ,  qui  n'eft  pas  différent  du 
Difcours  même,  confidete  commedevant 
être  partagé  en  plufieurs  périodes,  ouver- 
fets ,  lcfquels  doivent  être  encore  diftin- 
guex  en  plufieurs  membres,  pour  devenir 
plus  intelligibles.  L'Auteur  établit  ici 
cette  diilinétion  fur  trois  règles  principa- 
les; I-  Que  lorfque  plufieurs  mots  font 
joints  par  le  moyen  des  Accens  deftinei  à 
cet  ufage,  ces  mots  ont  toujours  quelque 
liaifon  de  Syntaie ,  foit  entre  cui ,  fois 
avec  un  troiliéme  mot  commun:  *.  Qu'on 
doit  diilinguer  dans  chaque  période  autant 
de  membres  qu'il  s'y  trouve  de  propoG- 
tions  différentes;  3.  Qu'entre  différentes 
fortes  de  diftinélions  que  peut  admettre 
une  même  période,  on  doit  toujours  pré- 
férer celles  qu'autorife  ou  1a  fuite  du  rai- 
fonnement ,  ou  le  pathétique  du  Difcours, 
Ces  règles  font  édaircies  par  grand  nom- 
bre d'exemples,  &  fouffrent  plufieurs  ex- 
ceptions ,  dont  on  donne  un  dénombre- 
ment exact.  Enfin  l'Auteur  dans  la  ttoi- 
liéme partie,  nous  parle  des  Accens ,  de 
leurs  efpcces,  de  leurs  ufages,  &  des  pla- 
ces qu'ils  doivent  occuper  dans  le  Texte 
de  l'Ecriture ,  tant  pour  la  Ptofe  que  pour 
la  Poèfie;  la  ponctuation  étant  différente 
pour  ces  deux  genres  d'écrire.  La  mé- 
thode que  fuit  M.  Frank  dans  tout  le 
cours  de  ce  Traité  ,  conlifte  à  ri 


J10       JOUSNIL    DÈS    SçAVAN*. 

tous  les  préceptes  de  la  pomfluaiion 
braïque  en  cinquante  Ptfitims  ou  ihifn, 
exprimées  en  peu  de  mots,  &  dont  cha- 
cune cil  fume  d'un  long  EcUiTcijJimtm , 
plus  ou  moins  étendu  ,  &  tîivile  en  pla- 
ceurs articles  ou  paragraphes.  Ces  articles 
font  au  nombre  de  381. 

Tout  cela  eft  terminé  par  deux  Appea- 
dkts,  dont  la  première  indique  ifo  ver- 
fers  de  l'Ecriture,  qui  fourniiïent  tous  les 
exemples  de  l'une  &  de  l'autre  ponftua- 
tion  :  la  féconde  nous  fait  fentir  combien 
les  règles  de  cetre  ponctuation  font  enco- 
re défeétueufes ,  &  la  necolîité  qu'il  y  a 
de  les  reformer.  L'Auteur  pour  plus 
grande  facilité  a  réduit  tout  fon  Syftême 
en  trois  grandes  Tables,  inférées  dans  ce 
volume  ,  &  par  le  moyen  delquelles  i! 
allure  qu'on  peut  s'inllruire  de  tout  ce 
qui  concerne  les  Accens  Hébreux,  dans 
l'efpace  de  quelques  heures.  Mais  com- 
me l'intelligence  de  ces  Tables  fuppofe 
une  lecture  entière  du  Traité  ,  fans  quoi 
il  eft  prefque  irnpoilible  de  les  déchiffrer; 
on  ne  doit  pas  prendre  au  pied  de  lai  lettre 
les  promefles  de  M.  Frank. 

Nous  ne  devons  pasoublierd'avertirque 
l'on  trouve  à  la  tête  de  ce  Livre  une  pe- 
tite DilTertation  de  M.  Aliihi  touchant 
le  véritable  ufage  des  Accens  Hébreux, 
dans  laquelle  il  ne  .émblc  pas  toujours 
d'jccoid  avec  M.  Frank;  prétendant 


ces  Accens  fervent  non- feulement  à  la 
ponctuation ,  maïs  encore  à  marquer  une 
certaine  modulation  ou  harmonie  que  les 
Juifs  obfervent  dans  la  leéture  des  Livres 
Sacrez. 

Nous  n'avons  garde  de  nous  étendre 
pins  au  long  fur  toutes  ces  chofes  :  un  dé- 
tail plus  particulier  ne  feroit  qu'ennuyer 
ceux  qu'imereiTent  peu  ces  fortes  de  ma- 
tières; &:  quelque  circonflaneié  que  fût 
nôtre  Eïtrait  ,  il  ne  fatisferoit  encore 
«5 u' imparfaitement  les  amateurs  de  ces  mi- 
nuties, qui  pourront,  s'il  leur  plait , eon- 
fultcr  l'original  même. 

Lu  Avtutts  peur  O*  contre  le  Defltur  Surfit- 
i-errti  ,  *vtt  plujituts  Pîects  imperUnttt 
concernant  li  Précis  lie  ce  Dut  leur  :  Tra- 
duit de  l'AngLii.  A  Amfterdam,  chet 
Pierre  Humbert ,  dans  le  Kalverftiaat. 
171t.  in  8.  pagg.  184. 

T  Es  Nouvelles  publiques  ont  affez  par- 
■*"'  lé  du  Doreur  Sache  verell.  On  a  été 
furpris  que  ce  Docîeur  ait  ofé  attaquer  au 
milieu  de  Londres,  l'état  prefent  duGou- 
vernement  d'Angleterre;  &  peut-être  l'a-t- 
on été  encore  davantage  tie  ce  qu'ayant  été 
livré  pour  cela  à  une  aceufation  dans  les 
formes,  il  a  fçu  en  triompher  par  fon  cré- 
dir.  Une  affaire  qui  a  prefque  tiviwé. 
àan$  cet  Eut  îlEffiTc   AngJkïM.  «<w«. 


: 


51Z      JourtKiL  DBS  S 

l'Eglife  Protelhntc,  &  c 
efprits ,  fuivant  le  goût  c 
l'un  ou  pour  l'autre  de  « 
paru  aflez  importante  po 
détail.  Ce  n'eft  pas  nà 
relation  hiltorique  de  ce  < 
l 'acculât; 


;   pro 


ment  un  Recueil  des 
été  faites,  &  des  moyen 
léguez  ,   pour  foutenir  c 
ou  pour  la  combattre. 

A  la  tête  de  ce  Reçue 
bord  en  quatre  articles  fe 
C!p2Uï  faits  qu'oti  imputi 
cheverell.  Le  premier  cl 
que  les  moyens  qui  avoie 
niere  Révolution  d'Angle 
voient  mis  Guillaume  111 
croient  odieux.  Le  fecoi 
tenu  que  la  tolérance  di 
dcraifonnable  ,  8c  qu'on 
juftifier  l'écabliiTeraent  n: 
Royaume.  Le  troiiîéme 
que  l'Eglife  Anglicane  ét< 
grand  péril  fous  l'admimft 
ne.  Et  le  quatrième  , 
qu'entre  les  perfonnes  les 
par  leur  naitTancc  &  p»i 
il  y  avoit  de  faux  frères, 
&  dérruifoient  peu-à-pei 
du  Gouvernement. 

Cet  faits  ,  tyicYc/a  u 


É 


Mai 

ms  feditieufes  ,  ont  donné  lieu  à 
Chambre  des  Communes  d'intenter 
aceufation  dans  les  formes  contre  le  Doc- 
teur Sacheverell.  On  a  demandé  qu'il 
fût  permis  de  prouver  les  chefs  d'accuii- 
tion  i  &  que  l'accufé  fût  obligé  de  répon- 
dre fur  chaque  chef.  Le  Dodteur  y  a  ré- 
Sondu,  &  fa  réponfe  fe trouve  mot-à-mot 
ans  cet  Ouvrage.  Nous  allons  rapporter 
ce  qu'elle  contient  d'cflentiel. 

11  nie  d'abord  que  dans  fes  Sermons  il 
air  afluré  ou  infirmé  que  les  moyens  qu'où 
a  mis  en  ufage  pour  procurer  la  Révolu- 
tion d'Angleterre  ,  étoient  odieux  ,  & 
qu'on  ne  feauroit  les  juilificr.  Il  fouti«!ï 
d'avoir  toujours  parle  avec  re(pe<5t.dcGuil- 
lautne  III.  &  avec  éloge,  du  changement 
que  ce  Prince  a  apporté  en  Angleterre. 
Il  e(l  vrai  qu'il  a  cenfuré  ces  Politiques 
modernes,  qui  prétendent  que  les  Sujets 
ont  en  eux-mêmes  le  pouvoir  d'abroger, 
quand  il  leur  plaît,  la  fidélité  due  auSou- 
vetain,  de  le  déihrôner,  &  de  lui  ôter 
la  vie  par  une  Sentence  ,  comme  à  un 
Criminel  d'Etat.  Mais  il  croir  qu'en  cela 
il  eit  appuyé  de  l'autorité  de  l'Eglife  An- 
glicane, qui  en  divers  pillages  de  Tes  Ho- 
mélies, enleignc  cette  doclrine.  Mes  Fu- 
rtt ,  ce  fonr  les  paroles  d'un  Sermon  fur 
!"obéïfl»nce,  contenu  dans  le  premier  Li- 
vre des  Homélies,  qui  fut  public  fous  le 
règne  d'Edouard  VI.  nous   dt 


514    Journal  des  Sçavans. 

ftrver  avec  foin  ,  qu'il  n'tjl  pas  permis  aux 
inférieurs  e?  aux  fujtts  ,  de  rcjif/ir,  eu  dt 
ïoffefir  ex  aucun  cas  aux  Pstij/ancts  fupc 
titans  .*  Car  S.  Paul  mus  dit  txpreffénwit 
ta lermts  fort  clairs,  que  celui  qui  rtfiflt  aux 
Puiffances,  rtfifte  à  Vètablïffemtnt  dt  Ditu, 
V  qui  £<»>:  qui  y  refirent  t'attireront  U 
tendamnaiien.  Ce  n'eft  donc  pas,  conclu! 
ce  Doâeur,  une  doctrine  nouvelle,  puif- 
qu'ellc  a  été  adoptée  par  3e  39  article  de 
la  Confeflion  de  Foi  de  l'Eglife  Anglica- 
ne ,  0(1  il  eft  ordonné  aux  Miniftra, 
de  lire  diftinftement  dans  leurs  Eglîf« 
ce  premier  Livre  des  Homélies.  11  ajou- 
te ,  que  c'eft  l'opinion  générale  d« 
plus  habiles  Théologiens  de  l'Eglii*  Angli- 
cane; Si  que  depuis  plus  de  viner/ms  qu'il 
eft  Membre  de  l'Univerlïté  ,  il^rvû  fou- 
tenir  ce  dogme  avec  l'approbation  publi- 
que  dans  des  Afles  imprimez.  Il  déclare 
donc  ,  qu'en  la  foutenanc ,  comme  les 
autres  ,  il  n'a  pas  eu  intention  de  blâmer 
parla  la  dernière  Révolution  d'Angleterre, 
ni  les  moyens  qu'on  a  employez  pour  y 
parvenir;  mais  d'aflurer,  au  contraire,  1« 
bonheur  de  l'érat  prefent  de  ce  Royaume, 
par  une  foumiflion  abfolue  aux  ordres  de 
la  Reine. 

Sur  le_  fécond  chef  d'aceufation  ,    qui 

cil  de  s'être  déclaré  contre  la  tolérance, 

l'Accufé  répond  ,  qu'il  n'a  point  entendu 

blâmer  les  Afles  qui  exemptent  de  certaines 

amen- 


M 

amendes  l«  p"    :    '7ir. 

■«contre,  Ji," "."«,  MScS     '"'  « 

»Ppu,„  „™''  *  bonne,  C', *  °"»*.. 
■omme  il  „;/     CIeil>ption<   J!   Pr°tef- 

ûmoi    î,k.,l«oSîd'.* 


^^Ê      ji6     Journal  disSçatans. 
^H      pie  tolérance  en  font  un  établitlcmcmfi 

^B  Le  troifiéme  chef  d'aceufation  impe 

^B  au  Dofteur  Sacheverell  .     cft  d'avoir  i 

^B  finué  dans  fes  Sermons,  que  l'Etat  éic 

Hf  en  péril  fous  l'adminiitration  preteme  i 

H  1»  Reine.    Ce  Doâeur  nie  le  ftir  abfol1 

H  ment,  &  défie  fes  ennemis  de  l'en  coi 

■  vaincre.  Il  s'efl  déchaîné  à  la  vérité  coi 

■  ire  les  vices  de  la  Nation  ,    8c  îui-toi 

■  contre  lesprincipesd'impieté&d'Aiheitm 
I  qui  régnent  plus  que  jamais  en  Angine 
I  re  ;  &  fur  ce  fondement  ,  il  a  dit  qo 
F  tant  de  defordres  pouvoient  faire  craindt 

pour  l'Etat.    Cette  crainte  ne  vient  pi 
de  la  maimifeadminiftration  des  aEiire 
mais  de  la  corruption  des  mœurs, 
les  jours,  ajoute-t-il ,  on  renouvelle  àl 
prières  folemnelles ,  par  lefquelles  on  df 
mande  a  Dieu  qu'il  lui  plaifc  de  ftârti 
farte  qu'aucun/  fidiltM   ne    trouille   l'Ei^ 
.    qu'aucun  fthi'me  ne  dichke  ctllt  Eglife, 
qu'il  mus  fajfc  U  grtee  de  réfléchir  fmt 
ment  fur  le  grand  danger  où  nom  fo iwJ 
par  nos   malhêureuf,!  divifims.     Cdl  I 
ce  fens  que  le  danger  de  l'Etat  a  «J 
prefenté  ;   &  l'infinuation  qui  a  iiim 
de  ce  danger  dans  les  Sermons  dont  J 
git,  n'elt  pas  plus  feditirufe  que  ceB 
cft  itnfermée  dans  les  prières  publiquj 
l'on  répète  fouvent  devant  lesComl 
A  l'cgarà"  du  (\v&u\èmt,  (tasl  i 


tion  ,  qui  eft  d'avoir  infirmé  verbalement 
&  par  écrit ,  que  l'adminillration  de  U 
Reine  ,  fait  pour  les  affaires  Ecdeiîafti- 
ques,  l'oit  pour  les  affaires  Civiles  <■  tend 
à  la  ruine  du  Gouvernement  ,  l'Accufé 
répond ,  qui!  n'a  point  parié  du  touteon- 
tre  l'adminillration  de  la  Reine  ,  ni  con- 
tre celle  de  fes  Miniftres;  qu'il  a  proteflé, 
au  contraire,  en  pluiieurs  endroits  de  Tes 
Sermons  8s  de  fes  Ecrits  ,  qu'il  n'avoit 
d'autre  but  que  de  maintenir  les  droits 
de  Sa  Majefté,  &  ceux  du  Gouvernement. 
Et  que  lorfqu'il  a  dît ,  qu'il  y  avoir  de 
faux  frères ,  qui  minorent  l'Etat  infenfï- 
blement ,  il  a  entendu  parler  de  ceux  qai 
font  profeûlon  de  l'Eglife  Anglicane, fans 
avoir  affez  de  lele  pour  en  défendre  les 
droits.  Il  finit  fa  réponfe  fur  cet  article  en 
repréfentant  que  le  fort  des  Miniftres  de 
l'Evangile  feroit  bien  trille  ,  fi  lorfqu'ils 
citent  la  parole  de  Dieu  dans  leurs  exhor- 
tations, ou  dans  leurs  cenfures,  ils  étoient 
eipofei  à  répondre  des  applications  per- 
ibrmelles  que  fait  fouvent  de  ces  paûages 
la  malignité  des  Auditeurs. 

Les  Accufattars  du  Doéleur  Sacheve- 
rel!  n'ont  pas  été  fatisfaits  de  fes  réponfes. 
Elles  ont  donné  lieu  à  quatre difteren s  Dif- 
cours,  qui  font  rapportez  dansce Recueil; 
l'un  ,de  l'Evëque  de  fiai  isbury  (l'autre ,  de  l'E- 
fique  d'Oxford  ;  lt  troinéme  de  l'Eve-  . 
qoe  de  Lincoln;  &  le  quKriétw  it\'t- 


I  d»  LiW ;  ''  g  to  U  6»  ''.'Km»*»" 


Ff»r 


.  '.■      Ma   i"  1711.  $31 

r  été  drcffé  par  Jofué  ,  peu  de  temps 
i  le  pafiàge  do  Jourdain.  On  lit  dam 
1  Chroniques,  que  ce  Général  de  l'Ar- 
î  dlflacl  ayant  envoyé  des  Géomètres 
tout  le  païs ,  pour  en  faire  le  partage 
3)#k»,  fit  bâtir  fur  le  mont  Garizim 
fîànple  &  une  Citadelle.  Le  Tem- 
fct  deffervi  par  des  Piètres  de  la  race 
tron;  &  Mm,  l*un  des  Chefs  de  cette 
fon,  fut  l'un  des  principaux  Sacrifie*- 
1;  k  dcpuis.ee  temps-la  jufqu'auiour- 
i,  iii ont  ode  fuite  die  Grands-Piètres, 
Is  prétendentavoir  fait  leurs  fondions 
xtte  fameufe  montagne  ;  finsinter* 
ion.  Mais  ,  continue  l'Auteur ,  ceux 
ont  examiné  les  Chroniques  dès.  Sa- 
itains,  pour  lefquelles  on  avôit  fait  fi 
;-tems  des  vœux  ,  dans  la  croyance 
lies  nous  inftruiroient  de  plufieurspar- 
laritez  touchant  THiftoire  de.  ces  peu- 
,  avouent  qu'elles  font  fort  au  deflbus 
:c  qu'on  s'en  étoit  promis.  On  affure 
l'Auteur  de  la  principale  de  ces  Chro- 
îes  a  vécu  depuis  Conftantin. 
•ans  la  Diflertation  fur  le  comrnande- 
it  que  Jofué  fit  au  Soleil  ,  le  Père 
net  rejette  ks  fentimens  des  Auteurs 
exténuent ,  ou  qui  nient  le  miracle. 
Rabbin  Maimonide  le  nie  abfolument, 
>tius  eft  à  peu  près  de  même  avis. 
îofa  réduit  le  prodige  prcfque  à  rien , 
lifant  que  Jofué  &  toute  foû.  fexœta. 


'■'•''■ 


. 


J3î      JOUKUAL  DBS  Sçi 

s'imaginèrent  fauflcmenr  que  le  Soleil 
rétoit ,  parce  qu'ils  ne  fçavoient  pas  que 
la  grêle ,  dont  l'air  étoit  alors  chargé,  pou ■ 
voit  faire  une  graude  refraftion  des  rayons 
du  Soleil.  La  I'eyrere  prétend  que  le  So- 
leil fc coucha  à  l'ordinaire,  mais  qu'après 
qu'il  fut  fous  l'horizon,  les  Ifraèlites  cru- 
rent qu'il  les  éclairait  encore  ,  parce 
qu'ilsapperçurentdans  l'air  une  lueur  qui 
dura  allez  long-temps.  M.  le  Clerc  a  rdS 
&  adopté  toutes  ces  opinions;  il  a  mêmt 
cherché  de  nouvelles  raifons  pour  perfua- 
der  que  le  Soleil  ne  s'arrêta  pas.  Le 
P.  Calmet  réfute  ces  raifons  ,  &  aprèi 
avoir  fait  voir  la  vérité  du  miracle ,  j]  es 
examine  toutes  les  drconilances,  tant  pat 
rapport  à  l'Hiltoire,  que  par  rapport  aui 
deux  Syftêmes  du  Monde  qui  partagent  les 
Sçavans.  Le  Syiléme  qui  met  la  terre 
immobile  au  centre  du  Monde,  a,  félon 
lui,  cet  avantage  ,  qu'il  cil  le  plus  con- 
forme aux  paroles  de  l'Ecriture,  &  qu'il 
paroit  le  plus  firaple,  le  plus  aifé.  &  le 
plus  proportionné  a  la  portée  du  Peuple. 
Les  Ecrivains  Sacrez  le  fupofent ,  &  le 
Peuple  Juif  y  étoit  tout  accoutumé. 
Ceft  fuivant  ce  Syfléme  que  Jolué  a 
parlé  ,  &  que  les  Hébreux  ont  concil 
que  le  Soleil  t&  la  Lune  s'étoient  arrê- 
tez, „  Ce  fentiment  pris  dans  fa  iïm- 
j,  plicité  &  dans  fa  première  idée ,  n'en- 
ferme aucun  cmbims  -,   te  Soleil  & 


••  'a  Lune  fi.  r  '"'. 

*<"  m  nlt'i"  •"«  i-Jù  7"'"  - 

««»«  àT  A"'™'  PrS""™'  te 


'j34     Journal  des  Sçatans. 
bre  d'exemples  ;  mais  il  y  en  a  de  pli 
recens.    En  1492,  le   7  Novembre  ,    il 
tomba  avec  de  la  grêle  une  grofie  pierre, 

Sue  nous  avons  vu,  dit  le  Père  Calmer, 
ans  l'Eglife  Paroifïiale  d'Enfishem  en  Al- 
face;  elle  eft  comme  un  gros  caillou  noi- 
râtre, «lui  auroit  été  au  feu  ,  ik  dont  li 
circonférence  auroit  éclaté  par  diven mor- 
ceaux ;  ou  dit  qu'elle  pefe  environ  300 
livres.  En  icio  il  tomba  dans  la  «m- 
pagne  voiiine  d'Abdua  jufqu'à  nco  pier- 
res d'une  couleur  de  fer,  d'une  odeur  de 
ioulfre  ,  Si  d'une  dureté  extraordinaire. 
On  en  pefa  unede  uo  livres,  &."  une  de 
60.  Elles  tombèrent  d'un  tourbillon  en- 
flammé ,  qui  avoit  paru  en  l'air  deux  hea- 
les  auparavant.  Gafleiidi  raconte  que  le 
29  Novembre  de  l'an  1637,  vers  les  dix 
heures  du  matin,  deux  perionne-s  qui  é- 
toient  à  la  campagne,  virent  au  deflusde 
la  montagne  de  Varfon  ,  une  pierre  en- 
flammée en  l'air.  Us  ouïrent  d'abord 
comme  quelques  coups  de  canon  ,  mais 
fur-tout  deux  coups ,  dont  le  dernier  fut 
le  plus  grand.  Il  parut  enfuite  autour  de 
la  pierre  >  comme  un  cercle  de  diverlês 
couleurs  ,  &  d'environ  quatre  pieds  de 
diamettre.  Elle  paffa  à  cent  pasdesdeux 
hommes,  élevée  de  terre  d'environ  c:r.l 
toifes.  Elle  tomba  à  trois  cens  pas  du 
lieu  où  ils  étoierrt  ,  U  tWtfe  un»  GoR 
"e  trois  pieds  de  çtofoMcw  ,V4- 


plui       I" 


. 


M     K     I      17«.  ,3, 

iquelle  on  la  ttouvi.  Elle  étoit  de  1» 
rôdeur  de  la  tÉte  d'an  veau,  8c  prelque 
e  la  forme  de  celle  d'un  homme.  Llle 
efoit  S4  livres;  on  la  conferve  encore  à 
Uï  en  Provence.  A  la  naiflance  de  la 
ouvelle  Ifle  de  Santorin  ,  qui  fortil  du 
jnd  de  la  mer  en  1707,  on  entendit  pen- 
am  plufieurs  jours  comme  de  grands 
oups  de  canon  ,  6c  on  vit  s'élever  en 
air  plufieurs  pierres  enflammées,  qui  re* 
umberent  dans  la  mer.  „  Onremarquoit 
en  même  temps  une  fumée  noire  & 
,  aifreufe,  toute  mêlée  de  cendres,  Stfî 
épailfe,  qu'elle  avoit  peine  àfe  diiîiper 
en  l'air  ;  laquelle  venant  à  fc  refoudre 
peu-à-peu  en  pouflicre  fine  (S:  fubtile, 
alloit  enfin  tomber  comme  une  pluye 
fur  le  pais  voiiïn  ,  &  cela  avec  tant 
d'abondance,  que  la  terre  en  étoit  fou- 
vent  toute  couverte.  Quelquefois  c'é- 
toit  des  pierres  de  médiocre  grofleur, 
tout  enflammées,  mais  pouflces  fi  a- 
bon  dam  ment ,  que  plus  d'une  fois  la 
petite  Ifle  en  a  été  toure  couverte." 
Dans  h  Diiîériation  fiir  le  pais  ou  fe 
îverent  les  Cananéens,  le  Père  Calmet 
abJitprincipilcmentqu'ils  fe  retirèrent  en 
frique,  &  dans  les  lfles  de  la  Mediterra- 
:e.  Les  habitans  de  Tingis  publièrent 
tx-mêmes  leur  origine  dans  une  inferip- 
dont  parle  Procope  ,  où  on  lifoit  ; 
femmes  des  ptui/lu  qui  suons  cm  \x 
Z  4  i«« 


JOURNAL   DES  SçA 

M  fuite  diiant  li  vileur  Jrfus  fils  de  fïfW, 
"  Sallufte  ,  conformément  à  une  ancienne 
lion  des  Africains ,  place  dans  ce 
païs-Ià, des  Arméniens, des  Medcs,  Si  des 
Perfes)  mais,  félon  Hornius  ,  la  reiTem- 
blance  des  noms  l'a  trompé  i  &  la  tradi- 
tion portoit  fans  doute  que  c'etoient  des 
Amorrhéens,  des  Madianiics ,  StdcsPhc- 
refiens,  qui  ctoient  venus  fonder  des  Co- 
lonies en  Afrique.  Ce  même  Auteur  croit 
que  les  Goraeres,  qu'on  counoit  encore 
aujourd'hui  dans  la  Mauritanie  ,  tirent 
leur  nom  des  Amorrhéens  ,  suffi-bien 
qu'une  des  Mes  Canaries  ,  qui  s'appelle 
Gomera.  D'ailleurs  les  noms  des  plus 
anciennes  villes  d'Afrique  font  Phéniciens. 
Ardanis,  Hipponc,  Leplis,  Utique.Tin- 
gis,  &  pluiieurs  autres ,  font  fans  contre- 
dit des  Colonies  Phéniciennes.  Du  temps 
de  f.iint  Auguflin,  les  Afriquainsfçavoient 
encore  qu'ils  étoîent  détendus  des  Cana- 
néens -,  Se  quand  on  leur  demandoit  leur 
origine,  Us  répondoient ,  Cunani.  Enfin 
l'ancienne  Langue  Punique  étoit  la  même 
que  la  Cananéenne.  Maïs,  dit  le  P.  Cal- 
met,  on  ne  doit  pas  s'imaginer  que  les  Ca- 
nanéens n'ayent  point  choîfi  d'autres  re- 
traites que  l'Afrique.  Quoique  cettepar- 
tie  du  Monde  ne  fut  que  trop  vatte  pour 
les  recevoir  tous,  on  prétend  qu'il  y  en  . 
eut  en  beaucoup  d'autres  endroits.  On  I 
rcuc,  pu  exemple  ,que  \w  Çiç^idociens  1 


&1eî  Géorgiens  l'oient  detcc^u,  d«  < 
toriens ,  &  des  Gergelecm,  \\  y  a  vOmt* 
quelques  Auteurs  qui  ont  aft  que  ks  an- 
ciens Géants  de  Suéde  &  de  Norvège  é- 
toîent  des  enfans  des  Géants  de  U  Terre 
de  Canaan.  Les  lues  de  Sicile  ,  de  Sar- 
daîgne,  deMalthe,  de  Chypre,  de  Cor- 
fou,  de  Majorque  7  deMinorque,  celle 
de  Gadés,  ou  Cadii,  &  plufieurs  autres, 
furent  habitées  par  des  Phéniciens.  Sous 
le  nom  de  Phéniciens,  Hornius  fait  paflër 
les  Cananéens  même  en  Amérique. 

Les  remarques  du  Père  Calmet  fur  fa 
Carre  Géographique  de  la  Terre  Promifc 
méritent  d'êire  lues.  11  obferve  d'abord 
les  fautes  que  les  Géographes  ont  faites 
jufqu'a  prefent  ,  foit  en  travaillant  d'après 
les  anciens  Mémoires,  foit  en  fe  confor- 
mant aux  relations  qui  ont  paru  depuis  le 
temps  des  Cioifades.  „  Lorique  nos 
„  Croifei ,  dit  il ,  fe  rendirent  les  maîtres 
„  de  la  Terre  Sainte  .  ils  prétendirent 
„  trouver  dans  ce  Païs  généralement  tout 
„  ce  qui  y  étoit  du  temps  de  Jofué  &  de 
Jf  Jofeph.  Sur  une  légère  reiïemblancede 
„  noms ,  &  fur  la  moindre  convenancede 
„  fituation  ;  en  un  mot ,  fur  les  plus  foi- 
„  blés  conjectures ,  on  avança,  on  crut, 
„  &  on  fit  croire  au*  autres, que  tel  lieu, 
„  par  exemple,  étoit  lîethinie;  tel  autre, 
„  le  Chêne  de  Mambré,  ou  la  Caverne 
„  de  Loih  ,  ou  le  Terebimht  4s  Ykxiî.  , 
Z  s  .« 


540     Journal  des  Sçavan s. 

vœu  de  Jcphté.  Les  Hébreux  s'emparè- 
rent des  villes  des  Cananéens  ,  &  y  de- 
meurèrent. Les  principales  de  ces  villes 
étoient  fur  des  hauteurs  ;  les  murs  en  é- 
toient  très-épais  &  très-élevez  *  fouvent  il 
y  en  a  voit  une  double ,  &  même  une  tri- 
ple enceinte.  Le  mur  principal  étoit  for- 
tifié d'efpace  en  efpace  par  de  hautes  tours; 
un  foffé  l'environnoit ,  &  au  delà  de  ce 
foffé  il  y  avoit  un  avant- mur ,  qui  étoit 
défendu  par  des  terrafles  &  des  redoutes. 
Les  rues  n'étoient  point  pavées ,  mais  on 
avoit  un  très-grand  foin  de  les  conferver 
bien  nettes.  On  n'y  voyoit  ni  fang  ,  ni 
cadavres  d'animaux  morts  d'eux-mêmes, 
ni  excréments,  ni  aucune  autre  chofe  ca- 
pable de  caufer  de  l'infeétion ,  &  de  fouil- 
ler les  Ifraëlites.  Elles  n'étoient  pas  em- 
bellies par  un  grand  nombre  d'Edifices  pu- 
blics; on  ne  vit  des  Synagogues  dans  leurs 
villes  qu'après  le  retour  de  la  Captivité. 
Près  de  la  Porte  de  la  Ville  ,  où  fe  ren- 
doit  d'ordinaire  la  Juftice ,  il  y  avoit  une 
place  pour  les  affemblées  du  Peuple  ,  & 
pour  les  Marchez.  Ces  Places ,  comme 
aujourd'hui  les  Bazars  dans  l'Orient ,  *  é- 
toient  de  grandes  cours ,  environnées  de 
portiques  om  de  galeries  couvertes.  Il  y 
avoit  des  Hôtelleries  dans  quelques  en- 
droits ,  mais  elles  étoient  tenues  par  des 
femmes  dont  la  profeffion  étoit  fort  dé- 
criée.   On  peut  Noir  dans  l'Auteur  la  def- 


cription  des  Palais  des  Rois  de  Juda  !c 
d'Ifraèl.  Les  maifons  particulières  desHé- 
breux  étoient  à  peu  près  comme  elles  font 
encore  aujourd'hui  dans  les  mêmes  con- 
trées, &  dans  les  pais  voîlînï,  Le  toit 
en  étoit  en  platte-forme,  ce  couvert  d'u- 
ne lerrafTe,  compofée  de  teirc  batrué ,  Se 
dont  le  bord  étoit  garni  d'un  mur  à  hau- 
teur d'appui.  On  s'y  promenoir ,  on  y 
Hiangeoit  ,  on  y  couchoit.  Les  fenêtres 
n'étoient  point  fermées  de  vitres,  mais  de 
rideaux,  ou  de  jaloufies.  Les  portes  fe 
fermoient  en  dedans  par  le  moyen  d'une 
barre  de  bois  ou  de  métal ,  Hz  avec  des 
verroux  :  ou  attachoit  ces  barres  à  !a 
porte  par  des  liens  de  cuir  ,  ou  par  des 
chaînes  de  fer.  Pour  les  délier  on  em- 
ptoyoit  une  clef  dont  la  forme  n'efl  pas 
bien  connue  à  prefenc. 

Sur  le  vœu  de  Jephté  ,  Dom  Calmée 
examine  principalement  deux  chofes  :  la 
première,  fi  Jephié  facrifia  véritablement 
fa  fille;  la  féconde,  ce  que  l'on  doit  pen- 
fer  de  fa  conduite.  Dom  Catmet  combat 
toutes  les  raifons  de  ceux  qui  prétendent 
que  Jephié  fe  contenta  de  confacrer  fa 
fille  au  Seigneur  par  le  célibat  ;  &  fon 
fentiment  eft  que  Jephté  égorgea  réelle- 
ment fa  fille  fur  les  montagnes  deGalaad. 
„  Il  efl  atTei  étrange,  félon  lui,  que  ceux 
„  qui  trouvent  tant  d'impiété  eVdecruau- 
,,  ce  à  immoler  une  fille  par  le  fa  ,t\'»î«s, 


542     Journal  des  Sçavans. 

„  pas  de  peine  à  fe  refoudre  à  la  faire  of- 
„  frit  fans  fon  confentement  au  Seigneur, 
n  pour  vivre  dans  une  continence  forcée, 
„  6c  dont  elle  déploroit  tous  les  ans  la 
„  dure  neceffité    avec  fes    compagnes." 
A  l'égard  de  la  féconde  queftion  ,     après 
avoir  rapporté  ce  que  les  autres  Interprè- 
tes ont  avancé ,  ou  pour  blâmer ,  ou  pour 
louer  Jephté,  il  y  répond  en  embraflant  le 
fentimcnt  de  faint  Thomas.    „  S.  Tho- 
„  mas,  dit-il,  qui  d'ailleurs  n'eft  point 
9,  trop  favorable  à  Jephté,  dont  il  regar- 
„  de  l'action  comme  une  folie  dans  fon 
„  commencement ,  c'eft-à-dire ,  dans  le 
„  vœu  ,  6c  comme  une  impieté  dans  fon 
„  exécution  ;  S.  Thomas  avoue  que  la 
„  foi  &  la  dévotion  qui  le  portèrent  à 
„  faire  ce  vœu ,  venoient  de  l'Efprit  Saint, 
„  ôc  que  c'eft  ce  qui  Ta  fait  mettre  par 
„  l'Apôtre  au  rang  des  Juftes  5  mais  que 
„  ce  qui  gâta  enfuite  fon  action ,  fut  qu'il 
„  le  laifla  aller  à  fon  propre  efprit  :    Il 
„  voiia  avec  trop  de  précipitation,  il  s'ex- 
„  prima  inconfiderément ,  6c  enfin  il  eut 
„  trop  de  ponctualité  à  rendre  ce  qu'il 
„  avoit  fi  mal  promis." 

Nous  nous  difpenferons  de  parler  du 
Livre  de  Ruth  ,  qui  termine  ce  volu- 
me ;  nôtre  Extrait  n'a  déjà  que  trop  d'é- 
tendue. 

Dif- 


KM  a  i  1711. 
ion  des  Palais  des  Rois 
d'Ifraëî.  Les  maîfons  pwtieri 
breux  éioient  à  peu  près  corni 
encore  aujourd'hui  dans  les 
trées ,  &  dans  les  pais  voifi; 
en  êioit  en  platte-forme,  & 
neterrafie,  compofee  de  leri 
dont  le  bord  étoit  garni  d'un 
teur  d'appui.  On  s'y  prome 
mangeoit  ,  on  y  couchoit. 
n'étoient  point  fermées  de  vi 
rideaux,  ou  de  jaloufies.  I 
ter moient  en  dedans  par  le 
barre  de  bois  ou  de  meul  , 
verroux  :  ou  atrachoit  ce: 
porte  par  des  liens  de  cuir  , 
chaînes  de  fer.  Pour  les  d< 
ployoît  une  clef  dont  la  foi 
bien  connue  à  prefent. 

Sur  le  vœu  de  Jephté  ,   1 

examine  principalement  deu: 

première,   fi  Jephté  fa  cri  fia  ' 

fa  fille;  la  féconde,  ce  que  1 

fer  de  fa  conduite.     Dam  G 

toutes  les  raifons  de  ceui  q: 

çtLe  Jephté  fe   contenta    de 

jffllc  au  Seigneur  par  le  cel 

-fe  «minent  eft  que  Jephté  éj 

**"*  en  x  fa  fille  fur  les  montagr 

■  »    71    eft  alTez  étrange ,  félon 


r;44  Journal  des  Sçavans. 
à  combattre  l'opinion  des  autres  ,  qu'à 
établir  fondement  la  fienne.  Cette  diffé- 
rence de  fentimenç  ouvre  un  champ  bien 
vaflc  aux  DifTertalions  ;  en  voici  une  qui 
a  fait  la  matière  d'une  Thefe  dans  l'Uni- 
verfité  de  Hall. 

Les  premières  lignes  nous  prefentent  la 
définition  du  Fief.  C'eft ,  dit-on ,  la  con- 
cefllon  d'un  héritage ,  à  la  charge  de  foi 
&  hommage,  &  des  fervices  miliuite< en- 
vers le  Seigneur  de  qui  on  le  lient.  Cet- 
te définition  eft  fuivie  d'une  explication 
méthodique  de  tous  les  mots  qui  la  com- 
jioiïnt  ;  &' après  cela  on  enire  dans  II 
quefiion  principale  de  l'Ou-rage  ,  qui  dï 
de  fçavoir  â  qui  on  doit  l'invention  des 
Fiefs. 

On  ne  doute  point  que  la  guerre  n'a 
ait  été  la  première  caufe.  Les  Lmpcieurî 
Romains  diltribuoient  aux  vieilles  trou- 
pes ,  pour  recompenfe  de  leurs  fer  vices, 
une  partie  des  terres  qu'ils  a  voient  con- 
quîtes. Ils  ne  leur  donnoient  ces  terres 
qu'à  condition  de  prendre  les  armes  pour 
la  défenfe  des  frontières  de  l'Empire.  Les 
Citoyens  de  Rome  fc  faifoient  aufli  non- 
rieur  d'avoir  fous  leur  protection  certaines 
gens,  qu'ils  appelloient  leurs  Clitm,  &  à 
l'égard  deiquets  ils  avoient  le  titre  de  P*- 
tram.  11  n'y  avoit  point  de  grand  Capi- 
taine qui  n'eût  plufieors  perfonnes  dé- 
vouées à  fuil  ÏWtKS ,   \Wxvs«a^\fa«  à 


M     a     i      rfii.  54J 

combattre  pour  fes  intérêts.  Ces  distri- 
butions de  terres  en  faveur  des  Colonies 
Romaines  ,  fous  la  condition  du  fer  vice 
militaire ,  &  de.  certains  autres  devoirs, 
peuvent  être  regardées  comme  le  premier 
plan  de  nos  Fiefs  ;  mais  ce  n'en  cil  aptes 
tour  qu'une  image  fort  imparfaite.  On 
ne  trouve  pas  non  plus  dans  les  liaisons 
qui  étoient  entre  le  Patron  &  fon  Client, 
une  juile  idée  des  devoirs  du  VafTal  à  l'é- 
gard de  fon  Seigneur  ■.  car  les  Ciiens  n'é- 
toient  obligez  envers  leurs  Patrons  qu'à 
certaines  démarches  de  civilité  ,  fans  nulle 
obligation  de  les  accompagner  i  la  guér- 
ie. Ainll  l'Auteur  de  la  Dïffertatton  ob- 
ferve  que  ces  rapports  éloignez  &  défec- 
tueux ne  décident  rien  pour  la  véritable 
origine  des  droits  &  des  devoirs  féodaux» 
tels  qu'ils  font  en  ufoge  aujourd'hui.  Il 
refte  toujours  à  examiner  quels  peuple» 
ont  établi  les  premiers  l'état  prefent  de  nos 
Fiefs. 

Plulieurs  Auteurs  ont  attribué  cet  éta- 
blilTement  aui  Lombards;  mais  on  atta- 
que ici  cette  opinion  par  une  raifon  fort 
naturelle,  qui  eft  que  fuivant  les  meilleurs 
Hiiloriens  ,  &  entre  autres  Grégoire  de 
Tours ,  les  Fiefs  étoient  introduits  parmi 
les  François  avantque  les  Lombards  paflâf- 
fent  en  Italie  :  Car  le  règne  des  Lombards 
n'a  commencé  qu'environ  l'an  471.  &«.- 
pendant  on  lit  dans  Aimoui  ,    V-vue  •*.. 

Cens 


femblabks  concernons  ;  &  ce 
appdloit  alors  bttufict  ,  ou  bitnfâ 
appelle  Fief  dans  la  fuite.  On  i 
là  que  les  Lombards  n'ont  pas  et 
miers  inventeurs  des  Fieft  ,  d'aï 
que  dans  les  Lois  mêmes  des  L 
il  n'elt  fair  nulle  mention  de  cet 
de  biens. 

11  y  a  peu  d'apparence  suffi 
I'Auteurde  la  Differration  ,  d'ei 
ter  l'origine  ans  Allemands.  1 
raifon  qui  a  pu  détermineren  let 
c'eft  que  les  Fiefe  ont  été  int 
l'occalion  de  la  guerre  ,  &  que 
mands  ont  l'inclination  guerrière 
une  raifon  fi  vague  ,  fi  équivoi 
qui  peut  convenir  à  d'autres  Peu 


cifive  de  prefc 


yont  ci 


M     a    I     1711.  54? 

lïtc.  Tous  !«  établiffemens  humain» 
eu  des  progrès  lucceflîfis  celui-là  a  eu, 
r  ainfi  dite,  Ton  enfance,  l'on  adolef- 
ce,  &  l'âge  parlait.  L'ancienneté  des 
Es  ne  peut  mieux  être  prouvée  que  par 
emoignage  des  anciens  Auteurs.  On 
itit  néanmoins  ici  qu'il  les  faut  lire  a- 
quelque  forte  de  précaution,  de  peur 
îopter  toutes  leurs  erreurs.  Les  meil- 
rs  guides  que  l'on  indique  fur  cette  mi- 
e  ,  font  Dadin  Hauteierre ,  Aimoin, 
egoire  de  Tours ,  Mareulphc  ,  Frede- 
re,  &c.  Si  pour  établir  que  l'inftitu- 
n  des  Fiefs  eit  aufli  ancienne  que  la 
>narchie,  il  fuffifoit  de  prouver  que 
s  les  Rois  de  la  première  Race  divcrles 
Tonnes  ont  prêté  ferment  de  fidélité  en 
evant  certaines  Tettes,  la  preuve  dece 
:  feroit  bien  facile.  Mais  ce  ferment , 
1  de  s'appliquer  aux  Fiefs  en  particulier, 
rque  en  général  la  foiimiffion  Se  l'o- 
flancc  des  Sujets  envers  leur  Roi.  Si 
le  mot  de  bentjiu  on  ne  pouvoit  en- 
dre  autre  chofeque  le  Fief,  il  faudroit 
ivenir  suffi  que  de  tout  remps  il  auroit 
des  Fiefs  en  France  ,  parce  que  dans 
iftoire  des  premiers  Rois  il  cft  parlé  de 
taines  libéralité?,  faites  par  ces  Princes  à 
:lques-uns  de  leurs  Sujets.  Mais  toute 
:ralité  n'elt  pas  un  Fief;  il  y  avoit  a- 
;,  comme  aujourd'hui,  des  dons  outs 
fimples,  fans  condition  ,  Se  fans  Ork- 


54*      JOUHNAL    DES  SçAVANS. 

gc;  &  les  Annales  de  ce  temps-là  en  rap- 
portent plufieurs  de  cette  efpece.  AuiTi 
M.  le  Fevre  a  compofé  un  Livre  exprès , 
pour  montrer  que  le  bénéfice  &  le  Fief 
n'étoient  pas  la  même  chofe.  La  plupart 
néanmoins  des  Dodeurs  François  penfent 
le  contraire.  Toutes  les  fois  que  M. 
Bignon»  dans  fes  Notes  fur  Marculphe» 
trouve  occafion  de  parler  des  bénéfices  ac- 
cordez en  ce  temps-là  ,  il  ajoute  que  ces 
bénéfices  ont  depuis  été  appeliez  Fiefs, 
Beneficii  nomim.  C'efi  ainfi  qu'il  s'en  ex- 
plique au  Liv.  r.  Ch.  5.  Ea  prtâi*  difta 
funt ,  que  profervith  militari  à  Rege,  vtl 
Mb  aliis  conceâuntur  ,  qui  ftudum  pojieritat 
àmu  Et  dans  le  Ch.  i.  du  même  Titre» 
il  dit  qu'on  nommoit  alors  bénéfices »  les 
biens  qui  étoient  donnez  par  le  Roi »  ou 

!>ar  les  grands  Seigneurs  du  Royaume  »  à 
a  charge  de  certains  fer  vices,  Qua  à  Rtp 
ut  plurimum  »  poflea  ttxam  ab  aliis  c*nctd* 
btntur  ut  certis  Ugibus  tr  fervitiis  obmoxië 
cum  vit*  accipienth  finirent™.  Le  fenti- 
ment  de  M.  Bignon  fur  ce  point  eft  con- 
forme à  celui  de  Du  Moulin,  de  Chopin» 
&  de  tous  ceux  qui  ont  le  plus  aprofbndi 
la  Jurifprudence  Françoife. 

L'Auteur  de  la  Differtation  f  fans  s'é- 
loigner de  l'opinion  de  ces  grands  hommes» 
prétend  néanmoins  qu'elle  n'eft   fondée 
que  fur  des  con\e&\wes  *    aufquelles  on 
pourroit  oppofa  tes  çx^fem^àwa  sa^- 


M    k    i    rjn.  (49 

lires,  &  peut-être  plus  naturelle!  Sï  plut 
irtes.  Car  enfin,  dit-il,  les  formules  de 
Jarculphe,  bien  loin  d'avoir  quelque  rap- 
ott  aux  Fiefs,  renferment  des  circonllan- 
:s  qui  n'y  feauroient  convertit.  Les  do- 
ationi  qui  font  la  matière  de  quelques- 
nes  de  ces  formules ,  transfèrent  l'entière 
roprieté  des  chofes  données ,  6c  ne  con- 
ennent  aucune  referve  en  faveur  du  do- 
itcur.  Or  ce  défaut  de  referves  ne  peut 
accorder  avec  lecatactere  efientiel  fiepri- 
litif  des  conceffions  féodales.  11  fuit  de 
i ,  dit  l'Auteur,  que  le  mot  de  bénéfice, 
ii  bienfait  Royal ,  qui  le  trouve  dans  des 
irres  anciens ,  n'étoit  point  préciféraenl 
■t-  qui  a  été  connu  depuis  fous  le  nom  de 
'•lef. 

Telles  font  les  difficulté!  que  l'on  alle- 
tue  contre  le  fentirnent  qui  confond  les 
riefs  d'aujourd'hui  avec  les  bénéfices  d'au  - 
;refois.  Mais  en  même  temps  on  recon- 
aoît  que  c'eft  pourtant  le  fentirnent  le 
plus  fuivi,  &  que  s'il  ne  fatisfait  pas  plei- 
nement à  toutes  les  objections  que  l'on 
peut  faire  ,  ce  n'eft  pas  la  faute  des  Au- 
teurs qui  l'ont  embrallé  ,  mais  le  malheur 
du  fujet,  qui  eft  obfcur  par  lui-même,  & 
que  les  recherches  les  plus  exactes  n'ont 
pû  entièrement  éclaircir.  Au  milieu  de 
tant  d'obfcuntcz ,  tout  le  Syilême  de  la 
Diflertation  fe  réduit  à  cet  argument \\ta 

Coat  été  très-certainement  ta  uKirçjt 


5$o     Journal  dej  Sçavans. 

fous  le  règne  de  Pépin;  on  ne  peut  point 
fixer  avant  ce  teras-là  l'époque  précile  de 
leur  origine.  Cependant  on  les  irouve  é- 
tablis  alors  de  la  même  manière  à  peu 
près  qu'ils  le  font  aujourd'hui.  1!  faut 
donc  qu'ils  ayent  une  origine  bien  anté- 
rieure,&  qu'ils  ayent  commencé  avec  la 
Monarchie,  ou  du  moins  avec  le  règne 
de  Clovis. 

L'Auteur  fonde  ce  Syftême  fur  les  mêmes 
raifons  qu'il  a  femblé  combatrre  d'abord; 
mais  il  dit  que  ii  chaque  preuve  en  par- 
ticulier n'eft  pas  convaincante  ,  la  con- 
viction peut  naître  du  concours  de  toutes 
les  preuves  réunies.  Il  raiîemble  pour  cela 
divers  paffàges  d'Aimoin ,  de  Grégoire  de 
Tours,  de  Marculphe,  &c.  où  il  eft  parlé 
tantôt  de  bénéfices,  tantôt  de  tommiffiont , 
de  tommendes,  de  iîieraticez  à  lit,  fous  la 
condition  de  l'obéïlTance  &  du  fervice; 
&  à  toutes  ces  remarques  ,  qui  laiflcnt 
du  moins  une  idée  des  Fiefs,  il  joint  ce 
raifonnement  :  que  puifque  du  temps  de 
Pépin  il  y  avoir  déjà  des  Fiefs  établis  ,  il 
faut  placer  plus  loin  l'époque  de  cet  éta- 
bliifement,  &  que  les  concédions  quipa- 
roiflent  avoii  été  faites  fous  diiférens  noms, 
dès  le  temps  de  Clovis,  doivent  êtrecon- 
fiderées  comme  des  premiers  commence- 
roens  de  Fiefs,  que  lesiîecles  fuivans  ont  | 
per/ectionneT..  11  foutientau  relie  que  1«  , 
Fiefs  ne  doivent  rien  i  Yx  \va\K&«  ,  &  /, 


»  Mai    1711.  jci 

que  tes  droits  féodaux  font  la  condition 
légitime  d'une  conceilion  volontaire. 

Au  commencement  les  Fiefs  étoientre* 
voquables  fuivant  Ja.  volonté  du  Prince, 
ou  du  Seigneur.  Enfuite  il  ne  fut  permis 
de  les  révoquer  qu'après  un  an.  On  les 
laifla  depuis  au  polTeileur  durant  fa  vie. 
On  les  fit  palier  après  cela  aux  enfans.aux 
petits- en  fan  s ,  &  à  tous  ceux  qui  étoient 
du  même  nom.  Enfin  ils  font  tombez  in- 
feniiblement  dans  le  commerce,  comme 
tous  les  autres  biens-  Cependant  il  n'y 
avoit  anciennement  que  les  Nobles  qui 
puiTent  les  polîeder;  en  forte  que  la  pof- 
feffion  d'un  Fitff  étroit  une  preuve  de  No- 
blelîe.  Mais  la  neceffité  où  les  Gentils- 
hommes fc  trouvèrent  de  vendre  leurs 
Fiefs  pour  les  voyages  de  la  Terre  Sain- 
te ,  fut  une  oeoalion  aux  Roturiers  de 
pouvoir  pofleder  ces  mêmes  biens.  L'Au- 
teur termine  ce  petit  Traité  par  une  cour- 
te explication  de  ce  que  l'on  appelle  Al- 
Uu.  C'étoit  autrefois  une  propriété  hé- 
réditaire ,  &  en  cela  cette  efpece  de  bien 
étoit  différenre  de  ce  que  l'on  nommoit 
bénéfice ,  ou  Fief,  qui  ne  fe  donnoitquc 
pour  un  temps.  Mais  prefentement  le 
mot  À'Alteu,  n'eft  en  ufage  qu'en  y  ajou- 
tant le  moi  de  Franc,  St  alors  il  fignifieun 
héritage  indépendant ,  qui  ne  reconnoie 
aucun  Seigneur  ,  &  qui  n'eft  Cu^ex  *  wi- 
cons  devoirs,  ni  à  aucuns  dioiu. 


$5*     Journal  des  Sçavans. 

Pauli    Hermanni  Cynofura  Mate» 
riae  Medic«E,feu  brevis  ac  fuccinôa  Me- 
thodus  ,  notitiam  fimplicium  medica- 
mentorum  comparandi ,    defumpta  ab 
interna  partium  conftruétione ,  ubi  fim- 
plicia  juxta  partes  fuas  conftitutivas  in 
certas  da(Tes  diftribuuntur ,  poft  deno- 
minationem   fuccincta  defcriptio  tradi- 
tur»  vires  atque  virtutes  enarrantur,  & 
f    modus  dextre  ufurpandi  monftratur,  in 
lucem  eraifla  ,    à  Joanne  Sigis* 
mundo     Henningero  ,     Med. 
Dodtor.  &  Prof.  Publ.  ord.  Argento- 
rati  ,    Typis  (y  fumptibus  Johan.  Frid. 
Spoor ,  Vidua.  17 10.    Ceft-à-dire  r  Mi- 
'  tnode  brève  &  fuccincle  y  pour  connoître  la 
nature  des  [impies  par  le  caractère  intérieur 
de  leurs  parties ,  où  l'on  montre  leurs  ver- 
tus &  leurs  ufages.    Par  Jean  Sigifmofld 
Hcnniger  ,    Doâleur  en    Médecine.    A 
Strasbourg,  de  l'Imprimerie  &  aux  fiais 
de  Jeanne  Fred.  Spoor,  Veuve.  1710.     , 

vol.  in  4-  P*gg-  35°-  I 

AN  peut  fe  fervir  de  plufîeurs  moyens 
pour  connoître  la  vertu  des  fimples. 

Le  -premier ,    dit  nôtre  Auteur  9  eu  de  j 

confulter  Tétymologie  de  leurs  noms,  fur  ; 

çuoi  il  cire  les  noms  de  confoude  ,  de  h 

tuflîhge,  d'hépatique,  de  pulmonaire:  La  i 

confoude  étant  ainû  ^çd\te^\^  qu'elle  il 


,r°Pr«  à  £1    00dc  «  fc.S 
•ng,  &  n,  "tenter  je  J?  nies  àéliÂ, 

'nofe  *»  le  ffi  eft  viV**    » 
2»"!,*  *  ^  e7lLUn^uaS  '    e«e 

s-    Quant  à  T,  r  ,ies  '  &unlrenfe^ 
'Jn  &  pjus  cf  ch'"4s  auffi   &  aPerf. 

tu 


Î4     Journal  des  Sça 

Us,  V  des  autres  mixlts  ,  par  Ici  ftulis  fa- 
veurs ,  i  Londres  i68j.  Le  troifiéme 
moyen  eft  d'examiner  le  caractère  exté- 
rieur de  chique  corps.  Toutes  les  plan- 
tes, par  exemple,  qui  portent  des  bayes, 
font  diurétiques;  toutes  celles,  qui  font 
à  umUllts,  renferment  un  fel  volarilehui- 
leux.  Enfin  le  dernier  moyen  eft  de  con- 
fulter  la  raifon  ,  l'expérience  ,  &  l'analo- 
gifine.  Ce  font  là  les  voyes  que  l'Auteur 
a  prifes  pour  expofer  dans  cet  Ouvrage 
les  différentes  qualitez  des  fimples  dont  il 
parle.  Ces  fimples  font  les  végétaux ,  les 
minéraux,  &  les  animaux.  Il  ne  dit  rien 
là-deflus  qui  ne  fe  trouve  plus  au  long 
dans  plufieurs  autres  Livres;  maisonpeut 
regarder  cet  Ouvrage  comme  un  Mémoire 
«bregé  ,  fort  urile  à  ceux  qui  veulent  fe 
remettre  dans  l'efprit  ce  qu'ils  ont  déjà  ap- 
pris ailleurs  fur  ces  fortes  de  matières. 

Dijfertatttms  du  Rêver.  Pin  ErrENNE  Cha- 
millart  de  U  Compagnie  de  Jefut  ,  fur 
plufieurs  Médailles  ejr  Pierrei  gravies  di 
fin  Cabinet ,  v  autres  Monument  d'Anti- 
quité. A  Paris,  chez  Pierre  Cot,  Im- 
primeur-Libraire ordinaire  de  l'Acadé- 
mie Royale  des  Iafcriptions  &  Médail- 
les ,  rue  du  Foin ,  à  la  Minerve.  17 1  t. 
in  ♦■  PaSS-  "°-  Planchei  4- 

CE 


F £E  Recueil  contient  dix-huit  Dilata- 
tions, éciïresen  forme  de  Lettres,  & 
3ui  ont  déjà  paru  la  plupart  en  divers  temps 
ans  les  Mémoires  imprimez,  à  Trévoux. 
L'approbation  qu'elles  ont  reçue  du  Pu- 
blic doit  répondre  d'un  pareil  accueil  pour 
cette  nouvelle  Edition  qui  les  affemble. 
Elles  roulent  toutes  fur  de  précieux  relies 
de  l'Antiquité  ;  &  elles  nous  viennent 
d'une  main  accoutumée  depuis  longtemps 
à  manier  avec  choix  ces  fortes  de  Monu- 
mens. 

On  agite  dans  les  deux  premières  Let- 
tres une  queftion  fort  débatue  parmi  les 
Antiquaires  ,  &  fur  laquelle  ils  fe  font 
trouvez  partagez  julqu'ici.  On  eft  en  pei- 
ne de  fçavoir  iï  l'on  doit  regarder  ce  que 
nous  appelions  Médailles  antiques  comme 
des  Monnoyes  courantes  du  temps  où  el- 
les ont  été  fabriquées ,  on  comme  nos 
Jettons  &  nos  Médailles,  que  l'on  ne  frap- 
pe que  pour  certaines  occafions  extraor- 
dinaites.  L'Auteur  étale  d'abord  les  preu- 
ves alléguées  pour  &  contre;  lefquelles  fc 
rédnifent  à  feptpour  lepremierfentimenr, 
&  a  huit  pour  le  fécond  :  après  quoi  il 
fait  de  nouveau  paffer  en  revûë  ces  mê- 
mes preuves  abbregées,  &  fuivics  chacu- 
ne de  la  réponie  qu'on  y  peut  faire.  Les 
pi  ni  fans  du  Pyrihonifmc  niUon^nt  \wfcr 
verontiius  doute  icidequoïauXoiiSMXesn 
A  a  a  ys* 


5S*     JouRNât  DES  Sçavans. 
penchant  à  douter  de  tout  :   au  lieu  que 
ceux  qui  aiment  à  fe  déterminer,    ne  ba- 
lanceront guéres  fur  l'opinion  qu'ils  doi- 
vent embraffer. 

Le  R.  P.  Chamillart,  dans  fa  troifïëroc 
Lettre,  addreffée  à  Monfeigneur  Je  Duc 
du  Maine,  fatisfait  à  deux  queilions  que 
te  Prince  lui  avoit  piopofees  ;  l'une .  Pour- 
quoi l'on  a  donné  le  nom  de  giAum*  i 
certaines  Médailles ,  qui  de  quelque  Trie- 
rai qu'elles  foient,  ne  font  pas  plus  gran- 
des que  nos  mailles  :  l'autre,  Quel  rang 
ces  Quinaires  doivent  tenir  dans  les  Cabi- 
nets. L'Auteur  répond,  i.  Qu'originai- 
rement cher,  les  Romains  le  Quinaire 
(gwinuriMj)  étoit  une  monnoye  d'argent 
Talant  cinq  Ai,  c'eil-à-dire  la  moitié  du 
Denier  (Dmariu;)  qui  en  valoit  dix;  d'ou 
il  s'enfuit  que  les  pièces  d'or  &  de  brome 
de  même  volume  que  le  Quinaire  d'argent, 
n'en  ont  reçu  le  nom  qu'improprement, 
&  par  analogie,  à  caule  qu'elles  font  juf- 
tement  pour  la  valeur  8c  pour  le  poids  la 

Imoitiéd'une  Médaille  d'or ,  &  d'une  Mé- 
daille de  petit  brome.  Il  répond  en  fe- 
COL^lieu,  Qu'une  fuite  de  Quinaires  eft 
d-  mt>ins  auiîi  neceflaire  dans  les  Cabinets, 
que  Jes  fuites  de  grand  ,  de  moyen,  & 
de  petit  bronï.e  ,  parce  que  ce  font  de 
part  &  d'autre  différentes  efpccesdc  mon- 
noye, qui  nous  fowx  cowjMt  combien 
en  tout  métavV  Û  'j  MaaitAiftw.i.t.'ï*- 


- 


551 

ces  qui  euffent  cours  dans  le  commerce-, 
outre  que  les  Quinaires  fontordinaireraent 
d'un  coin  plus  fini  que  les  autres  Médail- 
les, 8c  fe  distinguent  par  des  revers  par- 
ticuliers. Ilconclud,  que  quelque  rares 
que  foient  les  Quinaires  ,  il  n'ett  pas  im- 
pofiîble  d'en  former  une  fuite  ,  puifque 
Monfeigneur  le  Duc  du  Maine  en  a  déjà 
uneprefque  complette,  &  l'Abbé  Strsuci 
une  autre  en  Italie,  Ce  font  les  feules 
qui  foient  vécues  à  la  connoiflanec  du  P. 
Chamillart. 

Il  montre  dans  la  Difiertntion  fuivante, 
l'avantage  qui  reviendroit  aux  Lettres,  IL 
l'on  défendoit  la  fonte  des  Médailles  anti- 
ques; ptécauiîaji  qui  en  les  rendant  d'un 
prix  raifonnable  ,  donneroit  moyen  aux 
Curieux  d'en  meubler  leurs  Médaillers  à 
moindres  frais.  H 'déplore  la  perte  qu'on 
a  faite  de  plufieurs  tiéibrs  de  ce  genre, 
déterrez  en  diverfes  Provinces  de  France, 
depuis  une  vingtaine  d'années.  Il  regrette- 
principalemenc  celui  qui  fut  trouvé  dans 
la  balte  Bretagne  en  1676,  compofé  de 
cent  mille  Médailles  de  billon,  toutes  du 
111.  fiecle  ,  c'eft  â-dire  depuis  Caracalle- 
jufqu'à  Poltume,  Ht  dontiln'y  aeuqu'un 
très-petit  nombre  de  confervées ,  tout  le 
reite  ayant  été  fondu.  Parmi  celles  qui 
ne  l'ont  point  été .   &C  qui  ne  font  pas  la 

Etiérae  partie  du  total  ,   il  s'en  eft.  ren- 
tre oueJqucs-uiies    de  tKHWK  ,    **■ 
A  a  3  S.1*»-. 


';jS     Journal  DIS  Sçavani. 

d'autres  fingulieres  &  uniques  )  ce  qui 
Jaiûe  entrevoir ,  quelle  riche  moiffon  de 
découvertes  l'avidité  desFondeurs  &  des 
Orfèvres  enlevé  aux  Antiquaires  en  pareil- 
les occa  fions. 

L'Auteur  employé  fa  cinquième  Let- 
tre à  la  folution  du  Problème,  fcavoir. 
Si  les  revers  dis  Médailles  ont  toujours  rapport 
aux  Empertttrs  du  aux  lmftratrket  dont  les 
lires  font  rtprefmiies  de  l'autre  tété.  Il  n'eft 
pas  d'accord  là-dcfîus  avec  ceux  qui  rejet- 
tent le  prérendu  défaut  de  convenance 
entre  les  têtes  &  les  revers,  fur  la  préci- 
pitation ou  la  méprife  des  Monétaires. 
Sans  recourir  à  de  pareilles  fuppofitions, 
par lefquelles  {félon  lui)  il  feroit  facile  à 
chacun  de  refoudre  les  plus  grandes  diffi- 
culté!, en  couvrant  fa  propre  ignorance, 
il  eft  perfuadé  qu'en  ce  genre  d'irregulari- 
tez  il  n'y  a  rien  dont  un  habile  Antiquaire 
ne  puifle  découvrir  la  raîfon  Se  le  fonde- 
ment, en  creufant  dans  l'Hiftoire.  lien 
donne  pour  exemple  l'explication  de  deux 
Médailles  qui  avoient  embarrafTé  la  per- 
fonne  à  qui  eft  addreffée  cette  Lettre. 
La  première  de  ces  Médailles  repréfente 
d'un  cûté  la  tlte  de  Matc-Aurtle  ,  avec 
cette  légende  :  imp,  m.  «ti,  an- 
ton....  atg.  &  au  revers  ,  une  figurt 
debout ,  ayant  i  Ces  pieds  un  paon  ,  avec  ce 
mot  ,  iv  no-  La  féconde  a  d'un  cÔtéi 
/a  tête  de  Faafiint  l*  jew»  -,  met  Wfta  Ve- 


gende  :  imstina  itg<  pu.  avc. 
fii.  &  au  revers,  une  fgtre  debout ,  avec 
ces  mors  p.  m.  tr.  p.  xix.  ikp.iii.coj. 
m.  Le  P.  Chamillart  prétend  que  ces 
deux  Médailles ,  bien  loin  d'avoir  été  frap- 
pées contre  les  règles ,  s'expliquent  très- 
facilement  ,  &  nous  développent  un  fait 
de  l'Hiuoire  Romaine.  Ce  fait  eft ,  que 
comme  Faultinc  Si  Lucille  fonl  les  feules- 
Impératrices  qui  foîent  nées  de  pères  Em- 
pereurs ,  8c  qui  ayent  en  quelque  façon 
fait  monter  leurs  maris  fur  le  Thrône, 
Marc-Aurele  époux  deFaufline,  pour  éter- 
niser celte  rirconflance  de  fon  hiftoire, 
aura  fans  doute  ordonné  aux  Monétaires 
de  mettre  une  Junon  au  revers  de  fa  Mé- 
daille, tk  la  légende  que  nous  venons  de 
rapporter,  au  revers  de  celle  de  Fauftine. 
Dans  la  fméme  Lettre,  après  un- récit 
des  différentes  manières  dont  plufieurs  An- 
tiquaires ont  expliqué  une  Médaille  très- 
rare,  qui  repréfente  d'un  côté  Faulline  la 
mère ,  diva  favstina,  8c  au  revers 
une  Cerèts  debout  fur  un  globe  ,  tenant 
une  torche  de  chaque  main  ,  avec  cette 
infeription,  sovstji  l'Auteur  propofe 
l'explication  qu'il  donne  à  ces  lk  lettres, 
&  qui  eii  conçue  en  ces  termes,  Sacerdo- 
talii,  Qrdinii,  Urbii  ,  Stnalui  ,  Trihuni, 
Juffx.  11  fuppofequeFauftine  ayant  jette, 
comme  on  Içait  ,  les  fendemens  d'une 
maifou  àeùiaée  à  l'éducation  ici  ï&\i»^fi- 
Aa,  4  «P*^ 


jfio      j0UHMAt    DES  SçAYANS. 

maincs,  qui  feroient  fans  bien ,  la  villede 
Rome  fit  élever  une  ftatue  a  cette  Prin- 
cefle  fous  la  figure  de  Cercs  ,  ou  de  I» 
Divinisé  qui  prélide  à  la  nourriture  du 
genre  humain  ,  &  au  bas  de  laquelle  étoît 
gravée  cette  infaiprion  ;  &  qu'enfuie 
pour  conferver  1a  mémoire  de  cet  r'icne- 
ment  ,  le  Sénat  en  fit  frapper  une  Mé- 
daille avec  cette  même  inltription  abré- 
gée. 

■  Une  Médaille  Créque  très-curieufe  & 
très-firigiiHete  A' .irmU  Fau/lina  femme 
d'rilagaUIe.faitle  fujetde  la  il-priéme Let- 
tre, Cette  Médaille  porte  pour  legentiî 
du  côté   de  la    tête    ,     ann;.\  Atfhaia 

«ATCTElNA  ;    au  revtrS  ,    EHI  CrP.   K.TF1- 

not  ÏA4ANEHT.1N  ;  dansTexeigue,  AOC. 
C'cft-i-dire  :  Anmn  Aurtliu  F.i.tjiimt  ;  f*i 
Pr&iore  Cyrino  ,  miminm  linphantoiarum: 
anitoiyt.  Nous  apprenons  de  tout  cela 
(  félon  l'Auteur)  I.  Que  cetto  AnnU  A*- 
relia  Fatiji'um  defeendoit  par  fa  mere  des 
Annies ,  des  Antonins  ,  &  des  Aurcles, 
étant  petite-fille  diî  Marc-Aurcle  3c  de 
Faulline  la  jeune  :  i.  Qu'elle  n*a  point 
été  la  première  femme  d'Elagabale,  com- 
me Dion  femble  l'infirmer  ,  mais  une  des 
dernières  qu'époufa  cet  Empereur,  à  ejm 
les  Hiftonens  en  donnenr  jufqu'à  quatre 
ou  cinq  j  &  que  l'on  peut  recueillir  ce 
t'ait  de  l'Epoque,  de  U  Médaille  (171) 
priic  de  l'Eté  d' Miûoùvt  o*  ia  "V/S^Ca. 
s». 


M  *  r  nu. 
far,  &  qui  tombe  jutlement  dans  l'ann< 
que  mourut  Elagabalc  :  3.  Que  ces  moi 
fub  Prttori  Cyrino  ,  peuvent  Im'ir  à  jufl 
fier  la  manière  dont  on  lir  dans  la  Vulga- 
te  ce  pafiage  de  faint  Luc  ,  H«-c  dtftriptia 
prima  faâla  t/1  à  Prtftdi  Syrie  Cyrina  ;  (  & 
non  pas  gaiV/im ,  ou  S^irmio  ,  comme 
plufieurs  ont  kl;)  &  à  faire  voir  queCy- 
rinus  ,  eft  le  nom  d'une  famille  Gréque, 
illuihe,  &  honorée  des  premiers  emplois 
dans  la  Syiie. 

On  nous  entretient  dans  la  huitième 
Lettre,  d'une  .Médaille  de  Jilia  Mamta, 
qui  a  pour  légende  du  côté  de  la  tête, 
j  vtiA  mamias  av  g.  Dans  la  neuviè- 
me ,  d'une  Médaille  d'argent  de  Pacati» 
nus,  Empereur,  qu'on  loupçonne  avoi 
été  le  même  que  Marinai  ,  dont  Sfgui 
&  ttrada  nons  ont  donné  deux  Médaille! 
fbupcon  qui  paroit  d'autant  mieui 
que  celle-ci  a  pour  inf'cription  ,    1 

JVL.     MAR.    PACATUIIVJP;    F.    A  V  G. 

On  nous  parle  dans  la  dixième  d'uncMé- 
daille  de  Mmtmtmn  ,  qui  porte  an  revers 
pour  légende,  Filicims  Dtvritm;  ce  quieft 
fans  exemple  (dit  l'Auteur.)  Il  s'agit  dans 
la  onzième  Lettre  ,  d'une  Médaille  de 
Gallien,  dont  le  revers  tepréfente  un  en- 
fant  tenant  une  chèvre  ,  avec  cette  inf- 
cription  ,  Pieias  KtatU  ;  &  dans  la  dou- 
ïjéme  ,  d'une  Médaille  de  Poftume,  la- 
quelle, n'a  d'autre  fingnlamé  o^cc-dlt  Ai 


Di 


S6A      ÏOUHWil   DES   Sç*-VdN  j. 

»ia  hyg.  &  l'autre  ,  FEllCIT»! 
mporvm  :  .Mais  c|ue  Julien  marchant 
.  lien  Italie,  &  s'étant  avancé  juTqiù 
'erone,  y  fut  vaincu  ik  tué  par  Cmw. 
Du  relie,  c'eft  ici  la  dernière  Lettre  con- 
cernant les  Médailles.  Les  quatre  fuivart- 
les  renferment  quelques  Obfervations  fur 
des  pierres  gravées  ;  la  defcription  d'une 
Salue  antique  trouvée  à  Bourges;  celle  de 
la  Galerie  du  Giand  Duc  de  Tofisne.  8î 
quelques  Remarques  faites  par  l'Auteur 
pendant  fon  voyage  d'Italie. 

La  figure  qui  fait  le  fujet  de  la  leiitémc 
Lettre,  a  été  trouvée  en  d'enfant  la  fon- 
demens  du  Séminaire  de  Bourges,  à  près 
de  80  pieds  de  profondeur.  Elle  efl  de 
pierre,  &  repréi'ente  une  femme,  qui  de 
fi  main  droite  jette  de  l'encens  fur  un  Au- 
rel,  &  tient  une  bocte  quarrée  de  fa  main 
gauche,  b'in-tcription  qtn  laccorapapja 
cil  conçue  en  ces  termes  :  d.m.  e  t-   m£- 

MORI.f,      JVL1S.       PAVLtIHA,      TE- 
NM.    MHTINÏS.    COHJVOI.     A  S.  1. 

Les   Connoilfeurs  s'accordent  s  regarder 
cette  Antique  comme  un  Monument  de 
la  fin  du  premier  fiecie,  ou  du  commen- 
cement du  fecond.     L'Auteur  la 
temps  d'An!onin,&  il  le  fonde  lut  !t  con- 
formité qu'il  remarque  entre  Ij  coèftw 
de  la  Pauline  dont  il  cil  queftio 
de  Fatilhne  femme  de  cet  Lmneieur. 
Le  P-  ClumilUft  faix  i>  «  utoposquelt 


ques  Obfervations  curieufes  fur  les  chan- 
gemcns  frequcnsqui  font  arrive!  à  lacoéf- 
fure  des  Impératrices  Romaines  ;   &  l'on 
elt  agréablement  furpris  de  trouver  parmi 
elles  fur  ce  point  la  même  inconftancc  qui 
règne  parmi  les  Dames  Françoifcs  ;     de 
manière  que  chez  ces  Princefles  une  mê- 
me mode  de  coèffure  ne  paroit  pas  s'être 
foutenuë  plus  de  douze  ou  quinze  ans  de 
fuite.    Antonia  ,  par  exemple ,   (au  rap- 
port de  nôtre  Auteur)  &  les  deux  Agrip- 
pines  portoient  les  cheveux  unis  fur  la  tête, 
lortillez  fur  les  cotez  ,   .nouez  négligem- 
ment par  derrière  avec  une  efpece  de  ru- 
ban ,    &  flottans  un  peu  fur  les  épaules. 
Domitille  avoit  la  chevelure  frifée  par  de- 
vant,  tortillée  furie  haut  de  la  tête,  & 
trclîée  par  derrière.    Julie,  fille  de  Tite  , 
étoit  frifée  fur  le  front  ,   avoit  le  relie  de 
la  tête  natté,   &  les  cheveux  relevez  dès 
la  racine,  formoient  en  arrière  comme  un 
bourelet.     Phtine  ,    &  Alarciana  fa  belle- 
fœur,  auiîî-bicn  que  Matïdia  fa  nièce,  ra- 
maiTerent  tous  leurs  cheveux  fur  le  haut 
de  la  tête  ,  &  les  entrelacèrent  fur  le  front 
par  deux  ornemens  ,  qui  s'élevoient  au- 
delfus  du  relie  de  la  coèffure  ,  le  termi- 
noient  en  pointe  ,    s'élargilîbient  fur  les 
cotez,  ëc  étoient  placez  l'un  derrière  l'au- 
tre, en  forte  que  le  dernier  furpalfoii  ce- 
lui qui  étoit  plus  proche  du  front.     Sabine 
ell  quelquefois  çoêiTée  à  la,  manière  d^ 


I  $66     JOURNAL  DBS   Sçavahi, 

f  MatUia  fa  mère  ;  quelquefois  en  trèfles 
flouantes  fur  les  épaules,  avec  une  elpece 
de  pointe  qui  s'élève  un  peu  au  de  Sus  du 
front.  Faujiiiri  a  une  coëffure  ronde  & 
marron  ,  les  cheveux  couchei  fur  le 
front,  tortille*  fur  la  tête,  &  commeune 
petite  couronne  fur  le  fommet  ,  formée 
de  cheveux  entrelacer  de  perles.  Le  Pe- 
e  Chamillart  a  fait  graver  ici  des  Médail- 
les de  ces  Impératrices,  qui  mettent  fous 
les  yeux  du  Lecteur  ces  différentes  coéffu- 
les»  &  il  eft  periuadéqu'un  Recueil  com- 
plet en  ce  genre  aurait  fon  utilité  &  l'on 
agrément. 

La  defcrtption  qu'il  fait  dans  f»  di*- 
Jeptiéme  Lettre,  de  la  Galerie  du  Grand 
Duc  de  Tofcane,  cil  d'amant  plus  digne 
de  la  curiofiié  du  Public,  qu'étant  poile- 
rieure  à  plulieurs  relations  de  Voyageurs 
qui  ont  parlé  de  cette  Galerie,  elle  et 
beaucoup  plus  conforme  à  l'ordre  ck  à 
l'arrangement  qu'on  a  donné  depuis  quel- 
ques années  aux  nchefles  îmmenfes  que 
l'on  conferve  dans  cet  Edifice. 

Au  regard  des  Remarques  du  Père  Cha- 
millart concernant  le  voyage  d'Italie  ,  & 
qui  font  au  nombre  de  cinq,  nous  dirons 
qu'il  s'attache  dans  la  première  a  combat- 
tre le  vieux  préjugé  où  font  les  habîtans 
de  certaines  villes  ,  lefquels  trompez  pu 
quelques  refies  de  l'ancienne  enceinte    '     ' 

ces  mêmes  villes ,  ojja  emkufle  un 


grand  terrain  ,  feparé  de  celui  qu'elles 
cupent  à  prefent ,  s'imaginent  que  du  tempi 
des  Romains  ,  elles  remplifibtent  ce  dou- 
ble terrain;  au  lieu  que  (félon  l'Auteur) 
ces  villes  ont  changé  de  fit  nation  ,  en  par- 
lant des  Payens  aux  Chrétiens;  c'elt-à-dire, 
que  ceuï-ci  ayant  habité  d'abord  un  quar- 
tier feparé,  &z  s'y  étant  multipliez,  en  é- 
tendirent  peu-à-peu  les  bàtimens  ,  en  s'é- 
loignant  du  gros  dé  la  ville,  qui  ie dépeu- 
plent à  mefureque  le  quarrier  des  Chré- 
tiens s'augmenloir  ,  &  qui  par  fucceflïon 
de  temps  s'eft  trouvé  entièrement  démoli- 
La  féconde  Obfervation  regarde  la  forme 
de  nos  Eglifes,  qui  eft  tantôt  celle  d'une 
Croiï,  tantôt  celle  d'un  Vaifleau  ,  quel- 
quefois l'une  &  l'autre  réunies  enfemble. 
On  patledans  la  troiiiéme  Remarque,  des 
Catacombes  de  Rome  ,  &  de  l'attention 
qu'on  y  apporte  pour  diftmguer  par  des 
lignes  iudmutbt  les  corps  des  SS. Martyrs 
d'avec  ceux  des  Payens  enterrez  dans  ce 
même  lieu.  Dans  la  quatrième  Remar- 
que on  obferve.  Que  iî  l'Italie  l'emporte 
fur  tout  le  relie  du  Monde  pour  le  nom- 
bre prodigieux  de  Peintures  des  plus  grands 
Maures,  de  Colonnes  ,  de  Marbres  pré- 
cieux, de  Buttes  &  de  Statues  antiques  du 
premier  ordre,  nous  avons  de  quoi  nous 
confoler  de  la  difette  où  nous  fouîmes  à 
cet  égard,  par  la  richcITe  de  nos  Cabinets 
'c  Médailles,  Si  par  celle  àe  vvjs.  ^oN\&- 


$S     Journal  dis  Sçav an *> 

theques ,  'tant  en  Livres  imprimez  <\vftn 
Manuicrits  s  richefle  qui  (  au  fcntiment  de 
l'Auteur)  nous  donne  une  grande  fupe- 
riorité  fur  les  Italiens.  Enfin  Ton  nous  fait 
part  dans  la  cinquième  &  dernière  Remar- 
que, d'ane  Lettre  de  l'Empereur  Vefpa» 
fien,  écrite  fur  une  plaque  de  cuivre,  lon- 
gue d'un  pied  &  demi ,  large  de  dix  pouï- 
ces  ,  &  trouvée  il  y  a  quelques  années 
dans  un  village  de  la  partie  Septentrionale 
de  rifle  de  Corfe. 

Comme  cet  Extrait  n'eft  déjà  que  trop 
étendu ,  nous  fommes  obligez,  pour  ab- 
bréger ,  de  parler  légèrement  fur  toutes  ces 
Obfervations,  &  nous  renvoyons  le  Lec- 
teur au  Livre  même ,  d'autant  plus  vo- 
lontiers ,  que  nous  bornant  au  foin  d'ex* 
citer  la  curiofité  du  Public ,  nous  ne  pré* 
tendons  nullement  la  remplir. 

Lettres  de  M.  Flechier  Eve  que  de  Nif- 
tnes ,  fur  divers  fujets.  A  Paris  ,  chez 
Etienne  Ganeau  ,  rue  faint  Jacques* 
vis-à-vis  la  Fontaine  faint  Severin  ,  & 
chez  Jacques  Çilienne  ,  rue  faint  Jac- 
ques, au  coin  de  la  rue  de  la  Parche- 
minerie.  17  u.  in  u.  pagg.  328. 

|L  y  a  dans  ce  Recueil  213  Lettres  ,dor 
1  les  douze  dernières  font  Latines.    O 
.peut  bien  juger  qu'elles  ne  font  pas  tout 
d'une  égale  impoiuacc  Disk  V Avertif 


lent  qui  les  précède,  l'Editeur  dit  qu'o 
.voit  d'abord  eu  defl'ein  de  retrancher  k_ 
moins  i  rit  ère  flan  tes.  „  Mais,  ajoute-t.il,' 
„  après  y  avoir  bien  penic,  on  a  crûque 
„  le  Public  nous  fçauroït  mauvais  gré  de 
„  lui  avoir  ravi  la  moîndrepaitiedeceque 
„  nous  avons  pu  ramaliér  des  Lettres  de 
„  M.  Flcchier.  Et  a  la  vérité  cet  illuftre 
„  Auteur  Içait  donner  à  tout  ce  qu'il  die 
„  un  air  fi  naturel,  &  en  même  temps  iï 
„.  noble  &  fi  élevé  .  que  les  fujets  les 
„  moins  importais  entre  [es  mainsdevien- 
„  nent  des  morceaux  précieux  ;  6c  que 
„  les  moindres  fujets  quiiortentde  (aplu- 
„  me,  peuvent  palier  pour  des  chefs-d'œu- 
„  vres  en  leur  genre  ,  &  erre  propofez 
,,  comme  des  modèles."  L'AverrilTemenc 
cil  fuivï  de  deux  Eloges  de  M.  Flechier, 
tirez.,  l'un,  du  Difcours  prononcé  par  M. 
L'Archevêque  d'Albi  ,  le  jour  de  fa  récep- 
tion à  l'Académie  Françoife  j  &  l'autre, 
de  la  itéponfe  de  M.  l'Abbé  Mongin,  Di- 
recteur de  l'Académie  Framçoife.  au  Dif- 
cours  de  M.  l'Archevêque  d'Alby. 

Nous  croyons  ne  pouvoir  rien  faire  de 
mieux  pour  donner  une  idée  des  Lertrcs 
de  M.  Flechier  ,  que  d'en  mettre  fous 
les  yeux  de  nos  Leéteurs  quelques  endroirs 

Dans  la  première  Lettre,  qui  eft  adref- 
0C  j  l.i  Reine  d'Angleterre,  i\çw\&«xA. 
d«  Sujets  de  celte   Princefc  ,    \çfajM^ 


I 


Journal  des  Sçavane. 
il  efl  refera  d'affifter.  „  Ce  n'eu  pas  tant 
la  charité  que  la  juftice ,  qui  nous  obli- 
ge à  contribuer  au  foulagement  de  ces 
hommes  fidèles  8c  généreux ,  qui  n'ont 
point  fléchi  le  genou  devant  les  Dieui 
étrangers,  qui  ont  fuîvi  leur  devoir  S 
leur  conicience  ,  aux  dépens  de  leur 
repos  &  de  leurs  riche  (Tes ,  8c  qui  g 
mieux  aimé  vivre  irréprochables  prou 
nous,  que  de  vivre  heureux  avec  ta 
rebelles,  lis  n'ont  pu  trouver  leurpi- 
trie  dans  un  pais  où  Vos  Majeflei  ai- 
toient  plus  ;  &  ils  ont  eu  raîfon  d'efpc 
rer  qu'étant  inviolablement  attachez  i 
leur  Dieu  &  à  leur  Roi  ,  ils  auraient 
pour  .eux  les  gens  de  bien  ,  &  les  fe- 
cours  de  h  Providence.  Ils  portent  i- 
vec  eux  leur  fidélité  ,  qui  efl  leur  m- 
for;  8c  leut  pauvreté  efl  une  marquent 
leur  pieté  ,  &  non  pas  une  difgrace  d: 
la  fortune." 

On  trouve  dans  la  quarante- unième 
Lettre  nne  peinture  touchante  des  miui 
&  des  defordres  cauleipar  les  Fanatiques. 
L'exercice  de  nôtre  Religion  cil  pref- 
que  aboli  dans  trois  ou  quaire  Diocc- 
fes  ;  plus  de  quatre  mille  Catholiques 
ont  été  égorgei  à  la  campagne;  qua- 
tre vingt  Prêtres  mifiacrez  ;  près  de 
deux  cens  Eglifes  brûlées.  Voi! 
de  l'affaire  en  ç,fct>éi\\.  Pour  nous, 
nous  tommes  àww  uwi  •»%&  «à  w#» 


M    a.    i    1711.  jti 

1,  n'avons  point  de  repos  ni  de  plaifir.nort 
.,  pas  même  de  confolation.  Quand  les 
,,  Catholiques  font  les  plus  forts ,  les  au- 
„  très  craignent  d'être  égorgez  ;  quand 
„  les  Fanatiques  font  en  grand  nombre 
„  près  d'ici,  les  Catholiques craignentà leur 
„  tour.  Ilfautquejeçonfolc,&que jeraf- 
1,  fore,  tantôt  les  uns,  tantôt  les  autres. 
„  Nous  fommesicicommebloquez.&l'orà 
„  ne  peut  fortir  de  la  ville  cinquante  pas 
„  fans  crainte,  &  fans  danger  d'être  tué; 
„  il  n'eft  pas  permis  de  fe  promener ,  ni 
„  de  prendre  l'air.  J'ai  vil  de  mes  fenê- 
„  très  brûler  toutes  nos  maifons  de  cam- 
„  pagne  impunément.  Il  ne  fe  parte  pref- 
„  que  pas  de  jour  que  je  n'apprenne  à 
„  mon  réveil  quelque  malheur  arrivé  la 
„  nuit.  Ma  chambre  eft  fouvent  pleine 
„  de  gens  qu'on  a  ruinez  ,  de*  pauvres 
„  femmes  dont  on  vient  de  rjer  les  ma- 
„  ris,  de  Curez  fugitifs  qu:  viennent  re- 
„  préfenter  les  miferes  de  leurs  Paroif- 
„  liens  :  tout  fa::  hcmew  ,  tow  fait  pi- 
„  tiré  ,  je  fuis  père  ,  je  fuis  Parteur.  Je 
„  dois  foulager  les  uns  ,  adoucir  les  au- 
„  très ,  les  aider  &  (eco\ii:i  tous.  On  a 
„  défait  une  grande  troupe  de  ces  Re- 
„  belles  ,  Si  l'on  croit  que  tout  eft  fini. 
„  On  fe  trompe  ,  les  efprits  font  li  gâtez 
,,  que  leurs  pertes  ne  font  que  les  irriter.". 
Cette  Lettre  elt  du  ij  Avril  \-\q\. 
Quelque  grand  que  fut  le  dan&tt  ,  *»- 
\cyaK. 


571       JOURNSt    DBS   SÇAV* 

tout  pour  les  Religieufe?  ,  h 
■■  ' ipprouvoit  pourtant  pas  que 
fut  relîive.  Il  écrivoit  en  i" 
Supérieure  :  „  La  vertu  cot. 
„  -.  :1;  &  la  Religion,  les  te 
„  la  chair  &  du  fang.  Il  n'el 
„  permis  de  fe  laifler  aller  à 
„  qu'a  la  triâcûc,  à  la  colère, 
„  très  pallions ,  fur-tout  quant 
,j  l'excès,  &  que  c'eft  fans  rai 
,,  exemple  donnez- vous  à  de. 
„  dont  vous  abattez  le  courag' 
„  vous  groffinez  les  dangers, 
„  les  diminuer  ï  je  vois  que 
„  qui  gouvernent  s'intcrcilent 
„  reté  plus  qu'a  toutcauucitr 
„  beau  après  cela  de  faire  les  t 
A  Madame  la  Psifidtntc  â 
dont  la  filU  fi  fiifiit  RiligitHfi 
„  Il  n'eft  pas  poffible  que^voi 
„  attendrie,  ci  même  atiriftée 
„  :  ■  n  d'une  fille  à  qui.  vous 
„  la  agefle  avec  la  naiHance  ; 
„  avez  formée  à  la  pieté  par 
„  lions  &  par  vos  exemples, 
„  unie  depuis  ce  temps .  aui 
„  liens  de  la  charité  Chrétienn 
„  ceux  d'une  amitié  naturelle 
„  gne  de  vos  dévotions, confii 
„  bonnes  œuvres, affiduë  aup 
„  attentive  a  vovKolî.\te18t  t 
„,  aimée  de  nous  «^u'cWt  mfa 


Mai    1711.  573 

-9»  J'entre  dans  vos  fcntiraens ,  &  je  ne 
,,  vous  blâme  pas  de  fentir  que  vous  êtes 
„  mère....  Dans  le  temps  qu'elle  fongeà 
>,  fe  feparer  de  vouss  fongez  i  vous  fe- 
»,  parer  de  vous-même.  Voyez  où  elle 
„  va  ,  &  non.  pas  d'où  elle  fort  :  refle- 
„  chiffra  fur  ce  qu'elle  gagne  ,  non  pas 
„  fur  ce  que  vous  perdez,  &  ne  vous  fai- 
*,  tes  point  une  peine  de  ce  qui  doit  faire 
„  fon  bonheur. ....  Elle  ne  veut  que  la 
,,  Croix  pour  partage ,  le  Calvaire  pour 
„  retraite,  Jefus-Chrift  fouflfrantpourmo- 
„  dele.  Les  aufteritez  de  la  vie  ne  la 
„  rebuttent  pas  ;  elle  n'a  point  pitié  d'el- 
„  le- même.  Plaignez-la  fi  vous  voulez 
,,  par  tendrefle  ;  mais  reconnoifiez  qu'elle 
>f  cft  plus  heureufe,  &  qu'elle  a  plus  de 

„  courage  que  vous Vous  l'aimerez 

,,  tendrement  en  Dieu;  vous  la  verrez  par 
„  la  Foi  ;  vous  apprendrez  les  grâces  qu'el- 
,,  le  reçoit  de  fon  Epoux  ;  vous  fentirez 
„  l'efficace  de  fes  prières  i  &  fi  elle  ne  fait 
99  pas  le  plaifir ,  elle  fera  la  bénédiction 
„  de  vôtre  famille." 

A  M  *  *  *.  fur  quelques  pratiques  bizarres 
C*r  extraordinaires.    „   Les  fingularitez  ne 

»>  »  /ont  pas  fouvent  folides  ni  édifiantes 

»,  Vos  obfeques  anticipées,  Monfieur, 
*>  r\>nt  de  cette  efpece.  L'Empereur  Char- 
*+  1  es-  Quint  s'avifa  autrefois  de  cette  bizar- 
"  z-e  pratique ,  qui  ne  lui  a  cas  foit  l\o^- 
»     jîc  \tr  dans  THiftoire.    ^  ti£  \sifevwcwfc 


574  Journal  des  Sçavans. 
„  pas  que  les  Auteurs  que  vous  avezcon- 
„  fultez  ayent  confenti  à  cette  dévotion; 
„  je  m'étonne  que  vous  l'ayez  imaginée, 
„  Vous  faire  prodamer  mort  devant  tout 
„  le  peuple,  qui  vous  voit  vivant  ;  c'eit 
„  une  fiction  qui  ne  convient  pas  au  Dieu 
„  de  la  Vérité,  en  prefence  de  qui  elle 
'„  fe  paffe.  C'eft  donner  à  rire  ,  fur-tout 
„  dans  ce  pais  ci  où  il  y  a  tant  d'amesin- 
„  firmes  dans  la  Foi ,  qui  m'ont  fait  con- 
„  noître  qu'elles  ctoient  feandalifées  de 
„  cette  re  pré  fen  ration ,  qui  leur  paroiffoit 
„  un  peu  comique  ,  enfuîte  de  la  benc- 

„  diction  du  S.  Sacrement Vousfup- 

„  pofant  défunt,  vous  vous  fuppofez.  ju- 
„  gé  i  que  pouvez-vous  demander  pour 
„  vôtre  aroe,  fi  non  qu'elle  foit  foulagée 
„  des  peines  du  Purgatoire  ,    qu'elle  ne 
„  fouffre  pas  encore  ?  Croyez-moi, Mon- 
„  fieur,  rongeons  plutôt  a  expier  les  pe-  j 
„  chez  de  cette  vie ,  qu'à  diminuer  les  I 
„  peines  de  l'autre."    Après  avoirenfuite  1 
parlé  des  Méfies,    M.  Flcchier  ajoute:! 
,,  Pour  \eLibtraSi.  la  cérémonie  mortuaire  1 
„  que  vous  aimez  tant,  je  la  défens  dans! 
„  mon  Diocefe  ,   &  quelque  proteftationB 
„  que  vous  me  faffiez  que  vous  la  iioti-f 
„  vez  bonne  ,  je  ne  la  croi  pas  te 
„  y  a  long-temps  que  je  feai  combien  lfl 
j,  jouroiffion  vous  coûte." 

Les  Lettres  Lttraes  de  M.  Fléchie: 
méritent  pas  mo'uas  Sfeiw  Vmî»  <s^I| 


M       A       I       I7M.  )7S 

mçoifes.  Elles  contiennent  prefque  tou- 
:  des  Nouvelles.  Voici  une  courte  def- 
ption  de  la  Bataille  d'Hochftet  :  Pejka 
te  inde  caflra ,  inftrttla  ix  advtrfe  acits, 
a  [pu  ,  unus  diverfarum  parttuti?  trdcr. 
arfinus  itrutntes  hojlium  eûmes  fitdït  pre- 
\avitque  non  fine  firage  ,  eaptis  termtntit 
Util,  ■vexïUijquc  quamplurimis.  Tallardut 
!  juoTitmqut  virtHti  plus  aquo  umftfut  ,  pofl 
iHos  tirve  quatervt  An^lorum  impetm,  tsr 
tgia,  qu'ibus  vincert  mtruifftt  ,  fournira -, 
m  animai  magîs  quam  enuie  à  relique  tx- 
itit  lengieri  intervalle  fejungilur  ,  à  tergo 
crccpius ,  centurbar't  es"  rueri  omnta  in  pt- 

intcllexit.  Equitatu  in  fugam  -va-fa ,  ipft 
<n  (Irenuis,  qui  circumlttitrant ,  Militibus, 
uibufque ,  -vulnertttus  in  matou  hefiiutn  in- 
it.  Septtm  (7  viginti  Cohertes  peditum, 
aitum  quatuor,  qutfertittr  dimkavcrant , 
rfim,  emnique  auxilîa  defiitutt  ,  nam  ri- 
>tui  tenfulendum  ejftBavarui,  Marfinufijut 
ifuerant ,    page  prexïme  fe  iniluftrt;  uU 

ùtnni  GermtmoTum  txtrtitu  circumvinta, 
'rima, fi  çogertmur ,  mimtamtt ,  pafliicen- 
ionibmm  âedittemm  vénérant. Ctrtamtn a- 
ix aacipt  diu.inceriaqut  vUlorin , quant  dt- 
tm  hofitt  ftliciur ,  net  impuni  retulerurf. 

lettre  de  Mr.  HuET  Evique  d"Avranches 
À  Mr.  Feucaui  CinJiilUr  d'Etat  &■  Intendant 
de  Normandie  ,  fur  l'Origine  de  la  Peefie 
Françeife.  \\. 

'  Titéeda  Mem.de  Ttevoux.  Mkuiwv 


«*  t,8C  '  il?""'  ?li  ,    Mon"*- 


M     A    I     nu. 

riieques  de  Paris ,  &  principalement  c 
de  la  Bibliothèque  du  Roi  &:de  celle  de  Mr. 
de  Mefmes.  Ii  s'y  trouve  des  recueils  de 
vieilles  cbanfons  &  de  vieilles  Poëfies.où 
l'on  verra  fans  doute  des  exemples  de  tou- 
tes celles  que  vous  me  nomrnei.  Le  Pré- 
sident Fauchet  a  fait  l'éloge  des  Poètes 
François  qui  ont  vécu  avant  l'année  1300. 
Il  avoil  defiein  de  continuer  cette  recher- 
che juiqu'à  fon  rems  s  mais  cela  neparoît 
pas  avoir  été  eiecuté.  Les  Ouvrages  de 
ces  anciens  Poètes  qu'il  a  célébrez  ne  font, 
pas  tous  perdus,  &  qui  poutroit  les  dé- 
couvrir il  y  trouverait  de  grandes  lumiè- 
res touchant  les  pifcrniers  élernens  de  nô- 
tre Poélîe.  Mais  la  première  &  véritable, 
&  prefque  unique  origine,  ne  fe  trouvera 
avec  certitude  qu'en  Provence,  qui  conl- 
tarament  a  été  le  berceau  de  la  Poèfie 
F'rançoife.  On  ne  voit  gucres  que  là  les 
Ouvrages  des  anciens  Troubadours,  Prin- 
ces de  nôtre  Poëlie  ,  encore  n'y  font-ils 
pas  communs.  Ils  font  enfevelis  dans  la 
pouffiere  des  Bibliothèques  des  anciens 
Monafteres ,  &  je  ne  fçai  même  11  ceux 
qui  pofledcnt  ces  tréfois  font  capables  d  en 
profiter  :  ils  les  regardent  comme  des  bou- 
quins de  nul  uftge ,  &  dont  ils  n'enten- 
dent pas  le  langage.  Ce  ferait  principale- 
ment des  Illes  de  Sainte  M.irgueriteBç  de 
S.  Honorât,  qu'on  pourroir,  lelon  rûon 

Kyis  ,    artenJre  les  plus  grands  ïtcowà. 


■ 

re  de  Le- 

■  lm~   .....    • 


578       JOURRAL    DES    SçA 

C'étoit  dans  le  fameux  Monaflere 
rins,  que  deraeuroit  autrefois  celui  qui  1 
compilé  le  Catalogue  des  Poètes  Proven- 
çaux, qu'on  connoît  fous  le  nom  deifl*. 
j»  efei  /y2«  rf'or,  car  il  éroit  natif  des  \lles 
d'or.  Il  faudroit  confuher  de  pJm  Jes  Mi- 
rmfcrits  de  Hugues  de  Saint  Ctffri,  &  do 
celui  qu'on  appelle  communément  le  Man- 
ge de  Montmajour.  L'un  &  l'autre  étoient  Re- 
ligieux de  Saint  Pierre  de  Montraaiout 
d'Arles ,  &  ce  dernier  eft  furnommé  !< 
Tingd  des  Troubadoun ,  parce  qu'il  n'a  en- 
trepris Ton  recueil  que  pour  les  décrier: 
mais  en  les  décriant  il  a  fait  connoîtte 
mille  particularité!  de  la  Poéfie  Proven- 
çale, première  origine  de  la  Poëfie  Fran- 
çoife  ,  comme  j'ai  dit  ,  fa  même  de  Ii 
Poëfie  Tofcane.  L'Abbaye  de  Saint  Vic- 
tor de  Marfeille  fourniroit  encore  des  Au- 
teurs utiles  à  ce  dclîein,  Rojlang  de  Brigtn- 
lis,  &  le  Même  Hilairt  ont  vécu  dans  et 
Monaflere  ,  Si  ont  écrit  l'HiJioire  dislm- 
■verres  w  dei  Chaaierres ,  ainfi  que  PierreJt 
Sulitrs  Religieux  de  Flotege.  J'écris  tout 
ceci  fort  rapidement ,  Monlîcut ,  &  par 
conféquent  peu  exactement;  mais  je  foi 
à  qui  j'ai  l'honneur  d'écrire,  &  vous  au- 
rez, s'il  vous  phit,  h  bonté  de  fupp'.eei 
à  mes  défauts. 

C'eft  de  ces  Originaux  que  je  viens  de 
vous  indiqua  ,  <\w  L'an  apprendra  ,  non- 
feulement  U  iétoùau  it  w.  4m*ww*m 


M 


«9 


de  Poèfie  que  vous  rac  propofez  ,    mai» 
on  y  apprendra  en  même  tems  un  tii-and 
nombre  d'autres  noms  dont  vous  ne  me 
parlez  pas,  comme  des  Tinfens  ,  SwUst 
Syrvenuz,,  Marttg<il!ts ,  (d'où  je  crois  que 
font  venus  les  noms  de  Sarabandes  c  à» 
Madrigaux}  Sixtinis,  (dont  le  Bembe  rc- 
connoît  que  l'invention  eft  due  aux  Poè- 
tes Provençaux.  )    Layi,    Vïiciays ,   Soiin, 
Bergirettts ,  Sens ,  Ç?*  Rtjfins ,    Faims,    Ar- 
bres fourchus ,   'Jeux  ftrlis ,  Fabliaux, &i  une 
infinité  d'autres  qui  neme  reviennent  pas, 
&dont  le  dénombrement  &  les  définitions 
meneroient  trop  loin  \  outre  quepluiieurs 
de  ces  Poêlies  ne  font  plus  connues  que 
de  nom,  &  que  la  connoifiancedesnoms 
ne  fuffit  pas  pour  les  définir  :  outre  enco- 
I  te  que  la  lignification  de  ces  noms  étoic 
|  autrefois    bien   différente   de   celle   d'au- 
Ijourd'bui.  Par  «temple,  les  VireUyi  d'au- 
Ijourd'hui  n'ont  rien  de  commua   avec  les 
■anciens  Virelays  ,    qui  étoient  même  de 
Tplufieurs  efpeces  aufll   bien  que  les  Lays. 
Kl  y  avoit  de  fimples  Lays  qui  étoient  def- 
Jinez  à   des  louinges  ,    ou  à  des  prières. 
I  y  avoit  des  Layi  renforcti.  ,    cr  dis  Liys 
^ftfarstx.  fratrijtz,.     De  même  il  y  avoit  de 
%nflts  Vïrtiayi  qui  étoient  une  efpece  de 
\nd'.aux    redoublez..      Les    VirtUys   doubla 
aient  ce  qu'on  appelle  Btrgotttct.     Les 
llades  étoient  auifi   de    plusieurs    fortes 
It  différentes.  On  appel!»  ptem\«cmvx 
■  Bbi  BaM.*- 


jSo     Journal  des  Sçavans. 

BdUdu.  une  efpece  de  Poè'/ie  ,  dont  les 
Ters  commeoçoient  par  les  mêmes  mots 
qui  finiflbient  les  vers  précedens  :  mais 
on  donna  enfuite  le  nom  de  Ballades  àplu- 
lieurs  auties  fortes  de  PoéTie  .  &  ce  que 
nous  appelions  aujourd'hui  Ballade,  s'ap- 
pclloit  autrefois  Rondeau.  Cela  fut  fuivi 
des  EalUdes  balladantes,  des  Balttdis  frairi. 
fits ,  un  gemelles.  D'une  infinité  d'efpeces 
de  Rondeaux ,  dont  on  trouve  des  «em-  - 
pies  dans  les  anciens  Poètes  imprimez  & 
Manufcrits.on  n'en  connoitplus  que  deux, 
lis  Rondtaux  fimflts  ,  (y  Us  Rondeaux  te- 
doHiUz,-,  dont  les  Rondeaux  (impies  re- 
çoivent quelque  fubdivifion.  Lorfque 
feu  Mr.  de  Benflerade  mit  les  Metamor- 
phofes  d'Ovide  en  Rondeaux,  il  me  folli- 
cita  avec  empreflement  de  lui  addrefier 
quelque  lettre  fur  l'origine,  la  nature,  & 
les  différentes  efpeces  de  Rondeaux,  pour 
fetvir  de  Préface  a.  fon  Ouvrage.  Les 
occupations  que  j'avois  alors  m' empêchè- 
rent de  le  fatisfaire.  Ce  fut  en  cette  occa- 
fion  que  je  lui  fis  connoirre  que  tous  les 
Rondeaux  étoient  indifpenfablement  dti 
ty  ouverts ,  comme  Marot  même  l'cniei- 
gne  .  &  qu'aucun  des  Poètes  modernes 
n'avoit  pratiqué  cette  règle  non  plus  que 
lui.  II  tâcha  néanmoins  de  la  prariquei 
<)ins  les  derniers  Rondeaux ,  &  il  reforma 
h  plupart  des  autres. 
Pour  venir  maintttraA  »n<ip.t'liwKde 


i   nu;  58! 

vôtre  Lettre  ,  Monfieur  ,  les  Déports  é- 
toient  des  Poélies  joyeufes  comme  le 
montre  le  mot  de  Déport  ,  qui  dans  les 
vieux  Romans  lignifie  lihertijfimcnt ,  ibat. 
Les  Moraux  étoient  de  plufieurs  fortes  :  la 
plupart  étoient  en  forme  de  Dialogues,  on 
les  appelloit  auiÏÏ  Moralités.,  qui  fouvent 
n'étoient  que  des  Farces  auxquelles  on 
donnoir  aulïl  le  nom  de  Sosies,  par  la  mê- 
me raifon  qu'on  appelloit  autrefois  8c  dans 
le  tems  de  ma  jeunelle  ,  Badins  ,  les  Ac- 
teurs de  Farces.  Je  crois  par  parenthefe, 
être  le  premier  qui  ai  découvert  l'origine 
du  nom  de  Badin.  C'eft  un  mot  pure- 
ment Hébreu ,  Baiàm  ,  qui  lignifie  Men- 
teurs, Trompeurs,  Badins ,  &  que  l'Ecritu- 
re feinte  applique  proprement  aux  Aftro- 
logues.  Tout  ce  que  Mr.  Ménage  a  dit 
fur  l'origine  de  ce  mot ,  font  de  pures  ba- 
dineries.  Aubades  étoient  des  Poéliesque 
les  amans  chantoîent  le  matin  au  réveil 
de  leurs  maîtrefles.  Mot  cr  Sun  ,  lïgnî- 
fioient  auttefois  la  parole  &  le  chantdont 
étoil  compolée  la  chanibn.  Son  a  depuis 
lignifié  la  parole ,  témoin  Sonnet,  &  Mot 
a  paile  au  chant,  témoin  Motet,  qui  figni- 
fioit  auQl  la  parole.  C'étoit  proprement 
unfujet,  un  argument,  un  thème,  une 
propodtion  renfermée  en  fort  peu  de  vers. 
On  la  propofoit  aux  Poètes  pour  y  faire 
des  Giofes,  c'eil-à-dire  des  explicitions  it- 
biliaires  &  jngenieufes  ,    4m&  \ttaj^î«r 


iens  de  recevoir  une  Difiertationde 
.MeroHuruneMedailleGrccqucd'iE- 
que  vous  me  files  l'honneur  de  me 
:rer  dans  vôtre  cabinet  il  y  a  quelque 
:  elle  eft  remplie  d'une  érudition  re- 
liée i     6c  répond  bien  au  mérite  de 
luteur.   Cependant  j'ai  crû  que  v ouï 
'  ez  quelque   plaifir  de  voir  déchi- 
tte  Médaille  par  une  route  différea- 
la  Tienne:  vous  agrérez  donc, Mon- 
■jr,  raci  peu  fées  fur  cet  Antique,  & 
foumevs  à  vos  lumières, 
voit  fur  cette  Médaille  le  portrait 
mdre  le  Grand.    On  le  cormoît  A 
levée  &  renverfée  en  arrière,  ce 


ux  longs  &   I 


584    Jonnsi  l   des  Sça- 
bélier,  &  Apollon  ans  cheveux 
relevez  autour  de  la  tête  en  forme  de  pe- 
tits rayons  frirez. 

L'infoïprion  au  bas  de  II  tête  elt  M*- 
KEûONfiN  ,  y  fuppléanr  ce  qui  manque 
aux  deux  dernières  lettres  donc  une  par- 
tie eft  encore  vifible  ,  8;  il  ne  paraît  pas 
que  fur  cette  Médaille  qui  eft  fort  nette 
il  y  ait  eu  aucun  autre  mot:  ce  fontdonc 
les  Villes  ou  les  peuples  de  Macédoine 
en  Corps  qui  ont  fait  battre  cette  Médail- 
le à  l'honneur  de  ce  Prince;  &  c'eftain- 
fi  qu'on  voit  fur  plulîeurs  Médailles  la 
nom  des  peuples  qui  les  ont  fait  frap- 
per. 

Sur  le  revers  de  la  Médaille  on  voit 
quatre  chofes  repréfentées  :  une  maUue 
au  milieu  ,  d'un  côté  de  la  maffué  une 
elpece  de  boete  ou  de  corbeille  ,  Se  de 
l'autre  une  petite  table  en  façon  de  Clé- 
mence ,  &  un  peu  au  deiîus  un  cornet 
courbé  i  au  deflus  de  toutes  ces  pièces  on 
lit  AES1LLAS:  toutes  ces  pièces  font 
enfermées  dans  une  couronne  de  lauriet 
qui  commence  au  bord  de  h  Médaille, 
&  qui  s'étend  environ  deux  lignes  dani 
le  champ.  Je  viens  maintenant  à  l'eipli- 
caiion  de  h  Médaille. 

Le  revers  me  femble  exprimer  par  les 
chofes  qu'il  repréfente  ,  l'oruine  qu'A- 
lexandre tiroît  d'Hercule ,  &  ù  nailtancc 
qu'il  le  vantoiluooVc  a.  Yiçmx  Pitnmon 


M    a    i     1711.  j8j 

par  rapport  à  Olympias  fa  mère,  dont  la 
Teneration  pour  les  Orgyes  de  Cybele  Se 
de  Bacchus  fut  l'occafion  de  la  naifiance  de 
fon  ffa. 

La  Mafluë  eft  un  fymbole  ordinaire  fur 
le  revers  des  Médailles  d'Alexandre  ,  & 
elle  marque  la  defeendance  d'Hercule ,  qui 
lui  étoir  commune  avec  tous  les  Rois  de 
Macédoine  qui  l'avoient  précédé. 

Les  trois  autres  pièces  de  ce  revers  & 
le  fetton  qui  les  environne,  font  des  ca- 
ractères de  Cybele  &  de  Bacchus ,  &  des 
marques  de  la  Religion  d'Olympias,  qui 
fut  initiée  dans  l'Ifle  de  Samothrace  aux  Myf- 
teres  de  ces  Divinitei. 

La  première  pièce  et!  une  de  ces  boètes 
ou  corbeilles  fanées  de  Bacchus  ou  de  Cy- 
bele, où  l'on  eniermoir  plufieurs  petites 
pièces  qu'on  tenoît  inviolablement  cachées 
fous  un  vœu  de  Religion  ,  &  qu'on  ap- 
pelait pourceîa,  taett*  filtra  cijiarum.  Ce 
fut  dans  une  de  ces  cotbeillesqu'Olympias 
tenoit  fouvenr  ,  que  Jupiter  le  glifla  fous 
la  figure  d'un  ferpent  :  ainfi  on  ne  pouvoir 
faire  un  plus  grand  honneur  à  Alexandre 
(jv.c  de  repiélénter  fur  cas  Médailles  une 
ciiofe  qui  marquoit  qu'il  tiroit  fon  origine 
du  premier  des  Dieux. 

La  table  qui  efl  de  l'autre  côté  de  la 
rnafluë  eft  une  de  ces  tables  facrées  qui 
fervoient  d'autels,  ou  dereuofoits,  dans 
lesfêres  de  Cybele  cicieBacrtivw.  *ç»AtA**- j 
foienti  h  campagne.  Sb  "i  "^j 


,fl  qui 


j£5     Journal  des  Scavams 

La  troiiiéme  pièce  me  paroît  pli 
cile  à  expliquer,  mais  quelque  choie 
l'on  en  dife,  elle  a  toujours  rapport  à  ces 
deux  Divinitez.  Cette  pièce  eft  un  de 
ces  cornets  qu'on  mettoit  au  bout  desfli- 
tes  Phrygiennes  pour  en  rendre  le  fon  plus 
grave  8c  plus  éclatant ,  ou  bien  c'eft  uns 
corne  de  bœuf  avec  laquelle  les  Bacchan- 
tes pouflbient  un  fon  enroué  8t  lugubre, 
&  faifoient  un  bruit  terrible.  On  pourrait 
dire  auffi  que  c'eft  un  vafe  à  boire  qui  é- 
toit  d'un  grand  ufage  dans  les  fêtes  de  Cy- 
bêle  &  de  Bacchus  :  ces  vafes  étoient  for- 
mel en  corne  de  bœuf ,  tels  qu'on  en 
voit  encore  pluikurs  fur  les  bas  reliefs  an- 
tiques. 

La  Couronne  de  laurier  qui  enferme 
toutes  ces  pièces  defigne  les  feuilles,  ou 
l'ombrage  des  arbres,  fous  lefquels  on  »■ 
voit  accoutumé  de  célébrer  ces  fêtes  de 
Cybele  &de  Bacchus  dans  ia  vieille  ami1 
quité. 

Le  mot  AE  S I  L  L  A  S  eft  le  nom  du 
Magiftrat,  qui,  lors  qu'on  frappa  cette 
Médaille,  préfidoit  à  l'Aflemblée  généra- 
le des  Macédoniens  convoquée  pour  les 
jeux  publics  &  facrez  qu'on  donnoir  de 
tems  en  tems  par  toute  la  Grèce.  On 
voit  le  nom  deces  Magiilrats  furungrand 
nombre  de  Médailles  fans  aucune  defigna- 
[ion  de  dignité,  qui  ne pouvoit  êtrequ' 
Préiîdence,.  ou.  Inwïi&wvw  ta  ces  " 


H  M      A      i  jV 

d'AffcmMècs ,  pendant  lefquclles  on  ftap- 
poit  ordinairement  des  Médailles  à  l'hoa- 
neur  du  Prince  régnant. 

Cette  Médaille  eft  donc  purement  Grec- 
que, &  frappée  avant  que  la  Macédoine? 
fût  foûmife  aux  Romains  ;  puifqu'on  n'y 
voit ,  ni  le  nom  d'aucun  Magiflrat  Ro- 
main ,  ni  la  tête  d'aucun  Empereur  Ro- 
main. 

J'ofe  encore  conjefturer,  Monfeigneur, 
qu'elle  fur  frappée  pendant  ou  après  l'ex- 
pédition des  Pcrfes  ,  dans  le  rems  que 
les  grandes  actions  d'Alexandre  ache- 
vèrent d'établir  la  créance  eue  les  peuples 
avoient  qu'il  étoit  fils  de  Jupiter.  Jepté- 
firme  auffi  que  ce  fat  dans  Pella  Capitale 
de  Macédoine  oh  ce  Prince  étoit  ne. 
L'Apollon  fous  la  forme  duquel  il  eft  re- 
préfenté  confirme  ma  conjecture,  pareeque 
cette  Ville  avoit  coutume  de  mettre  cet- 
te Divinité  fur  ces  Médailles.  Enfin  le 
trou  qu'on  voit  à  cette  Médaille,  &  qui 
X  fervi  à  l'attacher  pour  la  porter  au  cou, 
me  fait  croire  qu'elle  a  été  frappée  du  vi- 
vant d'Alexandre.  On  n'employoir  gue- 
res  pour  ces  fortes  d'ufages  que  les  Mé- 
dailles qui  avoient  été  frappées  du  vivant 
de  ceux  qu'elle  reprirent aft,  parce  qu'on 
croyoit  qu'elles  avoient  plus  de  venu  que 
les  autres  :  8i  nous  voyons  que  ceux  qui 
portent  encore  aujourd'hui  des  Médailles 
de  Sainte  Hélène  contre  les  vertiges  8c  le 
I  Bb  6  *bs»- 


jSS  Journal  dis  Sçavak 
mal  caduc  ,  n'y  ajoutent  foi 
qu'ils  font  perfuadez  qu'elles  foi 
blés ,  c*cft-à-dire  >  frappées  du 
cette  P  rince  ffe. 

J'avoue  que  ce  mot  AESIL 
paraît  écrit  en  caractères  Latins 
ici  faire  un  grand  obltaclc  à-  c 
viens  d'avancer,  que  cette  Meda 
frappée  du  tems  d'Alexandre  1c 
puifque  fi  cela  cil  ainfi  ,  les  Ma 
n'ont  pu  fe  feivir  du  caraâére  '. 
ainfi  il  faudrait  rapporter  cette W 
tems  que  la  Macédoine  fut  foi 
Romains ,,  &  alors  pour  faire  fa 
auroit  pu  par  un  caprice  politiqi 
vir  des  ctraftérei  de  Tes  vainqi 
écrire  du  Grec  en  Latin,  comme 
tiques  ou  Raiîlidiens ,  par  un 
myftere  &  de  cabale,  écrivoienl 
Hébreux  avec  des  caractères  Gr< 
Mais  comme  j'ai  montré  pat  t 
convaincante  que  cette  McdiilL 
cune  relation,  ni  à  la  Républic 
l'Empire,  &  qu'elle  fut  frappée 
avant  que  la  domination  Rom: 
établie  ,  je  fuis  perfuadé  que  ce 
S1LLAS  eft  écriten  purscaraétt 
&  que  les  lettres  qu'ils  compol 
que  l'apparence  Latine. 

Toute  la  terre  me  paflera  aifi 
deux  propofitions  pour  l'A ,  I'l 
Ceux  qui  font  Sç,mas  «i  la  coi 


i    i     171t.  j89 

,  me  les  accorderont  enco- 
,  puis  qu'ils  i 
l'E  des  Eres  Grecques  marquées  fur  les 
Médailles  eft  la  première  lettre  de  »WC* 
qui  en  vieux  Grec  lignifie  annits ,  Si  qu'ain- 
fi  l'ancien  tarnlnt*  des  Grées  étoit  formé 
comme  l'L  Latine  :  &  fi  cela  eft  aujour- 
d'hui paffé  en  r,:axime  ,  pourquoi  ne  di- 
tons-nous  pas  auiïi  que  l'ancien  grand/rgmii 
des  Grecs  étoit  formé  comme  l'S  Latine, 
puifque  nous  en  voyons  ici  un  exemple 
certain  fur  cette  Médaille. 

Mais  fi  un  exemple  feul  paroit  faible 
pour  établir  une  nouveauié  qui  tient  du 
paradoxe,  joignez- y  ce  que  Pline  allure 
*  fur  la  foi  d'une  ancienne  infeription, 
que  les  anciennes  lettres  Grecques  étoient 
prefque  toutes  femblables  aux  Latines  : 
Ymm  Qfttât  Httir*i  (dit-il)  fmifi  eafdim 
pêne  qui  aune  funt  Latin*,  indim  trit  Dei- 
fbfcâ  tabula  antiqui  tris  ,  qn.t  til  hndic  in 
l'ulmia  ,  dam  Prinripum  ,  Mhiciva.  dkattt 
in  Bibltatlitia.  11  rapporte  enfuit e  les  ter- 
mes de  cette  infaiption,  qui  ne  fe  trouve 
dans  les  Editions  de  cet  Auteur  qu'en  pe- 
tit caractère  Grec ,  &  en  lettre  courante 
de  celte  manière  ,  H:w<ri*ti™i  TJnpin  «s*- 
MïVaipa  "ni  «S«»i  «>iSwi> ,  mais  comme 
on  ne  le  fervoit  point  de  ce  petic  carac- 
tère pour  les  monumens  publics,  &  qu'il 
Ea  même  lieu  de  douter  fi  les  ^anciens 
Bb  7  "  Gtcci 

\  Lii.7.  itf.  Jl, 


»1'  5l«Jo»?Si 


&  ""in 


SâgSs 


»«'". 


KTi* 


L»»n,s  ^  otif  ■       tV""-    ■♦fie'»*     ^ 


nullement  que  l'ancien  grand  figma  Grec 
&  nôtre  grande  S  Latine  ne  fufient ,  fino 
toujours  ,  du  moins  quelquefois  fembla- 
bïes  du  tems  des  anciens  Grecs. 

Mais  fi  enfin  j'ai  befoin  d'un  fécond  au- 
près de  vous  pour  mériter  toute  vôtre  cré- 
ance, j'en  ai  un  grand  à  vous  donner  : 
c'cftjoféph  Scaliger  un  des  plus  illuflres 
Sçavans  du  dernier  fiécle  8c  du  précèdent, 
qui  dans  Tes  notes  fur  Eufehe  décrivant  la 
forme  des  anciens  caractères  Grecs  ,  met 
comme  je  fais  des  S  Latines  dans  cette 
infcnpiion  de  Pline,  8c  afTûre  que  nôtre 
grande  S  Latine  étoit  dans  l'alphabet  des 
anciens  Grecs  fur  la  foi  d'une  Médaille 
qui  porte  cette  infcriptîon  ,  Aapianos 
SEMNOS  kaicaf  ,  qui  fut  frappée  ,  com- 
me on  le  connoit  au  nom  de  l'Empereur , 
par  des  Grecs  ,  fournis  aux  Romains  ,  8e 
fur  laquelle  on  voit  des  S  Latines  :  mais 
comme  on  pouvoir  lui  oppofer  que  ces 
Grecs  en  avoient  ainfi  ufé  par  un  effet 
du  commerce  &  de  la  focieté  qu'ils  a- 
voient  avec  Rome ,  ou  par  des  égards 
politiques  ;  avec  combien  plus  de  force 
n'auroit-il  pas  établi  fon  fentiment  s'il  eût 
vu  vôtre  Médaille,  Monfeigneur.oùdcux 
S  Latines  font  gravées  fur  une  antique 
frappée  du  tems  du  grand  Alexandre  ? 

Au  relie  la  raifon  de  cette  conformité 
de  plufieurs  lettres  Latines  avec  les  Grecs 
cil  aifée  à  concevoir ,  quand,  qq.  C^ikojta 


i,i     Journal  dis  Sçayams. 
les  lettres  ont  paJTé  des  Hébreux  aux  E* 
gyptiens  *,  desEgypiiens  aux  Phéniciens, 
3es  Phéniciens  aux  Grecs,  &  des  Grecs 
aux  Latins. 

Voila,  Monfeigneur,  ce  que  j'ai  penfé 
fur  vitre  Médaille.  Je  croirai  mes  foins 
h  curcu  Cernent  employez  fi  j'ai  travaillé 
de  vôtre  goût.  Je  ne  dôme  pas  du  moins 
que  vous  ne  voyiez  avec  plailir  parlaDif- 
fertation  de  Mr.  Graverol  Ik  par  la  mien- 
ne, que  le  petit  champ  d'une  Médaille 
produit  une  abondante  variété  de  fruits, 
&  que  même  il  nous  en  donne  d'inconnus 
jufqu'à  préfent  ,  comme  cette  nouvells 
découverte  fur  la  forme  de  l'ancien  figma 
Grec  qu'on  chercheroit  inutilement  dans 
tous  nos  Livres;  &  dont  le  feul  Scaliger 
s'ëioit  avifé  fur  la  foi  d'une  auire  Médail- 
le, qui  ,  ou  ne  décidoit  point  la  chofe, 
ou  la  décidoit  bien  moins  fortement  que 
celle-ci. 

*  Buhart  tu  fit,  Chiiujui  lii.  I.    1.  20.    lfxi,fl  W. 


NOUVELLES  DE  LITTERATURE. 

DE    LE  IP  S  IC. 

rL  vient  de  paroirreun  Livre  Allemand, 
d2RS  lequel  on  fooSitiA  la,  vérité  des  ap- 


^Ê  M     à     i 

piritions  que  M,  Eman.  Philippe  Paris, 
Mimùrc  de  HaracroJc  ,  a  eues  ,  il  y  a 
quelque  temps.  Voici  !a  méthode  que 
l'Auteur  obfcive.  I.  Il  rapporte  ces  trois 
apparitions.  La  première  arriva  ,  tiit-il, 
le  21  Novembre  1709-  M.  Paris  étoït 
couché  avec  un  de  les  coulins  ,  appelle 
Guill.  Colerus,  Ecolier  en  Droit:  entre 
ccuï  Si  trois  heures  du  matin  Jei'us-Chrift 
s'apparut  à  lui ,  &  après  l'avoir  appelle 
trais  l'ois  par  fon  nom  ,  il  lui  dît  :  Ne 
craignez  rien.  Allez  dire  au  Duc  d'An- 
halt ,  que  j'ai  vu  lesinjullicesqui  fe  com- 
mettent dans  l'on  Duché  ;  que  j'ai  écouté 
les  larmes  des  innocensquî  y  font  oppri- 
mez ;  c'eft  pourquoi  j'ai  refolu  de  le  faire 
mourir  bien-tôt.  Cependant  s'il  empêche 
les  violences  Bc  les  tDJufîiccs  de  Ton  Con- 
feii;  s'il  protège  les  înnoceDS ,  j'ajouterai 
encore  quatorze  ans  au  nombre  de  fes 
années.  Dépêchez-vous  d'aller  annoncer 
cette  nouvelle  à  vôtre  Duc  ,  autrement 
je  commencerai  ma  vengeance  par  vous. 
Le  vingt-neuf  du  même  mois,  environ  à 
la  même  heure,  Jcius-Chrul  s'apparut  en- 
core une  fois  à  nôtre  Prophète,  enferme 
de  feu,  &  après  l'avoir  appelle  trois  fois, 
comme  dans  la  première  apparition  ,  il 
dit  :  Si  vous  n'aviez  point  averti  vôtre 
Duc,  comme  je  vous  Pavois  ordonné, 
tous  les  maux  que  j'ai  préparez  pour  les 
pécheurs  fetoient  torabei  fur  vous.    V 


> 


594  Journal  des  Sçavans. 
jmifque  vous  avez  exécuté  mes  ordres î 
je  ferai  voire  Duc. . . .  Samedi  en  huit  jours 
je  vous  parlerai  encore.  Le  7  Décembre 
M.  Paris  trav'ailloit  à  un  Sermon  ,  entre 
deux  &  trois  heures  après  midi ,  lorfque 
Jefus-Chrift  lut  apparut  pour  la  troifiéme 
fois.  Nous  panons  fous  filence  la  deferip- 
îion  de  l'habillement ,  pour  venir  au  Dif- 
cours.  Je  fuis  le  commencement  &  la 
fin  ,  dît  Jefus-Chrift  à  nôtre  Prophète  ;  je 
fuis  celui  qui  a  été ,  qui  cft ,  &  qui  fera. 
Vos  pechei  vous  font  remis  ,  &  je  vous 
prédis  que  vous  ferez  perfecuté  àcaufé 
de  moi  ;  mais  je  vous  affilierai  5  vous  fe- 
rez mon  Prédicateur.  Confolez-vous , 
ne  craignez  rien;  vous  ne  me  verrez  pjas 
fous  cette  forme,  jufqu'à  ce  que  je  vien- 
ne fur  une  nuée,  &c.  Comme  M.  Paris 
n'a  point  manqué  d'aller  menacer  le  Duc 
d'Anhalr  de  la  part  de  Dieu  ,  aînli  qu'il 
paroîr  parle  recir  que  nous  vous  venons 
de  taire,  cette  démarche  lui  a  attiré  beau- 
coup d'affaires.  Les  uns  l'ont  aceufé  d'ê- 
tre un  impudeur  &  un  fourbe  ;  les  autres 
l'ont  regardé  comme  un  imbecille  ;  d'au- 

.tres,  comme  un  Fanatique.  Enfin  on  l'a 
cité  devant  le  Confifloire.  Le  Prophète 
y  a  été  interrogé,  &  a  toujours  foutenu 
que  .les  apparitions  qu'il  a  vues  étoient 
véritables  &  iinceres  jufqu'au  dernier  mo- 
ment de  la  vie.    &çks  cette  relation  il 

prouve,   z.  Par.  \ca  ïçïmbmtos  «{à  fcut 


M     a    i     1711.  Î9J 

es  dans  l'Ecriture,  que  celles  dont 
îeftion  ne  font  point  impoflibles. 
id  3.  qu'elles  font  véritables ,  par 
inement  :  Ou  ces  apparitions  font 
:s ,  dit-i!  ,  ou  elles  partent  d'un. 
:e,  ou  elles  viennent  du  démon: 
iris  n'a  jamais  paffé  pour  un  Fa- 
Sa  conduite  3  toûjouri  été  fans 
,  comme  le  témoignent  tous  les 
de  Harzerode;  il  n'a  pu  avoirau- 
erêt  temporel  en  vue  en  rendant 
ritions  publiques.  11  a  dû  prévoir, 
:raire  ,  qu'il  s'atrireroit  par  la  la 
es  autres  Miniftres  ;  il  ne  s'eft 
Dupé  dans  toutes  les  ïmerrogatoi- 
i  a  fubi.  M-  Paris  cft  Luthérien , 
n  qui  ne  porte  guéres  ceux  qui  la 
■nt  à  croire  les  apparitions.  Ces 
ons,  dit  l'Anonyme,  ne  peuvent 
■enir  du  démon ,  autrement  il  fau- 
te que  le  démon  a  exhorté  le  Duc 
It  à  faire  pénitence,  6c  à  foulager 
pie.  11  s'enfuit  donc  ,  félon  l'A- 
ir, que  ces  apparitions  font  vetita- 

Jhfcn  ïcornpofé  en  Allemand  l'Hif 
1  feiie  &  du  dîi-feptiéme  fiecle, 
)it  mettre  au  jour  inceflamment. 
ndant  il  vient  de  publier  dans  la 
Langue  les  Vies  des  hommes  li- 
rai ont  vécu  dans  ces  deux  ÔfldsS. 
1  font  tirées  de  M.  de  Tïiow  ,  && 


jo6  Journal  des  Sçav* 
Théâtre  de  Freherus,  de  Que 
de  pliilieurs  autres  Biographes, 
ne  fait  que  mertte  de  fuite  ce  q 
Vf  feparément  dans  plufieurs  Li' 
en  a  quelques-unes,  qui,  félon 
n'ont  point  encore  été  imprimé 
font  celle  de  Conr.  Bergius  , 
en  i6xi,  8c  mourut  en  1691 
Docleur  en  Théologie ,  &  Prêt 
la  Cour  de  Berlin.  Comme  1 
tout  Ton  temps  à  la  prédication 
pofé  fort  peu  de  Livres.  Il  et 
cependant  quelques-uns  contre 
riens  >  mais  M.  Uhfen  ne  rapc 
lieu  ,  ni  l'année  de  l'imprefûo 
de  Ben.  Caipzovius  de  Leipfu 
mort  en  1707.  U  avoit  été  Pn 
Poè'fie  à  Wittemberg ,  d'où  il  fi 
remplir  la  place  de  Prédicateur 
de  Drefden  en  1681.  Nous  av 
un  Recueil  d'Oraifons  funèbre 
à  Leipfic  en  1710.  in  4.  z  voli 
de  Jean  Louis  Fabricius  de  S' 
qui  mourut  en  1696.  Il  a  c'a 
grand  nombre  d'Ouvrages  ,  doi 
ve  le  catalogue  dans  un  petit  Oui 
Jean  Albert  Fabricius ,  intitule 
ri*  Eabriciaritm  firiflis  cUrorttm. 
p.  1709.  in  S.  dans  la  Biblic 
Neocorus ,  à  l'année  169*,  t 
Aéles  de  Leipfic ,  la  même  an 
h  de  M.  Ftid.  Sdi^mwv,  %w 


I 


M     a    i     171T.  ,97 

"*tr\  1707.  Nous  n'avons  de  lui  qnc  dei 
fermons  Allemans  imprimez  à  Lcipfic  en 
1708.  in  4.  Celle  de  M.  Jac.  Spcner, 
tnort  à  Berlin  en  170Ç.  Il  a  compofé 
plufieurs  Ouvrages  He  Dcvoiion8c  de  Mo- 
rale. Celle  de  M.  Th.  Ittigius  ,  mort  à 
Leipfic  en  1710,  &  celles  de  quelquesau- 
tïes  que  nous  parlons  fous  filencc. 

DE     TU  B  1  N  G  E  N. 

Juf  R.  Jsger ,  Chancelier ,  &  premier 
**'YX  Prolelfeiir  de  l'Uni verfi té  de  cette 
ille,  vient  de  publier  un  volume  *d'Ob- 
^érvations  fur  le  Traité  du  droit  de  la 
guerre  &  de  la  Paix,  par  Grotius.  Hu- 
~~  mis  Grotii  Libri  très  de  jure  Btiti  cr  Paris 
\bjervaiiomiius  JbiaUgicis ,  Moralibus  ,  £r 
PoUsini  illujir.ui.  Auil.  Je.  VeXfa.  Jtgiro , 
Cancellarh  ,  Ç9"  pimurlo  Thiel.  Prcf.  Tubing. 
generali  Super'mtendenti  V  Abbttt  Adtiber- 
gMï/ï.inS.pp.738.  M. Jaeger  rapporte,  1.  !e 
texte  de  Grotius ,  qu'il  a  abrégé  en  for- 
me de  pofitions.  Il  met  enfuite  fes  Ob- 
•^ïvations.  Ce  Obfervations  fervent  quel- 
quefois à  faire  entendre  le  texte  de  Gro- 
j-jj  \is,  &  quelquefois  à  relever  cet  Auteur 
-ans  les  endroits  où  le  Commentateur 
ïoit  qu'il  s'eft  trompé.  On  y  trouve  en- 
.ore  des  Diflertations  fur  les  endroits  diffi- 
:ijes;  &  comme  M.  Jseger  n'a  pas  jugé  à 

»  BS  ttoare  cft«  1«  Wtttbciit, 


593        JûORNAt   DES  SçAT 

piopos  de  s'étendre  beaucou 
Observations ,  il  cite  les  Autei 
peut  lire  fur  les  matières  contet 
M.  J.  Chrift.  Neu  a  fait  im 
nouvelle  Edition  de  la  Methodi 
dre&  d'enfeigner  la  Langue  La 
pofée  autrefois  par  Anr.  Schon 
primée  à  Strasbourg  en  1549, 
&  en  1671.  On  a  mis  à  la  te 
te  Edition  *  le  Difcours  de  Sd 
manière  d'apprendre  les  Langi: 
nii  Schor't  Liber  auriui  de  raii, 
difcendtyue  Lingua  Lutine  ,  cum 
■vetert  Autlorii  de  ralitnt  difienc 
guarum  ,    cr  nova  Editons  ad  L 


DE     M  A  R  S  E  1  L 

TJN  Sçavant  de  cette  Ville,  p. 
^  de  toutes  les  définitions  qu 
nées  du  mouvement  jufqu'à  pi 
propofe  une  nouvelle ,  qu'il  foi 
tant  à  la  cenfure  des  Sçavans. 
Le  mouvement  efl  Vail'ton  d'un  cor\ 
prejfijn  reçue  dam  un  corps  ,  par 
peut  i  approcher  ou  s'ihigntr  de  qt 
corps  réel,  ou  fuppofê. 

C'elt  l'action  d'un  corps ,  ou  , 
&  c'eft  en  cela  qu'il  elt  oppofé 
qui  eft  la  ceflàtion  5c  la  pnvatii 
le  aâion  ,  &  de  toute   impie! 

*  On  I»  «ouïe  di«.ta,*<«fewï 


M 


Î99 


Upidl»  il   peut    l'approcher  ,     ou  s'éloigner. 
Quand  il  n'y  auroit   poinr  d'autre  corps 

3ue  celui  qui  eft  mû  ,  il  ne  laiiïeroit  pas 
être  dans  un  véritable  mouvement ,  s'il 
avoit  teçû  l'impreflion  par  laquelle  il  peut 
s'approcher,  ou  s'éloigner. 

D'an  corps  riel  ,  ait  fuppofe  ;  c'ell  aflez 
qu'on  puilîe  fuppofer  un  corps  ,  dont  le 
corps  ne  puiiïe  s'éloigner  ,  ou  s'appro- 
cher, quand  ce  corps  n'exifteroit  point, 
quand  même  il  feroit  impaffible. 

L'Auteur  s'engage  à  repondre  aux  diffi- 
çultcz  qu'on  fera  contre  cette  définition. 


TABLE 

DES    LIVRE  S,&c. 


M 
i  Locki 


17  HT 


JKan  Locke  ,  Oeuvres  diverfts.  483 
Jac.  Herm.  AtiiECHT,  DiQerta- 
tio  de  anatomica  pracipuarum  partium 
adminidratione.  494 

Awdr.     Chrts.     Zaluski     Littera; 
pro  defenfione  Turium  Ecclefiœ.      496 
Le  Nain  de  Tillemont,    Mémoi- 
res pour  fervtr  i  I'Hijloite  EuUfiaftiqut  des 
Jix premiers  Siècles  de  l'Efltjt  Tarn.  XV.yvi. 


6oô     TABLE  DES  LÏVRES. 

J  o.  Fraskii  Tcnebra;  lucidje ,  &c.  s  1 3 
Les  Avocats  four  O"  contre  le  Douleur  Sache- 

Le  P.  Au  G.  Chmet  ,  Commentaire 
littéral  fur  lei  Livra  de  Jofué,  de;  Juges 
C"  de  Rulh.  jîg 

Jo.  Oth.  Keliner  ,  DifTertatio  de 
Originibtis  Feudalibus.  543 

Paul.  Hermanni  Cynofura  Materia: 
Medicré.  55Î, 

U  P.  Ckamtleart,  Vijfertat'iom fur 
flufseurs  Médailles  wt.  55-4 

Flechier  ,  fis  Lettres,-  ;é8 

Huit  ,  IMtn  fur  l'origine  de  la  Poèfit 
"ïrancoift.  575 

TliRlM  ,  Bijfertation  fur  une  Médaille  du 
Macédoniens.  582 

Nouvelles  de  Littérature.  591 

*  Nwvellc  Bibliothèque  des  -Auteurs  KcdtjUjli- 
ij.-irs  contenant  l'Hifloire  de  leur  vie  ,  U 
Catalegue ,  la  Critique  ,  (3"  la  Chronolo- 
gie de  leurs  Ouvrages  ,  It  Sommaire  de  ci 
qu'ils  contiennent  ,  un  jugement  fur  leur 
Jiyle,  &  fur  leur  dotlrine  i  w  le  dénom- 
brement des  différentes  Editions  dt  leurs 
Oeuvres.  Par  M.  L.  Ellies  ou  Pin. 
Tomes  XVII.  &■  XVI  U.  des  Auteurs  qui  ont 
fleuri  ptndtatt  le  UTIL  fieclt.  4.  A  Amfttt- 
dam  chei  PieneW.OTn'owc..  v\u. 


JOURNAL 

DES 

S  C  A  V  A  N  S, 

Pour  le  Mois  de 

JUIN. 

1  7  i   i. 

nn 

Vj£# 

f 

M-DCCXl. 

é 

6c  i 

JOURNAL 

DES 

SCAVANS, 

5 

Pour  le  Mois  de  Juin  M.  DCCXI. 

t'iliadi  chômer  e  ,  rr.idiiit  eu  Fmjjjw,  a- 
i-ic  du  Remar^Hit.  Pur  Madame  Dacieh. 
A  Paris  ,  chez  Rigaud  ,  Directeur  de 
1  Imprimerie  Royale,  rué  de  la  Harpe. 
1711.  in  11.  ».  vol.  Tom.  I.  pp.  51a, 
fans  y  comprendre  la  Préface  &  la  vie 
d'Homerc.  Tom.  11.  pp.  621.  Tom. 
111.  pp.  c.16. 

T  E  goût  des  bagatelles  en  matiered'Oti- 
■*— '  vnges  d'efprit,  eft  aujourd'hui  iî  do- 
minant en  France,  qu'on  peut  dire  à  la 
honte  de  nôtre  iïecle,  que  la  plupart  des 
gens  du  monde  ne  sïniereflent  guéres 
qu'aux  Livres  de  pur  amufement,  tk  né- 
gligent ceux  qui  en  les  diveriiiïant ,  pour- 
roient  les  inlhuire.  Ils  ont  lur-tout  beau- 
coup d'cloignement  pour  ce  qui  femble 
s'écarrer  des  ufages  modemts  '.  Xwê.  « 
Ce  i  ijas. 


604      JOtlRNAt   DES  SçhVANS. 

qui  porte  un  caractère  d'antiquité,  quel- 
que vrai  &  quelque  folide  qu'il  puifle  ê- 
tre,  leur  devient  ennuyeux)  8:  il  y  en  a 
très-peu  qui  s'affr  an  chi  fiant  une  bonne  fois 
des  préjugez,  de  la  coutume  &  de  l'éduca- 
tion ,  ayent  le  courage  de  fe  tranfporter 
par  une  fage  lecture  dans  lesfiecles  ies  plus 
reculez,  de  s'y  entretenir  avec  ces  grands 
hommes  qui  en  ont  Ait  l'ornement  & 
l'admiration,  &  de  puifer  dans  cer  agréa- 
ble commerce  des  préceptes  utiles  pour  la 
perfection  de  l'efprit ,  &  pour  le  règle- 
ment des  meeurs.  Au  milieu  d'une  pré- 
vention fi  univerfelle  &  iî  peu  favorable 
aux  Anciens, eft-il  lurprenant  queceschei- 
d'œuvres  de  la  Grèce  ,  li  relpeétez  Se  fi 
applaudis  dans  tous  les  temps  ,  ofent  à 
peine  fe  produire  en  public  i  &  qu'un 
Poète  tel  qu'Homère  ne  puiffe  fe  montrer 
aux  yeux  des  François,  (ans  avoir  befoin 
d'une  Apologie,  qui  en  lui  tenant  lieu  de 
parTeporr,  lui  prépare  un  accueil  digne  de 
route  fa  réputation  î  Ce  fecours  en  effet 
lui  étoit  d'autant  plusneccilaire,  qu'ayanr 
paru  jufqu'ici  étrangement  défiguré  daru 
plufieurs  verfions  Françoifes,  tant  en  vers 
qu'en  profe  ,  non- feule  ment  il  avoit  con- 
tre lui  le  defavantage  de  l'ancienneté,  fi 
propre  à  décrier  les  meilleures  chofes  au- 
près de  nos  Lecteurs  dégoûtez  ,  mais  il 
avoit  encore  le  malheurd'ëtreméconnoif- 
fàble  à  ceux  même  <\u\  fo  U.  foi  dei 


J»'«     '7ii-  6o* 

Sçavans,  s'étoient  formé  de  ce  grandPoe- 
te  l'idée  la  plus  jufte  Se  la  plus  conforme 

ià  la  vérité. 
La  gloire  de  reconcilier  Homère  avec 
nos  Modernes  étoit  refervée  à  I'illuflre 
Madame  Dacier,  qui  fait  tant  d'honneur 
à  Ton  fexe,  ft.  dont  les  excellons  Ouvra- 
ges ont  déjà  fait  tant  de  fois  l'éloge  ,  en 
méritantrfeux  des  meilleurs  Juges.  La  par- 
faite connoiffance  qu'elle  s'eft  acquife  des 
fiiieflès  8c  des beautez particulières auideur 
Langues,  la  mettoit  en  état  de  nous  don- 
ner une  Tradudion  d'Homère  ,  dans  la- 
quelle ce  Poète  en  parlant  très-purement 
François  >  conJfcrvât  toujours  fon  propre 
caractère  ,  Bc  ne  perdit  rien  ni  pour  le 
fens,  ni  pour  l'expreflion.  D'un  autre  cû- 
té  ,  comme  elle  a  toujours  fait  fes  plut 
chères  délices  des  deux  Poèmes  de  ce  fa- 
meux Auteur,  qu'elle  s'ell  appliquée  de- 
puis long-temps  à  en  démêler  tout  l'arti- 
fice &  toute  l'ceconomie  ,  &  qu'elle  a 
fait  de  ferkofes  réflexions  fur  ce  qu'on  y 
trouve  delîngulicr,  foit  par  rapport  aux 
dogmes  de  la  Théologie  Payenne  ,  foit 
par  rapport  aux  coutumes.  &  aux  maximes 
de  la  Morale  &  de  la  Politique  iperfonne 
n'était  plus  capable  qu'elle  ,  de  julu'fier 
Homère  fur  tous  ces  chefs  ,  contre  les 
Critiques  peu  feniées  que  l'ignorance  &  le 
mauvais  goût  ont  fait  naître,  particuliè- 
rement   dans   ces   derniers  leai^à.    c's&- 


I 


606     Journal  des  Sçavans. 

donc  ce  qu'elle  entreprend  d'exécuter  dans 
la  Prérace  qu'on  lit  à  la  tête  de  cette  Tra- 
duction de  l'Iliade  ;  Préface  qu'on  doit 
regarder  comme  un  morceau  des  plus  a- 
cheveu  en  ce  genre,  tant  pour  la  juftetTe 
&  la  folidité  des  raifonnemens ,  que  pour 
la  dignité,  la  noblefle  &  les  agrémens  du 
ftyle..  Nous  allons  en  donner  un  Extrait 
avec  le  plus  d*exaâitude  qu'il  ribus  fera 
pofïible;  &  nous  nous  arrêterons  d'autant 
plus  volontiers  fur  cette  Pièce  ,  qu'elle 
nous  fait  connoître  parfaitement  Homè- 
re, 6c  qu'elle  met  dans  un  plein  jour  tout 
le  mérite  de  ce  Poëte. 

Il  paroît  que  Madame  Dacier  s'eft  pro- 
po.fé  quatre  chofes  principales  dans  cette 
Préface  :  la  première,  de  rendre  compte 
des  raifons  qui  l'ont  foutenue  dans  le 
deflein  de  traduire  Homère  en  François» 
malgré  les  difficulté!  d'y  réiiflîr  ,  qu'elle 
avoit  jugées  d'abord  prefque  infurmonta- 
bles  :  la  féconde  ,  d'indiquer  les  divers 
fujets  traitez  dans  les  Remarques ,  dont 
elle  a  crû  devoir  accompagner  fa  Tra- 
duction :  la  troifiéme,  d'expliquer  de  quel- 
le manière  les  Poèfies  d'Homerc  fe  font 
confervées ,  comment  elle*  font  venues 
entières  jufqu'à  nous  ,  &  quels  ont  été 
les  plus  célèbres  Commentateurs  de  ce 
Poëte  :  la  quatrième  enfin ,  d'examiner 
quelle  eft  la  véritable  conftitution  du 
Poëme  .Epique  ,    Se  *ù  Asm^lt 


!J    U     I     N      17 II.  C07 

plaifir  en  foit  ['unique  but.  Entrons  dans 
un  détail  plus  circonflancié  fui  chacun  de 
ces  articles. 
I.  Les  obthcles  qui  femblent  s'oppofer 
àuneTraduclionFrançoifed'Homere.peu; 
vent  fe  réduire  à  cinq.  Le  premier  vient 
de  la  nature  du  Poème  Epique  en  géné- 
ra! ,  &  de  ceux  d'Homère  en  particulier, 
Jefquels  ne  renfermantquedes  in  il  ru  fiions 
utiles  fous  TeirVeloppe  d'une  Fable  înge- 
nieufe,  n'offrent  à  nuire  curioiité  aucune 
de  ces  avantures  que  nous  n'appelions  in- 
terelTantes,  qu'autant  qu'elles  roulent  fur 
l'amour.  Le  fécond  naît  des  allégories 
&  des  fables  dont  ces  Poèmes  font  rem- 
plis ,  &  qui  nous  empêchant  de  fentir  'es 
beautei  qu'elles  cachent  fous  leur  éeorce, 
nous  font  fouvent  ma!  juger  de  l'efprit  du 
Poëre.  Le  troilîéme  eil  tiré  des  mœurs 
&  des  caractères  de  ces  temps  Héroïques, 
qu'une  trop  grande  fimpltcité  rend  mépri* 
fables  à  notre  liecle.  Achille,  Patrocle, 
Agamemnon  ,  &  UlylTe  (dit  Madame 
Dacier  )  occupez  à  des  fonctions  que  nous 
appelions  fervile?,  feront-ils  ToufFens  aujour- 
d'hui par  des  peribnnes  accoutumées  à 
nos  Hi-'rus  de  Roman  ,  à  ces  Héros 
Bourgeois  ,  toujours  fi  polis  ,  fi  douce- 
reux, &  iï  propres  !  Le  quatrième  ohf- 
tacle  vient  des  fictions  d'Homère  ,  qui 
sel  oignent  trop  de  cette  vrai-femblance 
que  nous  exigeons  aujourd'hui  tu  «.  ■y»- 
Cc  4  ™ 


«08      JotlRNUL    OBS  Sç»Va.N1. 

re.    Tels  font  des  trépieds  qui  vont  NU  I 


affemblées,  des  ftatues  d'or  qui  travaillent 
avec  Vulcain  ,  des  chevaux  qui  parlent, 
&c.  Le  cinquième  enfin  ,  &  le  plus  ca- 
pable dembarrafier  tout  autre  que  Mada- 
me Dacier,  c'en  la  grandeur,  la  noblefle, 
&  l'harmonie  de  la  diction  dont  perfoniie 
n'a  approché,  &  qui  cfl  peut-être  au-def 

tfus  des  forces  de  la  Langue  Franco/*, 
Voici  prefentement  les  raifons  qui  oM 
rafluré  Madame  Dacier  contre  ces  diicts 
fujets  de  crainte. 

1.  Premièrement ,  elle  a  fait  réneiion 
Que  la  Poétique  d'Ariftote  traduire  en 
François  ,  &  enrichie  de  fçavaus  Com- 
mentaires par  M.  Dtcitr  ,  jointe  au  Trai- 
té du  P.  ie  Bvjfit  touchant  la  nature  du 
Poème  Epique ,  ont  pu  difiiper  1  ignoran- 
ce où  l'on  avoit  été  û  long-temps  à  est 
égard  :  Qu'après  une  ii  beile  explication 
des  règles,  on  pouvoit  haiarder  en  Fran- 
çois les  Poèmes  fur  lefquels  ces  règles  ont 
été  faites  !  &  Que  par  complaifance  pour 
tin  petit  nombre  de  gens  efclavcs  de  leurs 
préjugez,  il  ne  falloir  pas  réfuter  aux  Lec- 
teurs moins  prévenus  une  iidelle  copie  de 
ces  deux  grands  originaux,  l'Iliade  Sil'O- 
dyJîée. 

i.  En  fécond  lieu  ,  elle  eil  peruMdéc 
qu'il  n'eft  pas  impoffible  de  juilirier  Ho- 
mère fur  les  fables  &  les  allégorie*  qtrtl 

met  en  œuvïî  >  &  ^  *  <s«  ' 


1 

! 


pKque  ici  d'autant  plus  ferieufement ,  que 
ceux  qui  ont  intenté  cette  accufation  con- 
tre ce  grand  Poëre,  font  des  Auteurs  du 
.premier  ordre  parmi  les  Anciens.  Le  plus 
redoutable  de  ces  Accufateurs  eft  Platon. 
11  croit  les  fables  d'Homère  fi  dangereu- 
fes ,  qu'il  le  chafle  impitoyablement  de  fa 
Republique.     On  pourroit  oppofer   à  la 
cenlure  de  ce  Philofophe,  le  jugement  a- 
vantageux  que  Lycurgue  autre  fameux 
Legiflateur  porte  fur  les  allégories  d'Ho- 
mère; on  pourroit  joindre  à  ce  jugement 
celui  de  Plutarque  &  celui  de  l'Empereur 
Juflinien,  qui  ne  font  pas  moins  favora- 
bles.   Mais  Madame  Dacier  non  contente 
de  combattre  autorité  par  autorité ,  s'en- 
gage à  répondre  en  détail  à  tous  les  re- 
proches de  Platon  ,    dont  voici  les  prin- 
cipaux. 

Platon  blâme  Homère  d'avoir  attribué 
à  fes  Dieux  toutes  les  paffions  des  hom- 
mes; il  trouve  mauvais  qu'on  les  voye 
fe  plaindre,  fe  repentir,  fe  battre  les  uns 
contre  les  autres,  dans  les  Ouvrages  de 
ce  Poète.  On  répond  à  cela,  Qu'il  faut, 
ou  défendre  aux  Poètes  de  parler  des  ac- 
tions des  Dieux,  ou  leur  permettre  de  les. 
expliquer  par  des  expreflions  emprunts 
des  aérions  des  hommes;  Que  Dieu  non* 
feulement  a  fouffert  que  les  SS.  Prophè- 
tes &  les  autres  Ecrivains  Sacrez  a  y  ci  t 
parlé  de  lui  de  cette  manière,   mais  qu'il 

Ce  5  t». 


610        JOUBNM.    BES    SçAVANS. 

en  a  parié  ira  ri  lui-même,  parce  que 
mitre  langage  n'auroit  pas  été  entendu; 
Qu'à  l'égard  des  ligues  ci  des  combats  ia 
Dieux  ,  l'Ecriture  Sainte  nous  ofire  fc 
pareils  exemples  dans  la  lutte  de  l'Ange 
contre  Jacob,  dans  la  refiltance  de  l'Ange 
Gabriel,  protecteur  de  h  Grèce,  lequel 
(aucliap.  10.  de  Daniel)  combat  vingt 
&  un  jour  contre  l'Ange  qui  protestent  h 
Perte,  &c.  Qu'Homère  n*afiujelfii  MX 
emprifonnemens,  aux  playes,  &  aui  firç- 
plices,  &  i  femblables  accidens,  que  les 
Dieux  inférieurs  ,  c'ell-à  dire  les  dr>%t>, 
&  qu'il  en  excepte  toujours  le  Dieu  fu- 
pième;  Qu'enfin  tout  devant  être  anime 
dans-  le  Poème  Epique  ,  Homère  intro- 
duit des  Diviniteitcu'es  altégt  : 
il  parle  tantôt  comme  Poète  Théologien, 
partageant  levTencedivine  en  plufieurspe;- 
fonnes  ou  attributs  ;  tantôt  commcPoètc 
Phyiîcien,  déifiant  les  caufes  naturelle!-. 
-  &  tantôt  comme  Poète  Moral  ,  ïaiftnt 
de  nos  vertus  &  de  nos  vices  autant  de 
Dieux. 

Le  reproebe  que  Platon  fait  à  Homè- 
re, d'avoir  dit  Sut  Iti  Dieux  fe  U'tjjàtt  fii- 
chirpnr  la  ptitres  c  par  Us  fact'ijitts ,  com- 
me s'ils  étoient  des  ufuriers  avares ,  qui 
fiflent  trafic  de  leurs  dons  Bï  de  leurs  grâ- 
ces, ne  patoît  pas  mieux  fondé  à  Mada- 
me Oader.  Ce  paCTige  d'Homère  (félon 
•Jle)  neprefente  pas  leï&wmw&teRv 


idu<        ft 


Juin     iynJ  6tt 

donne  Platon;  &  elle  le  trouve  très  con- 
forme à  ce  que  dit  Salomon,  en  parlant 
du  Temple  qu'il  avoit  bâti  ;  Quiconijut 
■vûUs  a-!dr/fcra  fis  prières  dam  ce  lieu,  ex- 
auees.-U  dt  z-otri  fainte  demeure,  t'efl-à-iiivt 
du  Ciel,  ©*  Jh*z  *tpaifi>  Ainlî  (  conri- 
riue-t-el!e)  ce  mot  d'Homère  t^tIù  ti  n 
!.-i  ;-.:,  aiisl  ,  tes  Dieux  eux-mêmes  Je  iaif- 
fent  fléchir ,  cil  un  mot  divin  jc'elt  le  fon- 
dement de  la  Religion  ,  &  l'unique  ref- 
fource  des  hommes. 

Homère  mérite  aufïi  peu  la  cenfiire  de 
Platon,  pour  avoir  allure  que  Dieu  eit  la 
caufe  des  maux ,  &  pour  avoir  placé  par 
'  cette  raifon  aux  deux  côtei  du  trône  de 
Jupiter  Jeux  tonneaux  remplis,  l'un,  de 
maux;  &  l'autre,  de  biens.  On  défend 
encore  Homère  fur  ce  point,  parla  con- 
formité de  fes  fentimens  avec  pluCeurs 
endroits  de  l'Ecriture,  où  il  eftdit  :  Le 
mal  defiend  de  Dieu  ,'ur  Jerafaltm  s  Eft-it 
dans  la  ville  quelque  mal  que  le  Seigneur  n'ait 
pas  invoyé,  vc  Et  quant  à  la  fîdion  des 
deux  tonneaux  ,  c'eft  (ajoute-t-on)  la, 
même  image  que  David  donne  de  Dieu 
au  Pfeaume  74.  Le  Seigneur  tient  en  fa  main 
un»  coupe  de  vin  pur ,  qu'il  mêle  &■  tempère, 
&  qu'il  verfe  de  l'un*  dans  l'autre  ,  peur  l» 
faire  boire  aux  pécheurs ,  vc. 

On  tire  de  la  même  fource  la  juitifica- 
tion  d'Homère  fur  deux  autres  reproches 
de  Platon;  l'a», d'avoir  donné,  ivn.Dvcw. 
Ce  6  **$ 


Iii  Journal  des  Sçav* 
des  formes  vifibles  -,  l'autre,  c 
prëfenté  Jupiter  envoyant  un  fo 
peur  au  Roi  Agamemnon.  Oi 
i.  Que  Platon  a  été  dans  Ter 
a  crû  qu'il  fût  indigne  de  Dieu  < 
.Ire  Tiiible  fous  la  forme  d'un 
d'un  homme  :  t.  Que  le  fonge 
envoyé  a  Agamemnon  par  Ju 
beaucoup  de  rapport  avec  l'efpri 
fonge  que  Dieu ,  dans  rEcriture 
au  Roi  Achab  pour  le  féduire  t 
perdre;  pnifquedans  l'un  8c  àï 
cas,  U  tromperie  ni  h  féduétioi 
nent  point  de  celui  qui  envoy 
uniquement  de  celui  qui  eft  env 
3.  Après  cette  ApoIogied'Ho 
tre  les  aceufations  de  Platon  , 
Oacier  continue  l'examen  des  ; 
nculrez  qui  auroient  pu  la  déti 
fon  projet  ;  Se  elle  vient  a  cel 
tirée  du  peu  de  rcûcmblance 
mœurs,  les  caractères ,  &  lesufa 
par  Homère  ont  avec  les  nôtres, 
te  parle  Couvent  de  chaudrons, 
mittes ,  de  fang,  de  graifle,.  d 
Sec.  On  y  voit  des  Princes  dép 
bêtes  &  les  taire  rôtir.  Qui  pet 
(dit -on)  que  ces  Héros  prepa 
mêmes  leurs  repas;  que  les  fils 
grands  Rois  gardent  les  troupeau 
rraraillent  ;  &  qu'Achille  falTe 


Juin     171t.  61% 

vante  Interprète  s'attache  à  faire  fcntïr 
combien  font  frivoles  ces  objections ,  en 
montrant  Que  Je  Poème  Epique  étant  l'i- 
mitation d'une  action,  le  Poète  doit  ren- 
dre exactement  les  mœurs  telles  qu'elles 
font  dans  les  temps  qu'il  défigne  ;  autre- 
ment fon  imitation  fera  fiufle,  &  fesHé- 
ros  ne  feront  que  des  Héros  de  Roman, 
qui  n'ont  que  le  nom  de  ceux  qu'ils  re- 
préfentenr  :  Qu'Homère  ne  pouvoir  pas 
fe  conformeraux  ufages  des  ficelés  fui  vans, 
&  que  c'eit  aux  fiecles  fuivans  à  remonter 
aux  ufages  du  fien  :  Qu'il  n'eïl  permis  à 
«n  Poète  d'embellir  les  fujets  qu'il  iraite, 
qu'autant  qu'il  conferve  ta  reflemblance , 
&  qu'autant  qu'il  évite  de  confondre  les 
caractères;  &  que  c'eft  aînli  qu'Homère 
ennoblit  en  quelque  façon  Achille  ,  natu- 
rellement colère  8c  injulte  ,  en  le  faifant 
vaillant  ;  &  qu'il  joint  la  prudence  à  la 
diffimulation  naturelle  d'UIyfle,  pareeque 
ces  caractères  vont  fort  bien  enfemble: 
Que  les  Princes  pouvoient  alors  fans  dé- 
roger à  leur  dignité ,  s'occuper  de  mille 
foins ,  qui  ne  font  devenus  méprifables 
aujourd'hui ,  que  pareeque  nous  avonsin- 
finiment  dégénéré  des  mœurs  de  ces  temps 
Héroïques  ,  de  ces  heureux  temps ,  où 
l'on  ne  connoiflbit  ni  le  luxe ,  ni  la  mo- 
lerTe,  &  ou  l'on  ne  faifoir  confifter  la 
gloire  que  dans  le  travail  &  dans  la  ver- 
tu, &  lahonte  quedans  laçwelï'iSiî.ii.v.'k 
Ce  i.  \* 


weie  ;  (a^oV   ilote  ^  -v.ufte'  c      toi 


.^ïeS* 

peu  4C-  ■ 


a*." 


Ut  dans  la  plupart  de  Tes  fixions, 
:  de  la  lever  ,  en  obfervant  Que 
ice  infinie  des  Dieux  qui  opèrent 
les  merveilles  que  le  Poète  noui 
,  les  'fait  rentrer  dans  la  vrai- 
ce;  &  Qu'on  ne  doit  acculer  Ici 
is  d'en  fortir ,  que  lorfqu'ils  font 
r  aux  hommes,  fans  aucun fec ours 
ux  ,  des  chofes  tjui  patient  les  for- 
humanité. 

aïs  nulle  de  ces  difficulté!  n'égale 
['il  y  a  de  pouvoir  dans  une  Tra- 
i  Françoife  approcher  des  charmes 
ii&ion  d'Homère.  C'elt  de  quoi 
1e  Dacier  travaille  à  nous  couvain- 
pleinement,  en  nous  étalant  tous 
ntagesqui  rendent  cette  diitionpref- 
mitable  en  toute  autre  Langue;  8t 
roit  tellement  pénétrée  de  ce  qu'elle 
écrit,  qu'il  f érable  que  toutes  les 
i  qu'elle  admire  dans  le  flyled'Ho- 
fe  communiquent  au  lien  en  cet 
:  de  fa  Préface.  Nous  fouhaiterions 
;  bornes  ordinaires  de  nos  Extraits 
■rmiffent  de  le  !  ranferireici  dans  toute 
indue.  Mais  il  faut  nous  contenter 
arquer  en  gros  aptes  elle  ,  Que  la. 
.  d'Homcre  a  toute  la  clatté  que 
t  dans  le  Difcouts  le  choix  des  mots 
i,  &  toute  la  nobleffe  que  donnent 
preflion)  figurées  :  Que  quelque 
i,  &  quelque  communs  apa  faicat 


J 


6i6    Journal  des  Sçataks. 

les  mots  propres  que  ce  Poète  employé, 
il  a  fçû  les  relever  parl'harmonie  ,  en  ]« 
mêlant  avec  art ,  8c  en  les  foutenant  pjr 
des  particules  fonores,  &  par  des  epilBc- 
tes  magnifiques  ou  gradeufes,  qui  en  ca- 
chent tout  le  désagrément  :  Qu'en  mêlant 
des  termes  durs,  rudes  &  communs  avec 
les  termes  les  plus  polis  &  les  plus  cou- 
lants, il  a  fait  une  compofition  moyenne, 
qui  tient  de  l'auflere  ou  de  la  rude,  kdc 
la  gracieufe  ou  de  h  fleurie  ;  &  que  par  « 
moyen  il  mêle  admirablement  l'art  &  la  na- 
ture ,  la  pafiion  &  les  mœurs ,  comme  De- 
liys  d'Halicarnaffe  l'a  fort  bien  expliqué. 

Madame  D^cier  avoué'  que  la  Langue 
Françoife  n'admettant  point  cette  compo- 
firion  mêlée,  ces  particules  nomhreufa, 
ni  cette  différente  harmonie  qui  mit  du 
différent  arrangement  desmots;cetre Lan- 
gue eft  incapable  de  rendre  la  plupart  des 
beautezqui  éclatent  dans  cette  Poëlie.Poiii- 
quoidonc  (ajoute-t-elle)  faire  une  en- 
trepiiTe  où  l'on  ne  peut  réiiflir  ?  Voici 
les  raifons  fur  lefquellcs  elle  lâche  de  II 
juflifier.  11  y  a  dans  Homère  des  beau- 
tez  fuperieures  à  celles  de  l'expreffion,& 
qui  en  font  indépendantes.  Telles  font 
la  grandeur  des  idées;  la  majeflé  du  nijrt, 
cette  belle  nature  qui  règne  par-tout,  la. 
vatieté  mervcilleufe  des  oiacteres.  Les 
aiplesles  ç\uî  Va\\jwts  n'ont  point  été 
feolibles  à  tou\«  «*W\asi.  -  * 


iWfïÇ*. 


J  d  t  m    i7irl  6if 

ens  Se  les  Perfans  ont  Homère  tri- 
leur  Langue,  &  qu'on  allure  mê- 
il  y  en  a  une  verfion  Chaldaïque 
iaque.  Or  it  eft  vrai-feraWablcquu- 
iuétion  Françoîfe  peut  valoir  ces 
ions-là  ,  &  faire  encore  mieux 
a  plupart  des  agrémens  du  ftyle. 
>1us,  Madame  Dacier  déclare  avec 
ladeftic  qui  lui  eft  fi  naturelle ,  6c 
ompagne  fi  rarement  un  grand  fç.a- 
Qu'elle  n'écrit  pas  pour  les  Sçavans 
ni  Homère  en  fa  Langue,  or  qui 
miflent  mieuï  qu'elle  ne  le  connoîE 
me;  Qu'elle  écrit  feulement  pour 
ai  ne  le  connoiûent point,  ou  pour 
ui  commencent  à  l'étudier.  Sur 
iddrefJun  aux  premiers ,  elle  leur 
;  par  une  image  irès-mtereflinte  le, 
;ni  qu'elle  fait  defon  propre  iravail. 
lofons  (dit-elL-)  nu'Hcleue  mou- 
;n  Egypie,  qu'elle  y  fut  embaumée 
tout  l'ait  des  Egyp:iens ,  &  que 
:orps  conrmejul'nu'à  nôtretemps, 
oité  aujourd'hui  en  France.  Cette 
nie  n'attirera  pas  toute  l'admiration 
Mené  vivante  attira  à  fon  retour 
froye,...  Oan'y verra  pascesyeux 
îs  de  feu  ,  ce  teint  animé  des  coa- 
i  les  plus  naturelles  &  les  plus  vi- 
cettegrace,  ce  charme,  qui  faifoit 
x  tant  d'amours ,  8C  qui  fe  faifoit 
r  aux  glaces  mêmes  4c  ».  w.'SkSay 


pnnoitra  encore  la  juflelTe 

fefesttaits Scl'imagi- 

■e  de  ces  relies  précieux  in 

■voir  que  celle  qui  confer- 

:  la  beauté  dans  les  bras 

i  mort ,    devoit  véritable- 

lier  pendant  fa   vie   aux 

Relief.  Voila  (. continue- 

Bée  la  moins  flateufe  que  je 

Jiner  de  ma  traduction.    Ce 

:re  vivant  Se  animé,  je 

c'eft  Homère.    On  n'y 

■  pas  cette  force,   cette  grâce, 

I,  ce  charme  qui  ravit,  &  ce 

■échauffe  tout  ce  qui  l'approche; 

I  y  démêlera  tous  fes  traits,   6c 

nétrie   admirable  de   toutes  fes 

J'ofe  même  cfperer  qu'on  y 

a  encore  d'affei  vives  couleurs, 

ouvoir  douter  un  moment  s'il 

encore  quelque  refle  de  vie, 

■ante  Interprète  n'oublie  pas  ici 
"au  devant  d'une  objection  que  l'on 
diniire  contre  les  traductions  en 
i  Ouvrages  P'oêriques.     On  pré- 
:  le  moyen  le  plus  fur  d'appro- 
jn  original  ,  c'eft  de  le  traduire 
Rien  ne  paroît  d'abord  plus  plau- 
ce  ftniiment.     Néanmoins  aprèt 
b'pefë  les  raifons  qu'allègue  M.  Da- 
Wpuur prouvée  l'impoïï&\\ttt^\icho- 


H    I    M       »7It.  619 

j-diSicilc  de  n'en  pas  conve- 
;  de  ces  raifons  ,  &  celle  qui 
frappeia  davantage  certaines 
.11  que  tous  ceux  qui  ont  hasarde" 
.aduftions  en  vers,  quelque  répa- 
ju'ils  euflent  d'ailleurs  dans  la  Poé- 
Dntfait  (félon  elle)  avec  très-peu 
lès.'Mais  voici  d'autres  raifons  plus 
ncantes.  Dans  les  Langues  vulgai- 
ir-tout  dans  la  Françoife  ,  un  Tra- 
r  ne  peut  dire  en  vers  tout  ce  qu'» 
unerc  ;  il  faut  neceflairement  qu'il 
,  qu'il  retranche,  qu'il  ajoute.  De 
nôtre  Poëfic  Françoife  eft  incapa- 
rendre  toutes  les  bêautei  d'Home- 
&i  d'ateindre  à  fon  élévation  :  elle 
le  fuivre  en  quelques  endroits  choi- 
traper  heu reufe ment  quelques  vers, 
c  ont  fait  MM.  Difprcmx  &  Racint; 
la  longue  le  tiffu  fera  fi  foible, 
y  aura  rien  de  fi  languiflant.  Vit- 
ioit  ,  Qu'i'i  aurait  éii  plus  m/t  d'ar- 
i  Hercule  fa  ma/fui  ,  i\ut  île  dirobtr 
\  à  Homtrt  pur  VimhntUn.  Or  ce 
irgile  trouvoit  fi  difficile  dans  fa 
e,  doit  palîer  pour  impoflîble  dan» 
e.  Il  n'en  eft  pas  ainiî  de  la  Pro- 
ie peut  fuivre  toutes  les  idées  dm 
,  conferver  la  beauté  de  fes  images, 
ut  ce  qu'il  a  dit ,  fe  foutenir  dans 
>licité  &  dans  fa  médiocrité  même! 
s  ennemie  du.  Potmtî.'îvsï»". 


fée  avec  art,  tiendra  plut  de 
qu'une  traduction  en  vers  ;  & 
fonvent  dans  la  Profe  une  précil 
beauté  &z  une  force  ,  dont  la  ! 
fcwioft  approcher.  On  peut  di 
font  ces  qualitez  lî  difficiles  à  n 
forment  le  véritable  caractère  di 
de  Madame  Dacier  dans  cette 
de  l'Iliade.  Ce  n'tli  point  ui 
littérale,  qui  par  une  fidélité  tv 
knle devienne  infinie,  5c  qui  i 
vaut  la  lettre  ruine  l'efprit  ;  c'e 
duftion  genereufc  fc  noble  ,  q 
tes  beaurez  de  la  Largue  en  ; 
fortement  aux  idées  de  ton  Au 
en  rend toutci  les  inmea.fansci 
les  mots  ;  &;  qui  par  des  tra 
mais-  toujours  vrais .  devient  i 
tner.t  la  cnbie  fLicUe  de  fon  orio 


J    1>     l     *        I7M. 

fon  jout  le  mérite  des  bonnes  Traduft 

far  deux  comparaîtrons  tiès-jultcs ,  dont 
une  eft  empruntée  de  la  Peinture  &  de 
la  Sculpture;  &  l'autre  ,  de  la  Muiique. 
II.  Nous  nous  Tommes  arrêtez  fi  long- 
temps fur  la  première  partie  de  cette  Pré- 
face, que  pour  ne  pas  tomber  dans  une 
exceflive  longueur  ,  noos  ferons  obligez 
de  ne  faire,  pour  ainfi  dire  ,  qu'effleurer 
les  antres  articles  dont  il  nous  reite  à  par- 
ler. Le  premier  qui  s'offre,  concerne  les 
Remarques  dont  cette  Traduction  eft  ac- 
compagnée. 11  ne  faut  pas  s'attendre  d'y 
trouver  une  Critique  de  mots  fort  fré- 
quente; c'eft  de  quoi  l'on  s'y  occupe  le 
moins  :  car  outre  que  rien  n'eft  plus  fec» 
plus  fterile,  &  plus  deiagreable,  Homère 
heureusement  elt  celui  de  tous  les  Auteurs 
de  l'Antiquité  profane  ,  qui  foit  venu  k 
nous  le  plus  eniîer  &  le  plus  correct  Or» 
a  donc  eu  principalement  en  vue  dans  ce» 
Remarques  de  taire  appercevoîr  ce  fublj- 
me  &  ce  merveilleux  qui  régnent  par- tout 
dans  Humere;  d'expliquer  ce  fçavoir  pro* 
fond;  démontrer  fa  fogefle  dans  fes  fic- 
tions même  les  plus  furprenantes;  de  faire 
ïentir  la  variété  des  mœurs  &  des  caractè- 
res qu'il  nous  prefente;  de  développer  les 
préceptes  excellens  que  renferment  fes  Dît 
cours;  d'éctaivcir  les  opinions  Theologi- 
*jues  remues  de  fon  temps;  de  prouver  la 
conformité  de  lis  idées  6c  ic  ton  frfs  x- 


ÉZ1         JoUKHH    DBS    SçAVANS. 

vec  ce  que  nous  avons  de  plus  facie" . 
marquer  jufqu'où  les  Grecs  &  les  Barbirn 
avoient  déjà  porté  l'Arc  Militaire;  d'éli- 
miner divers  points  d'Antiquité  ,  foi! 
rouchant  la  Géographie,  foit touchant  ls 
ufages  de  ces  temps-là  ,  &c.  Madame 
Dacier  fait  ici  fur  chacun  de  ces  différera 
fujets  quelques  Obfcrvations  très-curieules 
&  très-fenfées  ,  qui  nous  donnent  un* 
efpece  d'avant- goût  de  ce  qu'elle  necutc 
plus  parfaitement  dans  Tes  Remarques. 

III.  Elle  nous  entretient  après  cela  && 
principales  Editions  qui  ont  conduit  Hc 
mère  de  iîecle  en  iîecle  jufqu'à  nous.  U 
première  fut  celle  que  procura  icoouiî- 
anj  avant  Rome  bâtie,  le  Lcgiiïateur  Lï- 
curgoe,  à  fon  retour  d'Ionie,  où  il  a  voit 
trouvé  les;  corps  entiers  de  l'Iliade  &  de 
l'Odyffée,  dont  on  ne  connoifloitenGie- 
ce  jufqu'alors  que  quelques  parties  déta- 
chées. Pififtrate  ayant  raiTemblé  tonio 
les  pièces  de  ces  deux  Poèmes ,  en  fit  faire 
un  Edition  en  faveur  des  Athéniens ,  li- 
quelle  eut  cours  en  Grèce  pendant  plus  if 
LX  Olympiades  ,  c'e(t-a-dire  ,  jurqu'aO 
temps  d'Alexandre  le  Grand.  Ce  Prince, 
qui  aimoit  Homère  avec  tant  de  parfit 
qu'il  le  mettoit  toutes  les  nuits  avec 
épée  fous  fon  chevet,  &  qui  voulut  qi* 
la  caffette  meflimable  de  Darius  n'eût  d'«- 
tre  litige  <l»«  «\v&  4t  «ufcrmcr  les  O 
s  de  ce  Çaëic  »  «i  feraw,*-  — 


Juin     1711.  fe, 

riger  le  texte  en  fa  prefence  par  les  Philo- 
foplics  Callifthéne  &  Anaxarque  ,  ayant 
pris  même  ilu  cela  les  avis  d'Ariflotes  8c 
cette  Edition  d'Alexandre  fut  appellée  l'E- 
dition de  U  Caffrtte,  Elle  fut  fume  de  celle 
île  Zc»o4en  ,  fous  le  premier  des  Prolo- 
mées ,  &  enfin  fous  Ptolomée  Plùlome- 
tor,  vers  l'Olympiade  CLVI.  ou  ■  a  ans 
avant  J.  C.  parut  celle  du  fameux  jtri/Jar- 
que,  laquelle  eut  unefi  grande  réputation, 
que  les  copies  s'en  multiplièrent  extrême- 
ment  :  &  c'eft  (  dit-on  )  d'une  de  ces  co- 
pies que  viennent  fans  doute  nos  Editions. 
Madame  Dacier  fait  enl'uîte  paiTer  en  re- 
vue les  divers  Commentateurs  d'Home- 
re  ,  qui  ont  vécu  avant  &  après  Ariftar- 
que.  Comme  ii  ne  nous  relie  de  la  plu- 
part que  quelques  citations  ,  elle  ne  s'ar- 
rête que  fur  le  Grammairien  Didyme,  & 
fur  l'Archevêque  de  Thefialomqué  Eu/la- 
iln ,  les  deux  feuls  que  le  temps  ne  nous 
ait  point  enlevez;  &  elle  en  fait  une  cri- 
tique très-judicieufe  ,'  que  le  Lecteur 
pourra  confulter. 

IV.  Madame  Dacier  a  voit  refait!  d'éta- 

ilir  dans  cette  Préface  les  règles  du  Poème 

Epique  ,  8f  d'examiner  fur  ces  règles  un 

de  nos  Poèmes  Epiques  &  un  de  nos  Ro- 

,  -Bilans.    Elle  prétendoit  auffi   difeuter  s'il 

l  eft.vrai  qu'Homère  dans  fes  Poëfies  n'ait 

r'ncipalement  cherché  qu'à  plaire  ,&  oiw. 
Morale  y  fort  fubordonnée\aV »çj.râs«.\«: 


t££y 


9&P 


Juin     17t.;  ffa; 

Poëfie,  maïs  encore  plus  pat  la  nature  mê- 
me de  ce  Poème,  qui  eft  une  fable  géné- 
rale &  univerfelle ,  comme  celles  d'Efope, 
&  tendue  particulière  par  l'impoiition  des 
noms.  Or  on  ne  s'imaginera  jamais,  (dit 
Madame  Dacier  )  qu'EJofl  n'ait  cherché  qu'à 
plaire  dan;  fe;  fablti ,  e"  que  L'inftruftion  n'y 
fait  q*i  comme  un  a[]4:  fermement. 

On  apprend  à  la  fin  de  cette  Préface, 
que  la  Traduction  de  l'Odyilée  ne  fuivra 
pas  celle  de  l'Iliade  d'aulTi  près  qu'on  l'au- 
roit  Ibnhaitté.  L'excufe  qu'en  donne  Ma- 
dame Dacier  efl  des  plus  legirimes.  Ac- 
cablée du  coup  funeiie  qui  lui  enlevé  une 
tille,  queles  qualité/,  de  l'efprii  Se  du  cœur 
lui  rendoient  infiniment  chère  ,  elle  n'a 
plus  de  force  que  pour  fe  plaindre.  Elle 
je  fai:  ici  en  des  termes  fi  touehans,  que 
ceux  même  qui  n'ont  point  connu  l'aima- 
ble perfonne  dont  elle  déplore  la  perle, no 
pourront  s'empecher  d'être  attendris  avec 
elle,  &  de  partager  fa  douleur. 

Nous  donnerons  dans  le  mois  prochain 
un  Extrait  de  la  Vie  d'Homère  qui 
fuit  cette  Préface.  Nous  y  joindrons  quel- 
ques morceaux  de  la  Traduction  ,  8c  le 
précis  de  quelques  unes  des  Remarques, 
comme  un  échantillon  qui  puiûe  faire  ju* 
ger  du  mérite  de  tout  l'Ouvrage. 

Dinenatio  Hiilorica  de  fummo  Anoftols.- 
cœ  Scdiî  Imperio  in  Urtjcva  Owt&s*   . 
Di  vasrv-J 


que  leS  a 


Juin    nu.  t*y 

ttguoient  à  mettre  cette  ville  en  état  de 
foutenir  un  fiege  ,  dont  elle  étoit  mena- 
cée. Voici  en  abrégé  ce  que  contient  fa 
Diifertaiion. 

Il  prouve  d'abord  que  Comachio  eftune 
des  vingt  villes  de  l'Exarchat  deRavenne, 
que  Pépin  Roi  de  France  donna  au  S, 
Siège,  après  en  avoir  dépouillé  Aiftulnhe. 
Roi  des  Lombards.  Pendant  que  la  pof- 
lerité  de  Charlemagne  fut  fur  le  Trône, 
les  Papes  jouirent  de  cette  donation, mal- 
gré les  entrepriles  feditieufes  de  quelques 
Archevêques  de  Raventie  ,  qui  voulurent 
s'attrihuer  fur  rExarchat  des  droits  qui  ne 
leur  appartenoient  point.  Quand  la  race 
de  Charlemagne  fut  éteinte  ,  la  plupart  des 
peuples  de  cette  Province  fe  révoltèrent 
contre  PEglife  Romaine  ;  mais  Othon  le 
Grand  les  fit  rentrer  dans  l'obéi  fiance.  Si 
feï  defeendans  ,  &  les  autres  Empereurs 
qui  les  fuivirent  ,  s'emparèrent  de  l'Exar- 
chat; il  n'en  eit  pas  moins  certain  qu'une 
bonne  partie  des  peuples  reconnurent  tou- 
jours le  Pape  pour  leur  Souverain  ,  &que 
le  S.  Siège  fut  toujours  très- attentif  àcon- 
ferver  Ces  droits.  Innocent  111.  fe  remit 
en  poffelïîon  de  tout  ce  grand  Domaine. 
Othon  IV.  Frideric  II.  tous  les  Prince» 
de  l'Empire,  lui  en  confirmèrent  la  Sou- 
veraineté pleine  8c  entière  ;  &  cette  con- 
firmation fut  encore  ratifiée  fous  Hono- 
rius  III.  Rodolphe,  premiei  ïaïiçwnk** 
Ddi  ^* 


6l8       j0USN'>tt>E5    SçAVJLNÏ. 

la  Maifon  d'Autriche,  fuivît  l'exemplei 
Friderîc  II.  &c  par  un  Acte  authentique  n 
toutes  les  villes  de  l'Eglife  Romaine  fout 
nommées,  il  maintint  le  Pape  Nicolas  IIl 
&  les  fuccefleurs  ,  dans  la  poffeffion  de 
ces  villes,  &  de  leurs  dépendances.  Dm* 
ces  temps-là  Coraacbio  n'étoît  pas  tou- 
jours dans  un  même  état  ,  par  npporr  à 
fes  maîtres  particuliers.  Tantôt  «ne  vil- 
le obéïffoit  aux  babitans  de  Raveiwt,& 
tantôt  ceux  de  Ferrare  raiTiyeitilIbi«rt. 
Quelquefois  aufii  elle  trouvoit  le  moyen 
de  fecouer  le  joug  des  uns  &  des  aunes. 
Mais  qu'elle  dépendît  de  Fcrrare  ,  ou  de 
Ravenne,  ou  d'elle-même  ;  elle  n'en  é- 
toît  pas  moins  au  S.  Siège,    puifque  d'un 

»côté  elle  ne  ceflbic  pas  d'être  de  l'Exarchat; 
&  que  de  l'autre,  Ferrare  même  appane- 
noit  à  l'Egale  Romaine. 
Les  Princes  de  la  MaiCon  d'Eft  ayant 
long-temps  gouverné  cette  dernière  ville 
fous  l'autorité  du  S.  Siège  ,  cm  reprirent 
de  s'y  tendre  indépendans  ,  &  en  131e 
ils  reçurent  au  nombre  de  leurs  Sujets  les 
habitans  de  Comachio  ,  qui  Je  donnèrent 
à  eux.  Ces  Princes  étant  rentrez  dans  le 
devoir  en  133a,  ils  continuèrent  à  domi- 
:r  à  Ferrare,  mais  feulement  en  qualité 
„e  Vicaires  du  S.  Siège  ;  &i  comme  on 
ne  jugea  pas  à  propos  de  détadierdu Fer- 
jarois  le  Comté  de  Comachio,  cette  ville 
-     t  plus  Wtt  ^  4tvBÂ\w  4asa  Vv  Cuite 


Jm»    1711.  619 

avec  Ravenne.  Jules  II,  dans  les  Ordon- 
nances qu'il  fit  touchant  les  Salines  de  Co- 
machio  ,  agit  en  véritable  Souverain  ;  6c 
lorfque  Clément  VIM.  Ternit  enpofleffion 
de  Ferrât e  Bc  du  Ferrarois ,  qu'il  jugea 
Être  dévolus  au  S.  Siège  ,  Comachio  fui- 
vît  fans  contredit  le  fort  de  Ferrare ,  puif- 
qu'il  étoit  compris  dans  le  Vicariat  decer- 
te  Ville,  Cent  ans  qui  le  font  écoulezde- 
puis  ce  temps-la,  font  uneprefcriptionqui 
confirme  tous  les  droits  dont  nous  venons 
de  donner  le  précis, 

L'Auteur  condnd  que  l'Eglife  Romaine 
ayant  été  Souveraine  de  Comachio  &  a- 
vant  le  rétabliflement  de  l'Empire  d'Occi- 
dent, Scaptès,  jufqu'àprefent,  la  Mailbn 
d'Hit  a  tort  de  vouloir  contdter  un  droit 
fi  folidement  fonde.  Ceui  qui  ont  écrit 
en  fi  faveur  allèguent  plufîeurs  inveftitu- 
res  accordées  par  les  Empereurs  aux  Prin- 
ces de  cette  Maifon  ;  mais  on  s'applique 
à  montrer  fur  la  en  de  cet  Ouvrage, 
que  ces  titres  n'ont  nulle  force  ,  foit 
p.ircc  qu'ils  ont  éiè  révoquez  ,  foit  plu- 
tôt parce  que  les  Empereurs  ne  pouvoient 
légitimement  difpol'cr  de  ce  qui  n  croît  pas 

Les  Actes  qui  fervent  depteuves  à  tout 
ce  qui  a  été  avance  dans  la  Differtarion  , 
fe  trouvent  tout  au  long  dans  ce  volume; 
ils  en  compofent  près  de  la  to»\<\^- 


m  le-     | 


630     Journal  des  Sçavaks, 

Fafcieulus  DilTertalionum  Medicarum 
kftiorum  cjuibus  coriofa  non  minus 
quàra  utilia  fdentiœ  Apollineœ  Theroa- 
u  diligentcr  pertraftata.  Seadcurateex- 
pofita iîiluiitur.  Theodoiui  Zvsh- 
gebui,  Anat.  &  Bot.  in  Acad.  Baiïl. 
ProfelT.  cujus  privata  cura,  inft>iu::oae 
&  ausilio  à  fuis  quaeque  Auâotibflf 
confcriptae  ,  publicèque  ventila»  fue- 
runt  revidit  ,  emendavit,  auxit.  &*$' 
ici,  fumptihu!  Job.  Ludttvici  Kaenig,  Ty- 
piijah.  Conrad*  AUtbtl,  1710.  C'eft- 
à-dire  ;  Rfcueil  de  Vigtrtmoni  de  Mrdt. 
tlue ,  icmpefèti  par  divers  Auteurs  ,  fous 
lu  yeux  de  Théodore  Zuinger ,  Prof'tf- 
jêur  d'An&temie  £5"  dt  Botanique  ,  dues 
i'V'nherfité  de  Bxjlc ,  lequel  tel  a  tivits , 
ttrrigits  ,  V  augmentées.  A  Balle  ,  aux 
frais  de  Jean  Louis  Kœnig,  de  l'Impri- 
merie de  Jean  Conrad  de  Mechel.  1710. 
vol.  in  il.  pp.  6*9. 

fE  Recueil  comprend  douze  DilTerra- 
*"*  tions,  dont  voici  les  fujets.  De  l'an- 
lipaihie  de  l'homme  pour  certaines  ebo- 
fes.  Desformiambules.  Delà  maladie  do 
pais.  Des  amandes.  De  la  nature  i!u 
nitre  ,  &  de  Ton  ufage  en  Médecine.  Du 
mercure  ,  Se  de  fes  propriété!.  De  la 
famé  &  de  la  maladie  des  plantes.  De  la 
ûlive.  Des  eaux  dePlorabicrç.  Des  ntau- 
vaifes 


Juin  i7ir. 
vaifes  odeurs  du  corps  humain, 
pierre  du  Rein.  Nous  ne  fçaurions  don- 
ner l'Eïtrait  de  toutes  ces  DifTertations, 
dont  chacune  en  mérireroit  un  en  parti- 
culier. Nous  nous  bornerons  à  une  feule,  qui 
fera  celle  de  la  lalive.  La  falive  eft  une 
humeur  fereufe,  claire  &  inlîpide,  fepa- 
re'e  de  ta  m  a  île  du  fangpar  les  glandes  des 
mâchoires  ,  par  les  parotides ,  Ci  par  d'au- 
tres glandes  qui  font  autour  de  la  bouche, 
&  fous  la  Langue  ,  puis  verlée  dans  la 
bouche  par  des  conduits  pnrtmulicrs.  Cet- 
te liqueur  eft  eompofée  de  principes  dif- 
férens,  mêle/  enlemMe  dans  une  certaint 
proportion;  Ravoir,  dephlegme,  d'aci 
des,  d'alcali, tant  fixes  que  volatils  ,  d'hui 
le  ,  &  de  terre,  De  ce  mélange  fe  fai 
un  tout,  qui  n'eft  ni  purement  alcalin,  n 
purement  acide  ,  mais  mixte  ;  les  parties 
aqueuies  y  dominent  le  plus,  les  alcalines 
&  acides  volatiles  y  font  en  allez  grande 
abondance;  mais  pour  l'huile  &  la  terre 
il  n'y  en  a  qu'une  fort  petite  quantité. 
Que  la  falive  foit  eompofée  de  ces  diifé- 
tens  principes,  l'sxpariCJiGE  le  fait  voir: 
les  parties  aqueufes  s'y  découvrent  d'elles- 
mêmes.  Quant  aux  particules  falitics  alcali- 
nes, on  ne"  f^auroit  douter  quelles  n'y  foient, 
fi  l'on  fait  réflexion  que  la  falive  diuouc 
les  fuulfies,  ce  qui  eft  le  propre  des  sic 
lis  t  &  pour  ce  qui  eft  des  acides ,  il  r 
inipùffible  qu'elle  n'en  renferme, puifqu'1 


..' 


<yie  1»'»»"  ™»l«V»5*^M0Bn 


lî  jettent  ou» 


Juin    171  i.  633 

arce  que  les  branches  d'artères  que  ce* 
glandes  reçoivent  ne  paroiflent  pas  funV 
fantes  pour  fournir  à  la  bouche  une  auffi. 
grande  quantité  de  falive  que  celle  qui  y 
découle  fans  cefie.  Mais  on  répond  ici 
qu'à  la  vérité  les  nerfs  fourniflent  à  la  fa- 
live quelque  chofede  leur  part,  mais  qu'il 
s'en  faut  de  beaucoup  qu'ils  fournirent 
tout,  &  pour  le  prouver  on  apporte  l'ex- 
emple de  ceux  qui  font  paralytiques  d'une 
moitié  de  leurs  corps  ,  lefquels  ne  laiflent 
pas  de  faire  quelquefois  une  plus  grande 
quantité  de  falive  du  côté  paralytique  que 
de  l'autre.  On  ajoute ,  que  lorfqu'on  lie 
une  des  jugulaires,  &  que  par  ce  moyen 
on  empêche  le  retour  du  fang  à  un  des 
cotez  du  col  ,  la'  falive  coule  plus  abon- 
damment de  ce  côté  que  de  l'autre,  preu- 
ve manifefte  ,  dit  l'Auteur  ,  que  ce  font 
les  artères  qui  fournirent  la  matière  de  la 
falive. 

Quant  à  la  matière  antécédente  plus 
éloignée ,  ce  n'eft  que  le  chyle.  Ce  chy- 
le, comme  l'on  fçait,  eft  d'abord  travail- 
lé dans  l'eftomach,  puis  perfectionné  dans 
les  inteftins  grêles  par  le  mélange  de  la  bi- 
le, &  du  fuc  pancréatique  ,  qui  en  fepa- 
rent  les  impuretés  grofiieres,.&  enfin  con- 
duit de  là  par  les  vaiiîeaux- ladez  du  me- 
.  fentere  au  tronc  lymphatique,  &  dans  le 
canal  thorachique  ,  d'où  il  pafie  dans  les 
fouclavieres,  en  forte  que  tel  eft  le  chyle , 
telle  eft  la  falive.  Dd  5  L/u-- 


nttmf 


634      JOURMAt   DES    SÇ  A 

L'ufàge  de  la  falive  efl  un  point  im; 
tant  à  examiner  :  cet  ulage  eft  ou  imerr-e 
ou  externe,  l'Auteur  confidere  ici"  l'uni 
l'autre.  L'ufage  interne  de  la  falive  d 
non-feulement  de  pénétrer  lesalimensdia; 
la  bouche  ,  mais  principalement  de  kfl 
fervir  de  fermait  dans  l'eilomach  .  pour 
leur  entière  &  parfaire  digeltioa  ;  les  (Vis 
■volatiles  de  la  falive  cicitez  par  Ii  du- 
leur  ,  s'infwuent  dans  les  pores  ta  lit 
mens ,  &  y  t'ont,  par  l'cntnemifc  d«  pu- 
ticules  éîafliqucs  de  l'air  ,  les  diffulutions 
îiecefiaires  pour  réduire  les  alimens  enunr 
clhccc  de  ertme.  Un  autre  ufage  de  cette 
falive  elt  de  contribuer  au  lénrimcnt  -in 
goût  ,  en  détachant  dans  la  bouche  les 
difterens  fels  des  alimens ,  &  d'cmp&SS 
h  f.îiî.en  humectant  par  fes  parties  aqum- 
fcs  IcgoMer  &  la  Langue. 

Quant  à  l'ufegc  externe.  La  f.ilive  mi- 
fe  fur  les  dartres  ,  les  puftules  ,  lei  rou- 
geurs ,  &  autres  maladies  de  la  peu ,  la 
guérit  infailliblement,  pourvu  que  ce  fwt 
à  jeun,  &  qu'on  reïtere  ce  remède  pU* 
fieurs  fois  de  fuite.  Après  ces  Observa- 
tions ,  l'Auteur  examine  les  différentes 
maladies  de  la  falive,  &  propofe  £xm 
remodes  pour  rétablir  cette  humeur  dar.s 
fon  état  naturel.  Ces  maladies  font  le 
défaut  ou  le  non  grand  écoulement  de  U 
"'ive,  1a  vifeoiîré ,   l'acidité,   la  falure 

c/eté,  l'amertume,  la  fadeur 


r.  !.«• 


J    o    i   K     1711.  <$i% 

lignite.  Sec.  tous  accidens  contre  lefquels 
il  propofe  les  fecours  neceffaires.  Le  trop 
grand  écoulement  de  la  falive  eaufe  plu- 
ficurs  effets  fâcheux  ,  tels  que  Tant  entre 
autres  la  djfficui:é  de  parler  ,  le  vomiffe- 
ment  ,  le  défaut  d'appétit ,  &c.  Quant 
au  premier,  il  on  en  recherche  la  ciufe, 
on  verra  qu'il  vient  du  relâcliemcnt  qu'u- 
ne falive  trop  aqueufe  produit  dans  les 
mufeks  delà  Langue  &  du  pilais  :  On 
.en  a  un  exempte  bien  fcnfible  dans  les  en» 
fans,  qui  ayant  toujours  les  glandes  de  la 
buuche  regorgeâmes  de  falive,  ne  pronon- 
cent qu'à  peine  les  lettres  de  l'Alphabet, 
&  quelquefois  même  demeurent  long- 
temps muets ,  jufqu'à  ce  qu'enfin  celte 
humeur  venant  à  diminuer  dans  la  fuite, 
permette  aux  organes  de  prendre  la  fer- 
meté  nccefiaire.  C'elt  atnfi  que  Maximi- 
lien  ,  fils  de  l'Empereur  Frédéric  111.  a- 
près  avoir  demeure  jusqu'à  l'âge  de  neuf 
ans  fans  pouvoir  prelque  parler  ,  dpvjni 
un  des  plus  diferts  de  Ion  temps  :  C'clt 
ainfi  que  Demoflhcne  qui  ne  pouvoitpro- 
noncer  la  lettre  R  ,  parvint  enfin  à  une 
entière  liberté  de  langue,  a  force  de  pro- 
mener dans  fa  bouche  de  petits  cailloux ,  qui 
jm  douchant  la  falive  ,  ôteu 
qui  l'empëchoit  d'articulci 
certains  mots  :  C'eft  ainfi  ei 
tus,  célèbre  dans  l'HiftoircJ 
ayant  cûqIuIlC  l'ut  [on  balbrit 
D4  6 


'  l"'T,«'9'/"i"- 


»«.  ***** 


i   h     171  >■  6i7 

■vtrfitm  Ifraîl  " 
bit,  Dominum. 

6.  Ht  tenvenerunt  in  Mafphath,  bttufe- 
runtqui  aquam  ,  £5*  ejfuderunt  în  confpcilu 
Dcmim  ,  tjr  jtjunaverunt  in  die  illà  ,  atqua 
âixituni  ibr.  Ptctavimut  Domina. 

Cette  verdon  s'accorde  avec  le  Grec8£ 
l'Hébreu.  La  Bible  de  Sacy  ,  &  les  au- 
tres qui  l'ont  fuivî  ,  traduif^nt  ainfi  ce 
palîage  en  nôtre  Langue.  $.  Ht  Samuil 
leur  dit  :  Afitmttiz.  lotit  ifratl  à  Mjfphalh, 
afin  ituc  JE  prie  le  Seigneur  pour  veut. 
6.  Et  ili  s'ajjtmbltrent.  à  Ma/pbath  ,  ils 
fuiferent  de  l'e  a  h  ,  qu'ils  rèpandirtnt 
déliant  te  Seigneur  ,  ils jeimirent  ci  jour-Ut, 
tr  ili  dhtm  :  Noms  avons  péché  centre  le  Sei- 
gneur. C'ell  cette  effufion  d'eau  devant 
le  Seigneur,  qui  tait  une  difficulté  fur  la- 
quelle on  n'a  pu  encore  donner  ftiisfac- 
tion.  La  note  qui  eft  dans  la  Bible  de 
Sacy  par  forme  d'explication  ,  ditquecette 
cérémonie  fe  fit  pour  marquer,  ou  qu'ils 
t.' étaient  devant  Dieu  que  comrm  un»  tau  qui 
s'éccule  tjr  qmfe  perd  ,  ou  temmt  pour  fup- 
pléer  aux  larmes  qu'ils  eujjent  kdk/m  répandre, 
avec  plus  d'abondante  du  fond  de  leur  ejeur. 
Mas  il  me  fembleque  cette  effufiond'eau 
faite  dans  la  première  de  ces  deux  vûi' 
eût  éic  en  cette  occafion  une  ceremn 
aflei  inutile  :  &  pour  l'autre  pratique, 
voie  de  verfer  quelques  féaux  d'eau, t 
nie  pour  fupplcct  >w  4  q^<k 


638   Journal  des  Sçavans* 

voulu  répandre  ,    elle  ne  me  paroît  pas 
même  aficz  férieufe.    Il  y  en  a  qui  ont 
ofé  avancer  que  cette  expreiîion  étoit  une 
hyperbole  ,    &  qu'elle   ne  lignifie  autre 
chofe  ,   linon  que  les  Ifraclites  puiferent 
dans  le  fond  de  leurs  cœurs ,   les  eaux  de 
krmes  qu'ils  répandirent  par  les  yeux  de- 
vant le  Seigneur  :   mais  cette  hyperbole 
feroit  fort  extraordinaire,  trop  outrée,  & 
fans  exemple.    Les  plus  raifonnabies  ont 
crû  que  c  étoit  une  libation  ;  &  le  Protef- 
tant  dont  on  a  parlé  prétend  que  c' et  oit 
la  libation  du  facririee  que  Samuel  fit.alore 
pour  le  peuple.    Mais  trois  raifons  etien- 
tielles  détruifent  cette  conjecture.  La  pre- 
mière, que  la  libation  ne  fe  faifoit  que 
dans  les  facrifices  :  la  féconde ,  qu'elle  ne 
fe  faifoit  que  par  les  Piètres  :  &  la  troi- 
fiéme,  que  jamais  la  libation  ne  s'eft  faite 
avec  de  1  eau  chez  les  Juifs  :   c'étoit  tou- 
jours du  vin ,  au  Heu  que  ce  n'eft  ici  que 
de  l'eau  que  le  peuple  répand ,  &  que  Sa- 
muel n'offrit  point  de  facrifice  encerteoc- 
cafion-ti  $  il  ne  le  pouvoit  pas  même.  Sa- 
muel en  qualité  de  Prophète   établi  de 
Dieu,  &  de  Chef  de  la  Nation,  pouvoit 
bien  offrir  des  holocauites  à  Dieu ,  &  Je 
premier  Livre  des  Rois  nous  apprend  qu'il 
la  fait  trois  fois  *  mais  pour  expier  le  cri- 
me  d'idolâtrie ,  il  n'y  avoit  point  de  fa- 
crifice établi  :  &  c'ett  par  cette  raifon,  & 

ai  ce  fcns-là  ,  q^  te  î^te  &^  dans 


J  » ,«  ,„,. 

le  Pfeaume  50.    si  vtui  «mm 

ftcrifit*  ,  ie  n'aurai  pai  tnai^i  »  *W  m 
offrir  :  mail  nui  hoUcauF-u  m*  veut  {Mifr 
reUnt  fm.     Un  tffrit  brifi  dl  d**U*r ,  tjl  m 

facrijia  dignt  de  Dieu  :    d*Çt  vm 

ftrez,pM,  Seigneur  ,  un  exur  ionhii  tf  *W" 
viilit,  C'en,  aulfi  la  ni  fort  pour  Usuelle 
l'Ecriture  feinte, .qui  eii  partout  d'une  cs- 
aftitude  digne  d'admiration,  ne  dil  point 
ici  que  Samuel  ait  offert  aucun  iacufice: 
elle  a  eu  loin  de  marquer  qu'il  ne  prô- 
nât au  peuple,  linon  de  prier  le  Seigneur 
pour  lui. 

Je  fuis  perfuadé  que  ce  palfige  ne  fe- 
rait aucune  difficulté  li  l'on  en  peiuit  con- 
tes les  paroles  ,  &  fi  on  en  conlideicil 
toutes  les  circonftances.  Le  peuple  étwtt 
altérable  par  le  Prophere  ,  pour  faire  un 
del'aveu  folennel  de  l'idolâtrie  a  laquelle 
il  i'étoit  laifie  aller,  Scpour  affilier, coin, 
me  j.e  l'ai  dit  ,  à  la  prière  que  Samuel 
alloit  faire  ,  afin  d'appaifer  la  colère  de 
Dieu  qui  a  voit  paru  irrité  contre  l'un  peu- 
ple. Les  Iftaélites  joignirent  à  la  prière 
du  Prophète  un  jeune  univerfel  cejour-li: 
&  ce  fut  pour  mettre  généralement  toute 
l'AfTcmblée  dans  la  neceffité  d'obfervcr  ce 
jour  de  jeune  en  toute  fa  rigueur,  c'efl- 
a-dire,  non  feulement  fans  prendre  aucu- 
ne nourriture  ,  mais  encore  fans  boire 
même  de  l'eau*  qu"ils  puiferent  toutecel- 
le  qui  éwit  dans  le  puits  du  Bom^iiyûS.- 


64°        JoURNAt    DES    SÇAVANS. 

phath  où  ils  étoient ,  &  qu'ils  1»  répandi- 
rent devant  le  Seigneur  ;  c'eit-à-dire  ,  le 
prenant  à  témoin  de  l'exactitude  avec  la- 
quelle ils  vouloient  garder  ce  jour  de 
jeûne. 

Le  Traducteur  François  ne  devoit  pas 
omettre  ici  la  conjonction  t?  ,  qui  eil 
devant  le  verbe,  ils  jeinmnt .-  cette  omïf- 
fion  rend  le  partage  difficile  &  obfcur;  puis 
qu'elle  fait  croire  que  l'efflilïon  de  l'eau  n'a 
"nulle  liaii'on  avec  le  jeûne  qui  fuit,  au  liea 
qu'elle  y»  un  rapporicflemief'.  Si  l'ontra- 
duifuit  auiîi,  îUfmiftrtm  ftm,h  difficulté  Ce- 
roit  moindre,  qu'en  traduifant.tff  ,r«j/em« 
de  i'MU:pui!que  la  penfée  de  l'Ecrivain  fa  cré 
eft,  queles  [fiaëlites  tirèrent  prefquetouw 
J'caudu  puits  qui  le  trouvoit  là,  qu'ils  la  ré- 
pandirent devant  le  Seigneur ,  c  qu'ainfi 
ils  jeûnèrent  rigourcufcinent  tout  le  jour. 

Dans  les  joursde  jeûne  les  Juifs  s'abile- 
noient  même  de  boire  de  l'eau  ,  vu  que 
h  foif  cil  une  mortification  dumoir.sauffi 
grande  que  la  faim.  Au  premier  Livre 
d'Efdras  chap.  10.  verfet  6.  tjdrai  je  leva 
de  devant  U  rvaifcn  di  Dieu  ,  tsr  s'en  alla  i 
U  chambre  de  Johanan  fils  d'EUafib  ,  oh  étant 
tntri ,  il  ne  mangea  peint  lit  p.iin  ,  c  nebut 
feint  d'EAu  ,  parce  qu'il  fleurait  le  ptché 
de  ceux  qui  étaient  revenus  de  captivité. 
Dins  le  livre  d'Ellher  au  ch,  4.  verfet  ifl. 
jîlks.,  ajfembltz.  l»s  Ui  ^nifsque  vcustriu- 
tm  dm*  Su[t ,   tS  frit*.  »«>  ï«"  wm-. 

HP- 


î 


J  w  i  m    171 

•oii  j'oHrj   e?  ïr«j  nuits  fans  mttty 

boire  ,   &•  je  jeûnerai  de  même. 

.  au  chapitre  3.    de  la  Prophétie  de 

s  Yerfet  7.  le  Roi  de  Ninive  fie  pu- 

r  par  tout  dans  fa  Ville  :    %ue  les  hom- 

,  les  chevaux  ,  les  boeufs  &~iis  brebis  Ht 

igent  ritrt  ,  qu'an  ne  les  mené  pains  paître, 

qu'ils  ne  boivent  point  <Ce  a  u. 

Cette    explication    me    paroît    firnple, 

àlëe  tk  naturelle. 

*  Dijjenaiion  fstr  une  Calamne  antique  élevée 
far  U  Ville  d'Arles  À  l'henneur  de  l'Em- 
pereur Confianlin  le  Grand ,  dédiée  a  Mnn~ 
/ligueur  Français  de  Atailly  Archevècsu* 
d Arle>  ,  Primat  &  Prince,  Cmfeiltf 
tin  Roi  en  tous  fis  Ctmftih ,  &•  nommé  fa 
Sa  Majeflé  à  l'Artbtvicbé  de  Reims  vc. 
Par  Mr.  Te  brin  ancien  Canfeiller  4 
Si'fje  de  eette  S'ille, 

"^]  O  u  s  ne  donnons  point  cette  DiiTer- 
-^■^  talion  entière  ,  parce  qu'elle  eft 
beaucoup  plus  longue  que  les  pièces  qui 
entrent  da&s  nos  Mémoires  ne  doiven^ 
l'être.  Le  Public  feroit  obligé  à  M.  T 
rin  s'il  avoit  bien  voulu  tàiie  impiin 
une  pièce  fi  remplie  de  recherches  gavan- 
tes &  curieures. 
M.  ïerrin  la  commence  par  une  Hif- 
toire 

*  Cet  Article  tft  die  des  Metn.  de  Ttev.  E<vr, 


641     JounNAt  dis  Sçavas:. 

toire  abrégée  des  Colonnes  qu'il  «S* 
dere.non  pas  comme  des  Oui 
chiteclure  ou  de  Sculpture  ,  qui  onte* 
raines  proportions  &  certains  ornerrjat, 
mais  comme  des  monumens  publics  » 
pables  d'éternifer  la  mémoire  des  Gan* 
hommes,  de  conferver  leurs  noms,  fcet 
faire  connaître  à  la  poflerité  leurs  belles 
«étions  &  leurs  invention?.  Voici  eupea 
de  roots  à  peu  près  ce  qu'il  en  dit. 

De  tous  les  monumensque  les  hommes 
ont  élevez,  il  n'y  en  a  point  qui  ail  èi 
plus  en  ufage  dans  tous  les  tenu,  &  pat- 
in i  tous  les  peuples  ,  que  les  colonnes* 
parce  qu'elles  fe  confervent  plus  totgg 
temps  que  tous  les  autres  monumens,  Icï- 

3ucls  fe  déiruifcnt  par  leur  propre  p»n- 
eur  &  leur  pefanteur  énorme  ,     &  pat 
l'impétiiofité  des  vents  qui  les   Âronk», 
tandis  qu'ils  ne  font  que  gtilTer  r. 
colonne  qui  ne  leur  donne  aucune  prifc 

Les  premiers  hommes  ont    comi 
dès  les  premiers  tems  du  Monde  à  drrtfci 
des  colonnes.     Les  enfuis  de  S 
verent  deux  ,  une  de  brique  ,    Se  une  de 
pierre,  Se  Jofeph  dit  que  de  fou 
en  voyetit  encore  une  en  Syrie.     LesE- 
gyptiens,  les  AlTyriens,  les  Pcrfes  &  kl 
Romains  en  ont  élevé  dans  tous  les  f*B 

Îu'ils  ont  conquis.    Delà  vient 
rgieufe  qmniitê  de  columocs  &  d'obe- 
llTçjues  qu'on  UQUKt  aKk.  « 


J    U    X    H      »7IT.  64J 

Italie  &  ailleurs.  Il  cft  vrai  que  les 
yptiens  éle voient  beaucoup  plus  de  py« 
tiides  &  d'obelifques  que  de  colonnes» 
ais  cela  revient  au  même  ,  &  Ton  doit 
garder  un  obelifque  comme  une  colomne 
larrée  ,  ou  fi  Ton  veut  comme  un  pi- 
Ire  allongé  qui  diminue  infenfiblement 
ns  toute  la  longueur  depuis  le  bas  juf- 
l'en  haut ,  &  qui  fe  termine  en  pointe* 
Après  tant  d'exemples  de  différens  peu- 
es ,  dit  Mr.  Terrin  ,  car  ce  font  ici  fes 
opres  paroles,  on  ne  fera  pasfurprisque 
Ville  d'Arles  en  reconnoiflance  d'une 
finité  de  bienfaits  reçus  de  l'Empereur 
anftantin  le  Grand ,  ait  élevé  à  l'bon- 
:ur  de  ce  Prince  la  colonne  que  j'ai  cn- 
;pris  d'expliquer.  On  y  voit  ces  paro- 
s  gravées  en  cinq  lignes  IMP.  CJES1 
FL.  VAL.  CONSTANTINO 
,  F.  A  VG.  U  y  a  enfuite  un  intervalle 
is  lettres  de  près  de  deux  pieds  ,  l'inf- 
iption  continue  après  en  ces  termes,  8e 
1  quatre  lignes,  DIVI  CONSTAN- 
1  AVG.  PII.  FILIO,  &  la  colon- 
:  eft  coupée  deux  pieds  au  deffous  de  la 
,-rniere  ligne,  c'eft  là  tout  ce  qui  nous 
de  du  fût  de  la  colomne.  Il  paroit  ce- 
;ndant  qu'en  bas  &  au  milieu  de  fon  é- 
lifleur  elle  eft  entaillée  en  demi  rond ,  ce 
n  marque  qu'elle  s'aflemWoit  avec  une 
ître  pièce  inférieure  que  nous  n'avons 

"  Flavio  Valérie  Pio  Felici  Aa^u}%% 


i 


544     Journal  des  Sçavan  s. 

plus ,  fur  laquelle  par  des  conjectures  que 
je  remarquerai  enfuite ,  on  lifoit  ARE- 
LATIS  RESTITUTOR1.  Il  y  a 
lieu  de  croire  que  cette  colomne  étoit 
pofée  fur  un  pied  d'eftal  ,  &  couronnée 
d'un  chapiteau  fur  lequel  étoit  une  ftatuë 
de  Conftantin.  Je  préfume  auffi  que  cet- 
te colomne  étoit  d'ordre  Tofean  qu'on 
avoit  accoutumé  d'employer  à  de  pareils 
Tnonumens  :  ce  qui  nous  refte  du  fût  a 
huit  pieds  de  Roi  de  longueur  ,  &  deux 
pieds  de  diamètre  :  la  pièce  inférieure  qui 
manque  pouvoit  en  avoir  quatre  de  Ion» 
gueur  ;  &  toute  la  hauteur  compris  le 
pied  d'eftal  &  le  chapiteau  ,  pouvoit.  être 
de  dix-huit  à  vingt  pieds ,  comme  celle 
qu'on  avoit  élevée  à  Rome  à  Jules  Cefar. 

Quoique  l'infcription  de  la  colomne 
fort  claire  6c  fimple  ,  6c  que  Mr.  Tenin 
eroye  avoir  ajouté  affez  heureufement  ce 
qui  manque  >  il  ne  laide  pas  de  faire 
quelques  réflexions  ,  ou  pour  en  donner 
l'intelligence,  ou  pour  appuyer  fes  con- 
jectures. 

Il  commence  par  le  mot  Confiant},  qui 
eft  mis  pour  Conflantii ,  6c  il  dit  qu'on  ne 
doit  pas  en  être  furpris  ,  pareeque  les  Ro- 
mains mettoient  fouvent  l'i  fimple  pour 
l'i  double  :  il  le  prouve  par  l'index  Gram- 
matical de  Reincfius ,  par  une  Médaille 
de  Conftantius  CYv\o\\3&  wç^Hvét,  ^ar  Oc- 
co ,  &  une  aulic  te  Uôxàas>  Sns.  \i&^ 


Juin     171t.  64 

inal  Nom  a  fait  «ne  Diflertatioi 
Perrin  vient  enfuitenux  deux  mot 
ute  Antmis  Reflîmtori  ,  &  c'ei 
iour  appuyer  fa  conjecture  il  ei 
ri  quel  tems  ,  &  à  quelle  occa 
colomne  fut  élevée,  &  d'abor 
iju'un  des  plus  grands  éloges  qu 
les  puiiTent  donner  à  un  Prince 
appeller  Reftaurateur ,  Rt/iiiutc 
reur  Hadrien  qui  viiîta  en  perfon 
^ue  toutes  les  Provinces  de  Ib 
,  &  qui  répandit  des  grâces  Se  dt 
;  par  tout  où  il  palf»  ,  crut  qu 
5  ne  pouvoient  lui  témoigner  Ieu 
iflânee  par  un  plus  grand  titre;  1 

plailîr  de  faire  frapper  des  Me 
t-eclemotde  RESTITVTO 

LLiM  .  HISPANIJE,  A 
S,  MACEDONIiT.  Sec.  Oi 
enfin  la  mefurc  ,  8;  on  lui  donn 
;  ,  RESTITVTORl  GE 
S  HVMANl,  &deRESTl 
>R10RISIS  TERRARVN 
lire  que  par  tous  les  lieux  qu'il  3 
lorez  de  là  préfence,  il  avoit  0 

les  impurs,  ou  embelli  les  place 
:s,  ou  rebâti  les  murailles  des  Vi 
u  puni  les  injuftiecs  des  Couver 
ou  recompenlé  les  perfonnes  qi 

"-■   ■..-!     :v.  v    ,    '.'.!    ;    '...-.■ 

it  à  des  Villes  affligées ,  ou  prt 
r  d'autres  moyens  Tabondance  c 


646    Journal  dis  Sçavani.  . 
de  preffans  befoins  :  en  un  mot ,  il  me» 
rita  ce  tître  pour  avoir  accordé  aux  hon> 
mes  ce  qu'ils  croyoient  ne  pouvoir  atten- 
dre que  de  leurs  faufles  Divinitcz. 

Pour  montrer  comment  PEmpereur 
Conftantin  mérita  le  tître  de  Reftaura- 
teur  de  la  Ville  d'Arles ,  Mr.  Terrin  s'é- 
tend fort  dans  fa  DiflTeitation  fur  la  fitua- 
tion  des  affaires  de  l'Empire  fous  le  règne 
de  Conftantius  Chlorus  &  de  Galcrius,  & 
fur  tout  ce  qui  fe  paffa  durant  les  premiè- 
res années  de  l'Empire  de  Conftantin  ,  il 
n'oublie  rien  de  ce  qui  peut  contribuer  à 
ïa  gloire  de  la  Ville  d'Arles.  Nous  ne 
dirons  que  ce  qui  a  rapport  à  Tinfcription 
de  la  colonne  que  Mr.  Terrin  explique: 
fi  nous  n'étions  point  obligez  de  nous  ren- 
fermer dans  les  bornes  d'un  extrait ,  nous 
n'omettrions  rien  d'une  Differtation  où 
Mr.  Terrin  fait  paroître  tant  d'érudition, 
&  tant  d'amour  pour  fa  Patrie. 

Conftantin  après  la  mort  de  fon  père 
qui  arriva  en  Angleterre  ,  paffa  dans  les 
Gaules  où  il  réfolut  d'établir  le  Siège  de 
fon  Empire.  Les  deux  plus  confiderablçs 
Villes  des  Gaules,  dit  Mr. Terrin ,étoient 
alors  Trêves  &  Arles.  Celle-ci  fut  pré- 
férée à  caufe  de  fa  fituation  avanrageufe. 
Elle  eft  bâtie  fur  une  grande  rivière  à  fix 
Jicues  de  la  mer;  elle  fe  trouvoit  prefque 
dans  une  éga\e  dtitanec  des  limites  de 
J'Empire  de  Conftwiùu  *  t*.  vx  milita 


de  les  Etats  :  car  il  avoir,  réfoluderepren* 
dre  l'Italie  &  l'Afrique  ,  auxquelles  fort 
père  avoit  renoncé  p.ir  un  tSQf  de  dou« 
ceur  &  de  coroplaifancc.  Conflamin  com- 
menta par  relever  les  murailles  d'Arles 
qui  r.voient  été  ruinées  par  Ici  Vandales, 
lorfqu'ils  enirereot  dans  les  Gaules  fous 
la  conduite  Je  Crocus  leur  Roi  l'an  270, 
enfuite  il  y  bâtit  un  Pal.iis  dont  il  telle 
encore  aujourd'hui  une  tour  qu'on  appel- 
le dans  le  pais  le  Château  de  la  Trouille, 
L'Empcmuf s'occupait  ainli  à  embellir  la 
Capitale  de  fon  Empire  .  à  laquelle  il  a- 
voit  même  donné  fon  nom,  Krrfqu'il  fut 
oblige  d'aller  c»  Germanie  où  les  Barba- 
les  fiifoient  quelques  mouvemens:  ce  fut 
là  qu'il  apprit  que  Maximien  faifoit  écla- 
ter le  deflein  qu'il  avoit  de  remonter  lur 
la  trône,  &  qu'il  avoit  déjà  repris  la  pour* 
pie  à  Arles.  Conflantin  y  tint  ta  dili- 
gence avec  un  petit  Corps  de  Troupe» 
choilîes  :  il  pour  lui  vit  fon  Ennemi  ,  &c 
s'en  étant  faili  à  Marfcille,  il  le  fit  étran- 
gler, parce  qu'il  avoit  fçù  de  l'auila  que 
ce  perfide  vouloît  le  faire  mourir  lui-mê- 
tne.  L'Empereur  délivré  de  ce  danger 
retourna  a  Ailes  ,  où  il  donna  une  l'ete 
magnifique  au  peuple.  C'ell  dans  ce  teint 
que  Mr.  Terrin  croit  que  la  Ville  d'Ar- 
ias pour  marquer  fa  reconnoiSancc  envers 
IConltantin  qui  l'avoit  comblée  de  bien- 
faits ,  &  qu'elle  regardait  ukwk«.  Ssac» 
^al 


650  Journal  des  Sç  a 
fit  ici  tant  de  bruit  le  moi! 
nier ,  ce  n'eft  pas  ma  faute  ;  1 
gc  que  je  viens  de  faire  en  P 
voit  un  peu  dérange  du  com: 
très  que  je  dois  à  mes  amis, 
dédommager  de  cette  atten 
d'une  Obfemtion  vous  en 
dont  la  dernière  eft  tout  à  f; 
&  quoi  qu'elle  ne  foit  pas  fi 
la  première,  clic  ne  laiflera 
de  vous  faire  quelque  plaifir. 
Dans  les  deux  malades-  qui 
de  ces  Obfervations,  il  y  a 
cation  d'épilepfîe  81  de  catal 
en  convenir ,  examinons  en  ] 
chacune  de  ces  deux  maladies 
lier.  La  catalepfie  &  l'épilep 
maladies  delà  tête  qui  m'ont  r 
Ips  plus  difficiles  à  expliquer , 
pareeque  celle-ci  arrive  trop  f 
que  celle-là  s'obferve  très-rare 
a  des  accidens  qui  varient  à 
l'autre  eft  accompagnée  d'nr 

Srticnlier  dont  on  ne  convie 
ans  ces  denx  maladies,  lors 
parfaites  ,  tout  fentiment  péri 

Sue  dans  l'apoplexie  forte-   D 
e  il  y  a  des  convuliîons  on 
mens  convulfifs  en  différentes 
corps  1  au  Heu  que  la  veritabl 
doit  être  exempte  4c  «msulfio 
fors  du  malade  ismv&vss 


Juin     !7t1 
via  Val.  Cunjiantim ,  Aug.  RcJIiuiiori ,  il 
rela  rapporte  qu'en  gros  parce  qu'il  navoit 
befoin  que  du  mot  Refiiiunri,  pour  hma- 
tiere  qu'il  traitoif.     Mr.  Saxi  dans  fon  Li- 
vre intitulé  Pm'ifitium  Anlartufip.  lo.rap- 
porte  la  même  infeription,  CenpaminoRef- 
tstuttri.    Elle  fe  lifoit,  dit -il,  fur  un  mar- 
bre, legibatur  in  tnarmere  extra  portam  mi- 
litarem  in  tàlbus  TcmpUritrum.     Après  celt 
on  ne  peut  pas  douter  que  la  colonne  dont 
parle  Mr.  Terrin  ne  foit  celle  dont  parlen* 
ces  deui  Auteurs ,    &  qui  ne  fe  trouve 
plus  aujourd'hui  dans  l'endroit  qu'ils  dé- 
lignent  :  ainfi  rien  n'eft  plus  jufte  que  1* 
conjefture  fur  laquelle  il  ajoute  les  mot», 
jinUiis  Ri/Utuiori ,    à  l'infcription  de  la 
colonne  de  Conftantin  ,  comme  rien  n'eft 
plus  glorieux  à  la  Ville  d'Arles ,  que  d'a- 
voir eu  pour  Reftaurateur  ce  grand  Prince.' 
*  Lettre  dâ  Mr.   Deidier    Concilier  Me^ 
àec'm  du  Roi  ,    t?  Prefefatr  m   Midecint 
de  l'Lniwrjitc  di  Muntfellier ,  à  Mr.Gaf- 
taldy  Deiïiur  aggregé  ,    &■  Profefleur  m 
Médecine  en  l'Univerfité  d'Avignon  ,    fur 
deux  muvellet  Obfcrvatiom   de  CataUp{ï§ 
fûffîpliqué. 

Monsieur, 

Si  j'attarde  deux  mois  à  vout  comi 


tnS 


F 6)'  JOURNAL  DIS  SçftVANS 
membres  prenne....  ~  _.>._ v  *.Nî- 
tion  qu'on  leur  donne  ;  mais  les  Autra 
ne  conviennent  pis  fi  ces  membres  fou". 
roides  ou  flexibles:  cependant  j'obfemi 
il  y  a  fept  à  huit  ans  dans  !'  Hôtel-Dieu  deect- 
te  ville  deux  véritables  cataleptiques,  dont 
on  mouvoir  toutes  les  parties  avec  autant 
de  facilité  ,  qu'on  peut  remuer  celles  d'un 
homme  qui  dort  d'un  fommeil  naturel.  Le 
premier  de  ces  deux  cataleptiques  étortim 
jeune  bomme  de  quinze  à  fetze  ans,  ù'oa 
tempérament  mélancolique  &  naturelle- 
ment flupide  :  il  avc.it  été  d'abord  alla- 
Kué  d'une  fièvre  maligne  qui  fut  accom- 
agnée  d'une  affection  comateufe  ,  à  la- 
quelle fucceda  une  privation  totale  de  fen- 
timent.le  pous,  la  respiration  ,  fie  la  dé- 
glutition reliant  dans  leur  entier  :  je  le 
croyais  apoplectique  lors  que  rn'avifantie 
lui  lever  les  membres ,  je  le  trouvai  vé- 
ritable cataleptique  :  il  relia  vingt-qnitte 
heures  en  cet  état ,  6c  mourut  fans  que 
je  pûiTe  profiter  de  l'ouverture  de  fort  ca- 
davre. L'autre  malade  âgé  de  vingt  am 
fembloit  jouir  d'une  fanté  parfaite  ,  &  fur 
ïe  rapport  qu'on  me  fit  des  accidens  aux- 
quels i!  étoit  fujet  depuis  trois  jours ,  je 
le  croyois  épileptique  :  cependant  ne  lui 
trouvant  point  de  convulfion  ,  ni  de 
mouvemens  convulfifs,  je  découvris  que 
c'itoit  une  véritable  catalcpiie  périodique, 
par  la  confiance  avec  \vç«\\6  wi  i&uabwt 


Juin     ijifi  C)j 

teftoient  dans  les  différentes  iîtuatîons  oh 
je  les  mettois ,  pendant  l'efpace  de  huit 
heures  que  duroit  chaque  paroxyfme.  Au 
bout  de  huit  jours  le  malade  fut  entière- 
ment guéri  par  le  fecours  de  l'émetique  6c 
du  quinquina  ,  il  refta  un  peu  plus  ftupide 
qu'auparavant ,  8c  mourut  quatre  année* 
après  d'une  peripneumonie. 

Ces  deux  cataleptiques  furent  examinez 
&  vifitei  pluCeurs  fois  par  des  Dofteurs, 
8t  des  Etudians  en  Médecine  qui  me  fui- 
voient  en  pratique ,  &  nous  convînmes 
tous  unanimement  de  la  fouplefle  dci 
membres  ;  ce  qui  me  donna  occafîon  de 
penferque  dans  la  véritable  catalepiie  l'ef' 
prit  animal  doit  couler  librement ,  à  peu 
près  comme  dans  l'état  naturel,  &  que  le 
fiége  de  cette  maladie  doit  être  dans  cet 
endroit  intérieur  du  cerveau  où  fe  font 
toutes  les  fenfations,&  qu'on  nomme  ira-, 
foriitm  ,  dont  les  fibres  étant  relâchées  par 
une  fetofité  fuperflue  ,  ne  fçauroient  re- 
cevoir les  impreflîons  extérieures  à  l 'occa- 
fion defquelles  l'âme  fent ,  ainfi  on  doit 
mouvoir  aiféroent  les  membres  des  cata- 
leptiques en  déterminant  les  afprits  fans  la 
participation  de  la  volonté  du  malade,  8c 
les  membres  doivent  relier  dans  cet  état 
julques  à  ce  qu'ils  en  foient  changez  par 
une  caufe  extérieure,  qui  ne  fçauroit  ve- 
nir de  la  douleur  que  prodUKOÀwK.  4aw 
sous  de  cueilles  Ëtuatious  sjmw,  ,  ^ 


6j4     Journal  des  Sça 

que  le  malade  ne  feue  point.  C'eft  alîcl 
raifonné  fur  ces  deux  maladies  en  partial 
lier ,  patTons  aux  Obfervations. 

Guillaume  Boufquet  de  Cavillon  Dioce- 
fc  de  Rhodez  âgé  de  55  à  60  ans  après 
avoir  effuyé  plufieurs  chagrins   domeili- 

aues,  tomba  malade  le  2)  Avril  dernier: 
entra  à  l'Hôpital  où  il  fut  faigné  deux 
fois ,  &  purgé  une  dans  l'efpace  de  5  à  6 
jours  ftns  aucun  fuccès.  Ayant  ordonné 
de  lui  administrer  les  Saeremens  le  3.  de 
Mai,  Mr.  le  Curé  ne  put  en  tirer  aucune 
parole  ,  ce  qui  m'obligea  !e  lendemain  de 
l'examiner  avec  plus  d'attention.  J'eus 
beau  l'appeller  par  fon  nom  ,  le  pincer , 
lui  tordre  les  doigts  ,  lui  arracher  les  che- 
tcux  ,  il  ne  donna  aucun  ligne  de  fenti- 
ment ,  tous  les  membres  étoient  foiiples , 
&C  je  le  croyois  apoplectique  ,  lors  que 
m'avifant  de  lui  relever  les  bras  ,  je  fus 
agréablement  furprisde  les  voir  relier  conf- 
tamment  dans  cette  fituation  :  je  levai  les 
jambes  &  les  cuiffes  avec  la  même  facili- 
té ,  ces  parties  relièrent  élevées  avec  le 
bras  &  le  tronc  que  i'avois  fléchi,  de  ma- 
nière que  toute  la  machine  n'appuyoitque 
fur  le  fondement.  J'ordonnai  qu'on  le 
levât  du  lit  pour  voir  s'il  marcheroit,  on 
Je  mit  debout ,  je  levai  1rs  bras  tout-à-fait 
huit,  &  le  pouffant  par  derrière  ,  je  l'o- 
iljgeai  à  faite  un  cm  XmAîs.  Kmsv  côté. 
'.aatôt  d'un  autre,  î\»N*ta\*raw*.wtiss». 


J  V    I    H       1711.  6j* 

le  pouflbît  :  le  bruit  s'en  étant  répan- 
dans  la  ville,  on  y  accourut  de  toutes 
■ts  ,  &  chacun  l'examinant  à  Ton  gré 
vant  fes  préventions  particulières  ,  ou 
convenoit  pu  de  la  flexibilité  des  mem- 
:s  du  malade  :  les  ubs  foùtenoient  qu'ils 
iient  en  convulfloli,  les  autres  lestrou- 
ient  lbuples,  &  quelques-uns  tenoient 
milieu.  Ce  qui  va  fans  doute  vous 
prendre,  Monfieut,  c'eft qu'ils avoient 
as  raifon  :  je  tevins  à  l'Hôpital  deux 
ures  après  ma  vifite  ,  où  j'obicrvai  que 
mâchoire  inférieure  étoit  en  convulfion, 
manière  qu'on  n'avoit  pu  lui  faire  ava- 
un  bouillon  ,  ni  la  potion  émeiique 
:  je  lui  avois  ordonnée  ;  je  trouvai 
is  ce  moment  un  peu  de  réfiihnce  à 
mvoir  les  cuifies  du  malade  ,  dont  les 
s  avoient  relié  affez  fouples ,  je  m'en 
ournai  fort  mécontent  de  mon  obfer- 
ion  par  rapport  à  l'hypothefe  que  je 
'îa  étois  formée  ci-devant  :  je  n'ofai 
r  que  ce  ne  fur  un  véritable  catalepti- 
î  ,  &  jecraignois  d'aflurer  qu  il  fûtépi- 

;'  ique  :  cependant  ne  pouvant  lui  faire 
idre  aucun  remède  par  la  bouche,  je 
retranchai  aux  lavemens  avec  l'émeti- 
trouble  ,  &  aux  ventoufes  fcarifîées. 
malade  refh  dans  cet  état  pendant  14 
res  au  bout  defquelles  il  commença  à 
tir   &  à  prononcer  quelques  paroles: 


Lies  i  Ë 


<6$6  Journal  ses  Sçavan 
les  membres  avec  violence  jufques 
fatiguer,  ainfi  on  ne  pue  pas  bien  s'a 
let  s'il  fc  reflouvenoit  de  ce  qui  s'étoit 
pane  lors  de  l'accident  ;  i!  relia  hebeté 
d'une  manière  à  ne  pouvoir  tirer  aucune 
couféquence  jufte  de  Tes  raifonnemerts.  il 
mourut  îc  o.  du  même  mois  vers  les  }  i 
4  heures  du  matin  ,  &  Jbn  cadavre  fut 
ouvert  l'après  midi  par  Mr.  la  Pejronie 
en  prefence  de  Mr.  Vicuffens  :  nous  boî- 
«mes  deux  corpsglanduleuxdelagroffeor 
d'un  gros  pois  fur  la  dure  mère  des  deux 
cotez  du  finus  longitudinal  ;  ces  corps 
glanduleux  avoient  tracé  deui  enfonce- 
mens  confiderables  au  dedans  des  deux 
pariétaux  ,  &  tout  le  tiffu  intérieur  do 
cerveau  étoit  imbû  d'une  fcroJité  étrange- 
te  ,  par  où  je  fus  pleinement  convaincu 
que  ce  malade  étoit  épileptiquc  &  cat». 
Jepiique  tout  enfemble,  mais  que  la  a- 
talepiie  tenoit  le  deiîus. 

Jean  Soladier  âgé  d'environ    quarante 
ans  habitant  de  la  ville  d'Agen  ,  &de  puil 
peufoldar  du  Régiment  dePoitou,  Com- 
pagnie détachée   de  Mr.    de  la  Roquette 
Capitaine  à  la  Citadelle  de  Montpellier, 
après  avoir  été  fatigué  d'un  long  voyage,    1 
&  chagrin  d'abandonner  fa  famille  ,    rut    I 
porté  fur  un  brancard  à  l'Hôpital  le  foîr    ' 
du  huitième  de  ce    mois.    11    étoit  fans 
terminent  &  fans  mouvemtw  ,  cwïunt 
pourtant  les  yeux,  &  «^ma  \»  *&-- 


Juin     Vftù  «s7 

tans",  8c  lors  qu'on  le  pinçoit  avec  violen- 
ce ,  il  ne  répondoit  rien  ,  Ton  pous  étoit 
naturel ,  &  h  refpiraiion  libre  :  je  jugeai 
d'abord  qu'il  étoit  csroiique  ,  je  me  con- 
tentai d'ordonner  pour  le  foir  une  potion 
cordiale  ,  le  lendemain  matin  le  trouvant 
à  peu  près  dans  le  même  état  ,  je  lui  Je* 
vai  les  de ui  bras  fans  aucune  réiîftance, 
&  je  fus  agréablement  futpris  de  les  voir 
relier  dans  le  même  état  où  je  les  met* 
tois,  Se  d'où  je  les  ôtois  avec  autant  de 
facilité  ,  en  prefence  de  Mr.  Gybérd  Doc- 
teur en  Médecine  de  nôtre  Uni  ver  fi  té  qui 
effaya  comme  moi  de  lever  tous  les  mem- 
bres :  je  n'eus  pas  la  même  facilité  à  mou- 
voir les  jambes  «  les  rafles  du  malade 
que  nous  trouvâmes  recouibées ,  il  falloir 
toute  ma  force  pour  pouvoirles  étendre.  La 
mâchoire  inférieure  eloit  dans  une  convul- 
fion  fi  forte  ,  qu'à  peine  trouvoit-on  un 
moment  pour  lui  faire  avaler  un  bouil- 
lon, de  manière  que  le  malade  relia  vingt- 
quatre  heures  fans  rien  prendre. 

J'ordonnai  des  ventoufes  fearifiées ,  la 
faignée  du  col  ,  Bi  le  vin  émetitjue  dans 
l'espace  de  trois  jours ,  après  quoi  les  ac- 
cidens  de  catalepfie  ayant  difpiru,  on  vit 
les  convulfions  de  toutes  les  parties  du 
corps ,  &  après  quelques  légères  évacua- 
tions par  les  felles  foutenuës  par  un  lave- 


,u  mois  coûtant.  Je  fis  ans  ru  ba 
it  le  Garçon  Chirurgien  de  l'Hôttft 
i  en  feiant  le  cràue  porta  la  fdef' 
qu'il  coup»  le  cerveau  par  le  mita! 
bout  à  l'autre ,  nous  trou  vains  M 
mère  un  peu  adhérante  au  pari#* 
le  finus  longitudinal  étoit  parfemBj" 
iïeurs  grains  glanduleux  de  la  p 
d'un  grain  de  millet ,  fituez  auiei 
tei  des  vaifleaux  îanguins  de  la  pt 
qui  vont  aboutir  danî  le  flous  Ion] 
na!.  Tous  les  vaiffeaux  de  la  pi( 
cioient  pour  le  moins  deux  fois  pli 
e  dans  l'état  naturel  ,  &  tous  i 
fang  ,  lequel  avoit  lâché  là  fero 
deflus  de  la  pie  mère  dans  tout  l'ir 
du  cerveau  ;  ce  qui  me  donna  o 
d'enlever  pat  le  feul  fecours  de  me; 
toute  1a  pie  mère  ,  avec  ces  vaincs 
Ce  dérachoienr  fans  neine  du  cerve! 


loi»     1711.  Cj9 

le  "cervelet  ,  étoit  i\  abreuvé  de  ferofité, 
que  nous  en  fîmes  fortir  environ  une  plei- 
ne coqued'œufen  laprefTantavec  le  doigt, 
ou  le  dos  d'un  fcnlpel. 

11  me  paroît  par  cette  Obfervation  que 
ce  foldat  étoit  plus  épileptique  que  cata- 
leptique ,  fur  quoi  je  (crois  bien  aife  de 
ft avoir  vôtre  avis,  je  fuis  avec  beau- 
coup de  conuderation  &  avec  toute  l'eflfc 
me  poffible. 

MONSIEUR, 


\A  MmlftUara  IS-  JàUn  1710. 

Lti  Camptgnts  de  Charles  XII.  Roi  ie  Suéde. 
Temt  quatrième  ,  contenant  ee  qui  s'cjl 
pajfi  depuis  l'Abdication  au  fini  Augufie  à 
la  Couronne  de  Pologne  ,  jufyu'ù  la  décla- 
ration de  guerre  du  Sultan  centre  h  CtMr 
&  l'  Soi  Aiigufle.  A  Paris ,  chei  Flo- 
rentin Delaulne  ,  rue  faint  Jacques ,  à 
l'Empereur.  1711.  in  11.  pagg.  384. 

A  V*nt  que  de  décrite  l'entrée  du  Roi 

■"■  de  Suéde  dans  les  Etats  du  Ciar,  M. 

de  Grimarell  expofe  les  tafoïtf,  (sjftVt^wi. 

Et  6 


É6b  Journal  dis  Sçavanï. 
de  Suéde  avoit  de  ne  pas  craindre  que  fort 
floignemcnt  lui  fut  préjudiciable.  11  don- 
ne enfuiîe  divers  ponraits  curieux  &  re- 
cherchez ,  qui  font  connoître  le  Czar  & 
fa  Cour  ,  Si  qui  en  font  concevoir  des 
idées  allez  différentes  de  celles  qu'on  en 
aroit.  Il  commence  par  une  Hiftoire  a- 
bregée,  mais  bien  circonftanciée  de  Jean 
Reinoiid  Paikul ,  qui  ayant  été  Unie*  au 
Roi  de  Suéde  par  le  Roi  Augufte  ,  fui- 
vant  le  Traiié  d'AIt-Ranfiat ,  fut  rompu 
vif  au  Camp  de  Scupla.  Il  obferve  que 
Je  Ciar,  qui  croit  avoir  de  l'obligation  à 
Patfcul  ,  ne  fonge  point  a  lui  qu'il  ne  ré- 
pande des  larmes ,  affligé  de  n'avoir  pu 
lui  marquer  fa  reconnoiffance.  M.  de  Gri- 
mareft  parle  enfuite  des  vertus  8c  du  ca- 
ractère de  ce  Monarque.  „  Les  Mofco- 
»  vites,  dit -il,  regardent  comme  un  choir 
„  du  Ciel,  en  la  perfonne  du  Ciar,  que 
„  ce  Prince  ait  été  deftiné  pour  leur  aller 
M  chercher  lui-même  dans  les  Pais  étran- 
„  gers  les  moyens  d'introduire  les  ArtsSî 
„  les  Sciences  dans  fon  grand  Empire.-  E- 
„  lonnez  de  voir  depuis  ce  temps-là  tant 
„  de  nouveautez  extraordinaires  &  utiles, 
„  ils  en  donnent  tout  le  mérite  à  leur 
„  Maître.  11  a  déjà  chalTc  d'une  partie 
i,  de  fes  Etats  l'ignorance  barbare  qui  y 
„  regnoit  :  C'eft  ,  diCent  les  Mofcovites, 
..  par  fes  Immwcs  raxwtWfà  ,    lm\S£€« 


J    »    I    » 

'„  voyageant ,  que  le  Ciar  a  mis 
,,  ces  de  mer  &  de  terre  dans  leur  per- 
„  fection —  Del'attentionqu'ila  de  faire 
,,  trouver  l'abondance  dans  fon  Camp;  de 
„  la  faire  durer  ;  de  rechercher  dans  tou- 
„  tes  les  parties  de  l'Europe  des  Gcne- 
„  taux  ôf  des  Officiers  particuliers  ,  qui 
„  (cachent  la  guerre  ,  pour  conduite  les 
„  troupes,  ils  concluent  que  c'en  un  grand 
„  Général  :  de  Ta  prefence  &  de  fon  ar- 
„  deur  dans  les  actions ,  ils  le  reconnoif- 
„  fent  pour  un  véritable  Soldat  :  de  Ton  ' 
„  tempérament  robufte  ,  du  peu  de  foin 
„  qu'il  a  d'avoir  une  table  Ibmptucufe  Sr 
„  délicate,  du  plaifir  qu'il  refont  de  prê- 
„  ferer  les  fatigues  de  la  guerre  au  féjour 
,,  agréable  de  Mofcou  ,  ils  le  regardent 
„  comme  un  Prince  né  pour  la  gloire  des 
„  armes  :  enfin  de  fon  humeur  aSàble, 
,,  facile  ,  bienfaifante  ,  attentive  ,  ils 
„  croyent  qu'il  ne  lui  manque  aucune  des 

„  vertus  qui  forment  l'Heroïfrae II 

„  eft  certain  ,  ajoute  l'Auteur ,  Il  nous 
„  en  croyons  ceux  qui  ont  approché  fa 
„  perfonne  ,  que  !e  Czar  a  beaucoup  de 
„  grandeur  dans  les  fentimens ,  6c  une  in- 
,,  clination  déterminée  de  les  régler  fui 
„  ceux  d'un  grand  homme  ,  &  fuivant  I.i 
„  politeffcdes  autres  Princes  de  l'Europe. 
j»  J* P*!F*  >  dit-il  fouvent  lui-même,  pmr 
,,'  un  Prince  barbare  chez,  mes  ennemis  -,  mait 
M  je  veux  faire  voir  U  tontta\n  *  twu*  V» 
Ec  7  m**1 


RSî  Journal  dis  S  ç 
„  terri."  Nous  voudrions  pouvoir 
porter  les  exemples  qui  fuivent  ce  Dif- 
conri,  &  qui  paroiffent  en  prouver  h  ve- 
rinf.  Mais  nous  ne  nous  étendrons  ni  fur 
legouvernementduCzar,ni  fur  les  bonne! 
qualité?,  du  Prince  ion  fils;  nous  laiderons 
auflj  aux  Lecteurs  le  foin  de  s'inftruiredans 
le  Livre  même  ,  des  earaéteres  perfonels 
du  Prince  Menfikou,  du  Comte  Golotsfci, 
Grand  Chancelier,  de  Knés  Dolhoaioftî , 
&  des  Sieurs  Schaffirof  ,  &  Lcwcnwold, 
qui  occupent  les  premières  places  dans  le 
Confeil  du  Ciar. 

Lorfque  le  Roi  de  Suéde  commença  à 
marcher  vers  la  Mofcovie  ,  fes  forces  é- 
toient  partagées  en  trois  corps.  L'Armée 
qu'il  conduifoit  lui-même  étoit  compofee 
de  huit  mille  quatre  cens  chevaux  ,  de 
quinze  mille  quatre  cens  cinquante  Dra- 
gons ,  &  de  dix-neuf  mille  quatre  cens 
Fantaflïns  :  ce  qui  faifoit  une  Armée  de 
quarante-trois  mille  deux  cens  cinquante 
hommes.  Celle  du  Général  Lewenhaupt, 
qui  devoit  joindre  Sa  Majeflé  Suédoife, 
croit  de  trois  mille  chevaux  ,  de  quatre 
mille  neuf  cens  Dragons ,  6c  d'onie  mille 
quatre  cens  Fantaffins  ,  qui  compofojent 
une  troupe  de  dix-neuf  mille  trois  cens 
hommes.  Et  enfin  le  Généra!  Meydel 
avoit  fous  fon  commandement  en  Finlan- 
de ,  une  /Vmée  àt  tiens  mille  fept  ceni 
hommes ,  qw  coift&o\«ACfc^v\v.TOï.. 


Juin    1711.  66^ 

le  chevaux  ,  en  treize  cens  Dragons ,  & 
en  huit  mille  Fantaffins. 

Le  7  Février  1709.  Charles  s'avança  a* 
vec  fix  cens  Cuiraffiers ,  &  s'empara  de 
Grodno  ,  où  il  fe  défendit  le  lendemain 
contre  deux  mille  Mofco  vîtes,  qui  et  oient 
venus  le  furprendre.    Il  partit  de  Grodno 
le  dix,  &  commença  la  marche  la  plus 
difficile  qu'on  puiffe  imaginer.    Le  pais 
étoit  ferré  ,    coupé  ;    le  Czar  ravageoit 
toutes  les  contrées  que  les  Suédois  dé- 
voient traverfer  ;  &  quand  il  en  trouvoit 
l'occafion  il  leur  faifoit  tête.    Le  Roi  de 
Suéde  furmonta  tous  ces  obftacles.  Le  25 
de  Mai  il  paffa  la  Berezina  ,  &  ayant  at- 
teint l'Armée  des  Mofco vites  le  10  Juillet 
à  Holoffin ,  il  l'attaqua  &  la  défit  entière- 
ment ,  quoi  qu'elle  fut  retranchée  derrière 
le  canal  de  Vabitz.    On  lira  avec  plailir 
le  détail  de  cette  a  ai  on.    Ce  fut  le  Roi 
de  Suéde  qui  en  perfonne  commença  l'at- 
taque. „  Toujours  impatient  de  vaincre, 
j,  il  ne  put  gagner  fur  lui  d'attendre  fes 
„  pontons ,  que  l'on  ne  put  faire  avancer 
„  aflez  promptement ,  parce  que  le  che- 
„  min  avoit  été  rompu  par  des  pluyes 
„  continuelles.    Ce  Prince ,  pour  encou- 
„  rager  fes  Soldats  à  le  fuivre  ,  fe  jetta 
„  le  premier  dans  le  canal ,  où  Ton  a- 
„  voit  de  l'eau  jufqu'aux  aiflelles  ,  &  le 
,,  paffa  heureufement.    Les  Soldats ,  les 
j,  armes  far  h  tête  »    imîtetctà.  ww.  *«.- 


» 


B64      JOURNAÏ   Bit   Sç 

',.  deur  le  Roi  leur  Maître.  Mais  le  raa- 
„  Mis  qui  bordoic  le  canal  du  côté  de  l'en- 
„  nemi  ,  donna  beaucoup  plus  de  peine 
„  a  traverser,  &  on  ne  put  le  faire  fans 
„  de/ordre.  Cependant  malgré  ces  diiH- 
„  cultei  &  le  feu  continuel  du  canon  des 
„  ennemis  ;  Sa  Ma j elle  Suédoifc  gagna 
„  le  terrain  entre  les  ailes  des  Mofcovi- 
„  tes,  &c.  Au  commencement  de  l'ac- 
„  tion  ,  elle  combattoit  a  cheval  ;  mais 
„  ayant  rencontré  le  Capitaine  Gyllenf- 
„  tierna  blefië ,  elle  lui  donna  fon  cheval, 
„  &  elle  continua  de  commander  à  pied, 
„  toujours  au  milieu  du  plus  grand  feu." 
Les  Mofcovites  perdirent  dans  ce  combat 
quatre  mille  hommes  ;  &  les  Suédois, 
ieuï  cens  foiiante-cinq. 

Depuis  cette  Journée  il  y  eut  fou  vent 
3es  combats  entre  les  Suédois  &  les  Mof- 
covites.  Le  Roi  de  Suéde  pafla  le  Borif- 
thene  ,  &  fuîvit  fon  chemin  :  le  ij  Sep- 
tembre il  étoit  déjà  à  treize  lieues  de  ce 
3euTC  La  Cavalerie  &  l'Infanterie  Mof- 
:ovite  furent  battues  l'une  après  l'autre; 
k  le  Ciar  pourfuivi  ayant  été  contraint  de 
è  retirer  à  Smolenslto  ,  il  y  eut  une  ac- 
ion  très-vive ,  dont  tout  l'honneur  de- 
meura aui  Suédois.  Après  un  repos  de 
luit  jours ,  ils  commencèrent  une  marche 
'e  trois  femaines ,  au  travers  des  bois  & 
ts  marais.  Sa  Ma\efté  ïiVLÉàwfc  uafla  la 
'ierc  à  Novo&tQc\«.V. ,  çttYK!ra,«  *«. 


•V 


tj  u  I  «  1711. 
nemîï.  „  Mais,  dit  l'Auteur,  c'eft  u 
„  ne  chofe  éionnanre  comme  celte  entre- 
„  prife  réufiir.  Les  bords  de  cette  rivière 
„  étoient  tellement  efearpez,  qu'il  falloit 
„  defeendre  avec  des  cordei  les  Soldats 
„  qui  dévoient  iraverferavec  des  radeaux. 
,,  Quand  cinq  ou  i:x  de  ces  radeaux  fu- 
„  rent  paflez,  les  ennemis  au  nombrede 
„  deux  mille  nommes  d'Infanterie  ût  de 
„  quatre  mille  Dragons,  vinrent  attaquer 
„  les  Suédois:  il  y  eut  un  carnage  affreux 
„  à  cette  attaque  ,  &  ceux-ci  quoi  que 
„  beaucoup  inférieurs ,  ne  laifferent  pas 
„  de  fe  maintenir  fur  !e  bord  de  U  rivière 
„  dont  ils  s' étoient  emparez." 

Les  Mofcovites  n'ayant  pu  détruire 
l'Armée  du  Roi  de  Suéde,  leur  reflburce 
étoit  de  défaire  au  moins  celle  du  Général 
Lewenhaupt  ,  qui  n'avoir  encore  pu  le 
joindre.  Le  Czar  trouva  le  8  d'Oétobrs 
près  du  village  de  Lezno  ,  l'occafion  fa- 
vorable de  combattre  ce  Général.  L'ac- 
tion dura  julqu'à  la  nuit  1  &  quand  les 
Mofcovites  fe  furenr  avancez  le  lendemain 
pour  recommencer  le  combat ,  ils  trouve* 
rent  le  Camp  vuide  .  &  les  ebariots  brû- 
lez ,  le  canon  encloiïé.  A  h  faveur  des 
ténèbres  le  Général  Lewenhaupt  avoit  re- 
pris la  route  du  Camp  du  Roi  de  Suéde, 
où  il  fe  rendit  peu  de  temps  après.  Le 
Czar  remporta  cette  victoire  avec  quatre- 
vingt  mille  hommes,  &t  e\\t\\\\  «ivs»»- 
plus  de  quinze  mille.  V*> 


666  Journal  ces  Sçava 
Le  Roi  de  Suéde  après  avoir  t 
are  qu'on  levât  dans  l'es  Etats  U 
hammt ,  alla  en  Ukraine  au  moi 
vembre  ,  &  y  fit  avec  les  Col 
Traité,  par  lequel  ilss'obligerem 
nir  des  vivres  à  fou  Armée  ,  & 
tain  nombre  de  troupes.  Il  pat: 
dans  de  fort  bons  quartiers ,  &  il 
en  marche  dès  que  le  temps  le  h 
Le  6  Mars  il  délit  un  corps  coi 
des  troupes  du  Czar  ;  après  qi 
vança  vers  Pultawa  ,  polie  ai 
qu'il  lui  impottoit  beaucoup  d 
C'eil  une  Place  fituée  fur  la  rivière 
kla.  Les  Mofcovites  l'avoient 
&  y  avoient  mis  une  garnifon  à 
dix  mille  hommes.  Le  Roi  de 
entreprit  le  fiege.  Cette  entre[ 
d'autant  plus  dangereufe,  que  le 
toit  pas  loin  ,  &  qu'il  avoit  pris 
de  rifqner  toutes  fes  forces,  poi 
cher  les  Suédois  de  pénétrer  p 
dans  fon  pais.  Dans  ce  deflein 
Vorskla  avec  toute  fon  Armée  , 
pa  à  une  demie  lieue  de  l'Armée 
Sa  vue  étoit  de  l'attaquer ,  mai 
de  Suéde  le  prévint ,  &  alla  le 
jufques  dans  fes  retranchemens , 
Juin ,  ou  le  8  de  Juillet  nouveau 
Nôtre  Autcui  neoext  toutes 
^  cularitez  de  cette  gnn&cVyatnfc) 
Jjj  malheureufe  ooaï\w  ï>ttfc*.w 


]   »    <»     '711.  «07 

i  avoit  prodigué  fa  perfonne  dan»  le»  au 
nues  de  Puliawi ,  Se  qui  y  no-.t  t:^i 
,e  blelfure  dangereufe  aa  pied  ,  ne  pot 
mbattre  à  la  lëte  de  fon  Armée  cora- 
e  il  l'auroit  fouhaité  ,  cependant  il  rou- 
:  y  être  dans  une  chaife  attelée  de  deux 
evaux.  11  fit  avancer  fièrement  fe»  trou- 
s.  „  Le  feu  fut  terrible  de  pan  fit 
d'autte  ;  mais  une  volée  de  canon  em- 
porta les  deux  chevaux  de  la  chaiic  du 
Roi  de  Suéde.  Ce  Prince  y  en  fi:  at- 
teler deux  autres,  fans  s'émouvoir;  & 
tout  occupé  de  fon  Atmée  ,  il  conti- 
cuoit  d'en  obfcrver  toui  1«  mouve* 
mens ,  &  d'animer  fes  troupes ,  quand 
une  féconde  volée  de  canon  KftVCrfi 
h  cttaife  &  le  Prince,  de  manière  que 
les  Officiers  qui  étoient  prés  de  lut* 
craignant  pour  fa  perfonne  ,  laifuctit  ce 
moment  pour  l'arracher  au  péril  "Ù  elle 
étoit.  Cet  événement  qui  lut  apperfa 
de  prefque  toute  l'Armée,  fan»  fcwoff 
précilcment  quel  étoit  le  fort  de  fon 
Roi  ,  confterna  les  Soldais  ,  rallemit 
leurs  mouvemens ,  les  épouventa  mi- 
me ;  de  forte  que  manquant  d'ailleurs 
de  poudre  pour  répondre  au  feu  Ait 
Mofco  vires  ,  ceux-ci  après  une  demie 
heure  de  combat  renverfereet  les  Sué- 
dois; &:  fans  s'y  attendre,  &  peut-être 
fans  s'en  appercevoir  Qir\s\e.  t 
les  rompirent,  StleimitetAti 


«OS»* 


„,Li.icaez  d'ans  cette  nouvelle  guerre; 
développent  des   mylleres  cachez  juf- 

qu'alors Le  Roi  de  Suéde ,  le  Roi 

de  Pologne  ,  le  Sultan  ,  Je  Kam  des 
Tartares  agrfient  d'un  côté  :  de  l'autre, 
le  Roi  de  Danemark,  le  Roi  Auguile, 
le  Ciar ,  &  leurs  alliei  Te  mettent  ea 
aélion.  Voila  de  belles  apparences  pour 
de  grands  éveneraens  -,  Si  le  Héros  qui 
les  a  préparez  s'y  fera  connoître  suffi 
ferme  ,  aufli  courageux  ,  auffi  grand 
qu'il  l'a  toujours  été.  Les  Puiflancei 
qui  connoiflent  l'injuftice  de  leurs  def- 
feins ,  font  troublées  à  fon  approche. 
Les  peuples  qui  gemiflent  fous  le  poids 
d'une  guerre  odieufe  ,  font  des  vœux 
pour  le  fuccès  de  fes  armes.  Il  femble 
enfin  que  le  retour  de  ce  grand  Prince 
annonce  1»  paix  à  l'Europe." 

necdota  Grsec*  ,  quœ  ex  MSS.  Coditi* 
bus  nunc  primum  croit ,  [Latio  donat, 
Notis  &  Difquifitionibusauget  Ludo- 
vicus  Antonios  Mukatoriui, 
Serenïff.  Raynaldi  1.  Ducis  Mutina; ,  &c. 
Bibliothecatius.  F*taviï,  Typisicminarii, 
1700.  opnd  Jatmtm  Manfri.  C'eft- 
à-dire  :  Anttdetes  Grenues  ,  tirées  dt 
fixfaun  Manuferiti  ,  induites  en  Lu- 
tin ,  «y  aK>mji*gnies  de  Notes  çr  dt 
Dijferwiom.  Par  Louis  Muratori,  Bi- 
blïotheiair*  dit  Duc  de  Modem,  hïïàn\£t 


670     Jovrua-  - 

de  l'Imprimerie  du  Séminaire  ,    chez 
Jean  Manfré.  170p.  in  4-  PP-3fiJ. 

Vf  R.  Muratori  a  déjà  publié  deux  volu- 
me»  d'Anecdotes ,  &  il  nous  fait  efpe- 
rer  que  ce  troiiïéme  qu'il  nous  donne 
aujourd'hui  fera  fuivi  de  plufieurs  autres. 
Les  Pièces  qu'il  a  raflemblées  dans  ce 
nouveau  Recueil  font  toutes  Gre'ques. 
CCXXVIII.  Epigrammes  de  faint  Gré- 
goire de  Nazianze  ,  qui  n'avoient  point 
encore  paru,  en  font  la  principale  partie. 
L'Editeur  en  a  tire  la  plupart  d'un  Manus- 
crit de  la  Bibliothèque  Ambrofiamc  ,  au- 
quel il  attribué  plus  de  700  ans  d'ancien- 
neté. Il  nous  averrit  de  plus ,  que  divers 
Sçavans  ont  contribué  à  renrichûTement 
de  cette  Collection.  De  ce  nombre  eft 
l'illutlre  M.  Boivin,  l'un  des  Gardes  de  la 
Bibliothèque  du  Roi  de  France,  3c  qui  a 
fi  bien  mérité  des  Lettres  Gréques  par  fa 
belle  Edition  de  Gngoras.  Il  a  bien  voulu 
communiquer  à  M.  Muratori  plniîegrs 
Poëlies  de  faint  Grégoire  ,  estrair.es  fidè- 
lement de  diflerens  Manufcrits  ,  fans  ou- 
blier d'y  joindre  les  diverfes  leçons.  D'un 
autre  côté  ,  M.  Salv'mi  ,  Profefleur  de 
Rhétorique  à  Florence,  &  l'un  des  plus 
habiles  de  l'Italie  dans  la  Langue  Gréque,  1 
a  tiré  de  plufieurs  Manufcrits  que  l'on 
conferve  dans  la  Bibliothèque  de  Médi- 
cis  t    quelques  ¥'ie.«s  it  -sufeBa  i*enre,    | 


J   U    I   N      IfWÏ  6>i 

nt  il  a  fait  pan  au  nouvel  Editeur. 
La  plupart  des  Epigrammes  qui  paroif- 
it  dans  ce  volume,  font  deftinées  a  ho* 
jrcr  !a  Mémoire  des  défunts,  Se  peuvent 
(Ter  pour  autant  d'Epitaphes.  Il  y  en  a 
a  fleurs  qui  roulent  fur  un  même  fujet, 
qui  par  leur  variété  font  connoître  la 
:ondité  du  génie  de  faint  Grégoire  ,  8e 
itnbien  il  avoit  de  talent  pour  la  Poê'fiev 
s'en  faut  bien  cependant  que  toutes  lej 
pigrammes  qui  appartiennent  à  une  mê- 
e  matière  foient  de  la  même  force  ;  ce 
11  fait  juger  que  l'Auteur,  en  les  jettant 
différemment  fur  le  papier,  n'avoit  pai 
rflein  qu'elles  vi  fient  toutes  le  jour,  8î 
étendoit  feulement  faire  ufage  de  celle* 
li  fembleroient  les  meilleures.  Quoiqu'il 
ifoit,  on  ne  doit  pasêtre  furprîs  d'en 
Duver  quelques-unes  écrites  d'un  flyle 
piple  8c  négligé  ,  fur-tout  fi  l'on  faitré- 
:xion  que  des  regrets  funèbres  ne  com- 
muent guéres  les  ornemens  d'une  diéiion 
:urie.  Au  regard  des  Epigrammes  que 
int  Grégoire  a  compofées  contre  le  cul- 
outré  de*  Martyrs,  on  peut  dire  qu'el- 
s  fentent  le  jeune  homme.  Le  ftyle  en 
t  tout-à-fait  profaïque ,  8c  feroit  à  peine 
pportable  dans  un  Poème  Comique,  ou 
ms  un  Poëme  Satyrique.  On  a  crû  né- 
imoins  qu'elles  mérit  oient  d'autant  mieux 
être  publiées,  qu'elles  peuvent  fervir  à 
pus  inflruirc  de  quelques  ÇMÙv&Kttwx 


fiyi       JoWiNAl   DES    SçaVaK! 

concernant  le  fiecle  où  elles  ont  été 

Ces  Epigrammes  font  accompagnées  oi 
Notes  qui  éclairciflënt  les  endroits  diffia- 
les,  &  d'une  Verfîon  Latine  littérale,  ri 

Il'on  s'apperçoit  que  M.  Muratori  ,  qui 
en  efi  Acteur,  a  Tacrifié  presque  toiiWu 
l'élegartee  a  l'exactitude  8c  | 
dans  la  vue  (comme  il  le  déclare  lui-mt- 
me)  de  rendre  cette  traduction  plu!  uti,'c 
aux  Lecteurs.  Tout  cela  eit  fujvidtttois 
DirTertations  de  l'Editeur ,  au/quelles  ont 
donné  occafion  les  fujets  de  plufieurs Epi- 
grammes  de  faint  Grégoire  ,  dont  1  en- 
tière intelligence  luppofe  qu'on  foit  au 
fait  de  certaines  coutumes  établies  dans  la 
ptemiers  fledes  de  l'Eglire.  Telle  étoit 
celle  qui  autorifoit  une  forte  de  focieté en- 
tre deux  perfonnes  de  différent  fexc  non 
mariées  ,  qu'on  appelloit  Synifoéles  ou  A- 
gapetts  (Simwilïf  OU  AytOTTsir)  c'cfl-à- 
dire  ,  HabUans-mft'nblt  ou  Bimmimit.. 
Telle  ctoit  encore  la  coutume  des  Fefr 
tins  quon  celebroit  aux  Tombeaux  ia 
Martyrs  ,  &  qu'on  nommoit  Agapn 
(AV«Wc)  C'eft  donc  à  la  difeuffion  de 
ces  points  que  font  employées  les  deux 
premières  DifTertations,  addreffées,  l'une, 
au  R.  P-  di  Msntfiutem  ;  l'antre  ,  à  M. 
floivin,  dont  nous  venons  déparier.  Dans 
.a  troifiéme,  écrite  à  M  Fontmini,  l'Au- 
teur ttake  à«  iwiHiï  S^ikxct  dej  "  " 
tyts      EnttOM  cAïAsc^à^ihiV 


s  dej  Mar*      1 


Juin    171T.  «?3 

divers  articles ,  en  commentant  par  les  A- 
gapèiti  on  Synifatlts. 

Ces  Agapitts  étoient  pour  l'oidinaircdes 
Moines  faifant  profeffion  du  célibat,  qui 
s'afl'ocioient  à  des  Vierges  confacrées  à 
Dieu,  fous  prétexte  de  pourvoir  a  leurs 
befoins  fpirituels  &  temporels  ;  &  qui 
pour  leur  marquer  un  attachement  plus 
parfait ,  non-feulement  habîtoient  avec 
elles  fous  un  même  toit ,  mais  logeoient 
fouventdans  une  même  chambre,  &  cou-- 
choient  dans  un  même  lit  ;  couvrant  ces 
familiarité!  du  nom  fpécieux  d'amitié  fra- 
ternelle ,  &  de  charité  Chrétienne.  Ces 
Moines  n'étoient  pas  de  ceux  qu'on  ap- 
pelloit  Cénobites,  ou  vivants  en  commun,' 
ni  de  ceux  qui  fe  confinoientdans  les  fo- 
litudes.  Se  qui  font  connus  fous  les  noms 
à'Uirmitei  5c  A' Anachorètes.  Cetoient  des 
Moines  vagabonds  ,  qui  fans  vouloir  s'af- 
fujettir  à  l'autorité  d'un  Supérieur ,  ni  re- 
noncer abfolument  au  commerce  du  mon- 
de, fe  reliraient  deux  ou  trois  enfemble 
dans  des  cellules  ,  d'où  ils  fe  refervoient 
!a  liberté  de  fonir  quand  il  leur  plaifoit» 
6c  de  fe  tranfplanter  ailleurs.  On  les  ap- 
pelloit  Sarabaïtts  ;  ils  demeuraient  dans 
les  villes  &  dans  les  château*;  &  ils  fc 
diftinguoient  (dit  ftint  Jetimi)  parune: 
terieur  affeété  ,  par  la  largeur  de  lei 
manches ,  parla  Forme  de  leuw  àasS 


I 

; 

s 

ils  fe 
unex> 

c  leurs 


,  I 

■  les  vifi. 


1674  JonRNil  DES  SçaVANS. 
par  leurs  fréquens  foupirs ,  &  par  le 
tes  affidues  qu'ils  rendoient  aux  Vierges. 
Celles-ci ,  quoi  que  confacrées  à  Dieu, 
n'étoient  pas  encore  cloîtrées  ;  h  plupart 
vivoient  dans  des  maifons  particulières, S: 
fous  la  conduite  de  leurs  parens  :  car  « 
na  fut  (.dit  l'Auteur)  qu'au  IV.  fîeclc 
qu'elles  fe  retirèrent  dans  des  Courais,* 
qu'elles  s'engagèrent  par  des  vœu»  plus  6- 
lemnels.  Les  Moines  n 'croient  pas  la 
feuls  Jgapiiti  ;  planeurs  Ecclefiattiqucs 
embrafloient  le  même  genre  de  vie.  On 
«n  Trouve  divers  exemples  dans  les  pre- 
miers fiecles  de  l'Eglifc  ,  entre  autres  ce- 
lui  de  Paul  de  Samofatt  Patriarche  d'Antre.- 
.die  ,  qui  peimettoit  à  fes  Prêtres  8c  à  fes 
Diacres  d'avoir  chacun  Ton  Agupé 1 1  oo  fa 
Sitn-aimée  ,  &  qui  pour  fa  part  en  avoir 
deux  des  plus  jeunes  &  des  plus  jolies, 
qu'il  nieuoit  avec  lui  dans  tous  fes  voya- 
ges. H  pnroit  que  ces  Societez  À'Agtpi- 
:es  s'étoient  formées  même  avant  Ietempi 
de  faint  Cyprien  ,  puifquil  en  eft  parle 
dans  Ttrmllim  ,  &  dans  le  Livre  à'Htr- 
mas  ,    intitulé  It  Pafieur.    L'Auteur  eft 

Îierfuadé  qu'elles  tiroient  leur  origine  dt 
a  Phîlofophie  Platonicienne  ,  qui  recon* 
noilToit  une  elpcce  d'amour  pur,  entière* 
ment  dégagé  de  la  matière  ;  &  il  foup- 
conne  qu'on  autorifoit  cette  coutume  par 
quelques  patt^wàç  ^ww^wà  , 
celui 'd  de,  U  çwme^  ÏJ-Saft  wn.Ç«fcr 


Juin     1711.  C7Î 

biens    (Chap.   ix.)     Wavons-noui  pas    h 

tinfi  qu'in  ufcnt  In  aatns  Apitrei?  Les 
iefordres  infeparables  de  ces  focietez,  & 
le  fcandale  quelles  cauibient  dans  l'Eglife. 
ont  obligé  lesPeres  à  fefouleverdeiempî 
en  temps  contre  un  pareil  abus.  S.  Gré- 
goire de  Nazianze  s'eft  appliqué  à  le  com- 
battre ,  comme  on  le  voit  par  plulîeursde 
Tes  Epigrammes  ;  &  les  Conciles  en  ont 
procuré  la  reforme  par  divers  Canons ,  que 
rapporte  M.  Muratorî.  Du  refle  ,  il  s'ef- 
force de  montrer  que  le  célibat  des  Prê- 
tres eft  de  la  plus  ancienne  inftitution;  & 
il  défend  un  Canon  du  Concile  d'Atlei 
contre  la  cenfure  du  célèbre  M.  Dod-wel. 

Dans  la  féconde  DiiTertation  ,  il  pa(Te 
des  Agapitts  aux  Agapes ,  qui  étoient  des 
repas  en  ufage  parmi  les  premiers  Chré- 
tiens ,  5c  deftinez  à  ferrer  entre  eux  de 
plus  en  plus  les  liens  d'une  charité  mutuel- 
le ,  comme  le  nom  même  le  fait  voir. 
Ces  repas  étoient  célébrez  dès  le  temps 
des  Apôtres,  qui  par  là  vouloient  renou- 
vellerle  fouvenirde  la  Cène  qu'ils  avoient 
faite  avec  J.  C.  Ces  Agapes  ne  tardèrent 
guéres  à  dégénérer  de  leur  première  fairt- 
teté,  ptiifipe  faint  Paul  &  faint  Jude  blî> 
moient  déjà  les  abus  qui  s'y  gliffoient  in- 
fenfibkment.  L'Auteur  s'arrête  peu  fur 
cette  première  efpece  A'Agtyti,  ^<aw^t- 
air  3  h  féconde  ,  dont  il  ttiiXt  ^s»  "V 
F  f  •>.  Ssmft 


&l6       JOTJRNM   DES    Sç»TXKJ, 

fond.  C'étoient  des  feftins  inftitun  en  I 
l'honneur  des  faims  Martyrs,  &  que  l'on 
elebroit  principalement  Je  jour  de  leur 
laiflance,  proche  de  leurs  tombeaux,  on 
ans  des  Eglifes  qui  étoient  dédiées  fou 
:ur  nom.  L'Auteur  prétend  que  cïroi'r 
me  cérémonie  empruntée  des  feftins  fu- 
nèbres du  Paganifme  .  &  que  l'on  avoit 
fanélifice  en  quelque  façon  parla  fin  que 
l'on  s'y  propofoir.  Mais  l'yvrognerie  tt 
la  dilTolutîon  s'y  étant  peu-à-peu  introdui- 
tes ,  on  fut  obligé  de  l'abolir;  &  c'eft  à 
quoi  travaillèrent  efficacement  diversCon- 
ciles.  M.  Muratori  parcourt  les  révolu- 
tions arrivées  à  cette  occafion  en  Orient, 
à  Rome,  en  Afrique  ,  &  à  Milan.  On 
confeiva  néanmoins  quelques  veftigesde 
ces  Jig*fes  dans  les  repas  que  les  Chrétiens 
faifoient  cheieui  les  jours  coniacrez  icci 
mêmes  Martyrs- 

L'Auteur  fait  voir  dans  fa  troiGémi 
Differtation  ,  qu'anciennement  on  enter- 
roit  les  Chrétiens  dans  les  Eglifes  ,  &  que 
-'"toit  une  coutume  reçue  non-feulement 
Occident,  mais  aulïï  en  Orient,  com- 
me il  paroît  par  quelques-unes  des  Epi- 
grammes  imprimées  dans  ce  volume.  I! 
parle  après  cela  des  abus  qui  fe  commi- 
rent dans  cette  forte  de  lepulturc  ,  &  qui 
confident  en  cequ'on  accordoit  également 
cet  h»nneu\  a.  des  \mc\ts,  ï*  1  d«  Payens, 

irjt  les  coipî  ït  Uûmnowss.  whWW. 


.  J.  Rosini  Lemtilii  Archiatri 

'urtembergiti  in  fede  Ducali  Proio- 
lyfîci,  Académie  Leopoldir.o  lmpe- 
lalis  Naturœ  Curioforura  collegas  ,  0. 
Oribafii  Eteodromui  Medico- 
Prac'ticui ,  anni  1709.  exhibens  cjuid 
Cngulis  dicbus  per  integrum  ilium  an- 
Eiim  in  fundionc  fua  Medica  uni  ta 
praxi  quam  in  rébus  ad  Phylkam  pu* 
tincntibus  actum  fil  ;  curationes  nera- 
pe  morboium  ,  confilia  ,  Liiteiaii» 
commercia,  infperSîones  légales,  aper- 
turas  corporum  demortuorum  ,  vifita* 
tiones  officinarum,  &  alia  Naturam  Si 
Artem  illuftrantia  ,  in  uiiim  praflico- 
rum  juniorura ,  &C.  SturgardU,  fumfti' 
bm  Mtfltrianit  ,  cxcudeiai  Paulin  Treu  , 
AttU  £J  Cttri*  TyjngmphM.  C'eft  à-dire: 
Dtttùt  de  ce  que  Al,  Rofinus  LentilJUJ 
Douleur  en  Médecine,  a  fuit  de  plat  tonfi- 
dirait* par  rapport  à  l'exercice  defonArt, 
ehaqu:  jour  de  l'année  l7oy.  i*ni  en  et 
tjui  rtgardt  tet  maladies  qu'il  a  traitées, 
Iti  cjiifaltaiioKS  ,  jii  commerces  di  Lellrti , 
les  cadavres  qu'il  a  ouverts,  qui  pluJieurS 
autres  points  concernant  l'cctaircijfemenl  dt 
la  Phy/ique  ,  (y  ternemem  de  U  Méde- 
cine. A  Stutgard  ,  aux  dépens  de  Mé- 
fier ,  m  de  l'Imprimerie  de  Paul  Treu. 
ol.  in  4.  pp.  !o. 

H. 


ûSo       JoURNAl  DES   SçAV  akî. 

T  'AtFTEim  ne  nous  donne  ici  qu'nnc-l 
■"  chantillon  de  ce  qu'il  nous  annonce! 
dans  fon  titre.    Il  s'en  tient  au  mois&l 
Janvier  1700,   &  promet  de  donner  bien-  I 
tôt  les  autres.    Nous  ne  donnerons  not 
plus   qu'un  échantillon  du  mois    dont  - 
nous  hit  paît.     Le    commencement  ée 
l'année  1709,  dit-il ,    fut   femblabïe  i  ii 
fin  de  l'année  170S.     Avant  &  apihït- 
quinoxe  d'Autonne  de  1708,   la  tempera- 
titre  de  l'air  fut  chaudeor.  feche,  &  on 
fit  peu  de  vin  cette  année-là.     Une  gr»D- 
de  gelée  furvint  vers  la  fin  d'Octobre*  S 
au  mois  de  Novembre  il  y  eut  plufieon 
phyes  ;  le  Ciel  étoît  rempli  de  nuages, 
&  il  regnoit  un  brouillard  épais  ,    qui  1- 
▼oit  comme  une  odeur  <i'emfyrtume ,  ou  de 
brûlé.    En  Décembre  il  tomba  force  nci- 

fe,  &  la  gelée  fut  grande.  Sur  la  fin  de 
année  arriva  un  dégel  ,  &  le  temps  de- 
meura doux  dans  le  commencement  de 
1709.    Cette  difpofition    d'air  fut  accom- 

iiagnée  de  plulkurs  maladies, 8c  prinripa- 
ement  de  toux,  &  d'afthmes,  de  fièvre, 
de  pleutefies,  de  catharres.de douleurs  de 
dents,  d'ophthalmies, de  migraines,  d'ef- 
quinancies ,  &c.  Nous  oppofàmcs  à  la 
toux,  les  décoétions  pectorales;  &  contre 
l'aflhme  nous  nous  femmes  avec  luccèjifes 
iernences  <Ae  creftoTiï*.&&  moutarde,  auffl- 
de  \a  ikyos  4*  ^«i\to-,«. 
\afc 


Juin     17.1.  62i 

orfque  le  mal  étoit  opiniâtre  ,  je  meloit 
:s  purgatifs,  &  fur-tout  l'agaric  ,  avec  les 
icincs  &  les  herbes  peétorales  incifives. 
Pour  cequieft  des  maux  de  tére,  &des 

migraines  ,  je  faîfnis  appliquer  aux  tem- 

fles  l'emplâtre  de  tacamahaca ,  &  an  bras 
u  côté  malade,  les  veiicatoires  ,  il  arri- 
it  Couvent  que  les  maux  de  tête  s'en 
alloient  par  ce  moyen  ,  mais  il  reftoit  au 
bras  une  grande  douleur ,  caufée  par  la  fe- 
rolîté  acre  que  le  veiicatoire  avoir,  attirée 
fur  la  partie  :  alors  je  faifois  oindre  le 
bras  avec  de  l'huile  de  (perme  de  grenouil- 
le, ce  qui  appaifoit  la  douleur.  Quelques 
malades  moururent  de  peripneumonie, 
mais  ceux  qui  furent  commis  à  mes  foins 
guérirent  heureufement  par  la  grâce  de 
Dieu.  Si-tot  que  le  mal  commençoit,  je 
leur  dormois  le  diafeordium  ,  avec  l'anti- 
moine diaphoretique  ,  &  la  corne  de  cerf 
préparée  philofophiquement  ,  ce  qui  les 
iaifoit  fuer  abondamment.  Je  leur  inter- 
difois  le  vin ,  &  je  leut  ordonnois  déboire 
toujours  chaud  :  avec  cette  méthode  ils 
guériflbient  en  peu  de  temps. 

Le    S  de   Janvier  je  fus    appelle  pour 
voir  un  malade,  qui  ayant  demeuréquel- 

Sue  temps  ,dans  une  petite  chambre  do- 
:,  où  il  avoir  allumé  du  charbon  ,  ref- 
fentoit  une  grande  difficulté  de  refpîrer, 
étoit  attaqué  de  vettiges  ,  &  ne  pou- 
voit  fe  tenir  debout.  Je  lui  fis  çeewite 
Ff  s  ^6 


i-  '■"  -_        1  0  ■■■  R  N  M    SES   S^TJLt) 

fut  le  champ  de  Pafpriî  de  bayes  de  gt 
vre,  dont  il  avala  deux  cueillerées;  ilic-| 
vint  à  lui  auffi-tôt ,  St  fe  porta  bien. 

Un  enfant  de  douae  Termines  avoitdt 
grandes  tranchées ,  j'ordonnai  le  remri*. 
fuivant.  Pren«  une  once  &  demie  i'\ut- 
le  d'amendes  douces,  autant  de  fyrope: 
rofes  folutif,  un  demi  gros  de  fperme  et 
baleine,  un  demi  fcrupule  d'efprit  vo/ifil 
de  Tel  armoniac.  Mèlei  le  tout ,  adon- 
nez en  par  cueillerées.  On  applique»  fal 
le  ventrede  l'enfant,  lorfque  les  tranchées 
'eront  violentes,  l'emplâtre  fuivant, qu'on 
a  lorfque  les  douleurs  feront  appaifies 
lez  une  demie  once  d'emplàtrc  de 
lelilot  ,  &  autant  d'onguent  de  jufquia- 
,  mélei  y  un  peu  de  cire;  les  purgi- 
ufs  doui  mêler,  avec  les  remèdes  anodinj, 
avec  les  can:iinltifs ,  font  toujours  boni 
fans  cette  rencontre;  mais  pour  l'empli- 
-.t  dont  je  viens  de  parler,  je  ne  fçauroiî 
■  '?  le  recommander ,  à  caufe  des  bout 
îucccs  que  j'en  ai  toujours  eu. 

Voila  un  échantillon  des  remarques  de 
**.  Rofinus  Lentilius.  Nous  ne  fçaurioris 
mpecher  d'en  recommander  la  leftu- 
eaux  jeunes  Médecins,  elles  ne  fçauroient 
leur  être  que  très-utiles  pour  les  former 
à  la  pratique  de  la  Médecine. 


jEschinis  SoctaticiDialogi  très,  Ctx- 
ce  6cLttu&>  làopift»  — 


J  u  i  h    i7rr.  68$ 

Latinum  fragmcntum.  Vertit  &  Notis 
illuftravit  Joannes  Cliricus5cu* 
jus  &  ad  calcem  additae  funt  SilvsePhi- 
lologicae  ,  cum  omnium  Indicibus  ne- 
ceffariis.  Amflelodami  >  apud  Petrum  de 
Coup  ,  Bibliopolam,  171  t.  C'eft-à-dire: 
Trois  Dialogues  Grecs  ^Efchine  DifcipU 
de  Socrate  ,  Ç?  un  fragment  Latin  <Tun 
quatrième  Dialogue.  Nouvelle  Editionpro- 
curée  par  les  foins  de  Jean  le  Clerc ,  qui 
a  fait  la  Verfion  Latine  &  Us  Notes.  On 
y  a  joint  divers  Mélanges  de  l'Editeur  con- 
cernant la  Philologie ,  avec  les  Tables  ne- 
ceffaires.  A  Amfterdam  ,  chez  Pierre 
deCoup,  Libraire.  1711.111  8.  pp.  27$. 
fans  y  comprendre  les  Prolégomènes  éc 
les  Tables. 

Vf  R.  le  Clerc  appliqué  prefque  fans  re- 
lâche aux  travaux  les  plus  importans 
&  les  plus  ferieux  ,  confacre  à  l'utilité 
publique  jufqu'à  fes  momens  de  loifir.  A 
peine' fe  trouve-t-ii  débarraffé  de  l'Edition 
de  fon  Pentateuque  ,  que  cherchant  à  fe 
délaffer  d'un  Ouvrage  fi  pénible,  il  prend 
foin  de  publier  ce  volume,  qu'il  nous  don- 
ne comme  le  fruit  de  fes  amufemens.  Ce 
font  trois  Dialogues  choifis  parmi  divers 
autres  que  Ton  attribue  fauffement  à  Pla- 
ton. Ceux-ci  paflent  pour  être  d'Efchine 
Difciple  de  Socrate  :  c'eft  le  jugement 
qu'en  ont  portd  les  Ancien,  s  \    8c  M  le 

Yf6  <3vs.\s. 


684      JOURMfcL    DES   SçAVANÏ. 

Clerc  en  avoit    autrefois  traduit   un  e 
François.    II  les  a  relus  ;  8t  il  s'eft  déter-  I 
miné  d'autant  plus  volontiers  à  îes  faire  1 
imprimer  d'une  forme  commode,  &  qui  ] 
en  facilite  la  lefture,  qu'ils  n'avoientpara 
jufqu'ici  que  dans  de  gros  volumes  ,   que 

S  eu  de  gens  lifenr,  &  qui  ne  font  guéres 
la  portée  des  jeunes  Etudians.  D'ail- 
leurs M.  le  Clerc  eilime  qu'il  eft  avanta- 
geux pour  la  République  des  Lettres,  qu'on 
renouvelle  de  temps  en  temps  les  Editions 
uon-feulement  des  Auteurs  qui  font  entre 
les  mains  de  tout  le  monde  ,  mais  encore 
de  quelques  autres  qu'on  néglige  malà- 

fnopos,  &  qui  font  très-dignes  de  revoit 
e  jour.  Les  Dialogues  d'Efchine  font  de 
ce  nombre.  Auffi  l'Editeur  n'a-t-il  rien 
oublié  pour  les  faire  paroître  ici  dans  tout 
leur  luilre.  Peu  faiisfait  des  Ver/ions  La- 
tines  à'jigrieeh  ,  àeCorradus,  Se  de  Jm» 
as  Serra  ,  lesquelles  s'éloignent  trop  ou 
de  l'expreffion  Gréque  ,  ou  du  fens  de 
l'Auteur  ;  il  en  a  fait  une  toute  nouvelle, 
exempte  de  ces  deux  défauts  ,  &  dans  la- 
quelle il  s'eft  moins  étudié  à  l'élégance 
qu'à  la  clarté  Se  à  la  fidélité.  Il  y  a  joint 
des  Notta  ,  dont  les  unes  font  deitinccs  à 
corriger  le  texte ,  ou  du  moins  à  faire 
fentir  les  endroits  de  ce  même  texte  qui 
ont  befoîn  d'être  rétablis  ;  les  autres  font 
employées  à  développer  quelques  rai  l'on - 
îemens  obfcuis  ■  ^itu^iK.'M.e.xçltca- 


nemens  obicui 


Juin     iju.  68i 

L'on  a  fuivi  dans  cette  Edition  cel- 
Htnri  Etitnnt ,  comme  la  plus  belle 
plus  correde  de.  toutes.  A  l'égard 
liverfes  Leçons  tirées  d'un  Manulcrit 
lorence  ,  &  communiquées  à  M.  te 
par  MM.  Saivini  &  Brencmann  ,  Oïl 
û  en  faire  ulage  pour  la  revifion  du 
: ,  qui  étoit  déjà  imprimé  ;  de  forte 
n  s'eft  contenté  de  les  donner  à  II 
des  témoignages  des  anciens  Auteurs 
hant  Efchine.  Ces  témoignages  rein- 
■nt  ici  vingt-lîx  pages,  &  font  éclair- 
ar  des  Notes  de  l'Editeur,  &  par  cel- 
e  quelques  autres  Critiques.  Ils  font 
edez  de  la  vie  d'Efchine  écrite  par 
;ene  Laerce  ■  &  accompagnées  des 
:s  de  Cnfauben ,  de  Minage  ,  &  de  M. 
1ère  Celui-ci  a  raffemblé  danslesiien- 
ous  les  fragmens  d'Efchine  qui  font 
s  à  fa  connoiflance  )  &  il  ne  croit  pas 
en  refte  beaucoup  à  recueillir. 
:s  trois  Dialogues  dont  il  eft  ici  quef- 

roulent  fardes  fujetsdeMorale.  On 
ine  dans  le  premier  s'il  eft  vrai  que 
ertu  puifle  être  enfeignée  ;  &  l'on 
ut  qu'elle  n'eft  l'Ouvrage  ni  de  la. 
re,  ni  de  l'Art ,  mais  que  c'eft  un 
particulier  que  les  Dieux  font  à  qui 
ir  plaît.  On  recherche  dans  le  fécond 
jgue  fi  les  richeffes  font  avantageufes 
>mme;  &  l'on  trouve  que  la  poflef- 
dei  richeffes  étant  !a  fourec  de  l'in- 


>86    Journal  des  Sçavans. 

ligcnce,ou  faifant  naître  fans  cefle  de  nou- 
veaux befoins,  les  riches  par  cette  raifon 
deviennent  les  plus  malheureux  &  les  plus 
à  plaindre  de  tous  les  hommes.  On  fait 
voir  dans  le  troifiéme  Dialogue  ,  que  la 
mort  n'eft  point  à  craindre  pour  les  gens 
de  bien  ,  puifqu'elle  eft  la  fin  de  toutes 
les  miferes  humaines. 

M.  le  Clerc  nous  donne  à  la  fin  de  ces 
trois  Dialogues  ,    un  fragment  d'un  qua- 
trième du  même  Auteur ,    que  Ciceron 
nous  a  confervé  dans  fon  premier  Livre 
de  Inventione  Rhetorica  ,     &  qu'il  propofe 
pour  un  exemple  de  cette  manière  de  rai- 
sonner qu'on  appelle  lnduùlion  ,  &  qui  é- 
toit  familière  à  Socrate.    11  s'agit  dans  ce 
fragment  des  mœurs  des  perfonnes  mariées. 
On  y  introduit  Afpafie  interrogeant  Xéno- 
phon  &  Philefié  fa  femme.    Afpafie  s'ad- 
drefie  d'abord  à  celle-ci ,  &  lui  parle  en 
ces  termes  :  Dites-moi  je  vous  prie  ;  fi  vôtre 
voifine  avoit  de  ïer  meilleur  &  plus  pur  que 
celui  que  vous  avez  ,    lequel  aimeriez'vous 
mieux,  le  fie»,  ou  le  vôtre  î  y  aimerois  mieux 
le  fien  ,   répond  Philefié.    Si  cette  voifine  f 
pourfutt  Afpafie  ,  avoit  des  habits  plus -ma- 
gnifiques  ,  w  des  bijoux  plus  précieux  que  les 
vôtres,  le/quels  préforerieZ'Vous ?    Ce  Jeroitni 
les pens y  fans  difficulté,  dit  Philéfie.   Mais% 
continué  Afpafie  -,  fi  cette  même  voifine  a- 
vâit  un  mari  meilleur  que  le  vôtre  ,  lequel 
des  deux  aimerUz*~vous  U  roieu*  "i   Wtefie 


J     V    I    M      I71I.  687 

■agit  à  cette  dernière  queftion  ,  &  ne 
.pond  rien.  Afpafie  s'adreflanc  enfuite  à 
Cénophon,  le  mené  de  qaeftion  en  quef- 
ion  à  une  dernière  ,  qui  le  jette  dans  le 
néme  e.nbarras ,  8c  le  réduit  au  iilence. 
Iprès  quoi  Afpah'e  reprenant  la  parole, 
'uij'que  ni  [un  ni  l'autre  (  dit-elle  )  n'a  voit' 
u  me  répondre  fur  la  fiult  thaft  que  je  veu- 
U  attendre  de  fa  bouche,  je  m'en  M»  vous 
lire  ce  que  ■vous  penfex.  [ans  deux  fur  (tut 
ttrniere  queflim.  faut  ,  PhUifit,  vous  fou- 
Miteriez,  fans  doute  d'Avoir  te  meilleur  dt  tous 
es  maris;  ejrvaut,  Ximphon,  U  plus  par- 
faite dt  toutes  loi  femmes.  C'cft  pourquoi,  fi 
vous  ni  travaillez  à  vous  rendre  ,  vous  U 
meilleur  mari  ,  v  vous  ta  meilleure  femme 
ju'il  y  ait  au  monde  ,  -vos  deftrs  ne  feront 
\amais  remplit ,  puifqui  vous  aurez,  tnùjouri 
k  fonha'tter  en  et  genre  quelque  chefe  de  plut 
earf.iit  qui  te  que  vous  pcjjedtz,  On  voit 
iar  ce  fragment  ,  un  échantillon  de  la 
méthode  qu'employoit  Socrate  pour  con- 
duire pied  à  pied  les  hommes  à  la  con- 
noiflance  &  à  l'aveu  des  vetitez,  dont  il 
eût  été  difficile  autrement  de  les  faire  con- 
venir. 

M.  le  Clerc  n'eft  pas  toujours  d'accord 
dans  fes  Noies  avec  les  autres  Critiques,  ce 
qui  eft  prefque  inévitable  dans  un  Ouvra- 
ge de  ce  genre.  Mais  i!  a  pris  à  tâche  de 
ne  taiflér  échaper  aucune  marque  d'aigreur 
contre  ceux  dont  il  fe  croit  obV\%é.4tv 


bat 


JOUBNAt   M  S   SçATANi. 

battre  les  fentimens  ,  à  l'exception  d'un 
certain  PhiUltmhtr*  ,  pour  lequel  il  s'clt 
difpcnfé  degarder  les  mêmes  ménage  mens. 
En  effet  cet  Ecrivtin  en  eft  d'autant  plu! 
indigne  ,  qu'il  a  montré  plus  d'acharne- 
ment contre  M.  le  Clerc,  l'ayant  chargé 
d'injures  &  de  calomnies,  fans  tn  avoir  a 
U  moindre  /«;"■  Nôtre  Editeur  nous  HO" 
tit  qu'il  paroit  un  petit  Ecrit  d'un  SçwMf 
qui  lui  eft  inconnu  ,  dans  lequel  cet  inju- 
rieux Cenfeur  eft  traité  comme  il  le  men- 
te. A  l'égard  de  tous  les  autres  que  réfu- 
te M.  IcClerc,  il  le  fait  avec  toute  l'bon- 
.neteté  &  toute  la  politefle  qui  doivent  a- 
voir  cours  parmi  des  gens  de  Lettres.  U 
eft  fort  éloigné  de  regarder  les  fautes  de 
Grammaire  comme  des  crimes  dignesd'u- 
ne  cenfure  araere  &  outrageante  ;  &  il 
n'eft  pas  fur  cela  de  l'avis  de  certains  Pé- 
dans  de  profeffion  ,.  qui  comptent  pour 
rien  de  heurter  les  bonnes  mœurs  &  les 
bienfeances  les  plus  indiipenfables ,  pen- 
dant qu'une  méprîfe  Grammaticale  leur 
paroît  une  offenfe  irrémiffiblc.  M.  le  Clerc 
déclare  donc  à  ces  fortes  de  gens ,  qu'A 
appelle  ammalia  gruvnimti»  £3"  tnagrêi, 
c'cft-1-dite,  animaux  grognans ,  &  ints  Jmu- 
■vaga,  que  toutes  les  injures  qu'ils  ont  yo- 
mies,  &  qu'ils  vomiront  a  l'avenir  con- 
tre lui,  ne  feront  pas  capables  de  le  distraire 
un  moment  de  les  occupations  journalie- 
r«  :     que  plus  il»  te  iw.Wtastow.  ' 


tl 


Juin    1711.  689 

i  Ecrits  ,  moins  il  fe  mettra  en  devoir 
epouffer  leurs  infultes  :  qu'il  ne  trou- 
i  que  trop  d'occafions  de  défendre  fes 
vrages ,  fans  fe  donner  la  peine  de  re- 
ndre exprès  à  de  telles  critiques  :  en  un 
iot,  qu'il  leur  apprendra  par  fa  condui- 
re ,  qu'en  travaillant  à  acquérir  l'intelli- 
gence   des    anciens   Auteurs   ,     il    n'a 
pas  borné  fes    vues  à   une  (impie  con- 
noifîance  du  Grec  &  du  Latin  ,  ou  à  la 
feule  perfection  du  ftyle,  comme  font  la 
plupart  de  ces  Pédans;  mais  qu'il  s' eft  prin- 
cipalement propofé  de  tourner  à  fon  ufage 
&  à  fon  profit  les  excellens  préceptes  que 
renferment  les  Ecrits  de  ces  grands  hom- 
mes ;  &  qu'il  vaudroit  mieux  ne  jamais 
les  lire,  que  de  n'en  pas  tirer  cette  utilité. 
M.  le  Clerc  a  fait  imprimer  à  la  fin  de 
fa  Préface  un  Errata  affez  court  5  &  com- 
me il  foupçonne  que  n'ayant  pu  relire  fort 
exactement  les  épreuves  de  ce  Livre,  à 
caufe  de  fes  autres  occupations ,  cet  Erra- 
ta pourroit  avoir  befoin  d'un  iuplément* 
il  charge  de  ce  foin  les  Gîtons  &  les  Philê- 
leutheres,  grands  amateurs  de  ces  minuties 
ce  font  les  Cenfeurs  de  M.  le  Clerc  )alia 
ri  fint  errata  ( dit-il )   ta  ornnia   Gitoni- 
bus    Çj    Phileleuthekis    qui  Us 
deleâlamur  D.  D.  C.   L.  M. 

Il  nous  refteroit  à  parler  des  Mélanges 
Philologiques  de  M.  le  Clerc  ,  qui  font  la 
féconde  partie  de  ce  volume  %  &  <\w\  *!*»> 


> 


too  Journal  des  Sçatans. 
font  qu'une  (rcs-petire  de  ce  qui  compole 
les  Recueils  Manulcrits  de  ce  fç avant  hom- 
me. Mais  commeces  MêUngti contiennent 
quantité  d' Observations  curieufes  fur  diffe- 
iens  fujets,  qui  demandent  un  détail  plus 
particulier  ,  nous  aimons  mieux  en  ren- 
voyer l'Extrait  a  un  autre  Mois,  qui  nom 
permettra  de  nous  étendre  plus  au  long 
ir  cet  Ouvrage,  &  d'en  donner  une  ju&e 


NOUVELLES  DE  LITTERATURE. 

DE     DRESDE. 

*R.  Henri  Pippingitis  a  ramafle  toutei 
*  les  Theies  de  Philofophie  ,  de  Théo- 
logie &  d'Hiftoire  que  M.  Seligman  a  fait 
foutenîr  à  fes  Ecoliers  ,  tant  à  Roftoch 
qu'à  Leipiic,  où  il  a  été  ProfefTeur.  L'E- 
diteur nous  avertit  dans  la  Préface  ,  qu'il 
s'ell  trouvé  engagea  publier  ce  Recueil*, 
parce  qu'il  en  a  paru  une  autre  Edition 
fans  nom  de  ville  ni  d'Imprimeur, laquelle 
eft  remplie  de  fautes.  D. tient,  Frirf.  Seligmw 
ni  t'rofeljorji  primum  Roftoch'itnjis  ,  f_5"  ■!"»■'' 
LipfitYijii ,  demum  in  Aula  Regia  cj-  UUrUrri 
S&xeniiti  facraram  Anùftith  l'rimxrii  &  Cou- 
filiani  Kcdc(ï*fiicî  Excrciittioies  Ac.t,UmiU 

Pippmgi!  D.  in  B.  V?-  v*-**1*  °  *• 

*  Il  le  trouve  1  A.iw&«ixKL^T.\W«^^W 


Juin     1711. 

de   zurich. 

\*R.  Moratori ,  Maître  de  Langue, 

fait  imprimer  à  fes  dépens  une  nou- 
Telle  Méthode  pour  apprendre  la  Langue 
Italienne  avec  une  grande  facilité  &t  en 
très-peu  de  tems.  in  fol.  pp- 131.  Cette 
Méthode  cft  la  même  que  celle  de  Vene- 
ronî  ,  que  l'Auteur  a  augmentée.  &£  corri- 
gée eu  quelques  endroits. 

DE    LONDRES. 


Latine  de  la  Phyfïque  de  Rohanlt.  2""* 
bi  Rohaulït  phyjira  ,  Laiint  Wrtfc .rtctifuit, 
atlnomiionibus  'x  ithi^rijf,  Ijaaci  Ntwtttri 
Pi.îlofcphîa  maximum  farttm  kmfih  ampli- 
_fit4t.ii  tsr  ornsvit  Samxti  CUrki  ,  S.  T.  P. 
Re$U  Majtfimi  -i  fiait.  BJ.  3.  in  t]X*  anna- 
taiitinn  («al   dimidia  parts  auCliarc,  tttditfr 

•jue  otla  iahU  tri  intij'4.  in  8.  Les  rem  ar- 
ques l'ont  au  bas  des  pages  ,  &  l'impref- 
linn  dt  tout  l'Ouvrage  a  été  foiie  avec 
foin. 

M.  Welwold  1  publié  une  traduction 
Angloifc  du  Banquet  de  Xenophon.  in  s. 
pp.  S7.  Cet  Ouvrage  n'avoir  point  encore 
été  traduit  en  Angloif.  Le  TriduiLciK  x 
1  joiuc  un  lîiJcours  de  80  çn%«,  ,  *  * 


JOVKKAL  DES   S  Ç  A  Y  A  N  S. 

faite  fort  au  long  de  la  mort  de  Socrate, 
tt  de  Ta  doctrine.  11  y  rapporte  auffi  plu- 
sieurs circonftancesde  la  vie  de  ce  Philofo- 
■phe.     Il  y  parle  de  fes  amis,  &  compare 
f  &  mort  avec  celle  de  Caton  &  de  Sene- 
Cette  DiDertition  ,  qui  eii  écrite 
i  forme  de  Lettre,  eil  addrefléc  à  Ma- 
J  dcmoifelle  Jeanne  Douglas  ,  fille  aînée  de 
M.  le  Duc  de  Queensbury.  Se  de  Dou- 
vres. 

Nous  avons  perdu  depuis  quelques  mois 
ieiiï  perfannes  de  mérite,  M.  le  Docteur 
Bull,  Èvêque  de  S.  AJaph,  &  M.  le  Doc- 
teur Smith  (Thomas)  qui  avoit  publié 
depuis  peu  une  nouvelle  Edition  des  Èpitres 
de  faint  Ignace.  On  dit  que  M.  Nelfon  , 
qui  étoit  très-ami  de  M.  Bull ,  nous  don- 
nera la  vie  de  ce  Prclar,  &  on  efpere  que 
quelque  ami  de  M.  Smiih  rendra  la  mê- 
me jultice  à  la  mémoire  de  ce  Docteur. 
Il  a  lailTé  p'ulïeurs  Ouvrages  MIT.  doi 
y  en  a  beaucoup  en  état  de  paroitre 
jour. 

M-  Sirype  vient  de  publier  Tbe  Hifloty, 
wc.  C'eil-a-dire  :  L'HiJhirt  .te  Li  vie  d'Ed. 
mund  Urindal ,  premier  Evlque  de  Londres, 
ty  fécond  kvèyue  de  C»itarbe<y  , 
venemtm  de  U  Reine  BtizabtlbÀI/tCeuMIU.  J 
in  fol.  M.  Strype  a  tiré  fes  Mémoires  des! 
Archives  &  des  Rvblioihcques ,  tant  publiJ 
ques  que  pamcu\\e\ev,  ï*.Vrf»j«.tes  MffB 
dont  U  s'eft  fcniYà  ow.  ^V  -—  ■ 


-JUIN      I7II.  693 

quence,  il  les  a  inferez  dans  l'Appendix, 
qui  contient  les  Pièces  juilificatives,  It  y 
a  mis  plusieurs  Lettres  de  Grindal ,  ci 
d'autres  Pièces  curieufes ,  qui  ont  du  rap- 
port à  la  vie  de  ce  Prelar. 

M.  Witby  a  publié  un  nouvel  Ouvra- 
ge fur  la  Prédeltination  ,  dans  lequel  il  ré- 
pond a  la  Critique  que  le  D.  Edwards  a 
faîtedefes  Remarques  fur  le N. Teftameot. 
Il  y  attaque  aufii  le  fentiment  de  ceDoc- 
ceur.  Four  Difawfts .  vc  C'eft-à-dire: 
Quatre  Difwurs  ,  où  Çcn  montre  ,  1.  Que 
les  termes  de  l'Apôtre  dans  le  Cbap.  IX.  de 
l'Epitre  aux  Romains  ,  ne  fe  rapportent  à 
aucune  ileUlim  ou  réprobation  personnelle.  II, 
£}ue  Ciltiiion  dont  parle  faint  Paul  dans  fis 
Epitret  aux  Gentils ,  n'eft  autre  chofe  que  H- 
ledion  des  Gentils  pour  être  l'Eglife  e-  le  Peu- 
ple de  Dieu.  III.  Que  ces  deux  proportions  du 
Baêleur  Edwards,  fcavoir,  1.  Que  la  pres- 
cience que  Dieu  a  de  tous  les  évenemens 
futurs  dépend  de  fon  décret ,  &  qu'il  les 
a  prévus  parce  qu'il  les  a  décrétez.  2.Quc 
Dieu  a  décrété  de  toute  éternité  tons  les 
péchez  du  monde,  fontfauffts,  l/Ufphéma- 
toires ,  &  rendent  Dieu  Auteur  du  pecht. 
Le  IV.  Difcouri  ell  une  difenfe  de  [es  Note, 
contre  les  chicanes  de  ce  DcCleur  ,  à  quoi 
l'on  a  ajoute  une  courte  réponfe  au  Dijcourt 
même  du  Douleur  ,  jur  le  terme  fixé 
de  la  vie  humain».  Par  Daniel  Witb-j ,  Ûm- 
tatr  m  Zieelme,  in  S. 

a». 


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DES    MATIERES. 

L 

Broetyuyfe  >  fes  Poëfics.  470 

Bnmner  fie  P.)  Tes  Annales  de  Bavière.  2 1 6 

Bugnon,  Relation  concernant  les  Caravanes  d'Afie.  t$ 
Bulle  d'Or,  ce  que  c'eft.  456 

Butins ,  Evequc  de  S.  Afaph ,  fa  mort.  6$  2    ' 

C. 

PAchexik  ,     Diflcrtation  fui  cette  Maladie. 

^J     317.  fa  Définition.  311 

Càllinus ,  ancien  Poète  Grec  ,  en  quel  tems  il  a 
vécu.  441 

Calmet  (le  P.)  Commentaire  littéral  fur  les  Lines 
de  Jofué ,  des  Juges,  &  de  Ruth.  529 

Cananéens  ,  Diflcrtation  fur  le  Fais  où  ils  fe  fauve  - 
rent  lors  qu'Us  furent  chaffci  du  leur  par  les  If- 
raëlkes.  5  3  $ 

Canon  ,  Conjectures  fur  lescaufèsde  leur  peu  de  du- 
rée &  fur  les  moyens  de  l'augmenter.  96 

Cantates  Françoifes  fur  des  fujets  tirez  de  l'Ecriture 

-    fainte.  42  r 

:  Caravanes,  Relation  concernant  les  Caravanes.  S;. 
Ce  que  c'eft  que  les  Caravanes,  s  8.,  Leurs  diffé- 
rentes efpeces.  89.  Incommoditez  qu'on  fouffre 
dans  les  Caravanes.  94 

CarpzjMus  (Ben.)  Sa  Vie.  s  96 

Carrières  (le  P.)  Commentaire  littéral  fur  le  N.Tel- 
tament  inféré  dans  la  Traduction  Françoife.  221. 
fur  lt  Livre  de  Job.  476 

Caftubon  (Ifaac)  Nouv.  Edition  de  les  Lettres.  195. 
Son  Traité  de  la  Liberté  Ecdeiiaftique.  140.  A- 
bregé  de  fa  Vie.  14 1 

Cafaubon  (Meric)  Ses  Lettres-  fie  quelques-  uns  de  ici 
Ouvrages  les  plus  rares.  T40 

Catalfpjù  ,    Lettre  fur  deux  Oblervations  de  Cata- 
lephe  compliquée.  649.  Différence  de  cette  Mala- 
die avec  l'Epilcpfie.  650.    Symptômes  particu- 
liers aux   Cataleptiques.   6s  1.  K&oyk.  ta  toc\% 
Cataleptiques,  ^si 

Ggx  ^%N 


I 


TABLE 


B. 


"D  A  n  i  n  ,  étymologie  de  ce  mot.  sti 

*J  Ballades,  ce  que  c'étoit  autrefois.  s  79 

Baltms  (le  P.)  Défenfe  des  SS.  Feres  accufex  de  Fia- 
tonilme.  191*243 

Baptême  ,  Défenfe  du  Baptême  des  Enfans  qui  font 
encore  dans  le  Ventre  de  leurs  Macs.  227 

Bardefanes,  Hiftoire  de  cet  Hérétique  &  de  fès  Séna- 
teurs. 3.  Il  eft  différent  de  FHiftorien.  4.  Ses 
Erreurs.  6 

Bartbolin  (Th  )  Nouv.  Edition  de  Tes  DifTertations 
fut  la  leâure  des  Livres.  39S 

Bafnage  de  Beanval ,  Ton  Eloge.  36 

Bavière,  Annales  de  ce  Fais  pat  }.  Adlzietttet  Scpai 
Andr.   Biunner.  216.  par].  Avcntin.  269 

Beci^  (A m.)  Des  Cas  où  il  n'eft  pas  permis  d' or- 
donner le  Serment.  332 

Bénéfice ,  deux  Ouvrages  contre  la  pluralité  des  Bene 
fices  pour  réfuter  le  Traité  de  %e  Benefiàari*.  3!' 

£"?»  titre  de  Fondation  du  Monafteic  de  Bexg  fv 
Elbe.  17 

BertjHi  ,  Prédicateur  de  la  Coût  de  Beilin ,  ià  V 

S 

Berlin  ,  AfTemblée  extraordinaire  de  1*  Académie  c 
Sciences  de  Berlin.  462.  Médaille  d'argent  don 
.  aux  Membres  de  cette  Académie. 
Bohême,  origine  du  nom  de  ce  Royaume. 
Bobtmer   (J.  Henn.)  Explication  des    principe 
Droit  fur  les  A&ions ,   fur  les  degtez  de  Pa 
pat  raport  aux  mariages ,  &c. 
Bohrmr  ,   Diflèrtation  lur  les  perfonnes  diftin 

qui  ont  porté  ce  nom. 
Bêtensy  leurs  Origine.  220.  DifTertations  fir 

tranfmigxations",  &c. 
Bêïus,  Hctos  du  l^otd  »  WW\fc. 
Breffmà  qe  F  )    Swmow  k^wKm  ^ 


DES    MATIERES. 

£W™>ftai  DrjTcit;tio.-i  fur  ceric  Maladie,  jjj 

ij..i,]jnrm  le  Giand  ,  Difliirjrioii  lui  une  Cotomiie 
e'IërM  a  Ton  honneur.  641 

c.jti  (l'icire)  Lettre  du  P.  Tartetou  fui  fi  Critique 
de  la  Traduction  d'Horace  par  te  Feie.  141 

Cm*  (de  laj  Entretiens  fur  divers  fineis  d'Hrlloirc. 
4*1 

(jrw ,  .("on  Caiaftere  mal  reprefenre"  dans  le  Ro- 
man qui  porie  fon  nom.  «14 

Cuit  de  Moltovie  ,    Caractère  de  «  Prince  Se  Ton 


1  (DiV.)     Eflài  de  l'alloue     llrt 


5 


TJArn»  (Madame)  fa  TnduSion  de  l'Iliade 
■*-^    d'Homère.  doj 

Dmttint  (J.  B.)  Tridaftiou  <!«  Règles  du  Droit 
Civil.  jil 

DMfbiiil,  Mémoires  ponr  feivir  à  l'HiSoiie  decet- 
re  Province.  ï»7 

DtHphini ,  oii°ine  &  fnrcelGon  des  Diuphini  de 
Viennois.  302.  Origine  de  ee  luinom.  301 

Dciiitr,  Prof,  en  Médecine  à  Montre!  jet  ,  Lettre 
fur  deux  nouvelles  Obfervations  de  Catalcplie 
compliquée.  *49 

Diliycrti  (MIIe.  Jacquet)  Livre  II.  de  Ces  Csmi- 
tes  Francoifes  lur  des  fujeis  rirei  de  l'Ecriture 
Sainte.    '  411 

Drjnrs ,  ce  que  e'iitoit.  Jtl 

D-ii/lim,    quelle  en  eft  la  caufe.  S  S 

Dîtffiu,  PhiloCophe  Epicuiien  ,  liait  de  J'Hiftoire 
de  ce  Fliiloibphe.  îji 

Diwfim  ,  ce  qu'il  faut  obTcncr  dans  les  dîvilîonl 
d'un  Sermon.  :S7 

DlKi'lf  (Jean)  Nduv.  Edition  de  l'Hiftoire  de  Po- 
logne ife  cet  Auicui  augmentée  4e  ^vmi.V'} 

VnÛ,!  (COCO.)    Inventent  tfun  lntaotMaiï.  *.t  ^M* 


CIi 


f*1"  tes  ope"11"" »  ■ 

"  •<.»  1°'"   t""" 


1J'   Tu^lcnls  *in 

du.  ,,\   fan  Î-'W'00  _    ,,,_  SoujuP" 


«il»  "l  «**«*?■  l'&  TAS*. 


I 


■ 

■  ■•  ■  ■  «rossas 


DES     MATIERES. 

npin,  Diffcrraiton  fur  «ne  -Maladie. 
■mm  le  Giand  ,   Dilftrt-'fioit   fur  une  Cola 
:i..l'  a  loii  lionneur. 
(Fieire)   Letue  du  P.  Tandon  fur  ù  Crii 


Ctùi.1  (de  laj  Entretiens  (iii  àmn  fjjets  d'Hiitoire. 

fjrriii ,  _fon  Caractère  mit  repiéfenté  dit»  le  Ro- 
man qui  porte  l'on  nom.  614 

Cfr  de  Molïovie  ,  Cuaftae  de  ce  Prince  &  Ton 
etoge.  660 

Cï.iu>u.wr  (Dav.)  Eflài  de  l'Hftoire  littéraire  de 
Hongrie,  341 


A/    d'H 


1   (Madame)    ù  Tiaduaion  de  l'Iliade 
d'Homère.  Cet 

Dumti'H  (T.  B.)  TuduÛiou  de<  Règles  du  Dioit 
Civil.  111 

DtMfinnl,  Me  moi;  es  pour  fctïir  à  l'Hifloitc  de  cet  - 
ie  Province,  xyj 

Dauphins  ,  origine  Se  fuceelfian  des  Dauphin!  de 
Vieimois.  jo:.  Origine  de  ce  turnom.  joi 

Dctitir,  Prof,  en  Médecine  à  Montpelier  ,  Lente 
fur  deux  nouvelles  Ol)fei  valions  de  Cattlcpfie 
compliquée.  649 

Dttai*trrt  (Mllr.  Jacquet)  Livre  II.  de  Tes  Garnî- 
tes Francoifes  lur   des  (ujeti  iî '- 

Sainte. 

Ij,'n.li,n  .    «Mite  e»  efi  la  «ufe. 
Dit&mt,    Pliitofbplie  Lp>uucn  ,    I 

de  «  rhiloiopîic. 
rtmjttn  ,   ce  qu'il   faut  obferra  dans  les 

Dt*ttf  (Jean)  Nooï. 

togut  tic  c,-t  Aui 
Drditi  ('Cort.>   "  " 


z  de  l'Ecriture 
«a« 


fique  qui  jouoit  de  lui  n;ùnv 
~       ,  les  Règles  du  Dioit  Civil  traduites  ci 
,  <s.  311.  Utilité  de  ces  Refiles. 

.■  ;  ,ii...iaiu ,  f  lis  de  ce:  Aiùnu!. 


pGnsFsJj  coutume  d'entenci  dans  les  E 
*-■    fes  eft  fbit  ancienne. 

Eltphmt,  ion  prix  à  Siani.  »t 

iJj/ti  (M"'.)   Traduction  Angloife  d'une  Horot'iie 

Angle -Sa  sonne  fui  le  jour  de  li  milliccc  de  S. 

Empacun,  H iftoire  des  Empereurs  Romain*.    i?i 
Epiliffit,  en  quoi  cette  Maladie  dîflèie   de  Ja  Cati- 


&*■',  Jupe  i-.ent  (ut  Ton  Edition  de  S. Irene'e.  « 

Ejtbi:  ,  Difeipl.-  de  Sociale,  nouvelle  Edition  fe 
quatre  de  Tes  iiinlogues  ,  pu  les  foins  de  M:  Ji 
CI  etc.  m 

£ffnt.  Traite  de  la  conduite  de  l'Efprir  dans  II  Re- 
cherche de  (j  Vérité.  4ss.  lUrmiques  fut  reio- 
cice  de  l'Efprit.  4; 

Eji,  Liire  comte  les  préférions  de  la  Maifondllt 
fur  le  Comté  3c  la  Ville  de  Comachio.  lit 

EJIimHb,  Difliriaiiou fui  le  ferment  del'Efiomach. 

fwuuriti!,  Traite  fur  l'E/JCua lion  périodique  un 
Femme».  1!f 

EstrAt ,  ce  qu'il  faut  oblcirei  dans  l'Exordc  d'un 
Sermon.  ;(-, 


DES      MATIERES. 

Tmm  Canine,  quelle  en  cil  la  caufe.  jS 

FaMfifWl ,  Delaipiion  des  deloidics  eaufez  en  Fou- 
tt  pu  les  Fanatiques  Jti  CLïtiiacs.  j;o 

i.wtfr™  (Annia)  Lcciie  fui  une  Médaille  Grecque 
de  cette  PiiuceQe,  jûo 

liHjlmc,  Leurc  fut  une  Médaille  où  celte  Impéra- 
trice elt  lepiéfentee.  551 

Fimrmi,  explication  de  l'cvaciultoii  périodique  qui 
leur  eli  particulière.  ij6.  Quels  Lit  tes  elle  i  doi- 

Fnmiitmtta,  ce  que  c'eft.  ij 

ïij'.mi  ,  on  étoir  obligé  de  porter  ceitains  habits 
(Uns  les  Feflins  dei  Anciens.  ijo 

loKtf&cnt  (le  P.)  Jugement  l'ut  fonEdition  de  S.ltc- 
nee.  78 

FitupuUa  ,  Obfetfition  de  Dtoit  fut  ce  (iijct.  6ï. 
On  peut  dédaici  nulles  celles  qui  ont  été  contrac- 
tées par  un  Enfant  de  famille  a  l'indu  de  Tel 
Païens  ,    avec  une  fille  de  condition  inRtieure. 

"  '  .   DilTertation  lut  le  Relief  des  Fiefs  e    " 


itiandie,  iji.  Autre  lui  l'origine  des  Fiefs.  S4J. 
Ce  que  c'eft  qu'un  Fief  on-  Ancientaré  de* 
Fiefs.  j.17.  S'ilslônt  la  mc.-nt  cliofe  que  cequ'on 


appelloit  audefois  les  Bénéfices. 
Filir ,   l'A"  de  filer  Vos  Se  l'argent  trouvé  pat  un 

Allemand.       .  461 

riimi ,  Evê\]ue  de  Celârée  en  Cappadacesfc)Lct- 

ttes  publiée-  puut  h  pien.iiic  lois.  ■     677 

Fi/î-dir  (J    Chiti.)  Difleitatton  fur  l'Aitlinae.      ji; 
Ftabitr ,  Etéo,ue  de  Nilmcs,  les  Lettres.  jet 

Ftnau  ,     les  Fades  Confulairts  de  l'Académie  de 

cette  Ville.  J4I 

frtnftii,  l'An  de  bien  parler  la  Langue  Fiaiiçoif*, 


frtMHt  (J.)   fct  Leçon*  Chymicpiei.  va."Vts*t  J 


,.-,..  f Jeanj   N.  Edition  de  fe*  ShoW 
i:  f  Ijtines  de  Fufi!  invciiiees  pa  n 


Aliim  ,  Ion  fentiment  fur  l'e.acuslion  ptirC- 

diquedts  Femmes.  -'» 

«//■/bu  (Nit.j  Jugement  fin  fon  Edition  lit  i  'i''-- 

tUo  (Fiid.  Wilh.)  Diffeitsrion  fur  les  prûicipsai 

piudcuteg  de  Médecine.  «il 

Gtrmn»    (S.)  Eitqut  d'Anxerre,  Ton  Hiftojre.  !°f 

Cni«,  Jugement  fui  fou  Edition  de  S.  lrenée.   7' 

Grrc,DHTeumon  fui  l'ancienne Be  li  bonue pconoD- 

ciition  de  celte  Lingue.  J<( 

Grelin  (S.)    Edition  de    11!     de  les   Epi£riramc 

qui  u'ivoient  point  été  publiées  encoic.  <"" 

Grimai?  (de)   Tome  IV.    des  Ciropignes  dufco 

Gnndal  (Edrountl)  AidwÊqnc  de  Cintoibei.' , S» 

Hiiioiic.  W 

Grojf/ci-wj  (SimO  Vie  de  Chrétien  Wciilus.  jU 

Cmn/nfin ,  Dclciiptio»  des  Antiquité!  de  cette  Vi!- 


Cni.mi,  if  iiicmiei  qt 

phiiu,   [bnHiltoiie. 
Guiilimm  (François)  Hiiloirr  de  II  Suifiê. 
Gmtttai   (Nie.)    Edition  dej    Auiules  de  Bintn 

d'Avcntiu  St  de  l'Helveiie  de  Guillimariji.      t*» 


isRex\Q^ï«t«^v 


DES    MATIERES. 

dation  du  Mon  altère  de  Berg  fur  Elbe.       '  -12* 

Hat  (le)  Réponfc  à  les  Remarques  fur  la  manière 
de  graver  &  d'expliquer  les  Pierres  antiques.  116 

Bdltj  (Edm.)  fon  Edition  des  Sections  Coniques 
d'Apollonius.  34$ 

Jiàmehelmann  (Herm.)  Recueil  de  toutes  fes  Pièces 
fur  l'Hiftoire  de  Weftphalieôc  de  Baflè  Saxe.  342 

Hamelow  (Hcnr.)  Hiftoire  abrégée  des  Empeieurs 
Romains ,  en  vers.  275 

Hariomn  (le  P.)  Explication  d'un  Paflàge  tiré  du 
Chap.  VII.  du  I.  Livre  des  Rois.  636 

Haubert,  fîgnification  de  ce  mot.  232 

He*rne,foi\  Edition  de  l'itinéraire  de  Leland.     346 

Hébreu ,  DiiTertation  de  M.  le  Clerc  fur  la  Langue 
Hébraïque.  410.  fur  les  demeures  des  anciens 
Hébreux.  540 

heljlad  (Ingell.)  DhTertation  fur  la  prononciation 
du  Grec.  363 

Htlyot ,  fes  Oeuvres  fjmituelles.  107 

Helyot  (le  P.)  Lettre  fur  la  Nouv.  Edition  de  l'Hif- 
toire  des  Ordres  Religieux  de  M.  Hermant.  355. 
liée  de  l'Hiitoiie  de  ces  Ordres  qu'il  doit  pu- 
blier. 35g 

Hémorragies ,  Difièrtation  touebant  les  Hémorragies 
critiques.  382 

Hennin.  (Henr.  Chrét.)  fes  Obfervations  fur  l'Hif- 
toire des  Empereurs  Romains.  27; 

Herman  (Paul)  Méthode  pour  connoitre  la  nature 
des  (impies.  552 

Hermant ,  Critique  de  fon  Hiftoire  des  Ordres  Re- 
ligieux par  le  P.  Helyot.  sss 

Hermias ,  raillerie  qu'il  fait  des  divers  lentimens  des 
Phiiofophes  touchant  les  principes  des  corps  natu- 
rels. 197 

Hertius  (J.  Nie.)  DhTertation  fur  l'ancienne Hiftoire 
de  France,  ni.  Sa  mort.  lb'td. 

Hijtorien  ,  devoir  d'un  bon  Hiftorien.  298.  Diflerta- 
fioa   touchant  les  Hiûoiicns  du  ^NW»  ^rjûr.» 


L     E 

ii  de   h  B_ui.lt;  donne* 

H.fmmn  (]■  T>c.)  Quait-ins  fut  les    piïnqpala 

conlbnces  de  1-  Vis  des  Eniper^uis  Roaiiiu,  ■ 
vec  des  Explic-lîoiis  H  i  do  tiques. 

Jîimirt,  Triduttiou  de  l'Iliade  Je  ce  foëtepiiMiA 
Diciei.  ooa.  DiifiadtCE  d'une  (elle  iraduâion- 
6û7.  Apojogi:  d'Homère  comre  les  JCtUlii»M 
de  Platon,  «o».  Remiiques  fur  les  «uftetts  h 
Hetos  d'Homcie.  612.  Sur  ibu  Style.  *ij,  M 
les  piîaripales  Editions  de  lès  Ouvi_.ee...      tv- 

Hmspt,  Hiitoiie  lîtielairc  de  ce  Royaume.        Ul 

i.>i,t,  E tique  d'AïtJiiclies  ,  Lettre  Cm  ]'otjgi-t& 
li  Foeiie  Ftancoife.  m 

HirnUn  11.  Dauphin  de  Vi-nnoU ,  fon  Hirtoi'i..  ;or, 
Motifs  qui  le  détcinÛDeicnt  à  donner  ùi  ï."ti 
â  la  Etante,  jet.  Detiil  du   lïrvice  dtli  Tiblt 

liujt'.iu  ,  l'on  riojct  (Tune  Biblioguplifc  iiniveilcùe. 

JJwr™  (Ulric)  Nouv.  Edition  de  fo.i  Recueil  W 

Lciiics  des  Komir.es  ol f cuis. 
BntJ!«  (le  Baron  de)  Ccileiller  d'Eue  du  r™* 

Moïcorie,  Cm  Edition  de  l'Hiftoiie    Je 

de  J.  Dliigoii; 


INjectsj  ,  leut  Hiflolre. 

1bu,1Ut,  Oblêiv  nions  fui  le)  fucctBïoni  -i  /. 


Jrfjlim  (Th.)  fi  Vie. 


MATIERES. 

M  Se  de  ce 


DES 

7«ijiigirii,  réfutation  de  Tes  Septi 
fes  Dîfciples.  I«i 

;Wii  ({.)«.)  Dulcrtationfur  Ja  Maljdie  de  Con- 
fomption.  ssj 

7f/.,.'(  ,  Oilleiration  fLir  Ton  vceu.  J41 

>«,  Diflênation  lin  le  Relief  des  Fiefsen  Nor- 
mandie, iji 

7»/"m,  Commentaire  littctal  fur  le  Liïte  de  Jofué. 
i,  Diflèrraiion  fui  le  comme  niicmeur  que  Jo- 


fué fii 


lit 


n  Journal  de  Religion  fcdcFie 


Jumm  (le  P.)  Condamnation  de  fes  Intlirurions 
Tliailii^iquej'pM  PEtequ*  de  Mesiux.  ifii 

fyfft.  Commentaire  fin  ce  Livre.  çij 

j3u,  Ë'êruie  de  Rome,  DiAirtHÎon  fui  une  Ler- 
irc  qui  poite  k  nom   1;  cet  Litqtie.  6ji 

J r-.'i,i  Mmm«i  Lente  fui  une  Médaille  de  ce 


,  Diflênation  fur  une  Médaille  du  Tvi 

Edition  de  quatre  Lettres  de 


«Si 

mju- 


Jatin  Importât  , 

Empereur  qui  n  avoient  p«  encore  p.nu.  mn 

W;.r  (Cliiilt.)  la  Vit  <te  Mr.  LuJolphe.  nj 

hrr&rvtWr,    Rfcueil  dsi  Rijiles  génctales  de  Ju- 

nfpiuJence  p.ir  P.  Fithou,  :I] 


If  Eu.  m  eu  (J.  Orh.JDifièrtition  fur  l'origine  dej. 
^  Fiefi.  Mi 

t&U*T&M,  nouveau  Syilcme  pour  expliquer  l'Apo- 
c;ilvpfc.  4*7 

Ki*ii<*t&    (J«n  de)   fait  une   Moudre  de  Fer  qui 

reOii. 


s  dirais .  EUfleW 
leurs  différents  Cl-iiiês. 
Lttdi  (le  Duc  de)   fa  Deïenle 


T    Eco 
1-J      Jeu 


de  Mr.  KuflerU 

ritte  ks  acculjii* 

LtiÙtt.,    les  acmjiques  fur  les  Hiftorïe.ns  de  Si 

Lcluii,  fon  Itmenire.  ;,; 

Lmliliiu  (Rof.)  fesOblërïJtions  de  Médecine  rev 

'  Lan  (S.)  Tape,  il  vie.  SoS.    rouiroir  que  fovëo- 
quence  lui  donna  !iu  Attila.  j  1 1 

Lr.«hfdd  (J.  G'.'Oiï.)  ks  Dîfcrîptiom  rfes  Aniwjui 
lez  des  Viik'S  d.-  Ii  Priiiripjim;   d'Halberfht..  ==9 

îJfitr  (Mm.)  Mra-oiie  !-•  ici  Fftirtxn*  p 

Livra,  Difiertationj  :.u  ;j  It.'rjre  (1rs  Livre.  î»(. 
fui  h  matière  es^eiienre  do    1  ivres.    4ci.    I 
les  fiijeis  qu'iin  yf   :ie.  4::.     Qjielï  Livres» 
viennent  le  plu;  ;.k  ■  itie.-fj-.trs  (onei  d'âges, 
Sexe  S  decondiiinm.  41, 

i«i>  (Jein)   P.e;uti!  de  rt.vtis  de   fes  Ouiif. 
#11 


Zitlffî»,  Problème  à  l'ocnfioii  d'une  Ltitierie.  y 
Luditfh  (Job)  Ci  lie  écrite  pat  M.  Junchtt.  I: 
L«w;,  Ton  Recueil  de  Traite*  ëe  Paix,  5cc.  trt 
les  Princes  d'Allemagne,  en  Allemand.  j. 


DOSltVS,  ÎJ'vtximiBïkï'ft 


.  w  4jt\e«\     V 


DES     MATIERES. 

Mnbint   Ailro»omïf|ue',  iîngulieie.  461 

Midrigal,  éiymologie  de  ce  mot.  579 

M">ûy  (Madame)  fes  Mémoires  de  la  noovtlle  At- 
lantide. Î4S 
Marcbttii-,  nouveaux  Elcmcns  de  Géométrie.      10» 
Jdxrn't,    Tiiili;  dis  ile.rcz  ,1e  l'arcntc  qui  empê- 
chent le  Mariage,    il."  Qucitiun   de  Droit  fur  la 

iUfiai  (le  F.)  Ce  qu'il  y  a  de  partiailiet  dans  fou 
Édition  de  S.  Iienéc.  7r 

MwùmiVra  ,  Eils  de  Frédéric  III.  Corroient  après 
avoir  demeure  lins  parler  iulqu'i  l'âge  de  neuf 
ans ,  il  eut  l'ulag:  libre  de  la  parole.  Si  ; 

JIAjhï  (l'Evéque  de)  Mandement  Se  laltlUcliQii 
raftoiile  contre  la  lufliiiitiùns  Theol.  tiu  P.  Juc- 

Miàaniijmi t   Autems  Allemans  t\m  >'  ont  excelle.  . 

Mrddtlti,  Differ  tarions  fur  pluficurs  Médailles.  ;;-!. 
Si  les  revers  dts  Medai.les  ont  reâjocu)  raport 
aux  Emperenis  dont  les  têtes  font  rcpréïewécs 
de  l'aurte  côté.  jïî.  lïillci  talion  fui  une  Médail- 
le des  Macédoniens.  cï> 

Mrdaint  ,     Keoieil  de  DiGcrtirions  de  Médecine. 

Mtiir  (Joaeii.)  DilTerurions  fui  les  frtnfmij;r;,  rions 

Se  l'origine  des  Boiens,  Bec.  U4 

ilir,   Diflenation  de  Mr.  le   Clerc  fur  le  Fanage 

de  la  Mer  Rouge.         •  411 

Miffrhm  (J.-Ger.J  Ton  Edition  des  Diffenations  .le 

Th.  Bartholin  fut  la  lcdlti/e  des  Livres.  3»s 

Mnhtiln  (J.  Conr.)    Diûcitatioii  fur  les  Maladies 

des  Vieillards.  4:0 

Mîirai'ii ,    remède  contre  ce  Msl.  sBi 

H)t*.'.!>  ,  Difconn  de  M.  Locke  fut  ce  fujet.  4«i. 

Si  définition  d'un  Miracle. 
MU  (J 

a  foins  de  Mr.  Kuftei. 

lés  coojcâures  lui  les  cauîtt  cpm*W 

en 


S 


.._.  ..,  fj  Noutclle  Meiho.de  pom  ippituê 

Langue  lialirntit. 
Mifimt,  Cirsflcre  du  Ci  ai.  660.    LtsMrforti 

battis  pat  les   Suédois,    sai.     Us   il  m  pu  item  fin 

eut  une  ginide  vîttûiie. 
Afiiri  (HouJurt  de  Is)  Autrui  des  Paroles  d«  Cw 

tires  Francoitts  de  M."*.     Delaguenc 

jets  tiiiE  Ji?  l'EctituteS. 
36uttmat.    Nouvelle    . 


CES    MAJLl* >««*'* ""S 


J 


U  Guerre  v  fait  commente  «.  .. 

lu  iric.ei. 
Tmâtmwi ,  Traite!  Tut  celle  des  Hébreu 
rin-'K^yti  des  Champs  ,  Recueil  de  F 

nint  les  Relisjieufes   de   Fotr-Royal. 

des  Religicules  qui  fontrenliees  dans 

de  l'Bgufe 
rrMin  (le  F.  Spitidion)  Diflêitarion  Tu: 

beaux  Antiquel  de  l'Abbiye  de  Mot 

SoUTons. 
irjiiqHti  bitittes  Se  eitiDoidinrâo  ,  I 

FridicirtiTi ,   quilitez  qu'ils  doïrent  avt 

Règles  qu'ils  doivent  luivte. 
Prijntn. ,  Rcflenions  fut  Cette  marietc. 
PnrjWl  ;n   FttfiSim  ,     RïpOtlfe  SU  L 

qui  porte  ce  titte. 
Prilimê  reibJa  pit  l'Auteur  de  l'^n, 


QUïcmniouiig  ,    Hiftoitedeci 


DAdeivi    (le  P.)    fi  Bavière  faim 

Srjri  (T.)  Hiftoite  des  \«fe&**. 
**«#«  Awmi .  w  epK  c'eft. 


DES     MATIERES. 

qui  ont  excelle  djiis  les  Mathématiques,  la Cluo- 

nnlosie.  &c  *is> 

Htfw/" des  Fiefs,  ce  que  t'tft.  ni 

Hivinmi,  Diitetraiions  lut  divers  fujeis  de   Medé- 

"Rvlwili,  fiduv.  Edition  de  la  Ttadiiftion  L  Mit  de 
fa  Phyflque  par  Mr.  Claike.  6»i 

I  fiî.1  Vil.  6.  expliqua.  «3« 

5jsm,i:nj.  Traite  des  Antiquité*  Romaines  par  Mr. 
Cellarius.  m.  Remarques  lui  les  htudes  des 
Romains.  Jl( 

Hamnii-,  font  fort  différons  du  roé'rtic  Epique.  â:<t 

■J(inJj<im,  Remarques  furceïuiet. 

■gjtih  ,  Commentaire  fur  le  L 

m -ijfdi  (Fred.)   Premier  Reci 
S  ïoyeoi  dans  fon  Cibinei. 


CArmintu.,  deux  F.diiions  du  proies  de 

u  ce  Docteur.  114.  Recueil  de  ricces  conccnurir 
«  riocès.  [II,  Acculâtions  intentées  comte  lui 
par  la  Chambre  des  Communes,  fit.  Set  Ré- 
poolês.  si}.  Difcouis  de  quatre  Evèques  contre 
fesReponfcs.  J27 

SûHtt-Crsix  (l'roijictde)  Cardinal,  cînquanttdc  les 
.Lettres  publiées,  154 

Salivt  ,  DuXeitJiion  fui  ce  fujet.  «31.  Uûfi*  dc  lj 
Salire.  «14 


Salukl  (l'Abbé)  fes  Faites  Confuliiics  de  l'Acadé- 
mie de  Florence.  341 
S<n*i*trdt  ,  ctymologie de  «mot.                     179 
S*xt.  Recueil  concernant  l'Hiftoitede  la  Bafle  Saxe. 


JttO' 


Ol 


DES    MATIERES. 

unie  de   celle  d'Angleteiie.  _ 

Littctal  du  P.  Ciiikrcs i'ur  le  N.  T.  inleie  ua,  > 

Il  Traduction  Ftinçoile.  izl 

THamaa  (leNïûide)  Tome  XV.  de  ftsMcmoitc* 

EcdefljfliqueJ.  »ei 

TacLiti,  Nouvelle  Edition  de  cet  Auteur.  171 
Ttliniui,  Lente  de  Mt.  Locke  lue  ce  tujer.  4S3 
Twrntmint  (le  F.)  Explication  de  deux  Ficties  An- 

Tnx  ,  reinide  contre  la  Tout.  680 

Jradmilcan  ,    Difleitation  de  Mi.  Le  Clerc  fin  Ici 

TtaduÛeuis  de  1.-,  Bible ,  Se  fui  Ci  mwicie  de  ita- 

TruaJim,  remède  comte  les  Tnochécs.  6"; 

V, 


' 


\TAi.%H7in,  Hiftoite  de  ce!  Hc'ie'iitjue  ,  Si  fëi 

eireuts.  7* 

Vaiftahi  (le  T.)    Ton  Livre  fur  les  Fiançailles  con. 

■tiâecs  par  un  Enfant  de  Eamille  à  l'inifti  de  fes 

V**X  (de)  fa  Traduction  du  Tiai.c  de  h  Mahd.c 
Vénérienne  de  Cluiles  Mulitan.  20-, 

Irfir  (Mue)  cil  Auteur  du  .fyuiiijir»  MU  Lit..,, 
Vtm*.  2 1 1 

ynarâmt,  Traite  de  la  M.il.nlic  Vénérienne.        107 
)'"■■•■  ,    Trjité  de  la  Conduite  de  ttSfàt  dans  la 

Recherche  de  la  Vciite. 
\r<iilUrdi,   Diflènition  lui  lents  Maladies. 

.iiliut-i-s  a  Dieu  ,   en  quel  teins  elles 


o*>  »-*** 


D  fc-S** 


z. 

F    1    «■ 


CATALOGUE 

DES 

LIVRES      NOUVEAUX 

Qu'on  trouve  à  Amnerdam  ,    chez   les 

J  A  N  S  S  O  N  S    à    WlEStlIQI, 

Vf  Aïthi*  Marti  ni  iLexiconPhi- 
lologiciun  in  quo  Laiinœ,&  à  Lati- 
nis  aufturîbus  ufurpata:  cura  pura:  tum 
Barbarie  voces  «  originibus  declarantur, 
Comparatione  Linguarum  fubindc  il. 
luftrantur,  multaeque  in  divinis  &  hu- 
manîs  litteris  diflkulutesex  fontibnsTe- 
tetamque  3î  recentium  Scriptorum  auc- 
toriiatccnodaniur,  nec  pauca  in  vulga- 
tis  Di&ionariis  admilTa  crmaemaeulan- 
iur.  Accedit  ejufdem  Cadmus  Graeco- 
Fhœnix  in  quo  exf>lic*nrur,&ad  orien- 
tales fontes  reducuntur  principes  Gra;- 
cœ  voces  ,  8c  ex  qurc  cum  alibi  tu 
maxime  apud  70  Interprètes  Bc  in  a . 
vo  Tertamento  videntur  obfcuriores  ac 
multre  diâiones  a  Lexicograpbis  prœ 
termiflaScinGlotiariis  alibique  latente: 
vertuntur  atque  illuiiranrut.  Addi» 
CIo/Tarium  Ifidoii  tam.  e 


CATALOGUE. 
&  noti)  Jo*nnis  Geo.   _ 
vu  ,  fc  auêtario    Theod.   J 

nii  Kt  Almiloïeen.  Prafiii 
operiinediuhaftcïius  Jo 
«ici  DilTertatio  Etymologica  &  nti 
Scriptoris.  Editio  priorïbus  emendihnr 
atqueauflior. 2. Tom.  TtAjefli  afudGfiiil- 
tnitm  Breedilit.  17 1 1. 

Hifoirev  Lettres  fort  tendres  d'un  UU 
&  d'une  Dame  AngUtfe  traduites  de  t'Ait- 
glois  par  Mr.  dti  S  o  v  c  K  E  s  de  l'Atadi- 
mie  Roiole  Ai  Mufique.  12.  A  BrufTelles 
chez  George  de  Backcr.  1711. 

Rencontre  de  Eayle  fjS*  de  Spinsf*  dam  l'a- 
ire monde.  A  Cologne  chez  Pierre 
Morceau.  17". 

E  p  1  ct  e  ti  Matinale  &  Sentent!»  ,  quihu: 
accédant  Tabula  Ceietis  8c  alia  affinis 
arçumenti  inLinguam  Latinam  conver- 
h  AMarcoMeibomio:  lubjiciuD- 
turejufdemnot£e,Emendationes  C  Litr- 
on Sai.maïu  in  Epiâctum,  Noix 
illorum  Si  alius  Virî  doeïi  in  DuTerti- 
tiones  Epifletiab  Artiano  digefias,  H, 
Varians  Scriprura  Cotiicum  manu  exara- 
torum ,  cura  Hadkiani  Relanoi. 
Tmjtfli  apud  G.  Brotdrlet.   17  ir. 

Sebastiani  Schmidii  S.  Th.  D. 
Prof.  Ord.  &  Sen.Conv.  Eccl.  Praef.  Je 
Capit.  Thomani  PrEcpof.  de  princrpiii 
feu  fimdametirô  v^wràat-OAâQïîi  & 
Sanguinis  OmM  »  te»  vs«v'\\'»&*. 


CATALOGUE. 

tus.  Editîo  Tcrtia  indice  locupletior.  Ar- 
genrorati  fumptibus  Jolian.  Reinlioldi 
DulffediEn.1711. 

Oeuvres  mêlées  par  Madame  du  N*+.  gui 
peuvent  fervir  de  Suplément  à  fis  Mémoi- 
res.  Tome  premier.  A  Cologne  chez  les 
Héritiers  du  défunt.  171*. 

Diclienaire  Géographique  Vnh-trfel  contenant 
une  Dtferipiian  exaële  des  Etais ,  Royaumes, 
rilies,ForlertffesMontagnes,Ct.ps,IjltisPres- 
qui fie  1 .  Lacs ,  Mers ,  Golfes ,  Détroits, ce. 
de  l'Univers  :  le  tout  tiré  du  Diclionnaire 
Géographique  Latin  de Baudrand .  dis  meil- 
leures Relations  des  plus  fameux  -voyages 
rjr  des  plus  fidèles  Cartes.  Ouvrage  peujjé  plus 
loin  qu'aucun  qui  ait  paru  jufqtirs  ici  en 
Français.  On  y  a  ajouté  un  Catalogue  La- 
tin très-ample  des  noms  anciens ,  çr  moder- 
nes des  lieux  ,  traduits  en  François  ,  en 
faveur  de  ceux  qui  lifent  des  Auteurs  La- 
tins ,  C  de  tous  les  autres  qui  trouvent 
tr'es-fouviat  dans  les  Cartes  des  noms  tn 
cette  Langue.  Nouvelle  Edition  corrigée  c, 
beaucoup  augmentée.  4-  A  Utrechr  chez 
Guillaume  Broedelet.  171 1. 

Eginhmitus  de  vira  Caroli  magni  cnm 
Commentant)  Joh.  Frederici  Bés- 
sblii  &  notis  Johann is  Bollan- 
di.   Accefierunt  Melchioris  Ha- 

madverfiones   înedita:  cum 
lerfationibus ,  quttttm  \Q4tv\ft 'îv^ 


1 


CATALOGUE. 

tione  exhibetur,  curante  Joh.  Her- 
manno  Schminckxo.  Trajeâîi  ad 
Khenum  ex  Officina  Guilielmi  van  de  Wa- 
ter.  1711. 

Lettres  Hiftoriques  &  Galantes  far  Madame 
de  C***.  Ouvrage  curieux.  Tome  quatrième. 
A  Cologne ,  chez  Pierre  Marteau. 

Dialogus  I.  &  IL  inter  Spudaeum  &  Go- 
rallum. 

Relation  de  la  Campagne  de  l'année  1710. 
Contenant  un  Journal  exaft  de  tout  ce 
qui  s'eftpajjé  aux  Sièges  de  Douay ,  Be thune, 
St.  Venant  ,  &  d%Aire.  Comme  aujji 
un  détail  exaâî  de  tous  Us  autres  mouve- 
ments des  deux  Armées  eppojées  ,  tant  du 
coté  de  l'Armée  des  Alliez  que  de  l'Armée 
de  France.  A  la  Haye  chez  Pierre  Huf- 
fon  Marchand  Libraire.  171 1. 

Lettre  au  Chevalier  Jacob  Bancks  contre 
le  Pouvoir  abfolu&l'obetjfancePaJfive.  In- 
duite de  l'Anglois.  in  8.  A  Cologne  chez 
Pierre  Marteau. 

Traité  de  la  Divination  traduit  du  Latin  de 
Ciceron  far  Mr.  l'Abtyê  Régnier 
Desmaràis  Secrétaire  perpétuel  de  ÎA- 
cademie  Trançoife.  Nouvelle  Edition  aug- 
mentée d'un  Difcours  a"!  s  o  c  r  a  t  £  tra- 
duit du  Grec  par  le  même.  8.  A  Amf- 
terdam  chez  Ifaac  Trojel.